La chaleur d'une main (2)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 104 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Tounet39270 ont reçu un total de 312 575 visites.
Cette histoire de sexe a été affichée 507 fois depuis sa publication.
Couleur du fond :
La chaleur d'une main (2)
Chapitre 2
Je me réveille doucement, la lumière grise de l’aube glisse sur le parquet. Lucas est collé à moi, torse contre dos, sa jambe passée entre les miennes, sa queue à demi-dure nichée contre mes fesses comme si elle n’avait jamais voulu en sortir. Son bras droit est glissé sous mon cou, sa main ouverte sur mon pec ; l’autre repose sur ma hanche, possessive même dans le sommeil.
Je remue un peu. Il grogne, resserre aussitôt son étreinte, et sa main descend toute seule, effleure mon ventre, trouve ma queue déjà dure et la prend en coupe, chaude, ferme.
-Putain… t’es déjà dur à ce point-là ? souffle-t-il contre ma nuque, la voix rauque et encore pleine de sommeil. Il mordille ma peau, juste assez pour me faire frissonner. -J’ai passé la nuit à bandé contre ton cul, tu sais ça ?
Je me retourne entre ses bras. Nos visages sont à quelques centimètres. Il me regarde, les yeux encore lourds, un sourire paresseux et carnassier aux lèvres. Il m’embrasse aussitôt, lentement, profondément, sa langue qui vient chercher la mienne comme si elle lui manquait depuis des heures. Sa main continue de me caresser, lente, experte, juste assez pour me faire soupirer dans sa bouche.
Il me fait basculer sur le ventre, grimpe sur moi, son corps lourd et chaud qui me recouvre entièrement. Il embrasse ma nuque, descend le long de ma colonne en traçant une ligne de feu avec sa langue. Ses mains écartent mes cuisses avec une douceur autoritaire.
-Cambre-toi… oui, comme ça… montre-moi ce que je veux.
Je me soulève sur les avant-bras, reins creusés, cul offert. Il crache dans sa paume, étale la chaleur sur moi, glisse un doigt, puis deux, lentement, en tournant. Je gémis, la tête dans l’oreiller.
-Toujours aussi serré… ça me rend complètement dingue.
Il retire ses doigts, se place derrière moi, le bout de sa queue déjà trempé qui effleure mon entrée. Il pousse, centimètre par centimètre, jusqu’à être complètement en moi. Je pousse un long râle ; il répond par un soupir tremblant.
-Bordel, Hugo… tu me fais perdre la tête quand je suis en toi.
Il commence à bouger, des coups de reins lents, profonds, chaque fois jusqu’au fond. Le bruit de nos peaux qui claquent doucement remplit la pièce. Il se penche sur moi, son torse poilu contre mon dos, une main autour de ma gorge (pas pour serrer, juste pour sentir mon pouls), l’autre qui descend me branler en rythme parfait.
-Tu sens comme tu me prends bien ? T’es fait pour ça… fait pour moi.
Je halète, incapable de répondre autrement que par des gémissements. Il accélère un peu, juste assez pour que le plaisir monte en flèche.
-Vas-y… jouis autour de ma queue, je veux te sentir te contracter…
Je jouis le premier, en longues vagues brûlantes sur les draps, le corps qui se contracte autour de lui. Il gémit mon prénom, s’enfonce une dernière fois profondément et jouit à son tour, chaud, tremblant, la bouche contre ma nuque.
On reste comme ça de longues minutes, collés, essoufflés. Il me couvre de baisers légers sur l’épaule, le long de la colonne, sur la marque qu’il vient de laisser.
-T’es incroyable… souffle-t-il simplement, la voix encore cassée par l’orgasme.
Les premières semaines, tout est encore supportable. La fatigue, je la connais ; je l’ai toujours gérée avec du café et du sport. Les nausées, je les tiens en respect avec les antiémétiques. Lucas passe presque toutes les nuits, on fait l’amour comme si chaque fois pouvait être la dernière, et le lendemain matin il repart à l’hôpital avec une dernière caresse sur ma joue et un « Tiens bon, je reviens ce soir ».
