Eliott et le garagiste (2)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Eliott et le garagiste (2)
Chapitre 2
Partir. Je devrais partir. M'enfuir de ce garage et ne jamais revenir. C'était la décision sensée, rationnelle.
"Ou..." Il s'est redressé, m'a jeté un regard par-dessus son épaule. "Tu peux rester. Me regarder travailler encore un peu. J'aime bien avoir un public."
Le sourire qu'il m'a lancé était carnassier, chargé de promesses.
Je suis resté.
Bien sûr que je suis resté.
Je me suis réinstallé sur cette chaise bancale, comme hypnotisé. Incapable de partir. Incapable même de penser à partir. Tout ce que je pouvais faire, c'était le regarder.
Il travaillait sur ma camionnette maintenant, penché sous le capot, ses muscles roulant sous sa peau à chaque mouvement. La sueur faisait briller ses tatouages. De temps en temps, il s'essuyait le front du revers de la main, laissant des traînées sombres sur sa peau bronzée.
Et moi, je le dévorais des yeux. Chaque geste, chaque contraction musculaire, la façon dont son jean moulait ses fesses quand il se penchait. J'étais pathétique. Complètement pathétique. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
"Tu sais que je te sens me mater, là ?"
Sa voix m'a fait sursauter. Il ne s'était même pas retourné. Comment est-ce qu'il...
"Continue. Ça m'excite."
Mon souffle s'est bloqué dans ma gorge. Il venait vraiment de dire ça ? Aussi crûment ?
Il s'est redressé, s'est retourné vers moi. Son regard était brûlant, presque animal. Il a attrapé le bas de son débardeur et l'a retiré d'un geste fluide.
Oh. Mon. Dieu.
Son torse était... parfait. Des abdominaux sculptés, des pectoraux massifs, des épaules larges et puissantes. Et les tatouages. Ils couvraient ses côtes, remontaient sur son torse. Une horloge mécanique sur le côté gauche, des citations en lettres gothiques que je ne pouvais pas lire de là où j'étais. Ses tétons bruns, durs. La ligne de poils sombres qui descendait de son nombril et disparaissait sous sa ceinture.
"T'aimes ce que tu vois ?"
J'ai hoché la tête, incapable de former des mots. Ma bouche était sèche. Mon cœur battait la chamade.
Il a souri, ce sourire carnassier qui me faisait fondre.
"Ouais. Je vois ça."
Il s'est essuyé le torse avec son débardeur, lentement, comme pour me donner un spectacle. Puis il l'a jeté négligemment sur l'établi et est retourné au travail. Torse nu. Ce salaud travaillait torse nu maintenant.
Je ne savais plus où regarder. Ou plutôt si, je savais exactement où regarder, et c'était le problème. Chaque mouvement faisait jouer ses muscles. La sueur coulait le long de son dos, suivant le creux de sa colonne vertébrale. Mes mains me démangeaient. Je voulais toucher. Sentir cette peau sous mes doigts. Tracer le contour de ses tatouages.
"Merde," a-t-il grogné soudain.
Il s'est redressé, a secoué sa main. Du sang coulait de son pouce.
"Putain de boulon..."
Sans réfléchir, je me suis levé.
"Tu t'es fait mal ?"
Il a levé les yeux vers moi, a souri.
"Tu t'inquiètes pour moi ? C'est mignon."
Il a porté son pouce à sa bouche, a sucé le sang. Le geste était obscène, délibéré. Ses yeux ne quittaient pas les miens. Je l'ai regardé, fasciné et horrifié à la fois, alors qu'il léchait sa propre blessure.
"C'est rien. J'ai l'habitude." Il a retiré son pouce de sa bouche avec un bruit humide. "Mais t'es gentil de t'inquiéter. Ça me donne des idées."
"Des... idées ?"
"Ouais." Il s'est approché de moi, lentement, comme un prédateur. "Des idées sur ce que cette petite bouche inquiète pourrait faire d'autre."
Mon visage était en feu. Tout mon corps était en feu. Il s'est arrêté juste devant moi, si proche que je pouvais sentir la chaleur irradiant de sa peau nue.
"Tu rougis encore. J'adore ça." Sa main valide s'est levée, a effleuré ma joue. "J'me demande si tu rougis partout."
Ses doigts ont descendu le long de mon cou, ont joué avec le col de ma chemise.
