L'éleveur de chèvres (3)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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L'éleveur de chèvres (3)
Chapitre 3
Je reste là, tremblant, le boxer trempé, le cœur au bord des lèvres, sa bouche encore chaude sur ma peau. Et pour la première fois de la nuit, je ferme les yeux. Cette fois, je crois que je vais réussir à dormir.
Le matin, je me réveille encore prisonnier de ses bras. Fabien est toujours collé à moi, sa toison contre mon dos, sa main posée sur mon ventre. Il bouge doucement, caresse mon flanc, effleure un téton comme si c’était la suite de la nuit. Je frissonne. Il ouvre un œil, sourit en coin, me serre une dernière fois contre lui et murmure d’une voix rauque :
-Bien dormi, Parisien ?
Puis il se lève, complètement à l’aise avec son érection matinale qui pointe fièrement. Il enfile juste son short sans rien dessous (la bosse est évidente) et descend faire le café en sifflotant.
Je le rejoins cinq minutes plus tard, encore groggy, le boxer toujours collant de la veille. Je tente, maladroit : -Fabien… hier soir… pourquoi tu… ? Il se retourne, tasse à la main, sourire carnassier. « Pourquoi j’ai fait jouir mon petit Parisien rien qu’en lui pinçant les tétons ? Parce que t’étais trop mignon à gémir comme ça, voilà tout. » Je deviens écarlate. Il éclate de rire, me tape les fesses en passant. -Allez, bois ton café, t’as la tronche d’un mec qui a été bien démonté. Et il change de sujet comme si de rien n’était.
Les jours suivants, c’est pareil : il me touche plus que jamais, me charrie, me fait rougir dix fois par jour, mais dès que j’essaie d’aborder la nuit, il détourne avec une blague ou une main baladeuse qui me coupe le souffle. Je n’ai jamais de réponse.
Un dimanche après-midi, il joue un match avec ses potes du village. Il m’envoie un message : « Viens me voir jouer, j’ai besoin de ma supportrice numéro 1. » Je râle pour la forme, mais j’y vais.
Il marque deux buts, bien sûr. À la fin, il est en sueur, maillot collé au torse, short qui moule tout. Il passe son bras autour de mes épaules devant toute l’équipe et lance, assez fort pour que tout le monde entende : -Les gars, je vous présente Mathieu, ma supportrice perso. Il est venu m’encourager… et croyez-moi, il sait très bien encourager, hein ? Il pousse des petits cris adorables quand je marque. Rires gras autour de nous. Un pote tape dans le dos de Fabien : -T’es sûr que c’est pas toi qui marques chez lui ? Fabien serre mon épaule plus fort, me regarde avec un sourire en coin. -Disons que je marque là où je veux, et lui il est content.
Je suis rouge tomate, incapable de répondre. Ils hurlent de rire, me tapent dans le dos comme si j’étais des leurs.
Le soir, je rentre seul à la ferme, la tête en vrac. Il fait nuit noire quand j’entends la porte d’entrée grincer. Fabien entre sans frapper, referme derrière lui, pose son sac de sport par terre. Il est encore en tenue de foot, maillot trempé de sueur, short taché d’herbe. Il me regarde, un sourire lent, presque dangereux.
-T’as cru que j’allais te laisser seul après avoir raconté à tout le village que t’étais ma supportrice préférée ? Il s’approche, lentement. Ce soir, j’ai envie de marquer encore un but… mais cette fois, à domicile.
Fabien entre, pose son sac, renifle l’air comme un chien de chasse.
-Putain, j’ai la dalle. T’as prévu quoi ? Je désigne la poêle où je viens de jeter des steaks hachés et des oignons. Il fait la grimace, éclate de rire. -Ta bouffe, Parisien, c’est pas encore le top du top… Allez, pousse-toi, je t’aide, sinon on va bouffer du charbon.
Il se glisse derrière moi, torse contre mon dos, bras autour de ma taille, mains sur les miennes pour retourner la viande. « Plus doucement… comme ça… » Sa barbe gratte ma nuque, sa voix basse dans mon oreille. Il appuie son bassin contre mes fesses à chaque mouvement, comme si c’était normal. Je rougis, évidemment. Il le sent, rigole contre mon cou.
Pendant que la sauce mijote, il me lâche enfin, s’étire.
-Dis, ça te dérange si je prends un bain ? J’empeste le terrain et la sueur. J’te promets, je serai sage… enfin presque. Il me fait un clin d’œil et disparaît dans la salle de bains.
Vingt minutes plus tard, tout est prêt. Je monte doucement. La porte est entrouverte. Je pousse, juste un peu. Il est allongé dans la vieille baignoire sabot, l’eau fumante jusqu’au torse, yeux fermés, bras posés sur les bords. L’eau est trouble de savon, mais je vois quand même : ses pecs poilus qui brillent, ses abdos qui se contractent quand il respire, sa queue à moitié dure qui flotte entre ses cuisses. Il est magnifique. Je reste là, figé, à le regarder dormir, la bouche ouverte comme un idiot. Il ouvre un œil, me surprend, sourit lentement.
