« Les confidences du clitoris » (5) Éloge du Clitoris, par Dyonisia : Ma première épilation
Récit érotique écrit par Olga T [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 02-11-2026 dans la catégorie Entre-nous, les femmes
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Avertissement :
Tout en déplorant vivement l’impossibilité prolongée d’échanger avec les lecteurs à travers les commentaires, j’ai décidé de continuer à publier sur HDS.
Voici donc, dans la série « Les Confidences du clitoris », le second volet des confessions intimes de Dyonisia, publication qui fait suite à celle du 12 septembre 2026 : « Les confidences du clitoris (3) Éloge du Clitoris, par Dyonisia – Épisode 1 : Préliminaires ».
Laissons Dyonisia nous raconter !
***
Comme vous avez pu le lire, et vous caresser j’espère – non, je plaisante ; quoique… – je n’ai pas eu une mère aussi libre d’esprit et de corps que Maud. Aussi, soyez indulgentes mes sœurs si je vous parais avoir été une ingénue indécrottable, même si vous êtes tombées en pamoison devant la description de Clitounet.
Je suis peut-être passée trop rapidement sur quelques passages de ma précédente confession, sur la séance d’épilation conseillée par ma compagne de douche au club hippique, par exemple, ou sur ce qu’ont été les années heureuses qui ont suivi la rencontre de mon seul amour hétéro. Je n’ai fait qu’allusion à ces tranches de vie intime, riches en découvertes pourtant. Avec leur évocation, il revient à ma mémoire des souvenirs d’autrefois, comme dit une vieille chanson.
Mais soyons logique, prenons les choses dans l’ordre chronologique. Quand je me suis décidée à accompagner mon initiatrice des soins pubiens, j’étais encore dans ma période de baises médiocres et de masturbations consolatrices. Je savais consentir un gros effort financier, pour moi, mais ma fierté m’empêchait d’accepter sa généreuse (ou intéressée, allez savoir !) proposition de me payer ma « première taille », lol. Pour vous dire combien j’étais bébête à l’époque, je m’étais pomponnée et soigneusement lavée. Elle a dû remarquer ma mise trop apprêtée en venant me chercher, mais elle n’a rien dit. Au contraire, comme si nous étions amies de longue date, elle m’a raconté ses appréhensions de gamine quant à l’idée de devoir montrer sa vulve, alors qu’en fait c’était un moment de détente qu’elle ne manquait pas de renouveler. Il y avait bien quelques secondes critiques, mais les employées savaient y faire pour mettre la cliente à l’aise. Elle a profité d’un feu rouge pour me regarder dans les yeux.
- Comme tu es une nouvelle cliente, elles te proposeront un slip en papier avant de commencer.
- Un slip jetable, pour ne pas tâcher la culotte ?
- Ouais, à la place. Si tu veux mon avis, ne le mets pas. Ça cache tes lèvres, bien sûr, mais ça leur complique le travail et tu risques de ne pas avoir les bords bien épilés.
- Hum… Bof, ce n’est pas si grave s’il reste quelques poils.
- Ça fait négligé, a-t-elle tranché en embrayant. Les hommes préfèrent une touffe naturelle à une touffe mal taillée.
Je n’allais pas lui dire qu’il y avait si peu d’hommes à voir ma chatte que bien ou mal taillée, ma touffe… Ni que j’aimais bien la douce sensation des poils sous ma main quand je me masturbais. Elle s’est méprise sur mon silence.
- Oh, ne t’inquiète pas ! Il n’y a que des femmes ! Et elles en ont vu de toutes les formes ! Tu veux que je reste à côté de toi pour te rassurer ? Je peux leur demander.
Je ne sais pas ce qui m’a prise (enfin, maintenant je sais, mais à l’époque, non). Après coup, j’ai mis ma réponse au compte de la crainte que ce soit douloureux.
- Heu… Je préfèrerais voir comment ça se passe.
- Voir mon épilation ? Tu veux savoir comment fait l’esthéticienne avant de lui confier ta chatte ?
- … oui
- Ça doit pouvoir se faire. Moi, ça ne me gêne pas, et je pense que ce ne sera pas la première fois qu’elles s’occuperont de deux clientes ensemble. Mais si tu joues les voyeuses…
- … ? Oh non, c’est juste pour comprendre.
- Oui da ! Après, ce sera mon tour de te regarder.
Elle m’a adressé un grand sourire qui m’enlevait toute velléité de refus, en ajoutant :
- Ce ne sera pas non plus la première fois.
J’aimerais me souvenir que non, mais je crois que j’ai un peu rougi.
Son esthéticienne attitrée tenait salon à la périphérie de la ville, un quartier résidentiel et calme, loin des turbulences estudiantines. C’était le genre Vénus Beauté Institut, mais dans un immeuble aussi moderne que rupin, et doté d’une vitrine où s’étageait un nombre impressionnant de produits, flacons, boîtes et pots d’onguents coûteux dédiés à la beauté des dames. Nonobstant cet étalage, on pouvait entrevoir un intérieur qui évoquait celui d’un salon de coiffure mais dont les fauteuils étaient destinés aux soins de manucure, et aussi, moins visibles, aux soins de pédicure. Une exposition sans doute voulue pour attirer la chalande désœuvrée, et argentée, qui serait tentée de trouver là de quoi occuper agréablement une heure ou deux.
Ma tutrice a ignoré superbement ces appâts et s’est dirigée droit vers le bureau où elle a été accueillie avec force démonstrations d’amitié par trois ou quatre jeunes femmes en blouses légères d’un discret rose pastel. Je la suivais comme un petit chien, une petite chienne plutôt (clin d’œil à ma Puce), très intimidée par l’ambiance cosy, les photos de superbes corps féminins très peu vêtus ou pudiquement nus affichées aux murs, et tout le décorum censé garantir aux clientes assidues une esthétique de rêve. Tout cela était bien loin de mes modestes habitudes. Je commençais à regretter d’être venue quand je fus présentée comme « une jeune amie » désireuse de découvrir ce qui faisait le renom de ce salon. Me défiler après une telle introduction eut été impoli.
D’ailleurs, je n’en aurais pas eu le temps. On m’entoura aussitôt pour m’assurer du plaisir de m’accueillir et me faire l’inventaire des prestations offertes (façon de parler, lol !) à choisir en tout ou parties depuis la douche chaude relaxante jusqu’au massage tout aussi relaxant, fortement conseillé « pour atténuer les désagréments d’une épilation ». Et pour remercier, bien sûr, Marie-Laure (je ne suis pas sûre que c’était son prénom, mais il correspond assez au personnage) d’avoir amenée « une charmante jeune femme » que l’on espérait revoir souvent. Allez dire « non merci, au revoir », ensuite !
J’ai décliné la douche que Marie-Laure a acceptée d’enthousiasme en me disant que j’avais tort, ce qu’elle a cru bon de justifier par mon inexpérience.
- Il faut que je vous dise. Tu me permets, hein, Chantal ? C’est sa première épilation.
- Oh, mais c’est encore plus charmant ! Ne vous inquiétez pas Chantal, nous ferons très doucement.
- Je connais ton doigté, ma chère Lou (j’avais envie d’écrire Loaou, lol), mais elle aimerait se faire une opinion en te regardant faire d’abord. Il y a un salon à deux places, non ? Je pourrais passer la première et...
- Oui, oui, bien sûr ! Claire vous y accompagnera avec Lou, est intervenu celle qui semblait être la patronne. Dommage que Mathilde et moi ayons des rendez-vous, ç’aurait été avec plaisir que nous les aurions aidées.
Marie-Laure paraissait être chez elle dans l’établissement, ou en tout cas assez estimée pour que ses demandes ne fussent point refusées. Je les ai suivies, elle et ce duo spécialisé de fausses blondes – pour autant que je me souvienne – avec un sentiment pénible d’infériorité et le malaise que j’en ressentais. Le « salon double » était une pièce vaste, embaumée d’une brume ténue, d’encens peut-être, diffusée par des brûle-parfums et dotée de deux tables de massage côte à côte. Une cabine de douche s’ouvrait directement sur un côté, des étagères de serviettes et des peignoirs sur cintres occupaient l’autre, et un paravent japonisant se dressait au fond.
Lou, ou Claire, me l’a désigné d’un air engageant pour me déshabiller tandis que Marie-Laure était déjà à moitié nue sans autre cérémonie. Elle avait déjà quitté soutien-gorge et culotte quand je n’en étais encore qu’à dégrafer la ceinture de ma jupe. Je l’ai perdue de vue pendant que je retirais mes vêtements et je l’ai aperçue ensuite qui se prêtait voluptueusement au jet que maniait, disons Lou. Elle paraissait réellement en ressentir un tel plaisir que le regret de mon refus de cette étape m’a effleurée. L’eau martelait tour à tour ses seins, son ventre ou ses fesses et rejaillissait sur la blouse de Lou. J’étais nue derrière le paravent à les regarder ; comme une voyeuse, c’était vrai. Claire m’a en effet proposé le fameux slip jetable dont j’ai crânement jugé qu’il n’était « pas nécessaire ».
- Vous pouvez sortir, alors, si vous êtes prête, m’a-t-elle invitée en me tendant un peignoir.
Ses yeux m’étudiaient pendant que je l’enfilais maladroitement, un peu gênée de son regard d’experte sur ma poitrine et mon pubis.
- Marie-Laure a eu raison de vous conseiller de venir, a-t-elle observé en désignant ma touffe, avant d’ajouter en souriant : mais le travail ne nous fait pas peur.
J’ai refermé mon peignoir sans répondre, vaguement mortifiée par sa remarque un poil désobligeante quant à l’attention que j’avais portée à l’apparence de mon intimité. Mais elle n’a pas insisté là-dessus, toute occupée à envelopper Marie-Laure dans une immense serviette de bain pour la sécher. Elles plaisantaient en même temps sur la blouse trempée de Lou qui lui collait au corps. J’ai cru comprendre qu’il n’était pas d’usage de porter une blouse pour doucher une cliente et qu’elle n’avait été gardée que par égard pour moi.
- Je vais en changer, s’est excusée Lou.
- Oui, tu ferais bien de l’enlever avant de mouiller partout, a renchéri Claire.
- Oh, tu n’as pas besoin d’aller en chercher une autre. Ça ne nous gênera pas si tu t’en passes, n’est-ce pas Chantal ?
Le moyen de la contredire ? J’ai acquiescé, contrainte et forcée, et un peu curieuse, aussi. J’ai eu droit à deux strip-teases dans la foulée. Marie-Laure s’est allongée sur une table en se dénouant de sa serviette comme d’un emballage cadeau et Lou a fait de même avec sa blouse pour apparaître en balconnet qui ne cachait que la moitié de ses mamelons et en string ultra mini. Elle était vingt fois plus belle de formes et d’allure que je ne l’avais imaginé. Une pulpeuse et sportive femme étendue nue et offerte devant moi, et une fille guère plus âgée que moi en petite tenue presque plus érotique, j’ai mis au crédit de l’esthétique l’émotion que leur vision me procurait.
Je devais pourtant convenir in petto que pour elles comme pour Claire c’était une situation banale. Marie-Laure avait les bras étendus le long du corps, absolument détendus, et les cuisses à moitié écartées qui mettaient en exergue un buisson pubien dont, de mon point de vue, on ne pouvait exiger beaucoup de retouches. Lou l’étudiait malgré tout avec attention, suivant du doigt ses lisières en échangeant avec sa propriétaire des considérations sur les limites qu’il convenait de lui apporter. Les palpitations de seins qui résultaient des attouchements, légers mais précis, de la praticienne ne semblaient pas troubler la patiente. Elles sont tombées d’accord pour une taille en triangle dont la pointe s’élèverait du haut de la fente vers une base évoquant un contour de cœur sur le mont de Vénus. Tout le reste, y compris les grandes lèvres, serait absolument lisse.