"J'me demande si ta peau est aussi douce partout qu'elle l'est là."
Il a défait le premier bouton de ma chemise. Puis le deuxième. Ses doigts effleuraient ma peau au passage, laissant des traînées de feu.
"Loris..."
C'était à peine un murmure. Une supplication. Pour qu'il arrête ? Pour qu'il continue ? Je ne savais plus.
"J'aime bien comment tu dis mon nom." Il s'est penché, ses lèvres près de mon oreille. "J'aimerais l'entendre quand tu gémis."
Un frisson violent m'a parcouru. Ses lèvres ont effleuré le lobe de mon oreille, l'ont mordu légèrement. J'ai gémi malgré moi.
"Comme ça. Exactement comme ça."
Puis il s'est écarté, me laissant tremblant et pantelant, ma chemise à moitié déboutonnée.
"Va nous faire du café."
Il a dit ça d'un ton désinvolte, comme s'il n'avait pas été à deux doigts de... de quoi exactement ?
"Quoi ?"
"Du café. La machine est dans le coin là-bas." Il a désigné un recoin du garage d'un mouvement du menton. "Noir, sans sucre. Et prends ton temps pour te calmer."
Il est retourné à la camionnette, a replongé sous le capot. Comme si de rien n'était. Comme s'il ne venait pas de me réduire à l'état de loque tremblante.
J'ai chancelé jusqu'au coin qu'il avait indiqué. Une vieille cafetière était posée sur une étagère branlante, à côté d'un évier crasseux. Mes mains tremblaient tellement que j'ai failli faire tomber la cafetière.
Respire, Eliott. Respire.
Mais comment respirer quand l'air était saturé de son odeur ? Quand chaque inspiration me rappelait sa proximité, sa chaleur, ses mains sur moi ?
J'ai préparé le café mécaniquement, essayant de calmer les battements frénétiques de mon cœur. Derrière moi, j'entendais les bruits du garage. Le métal contre le métal. Ses grognements d'effort.
"T'es dur comme un roc, là ?"
J'ai failli renverser le café. Il ne s'était même pas retourné. Comment est-ce qu'il...
"C'est bon à savoir. Que j'ai cet effet sur toi."
Je me suis reboutonné tant bien que mal, même si c'était inutile. Il savait. Il savait exactement ce qu'il me faisait.
Le café a fini de couler. J'ai rempli deux tasses ébréchées, mes mains toujours tremblantes. Je suis retourné vers lui.
Il s'était redressé, m'attendait, adossé à ma camionnette. Les bras croisés sur son torse nu. Un sourire satisfait aux lèvres.
"Amène-toi."
J'ai obéi, lui ai tendu une tasse. Nos doigts se sont frôlés. Ce simple contact a suffi à raviver le feu dans mon ventre.
Il a bu une gorgée, m'a observé par-dessus le rebord de la tasse.
"T'as jamais été avec un mec comme moi, hein ?"
J'ai secoué la tête, incapable de mentir.
"Des mecs qui te parlent franchement. Qui te disent qu'ils ont envie de te baiser contre l'établi là-bas."
J'ai failli m'étouffer avec mon café. Il a ri, un rire grave et rauque.
"Ouais. Jamais." Il a bu une autre gorgée. "C'est bien ce que je pensais. T'es habitué aux mecs qui tournent autour du pot. Qui font semblant d'être romantiques alors qu'ils pensent qu'à une chose."
Il a posé sa tasse, s'est approché de moi. A pris la mienne et l'a posée aussi.
"Moi, je fais pas semblant." Ses mains ont attrapé mes hanches, m'ont tiré contre lui. "Quand j'ai envie de quelqu'un, je le dis. Quand j'ai envie de le toucher, je le touche."
Son bassin pressait contre le mien. Je pouvais sentir... oh mon Dieu, je pouvais sentir son érection à travers nos jeans. Dure. Massive. Pressée contre la mienne.
"Quand j'ai envie de l'entendre crier mon nom, je fais tout pour."
Ses mains ont glissé sous ma chemise, ont touché la peau nue de mon dos. Chaudes. Rugueuses. Possessives.
"Alors dis-moi, Eliott." Ses lèvres frôlaient les miennes maintenant. "T'as envie que je continue ?"
"Oui..." Le mot s'est échappé comme un sanglot. "Oui, s'il te plaît..."