-T’en as assez vu ou tu veux prendre une photo ? Je bafouille, il rit, se redresse, l’eau coule sur son torse.
-Allez, viens manger avant que ça refroidisse.
On mange à table, il me charrie sur la sauce (« presque bonne cette fois »), puis on s’installe sur le canapé pour un film. Pour la première fois, il ne s’étale pas comme d’habitude. Il m’attire directement contre lui, mon dos contre son torse, son bras autour de ma taille, sa main posée sur mon ventre. Il sent le savon et la chaleur. Je n’ose plus bouger.
Le film passe, je ne le regarde même pas. Il est plus de minuit quand il murmure contre ma tempe :
-On va se coucher, Parisien… j’ai encore envie de marquer un but cette nuit.
Il se lève, me prend la main, m’entraîne vers l’escalier sans me lâcher.
On monte. Fabien pousse la porte de la chambre, allume juste la petite lampe de chevet. Sans un mot, il retire son t-shirt, son short, son caleçon. Complètement nu, comme si c’était chez lui depuis toujours. Il grimpe dans le lit, s’allonge au milieu, bras derrière la tête, queue à moitié dure posée sur sa cuisse, et me regarde.
Je reste planté là en boxer, hésitant. Il fait « tss-tss » avec la langue, secoue lentement la tête, un sourire en coin. Puis il tapote le matelas à côté de lui, deux petits coups secs.
Je rougis jusqu’aux oreilles, baisse mon boxer, le jette par terre, et me glisse dans le lit en vitesse, mains devant mon sexe pour cacher ma demi-érection. Il éclate d’un rire grave, tendre. -T’es con, viens là.
Je m’allonge à côté de lui, tire la couette jusqu’au menton. Il attend deux secondes, puis tire doucement la couette vers le bas, juste assez pour que je sois découvert jusqu’à la taille. Je le regarde, timide, la gorge nouée.
-Fabien… je… je comprends pas. T’es hétéro, non ?
Il se tourne vers moi, se cale sur un coude, me regarde droit dans les yeux. Sa main vient se poser sur mon ventre, caresse lentement, presque doucement.
-J’suis pas pédé, Mathieu. J’aime les meufs, j’aime les nichons, j’aime les chattes. Mais j’aime aussi les belles choses. Et toi… t’es une putain de belle chose. T’as la peau douce comme une fille, t’es tout fin, tu trembles quand je te touche, tu gémis comme personne… Ça me fait bander, c’est tout. Ça veut pas dire que je vais me marier avec un mec demain. Ça veut juste dire que, toi, t’es une exception. Et que ce soir, j’ai envie de cette exception.
Il se penche, dépose un baiser léger sur mon épaule, puis un autre dans mon cou.
-Alors arrête de réfléchir, Parisien. Viens là.
Il écarte mon bras qui cache encore mon sexe, le pose doucement sur le drap, et m’attire contre lui, peau contre peau, torse contre torse, sa queue dure contre mon ventre, la mienne contre la sienne.
Je suis nu contre lui, la couette glissée jusqu’aux hanches, nos jambes entremêlées. Fabien me regarde, ses yeux bleus presque noirs dans la pénombre. Sa main glisse lentement sur mon ventre, descend jusqu’au creux de ma hanche, effleure l’intérieur de ma cuisse. Je tremble, la respiration courte.
Il se penche, dépose un premier baiser juste sous mon oreille, chaud, humide. Puis un deuxième, plus bas, dans le creux de mon cou. Sa barbe râpe délicieusement ma peau. Sa main remonte, frôle ma queue déjà dure, sans la saisir, juste un contact léger qui me fait sursauter.
-T’es tellement réactif… murmure-t-il contre ma gorge, avant de mordiller doucement la peau.
Je gémis, un son rauque, incontrôlable. Il sourit contre moi, sa langue suit la ligne de ma clavicule, redescend, effleure un téton déjà durci. Il le prend entre ses lèvres, le suce lentement, le fait rouler sous sa langue. Je cambre le dos, les doigts crispés dans les draps.
Sa main descend encore, cette fois elle enveloppe ma queue, serrée juste comme il faut, un va-et-vient lent, presque cruel.
-Putain, t’es beau quand tu te laisses aller comme ça… souffle-t-il, avant de remonter m’embrasser dans le cou, plus fort, presque une morsure.
Je suis au bord de l’explosion, les hanches qui bougent toutes seules contre sa paume, quand…
Vrrr. Vrrr. Le téléphone vibre brutalement sur la table de nuit, l’écran s’allume, lumière crue.
Je me fige. Fabien relève la tête, le souffle encore court, la main toujours autour de moi.
-Laisse… grogne-t-il, mais le téléphone insiste.
Je tends la main, tremblant, attrape l’appareil. Le nom : Bertrand.
Je déverrouille. Deux messages.
Fabien lit par-dessus mon épaule. Il voit le prénom, lit les mots « je t’aime encore », « j’arrive demain matin ». Sa main se fige autour de moi. Il reste, deux secondes, immobile.
Puis il reprend doucement son mouvement, comme si de rien n’était, sa bouche revient mordiller mon épaule.