J’écoutais de toutes mes oreilles en regardant de tous mes yeux, subjuguée, et – si j’avais été honnête avec moi-même je l’aurais reconnu – émoustillée, d’assister aux arcanes secrets qui précèdent des soins intimes. Claire s’est positionnée près de la tête de Marie-Laure lorsque Lou allait commencer le travail. Elle a massé les épaules et les bords du buste pendant que sa collègue enduisait de cire plus chaude que tiède les zones promises à l’éradication totale des poils. « C’est pour atténuer l’impression de chaleur », m’a-t-elle expliqué. Puis, en massant la taille et les hanches quand Lou a posé des bandes de gaze qu’elle imprimait dans la cire encore molle : « c’est pour détendre pendant que la cire prend ». Et quand, au moment idoine, Lou arrachait les bandelettes, elle a massé à pleines mains les seins en me disant « vous comprenez pourquoi ». Marie-Laure a émis un profond soupir et a souri.
Lou m’a conviée à voir de plus près le résultat. Mon peignoir s’était ouvert mais j’avais oublié ce détail. J’étais très impressionnée à la fois par la netteté du dessin de la toison et par la rougeur de la peau fragile des grandes lèvres que leurs palpitations rendaient plus évidente. Et surtout, j’étais gênée d’être captivée par les fines traces qui brillaient sur les petites lèvres comme par le bourgeon rose vif qui pointait hors des replis. Mon premier clito en gros plan, lol ! Mon premier clito de visu, tout court en fait, hormis celui de la jeune Andréa, ce qu’ignorait évidemment Lou toute attentive à me donner des informations rassurantes.
- On ne peut éviter qu’il y ait un peu d’inflammation, ce sont des zones sensibles, m’expliquait-elle (elle aurait pu dire plus justement « des zones érogènes »). En principe, on passe tout de suite une huile qui calme l’irritation. Là, il faudra sans doute y revenir. Alors, si vous en avez vu assez, Chantal…
- Ne la culpabilise pas, Lou ! C’est très supportable pour moi, je peux attendre qu’elle ait bien compris la procédure, m’a dédouanée Marie-Laure. Je sais que Claire et toi me ferez oublier ce petit délai.
Je me suis excusée d’être la cause du retard dans les soins et j’ai assuré l’une et l’autre que j’avais tout saisi de l’opération. Il m’a semblé qu’un nuage de déception passait dans le regard de Marie-Laure, probablement sceptique sur mon affirmation. Mais Claire vidait déjà un flacon au parfum entêtant sur les « zones sensibles » et sur les mains de Lou qui s’en enduisit largement les doigts avant de masser délicatement les bords du sexe et de la touffe.
J’attendais (j’espérais ?) que Claire reprît en mains les seins de Marie-Laure qui avait fermé les yeux, mais elle se borna à l’inviter à se retourner sur le ventre et à la masser des épaules aux reins. Lou se mit simultanément à lui masser les jambes des pieds aux fesses.
Je ne sais plus combien de temps ça a duré, mais je me souviens avoir admiré la science des masseuses en me demandant si cette relaxation était de rigueur ou simplement de confort. Lorsque les praticiennes l’estimèrent suffisamment détendue, Marie-Laure se remit sur le dos et ses yeux croisèrent ceux de Claire.
- Tu n’as pas perdu la main, apprécia-t-elle. Même avec une blouse qui doit t’encombrer.
- C’est moins pratique, c’est vrai. Mais c’est la règle quand ce n’est pas une séance privée…
- Oh, tu peux l’enlever, ce n’est pas mon amie qui te dénoncerait, même si tu étais nue ! N’est-ce pas, Chantal ?
- Ben, euh… heu (hochement de tête prudent de ma part).
- C’est que… hum (hésitation de Claire).
- Je te l’avais dit que tu finirais par te trouver coincée, s’est exclamée Lou. On y est !
- Quoi donc ?! Tu n’as rien dessous ?? Non ? Bah, nous fermerons les yeux, a ri Marie-Laure. Et toi, Lou, tu vas laisser ta copine s’exhiber seule ?
- Le soutien-gorge seulement. Je préfère garder le bas, j’ai mes règles.
Eh bien, voilà. En trente secondes c’est moi qui faisais tache, avec mon peignoir… La pièce était à bonne température, comme de juste, et je n’avais pas de raison crédible pour me distinguer. J’ai platement bredouillé un vague « j’ai chaud », ce qui a provoqué des sourires, et je me suis débarrassée du dernier rempart de ma pudeur. Ne riez pas, lol ! C’était un gros effort pour une gamine de vingt ans que de comparer sa nudité à celle de femmes faites. Malgré la fraîcheur de leur jeunesse, mes seins ne pouvaient rivaliser leurs poitrines. En face des globes, haut plantés de Claire ou de ceux plus coniques mais tout aussi arrogants de Lou, mes lolos ronds n’étaient pas de taille. Pas plus n’étaient-ils capables d’affronter ceux plus opulents de Marie-Laure qui, couchée sur le dos, les exposait moins affaissés que les miens dans la même position.
Quant aux fesses, n’en parlons pas ! Si celles de Lou et Claire se disputaient l’honneur des plus séduisants hémisphères perchés sur de longues jambes, celles de Marie-Laure et ses cuisses, malgré une ampleur plus évidente, affichaient l’allure musclée que leur avaient conférées des années d’équitation. Au moins me donnaient-elles l’espoir qu’en persévérant dans ce sport mon cul rond et mes cuisses moyennes atteindraient la même tenue. Oui, j’étais un peu rondelette à l’époque, mais je me soignais, grâce au cheval.
Pour l’esthétique pubienne, ma broussaille ne pouvait lutter pour l’instant avec l’élégant blason de Marie-Laure ou le glabre intégral de Claire. Par contre, la vue rapprochée du sexe de Marie-Laure m’avait montré la plénitude de ses formes intimes, tandis que la fente de Claire, qui apparaissait distinctement, était d’une discrétion semblable à la fentine d’une petite fille. Le faible relief des deux bourrelets oblongs de ses lèvres dissimulait tout autre détail, et je ne crois pas que ma mémoire me trahisse en me rappelant que j’étais curieuse de savoir quel serait l’aspect de ma vulve privée de son surcroît de poils, lol ! Il me restait un doute sur l’apparence de celle de Lou. Ce que cachait son mini string ne devait être ni large, ni longuement fendu, et ce qu’il laissait voir prédisait un pubis aussi lisse que celui de Claire.
(En parlant de claire, je veux l’être aussi : j’essaie de réunir le plus sincèrement possible les souvenirs qui témoignent de mes années d’étudiante. Mais tout témoin est trompeur. Les détails qui me reviennent peuvent se télescoper avec des images plus récentes ou se parer de sentiments dont je n’avais pas conscience en vivant les situations confiées aujourd’hui. Soyez indulgentes si d’aventure leur récit embellit leur réalité. Le plus important est l’impression qu’elles m’ont laissée en participant à ce que j’allais devenir.)
Nous étions donc quatre femmes nues, comme sur certains tableaux libertins. Mes trois aînées en étaient parfaitement à l’aise, et je crois bien que Lou n’aurait pas été confuse d’un cordon de tampon sortant de ses lèvres si elle n’avait conservé son cache sexe par politesse. Quant à moi, je m’efforçais de prendre un air détaché malgré mon cœur battant d’une excitation que je jugeais malsaine sans pouvoir la réprimer. La curiosité me taraudait. La complicité entre Marie-Laure et ses masseuses était trop évidente, même pour moi. Je brûlais de savoir jusqu’où elle irait, et sans doute me demandais-je avec espoir et crainte si elle s’étendrait jusqu’à moi. À ma grande honte, au vicieux plaisir de ne perdre aucun geste ni attitude que je voyais, je sentais mon corps réagir comme si je me caressais.
Je voyais les globes bronzés de Claire planer sur la tête de Marie-Laure quand elle lui empaumait les seins et son ventre en frôler le visage quand elle se penchait pour masser plus bas. J’imaginais qu’on ne pouvait respirer si près d’un sexe sans en sentir les effluves. Je voyais les mains de Lou pétrir les cuisses et se rapprocher progressivement du pubis. J’imaginais l’attente du contact, le frémissement d’impatience, ou de crainte, qui sait ? Mais quand les paumes se plaquèrent sur la vulve de Marie-Laure et en massèrent les lèvres, les miennes me semblèrent s’ouvrir comme je voyais éclore les siennes. Et j’ai réalisé soudain que j’étais près, tout près, de ce corps féminin dont l’épicentre du plaisir dardait un fascinant bouton rouge, et qui jouit bientôt, même pas discrètement, dans un parfum étrange, pourtant si proche du mien.
J’étais bouleversée, et je n’en comprenais pas les raisons. J’étais troublée, et je me le reprochais. Je flottais comme en rêve, m’apercevant distraitement des fugaces baisers échangés d’une bouche légère entre mes trois compagnes. Sans doute y a-t-il eu aussi des mots échangés, des remerciements et des compliments, je ne les ai pas entendus. Il a fallu qu’on me prenne par la taille, qu’on me répète que c’était à mon tour de m’étendre, qu’on m’amène contre la table, pour que j’émerge. De quoi ? De mon ravissement ? De mon affolement ? Pas certaine aujourd’hui encore de le définir. Je me souviens m’être laissée allonger. Je me souviens de paroles apaisantes. Qui m’a assistée ? Qui m’a parlé ? Trop étourdie par la situation pour le savoir. C’est en me sentant écarter les jambes que je me suis vraiment réveillée. Trois têtes amusées étaient penchées sur la croisée de mes cuisses. J’ai fermé les yeux.
- Tu avais raison, Claire. Il va y avoir du travail ! (C’était donc Lou)
- Une belle broussaille, pas si abondante, mais le rasoir n’a rien arrangé. (Là, j’ai reconnu la voix de Marie-Laure, qui m’avait déjà déconseillé mon habituelle pratique.)
- Non, mais au moins les poils étaient doux à l’origine… Et ils le sont restés. (Claire, évidemment, qui venait d’ébouriffer ma toison.)
- Doux, oui, mais longs, a repris Marie-Laure en fourrageant à son tour. Longs et drus, regardez-moi ces mèches !
J’ai très nettement entendu le flic-flac de mes lèvres quand elle a tiraillé sur mes coupables mèches. J’en ai rougi jusqu’à la racine des cheveux.
- Oh, heu, pardon… je… désolée, je… pas volontaire, ai-je bredouillé, mortifiée de honte.
C’était idiot de l’être. Leurs rires indulgents me l’ont fait comprendre.
- Ne t’excuse pas, ma petite Chantal, on sait ce que c’est, a relativisé Marie-Laure en me tapotant le poignet.
- Oui, oui, c’est une réaction tout à fait normale, ont renchéri Lou et Claire.
- Bien sûr. Même que si elle n’y est pas, ça vous vexe, hein ?
- Nous aimons le travail bien fait ! Quand une cliente réagit ainsi, ça veut dire que notre douceur lui a fait oublier la douleur.
- Ben voyons ! Mais vous avez raison. Et toi, ma chérie, laisse-toi aller. Tu les décevrais sinon, a conclu Marie-Laure.
- Absolument ! Mais si vous permettez, Chantal, la cire prendrait mal sur des poils mouillés…
Je n’ai rien eu à « permettre » à Claire, elle passait déjà un linge entre mes lèvres que Lou venait d’écarter. Je crois bien que c’était – non, c’était, tout court – la première fois qu’une fille touchait ma chatte, car je ne peux compter comme tel les attouchements éducatifs avec Andréa ni les attouchements techniques de ma gynéco. Et, j’y pense soudain, il me semble bien que ni Lou ni Claire ne portait de quelconques gants, pas plus pour Marie-Laure que pour moi. Bref, ma cyprine était délicatement essuyée et mes poils près des lèvres soigneusement épongés. Je n’ai rien osé dire, mais mon « petit bassin », comme disent les infirmières, fourmillait plus qu’avant ces soins censés être purement hygiéniques, ce que je me reprochais, évidemment, malgré l’exemple que j’avais eu sous le nez.
La découverte des pratiques du salon de beauté affectionné par Marie-Laure, la vue de celle-ci aux mains des praticiennes, l’inspection soigneuse par ces dernières de ma touffe négligée et le délicat essuyage de ma fente engluée m’avaient déjà fortement émue. La discussion sur la coupe pubienne qui me siérait le mieux n’a rien arrangé.
