Petites culottes 2
Récit érotique écrit par Soumicaviar [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 05-09-2026 dans la catégorie Fétichisme
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Le vendredi tombe comme une sentence. Thomas a compté les heures depuis mardi, ruminant dans son studio, ouvrant le tiroir du bureau à intervalles irréguliers pour soulever le cahier et vérifier que le zip-lock est toujours là, que le shorty noir n'a pas disparu, que les taches jaunes et la croûte blanche n'ont pas mystérieusement séché davantage. Chaque fois, il respire à travers le plastique. Chaque fois, l'odeur le frappe au même endroit, derrière les yeux, dans le fond de la gorge, dense, salée, avec ce fond de cuivre et de sueur qui n'appartient qu'à elle. Il a reçu l'adresse mercredi soir, par message, sans prénom, sans explication. Juste un numéro, la rue, un code d'entrée, un étage. Le quartier est à la Croix-Rousse, ou pas loin Un de ces immeubles anciens coincés entre deux rues en pente, avec des volets fatigués et des sonnettes couvertes d'étiquettes manuscrites.
Il sonne. Le porte du hall grince. Ca sent la javel diluée et le sac poubelle oublié. Un escalier étroit monte dans le noir, les marches usées au centre par des décennies de pas. Thomas monte. Son souffle raccourcit au deuxième étage, il n'est pas sportif, et la sacoche en bandoulière contient les deux cent cinquante euros en coupures, son téléphone, et le zip-lock avec le shorty qu'elle lui a vendu mardi. Le poids est négligeable, mais il le sent comme si le plastique traversait le tissu et collait à ses doigts.
Au troisième palier, une porte entrouverte laisse filtrer un éclairage jaune, sale, comme une ampoule trop faible dans une pièce trop grande. Il pousse. L'appartement est petit . Un studio, ou presque. Le sol est recouvert d'un lino à motif carrelage, décollé aux angles. Les murs suintent une odeur de renfermé, de tabac froid, de tissu humide séché trop de fois. Un canapé défoncé occupe le fond, sous une fenêtre dont le rideau, un bout de tissu indéfinissable, peut-être un drap filtre la lumière grise de novembre. La cuisine est un coin. Un mini-frigo, un évier avec des tasses empilées, une plaque électrique couverte d'une croûte de sauce. Sur la table basse, un cendrier plein, un briquet, un paquet de tabac entamé, et un téléphone posé face contre le bois.
Et elle.
Elle est allongée sur le canapé. Nue. Pas un vêtement, pas un drap, rien un string. Le string est neuf, ou en tout cas propre, un triangle de tissu blanc, minimaliste, qui se perd dans le pli de ses cuisses écartées. Elle est blonde, il s'en souvient, de mardi, du parking de Parilly, de sa silhouette menue dans la Clio grise mais ici, dans cette lumière malsaine, sa peau prend un aspect laiteux, presque translucide, et le mandala tatoué sur ses côtes ressort comme une blessure décorative. Ses seins sont petits, un peu pointus, avec des aréoles pâles et des mamelons contractés par le froid, ou par autre chose. Son ventre est plat, légèrement creusé au-dessus du pubis, et le string blanc dessine un triangle imparfait : une auréole humide, sombre, au centre exact du tissu, comme si le coton avait absorbé quelque chose de récent.
Elle ne bouge pas. Elle le regarde. Ses yeux sont clairs, cernés, et il ne peut pas dire si elle sourit ou si la commissure de ses lèvres est simplement tordue par la position.
— Ferme la porte, dit-elle.
Sa voix est grave pour sa taille. Thomas referme la porte derrière lui. Le bruit de l'entrebâillement se perd dans le silence de l'appartement. L'air est épais, il le sent maintenant, par-dessus le tabac et le renfermé, quelque chose de plus intime, de plus organique. L'odeur de la pièce, de ses occupants, de ce qui s'y est passé. Elle a les cuisses ouvertes, et le string n'est pas sec, et la pièce est petite, et l'air ne circule pas.
— Tu m'as apporté le truc ? demande-t-elle sans se redresser.
Thomas ouvre la sacoche. Ses doigts tremblent légèrement, pas de froid, pas de peur, mais cette vibration spécifique qui prend ses mains quand quelque chose de trop attendu arrive enfin.
— Les deux cent cinquante ?
Il sort la liasse, la pose sur la table basse. Elle ne compte pas. Elle ne vérifie même pas. Elle reste allongée, les cuisses ouvertes, et l'auréole humide sur le string blanc paraît s'assombrir, peut-être qu'elle mouille encore, en ce moment, peut-être que le coton absorbe en continu.
Thomas reste debout. Il ne sait pas s'asseoir où. Le canapé est occupé. Il n'y a pas de chaise visible. Elle frappe le coussin à côté d'elle d'un geste sec, du dos de la main.
— Assieds-toi.
Il s'assied. Le canapé s'enfonce sous son poids, et le ressort du dossier craque contre son dos. Elle est à côté de lui, nue, et la chaleur de sa cuisse droite effleure son jean. Elle ne bouge pas pour le toucher. Elle ne se tourne pas vers lui. Elle reste sur le dos, les yeux au plafond, et le string blanc tendu entre ses cuisses comme un drapeau de capitulation.
— Alors, dit-elle. Tu le retires toi-même, ou tu préfères que je te dise comment je l'ai porté d'abord ?
Sa voix ne change pas de ton. C'est une question plate, pratique, comme si elle demandait s'il veut du café. Thomas met une seconde à comprendre. Son regard descend du plafond à son visage, de son visage à ses seins, de ses seins au triangle blanc, à l'auréole humide. Le string qu'elle porte maintenant. Le string neuf, propre, qu'elle a enfilé à un moment précis pour qu'il soit sale à son arrivée. Ce n'est pas le shorty noir qu'il a acheté mardi. C'est un autre. Un neuf. Un qu'elle a fait exprès de salir.