Mais vers la quatrième semaine de chimio, le corps commence à dire stop.
Ça commence par des vertiges quand je me lève trop vite. Puis des frissons glacés même sous trois couettes. Puis les nausées deviennent des haut-le-cœur qui me plient en deux au-dessus des toilettes à 3 h du matin.
Un soir, je suis tellement faible que je n’arrive même plus à ouvrir le frigo. Je m’assois par terre dans la cuisine, la tête entre les genoux, et je pleure comme un gamin. Je n’ai même pas la force d’appeler Lucas ; je lui envoie juste un message : « Pas bien du tout. »
Il débarque vingt minutes plus tard, encore en blouse, l’air paniqué. Il me trouve assis là, tremblant, livide. Sans un mot il me soulève dans ses bras (je pèse 84 kg, mais il me porte comme si je ne pesais rien), me ramène au lit, me déshabille doucement.
Je suis brûlant de fièvre et glacé en même temps. Il me fait boire de l’eau fraîche à petites gorgées, passe un gant mouillé sur mon front, mon torse, mes bras. Je grelotte. Il se déshabille à son tour, se glisse nu contre moi, me serre contre lui pour me réchauffer de son corps.
-Je reste là. Toute la nuit. J’ai prévenu le service.
Je veux protester, mais je n’ai plus de voix. Il m’embrasse sur la tempe, les paupières, la bouche, doucement.
Les jours suivants sont un brouillard.
Je perds cinq kilos en une semaine. Mes muscles fondent, mes côtes commencent à se voir. Je n’arrive plus à manger ; tout me donne envie de vomir. Je dors seize heures par jour et je suis quand même épuisé.
Lucas dort chez moi tous les soirs maintenant. Il arrive vers 22 h-23 h, mort de fatigue lui aussi, mais il prend le temps : il me fait couler un bain tiède, me lave, me porte jusqu’au lit. Parfois je suis trop faible pour bander ; il me caresse quand même, doucement, juste pour le contact, juste pour me rappeler que mon corps existe encore.
Un matin, je me regarde dans la glace de la salle de bain et je ne me reconnais plus : crâne chauve, joues creusées, yeux enfoncés. Je fonds en larmes. Il entre derrière moi, m’enlace par-derrière, pose son menton sur mon épaule.
-Regarde-moi, dit-il en tournant mon visage vers le sien dans le miroir. -C’est toujours toi. Toujours le mec qui me fait bander rien qu’en respirant.
Il me ramène au lit, m’allonge sur le dos, embrasse chaque os qui dépasse, chaque veine saillante, chaque parcelle de peau abîmée. Il descend lentement, prend mon sexe mou dans sa bouche, le réchauffe, le cajole jusqu’à ce que je durcisse malgré moi, malgré la fatigue. Il me fait jouir doucement, sans précipitation, en me regardant dans les yeux, et avale tout, comme si c’était le seul médicament qui marche vraiment.
Ensuite il remonte, me serre contre lui, sa main posée sur mon cœur qui bat trop vite.
-Je suis là. On va passer au travers.
Mais il y a des nuits où je vomis toutes les heures. Des nuits où je pleure de douleur dans les articulations. Des nuits où je lui dis « Je crois que je vais mourir » et où il me répond simplement « Pas tant que je serai là » en me serrant plus fort.
Un soir, je suis tellement déshydraté que je fais un malaise dans la salle de bain. Il me rattrape avant que je tombe, appelle les urgences, reste avec moi toute la nuit à l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, ma main dans la sienne. Il ne dort pas. Il me regarde juste, les yeux rougis de fatigue, et caresse mes doigts pendant huit heures d’affilée.
Quand on me laisse enfin rentrer, il m’installe sur le canapé, me fait boire des petites gorgées d’eau sucrée, me masse les tempes.
Je murmure, la voix cassée :
-Je suis désolé… je suis plus bon à rien.
Il secoue la tête, se penche, pose ses lèvres sur les miennes, très doucement.
-T’es toujours bon pour moi. Toujours.
Et il me le prouve, encore et encore, même quand je n’ai plus que la peau sur les os : il me fait l’amour avec une tendresse infinie, lentement, en me regardant comme si j’étais la chose la plus précieuse du monde.