Malice ou non, chacune y allait de ses préconisations et conseils de dessin et de longueur des poils, en précisant des doigts dans ma broussaille ce qu’elle voulait dire. Allez rester insensible devant tant de professionnalisme et de preuves d’amitié ! Il a fallu m’éponger à nouveau. Deux linges pour une cliente, j’ai eu droit à des appréciations coquines, dont je n’ai absolument pas saisi les sous-entendus. Ne croyez pas que j’étais si innocemment ignare ! Simplement, j’étais trop accaparée par l’étrangeté des sensations que j’éprouvais pour réaliser ce qu’il en était.
« J’aimerais comme Marie-Laure », ai-je fini par dire, plus pour échapper à mon embarras que par choix réfléchi. Pour autant que je me souvienne, les conséquences de ma déclaration n’ont pas été moins gênantes. Lou et Claire se sont relayées pour étudier l’implantation des poils, particulièrement sur l’avers de mes grandes lèvres au prix de quelques bruits mouillés supplémentaires, et déterminer la meilleure méthode d’opérer.
- Nous commencerons par tailler aux ciseaux les plus longs sur votre pubis, m’a expliqué Lou, et délimiter ainsi la forme de toison que vous souhaitez. Désirez-vous que l’on réduise aussi la longueur des poils conservés ?
- Non. Merci, mais je crois que je préfère qu’ils restent comme ils sont.
- Je vous comprends, m’a approuvée Claire. Si elles ne choisissent pas l’épilation intégrale, beaucoup de clientes souhaitent avoir un peu d’épaisseur.
- C’est plus doux, a ajouté Marie-Laure avec un clin d’œil complice.
- Mais pour les poils sur les lèvres, a repris Lou, vous n’en avez pas beaucoup, et ils ne sont pas aussi longs qu’en haut. Si on les raccourcit aux ciseaux la cire prendra mal. Il y a deux solutions possibles, avec des avantages et des inconvénients.
- Dites-moi laquelle vous me conseillez.
- Soit on rase – c’est sans danger, rassurez-vous – ce qui est plus rapide et indolore, mais les poils repousseront plus vite et plus raides. Vous aurez rapidement une sensation de barbe piquante, assez désagréable. Soit on épile à la cire, c’est plus radical, ça durera plus longtemps et il y aura probablement moins de repousses.
- C’est la meilleure solution, alors ?
- Oui, mais douloureuse. Je préfère vous prévenir !
- C’est si douloureux que ça ? Il m’a semblé que pour Marie-Laure…
- Parce que moi, ça fait longtemps, m’a coupé celle-ci. La première fois, oui, sur les lèvres ça fait plutôt mal, surtout que tu as la peau fine, toi. Après, c’est toujours un peu douloureux, mais on s’habitue. Et c’est tellement sensuel, ensuite, fais-moi confiance ! En plus, tu as les meilleures épileuses de la maison pour s’occuper de toi…
- Va pour l’épilation des lèvres, alors !
- Et celle sur le mont de Vénus, aussi, a rappelé Lou. Ce ne sera pas très plaisant non plus.
- Tant pis, ai-je crâné pour cacher ma peur et mon inexpérience.
- À votre service, Chantal, ce sera comme vous voudrez. On va vous préparer. Claire, tu t’en occupes ?
Marie-Laure m’a fait un petit bisou sur la joue qu’elle a justifié par : « pour te donner du courage ». J’ai eu comme le sentiment d’être une gamine que sa grande sœur materne, lol. Sentiment renforcé par la façon dont Lou me « préparait » en dorlotant la base de mon cou et le haut de ma poitrine. Elle ne prenait pas mes seins, elle les contournait, les effleurant des pouces en descendant sur mes flancs, puis en remontant, d’une pression toujours aussi légère, vers mes aisselles et mes épaules. C’était doux et relaxant, troublant et même frustrant de ne pas avoir tout le buste soumis à cet agréable massage. Pendant ce temps, Claire taillait dans ma touffe à petits coups de ciseaux qui dessinaient l’ébauche de ses futures limites. Il lui arrivait, pour plus de précision, de coucher les poils à réserver d’un côté ou de l’autre du sommet de ma vulve, et ce faisant de comprimer parfois du bout des doigts mon clitoris. Elle s’en excusait d’un sourire sans me tenir rigueur du bref sursaut qu’elle m’avait provoqué. Je souriais aussi en réponse, comme d’un geste sans importance, malgré les pulsations que je ressentais en me demandant si elle pouvait ne pas les sentir également.
Lorsqu’elle fut satisfaite de cette première étape, elle m’annonça que le grand moment était arrivé. Je n’ai pu m’empêcher de me raidir en voyant la spatule couverte de cire brune qu’elle retirait du bol mis à tiédir. Le contact ne fut pas tel que je le craignais. L’application de pâte sur les poils raccourcis n’entraînait qu’une sensation de chaleur, très supportable. Même en insistant, Claire ne m’a provoqué que des tiraillements.
- Elle n’est pas assez chaude, a-t-elle regretté.
- La cire ?
- Oui, la cire. Pas toi, a ri Marie-Laure.
- Prends l’autre bol et passe-la au pinceau, a conseillé Lou. Je vous masserai plus profondément, a-t-elle ajouté pour moi. Tout ira bien, ne vous inquiétez pas.
Pourquoi aurais-je dû m’inquiéter ? Ou plutôt m’inquiéter plus, car je n’étais déjà pas très rassurée, quoique j’aie vu et quoiqu’on m’ait dit, lol ! J’ai vite compris.
Ah oui, la mixture était plus fluide, le pinceau (?) l’étendait mieux, elle enduisait mieux les poils, elle coulait jusqu’à la peau. Elle était plus chaude, aussi ! Je l’ai bien sentie, ça oui. Je ne me suis pas raidie, je me suis tétanisée ! Claire continuait à tartiner, imperturbable. Je me suis raccrochée à ce que pouvais. J’avais un poids sur la poitrine. C’étaient les mains de Lou qui pressaient mes seins. Les miennes étaient crispées sur ses poignets. Claire avait enduit tout le tour du triangle de boucles intactes. La sensation de brûlure s’estompait tandis qu’elle posait des bandelettes de gaze. La cire refroidissait ou ma peau s’habituait. Les deux, sans doute. Lou poursuivait son « massage profond ». Ça c’était agréable, en effet. Mes seins appréciaient d’être palpés et malaxés. Il n’y avait rien de mal à cela puisque c’était purement professionnel, n’est-ce pas ? Mes mains se sont détendues. Mais elles sont restées sur les poignets de Lou. Là ou ailleurs, pourquoi pas ?
Elles se sont resserrées derechef ! Claire fignolait le travail. Elle délimitait la pointe du triangle. Elle enduisait les poils qu’elle avait taillés juste au dessus de ma fente, juste tout près de mon clitoris. La chaleur s’y communiquait, et il réagissait, à ma grande honte. Mais pourquoi en étais-je excitée comme si je le frottais, grands dieux ?! La chaleur s’estompait, bien sûr, mais pas le plaisir. Une autre chaleur, que je connaissais bien, envahissait mon ventre et se propageait dans ma poitrine, dans mes seins qui continuaient d’être doucement pétris. Du coup, j’ai été rassurée puisque cette continuité était quasiment thérapeutique. La pose des dernières bandelettes a bien ravivé les sensations sur mon clito, mais ça n’avait plus rien d’indécent. Ce n’est pas transgresser la morale qu’un remède soit agréable à prendre, n’est-ce pas ?
- Si vous voulez bien, Chantal, on va faire les lèvres pendant que la cire prend, a proposé Claire pour la forme.
- … (Que répondre quand la suggestion est une affirmation ?)
- Oui, on gagnera du temps. Je vous demanderais d’ouvrir plus votre cuisse, s’il vous plait. La droite, oui. On fera le côté gauche après. Écartez-la plus, s’il vous plait. Le plus que vous pouvez, ce sera plus pratique pour moi. Merci.
Plus pratique pour elle, d’accord. À condition que je fasse une croix sur ma pudeur en lui exposant ma vulve entrouverte. Je l’ai faite volontiers cette croix. Oh, pas par vice, non, seulement pour montrer que je n’étais pas une chichiteuse. Que j’en sois troublée et y prenne un certain plaisir (à rendre service, lol) n’entrait pas en ligne de compte, évidemment !
- Si ça ne vous fait rien, Chantal, je demande à Marie-Laure de tenir votre jambe, par précaution, pour éviter que vous la refermiez involontairement, on ne sait jamais, un réflexe par exemple. Mais d’abord, je vais vous mettre une protection (j’ai pensé à une couche sous mes fesses, lol, mais non). Ce serait dommage que de la cire aille dans votre sexe, hein ?
Allez dire non, à ces suggestions comme à la précédente ! J’avais vaguement pensé que la dite « protection » serait quelque chose comme la fameuse culotte en papier, mais non. Claire a tout bonnement inséré une bande de chaque côté de mes petites lèvres, dans le pli qui les séparait des grandes en tirant délicatement sur chacune l’une après l’autre. Je n’ai pas osé protester. Je n’en avais pas envie d’ailleurs, le double contact m’avait fait frémir jusqu’aux tétons, bien que le sourire entendu de Marie-Laure penchée sur les gestes de Claire m’ait remplie de confusion.
La minute d’après c’est d’une autre sensation que j’ai été saisie, l’impression d’avoir la lèvre serrée dans une pince chaude, d’un côté puis de l’autre. Trop surprise pour crier : mes seins aussi étaient pris dans un étau, mais plus doux, celui des mains de Lou. L’un m’a fait oublier l’autre, et quand j’en suis revenue, la brève douleur avait disparue. Je n’avais pas crié mais j’avais sursauté, obligeant Marie-Laure à mieux assurer sa prise. La pression de sa main à l’intérieur de ma cuisse était plus forte sans que sa proximité de mon sexe me gêne. En fait, je n’y pensais pas. Je m’étais complètement détendue, ouvrant de moi-même l’autre cuisse et abandonnant sans honte mes seins au massage. Avec le recul de l’âge et la révélation homosexuelle, je comprends que dans mon apparent détachement je refoulais l’acceptation du plaisir de m’exhiber à des filles et de souffrir par leurs mains.
La vraie souffrance est venue, d’ailleurs, plus forte que le petit désagrément de la cire sur mes lèvres, lorsque Claire a décollé la première bandelette de mon pubis. Là, mes mains à moi ont retrouvé le réconfort d’être cramponnées aux poignets de Lou, et malgré cela, le gémissement qui m’a échappé n’avait rien d’un témoignage de jouissance. Et pourtant… La paume de Claire pesant sur ma motte évitait que ma peau suive l’arrachage de ses poils. La douleur était vive mais le contact d’une autre main que la mienne sur mon clitoris me la rendait supportable. Oh bien sûr, à ce moment-là, je n’y voyais qu’une pratique technique, thérapeutique en quelque sorte, qui n’avait d’autres buts et conséquences que de faciliter au mieux une étape aussi pénible qu’inévitable. Que mon vagin en profite pour s’humidifier plus que de raison n’était qu’un réflexe physiologique dont je n’étais pas responsable…
Ma touffe bien délimitée était plus jolie, en effet, et l’irritation qui suivait l’épilation ne m’a plus préoccupée quand est venu l’arrachage plus douloureux des poils des lèvres. Ils étaient pourtant moins fournis que sur le pubis ! J’ai serré les dents sans pouvoir retenir un gémissement aigu et j’ai cru que ma seule consolation viendrait du massage des seins consciencieusement entretenu par Lou. Le contact des doigts de Claire sur ma vulve m’a fait oublier arrachage et massage. Je comprenais, certes, qu’il était nécessaire qu’elle fasse pression sur la lèvre dont elle retirait les bandelettes pour qu’elle ne se distende pas et ouvre ma chatte de façon indécente. Mais j’y ressentais si fort les battements du sang qu’il était impossible qu’elle ne les sente pas. Moment gênant, sans doute, qui ne fut rien à côté de ma confusion en voyant les traces de ma cyprine sur la paume de Claire…
J’ai été déconcertée, voire humiliée, qu’elle ne semblât pas prêter attention à ma honte ni à mes débordements. Au contraire, je la voyais se pencher très près de mon sexe que Marie-Laure continuait à lui exposer. Je connaissais l’odeur de mon excitation, elle était – elle est toujours – caractéristique. Comment pouvait-elle avoir l’air d’en ignorer les effluves ? Sans doute était-ce par conscience professionnelle, pour vérifier qu’il ne restait aucun poil rebelle, qu’elle m’inspectait aussi étroitement, me suis-je dit pour me rassurer. Mais la présence de son visage si proche de ma motte me bouleversait d’une émotion dont les conséquences visibles m’échappaient. J’imaginais des regards de reproche et je ne savais plus où porter mes yeux sinon à l’abri du buste de Lou. Et ce fut pire, car ce qui s’imposait à ma vue c’étaient ses seins balançant doucement au rythme du massage des miens, alors que mon cerveau réalisait soudain que j’étais baignée depuis le début par l’odeur de son corps.