"S'il te plaît quoi ?"
"Continue... touche-moi... je..."
"Tu veux que je te baise ?"
Le mot cru, obscène dans sa bouche, m'a fait gémir.
"Dis-le."
"Je... je veux que tu me baises..."
Son sourire était triomphant, prédateur. Ses mains ont serré mes hanches plus fort.
"Bien. Mais pas aujourd'hui." Il s'est écarté, me laissant chancelant. "Aujourd'hui, tu vas rentrer chez toi. Tu vas penser à moi toute la nuit. À ce que mes mains pourraient te faire."
Il a ramassé sa tasse, a bu tranquillement son café comme si de rien n'était.
"Demain midi, tu reviens chercher ton van. Et là..." Ses yeux gris se sont plantés dans les miens. "On finira ce qu'on a commencé."
Il est retourné à son travail, a terminé quelques réglages sur ma camionnette. Moi, je suis resté là, hébété, essayant de comprendre ce qui venait de se passer.
"Bon." Il s'est essuyé les mains sur un chiffon, a enfilé son débardeur - je l'ai regretté immédiatement. "Pour tes livraisons, j'ai une vieille Kangoo. Elle est pas belle, mais elle roule."
Il m'a tendu des clés.
"Voiture de courtoisie. Tu la ramènes demain avec ton van."
"Je... merci. C'est combien pour..."
"On réglera demain." Son regard s'est fait plus sombre. "Tout."
Le sous-entendu était clair. Mon ventre s'est serré.
La Kangoo blanche était effectivement vieille et cabossée, mais elle démarrait. J'ai chargé mes bouquets à l'arrière, les mains toujours tremblantes. Quand je suis remonté dans la cabine, Loris était appuyé contre le montant de la porte du garage, les bras croisés, me regardant.
"À demain, Eliott."
La façon dont il a dit mon prénom... grave, possessive... m'a fait frissonner.
"À... à demain."
J'ai démarré, peut-être un peu trop brusquement. Dans le rétroviseur, je l'ai vu sourire.
Le reste de la journée s'est déroulé dans un brouillard. J'ai fait mes livraisons en pilote automatique. La mariée a trouvé son bouquet magnifique. La famille en deuil m'a remercié chaleureusement. Je ne me souviens d'aucun visage. Juste de ses yeux gris. De ses mains sur mes hanches. De sa voix rauque murmurant des obscénités.
J'ai fermé la boutique à dix-huit heures. En temps normal, j'aurais traîné, préparé les commandes du lendemain, rangé, nettoyé. Mais là, je voulais juste rentrer chez moi. M'enfermer dans mon appartement. Comprendre ce qui m'arrivait. Une fois chez moi, j'ai enlevé mes chaussures machinalement, me suis laissé tomber sur mon canapé. Mon petit studio était silencieux, rassurant. Mes plantes sur le rebord de la fenêtre. Mes livres bien rangés sur l'étagère. Ma vie ordonnée, tranquille, prévisible.
Qu'est-ce qui s'était passé aujourd'hui ?
Je n'étais pas comme ça. Je ne réagissais jamais comme ça. Les rares fois où j'avais couché avec quelqu'un, c'était après des semaines de fréquentation, de discussions, de rendez-vous sages. Des hommes doux, prévenants. Des profs, des libraires, un infirmier. Des hommes qui me ressemblaient. Jamais des mecs comme Loris. Jamais des garagistes tatoués avec des mains calleuses et une bouche obscène. Jamais des hommes qui me disaient crûment qu'ils voulaient me baiser.
Et pourtant.
Pourtant, mon corps réagissait rien qu'au souvenir. Mon jean était de nouveau serré. Mon cœur battait plus vite. Je me suis touché à travers le tissu, ai gémi doucement.
C'était quoi ce bordel ?
Je ne connaissais même pas ce type. On avait échangé quoi, quelques phrases ? Et j'étais déjà prêt à... à quoi exactement ? À me donner à lui ? À le laisser faire ce qu'il voulait de moi ?
La réponse était oui. Un oui clair, absolu, terrifiant.
J'ai passé la soirée à tourner en rond. J'ai essayé de lire - impossible de me concentrer. J'ai essayé de regarder une série - les images défilaient sans que je les voie vraiment. J'ai préparé un dîner que je n'ai presque pas touché.
La nuit a été pire encore.