On est loin des premières semaines de feu et de désir brut. On est dans autre chose maintenant : une intimité nue, presque douloureuse, où chaque caresse est une déclaration de guerre contre la maladie.
Et je tiens. Parce qu’il est là. Parce qu’il ne me lâche pas.
Les mois passent, lents, lourds, impitoyables.
On est en février maintenant. Huit mois de chimio. Huit mois que je vis entre perfusions, nausées, fièvre et rechutes. J’ai perdu quinze kilos. Mon corps n’est plus qu’une carte en relief : côtes, clavicules, hanches saillantes, peau presque translucide sur les veines. Mes muscles ont fondu comme neige au soleil ; je tiens à peine debout plus de cinq minutes. Je ne sors presque plus. Les rares fois où je vais à l’hôpital, c’est Lucas qui me porte jusqu’à la voiture, qui me soutient dans les couloirs, qui me ramène.
Il a pris un congé partiel. Officiellement, il est « en repos compensateur ». En vrai, il dort chez moi six nuits sur sept. Il fait mes prises de sang à domicile, ajuste lui-même mes traitements anti-douleur, me nourrit à la petite cuillère quand je n’ai plus la force de tenir un bol. Il me lave, me change, me porte aux toilettes quand mes jambes ne répondent plus. Il fait tout ça sans jamais une plainte, sans jamais un soupir d’agacement.
Mais je le vois, lui aussi, se faner.
Il a maigri. Ses yeux sont cernés en permanence. Il dort trois ou quatre heures par nuit, quand il dort. Il oublie de manger. Parfois, au milieu de la nuit, je le surprends assis au bord du lit, la tête dans les mains, à regarder le vide. Quand je lui demande ce qu’il a, il répond toujours la même chose :
-Rien. Rendors-toi.
Un soir de mars, je suis au lit depuis trois jours, incapable de garder quoi que ce soit dans l’estomac. Lucas est rentré à 23 h, trempé par la pluie, les traits tirés. Il s’est assis près de moi, m’a pris la main. Il a ouvert la bouche, l’a refermée, a refermée. Puis il a simplement dit, la voix brisée :
-Le scanner d’hier… la tumeur a un peu diminué, mais il y a une nouvelle lésion au foie. On va devoir changer de protocole. C’est… plus dur.
J’ai hoché la tête. Je n’avais même plus la force d’avoir peur.
Il s’est allongé à côté de moi, tout habillé, m’a pris dans ses bras. On est restés comme ça longtemps. Puis, très bas, il a murmuré :
-J’ai peur, Hugo. Vraiment peur.
C’était la première fois qu’il le disait à voix haute. Je n’ai pas répondu. J’ai juste serré sa main plus fort.
Les semaines suivantes sont un tunnel.
Nouveau protocole : chimio plus agressive, hospitalisation de jour trois fois par semaine. Je perds mes sourcils, mes cils. Je n’ai plus un poil sur le corps. Ma peau est grise. Je ressemble à un fantôme. Il y a des jours où je ne reconnais plus ma voix.
Lucas ne me quitte presque plus. Il dort sur le fauteuil de la chambre d’hôpital quand je suis admis. Il me tient les cheveux imaginaires en arrière quand je vomis. Il me fait rire quand même, parfois, en imitant les internes ou en me racontant les ragots du service.
Et il continue de me toucher. Même quand je me trouve répugnant, il continue de me désirer. Il me caresse doucement le crâne chauve, embrasse mes paupières sans cils, descend sur mon torse osseux, prend mon sexe entre ses lèvres avec la même dévotion qu’au premier jour. Il me fait jouir même quand je n’ai plus rien à donner, juste pour me rappeler que je suis encore un homme, encore vivant, encore désirable.
Un soir d’avril, après une perfusion particulièrement violente, je suis en larmes dans ses bras. Je sanglote comme un enfant.
-Je veux pas mourir, Lucas… j’ai peur…
Il me serre contre lui, fort, presque trop fort.
-Tu ne vas pas mourir. Je te l’interdis.