-Laisse tomber… viens là… murmure-t-il contre ma peau.
Mais je ne peux plus. Le désir s’éteint d’un coup. Je me raidis, les larmes me montent déjà.
-Fabien… je… j’y arrive plus…
Il s’arrête net. Il voit la larme qui coule sur ma tempe. Il retire sa main, lentement, se redresse sur un coude. Son regard change : plus de jeu, plus de chaleur brute, juste une douceur que je ne lui connaissais pas.
-OK… dit-il doucement. Il se lève, ramasse son short par terre, commence à l’enfiler.
Je panique. Je lui attrape le bras, les doigts crispés.
-Non… reste. S’il te plaît.
Il me regarde une seconde, hésite, puis laisse tomber le short. Il se rallonge, s’adosse à la tête de lit, ouvre grand les bras.
-Viens.
Je me jette contre lui. Je pose ma tête sur son torse, une main posée à plat sur ses poils, l’autre agrippée à son flanc. Il referme ses bras autour de moi, fort. Sa grande main se pose au milieu de mon dos, descend lentement, caresse en grands cercles, passe sur mes reins, effleure mes fesses, revient, encore et encore, régulier, rassurant.
-Je bouge pas, Parisien. Je suis là.
Je pleure en silence contre sa peau, quelques larmes chaudes qui coulent sur ses poils. Il ne dit plus rien. Il me serre, me berce presque, sa main qui continue de descendre jusqu’à mes fesses, de remonter, de redescendre, comme une couverture vivante.
Je finis par fermer les yeux, le visage enfoui dans son torse, son cœur qui bat sous mon oreille, sa main qui ne s’arrête jamais de me caresser.
Le jour filtre à peine entre les volets quand j’ouvre les yeux. Je suis nu, blotti contre Fabien qui est déjà réveillé. Lui aussi complètement nu, son torse chaud sous ma joue, son bras lourd autour de ma taille. Il me regarde dormir depuis un moment, je le sens. Sa main glisse doucement dans mon dos, effleure mes reins, remonte jusqu’à ma nuque. Je me raidis d’un coup. Tout me revient : les messages, Bertrand qui arrive ce matin, la nuit dans ses bras. Je fais mine de me lever en catastrophe.
Fabien resserre son étreinte, me plaque doucement contre lui.
-Hé… doucement, Parisien. Reste là. T’as pas à te sauver. Il caresse ma joue du bout des doigts, effleure ma lèvre. -Prends ton temps. Respire.
Je reste figé, le cœur qui cogne. Il dépose un baiser léger sur mon front, se lève sans prendre la peine de se couvrir. Sa silhouette massive, nue, traverse la chambre. Sa queue balance doucement quand il marche, déjà à moitié dure du matin.
-Bouge pas, m’ordonne-t-il avec un sourire. Je vais faire le café.
Il descend. Je l’entends farfouiller en bas, complètement à poil, comme si c’était normal. Cinq minutes plus tard il remonte, deux tasses fumantes à la main, toujours nu, sa queue qui se balançant à chaque pas. Il me tend une tasse, grimpe dans le lit à côté de moi, s’assoit en tailleur sans aucune gêne.
Je rougis violemment : sa bite est littéralement à vingt centimètres de mon visage, épaisse, lourde, posée sur ses couilles.
Il voit ma couleur, éclate d’un rire tendre. Pour détendre l’atmosphère, il attrape sa queue d’une main, la soulève un peu, la secoue doucement devant moi.
-T’inquiète, ma belle, t’as pas marqué de but hier soir… mais y aura une prochaine fois. Il parle à sa propre bite d’une voix grave et sérieuse, comme s’il consolait une joueuse déçue.
Je reste bouche bée deux secondes… puis j’éclate de rire, un vrai rire nerveux, libérateur. Il sourit, content de lui-même, pose la tasse sur la table de nuit et passe une main dans mes cheveux.
-Voilà. C’est mieux quand tu ris. Aujourd’hui je gère les chèvres tout seul. Toi tu restes là, tu bois ton café, tu prends une douche, tu respires. Quand ton ex sera là, tu seras prêt. Et si t’as besoin de moi… je suis à cinquante mètres.
Il se penche, dépose un baiser rapide sur mes lèvres, cette fois sans détour, puis se lève, toujours nu, et sort de la chambre en sifflotant.
Je reste au lit, la tasse chaude entre les mains, le goût de son baiser sur la bouche, et pour la première fois depuis hier soir, je me sens un peu moins seul face à ce qui m’attend.
Le bruit du gravier me fait bondir du lit. Je suis encore nu, le cœur qui explose. J’enfile un jogging froissé, un t-shirt, descends pieds nus en courant. Fabien, réveillé lui aussi, enfile son jean en vitesse, reste torse nu. Il attrape ses bottes et sa chemise à la main, me suit sans un mot.
Je pousse la porte d’entrée, sors sur le perron. Bertrand est déjà là, au milieu de la cour, bouquet de roses blanches à la main. Il est exactement comme avant : grand, mince, élégant même après une nuit de route, costume anthracite froissé, chemise ouverte sur un torse lisse et musclé juste assez, cheveux noirs en bataille mais toujours parfaits, yeux verts rougis. Beau. Vraiment beau. Mais quand il me voit, pieds nus, cheveux en vrac, yeux encore gonflés de larmes, il pâlit.