— Dis-moi, dit-il.
Elle tourne la tête vers lui. Un léger mouvement, juste assez pour que ses yeux clairs le prennent de biais. Elle ne sourit toujours pas, mais quelque chose change dans la ligne de sa bouche, un relâchement, une amusement qui ne va pas jusqu'aux lèvres.
— Mercredi, commence-t-elle. Je l'ai mis le matin. Huit heures. J'avais pris ma douche la veille, donc j'étais propre, le string aussi. Coton blanc, neuf, acheté la semaine dernière en pack de trois. Je l'ai enfilé devant mon miroir, et je me suis regardée. Tu veux que je te dise ce que j'ai vu ?
Thomas ne répond pas. Il hoche la tête. Elle attend une seconde, comme pour s'assurer qu'il écoute.
— J'ai vu le coton tendu sur ma chatte. Pas une ride, pas un pli. Le tissu était blanc, blanc, blanc. Et ma chatte était juste derrière, chaude, pas encore mouillée, juste chaude. Comme une bouche fermée derrière un mouchoir.
Sa main droite descend sur le string. Elle ne le touche pas vraiment, elle pose le bout de ses doigts sur le bord élastique, à la hanche, et suit la ligne jusqu'au triangle. Ses doigts s'arrêtent sur l'auréole humide.
— Là, dit-elle. C'est pas de mercredi. Ça, c'est de maintenant. Mais je t'explique.
Thomas sent sa queue durcir dans son jean. Pas une érection complète, pas encore, mais ce gonflement lent, cette prise de poids dans le coton de son slip, qui le gêne contre la couture. Il ne bouge pas. Il écoute.
— Mercredi matin, j'ai pris le bus. Le 31, à sept heures et demie. Plein de monde. Debout, serrée. Le mec derrière moi portait un manteau trop épais, et il me collait. Pas exprès enfin, peut-être exprès, je sais pas. Mais je sentais son souffle dans mon cou, et le string me serrait la chatte, et j'ai commencé à mouiller. Pas beaucoup. Juste un peu. Comme quand tu mords dans un fruit et qu'il y a juste assez de jus pour tacher les lèvres.
Elle parle sans hâte. Sa voix est monocorde, presque mécanique, mais ses doigts sur le string bougent lentement, elle masse le coton humide contre elle, pas pour le plaisir, pas pour lui, mais comme un tic, comme quelqu'un qui joue avec un bouton en parlant.
— À neuf heures, j'étais au travail. Je fais les caisses dans un supermarché. Tablier bleu, polo, et le string dessous. Debout pendant quatre heures. Et quand tu te tiens debout pendant quatre heures avec un string qui te rentre dans la chatte, tu mouilles. Pas parce que t'es excitée. Parce que le coton frotte. Et à force de frotter, tu mouilles. Le tissu était mouillé au bout de deux heures. Je l'ai senti ce moment où le coton passe de sec à humide, où il colle, où tu le sens à chaque pas.
Thomas avale. Sa salive est épaisse. Il sent l'odeur de la pièce, pas seulement le tabac et le renfermé maintenant, mais elle, sa chatte derrière le coton, cette odeur qu'il connaît déjà, qu'il a respirée mardi soir dans le zip-lock, mais ici elle est vive, fraîche, pas enfermée dans du plastique. Elle emplit l'air comme une vapeur invisible.
— À midi, j'ai mangé. Sandwich jambon-fromage, sur le banc de la rue, et j'ai croisé les jambes. Le string était trempé. Trempé, tu m'entends ? Pas humide. Trempé. Le coton collait à mes lèvres, et quand je me suis levée, il a fait un bruit, un bruit mou, comme un baiser qui se détache.
Ses doigts pressent le coton maintenant. Pas un massage, une pression, comme si elle essorait. L'auréole s'étend. Thomas voit le tissu s'assombrir sous ses doigts, le blanc devenir gris, le gris devenir transparent, et derrière, la peau, les lèvres, la fente.
— Mercredi soir, je suis rentrée. J'ai pas enlevé le string. J'aurais pu, il était mouillé, il me collait, il me gênait mais je l'ai pas enlevé. Parce que je savais que tu venais vendredi. Et que tu voulais une culotte portée trois jours. Donc je l'ai gardé.
Elle se redresse sur un coude. Le canapé gronde. Sa peau frotte contre le tissu défoncé, et le mandala sur ses côtes se déforme avec le mouvement. Elle le regarde, maintenant, directement. Ses yeux sont secs, clairs, sans pudeur.
— Tu veux savoir pour les pets ? demande-t-elle.
Thomas hoche la tête. Il ne fait pas autre chose. Il ne pourrait pas parler, sa gorge est serrée, sa langue est collée à son palais, et sa queue est maintenant dure dans son jean, pressée contre la couture, douloureuse.
— Mercredi soir, j'ai mangé des lentilles. Je fais toujours des lentilles le soir, avec du chorizo. Et le chorizo, ça me donne des gaz. Toujours. Donc mercredi soir, allongée là où tu es maintenant, j'ai pété. Cinq ou six fois. Pas des pets silencieux, des pets qui sentent, des pets qui restent dans le canapé. Je sentais le string se gonfler à chaque fois, le coton emprisonner l'air, et l'odeur monter. Et je ne bougeais pas. Je restais là, les cuisses serrées, et je laissais le string absorber.
Le canapé, il est dessus. Il sent le canapé, maintenant. Pas seulement le tissu défoncé et le tabac, mais ce qu'elle décrit, les pets, les lentilles, le chorizo. L'odeur est dans le tissu, imprégnée, et il la respire à chaque inspiration, et sa queue bat contre sa cuisse.