- Comment vous sentez-vous, Chantal ? Tout va bien ?
- Hein ? Euh… Je… Heu…
- Vous n’avez pas trop souffert ? La première fois, c’est souvent une épreuve, a poursuivi Claire sans tenir compte de mes stupides balbutiements en réponse à sa question anodine. Avez-vous mal ? N’hésitez pas à me le dire si c’est trop dur pour vous.
- Non. Enfin, oui. Ça me brûle un peu…
- Ah, c’est normal, ça va passer avec l’huile adoucissante. Est-ce que c’est supportable, là ?
- Ben…
- Je vous le demande parce qu’il reste quelques poils ici et là. Trop peu pour justifier une nouvelle épilation. Soit on les laisse, mais vous n’aurez pas l’entière satisfaction d’une peau lisse, soit on les enlève, mais…
- Mais ?
- Je serai obligée de les enlever un par un, à la pince à épiler.
- Ce n’est pas si douloureux… Si ?
- Un, non. Mais plusieurs…
- Fais l’effort, ma chérie, m’a conseillé Marie-Laure. Tu verras comme c’est doux, la peau toute nue autour de la chatte.
- Oh, je supporterai, ai-je crâné bêtement. Il faut souffrir pour être belle !
- On le dit… a marmonné Claire en cherchant l’instrument ad hoc.
C’est vrai, un poil arraché, ce n’est rien. Deux, ce n’est pas grand-chose. Trois, non plus. Au dixième, on commence à regretter sa forfanterie. Parce qu’il n’y en avait pas que quelques uns ici ou là, qui avaient échappé à la cire. Pas dix, pas vingt, mais bien plus. À croire que plus Claire en enlevait, plus elle en trouvait de récalcitrants. Au trentième (je dis ça au jugé), j’ai commencé à tortiller du bassin, et à tortiller du haut si j’arrivais à maîtriser le bas, avant de pousser de petits cris qui scandaient la perte de chaque bulbe pileux (je me suis documentée, lol !). Marie-Laure peinait à me tenir une jambe immobile. L’autre, Claire a dû carrément l’enjamber pour la serrer en gardant les mains libres.
- Vous imaginez ce que nos ancêtres ont subi avant qu’on ait inventé l’épilation à la cire ? Et même après, quand la cire d’abeille attirait les insectes, a plaisanté Lou.
Les autres ont ri, pas moi. Je n’en avais pas envie ! D’ailleurs, je n’aurais pas pu, pour deux raisons. D’abord, parce que Lou, pour étouffer mes cris – qui auraient pu inquiéter les clientes des box voisins, sans doute – n’avait eu d’autre ressource que de plaquer son ventre sur ma figure. Ensuite, parce que mon genou était coincé entre les cuisses de Claire et que c’était la première fois qu’il entrait en contact avec un sexe féminin. La première fois aussi, et la seule pour longtemps, où je percevais la chaleur humide d’une chatte sur ma peau. Ajoutez à cela qu’une main de Claire était plaquée sur mon sexe pour retenir la peau des grandes lèvres et du capuchon pendant que l’autre jouait sèchement de la pince, et vous comprendrez aisément que les petites pointes de douleur ne m’étaient pas la seule raison d’être déstabilisée.
Je précise que je n’ai pas joui à ce moment-là. Je sentais que ça venait, mais le trouble, la douleur et l’étonnement, la peur du ridicule aussi, m’interdisaient de m’abandonner. Les senteurs corporelles de Lou autant que la chaleur de sa peau sur mes joues et ma bouche, contribuaient également à m’en empêcher, même si elles participaient à mon excitation autant que l’idée que Marie-Laure voyait tout de mon intimité dont elle conserverait l’image dans nos prochaines rencontres. La confirmation de cette pensée est venue comme un coup de grâce lorsque j’ai entendu sa remarque :
- C’est curieux. D’ordinaire, quand tu fais ça, Claire, on voit pointer le bout du clito. Et là, pas du tout ! Tu perds la main, ma chérie, a-t-elle conclu en riant.
Le ventre de Lou a caché la rougeur de mon humiliation. Pas celle de croire qu’il s’agissait d’une critique méprisante, mais celle de ressentir un certain plaisir d’être si intimement observée. Car oui, je crois bien que c’était cela qui me tourmentait le plus, idiote que j’étais en refusant d’admettre ce que mon corps me révélait : les doigts de Claire pressant mon clitoris m’étaient plus agréables que les miens. Pourquoi ne l’ai-je pas compris et accepté ! La pesanteur d’une éducation d’où était exclue toute évocation positive de l’homosexualité m’a fait perdre des années de bonheur. Mais mon esprit était trop encombré de préjugés, trop bridé par une morale étroite pour saisir la chance que Marie-Laure m’avait offerte et tout ce que Lou et Claire étaient prêtes à me faire connaître.
En fait ce n’est pas de la frustration ni du plaisir que j’ai ressenti quand Claire a retiré ses mains de ma chatte et Lou son ventre de ma bouche. C’est au contraire le soulagement de voir la fin de mon mal-être qui me donnait l’espoir de calmer mes glandes vaginales. Car oui, j’avais beau me dire qu’il ne s’agissait que d’un réflexe physiologique, l’impossibilité de contrôler mes écoulements de cyprine redoublait ma honte au point d’en pleurer jusqu’à en tromper l’apitoiement des praticiennes.
- La pauvre ! Tu lui as fait trop mal. Regarde, elle a les larmes aux yeux !
- Ce n’est pas qu’aux yeux qu’elle a des larmes !!
Le rire de Marie-Laure m’a envoyée au trente-sixième dessous de l’humiliation, et il n’y avait même pas un trou de souris où me cacher ! Je me suis comportée comme une collégienne prise en faute (en l’occurrence, de s’être « touchée », lol !) :
- Peu… Pardon. Je… pas… désolée… c’est involon…
- Mais oui, mais oui. Je vous le répète, c’est une réaction normale, m’a assuré à nouveau Lou sans me tenir rigueur de mes balbutiements pitoyables.
- Bien sûr ! Laissez-vous aller, Chantal, a renchéri Claire. Je vais vous masser pour apaiser l’irritation. Vous verrez, ne vous inquiétez pas, détendez-vous, ce sera plus agréable.
Elle a massé mon pubis. Je sentais le parfum entêtant de l’huile qu’elle étalait. Ses doigts et ses paumes étaient comme des caresses profondes sur ma peau nue autour de ma touffe. Elle était toujours à cheval sur ma cuisse. J’ai cru sentir plus d’humidité dans ce contact. J’avais des papillons dans le ventre et des pulsations dans les seins. J’ai résisté à la tentation. Elle a massé mes lèvres nues. Au parfum de l’huile se mêlait l’exhalaison de ma chatte. Elle a insisté pour que l’huile pénètre mieux un épiderme plus sensible. Elle a pressé ses doigts sur tout le tour de ma vulve. Son capuchon n’a pas suffi à protéger mon clito. J’ai joui.
J’ai joui longuement. En tremblant des jambes du bassin aux orteils. En crispant mes mains sur mes seins. En retenant en vain des gémissements de plaisir. En me désespérant d’exhiber mon orgasme devant Marie-Laure. En m’horrifiant d’offrir ce spectacle à des inconnues. En m’épouvantant d’être prise pour une gouine. Mais heureuse au fond, et c’était le pire, de me délivrer de toutes les tensions accumulées en jouissant merveilleusement !
Marie-Laure a reposé doucement la jambe qu’elle avait tenue et Claire s’est discrètement dégagée de l’autre. Mon cœur s’est arrêté de battre en comprenant que les deux avaient été en contact physique avec mon orgasme. Je n’ai pas osé regarder s’il y avait une trace de mouille sur ma cuisse, ni soutenir les regards, pourtant bienveillants, qui se posaient sur moi. J’avais l’impression que c’était des regards amusés, ce qu’ils étaient sans doute malgré leur bonhomie, et je ne savais plus où me mettre pour cacher ma détresse. J’aurais rougi comme une pivoine si mon sang ne m’avait pas semblé s’être figé. Je n’ai même pas réagi en entendant les chuchotements au-dessus de moi : peut-être rêvais-je, après tout ? C’était mon dernier espoir derrière mes yeux fermés.
- Tu veux bien lui passer une lingette, Lou ? Je n’ose plus la toucher…
- Hi, hi ! Tu as les doigts trop agiles, ma chérie. Je te l’ai déjà dit.
- Oh, ça va ! Tu pourrais m’aider, non ?
- Je suis mal placée, regarde : si je tends le bras…
- Sois sympa, fais un effort.
- Pff ! Je risque d’aggraver la situation ! Hi, hi, hi !
- Je peux m’en charger, si vous voulez.
Là, j’ai deviné un murmure de Marie-Laure. Je me suis obstinément refusée à ouvrir les paupières. Je ne sais pas qui a écarté mon sexe, ni qui a essuyé ma vulve, ni qui a séché mon périnée, ni qui a vérifié s’il n’y avait plus de jus de fille sur mes lèvres. Je n’ai pas su si c’était Marie-Laure seule, ou si elles s’y sont mises à deux, ou à trois. Je n’ai pas su, et je n’ai pas voulu savoir.
Je me suis levée, je n’ai rien dit, sinon deux mots de remerciements, pour l’épilation, par politesse. Je n’aurais rien su dire d’autre, j’avais déjà du mal à articuler. Dans le vestiaire non plus je n’ai rien dit, que des onomatopées en réponse aux paroles amicales de Marie-Laure. Elle a respecté mon silence. J’ai payé la séance, en calculant que ce serait difficile de finir le mois. Marie-Laure m’a raccompagnée, en silence aussi. Je lui ai quand même dit merci en la quittant. Je me suis jetée sur mon lit pour pleurer. J’avais encore envie de jouir, j’en culpabilisais. J’ai lutté, mais le besoin était trop fort. Je me suis foutue à poil, en hâte, sans réfléchir. Être nue, vite ! Ne pas renifler ma culotte trempée, ne pas me regarder dans le miroir, me renverser sur le dos, ouvrir mes jambes, broyer mes seins, chercher ma chatte, frotter mon clito, me fouiller, me frotter encore, me branler, vite, fort, et jouir ! Jouir en me traitant de vicieuse, mais en jouir à nouveau, et en jouir plus fort…
Je ne suis pas sortie de trois jours, tant pis pour les cours. J’ai grignoté toutes mes réserves. J’ai dû convenir que mon pubis était plus joli, que ma peau était plus douce, que mes lèvres étaient plus sensibles. Je me suis promis d’oublier cette séance. J’ai évité de retourner au club hippique pendant quinze jours. Mais pour ça aussi le besoin était trop fort. J’y suis allée, je suis tombée sur Marie-Laure. Elle a été super, elle n’a jamais évoqué la séance d’épilation, ni ce jour-là, ni aucune autre fois où nous nous sommes revues.
Je ne suis jamais revenue dans ce salon de beauté. J’avais repris mon train-train habituel et ma nouvelle rencontre avec l’homosexualité est arrivée bien plus tard. Entre-temps, j’ai réussi à oublier la découverte de ma nature profonde. Enfin… J’avais réussi à l’oublier jusqu’à ce que mes adorables vicieuses d’amies de cœur et complices d’écrits aient la lumineuse idée d’un « quinquameron du clitoris » !
