Luc 6 - Le Salon de Coiffure

- Par l'auteur HDS Soumicaviar -
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Récit libertin : Luc 6 - Le Salon de Coiffure Histoire érotique Publiée sur HDS le 04-08-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Luc 6 - Le Salon de Coiffure
La voiture d'Angèle roule dans les rues encore endormies de la ville, le moteur faisant un ronronnement sourd qui résonne dans la cage thoracique de Lucie. Elle est assise sur le siège passager, le dos droit malgré l'inconfort du corset en vinyle rouge qui comprime sa taille et pousse sa poitrine vers l'avant dans une parodie de féminité. Ses mains, aux ongles vernis d'un rose pâle par elle-même la veille, reposent serrées sur ses cuisses nues, entre les bas résille noirs et le string en dentelle qui lui rentre dans les fesses. Elle sent le plug anal, un poids constant et humiliant, et la cage de chastité qui emprisonne son clitoris rétréci contre son pubis rasé.

Angèle conduit d'une main posée nonchalamment sur le volant, l'autre tapotant parfois le cuir de son sac posé sur ses genoux. Elle n'a pas dit un mot depuis qu'elles sont montées dans la voiture, et ce silence pèse sur Lucie comme une menace veloutée. De temps en temps, Angèle jette un coup d'œil vers elle, un mouvement presque imperceptible de la tête, et Lucie sent son cœur s'emballer à chaque fois.

Elle n'ose pas parler. Elle n'ose pas bouger. Elle est là, parfaitement immobile, parfaitement soumise, et cette immobilité même devient une forme de torture. La cage cliquette parfois quand la voiture passe sur un dos d'âne, un son minuscule qui semble amplifier dans l'habitacle confiné.

« Tu trembles », dit Angèle soudainement, sans tourner la tête.

Lucie avale sa salive. Elle sent ses lèvres s'ouvrir, se fermer, s'ouvrir à nouveau sans produire de son.

« Je... oui, Maîtresse », parvient-elle à articuler, sa voix plus aiguë qu'elle ne l'aurait voulu, déjà modifiée par la tension et la soumission.

Angèle sourit. Ce n'est pas un sourire chaleureux. C'est le sourire d'une prédatrice qui sent le sang.

« Bon », dit-elle simplement.

Elle ne précise pas. Elle n'a pas besoin de préciser. Lucie sait que ce tremblement est attendu, exigé, qu'il fait partie de la transformation qu'elle a sollicitée de ses propres lèvres quelques heures plus tôt, à genoux sur le carrelage froid de la salle à manger, avouant ses désirs les plus obscènes.

La voiture tourne dans une rue plus étroite, puis s'engage dans une impasse où seules quelques enseignes sont encore allumées. Lucie distingue une lumière rose vif, des néons qui clignotent légèrement, formant des lettres stylisées : « Chez Steve ».

Angèle se gare avec une précision mécanique, coupe le moteur. Le silence qui suit semble absolu, interrompu seulement par le bourdonnement d'une climatisation extérieure et les battements de son propre cœur dans les oreilles de Lucie.

« Nous sommes arrivées », annonce Angèle, comme si Lucie ne pouvait pas le voir de ses propres yeux.

Elle sort de la voiture sans se presser, ses talons claquant sur l'asphalte. Lucie reste immobile un instant, incapable de déverrouiller ses muscles. Puis la porte passager s'ouvre d'elle-même, ouverte par Angèle depuis l'extérieur, et Lucie comprend qu'elle n'a pas le choix.

Elle pose un pied sur le sol, puis l'autre. Les talons de quinze centimètres lui donnent une démarche instable, précipitée, qu'elle doit contrôler consciemment pour ne pas tomber. La fraîcheur matinale lui glace les jambes nues, et elle sent la dentelle de son string se coller contre sa peau humide.

« Marche derrière moi », ordonne Angèle. « Deux pas en arrière. Les yeux baissés. »

Lucie obéit. Elle fixe le bitume gris, les bottines lacées d'Angèle qui montent jusqu'à ses genoux, le mouvement régulier de ses mollets musclés sous le cuir noir de son pantalon. Elle compte ses pas inconsciemment, se perd dans la cadence, et c'est presque une surprise quand Angèle s'arrête devant une porte vitrée.