— Je t'ai énervé ? demande-t-elle.
Il secoue la tête. Non. Pas énervé. Autre chose. Quelque chose qui n'a pas de nom propre, quelque chose qui est entre le dégoût et le désir, dans cet espace exact où l'odeur devient un sexe.
— Jeudi, reprend-elle. Le string n'avait pas séché pendant la nuit. J'ai dormi acec sur le canapé, pas dans le lit, parce que le lit c'est pour le propre, et le string n'était pas propre. Donc j'ai dormi ici, avec le string, et le coton était encore humide quand je me suis réveillée. Humide et tiède. T'imagine le coton humide contre une chatte tiede pendant huit heures ?
Ses doigts quittent le string. Elle lève la main, la porte à son nez, et renifle ses propres doigts, un reniflement court, pratique, comme quelqu'un qui vérifie si le lait a tourné. Elle ne dit rien sur ce qu'elle sent, mais elle ne retire pas sa main non plus.
— Jeudi matin, j'ai repris le bus. Et là, c'était différent. Parce que le string n'était pas juste mouillé, il était imprégné. Imprégné de la nuit, de la sueur, de tout ce que mon corps a produit en huit heures. Et le mec au bus, pas le même, un autre. il m'a encore collée. Et là, j'ai mouillé. Pas du frottement. Parce que j'étais mouillée. Pour de vrai. Le coton collait à ma chatte, et le mec me collait, et j'ai mouillé comme une chienne.
Elle rit. Pas un rire franc, un souffle court, nasal, presque moqueur. Pas de lui. D'elle-même, peut-être. De ce qu'elle décrit, de ce qu'elle fait, de cette chose qu'elle vend pour deux cent cinquante euros et qui n'a rien d'une transaction et tout d'un rituel.
— Jeudi après-midi, j'ai fait quelque chose de plus. Je suis allée aux toilettes, au travail, et j'ai enlevé le string. Je l'ai porté à mon visage. Et je l'ai reniflé. Mon propre string, mon propre coton, trempé de ma propre chatte, et j'ai reniflé comme une bête. Et tu sais quoi ? Ça m'a excitée. Tellement que j'ai failli me doigter dans les toilettes du supermarché, mais je l'ai pas fait. Je l'ai juste remis, et je suis retournée à la caisse.
Thomas bouge enfin. Pas un mouvement volontaire, un tressaillement, une contraction de sa cuisse contre le canapé, qui fait grincer le ressort. Elle le remarque. Son regard descend vers son entrejambe, vers la bosse dans le jean, évidente, tendue.
— T'es dur, dit-elle. C'est bien.
Elle ne dit rien d'autre. Elle ne l'encourage pas, ne le taquine pas. Elle constate, comme on constate un fait. Puis elle reprend.
— Jeudi soir, j'ai encore fait des lentilles. Pas exprès, enfin, peut-être un peu exprès. Et j'ai encore pété. Mais cette fois, j'ai fait autre chose. J'ai enlevé le string, ms contre mon trou et j'ai pété dedans. Directement dans le coton. Tu vois ? Je l'ai tenu contre mon cul, et j'ai poussé, et le coton a absorbé. L'odeur était forte plus forte que mercredi. Plus épaisse. Plus sombre. Le genre d'odeur qui reste dans les narines, qui revient quand tu manges, quand tu bois, quand tu te couches.
Thomas ferme les yeux. Pas pour bloquer, pour concentrer. L'image qu'elle construit avec ses mots est plus vive que n'importe quelle photo. Le string tenu contre son cul, le coton absorbant le pet, l'odeur s'imprégnant dans les fibres. Il connaît cette odeur. Il l'a sentie mardi, dans le zip-lock, et il la sent maintenant, dans l'air de la pièce, mêlée au tabac et au renfermé, vivante.
— Ce matin, dit-elle. Vendredi. J'ai gardé le string toute la nuit. Il était sec, enfin, sec sur le dessus, mais pas sec dessous. Le coton contre ma chatte avait séché, mais l'odeur était là, coincée dans les fibres. Et ce matin, quand je me suis préparée pour toi, quand j'ai enlevé le string pour l'emballer pour toi. Quand je l'ai enlevé, j'ai senti le vide. Le coton qui se détache des lèvres, qui se décolle, qui fait ce bruit. Et après, j'ai enfilé celui-ci. Le neuf. Le propre. Celui que tu vois là.
Elle pose la main sur le string neuf. Le coton blanc, avec son auréole humide récente. L'auréole qui n'est pas de mercredi, pas de jeudi, pas de trois jours mais de maintenant, de cette heure, de l'excitation qu'elle a à raconter.
— Et maintenant, dit-elle. T'as deux choix. Tu retires celui-ci toi-même, et tu le gardes, deux cent cinquante euros, un string porté aujourd'hui, frais, humide, avec mon odeur de chatte et ce que j'ai sécrété pendant qu'on parlait. Ou tu prends l'autre le sale, le vrai, celui que j'ai porté trois jours. Celui-là, il est dans le sac kraft, là-bas.
Elle pointe le menton vers la cuisine. Thomas suit son regard. Sur le mini-frigo, il n'avait pas vu, un sac kraft, petit, fermé, avec un élastique autour. Le sac contient le string qu'elle a porté trois jours. Le vrai. Celui qui a absorbé le frottement du bus, la mouille de la caisse, les pets des lentilles, la sueur de la nuit.
— Le prix est le même, dit-elle. Deux cent cinquante. Mais celui sur moi, tu le retires. L'autre, tu l'emportes dans le sac.