Tout en déplorant vivement l’impossibilité prolongée d’échanger avec les lecteurs à travers les commentaires, j’ai décidé de continuer à publier sur HDS.
Voici donc, dans la série « Les Confidences du clitoris », le second volet des confessions intimes de Dyonisia, publication qui fait suite à celle du 12 septembre 2026 : « Les confidences du clitoris (3) Éloge du Clitoris, par Dyonisia – Épisode 1 : Préliminaires ».
Laissons Dyonisia nous raconter !
***
Comme vous avez pu le lire, et vous caresser j’espère – non, je plaisante ; quoique… – je n’ai pas eu une mère aussi libre d’esprit et de corps que Maud. Aussi, soyez indulgentes mes sœurs si je vous parais avoir été une ingénue indécrottable, même si vous êtes tombées en pamoison devant la description de Clitounet.
Je suis peut-être passée trop rapidement sur quelques passages de ma précédente confession, sur la séance d’épilation conseillée par ma compagne de douche au club hippique, par exemple, ou sur ce qu’ont été les années heureuses qui ont suivi la rencontre de mon seul amour hétéro. Je n’ai fait qu’allusion à ces tranches de vie intime, riches en découvertes pourtant. Avec leur évocation, il revient à ma mémoire des souvenirs d’autrefois, comme dit une vieille chanson.
Mais soyons logique, prenons les choses dans l’ordre chronologique. Quand je me suis décidée à accompagner mon initiatrice des soins pubiens, j’étais encore dans ma période de baises médiocres et de masturbations consolatrices. Je savais consentir un gros effort financier, pour moi, mais ma fierté m’empêchait d’accepter sa généreuse (ou intéressée, allez savoir !) proposition de me payer ma « première taille », lol. Pour vous dire combien j’étais bébête à l’époque, je m’étais pomponnée et soigneusement lavée. Elle a dû remarquer ma mise trop apprêtée en venant me chercher, mais elle n’a rien dit. Au contraire, comme si nous étions amies de longue date, elle m’a raconté ses appréhensions de gamine quant à l’idée de devoir montrer sa vulve, alors qu’en fait c’était un moment de détente qu’elle ne manquait pas de renouveler. Il y avait bien quelques secondes critiques, mais les employées savaient y faire pour mettre la cliente à l’aise. Elle a profité d’un feu rouge pour me regarder dans les yeux.
- Comme tu es une nouvelle cliente, elles te proposeront un slip en papier avant de commencer.
- Un slip jetable, pour ne pas tâcher la culotte ?
- Ouais, à la place. Si tu veux mon avis, ne le mets pas. Ça cache tes lèvres, bien sûr, mais ça leur complique le travail et tu risques de ne pas avoir les bords bien épilés.
- Hum… Bof, ce n’est pas si grave s’il reste quelques poils.
- Ça fait négligé, a-t-elle tranché en embrayant. Les hommes préfèrent une touffe naturelle à une touffe mal taillée.
Je n’allais pas lui dire qu’il y avait si peu d’hommes à voir ma chatte que bien ou mal taillée, ma touffe… Ni que j’aimais bien la douce sensation des poils sous ma main quand je me masturbais. Elle s’est méprise sur mon silence.
- Oh, ne t’inquiète pas ! Il n’y a que des femmes ! Et elles en ont vu de toutes les formes ! Tu veux que je reste à côté de toi pour te rassurer ? Je peux leur demander.
Je ne sais pas ce qui m’a prise (enfin, maintenant je sais, mais à l’époque, non). Après coup, j’ai mis ma réponse au compte de la crainte que ce soit douloureux.
- Heu… Je préfèrerais voir comment ça se passe.
- Voir mon épilation ? Tu veux savoir comment fait l’esthéticienne avant de lui confier ta chatte ?
- … oui
- Ça doit pouvoir se faire. Moi, ça ne me gêne pas, et je pense que ce ne sera pas la première fois qu’elles s’occuperont de deux clientes ensemble. Mais si tu joues les voyeuses…
- … ? Oh non, c’est juste pour comprendre.
- Oui da ! Après, ce sera mon tour de te regarder.
Elle m’a adressé un grand sourire qui m’enlevait toute velléité de refus, en ajoutant :
- Ce ne sera pas non plus la première fois.
J’aimerais me souvenir que non, mais je crois que j’ai un peu rougi.
Son esthéticienne attitrée tenait salon à la périphérie de la ville, un quartier résidentiel et calme, loin des turbulences estudiantines. C’était le genre Vénus Beauté Institut, mais dans un immeuble aussi moderne que rupin, et doté d’une vitrine où s’étageait un nombre impressionnant de produits, flacons, boîtes et pots d’onguents coûteux dédiés à la beauté des dames. Nonobstant cet étalage, on pouvait entrevoir un intérieur qui évoquait celui d’un salon de coiffure mais dont les fauteuils étaient destinés aux soins de manucure, et aussi, moins visibles, aux soins de pédicure. Une exposition sans doute voulue pour attirer la chalande désœuvrée, et argentée, qui serait tentée de trouver là de quoi occuper agréablement une heure ou deux.
Ma tutrice a ignoré superbement ces appâts et s’est dirigée droit vers le bureau où elle a été accueillie avec force démonstrations d’amitié par trois ou quatre jeunes femmes en blouses légères d’un discret rose pastel. Je la suivais comme un petit chien, une petite chienne plutôt (clin d’œil à ma Puce), très intimidée par l’ambiance cosy, les photos de superbes corps féminins très peu vêtus ou pudiquement nus affichées aux murs, et tout le décorum censé garantir aux clientes assidues une esthétique de rêve. Tout cela était bien loin de mes modestes habitudes. Je commençais à regretter d’être venue quand je fus présentée comme « une jeune amie » désireuse de découvrir ce qui faisait le renom de ce salon. Me défiler après une telle introduction eut été impoli.
D’ailleurs, je n’en aurais pas eu le temps. On m’entoura aussitôt pour m’assurer du plaisir de m’accueillir et me faire l’inventaire des prestations offertes (façon de parler, lol !) à choisir en tout ou parties depuis la douche chaude relaxante jusqu’au massage tout aussi relaxant, fortement conseillé « pour atténuer les désagréments d’une épilation ». Et pour remercier, bien sûr, Marie-Laure (je ne suis pas sûre que c’était son prénom, mais il correspond assez au personnage) d’avoir amenée « une charmante jeune femme » que l’on espérait revoir souvent. Allez dire « non merci, au revoir », ensuite !
J’ai décliné la douche que Marie-Laure a acceptée d’enthousiasme en me disant que j’avais tort, ce qu’elle a cru bon de justifier par mon inexpérience.
- Il faut que je vous dise. Tu me permets, hein, Chantal ? C’est sa première épilation.
- Oh, mais c’est encore plus charmant ! Ne vous inquiétez pas Chantal, nous ferons très doucement.
- Je connais ton doigté, ma chère Lou (j’avais envie d’écrire Loaou, lol), mais elle aimerait se faire une opinion en te regardant faire d’abord. Il y a un salon à deux places, non ? Je pourrais passer la première et...
- Oui, oui, bien sûr ! Claire vous y accompagnera avec Lou, est intervenu celle qui semblait être la patronne. Dommage que Mathilde et moi ayons des rendez-vous, ç’aurait été avec plaisir que nous les aurions aidées.
Marie-Laure paraissait être chez elle dans l’établissement, ou en tout cas assez estimée pour que ses demandes ne fussent point refusées. Je les ai suivies, elle et ce duo spécialisé de fausses blondes – pour autant que je me souvienne – avec un sentiment pénible d’infériorité et le malaise que j’en ressentais. Le « salon double » était une pièce vaste, embaumée d’une brume ténue, d’encens peut-être, diffusée par des brûle-parfums et dotée de deux tables de massage côte à côte. Une cabine de douche s’ouvrait directement sur un côté, des étagères de serviettes et des peignoirs sur cintres occupaient l’autre, et un paravent japonisant se dressait au fond.
Lou, ou Claire, me l’a désigné d’un air engageant pour me déshabiller tandis que Marie-Laure était déjà à moitié nue sans autre cérémonie. Elle avait déjà quitté soutien-gorge et culotte quand je n’en étais encore qu’à dégrafer la ceinture de ma jupe. Je l’ai perdue de vue pendant que je retirais mes vêtements et je l’ai aperçue ensuite qui se prêtait voluptueusement au jet que maniait, disons Lou. Elle paraissait réellement en ressentir un tel plaisir que le regret de mon refus de cette étape m’a effleurée. L’eau martelait tour à tour ses seins, son ventre ou ses fesses et rejaillissait sur la blouse de Lou. J’étais nue derrière le paravent à les regarder ; comme une voyeuse, c’était vrai. Claire m’a en effet proposé le fameux slip jetable dont j’ai crânement jugé qu’il n’était « pas nécessaire ».
- Vous pouvez sortir, alors, si vous êtes prête, m’a-t-elle invitée en me tendant un peignoir.
Ses yeux m’étudiaient pendant que je l’enfilais maladroitement, un peu gênée de son regard d’experte sur ma poitrine et mon pubis.
- Marie-Laure a eu raison de vous conseiller de venir, a-t-elle observé en désignant ma touffe, avant d’ajouter en souriant : mais le travail ne nous fait pas peur.
J’ai refermé mon peignoir sans répondre, vaguement mortifiée par sa remarque un poil désobligeante quant à l’attention que j’avais portée à l’apparence de mon intimité. Mais elle n’a pas insisté là-dessus, toute occupée à envelopper Marie-Laure dans une immense serviette de bain pour la sécher. Elles plaisantaient en même temps sur la blouse trempée de Lou qui lui collait au corps. J’ai cru comprendre qu’il n’était pas d’usage de porter une blouse pour doucher une cliente et qu’elle n’avait été gardée que par égard pour moi.
- Je vais en changer, s’est excusée Lou.
- Oui, tu ferais bien de l’enlever avant de mouiller partout, a renchéri Claire.
- Oh, tu n’as pas besoin d’aller en chercher une autre. Ça ne nous gênera pas si tu t’en passes, n’est-ce pas Chantal ?
Le moyen de la contredire ? J’ai acquiescé, contrainte et forcée, et un peu curieuse, aussi. J’ai eu droit à deux strip-teases dans la foulée. Marie-Laure s’est allongée sur une table en se dénouant de sa serviette comme d’un emballage cadeau et Lou a fait de même avec sa blouse pour apparaître en balconnet qui ne cachait que la moitié de ses mamelons et en string ultra mini. Elle était vingt fois plus belle de formes et d’allure que je ne l’avais imaginé. Une pulpeuse et sportive femme étendue nue et offerte devant moi, et une fille guère plus âgée que moi en petite tenue presque plus érotique, j’ai mis au crédit de l’esthétique l’émotion que leur vision me procurait.
Je devais pourtant convenir in petto que pour elles comme pour Claire c’était une situation banale. Marie-Laure avait les bras étendus le long du corps, absolument détendus, et les cuisses à moitié écartées qui mettaient en exergue un buisson pubien dont, de mon point de vue, on ne pouvait exiger beaucoup de retouches. Lou l’étudiait malgré tout avec attention, suivant du doigt ses lisières en échangeant avec sa propriétaire des considérations sur les limites qu’il convenait de lui apporter. Les palpitations de seins qui résultaient des attouchements, légers mais précis, de la praticienne ne semblaient pas troubler la patiente. Elles sont tombées d’accord pour une taille en triangle dont la pointe s’élèverait du haut de la fente vers une base évoquant un contour de cœur sur le mont de Vénus. Tout le reste, y compris les grandes lèvres, serait absolument lisse.