Au même moment, Fabien sort derrière moi. Torse nu, pieds nus lui aussi, jean bas sur les hanches, bottes et chemise à la main. Il a l’air de partir travailler, comme tous les matins. Sauf qu’il est là, juste derrière moi, immense, poilu, muscles luisants de la nuit, la trace encore brillante de mes larmes sur son torse.
Bertrand voit tout en une seconde :
• Fabien torse nu, pieds nus, qui sort de la maison comme s’il y vivait.
• Moi, même allure, même lit froissé.
• La trace de larmes sur le torse de Fabien.
• La façon dont Fabien pose une main calme mais possessive sur mon épaule, juste un instant, avant de retirer ses doigts.
Bertrand serre le bouquet si fort que les tiges craquent. Ses yeux passent de Fabien à moi, de moi à Fabien. Je vois la jalousie lui brûler les joues, la mâchoire crispée, les narines dilatées. Il ouvre la bouche, prêt à exploser. Mais il croise le regard de Fabien : calme, tranquille, presque amusé, et surtout… très, très sûr de sa force. Bertrand ravale tout. Il n’ose rien dire. Pas un mot. Il baisse les yeux.
Fabien, lui, ne fait aucun commentaire. Il enfile une botte, puis l’autre, lentement. Il passe sa chemise ouverte sur ses épaules sans la boutonner, attrape sa ceinture. Il me jette un dernier regard (long, profond, silencieux), puis se penche juste assez pour murmurer à mon oreille, assez bas pour que Bertrand n’entende pas :
-Je suis à la bergerie si t’as besoin. Prends ton temps.
Il descend les marches du perron, passe à côté de Bertrand sans même le regarder, comme s’il n’existait pas, et s’éloigne vers les chèvres, torse toujours nu sous la chemise ouverte, pieds dans la poussière.
Bertrand reste planté là, bouquet tremblant, les yeux fixés sur moi.
Je n’arrive pas à parler. Je fais juste un pas de côté, la gorge nouée.
-Entre… je… je vais faire du café.
Bertrand franchit le seuil, pose le bouquet sur la table de la cuisine comme s’il marquait son territoire. Je remplis la cafetière, les mains qui tremblent. Il reste debout, adossé au chambranle, les yeux rivés sur la fenêtre. Fabien s’éloigne vers la bergerie, torse nu, chemise ouverte qui claque au vent, démarche lente et puissante. Bertrand suit chaque pas, la mâchoire crispée.
Il finit par lâcher, d’une voix faussement détachée :
C’est qui, ce mec ?
Je ne réponds pas tout de suite. Le café coule. Il insiste, plus sec :
Il sort d’ici à moitié à poil, Mathieu. Il a dormi là ? Dis-moi que c’est juste le gars qui t’aide à la ferme.
Je tourne la tasse entre mes doigts.
Il s’appelle Fabien. Il m’aide, oui.
Bertrand ricane, un rire amer.
Il t’aide… OK. Et il dort où, quand il t’aide ? Parce que j’ai vu la trace sur son torse. C’est toi qui pleurais sur lui cette nuit ?
Je rougis violemment. Il avance d’un pas, pose les mains à plat sur la table, se penche vers moi.
-Tu me fais une scène pendant des mois parce que j’ai fauté une fois, une seule fois, et toi, à peine un an après, tu te fais déjà baiser par le premier plouc du coin ? Sa voix monte, mais il se reprend aussitôt, passe en mode douceâtre, le ton qu’il prenait quand il voulait me manipuler. -Je comprends, tu sais… tu étais seul, tu avais besoin de réconfort. Ce genre de mec, ça sait y faire avec les mains, c’est tout. Ce n’est pas de l’amour, c’est juste du sexe facile. Moi je suis revenu pour toi, pour nous, pour réparer. Lui, il te jettera quand il en aura marre.
Chaque mot est une aiguille. Je sens la colère et la culpabilité se mélanger, comme avant. Je baisse les yeux. Il le voit. Il sait qu’il a repris la main.
Il contourne la table, doucement, pose une main sur ma nuque, exactement comme il faisait quand il voulait que je lui pardonne.
Regarde-moi, mon cœur…
Je lève les yeux. Il est là, tout près, les yeux vert brillant, le parfum familier, la voix chaude.
-Je t’aime toujours. Je n’ai jamais cessé. On peut tout effacer.
Et comme un automate, comme avant, je me penche. Je l’embrasse. Un baiser bref, désespéré, coupable. Ses lèvres ont le même goût, la même douceur calculée. Pendant deux secondes je suis de retour à Paris, dans ses bras, avant tout ça.
Mais deux secondes seulement.
Je recule d’un pas, le cœur au bord des lèvres. Bertrand sourit, victorieux. Je regarde par la fenêtre : Fabien est déjà loin, presque disparu derrière la bergerie.
Et je réalise, brutalement, que je viens peut-être de tout gâcher.
Fin du chapitre 3.