La sonnette retentit, un carillon électronique décalé qui joue une mélodie entraînante et vulgaire. Lucie garde les yeux baissés, mais elle perçoit le changement de lumière quand la porte s'ouvre, l'odeur chimique qui s'échappe, agressive et sucrée à la fois.

« Angèle », dit une voix masculine, profonde et légèrement moqueuse. « Tu es en avance. »

« Je ne fais jamais attendre mes jouets », répond Angèle, et Lucie sent la chaleur monter à ses joues à cette désignation.

« Et c'est elle ? »

Lucie sent un regard posé sur elle, évaluateur, professionnel mais pas dénué d'un certain appétit. Elle serre les poings contre ses cuisses, sentant la résille des bas s'enfoncer dans sa peau.

« Lève les yeux », ordonne Angèle.

Lucie obéit.

Steve se tient dans l'encadrement de la porte, un homme d'une quarantaine d'années aux cheveux noirs gominés en une coque luisante qui lui donne un air rétro et vulgaire. Il porte un pantalon de costume noir sans veste, laissant voir des tatouages sur ses avant-bras qui descendent jusqu'à ses poignets. Son sourire est charmeur, pratiqué, mais ses yeux restent froids et experts, parcourant Lucie de la tête aux pieds avec une lenteur délibérée.

« Entrez », dit-il en s'effaçant.

Le salon est exactement comme décrit dans les souvenirs de Lucie, ou peut-être n'a-t-elle jamais été ici et cette impression de déjà-vu fait partie de la désorientation générale. Le fauteuil en faux cuir blanc, fissuré aux endroits d'usure, trône au centre comme un autel. Le miroir derrière est immense, déformant légèrement les reflets à ses bords. L'éclairage est cru, artificiel, sans pitié pour les imperfections.

« Alors », dit Steve en refermant la porte à clé, le déclic métallique résonnant dans le silence. « C'est pour la coupe garçonne ? »

Angèle éclate d'un rire bref, sec.

« Exactement. Elle a besoin qu'on lui fasse oublier qu'elle en a été un. »

Steve hoche la tête, déjà en train d'observer Lucie avec cette concentration technique qui précède tout acte de création ou de destruction.

« Je vois le problème », murmure-t-il. « Les tempes mal faites, la nuque pas dégagée... C'est du dégradé au cutter, ça ? »

« Fait maison », confirme Angèle avec une fierté ironique.

« Ça se voit. »

Lucie reste immobile au milieu de la pièce, ne sachant où se mettre, sentant son reflet dans le miroir comme une accusation. Elle voit une étrangère, une poupée vulgaire dans son corset rouge moulant, ses bas résille, ses talons impossibles. Son visage encore maquillé de la veille, les traits brouillés par la nuit et les larmes. Ses cheveux blonds, courts, mal coupés, qui font effectivement penser à un adolescent maladroit.

« Présente-toi », ordonne Angèle soudainement.

Lucie sursaute. Sa bouche s'ouvre, se ferme.

« Je... je suis Lucie », balbutie-t-elle, sa voix montant dans les aigus comme si elle cherchait à la convaincre elle-même. « Je suis... la nouvelle amie d'Angèle. »

Le mensonge est ridicule, transparent, et Steve hausse un sourcil avec une amusement polie.

« La nouvelle amie », répète-t-il. « Et qu'est-ce qu'une nouvelle amie fait, chez moi, à six heures du matin, habillée comme une pute du dimanche ? »

Lucie sent son visage s'empourprer. Elle cherche du regard Angèle, mais sa Maîtresse a tourné le dos, feuilletant un magazine de coiffure posé sur le comptoir de réception.

« Je... on m'a demandé de... »

« De quoi ? » Steve s'approche, ses chaussures de costume faisant un bruit sec sur le carrelage. « De te faire belle ? De devenir présentable ? Ou juste de montrer à tout le monde ce que tu es vraiment ? »

Il est maintenant devant elle, si près qu'elle peut sentir son parfum, quelque chose de boisé et d'agressif, mélangé à l'odeur de laque qui imprègne l'endroit. Ses yeux descendent vers sa poitrine forcée par le corset, vers son entrejambe où la dentelle du string cache mal la bosse de la cage, vers ses cuisses tremblantes entre les jarretières.