Allongé dans mon lit, dans le noir, je ne pensais qu'à lui. À ses mains sur ma peau. À sa bouche près de la mienne. À ce qu'il avait promis. "On finira ce qu'on a commencé."
Qu'est-ce que ça voulait dire exactement ? Je le savais. Bien sûr que je le savais.
Ma main a glissé sous le drap, a trouvé mon érection douloureuse. Je me suis caressé en pensant à lui. À son torse nu. À ses tatouages. À sa voix rauque murmurant des choses sales. J'ai joui en mordant mon oreiller pour étouffer son prénom. Mais ça n'a pas suffi. Rien n'a suffi. J'ai à peine dormi, tourné et retourné dans mes draps, brûlant de désir et de confusion.
Le réveil a sonné à sept heures. J'avais l'impression de ne pas avoir fermé l'œil. Mon reflet dans le miroir de la salle de bain me renvoyait l'image d'un type aux cheveux en bataille, aux yeux cernés, aux joues encore rouges. J'ai fait du café. Fort. Très fort. Mes mains tremblaient en tenant la tasse.
Midi. Il avait dit midi.
J'avais cinq heures devant moi. Cinq heures pour me calmer. Pour réfléchir rationnellement. Pour décider si j'allais vraiment y aller. Mais je savais déjà. Bien sûr que j'allais y aller.
La question n'était pas si. La question était : dans quel état ?
J'ai bu mon café lentement, essayant d'ignorer les battements frénétiques de mon cœur. Puis je suis allé à la boutique, j'ai fait semblant de travailler. Préparé quelques bouquets. Répondu à des emails. Tout ça mécaniquement, l'esprit ailleurs. À onze heures, j'ai fermé. Mis un panneau "Retour à 14h". Ce n'était pas dans mes habitudes, mais tant pis.
Je suis rentré chez moi. J'avais une heure. Une heure pour...
Pour quoi ? Me préparer ?
La réalisation m'a frappé brutalement. Il allait... on allait... et je devais être prêt. Propre.
Mon Dieu.
Je me suis déshabillé d'une main tremblante. Suis entré dans la douche. L'eau chaude a coulé sur ma peau, mais n'a rien fait pour calmer le feu dans mes veines. Je me suis lavé partout. Soigneusement. Mes cheveux, mon corps, en insistant sur certaines zones. Puis... puis j'ai pris la poire de lavement dans le placard de la salle de bain. Je ne l'avais utilisée que quelques fois dans ma vie. Toujours avec appréhension. L'eau tiède, le sentiment d'intrusion inconfortable. Une fois. Deux fois. Trois fois, jusqu'à ce que l'eau ressorte claire. Mes joues brûlaient de honte même si j'étais seul. Mais je voulais être prêt. Au cas où.
Au cas où quoi, Eliott ? Au cas où il voudrait vraiment te baiser comme il l'a dit ?
Oui. Exactement ça.
Je me suis séché, rasé de près. Mis du déodorant. Hésité devant mon armoire. Qu'est-ce qu'on porte pour aller se faire... pour aller récupérer son van ? J'ai opté pour un jean slim noir - propre, sans taches de terre - et une chemise blanche cintrée. Simple. Sobre. Mes mains tremblaient en boutonnant la chemise. Un dernier regard dans le miroir. Mes joues étaient roses, mes yeux brillants d'une anticipation mêlée de terreur. J'avais l'air... excité. Nerveux. Vulnérable.
Exactement ce que j'étais.
Il était onze heures quarante-cinq. J'avais quinze minutes de trajet.
Mon estomac était noué. Mon cœur battait la chamade. Mes paumes étaient moites.
J'ai attrapé les clés de la Kangoo. Respiré profondément.
Tu peux encore ne pas y aller. Tu peux lui envoyer un message, inventer une excuse...
Mais je savais que je n'allais pas faire ça. Je savais que j'allais y aller. Que j'allais le retrouver. Que j'allais le laisser finir ce qu'il avait commencé. Parce que pour la première fois de ma vie, je voulais quelque chose avec cette intensité dévorante. Je voulais lui. Ses mains. Sa bouche. Son corps contre le mien.
Même si ça me terrifiait. Surtout parce que ça me terrifiait.
J'ai verrouillé la porte de mon appartement et je suis descendu. La Kangoo était garée dans la rue. J'y suis monté, ai démarré.