Je reste là, tremblant, le boxer trempé, le cœur au bord des lèvres, sa bouche encore chaude sur ma peau. Et pour la première fois de la nuit, je ferme les yeux. Cette fois, je crois que je vais réussir à dormir.
Le matin, je me réveille encore prisonnier de ses bras. Fabien est toujours collé à moi, sa toison contre mon dos, sa main posée sur mon ventre. Il bouge doucement, caresse mon flanc, effleure un téton comme si c’était la suite de la nuit. Je frissonne. Il ouvre un œil, sourit en coin, me serre une dernière fois contre lui et murmure d’une voix rauque :
-Bien dormi, Parisien ?
Puis il se lève, complètement à l’aise avec son érection matinale qui pointe fièrement. Il enfile juste son short sans rien dessous (la bosse est évidente) et descend faire le café en sifflotant.
Je le rejoins cinq minutes plus tard, encore groggy, le boxer toujours collant de la veille. Je tente, maladroit : -Fabien… hier soir… pourquoi tu… ? Il se retourne, tasse à la main, sourire carnassier. « Pourquoi j’ai fait jouir mon petit Parisien rien qu’en lui pinçant les tétons ? Parce que t’étais trop mignon à gémir comme ça, voilà tout. » Je deviens écarlate. Il éclate de rire, me tape les fesses en passant. -Allez, bois ton café, t’as la tronche d’un mec qui a été bien démonté. Et il change de sujet comme si de rien n’était.
Les jours suivants, c’est pareil : il me touche plus que jamais, me charrie, me fait rougir dix fois par jour, mais dès que j’essaie d’aborder la nuit, il détourne avec une blague ou une main baladeuse qui me coupe le souffle. Je n’ai jamais de réponse.
Un dimanche après-midi, il joue un match avec ses potes du village. Il m’envoie un message : « Viens me voir jouer, j’ai besoin de ma supportrice numéro 1. » Je râle pour la forme, mais j’y vais.
Il marque deux buts, bien sûr. À la fin, il est en sueur, maillot collé au torse, short qui moule tout. Il passe son bras autour de mes épaules devant toute l’équipe et lance, assez fort pour que tout le monde entende : -Les gars, je vous présente Mathieu, ma supportrice perso. Il est venu m’encourager… et croyez-moi, il sait très bien encourager, hein ? Il pousse des petits cris adorables quand je marque. Rires gras autour de nous. Un pote tape dans le dos de Fabien : -T’es sûr que c’est pas toi qui marques chez lui ? Fabien serre mon épaule plus fort, me regarde avec un sourire en coin. -Disons que je marque là où je veux, et lui il est content.
Je suis rouge tomate, incapable de répondre. Ils hurlent de rire, me tapent dans le dos comme si j’étais des leurs.
Le soir, je rentre seul à la ferme, la tête en vrac. Il fait nuit noire quand j’entends la porte d’entrée grincer. Fabien entre sans frapper, referme derrière lui, pose son sac de sport par terre. Il est encore en tenue de foot, maillot trempé de sueur, short taché d’herbe. Il me regarde, un sourire lent, presque dangereux.
-T’as cru que j’allais te laisser seul après avoir raconté à tout le village que t’étais ma supportrice préférée ? Il s’approche, lentement. Ce soir, j’ai envie de marquer encore un but… mais cette fois, à domicile.
Fabien entre, pose son sac, renifle l’air comme un chien de chasse.
-Putain, j’ai la dalle. T’as prévu quoi ? Je désigne la poêle où je viens de jeter des steaks hachés et des oignons. Il fait la grimace, éclate de rire. -Ta bouffe, Parisien, c’est pas encore le top du top… Allez, pousse-toi, je t’aide, sinon on va bouffer du charbon.
Il se glisse derrière moi, torse contre mon dos, bras autour de ma taille, mains sur les miennes pour retourner la viande. « Plus doucement… comme ça… » Sa barbe gratte ma nuque, sa voix basse dans mon oreille. Il appuie son bassin contre mes fesses à chaque mouvement, comme si c’était normal. Je rougis, évidemment. Il le sent, rigole contre mon cou.
Pendant que la sauce mijote, il me lâche enfin, s’étire.
-Dis, ça te dérange si je prends un bain ? J’empeste le terrain et la sueur. J’te promets, je serai sage… enfin presque. Il me fait un clin d’œil et disparaît dans la salle de bains.
Vingt minutes plus tard, tout est prêt. Je monte doucement. La porte est entrouverte. Je pousse, juste un peu. Il est allongé dans la vieille baignoire sabot, l’eau fumante jusqu’au torse, yeux fermés, bras posés sur les bords. L’eau est trouble de savon, mais je vois quand même : ses pecs poilus qui brillent, ses abdos qui se contractent quand il respire, sa queue à moitié dure qui flotte entre ses cuisses. Il est magnifique. Je reste là, figé, à le regarder dormir, la bouche ouverte comme un idiot. Il ouvre un œil, me surprend, sourit lentement.
-T’en as assez vu ou tu veux prendre une photo ? Je bafouille, il rit, se redresse, l’eau coule sur son torse.