Thomas se lève. Le canapé gronde. Sa queue frotte contre le tissu du jean, et il sent une tache de pré-sperme tiède contre son ventre. Il fait un pas vers le sac kraft. Puis s'arrête. Non. Pas l'autre. Pas dans le sac. Celui-là. Celui qu'elle porte. Celui qui est mouillé maintenant, qui a absorbé l'excitation de son récit, qui est vivant sur sa chatte.
Il se retourne. Elle ne l'a pas quitté des yeux. Elle est toujours allongée, nue, les cuisses ouvertes, le string blanc avec son auréole sombre au centre exact. Elle attend. Son souffle est un peu plus court. Il le voit à la façon dont ses côtes bougent sous le mandala, à la façon dont ses seins se soulèvent un peu trop vite.
Il s'agenouille. Le lino est froid sous ses genoux. Ses mains trouvent les genoux de la blond. Il les écarte un peu plus, pas avec force, mais avec lenteur, comme on ouvre un livre. La peau de ses cuisses est chaude, légèrement humide aux plis, et il sent, sans le toucher encore, la chaleur qui monte du string, cette vapeur de chatte mouillée qui sort du coton.
Ses doigts trouvent les élastiques du string, de chaque côté des hanches. Le tissu est fin, neuf, et l'élastique résiste un peu sous ses doigts. Il tire vers le bas. Lentement. Le coton se décolle et il entend le bruit. Le bruit qu'elle a décrit. Mou, humide, comme un baiser qui se détache. L'auréole humide quitte sa chatte, et le coton emporte avec lui un fil transparent, brillant, qui s'étire entre le string et ses lèvres, un fil de mouille qui brise et retombe sur sa cuisse.
L'odeur le frappe. Pas comme dans le zip-lock. Pas comme dans le tiroir. Non, fraîche, dense, pleine, une odeur de chatte mouillée devenue aigre, de sueur de cul, de ce fond de pet qu'elle décrit, tout ça mêlé en une seule chose qui sort du coton qu'il tient dans ses mains. Il porte le string vers son visage. Pas pour renifler, pour exister avec. L'odeur emplit ses narines, sa gorge, ses yeux. La blonde le regarde, le menton levé, et pour la première fois, quelque chose craque dans son expression, pas un sourire, pas une émotion, mais une fissure, le masque qui se fend.
— Renifle-le, dit-elle. Sa voix est différente. Plus rauque. Plus basse.
Il porte le coton à son nez. Il inspire. Profondément. L'odeur entre en lui comme un coup, le cuivre d'abord, la salinité de la mouille, puis en dessous, plus sombre, plus épaisse, l'odeur de cul, de pet, de chair chauffée. C'est l'odeur du string neuf qu'elle a mouillé pendant vingt minutes en lui racontant comment elle a sali l'autre. C'est l'odeur de maintenant, de l'instant, de sa chatte excitée.
Le string neuf, trempé, sent la chatte fraîche. Le string sale, dans le sac kraft, sent les trois jours. Et Thomas, à genoux, le string neuf pressé contre son visage, respire les deux à la fois, l'un dans ses narines, l'autre dans sa mémoire.
— Met-le dans le sac, dit-elle. Et prends l'autre aussi. Les 250 c'est pour les deux. Je voulais savoir sur lequel tu allais flasher.
Il ne bouge pas. Il reste là, le coton humide contre son visage, les yeux fermés. La blonde ne dit rien. Elle attend. Le canapé grince sous son poids léger, et l'air de la pièce, maintenant, sent tout ce qu'elle a décrit le bus, la caisse, les lentilles, la nuit, la chatte, les pets, le tout.
Thomas ouvre les yeux. Il met le string neuf dans le zip-lock qu'il a apporter, le scelle, le range dans sa sacoche. Puis il va chercher le sac kraft sur le frigo. Il l'ouvre. Le string sale de 3 jours est à l'intérieur, plié et odorant. Il ne le respire pas. Pas maintenant. Pas devant elle. Il le met dans un second zip-lock, le range, et se redresse.
La blonde est toujours allongée. Nue. Les cuisses ouvertes. Sans le string, maintenant, sa chatte est là rose, luisante, les lèvres gonflées, le clitoris sorti de son capuchon. Elle ne se couvre pas. Elle le regarde s'habiller, non, il n'a rien enlevé. Elle le regarde ranger sa sacoche, vérifier le contenu, les deux zip-lock côte à côte.
— T'es bizarre, dit-elle. Les autres, ils prennent le sac et ils partent. Toi, tu restes à genoux.
Il ne répond pas. Il pose deux cent cinquante euros sur la table basse. Elle ne les regarde pas. Elle regarde sa bouche.
— T'en veux pas plus ? demande-t-elle. Pas la culotte. Autre chose.
Il sait ce qu'elle propose. Il le sait parce que sa voix a changé elle est plus douce, presque hésitante, et ses cuisses se sont rapprochées, pas par pudeur, mais par pression, par contraction, par l'envie de serrer quelque chose entre ses jambes.
— Pas aujourd'hui, dit Thomas.
Il se dirige vers la porte. Sa main est sur la poignée quand elle parle une dernière fois.
— La prochaine fois, dit-elle, tu viens, tu me regardes le mettre, et tu me regardes le porter. Et tu reviens le chercher. Comme ça, tu sais tout.
Il ouvre la porte. L'odeur de la cage d'escalier, javel, poubelle, tabac froid le reprend. Il descend. Les marches grincent. Les zip-lock sont dans sa sacoche, contre ses côtes, et il sent le poids des deux strings, un neuf sentant la mouille, un vieux remplit du nectar d'une femme, enfermées dans le plastique, qui attendent.