Direction le garage.
Fin du chapitre 2.
Partir. Je devrais partir. M'enfuir de ce garage et ne jamais revenir. C'était la décision sensée, rationnelle.
"Ou..." Il s'est redressé, m'a jeté un regard par-dessus son épaule. "Tu peux rester. Me regarder travailler encore un peu. J'aime bien avoir un public."
Le sourire qu'il m'a lancé était carnassier, chargé de promesses.
Je suis resté.
Bien sûr que je suis resté.
Je me suis réinstallé sur cette chaise bancale, comme hypnotisé. Incapable de partir. Incapable même de penser à partir. Tout ce que je pouvais faire, c'était le regarder.
Il travaillait sur ma camionnette maintenant, penché sous le capot, ses muscles roulant sous sa peau à chaque mouvement. La sueur faisait briller ses tatouages. De temps en temps, il s'essuyait le front du revers de la main, laissant des traînées sombres sur sa peau bronzée.
Et moi, je le dévorais des yeux. Chaque geste, chaque contraction musculaire, la façon dont son jean moulait ses fesses quand il se penchait. J'étais pathétique. Complètement pathétique. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
"Tu sais que je te sens me mater, là ?"
Sa voix m'a fait sursauter. Il ne s'était même pas retourné. Comment est-ce qu'il...
"Continue. Ça m'excite."
Mon souffle s'est bloqué dans ma gorge. Il venait vraiment de dire ça ? Aussi crûment ?
Il s'est redressé, s'est retourné vers moi. Son regard était brûlant, presque animal. Il a attrapé le bas de son débardeur et l'a retiré d'un geste fluide.
Oh. Mon. Dieu.
Son torse était... parfait. Des abdominaux sculptés, des pectoraux massifs, des épaules larges et puissantes. Et les tatouages. Ils couvraient ses côtes, remontaient sur son torse. Une horloge mécanique sur le côté gauche, des citations en lettres gothiques que je ne pouvais pas lire de là où j'étais. Ses tétons bruns, durs. La ligne de poils sombres qui descendait de son nombril et disparaissait sous sa ceinture.
"T'aimes ce que tu vois ?"
J'ai hoché la tête, incapable de former des mots. Ma bouche était sèche. Mon cœur battait la chamade.
Il a souri, ce sourire carnassier qui me faisait fondre.
"Ouais. Je vois ça."
Il s'est essuyé le torse avec son débardeur, lentement, comme pour me donner un spectacle. Puis il l'a jeté négligemment sur l'établi et est retourné au travail. Torse nu. Ce salaud travaillait torse nu maintenant.
Je ne savais plus où regarder. Ou plutôt si, je savais exactement où regarder, et c'était le problème. Chaque mouvement faisait jouer ses muscles. La sueur coulait le long de son dos, suivant le creux de sa colonne vertébrale. Mes mains me démangeaient. Je voulais toucher. Sentir cette peau sous mes doigts. Tracer le contour de ses tatouages.
"Merde," a-t-il grogné soudain.
Il s'est redressé, a secoué sa main. Du sang coulait de son pouce.
"Putain de boulon..."
Sans réfléchir, je me suis levé.
"Tu t'es fait mal ?"
Il a levé les yeux vers moi, a souri.
"Tu t'inquiètes pour moi ? C'est mignon."
Il a porté son pouce à sa bouche, a sucé le sang. Le geste était obscène, délibéré. Ses yeux ne quittaient pas les miens. Je l'ai regardé, fasciné et horrifié à la fois, alors qu'il léchait sa propre blessure.
"C'est rien. J'ai l'habitude." Il a retiré son pouce de sa bouche avec un bruit humide. "Mais t'es gentil de t'inquiéter. Ça me donne des idées."
"Des... idées ?"
"Ouais." Il s'est approché de moi, lentement, comme un prédateur. "Des idées sur ce que cette petite bouche inquiète pourrait faire d'autre."
Mon visage était en feu. Tout mon corps était en feu. Il s'est arrêté juste devant moi, si proche que je pouvais sentir la chaleur irradiant de sa peau nue.
"Tu rougis encore. J'adore ça." Sa main valide s'est levée, a effleuré ma joue. "J'me demande si tu rougis partout."
Ses doigts ont descendu le long de mon cou, ont joué avec le col de ma chemise.
"J'me demande si ta peau est aussi douce partout qu'elle l'est là."