-Allez, viens manger avant que ça refroidisse.
On mange à table, il me charrie sur la sauce (« presque bonne cette fois »), puis on s’installe sur le canapé pour un film. Pour la première fois, il ne s’étale pas comme d’habitude. Il m’attire directement contre lui, mon dos contre son torse, son bras autour de ma taille, sa main posée sur mon ventre. Il sent le savon et la chaleur. Je n’ose plus bouger.
Le film passe, je ne le regarde même pas. Il est plus de minuit quand il murmure contre ma tempe :
-On va se coucher, Parisien… j’ai encore envie de marquer un but cette nuit.
Il se lève, me prend la main, m’entraîne vers l’escalier sans me lâcher.
On monte. Fabien pousse la porte de la chambre, allume juste la petite lampe de chevet. Sans un mot, il retire son t-shirt, son short, son caleçon. Complètement nu, comme si c’était chez lui depuis toujours. Il grimpe dans le lit, s’allonge au milieu, bras derrière la tête, queue à moitié dure posée sur sa cuisse, et me regarde.
Je reste planté là en boxer, hésitant. Il fait « tss-tss » avec la langue, secoue lentement la tête, un sourire en coin. Puis il tapote le matelas à côté de lui, deux petits coups secs.
Je rougis jusqu’aux oreilles, baisse mon boxer, le jette par terre, et me glisse dans le lit en vitesse, mains devant mon sexe pour cacher ma demi-érection. Il éclate d’un rire grave, tendre. -T’es con, viens là.
Je m’allonge à côté de lui, tire la couette jusqu’au menton. Il attend deux secondes, puis tire doucement la couette vers le bas, juste assez pour que je sois découvert jusqu’à la taille. Je le regarde, timide, la gorge nouée.
-Fabien… je… je comprends pas. T’es hétéro, non ?
Il se tourne vers moi, se cale sur un coude, me regarde droit dans les yeux. Sa main vient se poser sur mon ventre, caresse lentement, presque doucement.
-J’suis pas pédé, Mathieu. J’aime les meufs, j’aime les nichons, j’aime les chattes. Mais j’aime aussi les belles choses. Et toi… t’es une putain de belle chose. T’as la peau douce comme une fille, t’es tout fin, tu trembles quand je te touche, tu gémis comme personne… Ça me fait bander, c’est tout. Ça veut pas dire que je vais me marier avec un mec demain. Ça veut juste dire que, toi, t’es une exception. Et que ce soir, j’ai envie de cette exception.
Il se penche, dépose un baiser léger sur mon épaule, puis un autre dans mon cou.
-Alors arrête de réfléchir, Parisien. Viens là.
Il écarte mon bras qui cache encore mon sexe, le pose doucement sur le drap, et m’attire contre lui, peau contre peau, torse contre torse, sa queue dure contre mon ventre, la mienne contre la sienne.
Je suis nu contre lui, la couette glissée jusqu’aux hanches, nos jambes entremêlées. Fabien me regarde, ses yeux bleus presque noirs dans la pénombre. Sa main glisse lentement sur mon ventre, descend jusqu’au creux de ma hanche, effleure l’intérieur de ma cuisse. Je tremble, la respiration courte.
Il se penche, dépose un premier baiser juste sous mon oreille, chaud, humide. Puis un deuxième, plus bas, dans le creux de mon cou. Sa barbe râpe délicieusement ma peau. Sa main remonte, frôle ma queue déjà dure, sans la saisir, juste un contact léger qui me fait sursauter.
-T’es tellement réactif… murmure-t-il contre ma gorge, avant de mordiller doucement la peau.
Je gémis, un son rauque, incontrôlable. Il sourit contre moi, sa langue suit la ligne de ma clavicule, redescend, effleure un téton déjà durci. Il le prend entre ses lèvres, le suce lentement, le fait rouler sous sa langue. Je cambre le dos, les doigts crispés dans les draps.
Sa main descend encore, cette fois elle enveloppe ma queue, serrée juste comme il faut, un va-et-vient lent, presque cruel.
-Putain, t’es beau quand tu te laisses aller comme ça… souffle-t-il, avant de remonter m’embrasser dans le cou, plus fort, presque une morsure.
Je suis au bord de l’explosion, les hanches qui bougent toutes seules contre sa paume, quand…
Vrrr. Vrrr. Le téléphone vibre brutalement sur la table de nuit, l’écran s’allume, lumière crue.
Je me fige. Fabien relève la tête, le souffle encore court, la main toujours autour de moi.
-Laisse… grogne-t-il, mais le téléphone insiste.
Je tends la main, tremblant, attrape l’appareil. Le nom : Bertrand.
Je déverrouille. Deux messages.
Fabien lit par-dessus mon épaule. Il voit le prénom, lit les mots « je t’aime encore », « j’arrive demain matin ». Sa main se fige autour de moi. Il reste, deux secondes, immobile.
Puis il reprend doucement son mouvement, comme si de rien n’était, sa bouche revient mordiller mon épaule.
-Laisse tomber… viens là… murmure-t-il contre ma peau.
Mais je ne peux plus. Le désir s’éteint d’un coup. Je me raidis, les larmes me montent déjà.