J’écoutais de toutes mes oreilles en regardant de tous mes yeux, subjuguée, et – si j’avais été honnête avec moi-même je l’aurais reconnu – émoustillée, d’assister aux arcanes secrets qui précèdent des soins intimes. Claire s’est positionnée près de la tête de Marie-Laure lorsque Lou allait commencer le travail. Elle a massé les épaules et les bords du buste pendant que sa collègue enduisait de cire plus chaude que tiède les zones promises à l’éradication totale des poils. « C’est pour atténuer l’impression de chaleur », m’a-t-elle expliqué. Puis, en massant la taille et les hanches quand Lou a posé des bandes de gaze qu’elle imprimait dans la cire encore molle : « c’est pour détendre pendant que la cire prend ». Et quand, au moment idoine, Lou arrachait les bandelettes, elle a massé à pleines mains les seins en me disant « vous comprenez pourquoi ». Marie-Laure a émis un profond soupir et a souri.
Lou m’a conviée à voir de plus près le résultat. Mon peignoir s’était ouvert mais j’avais oublié ce détail. J’étais très impressionnée à la fois par la netteté du dessin de la toison et par la rougeur de la peau fragile des grandes lèvres que leurs palpitations rendaient plus évidente. Et surtout, j’étais gênée d’être captivée par les fines traces qui brillaient sur les petites lèvres comme par le bourgeon rose vif qui pointait hors des replis. Mon premier clito en gros plan, lol ! Mon premier clito de visu, tout court en fait, hormis celui de la jeune Andréa, ce qu’ignorait évidemment Lou toute attentive à me donner des informations rassurantes.
- On ne peut éviter qu’il y ait un peu d’inflammation, ce sont des zones sensibles, m’expliquait-elle (elle aurait pu dire plus justement « des zones érogènes »). En principe, on passe tout de suite une huile qui calme l’irritation. Là, il faudra sans doute y revenir. Alors, si vous en avez vu assez, Chantal…
- Ne la culpabilise pas, Lou ! C’est très supportable pour moi, je peux attendre qu’elle ait bien compris la procédure, m’a dédouanée Marie-Laure. Je sais que Claire et toi me ferez oublier ce petit délai.
Je me suis excusée d’être la cause du retard dans les soins et j’ai assuré l’une et l’autre que j’avais tout saisi de l’opération. Il m’a semblé qu’un nuage de déception passait dans le regard de Marie-Laure, probablement sceptique sur mon affirmation. Mais Claire vidait déjà un flacon au parfum entêtant sur les « zones sensibles » et sur les mains de Lou qui s’en enduisit largement les doigts avant de masser délicatement les bords du sexe et de la touffe.
J’attendais (j’espérais ?) que Claire reprît en mains les seins de Marie-Laure qui avait fermé les yeux, mais elle se borna à l’inviter à se retourner sur le ventre et à la masser des épaules aux reins. Lou se mit simultanément à lui masser les jambes des pieds aux fesses.
Je ne sais plus combien de temps ça a duré, mais je me souviens avoir admiré la science des masseuses en me demandant si cette relaxation était de rigueur ou simplement de confort. Lorsque les praticiennes l’estimèrent suffisamment détendue, Marie-Laure se remit sur le dos et ses yeux croisèrent ceux de Claire.
- Tu n’as pas perdu la main, apprécia-t-elle. Même avec une blouse qui doit t’encombrer.
- C’est moins pratique, c’est vrai. Mais c’est la règle quand ce n’est pas une séance privée…
- Oh, tu peux l’enlever, ce n’est pas mon amie qui te dénoncerait, même si tu étais nue ! N’est-ce pas, Chantal ?
- Ben, euh… heu (hochement de tête prudent de ma part).
- C’est que… hum (hésitation de Claire).
- Je te l’avais dit que tu finirais par te trouver coincée, s’est exclamée Lou. On y est !
- Quoi donc ?! Tu n’as rien dessous ?? Non ? Bah, nous fermerons les yeux, a ri Marie-Laure. Et toi, Lou, tu vas laisser ta copine s’exhiber seule ?
- Le soutien-gorge seulement. Je préfère garder le bas, j’ai mes règles.
Eh bien, voilà. En trente secondes c’est moi qui faisais tache, avec mon peignoir… La pièce était à bonne température, comme de juste, et je n’avais pas de raison crédible pour me distinguer. J’ai platement bredouillé un vague « j’ai chaud », ce qui a provoqué des sourires, et je me suis débarrassée du dernier rempart de ma pudeur. Ne riez pas, lol ! C’était un gros effort pour une gamine de vingt ans que de comparer sa nudité à celle de femmes faites. Malgré la fraîcheur de leur jeunesse, mes seins ne pouvaient rivaliser leurs poitrines. En face des globes, haut plantés de Claire ou de ceux plus coniques mais tout aussi arrogants de Lou, mes lolos ronds n’étaient pas de taille. Pas plus n’étaient-ils capables d’affronter ceux plus opulents de Marie-Laure qui, couchée sur le dos, les exposait moins affaissés que les miens dans la même position.
Quant aux fesses, n’en parlons pas ! Si celles de Lou et Claire se disputaient l’honneur des plus séduisants hémisphères perchés sur de longues jambes, celles de Marie-Laure et ses cuisses, malgré une ampleur plus évidente, affichaient l’allure musclée que leur avaient conférées des années d’équitation. Au moins me donnaient-elles l’espoir qu’en persévérant dans ce sport mon cul rond et mes cuisses moyennes atteindraient la même tenue. Oui, j’étais un peu rondelette à l’époque, mais je me soignais, grâce au cheval.
Pour l’esthétique pubienne, ma broussaille ne pouvait lutter pour l’instant avec l’élégant blason de Marie-Laure ou le glabre intégral de Claire. Par contre, la vue rapprochée du sexe de Marie-Laure m’avait montré la plénitude de ses formes intimes, tandis que la fente de Claire, qui apparaissait distinctement, était d’une discrétion semblable à la fentine d’une petite fille. Le faible relief des deux bourrelets oblongs de ses lèvres dissimulait tout autre détail, et je ne crois pas que ma mémoire me trahisse en me rappelant que j’étais curieuse de savoir quel serait l’aspect de ma vulve privée de son surcroît de poils, lol ! Il me restait un doute sur l’apparence de celle de Lou. Ce que cachait son mini string ne devait être ni large, ni longuement fendu, et ce qu’il laissait voir prédisait un pubis aussi lisse que celui de Claire.
(En parlant de claire, je veux l’être aussi : j’essaie de réunir le plus sincèrement possible les souvenirs qui témoignent de mes années d’étudiante. Mais tout témoin est trompeur. Les détails qui me reviennent peuvent se télescoper avec des images plus récentes ou se parer de sentiments dont je n’avais pas conscience en vivant les situations confiées aujourd’hui. Soyez indulgentes si d’aventure leur récit embellit leur réalité. Le plus important est l’impression qu’elles m’ont laissée en participant à ce que j’allais devenir.)
Nous étions donc quatre femmes nues, comme sur certains tableaux libertins. Mes trois aînées en étaient parfaitement à l’aise, et je crois bien que Lou n’aurait pas été confuse d’un cordon de tampon sortant de ses lèvres si elle n’avait conservé son cache sexe par politesse. Quant à moi, je m’efforçais de prendre un air détaché malgré mon cœur battant d’une excitation que je jugeais malsaine sans pouvoir la réprimer. La curiosité me taraudait. La complicité entre Marie-Laure et ses masseuses était trop évidente, même pour moi. Je brûlais de savoir jusqu’où elle irait, et sans doute me demandais-je avec espoir et crainte si elle s’étendrait jusqu’à moi. À ma grande honte, au vicieux plaisir de ne perdre aucun geste ni attitude que je voyais, je sentais mon corps réagir comme si je me caressais.
Je voyais les globes bronzés de Claire planer sur la tête de Marie-Laure quand elle lui empaumait les seins et son ventre en frôler le visage quand elle se penchait pour masser plus bas. J’imaginais qu’on ne pouvait respirer si près d’un sexe sans en sentir les effluves. Je voyais les mains de Lou pétrir les cuisses et se rapprocher progressivement du pubis. J’imaginais l’attente du contact, le frémissement d’impatience, ou de crainte, qui sait ? Mais quand les paumes se plaquèrent sur la vulve de Marie-Laure et en massèrent les lèvres, les miennes me semblèrent s’ouvrir comme je voyais éclore les siennes. Et j’ai réalisé soudain que j’étais près, tout près, de ce corps féminin dont l’épicentre du plaisir dardait un fascinant bouton rouge, et qui jouit bientôt, même pas discrètement, dans un parfum étrange, pourtant si proche du mien.
J’étais bouleversée, et je n’en comprenais pas les raisons. J’étais troublée, et je me le reprochais. Je flottais comme en rêve, m’apercevant distraitement des fugaces baisers échangés d’une bouche légère entre mes trois compagnes. Sans doute y a-t-il eu aussi des mots échangés, des remerciements et des compliments, je ne les ai pas entendus. Il a fallu qu’on me prenne par la taille, qu’on me répète que c’était à mon tour de m’étendre, qu’on m’amène contre la table, pour que j’émerge. De quoi ? De mon ravissement ? De mon affolement ? Pas certaine aujourd’hui encore de le définir. Je me souviens m’être laissée allonger. Je me souviens de paroles apaisantes. Qui m’a assistée ? Qui m’a parlé ? Trop étourdie par la situation pour le savoir. C’est en me sentant écarter les jambes que je me suis vraiment réveillée. Trois têtes amusées étaient penchées sur la croisée de mes cuisses. J’ai fermé les yeux.
- Tu avais raison, Claire. Il va y avoir du travail ! (C’était donc Lou)
- Une belle broussaille, pas si abondante, mais le rasoir n’a rien arrangé. (Là, j’ai reconnu la voix de Marie-Laure, qui m’avait déjà déconseillé mon habituelle pratique.)
- Non, mais au moins les poils étaient doux à l’origine… Et ils le sont restés. (Claire, évidemment, qui venait d’ébouriffer ma toison.)
- Doux, oui, mais longs, a repris Marie-Laure en fourrageant à son tour. Longs et drus, regardez-moi ces mèches !
J’ai très nettement entendu le flic-flac de mes lèvres quand elle a tiraillé sur mes coupables mèches. J’en ai rougi jusqu’à la racine des cheveux.
- Oh, heu, pardon… je… désolée, je… pas volontaire, ai-je bredouillé, mortifiée de honte.
C’était idiot de l’être. Leurs rires indulgents me l’ont fait comprendre.
- Ne t’excuse pas, ma petite Chantal, on sait ce que c’est, a relativisé Marie-Laure en me tapotant le poignet.
- Oui, oui, c’est une réaction tout à fait normale, ont renchéri Lou et Claire.
- Bien sûr. Même que si elle n’y est pas, ça vous vexe, hein ?
- Nous aimons le travail bien fait ! Quand une cliente réagit ainsi, ça veut dire que notre douceur lui a fait oublier la douleur.
- Ben voyons ! Mais vous avez raison. Et toi, ma chérie, laisse-toi aller. Tu les décevrais sinon, a conclu Marie-Laure.
- Absolument ! Mais si vous permettez, Chantal, la cire prendrait mal sur des poils mouillés…
Je n’ai rien eu à « permettre » à Claire, elle passait déjà un linge entre mes lèvres que Lou venait d’écarter. Je crois bien que c’était – non, c’était, tout court – la première fois qu’une fille touchait ma chatte, car je ne peux compter comme tel les attouchements éducatifs avec Andréa ni les attouchements techniques de ma gynéco. Et, j’y pense soudain, il me semble bien que ni Lou ni Claire ne portait de quelconques gants, pas plus pour Marie-Laure que pour moi. Bref, ma cyprine était délicatement essuyée et mes poils près des lèvres soigneusement épongés. Je n’ai rien osé dire, mais mon « petit bassin », comme disent les infirmières, fourmillait plus qu’avant ces soins censés être purement hygiéniques, ce que je me reprochais, évidemment, malgré l’exemple que j’avais eu sous le nez.
La découverte des pratiques du salon de beauté affectionné par Marie-Laure, la vue de celle-ci aux mains des praticiennes, l’inspection soigneuse par ces dernières de ma touffe négligée et le délicat essuyage de ma fente engluée m’avaient déjà fortement émue. La discussion sur la coupe pubienne qui me siérait le mieux n’a rien arrangé.