« Regarde-moi », dit-il.

Elle relève les yeux, son cou raide de tension.

« Tu vas m'expliquer exactement ce que tu fais ici. Pas les excuses, pas les histoires. La vérité. Pour que je sache avec quoi je travaille. »

Lucie sent ses lèvres s'entrouvrir, le souffle court, la cage qui semble se resserrer contre son excitation refoulée. Elle regarde Angèle, qui tourne une page de son magazine sans manifester la moindre intention d'intervenir.

« Je... je suis là pour... pour être transformée », murmure-t-elle. « Angèle veut que je... que je devienne... »

« Que tu deviennes quoi ? »

« Une femme. Vraiment. Pas juste... pas juste déguisée. Elle veut que j'oublie que j'ai été un homme. Que je... que je serve. »

Steve hoche lentement la tête, comme si elle venait de confirmer une hypothèse.

« Et tu acceptes ça ? »

« Oui. »

« Tu lui dois quoi ? »

Lucie ferme les yeux un instant, rouvre, et cette fois sa voix est plus ferme, plus désespérée.

« Tout. Je lui dois tout. Je suis... je suis sa propriété. Elle m'a achetée. J'ai signé. »

Un silence. Puis Steve éclate d'un rire sincère, chaleureux presque, qui détonne avec la froideur de son regard.

« Angèle, ma chérie, tu m'avais caché ça. »

Angèle se retourne enfin, appuyée contre le comptoir, les bras croisés sous sa poitrine.

« Je voulais voir si elle le dirait toute seule. »

« Et elle l'a dit. » Steve fait le tour de Lucie, l'examinant comme une sculpture ratée qu'on pourrait sauver. « Bon. On va faire du propre. Mais avant... »

Il s'arrête derrière Lucie, ses mains se posant sur ses épaules nues, la chair de poule réapparaissant instantanément.

« Tu as quelque chose à me dire, non ? Sur ta Maîtresse ? »

Lucie comprend. Le contrat, les instructions, la scène qu'elle doit jouer. Elle sent ses genoux se dérober, se rattrape mentalement, et se retourne vers Angèle qui l'observe maintenant avec une intensité nouvelle.

Elle ne sait pas comment tomber à genoux dans ces talons. Elle tente un mouvement maladroit, s'affale presque, rattrape son équilibre en posant les mains sur le sol froid. Le carrelage lui brûle les paumes. Elle est à quatre pattes devant Angèle, le corset lui coupant le souffle, le plug qui se déplace légèrement à cette nouvelle position.

« Maîtresse », dit-elle, et sa voix se brise. « Ma Reine. Je... je suis venue vous rendre hommage. »

Angèle ne bouge pas. Elle regarde Lucie à ses pieds avec cette expression qu'elle a déjà vue, mi-dégoûtée, mi-fascinée, totalement contrôlée.

« Continue », ordonne-t-elle.

« Je... je suis votre chose. Votre pute. Votre... » Lucie halète, cherchant les mots, les sentant sortir malgré elle, malgré la honte qui lui noue l'estomac. « Je suis là pour que vous me montriez. Pour que vous me transformiez. Pour que tout le monde sache que je vous appartiens. »

Elle ose lever les yeux, voir la réaction d'Angèle. Sa Maîtresse a les lèvres entrouvertes, le grain de beauté près de sa lèvre supérieure qui semble pulser.

« Et Steve ? » demande Angèle. « Qu'est-ce que tu dois à Steve ? »

Lucie sent les mains de ce dernier qui ne se sont pas retirées de ses épaules, qui la maintiennent en cette position de soumission.

« Je dois... je dois le remercier. Pour ce qu'il va faire pour moi. Pour... pour m'aider à devenir ce que vous voulez. »

« Comment ? »

La question est posée doucement, presque tendrement, et Lucie sait que c'est un piège, qu'elle est déjà dedans, qu'elle n'a jamais eu d'autre choix que d'y entrer.

« Je dois... me laisser photographier. Sous tous les angles. De façon... érotique. Sensuelle. »

Elle sent Steve qui se penche, son haleine contre son oreille.