-Fabien… je… j’y arrive plus…
Il s’arrête net. Il voit la larme qui coule sur ma tempe. Il retire sa main, lentement, se redresse sur un coude. Son regard change : plus de jeu, plus de chaleur brute, juste une douceur que je ne lui connaissais pas.
-OK… dit-il doucement. Il se lève, ramasse son short par terre, commence à l’enfiler.
Je panique. Je lui attrape le bras, les doigts crispés.
-Non… reste. S’il te plaît.
Il me regarde une seconde, hésite, puis laisse tomber le short. Il se rallonge, s’adosse à la tête de lit, ouvre grand les bras.
-Viens.
Je me jette contre lui. Je pose ma tête sur son torse, une main posée à plat sur ses poils, l’autre agrippée à son flanc. Il referme ses bras autour de moi, fort. Sa grande main se pose au milieu de mon dos, descend lentement, caresse en grands cercles, passe sur mes reins, effleure mes fesses, revient, encore et encore, régulier, rassurant.
-Je bouge pas, Parisien. Je suis là.
Je pleure en silence contre sa peau, quelques larmes chaudes qui coulent sur ses poils. Il ne dit plus rien. Il me serre, me berce presque, sa main qui continue de descendre jusqu’à mes fesses, de remonter, de redescendre, comme une couverture vivante.
Je finis par fermer les yeux, le visage enfoui dans son torse, son cœur qui bat sous mon oreille, sa main qui ne s’arrête jamais de me caresser.
Le jour filtre à peine entre les volets quand j’ouvre les yeux. Je suis nu, blotti contre Fabien qui est déjà réveillé. Lui aussi complètement nu, son torse chaud sous ma joue, son bras lourd autour de ma taille. Il me regarde dormir depuis un moment, je le sens. Sa main glisse doucement dans mon dos, effleure mes reins, remonte jusqu’à ma nuque. Je me raidis d’un coup. Tout me revient : les messages, Bertrand qui arrive ce matin, la nuit dans ses bras. Je fais mine de me lever en catastrophe.
Fabien resserre son étreinte, me plaque doucement contre lui.
-Hé… doucement, Parisien. Reste là. T’as pas à te sauver. Il caresse ma joue du bout des doigts, effleure ma lèvre. -Prends ton temps. Respire.
Je reste figé, le cœur qui cogne. Il dépose un baiser léger sur mon front, se lève sans prendre la peine de se couvrir. Sa silhouette massive, nue, traverse la chambre. Sa queue balance doucement quand il marche, déjà à moitié dure du matin.
-Bouge pas, m’ordonne-t-il avec un sourire. Je vais faire le café.
Il descend. Je l’entends farfouiller en bas, complètement à poil, comme si c’était normal. Cinq minutes plus tard il remonte, deux tasses fumantes à la main, toujours nu, sa queue qui se balançant à chaque pas. Il me tend une tasse, grimpe dans le lit à côté de moi, s’assoit en tailleur sans aucune gêne.
Je rougis violemment : sa bite est littéralement à vingt centimètres de mon visage, épaisse, lourde, posée sur ses couilles.
Il voit ma couleur, éclate d’un rire tendre. Pour détendre l’atmosphère, il attrape sa queue d’une main, la soulève un peu, la secoue doucement devant moi.
-T’inquiète, ma belle, t’as pas marqué de but hier soir… mais y aura une prochaine fois. Il parle à sa propre bite d’une voix grave et sérieuse, comme s’il consolait une joueuse déçue.
Je reste bouche bée deux secondes… puis j’éclate de rire, un vrai rire nerveux, libérateur. Il sourit, content de lui-même, pose la tasse sur la table de nuit et passe une main dans mes cheveux.
-Voilà. C’est mieux quand tu ris. Aujourd’hui je gère les chèvres tout seul. Toi tu restes là, tu bois ton café, tu prends une douche, tu respires. Quand ton ex sera là, tu seras prêt. Et si t’as besoin de moi… je suis à cinquante mètres.
Il se penche, dépose un baiser rapide sur mes lèvres, cette fois sans détour, puis se lève, toujours nu, et sort de la chambre en sifflotant.
Je reste au lit, la tasse chaude entre les mains, le goût de son baiser sur la bouche, et pour la première fois depuis hier soir, je me sens un peu moins seul face à ce qui m’attend.
Le bruit du gravier me fait bondir du lit. Je suis encore nu, le cœur qui explose. J’enfile un jogging froissé, un t-shirt, descends pieds nus en courant. Fabien, réveillé lui aussi, enfile son jean en vitesse, reste torse nu. Il attrape ses bottes et sa chemise à la main, me suit sans un mot.
Je pousse la porte d’entrée, sors sur le perron. Bertrand est déjà là, au milieu de la cour, bouquet de roses blanches à la main. Il est exactement comme avant : grand, mince, élégant même après une nuit de route, costume anthracite froissé, chemise ouverte sur un torse lisse et musclé juste assez, cheveux noirs en bataille mais toujours parfaits, yeux verts rougis. Beau. Vraiment beau. Mais quand il me voit, pieds nus, cheveux en vrac, yeux encore gonflés de larmes, il pâlit.