Malice ou non, chacune y allait de ses préconisations et conseils de dessin et de longueur des poils, en précisant des doigts dans ma broussaille ce qu’elle voulait dire. Allez rester insensible devant tant de professionnalisme et de preuves d’amitié ! Il a fallu m’éponger à nouveau. Deux linges pour une cliente, j’ai eu droit à des appréciations coquines, dont je n’ai absolument pas saisi les sous-entendus. Ne croyez pas que j’étais si innocemment ignare ! Simplement, j’étais trop accaparée par l’étrangeté des sensations que j’éprouvais pour réaliser ce qu’il en était.
« J’aimerais comme Marie-Laure », ai-je fini par dire, plus pour échapper à mon embarras que par choix réfléchi. Pour autant que je me souvienne, les conséquences de ma déclaration n’ont pas été moins gênantes. Lou et Claire se sont relayées pour étudier l’implantation des poils, particulièrement sur l’avers de mes grandes lèvres au prix de quelques bruits mouillés supplémentaires, et déterminer la meilleure méthode d’opérer.
- Nous commencerons par tailler aux ciseaux les plus longs sur votre pubis, m’a expliqué Lou, et délimiter ainsi la forme de toison que vous souhaitez. Désirez-vous que l’on réduise aussi la longueur des poils conservés ?
- Non. Merci, mais je crois que je préfère qu’ils restent comme ils sont.
- Je vous comprends, m’a approuvée Claire. Si elles ne choisissent pas l’épilation intégrale, beaucoup de clientes souhaitent avoir un peu d’épaisseur.
- C’est plus doux, a ajouté Marie-Laure avec un clin d’œil complice.
- Mais pour les poils sur les lèvres, a repris Lou, vous n’en avez pas beaucoup, et ils ne sont pas aussi longs qu’en haut. Si on les raccourcit aux ciseaux la cire prendra mal. Il y a deux solutions possibles, avec des avantages et des inconvénients.
- Dites-moi laquelle vous me conseillez.
- Soit on rase – c’est sans danger, rassurez-vous – ce qui est plus rapide et indolore, mais les poils repousseront plus vite et plus raides. Vous aurez rapidement une sensation de barbe piquante, assez désagréable. Soit on épile à la cire, c’est plus radical, ça durera plus longtemps et il y aura probablement moins de repousses.
- C’est la meilleure solution, alors ?
- Oui, mais douloureuse. Je préfère vous prévenir !
- C’est si douloureux que ça ? Il m’a semblé que pour Marie-Laure…
- Parce que moi, ça fait longtemps, m’a coupé celle-ci. La première fois, oui, sur les lèvres ça fait plutôt mal, surtout que tu as la peau fine, toi. Après, c’est toujours un peu douloureux, mais on s’habitue. Et c’est tellement sensuel, ensuite, fais-moi confiance ! En plus, tu as les meilleures épileuses de la maison pour s’occuper de toi…
- Va pour l’épilation des lèvres, alors !
- Et celle sur le mont de Vénus, aussi, a rappelé Lou. Ce ne sera pas très plaisant non plus.
- Tant pis, ai-je crâné pour cacher ma peur et mon inexpérience.
- À votre service, Chantal, ce sera comme vous voudrez. On va vous préparer. Claire, tu t’en occupes ?
Marie-Laure m’a fait un petit bisou sur la joue qu’elle a justifié par : « pour te donner du courage ». J’ai eu comme le sentiment d’être une gamine que sa grande sœur materne, lol. Sentiment renforcé par la façon dont Lou me « préparait » en dorlotant la base de mon cou et le haut de ma poitrine. Elle ne prenait pas mes seins, elle les contournait, les effleurant des pouces en descendant sur mes flancs, puis en remontant, d’une pression toujours aussi légère, vers mes aisselles et mes épaules. C’était doux et relaxant, troublant et même frustrant de ne pas avoir tout le buste soumis à cet agréable massage. Pendant ce temps, Claire taillait dans ma touffe à petits coups de ciseaux qui dessinaient l’ébauche de ses futures limites. Il lui arrivait, pour plus de précision, de coucher les poils à réserver d’un côté ou de l’autre du sommet de ma vulve, et ce faisant de comprimer parfois du bout des doigts mon clitoris. Elle s’en excusait d’un sourire sans me tenir rigueur du bref sursaut qu’elle m’avait provoqué. Je souriais aussi en réponse, comme d’un geste sans importance, malgré les pulsations que je ressentais en me demandant si elle pouvait ne pas les sentir également.
Lorsqu’elle fut satisfaite de cette première étape, elle m’annonça que le grand moment était arrivé. Je n’ai pu m’empêcher de me raidir en voyant la spatule couverte de cire brune qu’elle retirait du bol mis à tiédir. Le contact ne fut pas tel que je le craignais. L’application de pâte sur les poils raccourcis n’entraînait qu’une sensation de chaleur, très supportable. Même en insistant, Claire ne m’a provoqué que des tiraillements.
- Elle n’est pas assez chaude, a-t-elle regretté.
- La cire ?
- Oui, la cire. Pas toi, a ri Marie-Laure.
- Prends l’autre bol et passe-la au pinceau, a conseillé Lou. Je vous masserai plus profondément, a-t-elle ajouté pour moi. Tout ira bien, ne vous inquiétez pas.
Pourquoi aurais-je dû m’inquiéter ? Ou plutôt m’inquiéter plus, car je n’étais déjà pas très rassurée, quoique j’aie vu et quoiqu’on m’ait dit, lol ! J’ai vite compris.
Ah oui, la mixture était plus fluide, le pinceau (?) l’étendait mieux, elle enduisait mieux les poils, elle coulait jusqu’à la peau. Elle était plus chaude, aussi ! Je l’ai bien sentie, ça oui. Je ne me suis pas raidie, je me suis tétanisée ! Claire continuait à tartiner, imperturbable. Je me suis raccrochée à ce que pouvais. J’avais un poids sur la poitrine. C’étaient les mains de Lou qui pressaient mes seins. Les miennes étaient crispées sur ses poignets. Claire avait enduit tout le tour du triangle de boucles intactes. La sensation de brûlure s’estompait tandis qu’elle posait des bandelettes de gaze. La cire refroidissait ou ma peau s’habituait. Les deux, sans doute. Lou poursuivait son « massage profond ». Ça c’était agréable, en effet. Mes seins appréciaient d’être palpés et malaxés. Il n’y avait rien de mal à cela puisque c’était purement professionnel, n’est-ce pas ? Mes mains se sont détendues. Mais elles sont restées sur les poignets de Lou. Là ou ailleurs, pourquoi pas ?
Elles se sont resserrées derechef ! Claire fignolait le travail. Elle délimitait la pointe du triangle. Elle enduisait les poils qu’elle avait taillés juste au dessus de ma fente, juste tout près de mon clitoris. La chaleur s’y communiquait, et il réagissait, à ma grande honte. Mais pourquoi en étais-je excitée comme si je le frottais, grands dieux ?! La chaleur s’estompait, bien sûr, mais pas le plaisir. Une autre chaleur, que je connaissais bien, envahissait mon ventre et se propageait dans ma poitrine, dans mes seins qui continuaient d’être doucement pétris. Du coup, j’ai été rassurée puisque cette continuité était quasiment thérapeutique. La pose des dernières bandelettes a bien ravivé les sensations sur mon clito, mais ça n’avait plus rien d’indécent. Ce n’est pas transgresser la morale qu’un remède soit agréable à prendre, n’est-ce pas ?
- Si vous voulez bien, Chantal, on va faire les lèvres pendant que la cire prend, a proposé Claire pour la forme.
- … (Que répondre quand la suggestion est une affirmation ?)
- Oui, on gagnera du temps. Je vous demanderais d’ouvrir plus votre cuisse, s’il vous plait. La droite, oui. On fera le côté gauche après. Écartez-la plus, s’il vous plait. Le plus que vous pouvez, ce sera plus pratique pour moi. Merci.
Plus pratique pour elle, d’accord. À condition que je fasse une croix sur ma pudeur en lui exposant ma vulve entrouverte. Je l’ai faite volontiers cette croix. Oh, pas par vice, non, seulement pour montrer que je n’étais pas une chichiteuse. Que j’en sois troublée et y prenne un certain plaisir (à rendre service, lol) n’entrait pas en ligne de compte, évidemment !
- Si ça ne vous fait rien, Chantal, je demande à Marie-Laure de tenir votre jambe, par précaution, pour éviter que vous la refermiez involontairement, on ne sait jamais, un réflexe par exemple. Mais d’abord, je vais vous mettre une protection (j’ai pensé à une couche sous mes fesses, lol, mais non). Ce serait dommage que de la cire aille dans votre sexe, hein ?
Allez dire non, à ces suggestions comme à la précédente ! J’avais vaguement pensé que la dite « protection » serait quelque chose comme la fameuse culotte en papier, mais non. Claire a tout bonnement inséré une bande de chaque côté de mes petites lèvres, dans le pli qui les séparait des grandes en tirant délicatement sur chacune l’une après l’autre. Je n’ai pas osé protester. Je n’en avais pas envie d’ailleurs, le double contact m’avait fait frémir jusqu’aux tétons, bien que le sourire entendu de Marie-Laure penchée sur les gestes de Claire m’ait remplie de confusion.
La minute d’après c’est d’une autre sensation que j’ai été saisie, l’impression d’avoir la lèvre serrée dans une pince chaude, d’un côté puis de l’autre. Trop surprise pour crier : mes seins aussi étaient pris dans un étau, mais plus doux, celui des mains de Lou. L’un m’a fait oublier l’autre, et quand j’en suis revenue, la brève douleur avait disparue. Je n’avais pas crié mais j’avais sursauté, obligeant Marie-Laure à mieux assurer sa prise. La pression de sa main à l’intérieur de ma cuisse était plus forte sans que sa proximité de mon sexe me gêne. En fait, je n’y pensais pas. Je m’étais complètement détendue, ouvrant de moi-même l’autre cuisse et abandonnant sans honte mes seins au massage. Avec le recul de l’âge et la révélation homosexuelle, je comprends que dans mon apparent détachement je refoulais l’acceptation du plaisir de m’exhiber à des filles et de souffrir par leurs mains.
La vraie souffrance est venue, d’ailleurs, plus forte que le petit désagrément de la cire sur mes lèvres, lorsque Claire a décollé la première bandelette de mon pubis. Là, mes mains à moi ont retrouvé le réconfort d’être cramponnées aux poignets de Lou, et malgré cela, le gémissement qui m’a échappé n’avait rien d’un témoignage de jouissance. Et pourtant… La paume de Claire pesant sur ma motte évitait que ma peau suive l’arrachage de ses poils. La douleur était vive mais le contact d’une autre main que la mienne sur mon clitoris me la rendait supportable. Oh bien sûr, à ce moment-là, je n’y voyais qu’une pratique technique, thérapeutique en quelque sorte, qui n’avait d’autres buts et conséquences que de faciliter au mieux une étape aussi pénible qu’inévitable. Que mon vagin en profite pour s’humidifier plus que de raison n’était qu’un réflexe physiologique dont je n’étais pas responsable…
Ma touffe bien délimitée était plus jolie, en effet, et l’irritation qui suivait l’épilation ne m’a plus préoccupée quand est venu l’arrachage plus douloureux des poils des lèvres. Ils étaient pourtant moins fournis que sur le pubis ! J’ai serré les dents sans pouvoir retenir un gémissement aigu et j’ai cru que ma seule consolation viendrait du massage des seins consciencieusement entretenu par Lou. Le contact des doigts de Claire sur ma vulve m’a fait oublier arrachage et massage. Je comprenais, certes, qu’il était nécessaire qu’elle fasse pression sur la lèvre dont elle retirait les bandelettes pour qu’elle ne se distende pas et ouvre ma chatte de façon indécente. Mais j’y ressentais si fort les battements du sang qu’il était impossible qu’elle ne les sente pas. Moment gênant, sans doute, qui ne fut rien à côté de ma confusion en voyant les traces de ma cyprine sur la paume de Claire…
J’ai été déconcertée, voire humiliée, qu’elle ne semblât pas prêter attention à ma honte ni à mes débordements. Au contraire, je la voyais se pencher très près de mon sexe que Marie-Laure continuait à lui exposer. Je connaissais l’odeur de mon excitation, elle était – elle est toujours – caractéristique. Comment pouvait-elle avoir l’air d’en ignorer les effluves ? Sans doute était-ce par conscience professionnelle, pour vérifier qu’il ne restait aucun poil rebelle, qu’elle m’inspectait aussi étroitement, me suis-je dit pour me rassurer. Mais la présence de son visage si proche de ma motte me bouleversait d’une émotion dont les conséquences visibles m’échappaient. J’imaginais des regards de reproche et je ne savais plus où porter mes yeux sinon à l’abri du buste de Lou. Et ce fut pire, car ce qui s’imposait à ma vue c’étaient ses seins balançant doucement au rythme du massage des miens, alors que mon cerveau réalisait soudain que j’étais baignée depuis le début par l’odeur de son corps.