Dehors, le vent de novembre souffle. Il fait froid. Thomas marche vers sa voiture, les mains dans les poches, et il sent sur ses doigts, pas le plastique, pas le coton, mais elle, sa chaleur, l'humidité de ses cuisses quand il les a écartées, l'élasticité du string sous ses doigts. Il rentre chez lui. Il ouvre le tiroir du bureau. Il sort le zip-lock du mardi, le premier shorty, celui qu'il a sali lui-même. Il le pose à côté des deux nouveaux. Trois sacs. Trois odeurs. Trois jours de patience avant la prochaine.
Il sonne. Le porte du hall grince. Ca sent la javel diluée et le sac poubelle oublié. Un escalier étroit monte dans le noir, les marches usées au centre par des décennies de pas. Thomas monte. Son souffle raccourcit au deuxième étage, il n'est pas sportif, et la sacoche en bandoulière contient les deux cent cinquante euros en coupures, son téléphone, et le zip-lock avec le shorty qu'elle lui a vendu mardi. Le poids est négligeable, mais il le sent comme si le plastique traversait le tissu et collait à ses doigts.
Au troisième palier, une porte entrouverte laisse filtrer un éclairage jaune, sale, comme une ampoule trop faible dans une pièce trop grande. Il pousse. L'appartement est petit . Un studio, ou presque. Le sol est recouvert d'un lino à motif carrelage, décollé aux angles. Les murs suintent une odeur de renfermé, de tabac froid, de tissu humide séché trop de fois. Un canapé défoncé occupe le fond, sous une fenêtre dont le rideau, un bout de tissu indéfinissable, peut-être un drap filtre la lumière grise de novembre. La cuisine est un coin. Un mini-frigo, un évier avec des tasses empilées, une plaque électrique couverte d'une croûte de sauce. Sur la table basse, un cendrier plein, un briquet, un paquet de tabac entamé, et un téléphone posé face contre le bois.
Et elle.
Elle est allongée sur le canapé. Nue. Pas un vêtement, pas un drap, rien un string. Le string est neuf, ou en tout cas propre, un triangle de tissu blanc, minimaliste, qui se perd dans le pli de ses cuisses écartées. Elle est blonde, il s'en souvient, de mardi, du parking de Parilly, de sa silhouette menue dans la Clio grise mais ici, dans cette lumière malsaine, sa peau prend un aspect laiteux, presque translucide, et le mandala tatoué sur ses côtes ressort comme une blessure décorative. Ses seins sont petits, un peu pointus, avec des aréoles pâles et des mamelons contractés par le froid, ou par autre chose. Son ventre est plat, légèrement creusé au-dessus du pubis, et le string blanc dessine un triangle imparfait : une auréole humide, sombre, au centre exact du tissu, comme si le coton avait absorbé quelque chose de récent.
Elle ne bouge pas. Elle le regarde. Ses yeux sont clairs, cernés, et il ne peut pas dire si elle sourit ou si la commissure de ses lèvres est simplement tordue par la position.
— Ferme la porte, dit-elle.
Sa voix est grave pour sa taille. Thomas referme la porte derrière lui. Le bruit de l'entrebâillement se perd dans le silence de l'appartement. L'air est épais, il le sent maintenant, par-dessus le tabac et le renfermé, quelque chose de plus intime, de plus organique. L'odeur de la pièce, de ses occupants, de ce qui s'y est passé. Elle a les cuisses ouvertes, et le string n'est pas sec, et la pièce est petite, et l'air ne circule pas.
— Tu m'as apporté le truc ? demande-t-elle sans se redresser.
Thomas ouvre la sacoche. Ses doigts tremblent légèrement, pas de froid, pas de peur, mais cette vibration spécifique qui prend ses mains quand quelque chose de trop attendu arrive enfin.
— Les deux cent cinquante ?
Il sort la liasse, la pose sur la table basse. Elle ne compte pas. Elle ne vérifie même pas. Elle reste allongée, les cuisses ouvertes, et l'auréole humide sur le string blanc paraît s'assombrir, peut-être qu'elle mouille encore, en ce moment, peut-être que le coton absorbe en continu.
Thomas reste debout. Il ne sait pas s'asseoir où. Le canapé est occupé. Il n'y a pas de chaise visible. Elle frappe le coussin à côté d'elle d'un geste sec, du dos de la main.
— Assieds-toi.
Il s'assied. Le canapé s'enfonce sous son poids, et le ressort du dossier craque contre son dos. Elle est à côté de lui, nue, et la chaleur de sa cuisse droite effleure son jean. Elle ne bouge pas pour le toucher. Elle ne se tourne pas vers lui. Elle reste sur le dos, les yeux au plafond, et le string blanc tendu entre ses cuisses comme un drapeau de capitulation.
— Alors, dit-elle. Tu le retires toi-même, ou tu préfères que je te dise comment je l'ai porté d'abord ?
Sa voix ne change pas de ton. C'est une question plate, pratique, comme si elle demandait s'il veut du café. Thomas met une seconde à comprendre. Son regard descend du plafond à son visage, de son visage à ses seins, de ses seins au triangle blanc, à l'auréole humide. Le string qu'elle porte maintenant. Le string neuf, propre, qu'elle a enfilé à un moment précis pour qu'il soit sale à son arrivée. Ce n'est pas le shorty noir qu'il a acheté mardi. C'est un autre. Un neuf. Un qu'elle a fait exprès de salir.
— Dis-moi, dit-il.
Elle tourne la tête vers lui. Un léger mouvement, juste assez pour que ses yeux clairs le prennent de biais. Elle ne sourit toujours pas, mais quelque chose change dans la ligne de sa bouche, un relâchement, une amusement qui ne va pas jusqu'aux lèvres.