« Avec quoi, Lucie ? Dis-le. Dis tout. »

« Avec... avec le plug. Et la cage. » Sa voix devient un murmure, presque inaudible. « Mais pas de... pas de pénétration. Pas de... pas de fellation. »

Angèle sourit, ce sourire cruel qui fait son charme terrifiant.

« Tu entends, Steve ? Pas de pénétration. Ma chose est encore trop neuve pour ça. »

« J'entends », répond Steve, ses doigts qui se resserrent sur les épaules de Lucie. « Dommage. Mais on peut faire beaucoup avec des interdits. C'est souvent plus excitant, les frontières. »

Il se redresse, retire enfin ses mains, et Lucie sent le manque de leur pression comme une privation.

« Debout », ordonne Angèle.

Lucie tente de se relever, trébuche, se rattrape au bord du fauteuil de coiffure. Ses talons claquent contre le carrelage, son reflet dans le miroir lui montre une créature défaite, le maquillage coulé sous les yeux, les lèvres gonflées de morsures.

« On commence par quoi ? » demande Angèle à Steve.

« Le shampoing. On rase les tempes proprement, on dégrade la nuque, on fait un truc androgyne mais net. Puis le maquillage. Je vais lui faire un smoky eye qui tue, des lèvres pulpeuses, un teint de poupée cassée. »

Il dit tout ça comme s'il parlait d'une rénovation immobilière, avec la même désinvolture technique.

« Et les photos ? »

« Après. Quand elle sera présentable. Ou pas présentable, mais dans le bon sens. »

Steve désigne le fauteuil. Lucie s'y installe avec une raideur mécanique, sentant le faux cuir froid contre ses cuisses nues, le dossier qui la force à s'adosser, à exposer son cou, sa gorge, sa poitrine poussée vers l'avant.

Steve enroule une serviette autour de ses épaules, un geste brusque et professionnel, puis l'incline vers l'arrière jusqu'à ce que sa tête repose sur le bord du lavabo. L'eau coule, froide d'abord, puis tiédie, et ses cheveux courts se mouillent en mèches collées contre son crâne.

« Tu as les cheveux fins », constate-t-il en versant du shampoing. « Ça va être compliqué de faire quelque chose de spectaculaire. Mais Angèle aime les défis. »

Lucie ferme les yeux, laisse faire, sent les doigts de Steve qui massent son cuir chevelu avec une efficacité dépourvue de tendresse. L'eau coule dans ses oreilles, étouffant les sons extérieurs. Elle est à la merci de cet homme, de cette position vulnérable, et elle sent l'excitation monter malgré elle, contenue par la cage qui l'empêche de bander vraiment.

Quand il la redresse, la serviette lui frictionne les cheveux avec une violence séche. Elle se retrouve face au miroir, les yeux rougis par l'eau, le visage encore plus pâle, plus fragile.

Steve commence à couper. Les ciseaux font un bruit métallique régulier, les mèches tombent sur la cape de protection. Il travaille en silence concentré, parfois entouré d'une mèche entre ses doigts, tirant légèrement pour évaluer la longueur. Lucie le regarde dans le miroir, son regard croisant parfois le sien, et elle y lit cette même évaluation qu'elle a déjà vue chez Angèle, cette volonté de la déconstruire pour mieux la reconstruire.

« Tourne la tête », ordonne-t-il.

Elle obéit. Il rase sa nuque avec un rasoir électrique, le bourdonnement contre sa peau lui donnant des frissons. Puis les tempes, où il utilise une tondeuse précise, redessinant l'architecture de son visage.

Quand il a fini, elle ne se reconnaît plus. La coupe est courte, certes, mais structurée, sophistiquée dans sa masculinité assumée. Les cheveux sont coiffés vers l'arrière avec une légère pommade qui leur donne un éclat mat. Son visage apparaît différent, plus anguleux, plus exposé.

« Maintenant, le maquillage », annonce Steve.

Il sort une trousse en cuir noir, l'ouvre sur des rangées de produits, de pinceaux, d'éponges. Lucie ferme les yeux quand il commence, sentant le fond de teint froid qu'il étale avec une éponge, le correcteur sous ses yeux, la poudre qui fixe le tout.

« Garde les yeux fermés », ordonne-t-il quand il passe aux ombres à paupières.