Il pleure aussi. Je le sens à la chaleur sur mon épaule.
Et puis, début mai, un miracle tout petit, presque timide.
Le scanner de contrôle montre que la tumeur principale a régressé de 40 %. Les métastases hépatiques sont stables. Les marqueurs tumoraux chutent enfin.
On reste figés devant l’écran, dans le bureau de Lucas. Il me regarde, les yeux brillants, et pour la première fois depuis des mois, il rit. Un vrai rire, soulagé, incrédule.
Il me prend dans ses bras, là, debout entre deux dossiers, et il m’embrasse comme un fou, en pleurant et en riant à la fois.
-On l’a eue. On l’a eue, putain…
On rentre à la maison ce soir-là. Je marche presque tout seul jusqu’à la voiture. Il me porte quand même les derniers mètres, parce qu’il aime ça, parce qu’il peut.
Cette nuit-là, pour la première fois depuis longtemps, on fait l’amour sans peur. Lentement, tendrement, mais avec une urgence nouvelle. Il me regarde dans les yeux tout le temps, comme s’il voulait graver chaque seconde. Et quand on jouit ensemble, il reste en moi, front contre front, et murmure enfin, la voix tremblante :
-Je t’aime, Hugo.
Je pleure. Il pleure. On s’embrasse au milieu des larmes.
On n’est pas encore sortis d’affaire. Il reste des mois de traitement, peut-être une chirurgie, peut-être pire. Mais pour la première fois, on entrevoit la lumière.
Et on la regarde ensemble.
Juillet, fin de matinée.
Lucas pose le compte-rendu sur le bureau et tourne l’écran vers moi. On lit ensemble, en silence.
Tumeur pancréatique : plus de masse visible, seulement une zone fibreuse. Lésions hépatiques : deux nodules de 4 mm, stables depuis quatre mois.Marqueurs tumoraux : tous dans la norme basse sauf le CA 19-9 qui reste un peu au-dessus (55 au lieu de <37).
Il pousse un long soupir, mi-soulagement, mi-prudence.
-On appelle ça une rémission partielle très profonde. Pas complète à 100 %, mais presque. On arrête la chimio lourde. On passe en surveillance tous les deux mois.
Je hoche la tête. Je n’ai pas de mots. Il referme l’ordinateur, fait le tour du bureau, me prend le visage entre ses mains et m’embrasse comme s’il voulait me respirer.
-On rentre. Maintenant.
Dans l’ascenseur, il me plaque déjà contre la paroi, sa bouche sur la mienne, sa main sous mon t-shirt. Je sens son cœur cogner à travers sa chemise. Il est aussi excité que terrifié.
On traverse Paris à pied, main dans la main, sans parler. Chez moi, la porte à peine refermée, il me soulève (je suis encore léger comme une plume) et me porte jusqu’au lit.
Il me dépose doucement, comme si j’étais en cristal, puis il se redresse et me regarde. Longtemps. Mes côtes encore visibles, mes épaules osseuses, mon crâne couvert d’un duvet blond très court. Il déglutit, les yeux brillants.
-Tu es tellement beau… murmure-t-il.
Il retire son t-shirt d’un seul geste, puis le mien. Ses mains tremblent un peu quand il effleure ma peau. Il embrasse chaque cicatrice de perfusion, chaque bleu, chaque veine saillante. Il descend lentement : gorge, clavicules, sternum, tétons qu’il mordille jusqu’à ce que je gémisse, ventre creux où il pose sa langue dans le creux du nombril.
Il ouvre mon jean, le fait glisser avec le boxer. Je suis déjà dur, la peau hypersensible après des mois sans vrai désir. Il gémit en me voyant.
-Putain… regarde-toi…
Il prend ma queue dans sa main, la caresse lentement, puis descend et me prend dans sa bouche, chaud, humide, profond. Il me suce avec une lenteur presque religieuse, langue qui tournoie, gorge qui se contracte. Je m’arc-boute, les doigts crispés dans ses cheveux.