Au même moment, Fabien sort derrière moi. Torse nu, pieds nus lui aussi, jean bas sur les hanches, bottes et chemise à la main. Il a l’air de partir travailler, comme tous les matins. Sauf qu’il est là, juste derrière moi, immense, poilu, muscles luisants de la nuit, la trace encore brillante de mes larmes sur son torse.
Bertrand voit tout en une seconde :
• Fabien torse nu, pieds nus, qui sort de la maison comme s’il y vivait.
• Moi, même allure, même lit froissé.
• La trace de larmes sur le torse de Fabien.
• La façon dont Fabien pose une main calme mais possessive sur mon épaule, juste un instant, avant de retirer ses doigts.
Bertrand serre le bouquet si fort que les tiges craquent. Ses yeux passent de Fabien à moi, de moi à Fabien. Je vois la jalousie lui brûler les joues, la mâchoire crispée, les narines dilatées. Il ouvre la bouche, prêt à exploser. Mais il croise le regard de Fabien : calme, tranquille, presque amusé, et surtout… très, très sûr de sa force. Bertrand ravale tout. Il n’ose rien dire. Pas un mot. Il baisse les yeux.
Fabien, lui, ne fait aucun commentaire. Il enfile une botte, puis l’autre, lentement. Il passe sa chemise ouverte sur ses épaules sans la boutonner, attrape sa ceinture. Il me jette un dernier regard (long, profond, silencieux), puis se penche juste assez pour murmurer à mon oreille, assez bas pour que Bertrand n’entende pas :
-Je suis à la bergerie si t’as besoin. Prends ton temps.
Il descend les marches du perron, passe à côté de Bertrand sans même le regarder, comme s’il n’existait pas, et s’éloigne vers les chèvres, torse toujours nu sous la chemise ouverte, pieds dans la poussière.
Bertrand reste planté là, bouquet tremblant, les yeux fixés sur moi.
Je n’arrive pas à parler. Je fais juste un pas de côté, la gorge nouée.
-Entre… je… je vais faire du café.
Bertrand franchit le seuil, pose le bouquet sur la table de la cuisine comme s’il marquait son territoire. Je remplis la cafetière, les mains qui tremblent. Il reste debout, adossé au chambranle, les yeux rivés sur la fenêtre. Fabien s’éloigne vers la bergerie, torse nu, chemise ouverte qui claque au vent, démarche lente et puissante. Bertrand suit chaque pas, la mâchoire crispée.
Il finit par lâcher, d’une voix faussement détachée :
C’est qui, ce mec ?
Je ne réponds pas tout de suite. Le café coule. Il insiste, plus sec :
Il sort d’ici à moitié à poil, Mathieu. Il a dormi là ? Dis-moi que c’est juste le gars qui t’aide à la ferme.
Je tourne la tasse entre mes doigts.
Il s’appelle Fabien. Il m’aide, oui.
Bertrand ricane, un rire amer.
Il t’aide… OK. Et il dort où, quand il t’aide ? Parce que j’ai vu la trace sur son torse. C’est toi qui pleurais sur lui cette nuit ?
Je rougis violemment. Il avance d’un pas, pose les mains à plat sur la table, se penche vers moi.
-Tu me fais une scène pendant des mois parce que j’ai fauté une fois, une seule fois, et toi, à peine un an après, tu te fais déjà baiser par le premier plouc du coin ? Sa voix monte, mais il se reprend aussitôt, passe en mode douceâtre, le ton qu’il prenait quand il voulait me manipuler. -Je comprends, tu sais… tu étais seul, tu avais besoin de réconfort. Ce genre de mec, ça sait y faire avec les mains, c’est tout. Ce n’est pas de l’amour, c’est juste du sexe facile. Moi je suis revenu pour toi, pour nous, pour réparer. Lui, il te jettera quand il en aura marre.
Chaque mot est une aiguille. Je sens la colère et la culpabilité se mélanger, comme avant. Je baisse les yeux. Il le voit. Il sait qu’il a repris la main.
Il contourne la table, doucement, pose une main sur ma nuque, exactement comme il faisait quand il voulait que je lui pardonne.
Regarde-moi, mon cœur…
Je lève les yeux. Il est là, tout près, les yeux vert brillant, le parfum familier, la voix chaude.
-Je t’aime toujours. Je n’ai jamais cessé. On peut tout effacer.
Et comme un automate, comme avant, je me penche. Je l’embrasse. Un baiser bref, désespéré, coupable. Ses lèvres ont le même goût, la même douceur calculée. Pendant deux secondes je suis de retour à Paris, dans ses bras, avant tout ça.
Mais deux secondes seulement.
Je recule d’un pas, le cœur au bord des lèvres. Bertrand sourit, victorieux. Je regarde par la fenêtre : Fabien est déjà loin, presque disparu derrière la bergerie.
Et je réalise, brutalement, que je viens peut-être de tout gâcher.
Fin du chapitre 3.
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1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
j'adore cette histoire, pleine de détails, qui donne envie d'en savoir plus et très bien écrite.