Elle sent le pinceau qui caresse sa paupière mobile, déposant des pigments sombres, estompant, redessinant. Le khôl dans son regard inférieur, tiré légèrement vers l'extérieur pour donner un air de chat. Le mascara qui colle ses cils ensemble en pointes noires.

« Les lèvres », dit-il, et elle sent le crayon qui contourne sa bouche, la dépassant légèrement pour la faire paraître plus pulpeuse.

Le rouge à lèvres est appliqué avec un pinceau fin, une couche, puis deux, mat et profond, un rouge presque noir qui fait penser à du sang coagulé. Steve passe son pouce sur le bord de sa bouche pour enlever l'excédent, un geste presque tendre, puis recule pour admirer son œuvre.

« Ouvre les yeux. »

Lucie obéit.

La créature dans le miroir est à la fois elle et pas elle. Le maquillage transforme son visage en quelque chose de théâtral, de vulgairement séduisant. Les yeux noirs et profonds, la bouche sanglante, la peau parfaite et mate. Avec cette coupe androgyne, elle ressemble à ces mannequins des années quatre-vingt, ces androgynes qui faisaient fantasmer sur l'indétermination.

« Magnifique », murmure Angèle, qui s'est approchée sans qu'elle s'en rende compte.

« Ça lui donne un genre », confirme Steve. « Ni fille ni garçon, mais complètement baisable. »

Le mot est cru, posé comme une constatation technique, et Lucie sent son visage s'empourprer sous les couches de fond de teint.

« Et maintenant », dit Steve en se tournant vers un placard, « les photos. »

Il en sort un appareil reflex avec un objectif imposant, vérifie la batterie, la carte mémoire.

« Angèle m'a expliqué ce que tu devais faire pour me remercier », dit-il en s'adressant à Lucie pour la première fois directement depuis le shampoing. « Tu vas poser pour moi. De façon érotique. Sensuelle. Tu vas montrer ce que tu es devenue, ce que tu portes pour ta Maîtresse. »

Il désigne un coin du salon, près du lavabo, où un drap blanc a été jeté sur le sol pour créer une surface de prise de vue improvisée.

« Débarrasse-toi du corset », ordonne Angèle. « On veut voir le reste. »

Les doigts de Lucie tremblent quand elle délace le corset. Elle doit se contorsionner pour atteindre les agrafes à l'arrière, et Steve l'observe faire avec une patience professionnelle. Quand le vêtement tombe, elle se retrouve en string et bas, le collier de cuir toujours autour du cou, la cage visible sous la dentelle transparente.

« Le string aussi », dit Angèle.

Lucie baisse les yeux. Elle tire sur l'élastique, fait glisser le tissu le long de ses jambes, le pousse du pied pour s'en débarrasser. Elle est maintenant nue, à part les bas résille, les jarretières, les talons, et le collier. La cage de chastité est pleinement visible, un objet de plastique rose pâle qui emprisonne son sexe rétréci. Le plug anal, noir et lisse, dépasse légèrement entre ses fesses, maintenu par une base évasée.

« Regarde-moi », dit Steve.

Elle relève les yeux. Il est agenouillé avec son appareil, déjà en train de faire le point.

« Tu vas te mettre à quatre pattes sur le drap. Fesses vers moi. On commence par là. »

Lucie obéit, le mouvement mécanique de ses membres lui donnant l'impression d'être une marionnette. Le carrelage est froid sous ses paumes, sous ses genoux. Elle sent le plug qui se déplace légèrement à cette nouvelle position, un rappel constant de son état.

« Écarte les genoux. Plus. »

Elle écarte, sent l'air du salon sur son sexe emprisonné, sur son anus exposé.

Le flash éclate, aveuglant. Puis encore. Steve se déplace, cadre différents angles.

« Maintenant, allongée sur le dos. Jambes pliées, pieds à plat, genoux écartés. »

Elle se retourne, le drap qui glisse sous elle. La position est obscène, exposant la cage sous tous les angles, le plug qui fait saillie entre ses cuisses.

« Touch-toi », dit Steve. « Pas pour jouir, juste pour montrer que tu es excitée. »

Lucie pose une main sur sa cage. Elle est si tendue, si pleine de sang refoulé, que la simple pression lui arrache un gémissement. Elle caresse le plastique, sent sa propre chaleur à travers, le confinement absolu.