Il a défait le premier bouton de ma chemise. Puis le deuxième. Ses doigts effleuraient ma peau au passage, laissant des traînées de feu.
"Loris..."
C'était à peine un murmure. Une supplication. Pour qu'il arrête ? Pour qu'il continue ? Je ne savais plus.
"J'aime bien comment tu dis mon nom." Il s'est penché, ses lèvres près de mon oreille. "J'aimerais l'entendre quand tu gémis."
Un frisson violent m'a parcouru. Ses lèvres ont effleuré le lobe de mon oreille, l'ont mordu légèrement. J'ai gémi malgré moi.
"Comme ça. Exactement comme ça."
Puis il s'est écarté, me laissant tremblant et pantelant, ma chemise à moitié déboutonnée.
"Va nous faire du café."
Il a dit ça d'un ton désinvolte, comme s'il n'avait pas été à deux doigts de... de quoi exactement ?
"Quoi ?"
"Du café. La machine est dans le coin là-bas." Il a désigné un recoin du garage d'un mouvement du menton. "Noir, sans sucre. Et prends ton temps pour te calmer."
Il est retourné à la camionnette, a replongé sous le capot. Comme si de rien n'était. Comme s'il ne venait pas de me réduire à l'état de loque tremblante.
J'ai chancelé jusqu'au coin qu'il avait indiqué. Une vieille cafetière était posée sur une étagère branlante, à côté d'un évier crasseux. Mes mains tremblaient tellement que j'ai failli faire tomber la cafetière.
Respire, Eliott. Respire.
Mais comment respirer quand l'air était saturé de son odeur ? Quand chaque inspiration me rappelait sa proximité, sa chaleur, ses mains sur moi ?
J'ai préparé le café mécaniquement, essayant de calmer les battements frénétiques de mon cœur. Derrière moi, j'entendais les bruits du garage. Le métal contre le métal. Ses grognements d'effort.
"T'es dur comme un roc, là ?"
J'ai failli renverser le café. Il ne s'était même pas retourné. Comment est-ce qu'il...
"C'est bon à savoir. Que j'ai cet effet sur toi."
Je me suis reboutonné tant bien que mal, même si c'était inutile. Il savait. Il savait exactement ce qu'il me faisait.
Le café a fini de couler. J'ai rempli deux tasses ébréchées, mes mains toujours tremblantes. Je suis retourné vers lui.
Il s'était redressé, m'attendait, adossé à ma camionnette. Les bras croisés sur son torse nu. Un sourire satisfait aux lèvres.
"Amène-toi."
J'ai obéi, lui ai tendu une tasse. Nos doigts se sont frôlés. Ce simple contact a suffi à raviver le feu dans mon ventre.
Il a bu une gorgée, m'a observé par-dessus le rebord de la tasse.
"T'as jamais été avec un mec comme moi, hein ?"
J'ai secoué la tête, incapable de mentir.
"Des mecs qui te parlent franchement. Qui te disent qu'ils ont envie de te baiser contre l'établi là-bas."
J'ai failli m'étouffer avec mon café. Il a ri, un rire grave et rauque.
"Ouais. Jamais." Il a bu une autre gorgée. "C'est bien ce que je pensais. T'es habitué aux mecs qui tournent autour du pot. Qui font semblant d'être romantiques alors qu'ils pensent qu'à une chose."
Il a posé sa tasse, s'est approché de moi. A pris la mienne et l'a posée aussi.
"Moi, je fais pas semblant." Ses mains ont attrapé mes hanches, m'ont tiré contre lui. "Quand j'ai envie de quelqu'un, je le dis. Quand j'ai envie de le toucher, je le touche."
Son bassin pressait contre le mien. Je pouvais sentir... oh mon Dieu, je pouvais sentir son érection à travers nos jeans. Dure. Massive. Pressée contre la mienne.
"Quand j'ai envie de l'entendre crier mon nom, je fais tout pour."
Ses mains ont glissé sous ma chemise, ont touché la peau nue de mon dos. Chaudes. Rugueuses. Possessives.
"Alors dis-moi, Eliott." Ses lèvres frôlaient les miennes maintenant. "T'as envie que je continue ?"
"Oui..." Le mot s'est échappé comme un sanglot. "Oui, s'il te plaît..."
"S'il te plaît quoi ?"