— Mercredi, commence-t-elle. Je l'ai mis le matin. Huit heures. J'avais pris ma douche la veille, donc j'étais propre, le string aussi. Coton blanc, neuf, acheté la semaine dernière en pack de trois. Je l'ai enfilé devant mon miroir, et je me suis regardée. Tu veux que je te dise ce que j'ai vu ?
Thomas ne répond pas. Il hoche la tête. Elle attend une seconde, comme pour s'assurer qu'il écoute.
— J'ai vu le coton tendu sur ma chatte. Pas une ride, pas un pli. Le tissu était blanc, blanc, blanc. Et ma chatte était juste derrière, chaude, pas encore mouillée, juste chaude. Comme une bouche fermée derrière un mouchoir.
Sa main droite descend sur le string. Elle ne le touche pas vraiment, elle pose le bout de ses doigts sur le bord élastique, à la hanche, et suit la ligne jusqu'au triangle. Ses doigts s'arrêtent sur l'auréole humide.
— Là, dit-elle. C'est pas de mercredi. Ça, c'est de maintenant. Mais je t'explique.
Thomas sent sa queue durcir dans son jean. Pas une érection complète, pas encore, mais ce gonflement lent, cette prise de poids dans le coton de son slip, qui le gêne contre la couture. Il ne bouge pas. Il écoute.
— Mercredi matin, j'ai pris le bus. Le 31, à sept heures et demie. Plein de monde. Debout, serrée. Le mec derrière moi portait un manteau trop épais, et il me collait. Pas exprès enfin, peut-être exprès, je sais pas. Mais je sentais son souffle dans mon cou, et le string me serrait la chatte, et j'ai commencé à mouiller. Pas beaucoup. Juste un peu. Comme quand tu mords dans un fruit et qu'il y a juste assez de jus pour tacher les lèvres.
Elle parle sans hâte. Sa voix est monocorde, presque mécanique, mais ses doigts sur le string bougent lentement, elle masse le coton humide contre elle, pas pour le plaisir, pas pour lui, mais comme un tic, comme quelqu'un qui joue avec un bouton en parlant.
— À neuf heures, j'étais au travail. Je fais les caisses dans un supermarché. Tablier bleu, polo, et le string dessous. Debout pendant quatre heures. Et quand tu te tiens debout pendant quatre heures avec un string qui te rentre dans la chatte, tu mouilles. Pas parce que t'es excitée. Parce que le coton frotte. Et à force de frotter, tu mouilles. Le tissu était mouillé au bout de deux heures. Je l'ai senti ce moment où le coton passe de sec à humide, où il colle, où tu le sens à chaque pas.
Thomas avale. Sa salive est épaisse. Il sent l'odeur de la pièce, pas seulement le tabac et le renfermé maintenant, mais elle, sa chatte derrière le coton, cette odeur qu'il connaît déjà, qu'il a respirée mardi soir dans le zip-lock, mais ici elle est vive, fraîche, pas enfermée dans du plastique. Elle emplit l'air comme une vapeur invisible.
— À midi, j'ai mangé. Sandwich jambon-fromage, sur le banc de la rue, et j'ai croisé les jambes. Le string était trempé. Trempé, tu m'entends ? Pas humide. Trempé. Le coton collait à mes lèvres, et quand je me suis levée, il a fait un bruit, un bruit mou, comme un baiser qui se détache.
Ses doigts pressent le coton maintenant. Pas un massage, une pression, comme si elle essorait. L'auréole s'étend. Thomas voit le tissu s'assombrir sous ses doigts, le blanc devenir gris, le gris devenir transparent, et derrière, la peau, les lèvres, la fente.
— Mercredi soir, je suis rentrée. J'ai pas enlevé le string. J'aurais pu, il était mouillé, il me collait, il me gênait mais je l'ai pas enlevé. Parce que je savais que tu venais vendredi. Et que tu voulais une culotte portée trois jours. Donc je l'ai gardé.
Elle se redresse sur un coude. Le canapé gronde. Sa peau frotte contre le tissu défoncé, et le mandala sur ses côtes se déforme avec le mouvement. Elle le regarde, maintenant, directement. Ses yeux sont secs, clairs, sans pudeur.
— Tu veux savoir pour les pets ? demande-t-elle.
Thomas hoche la tête. Il ne fait pas autre chose. Il ne pourrait pas parler, sa gorge est serrée, sa langue est collée à son palais, et sa queue est maintenant dure dans son jean, pressée contre la couture, douloureuse.
— Mercredi soir, j'ai mangé des lentilles. Je fais toujours des lentilles le soir, avec du chorizo. Et le chorizo, ça me donne des gaz. Toujours. Donc mercredi soir, allongée là où tu es maintenant, j'ai pété. Cinq ou six fois. Pas des pets silencieux, des pets qui sentent, des pets qui restent dans le canapé. Je sentais le string se gonfler à chaque fois, le coton emprisonner l'air, et l'odeur monter. Et je ne bougeais pas. Je restais là, les cuisses serrées, et je laissais le string absorber.
Le canapé, il est dessus. Il sent le canapé, maintenant. Pas seulement le tissu défoncé et le tabac, mais ce qu'elle décrit, les pets, les lentilles, le chorizo. L'odeur est dans le tissu, imprégnée, et il la respire à chaque inspiration, et sa queue bat contre sa cuisse.
— Je t'ai énervé ? demande-t-elle.
Il secoue la tête. Non. Pas énervé. Autre chose. Quelque chose qui n'a pas de nom propre, quelque chose qui est entre le dégoût et le désir, dans cet espace exact où l'odeur devient un sexe.