Le flash éclate encore et encore. Steve fait le tour d'elle, photographie son visage maquillé dans cette position de soumission, ses seins aplatis qui ne sont pas encore des seins, son ventre qui se creuse avec chaque inspiration saccadée.

« À genoux. Dos cambré. Mains derrière la tête. »

Elle obéit, chaque position nouvelle lui révélant une nouvelle humiliation possible. La caméra capte tout, sa cage qui pend légèrement entre ses cuisses, ses bas résille qui se déchirent un peu à chaque mouvement, son cul offert avec le plug bien en évidence.

« Maintenant », dit Steve en se redressant, « la pose finale. Debout, contre le miroir. Tu vas te regarder toi-même pendant que je te photographie. »

Lucie se relève avec peine, ses jambes engourdies par la position prolongée. Elle se place devant le miroir, voit cette créature androgyne, maquillée, parée pour la vente, et reconnaît enfin quelque chose de vrai dans ce reflet.

« Dis-moi ce que tu vois », ordonne Angèle, qui s'est installée sur le fauteuil de coiffure, observant la scène.

Lucie regarde son reflet. Les lèvres rouges s'entrouvrent.

« Je vois... une pute », murmure-t-elle. « Votre pute, Maîtresse. Une chose qui a été faite pour servir. »

« Et la cage ? »

« C'est... c'est ce qui me rappelle que je ne mérite pas de jouir. Que mon plaisir est à vous. »

« Et le plug ? »

Lucie ferme les yeux un instant, les rouvre. Ses joues sont en feu.

« C'est... c'est ce qui me prépare. Ce qui me rappelle que mon cul est à vous aussi. Que tout en moi... tout peut être utilisé. »

Le flash éclate, capturant cet instant de confession.

« Regarde-toi », dit Steve. « Vraiment. Ne détourne pas le regard. »

Elle se force à regarder. Elle voit la cage qui brille légèrement sous les néons, le plug noir qui contraste avec sa peau pâle, le maquillage qui transforme son visage en masque de soumission. Elle voit les talons qui la grandissent et l'abaissent à la fois, les bas qui la dénudent autant qu'ils la couvrent.

« Tu es belle », dit Steve, et ce n'est pas un compliment, c'est une constatation de propriétaire. « Tu es exactement ce qu'Angèle voulait. Un objet parfait. »

Il prend encore quelques clichés, puis baisse son appareil.

« C'est fini », annonce-t-il.

Lucie reste immobile, perdue dans son reflet, incapable de se détacher de cette image d'elle-même.

« Habille-toi », ordonne Angèle. « On rentre. »

Le corset est repoussé dans ses bras, le string jeté à ses pieds. Elle s'habille avec des gestes mécaniques, chaque vêtement remis la ramenant un peu plus dans le monde réel, sans jamais vraiment l'en extraire.

Quand elle est prête, Angèle se lève, tend une enveloppe à Steve qu'il glisse dans sa poche sans compter.

« Pour le service », dit-elle.

« Pour le plaisir », corrige-t-il avec ce sourire qui ne touche pas ses yeux.

Il ouvre la porte, les laisse sortir. La lumière du matin est plus vive maintenant, presque douloureuse après l'éclairage cru du salon. Lucie cligne des yeux, suit Angèle jusqu'à la voiture, sa démarche de pute un peu moins mal assurée, un peu plus intégrée à sa nouvelle anatomie.

Dans la voiture, Angèle ne démarre pas immédiatement. Elle se tourne vers Lucie, l'examine de la tête aux pieds avec cette lenteur calculée qui caractérise tous ses gestes.

« Tu étais parfaite », dit-elle finalement. « Steve va développer ces photos. Elles décoreront son salon. Tous ses clients sauront ce que tu es. »

Lucie sent son ventre se nouer, une excitation nouée de terreur.

« Merci, Maîtresse », murmure-t-elle.

Angèle démarre. La voiture quitte l'impasse, reprend la route vers leur appartement. Lucie regarde par la fenêtre, son reflet dans le vitre teintée superposé aux paysages urbains qui défilent. Elle ne reconnaît plus la personne qui la regarde en retour, et c'est exactement ce qu'elle a demandé.

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Texte coquin : Luc 6 - Le Salon de Coiffure
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