- Comment vous sentez-vous, Chantal ? Tout va bien ?
- Hein ? Euh… Je… Heu…
- Vous n’avez pas trop souffert ? La première fois, c’est souvent une épreuve, a poursuivi Claire sans tenir compte de mes stupides balbutiements en réponse à sa question anodine. Avez-vous mal ? N’hésitez pas à me le dire si c’est trop dur pour vous.
- Non. Enfin, oui. Ça me brûle un peu…
- Ah, c’est normal, ça va passer avec l’huile adoucissante. Est-ce que c’est supportable, là ?
- Ben…
- Je vous le demande parce qu’il reste quelques poils ici et là. Trop peu pour justifier une nouvelle épilation. Soit on les laisse, mais vous n’aurez pas l’entière satisfaction d’une peau lisse, soit on les enlève, mais…
- Mais ?
- Je serai obligée de les enlever un par un, à la pince à épiler.
- Ce n’est pas si douloureux… Si ?
- Un, non. Mais plusieurs…
- Fais l’effort, ma chérie, m’a conseillé Marie-Laure. Tu verras comme c’est doux, la peau toute nue autour de la chatte.
- Oh, je supporterai, ai-je crâné bêtement. Il faut souffrir pour être belle !
- On le dit… a marmonné Claire en cherchant l’instrument ad hoc.
C’est vrai, un poil arraché, ce n’est rien. Deux, ce n’est pas grand-chose. Trois, non plus. Au dixième, on commence à regretter sa forfanterie. Parce qu’il n’y en avait pas que quelques uns ici ou là, qui avaient échappé à la cire. Pas dix, pas vingt, mais bien plus. À croire que plus Claire en enlevait, plus elle en trouvait de récalcitrants. Au trentième (je dis ça au jugé), j’ai commencé à tortiller du bassin, et à tortiller du haut si j’arrivais à maîtriser le bas, avant de pousser de petits cris qui scandaient la perte de chaque bulbe pileux (je me suis documentée, lol !). Marie-Laure peinait à me tenir une jambe immobile. L’autre, Claire a dû carrément l’enjamber pour la serrer en gardant les mains libres.
- Vous imaginez ce que nos ancêtres ont subi avant qu’on ait inventé l’épilation à la cire ? Et même après, quand la cire d’abeille attirait les insectes, a plaisanté Lou.
Les autres ont ri, pas moi. Je n’en avais pas envie ! D’ailleurs, je n’aurais pas pu, pour deux raisons. D’abord, parce que Lou, pour étouffer mes cris – qui auraient pu inquiéter les clientes des box voisins, sans doute – n’avait eu d’autre ressource que de plaquer son ventre sur ma figure. Ensuite, parce que mon genou était coincé entre les cuisses de Claire et que c’était la première fois qu’il entrait en contact avec un sexe féminin. La première fois aussi, et la seule pour longtemps, où je percevais la chaleur humide d’une chatte sur ma peau. Ajoutez à cela qu’une main de Claire était plaquée sur mon sexe pour retenir la peau des grandes lèvres et du capuchon pendant que l’autre jouait sèchement de la pince, et vous comprendrez aisément que les petites pointes de douleur ne m’étaient pas la seule raison d’être déstabilisée.
Je précise que je n’ai pas joui à ce moment-là. Je sentais que ça venait, mais le trouble, la douleur et l’étonnement, la peur du ridicule aussi, m’interdisaient de m’abandonner. Les senteurs corporelles de Lou autant que la chaleur de sa peau sur mes joues et ma bouche, contribuaient également à m’en empêcher, même si elles participaient à mon excitation autant que l’idée que Marie-Laure voyait tout de mon intimité dont elle conserverait l’image dans nos prochaines rencontres. La confirmation de cette pensée est venue comme un coup de grâce lorsque j’ai entendu sa remarque :
- C’est curieux. D’ordinaire, quand tu fais ça, Claire, on voit pointer le bout du clito. Et là, pas du tout ! Tu perds la main, ma chérie, a-t-elle conclu en riant.
Le ventre de Lou a caché la rougeur de mon humiliation. Pas celle de croire qu’il s’agissait d’une critique méprisante, mais celle de ressentir un certain plaisir d’être si intimement observée. Car oui, je crois bien que c’était cela qui me tourmentait le plus, idiote que j’étais en refusant d’admettre ce que mon corps me révélait : les doigts de Claire pressant mon clitoris m’étaient plus agréables que les miens. Pourquoi ne l’ai-je pas compris et accepté ! La pesanteur d’une éducation d’où était exclue toute évocation positive de l’homosexualité m’a fait perdre des années de bonheur. Mais mon esprit était trop encombré de préjugés, trop bridé par une morale étroite pour saisir la chance que Marie-Laure m’avait offerte et tout ce que Lou et Claire étaient prêtes à me faire connaître.
En fait ce n’est pas de la frustration ni du plaisir que j’ai ressenti quand Claire a retiré ses mains de ma chatte et Lou son ventre de ma bouche. C’est au contraire le soulagement de voir la fin de mon mal-être qui me donnait l’espoir de calmer mes glandes vaginales. Car oui, j’avais beau me dire qu’il ne s’agissait que d’un réflexe physiologique, l’impossibilité de contrôler mes écoulements de cyprine redoublait ma honte au point d’en pleurer jusqu’à en tromper l’apitoiement des praticiennes.
- La pauvre ! Tu lui as fait trop mal. Regarde, elle a les larmes aux yeux !
- Ce n’est pas qu’aux yeux qu’elle a des larmes !!
Le rire de Marie-Laure m’a envoyée au trente-sixième dessous de l’humiliation, et il n’y avait même pas un trou de souris où me cacher ! Je me suis comportée comme une collégienne prise en faute (en l’occurrence, de s’être « touchée », lol !) :
- Peu… Pardon. Je… pas… désolée… c’est involon…
- Mais oui, mais oui. Je vous le répète, c’est une réaction normale, m’a assuré à nouveau Lou sans me tenir rigueur de mes balbutiements pitoyables.
- Bien sûr ! Laissez-vous aller, Chantal, a renchéri Claire. Je vais vous masser pour apaiser l’irritation. Vous verrez, ne vous inquiétez pas, détendez-vous, ce sera plus agréable.
Elle a massé mon pubis. Je sentais le parfum entêtant de l’huile qu’elle étalait. Ses doigts et ses paumes étaient comme des caresses profondes sur ma peau nue autour de ma touffe. Elle était toujours à cheval sur ma cuisse. J’ai cru sentir plus d’humidité dans ce contact. J’avais des papillons dans le ventre et des pulsations dans les seins. J’ai résisté à la tentation. Elle a massé mes lèvres nues. Au parfum de l’huile se mêlait l’exhalaison de ma chatte. Elle a insisté pour que l’huile pénètre mieux un épiderme plus sensible. Elle a pressé ses doigts sur tout le tour de ma vulve. Son capuchon n’a pas suffi à protéger mon clito. J’ai joui.
J’ai joui longuement. En tremblant des jambes du bassin aux orteils. En crispant mes mains sur mes seins. En retenant en vain des gémissements de plaisir. En me désespérant d’exhiber mon orgasme devant Marie-Laure. En m’horrifiant d’offrir ce spectacle à des inconnues. En m’épouvantant d’être prise pour une gouine. Mais heureuse au fond, et c’était le pire, de me délivrer de toutes les tensions accumulées en jouissant merveilleusement !
Marie-Laure a reposé doucement la jambe qu’elle avait tenue et Claire s’est discrètement dégagée de l’autre. Mon cœur s’est arrêté de battre en comprenant que les deux avaient été en contact physique avec mon orgasme. Je n’ai pas osé regarder s’il y avait une trace de mouille sur ma cuisse, ni soutenir les regards, pourtant bienveillants, qui se posaient sur moi. J’avais l’impression que c’était des regards amusés, ce qu’ils étaient sans doute malgré leur bonhomie, et je ne savais plus où me mettre pour cacher ma détresse. J’aurais rougi comme une pivoine si mon sang ne m’avait pas semblé s’être figé. Je n’ai même pas réagi en entendant les chuchotements au-dessus de moi : peut-être rêvais-je, après tout ? C’était mon dernier espoir derrière mes yeux fermés.
- Tu veux bien lui passer une lingette, Lou ? Je n’ose plus la toucher…
- Hi, hi ! Tu as les doigts trop agiles, ma chérie. Je te l’ai déjà dit.
- Oh, ça va ! Tu pourrais m’aider, non ?
- Je suis mal placée, regarde : si je tends le bras…
- Sois sympa, fais un effort.
- Pff ! Je risque d’aggraver la situation ! Hi, hi, hi !
- Je peux m’en charger, si vous voulez.
Là, j’ai deviné un murmure de Marie-Laure. Je me suis obstinément refusée à ouvrir les paupières. Je ne sais pas qui a écarté mon sexe, ni qui a essuyé ma vulve, ni qui a séché mon périnée, ni qui a vérifié s’il n’y avait plus de jus de fille sur mes lèvres. Je n’ai pas su si c’était Marie-Laure seule, ou si elles s’y sont mises à deux, ou à trois. Je n’ai pas su, et je n’ai pas voulu savoir.
Je me suis levée, je n’ai rien dit, sinon deux mots de remerciements, pour l’épilation, par politesse. Je n’aurais rien su dire d’autre, j’avais déjà du mal à articuler. Dans le vestiaire non plus je n’ai rien dit, que des onomatopées en réponse aux paroles amicales de Marie-Laure. Elle a respecté mon silence. J’ai payé la séance, en calculant que ce serait difficile de finir le mois. Marie-Laure m’a raccompagnée, en silence aussi. Je lui ai quand même dit merci en la quittant. Je me suis jetée sur mon lit pour pleurer. J’avais encore envie de jouir, j’en culpabilisais. J’ai lutté, mais le besoin était trop fort. Je me suis foutue à poil, en hâte, sans réfléchir. Être nue, vite ! Ne pas renifler ma culotte trempée, ne pas me regarder dans le miroir, me renverser sur le dos, ouvrir mes jambes, broyer mes seins, chercher ma chatte, frotter mon clito, me fouiller, me frotter encore, me branler, vite, fort, et jouir ! Jouir en me traitant de vicieuse, mais en jouir à nouveau, et en jouir plus fort…
Je ne suis pas sortie de trois jours, tant pis pour les cours. J’ai grignoté toutes mes réserves. J’ai dû convenir que mon pubis était plus joli, que ma peau était plus douce, que mes lèvres étaient plus sensibles. Je me suis promis d’oublier cette séance. J’ai évité de retourner au club hippique pendant quinze jours. Mais pour ça aussi le besoin était trop fort. J’y suis allée, je suis tombée sur Marie-Laure. Elle a été super, elle n’a jamais évoqué la séance d’épilation, ni ce jour-là, ni aucune autre fois où nous nous sommes revues.
Je ne suis jamais revenue dans ce salon de beauté. J’avais repris mon train-train habituel et ma nouvelle rencontre avec l’homosexualité est arrivée bien plus tard. Entre-temps, j’ai réussi à oublier la découverte de ma nature profonde. Enfin… J’avais réussi à l’oublier jusqu’à ce que mes adorables vicieuses d’amies de cœur et complices d’écrits aient la lumineuse idée d’un « quinquameron du clitoris » !
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