"Continue... touche-moi... je..."
"Tu veux que je te baise ?"
Le mot cru, obscène dans sa bouche, m'a fait gémir.
"Dis-le."
"Je... je veux que tu me baises..."
Son sourire était triomphant, prédateur. Ses mains ont serré mes hanches plus fort.
"Bien. Mais pas aujourd'hui." Il s'est écarté, me laissant chancelant. "Aujourd'hui, tu vas rentrer chez toi. Tu vas penser à moi toute la nuit. À ce que mes mains pourraient te faire."
Il a ramassé sa tasse, a bu tranquillement son café comme si de rien n'était.
"Demain midi, tu reviens chercher ton van. Et là..." Ses yeux gris se sont plantés dans les miens. "On finira ce qu'on a commencé."
Il est retourné à son travail, a terminé quelques réglages sur ma camionnette. Moi, je suis resté là, hébété, essayant de comprendre ce qui venait de se passer.
"Bon." Il s'est essuyé les mains sur un chiffon, a enfilé son débardeur - je l'ai regretté immédiatement. "Pour tes livraisons, j'ai une vieille Kangoo. Elle est pas belle, mais elle roule."
Il m'a tendu des clés.
"Voiture de courtoisie. Tu la ramènes demain avec ton van."
"Je... merci. C'est combien pour..."
"On réglera demain." Son regard s'est fait plus sombre. "Tout."
Le sous-entendu était clair. Mon ventre s'est serré.
La Kangoo blanche était effectivement vieille et cabossée, mais elle démarrait. J'ai chargé mes bouquets à l'arrière, les mains toujours tremblantes. Quand je suis remonté dans la cabine, Loris était appuyé contre le montant de la porte du garage, les bras croisés, me regardant.
"À demain, Eliott."
La façon dont il a dit mon prénom... grave, possessive... m'a fait frissonner.
"À... à demain."
J'ai démarré, peut-être un peu trop brusquement. Dans le rétroviseur, je l'ai vu sourire.
Le reste de la journée s'est déroulé dans un brouillard. J'ai fait mes livraisons en pilote automatique. La mariée a trouvé son bouquet magnifique. La famille en deuil m'a remercié chaleureusement. Je ne me souviens d'aucun visage. Juste de ses yeux gris. De ses mains sur mes hanches. De sa voix rauque murmurant des obscénités.
J'ai fermé la boutique à dix-huit heures. En temps normal, j'aurais traîné, préparé les commandes du lendemain, rangé, nettoyé. Mais là, je voulais juste rentrer chez moi. M'enfermer dans mon appartement. Comprendre ce qui m'arrivait. Une fois chez moi, j'ai enlevé mes chaussures machinalement, me suis laissé tomber sur mon canapé. Mon petit studio était silencieux, rassurant. Mes plantes sur le rebord de la fenêtre. Mes livres bien rangés sur l'étagère. Ma vie ordonnée, tranquille, prévisible.
Qu'est-ce qui s'était passé aujourd'hui ?
Je n'étais pas comme ça. Je ne réagissais jamais comme ça. Les rares fois où j'avais couché avec quelqu'un, c'était après des semaines de fréquentation, de discussions, de rendez-vous sages. Des hommes doux, prévenants. Des profs, des libraires, un infirmier. Des hommes qui me ressemblaient. Jamais des mecs comme Loris. Jamais des garagistes tatoués avec des mains calleuses et une bouche obscène. Jamais des hommes qui me disaient crûment qu'ils voulaient me baiser.
Et pourtant.
Pourtant, mon corps réagissait rien qu'au souvenir. Mon jean était de nouveau serré. Mon cœur battait plus vite. Je me suis touché à travers le tissu, ai gémi doucement.
C'était quoi ce bordel ?
Je ne connaissais même pas ce type. On avait échangé quoi, quelques phrases ? Et j'étais déjà prêt à... à quoi exactement ? À me donner à lui ? À le laisser faire ce qu'il voulait de moi ?
La réponse était oui. Un oui clair, absolu, terrifiant.
J'ai passé la soirée à tourner en rond. J'ai essayé de lire - impossible de me concentrer. J'ai essayé de regarder une série - les images défilaient sans que je les voie vraiment. J'ai préparé un dîner que je n'ai presque pas touché.
La nuit a été pire encore.