— Jeudi, reprend-elle. Le string n'avait pas séché pendant la nuit. J'ai dormi acec sur le canapé, pas dans le lit, parce que le lit c'est pour le propre, et le string n'était pas propre. Donc j'ai dormi ici, avec le string, et le coton était encore humide quand je me suis réveillée. Humide et tiède. T'imagine le coton humide contre une chatte tiede pendant huit heures ?
Ses doigts quittent le string. Elle lève la main, la porte à son nez, et renifle ses propres doigts, un reniflement court, pratique, comme quelqu'un qui vérifie si le lait a tourné. Elle ne dit rien sur ce qu'elle sent, mais elle ne retire pas sa main non plus.
— Jeudi matin, j'ai repris le bus. Et là, c'était différent. Parce que le string n'était pas juste mouillé, il était imprégné. Imprégné de la nuit, de la sueur, de tout ce que mon corps a produit en huit heures. Et le mec au bus, pas le même, un autre. il m'a encore collée. Et là, j'ai mouillé. Pas du frottement. Parce que j'étais mouillée. Pour de vrai. Le coton collait à ma chatte, et le mec me collait, et j'ai mouillé comme une chienne.
Elle rit. Pas un rire franc, un souffle court, nasal, presque moqueur. Pas de lui. D'elle-même, peut-être. De ce qu'elle décrit, de ce qu'elle fait, de cette chose qu'elle vend pour deux cent cinquante euros et qui n'a rien d'une transaction et tout d'un rituel.
— Jeudi après-midi, j'ai fait quelque chose de plus. Je suis allée aux toilettes, au travail, et j'ai enlevé le string. Je l'ai porté à mon visage. Et je l'ai reniflé. Mon propre string, mon propre coton, trempé de ma propre chatte, et j'ai reniflé comme une bête. Et tu sais quoi ? Ça m'a excitée. Tellement que j'ai failli me doigter dans les toilettes du supermarché, mais je l'ai pas fait. Je l'ai juste remis, et je suis retournée à la caisse.
Thomas bouge enfin. Pas un mouvement volontaire, un tressaillement, une contraction de sa cuisse contre le canapé, qui fait grincer le ressort. Elle le remarque. Son regard descend vers son entrejambe, vers la bosse dans le jean, évidente, tendue.
— T'es dur, dit-elle. C'est bien.
Elle ne dit rien d'autre. Elle ne l'encourage pas, ne le taquine pas. Elle constate, comme on constate un fait. Puis elle reprend.
— Jeudi soir, j'ai encore fait des lentilles. Pas exprès, enfin, peut-être un peu exprès. Et j'ai encore pété. Mais cette fois, j'ai fait autre chose. J'ai enlevé le string, ms contre mon trou et j'ai pété dedans. Directement dans le coton. Tu vois ? Je l'ai tenu contre mon cul, et j'ai poussé, et le coton a absorbé. L'odeur était forte plus forte que mercredi. Plus épaisse. Plus sombre. Le genre d'odeur qui reste dans les narines, qui revient quand tu manges, quand tu bois, quand tu te couches.
Thomas ferme les yeux. Pas pour bloquer, pour concentrer. L'image qu'elle construit avec ses mots est plus vive que n'importe quelle photo. Le string tenu contre son cul, le coton absorbant le pet, l'odeur s'imprégnant dans les fibres. Il connaît cette odeur. Il l'a sentie mardi, dans le zip-lock, et il la sent maintenant, dans l'air de la pièce, mêlée au tabac et au renfermé, vivante.
— Ce matin, dit-elle. Vendredi. J'ai gardé le string toute la nuit. Il était sec, enfin, sec sur le dessus, mais pas sec dessous. Le coton contre ma chatte avait séché, mais l'odeur était là, coincée dans les fibres. Et ce matin, quand je me suis préparée pour toi, quand j'ai enlevé le string pour l'emballer pour toi. Quand je l'ai enlevé, j'ai senti le vide. Le coton qui se détache des lèvres, qui se décolle, qui fait ce bruit. Et après, j'ai enfilé celui-ci. Le neuf. Le propre. Celui que tu vois là.
Elle pose la main sur le string neuf. Le coton blanc, avec son auréole humide récente. L'auréole qui n'est pas de mercredi, pas de jeudi, pas de trois jours mais de maintenant, de cette heure, de l'excitation qu'elle a à raconter.
— Et maintenant, dit-elle. T'as deux choix. Tu retires celui-ci toi-même, et tu le gardes, deux cent cinquante euros, un string porté aujourd'hui, frais, humide, avec mon odeur de chatte et ce que j'ai sécrété pendant qu'on parlait. Ou tu prends l'autre le sale, le vrai, celui que j'ai porté trois jours. Celui-là, il est dans le sac kraft, là-bas.
Elle pointe le menton vers la cuisine. Thomas suit son regard. Sur le mini-frigo, il n'avait pas vu, un sac kraft, petit, fermé, avec un élastique autour. Le sac contient le string qu'elle a porté trois jours. Le vrai. Celui qui a absorbé le frottement du bus, la mouille de la caisse, les pets des lentilles, la sueur de la nuit.
— Le prix est le même, dit-elle. Deux cent cinquante. Mais celui sur moi, tu le retires. L'autre, tu l'emportes dans le sac.
Thomas se lève. Le canapé gronde. Sa queue frotte contre le tissu du jean, et il sent une tache de pré-sperme tiède contre son ventre. Il fait un pas vers le sac kraft. Puis s'arrête. Non. Pas l'autre. Pas dans le sac. Celui-là. Celui qu'elle porte. Celui qui est mouillé maintenant, qui a absorbé l'excitation de son récit, qui est vivant sur sa chatte.