Allongé dans mon lit, dans le noir, je ne pensais qu'à lui. À ses mains sur ma peau. À sa bouche près de la mienne. À ce qu'il avait promis. "On finira ce qu'on a commencé."
Qu'est-ce que ça voulait dire exactement ? Je le savais. Bien sûr que je le savais.
Ma main a glissé sous le drap, a trouvé mon érection douloureuse. Je me suis caressé en pensant à lui. À son torse nu. À ses tatouages. À sa voix rauque murmurant des choses sales. J'ai joui en mordant mon oreiller pour étouffer son prénom. Mais ça n'a pas suffi. Rien n'a suffi. J'ai à peine dormi, tourné et retourné dans mes draps, brûlant de désir et de confusion.
Le réveil a sonné à sept heures. J'avais l'impression de ne pas avoir fermé l'œil. Mon reflet dans le miroir de la salle de bain me renvoyait l'image d'un type aux cheveux en bataille, aux yeux cernés, aux joues encore rouges. J'ai fait du café. Fort. Très fort. Mes mains tremblaient en tenant la tasse.
Midi. Il avait dit midi.
J'avais cinq heures devant moi. Cinq heures pour me calmer. Pour réfléchir rationnellement. Pour décider si j'allais vraiment y aller. Mais je savais déjà. Bien sûr que j'allais y aller.
La question n'était pas si. La question était : dans quel état ?
J'ai bu mon café lentement, essayant d'ignorer les battements frénétiques de mon cœur. Puis je suis allé à la boutique, j'ai fait semblant de travailler. Préparé quelques bouquets. Répondu à des emails. Tout ça mécaniquement, l'esprit ailleurs. À onze heures, j'ai fermé. Mis un panneau "Retour à 14h". Ce n'était pas dans mes habitudes, mais tant pis.
Je suis rentré chez moi. J'avais une heure. Une heure pour...
Pour quoi ? Me préparer ?
La réalisation m'a frappé brutalement. Il allait... on allait... et je devais être prêt. Propre.
Mon Dieu.
Je me suis déshabillé d'une main tremblante. Suis entré dans la douche. L'eau chaude a coulé sur ma peau, mais n'a rien fait pour calmer le feu dans mes veines. Je me suis lavé partout. Soigneusement. Mes cheveux, mon corps, en insistant sur certaines zones. Puis... puis j'ai pris la poire de lavement dans le placard de la salle de bain. Je ne l'avais utilisée que quelques fois dans ma vie. Toujours avec appréhension. L'eau tiède, le sentiment d'intrusion inconfortable. Une fois. Deux fois. Trois fois, jusqu'à ce que l'eau ressorte claire. Mes joues brûlaient de honte même si j'étais seul. Mais je voulais être prêt. Au cas où.
Au cas où quoi, Eliott ? Au cas où il voudrait vraiment te baiser comme il l'a dit ?
Oui. Exactement ça.
Je me suis séché, rasé de près. Mis du déodorant. Hésité devant mon armoire. Qu'est-ce qu'on porte pour aller se faire... pour aller récupérer son van ? J'ai opté pour un jean slim noir - propre, sans taches de terre - et une chemise blanche cintrée. Simple. Sobre. Mes mains tremblaient en boutonnant la chemise. Un dernier regard dans le miroir. Mes joues étaient roses, mes yeux brillants d'une anticipation mêlée de terreur. J'avais l'air... excité. Nerveux. Vulnérable.
Exactement ce que j'étais.
Il était onze heures quarante-cinq. J'avais quinze minutes de trajet.
Mon estomac était noué. Mon cœur battait la chamade. Mes paumes étaient moites.
J'ai attrapé les clés de la Kangoo. Respiré profondément.
Tu peux encore ne pas y aller. Tu peux lui envoyer un message, inventer une excuse...
Mais je savais que je n'allais pas faire ça. Je savais que j'allais y aller. Que j'allais le retrouver. Que j'allais le laisser finir ce qu'il avait commencé. Parce que pour la première fois de ma vie, je voulais quelque chose avec cette intensité dévorante. Je voulais lui. Ses mains. Sa bouche. Son corps contre le mien.
Même si ça me terrifiait. Surtout parce que ça me terrifiait.
J'ai verrouillé la porte de mon appartement et je suis descendu. La Kangoo était garée dans la rue. J'y suis monté, ai démarré.
Direction le garage.
Fin du chapitre 2.
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