Il se retourne. Elle ne l'a pas quitté des yeux. Elle est toujours allongée, nue, les cuisses ouvertes, le string blanc avec son auréole sombre au centre exact. Elle attend. Son souffle est un peu plus court. Il le voit à la façon dont ses côtes bougent sous le mandala, à la façon dont ses seins se soulèvent un peu trop vite.
Il s'agenouille. Le lino est froid sous ses genoux. Ses mains trouvent les genoux de la blond. Il les écarte un peu plus, pas avec force, mais avec lenteur, comme on ouvre un livre. La peau de ses cuisses est chaude, légèrement humide aux plis, et il sent, sans le toucher encore, la chaleur qui monte du string, cette vapeur de chatte mouillée qui sort du coton.
Ses doigts trouvent les élastiques du string, de chaque côté des hanches. Le tissu est fin, neuf, et l'élastique résiste un peu sous ses doigts. Il tire vers le bas. Lentement. Le coton se décolle et il entend le bruit. Le bruit qu'elle a décrit. Mou, humide, comme un baiser qui se détache. L'auréole humide quitte sa chatte, et le coton emporte avec lui un fil transparent, brillant, qui s'étire entre le string et ses lèvres, un fil de mouille qui brise et retombe sur sa cuisse.
L'odeur le frappe. Pas comme dans le zip-lock. Pas comme dans le tiroir. Non, fraîche, dense, pleine, une odeur de chatte mouillée devenue aigre, de sueur de cul, de ce fond de pet qu'elle décrit, tout ça mêlé en une seule chose qui sort du coton qu'il tient dans ses mains. Il porte le string vers son visage. Pas pour renifler, pour exister avec. L'odeur emplit ses narines, sa gorge, ses yeux. La blonde le regarde, le menton levé, et pour la première fois, quelque chose craque dans son expression, pas un sourire, pas une émotion, mais une fissure, le masque qui se fend.
— Renifle-le, dit-elle. Sa voix est différente. Plus rauque. Plus basse.
Il porte le coton à son nez. Il inspire. Profondément. L'odeur entre en lui comme un coup, le cuivre d'abord, la salinité de la mouille, puis en dessous, plus sombre, plus épaisse, l'odeur de cul, de pet, de chair chauffée. C'est l'odeur du string neuf qu'elle a mouillé pendant vingt minutes en lui racontant comment elle a sali l'autre. C'est l'odeur de maintenant, de l'instant, de sa chatte excitée.
Le string neuf, trempé, sent la chatte fraîche. Le string sale, dans le sac kraft, sent les trois jours. Et Thomas, à genoux, le string neuf pressé contre son visage, respire les deux à la fois, l'un dans ses narines, l'autre dans sa mémoire.
— Met-le dans le sac, dit-elle. Et prends l'autre aussi. Les 250 c'est pour les deux. Je voulais savoir sur lequel tu allais flasher.
Il ne bouge pas. Il reste là, le coton humide contre son visage, les yeux fermés. La blonde ne dit rien. Elle attend. Le canapé grince sous son poids léger, et l'air de la pièce, maintenant, sent tout ce qu'elle a décrit le bus, la caisse, les lentilles, la nuit, la chatte, les pets, le tout.
Thomas ouvre les yeux. Il met le string neuf dans le zip-lock qu'il a apporter, le scelle, le range dans sa sacoche. Puis il va chercher le sac kraft sur le frigo. Il l'ouvre. Le string sale de 3 jours est à l'intérieur, plié et odorant. Il ne le respire pas. Pas maintenant. Pas devant elle. Il le met dans un second zip-lock, le range, et se redresse.
La blonde est toujours allongée. Nue. Les cuisses ouvertes. Sans le string, maintenant, sa chatte est là rose, luisante, les lèvres gonflées, le clitoris sorti de son capuchon. Elle ne se couvre pas. Elle le regarde s'habiller, non, il n'a rien enlevé. Elle le regarde ranger sa sacoche, vérifier le contenu, les deux zip-lock côte à côte.
— T'es bizarre, dit-elle. Les autres, ils prennent le sac et ils partent. Toi, tu restes à genoux.
Il ne répond pas. Il pose deux cent cinquante euros sur la table basse. Elle ne les regarde pas. Elle regarde sa bouche.
— T'en veux pas plus ? demande-t-elle. Pas la culotte. Autre chose.
Il sait ce qu'elle propose. Il le sait parce que sa voix a changé elle est plus douce, presque hésitante, et ses cuisses se sont rapprochées, pas par pudeur, mais par pression, par contraction, par l'envie de serrer quelque chose entre ses jambes.
— Pas aujourd'hui, dit Thomas.
Il se dirige vers la porte. Sa main est sur la poignée quand elle parle une dernière fois.
— La prochaine fois, dit-elle, tu viens, tu me regardes le mettre, et tu me regardes le porter. Et tu reviens le chercher. Comme ça, tu sais tout.
Il ouvre la porte. L'odeur de la cage d'escalier, javel, poubelle, tabac froid le reprend. Il descend. Les marches grincent. Les zip-lock sont dans sa sacoche, contre ses côtes, et il sent le poids des deux strings, un neuf sentant la mouille, un vieux remplit du nectar d'une femme, enfermées dans le plastique, qui attendent.
Dehors, le vent de novembre souffle. Il fait froid. Thomas marche vers sa voiture, les mains dans les poches, et il sent sur ses doigts, pas le plastique, pas le coton, mais elle, sa chaleur, l'humidité de ses cuisses quand il les a écartées, l'élasticité du string sous ses doigts. Il rentre chez lui. Il ouvre le tiroir du bureau. Il sort le zip-lock du mardi, le premier shorty, celui qu'il a sali lui-même. Il le pose à côté des deux nouveaux. Trois sacs. Trois odeurs. Trois jours de patience avant la prochaine.
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