Il remonte, m’embrasse, me fait goûter mon propre goût sur sa langue. Puis il se déshabille complètement. Son corps à lui est resté musclé, poilu, parfait. Sa queue est dressée, lourde, déjà luisante. Il grimpe sur le lit, s’installe entre mes cuisses.
Il me prépare longuement, deux doigts, puis trois, gel froid qui devient brûlant, mouvements lents, profonds, en me regardant dans les yeux.
-Tu sens comme tu me prends ? T’es toujours aussi serré qu’au premier jour…
Quand il entre enfin en moi, c’est lent, presque douloureux de plaisir. Il s’enfonce centimètre par centimètre, s’arrête à mi-chemin, ressort, revient, jusqu’à ce que je sois complètement ouvert, complètement à lui. Je gémis son prénom ; il répond par un soupir rauque.
Il commence à bouger, d’abord doucement, puis de plus en plus profond, de plus en plus fort. Chaque coup de reins est une célébration : je suis vivant, je le sens, il me sent. Il se penche, nos torses se touchent, ses lèvres contre mon oreille :
-Je vais te baiser jusqu’à ce que tu oublies tout ce qu’on a traversé… jusqu’à ce que tu ne penses plus qu’à ma queue en toi…
Il accélère, une main sous mes reins pour me cambrer encore plus, l’autre qui me branle en rythme parfait. Je suis perdu dans la sensation : la chaleur, la pression, le bruit de nos corps, son souffle saccadé.
Je jouis le premier, violemment, en longues giclées sur mon ventre, le corps qui se contracte autour de lui. Il pousse un râle, s’enfonce une dernière fois jusqu’à la garde et jouit à son tour, chaud, profond, en répétant mon prénom comme une prière.
Il reste en moi, tremblant, puis s’écroule doucement à côté, me serre contre lui, nos jambes entrelacées, nos fronts collés.
On reste comme ça des heures, nus, collants, heureux. Dehors, Paris bruit doucement. Dedans, il n’y a que nos respirations qui se calment.
Il caresse mon crâne du bout des doigts, dépose un baiser sur mes lèvres.
-On a gagné du temps. Beaucoup de temps. Et ce temps-là, il est à nous.
Je sais que le marqueur un peu haut est là, comme une ombre discrète au bord du tableau. Je sais que dans deux mois on refera des examens. Je sais que ce n’est pas fini.
Mais là, tout de suite, son corps contre le mien, son sperme encore en moi, son odeur sur ma peau… je suis vivant. je suis désiré. je suis aimé, même s’il ne l’a pas encore dit.
Et c’est assez.
Pour l’instant, c’est largement assez.
Fin du chapitre 2.
Je me réveille doucement, la lumière grise de l’aube glisse sur le parquet. Lucas est collé à moi, torse contre dos, sa jambe passée entre les miennes, sa queue à demi-dure nichée contre mes fesses comme si elle n’avait jamais voulu en sortir. Son bras droit est glissé sous mon cou, sa main ouverte sur mon pec ; l’autre repose sur ma hanche, possessive même dans le sommeil.
Je remue un peu. Il grogne, resserre aussitôt son étreinte, et sa main descend toute seule, effleure mon ventre, trouve ma queue déjà dure et la prend en coupe, chaude, ferme.
-Putain… t’es déjà dur à ce point-là ? souffle-t-il contre ma nuque, la voix rauque et encore pleine de sommeil. Il mordille ma peau, juste assez pour me faire frissonner. -J’ai passé la nuit à bandé contre ton cul, tu sais ça ?
Je me retourne entre ses bras. Nos visages sont à quelques centimètres. Il me regarde, les yeux encore lourds, un sourire paresseux et carnassier aux lèvres. Il m’embrasse aussitôt, lentement, profondément, sa langue qui vient chercher la mienne comme si elle lui manquait depuis des heures. Sa main continue de me caresser, lente, experte, juste assez pour me faire soupirer dans sa bouche.
Il me fait basculer sur le ventre, grimpe sur moi, son corps lourd et chaud qui me recouvre entièrement. Il embrasse ma nuque, descend le long de ma colonne en traçant une ligne de feu avec sa langue. Ses mains écartent mes cuisses avec une douceur autoritaire.
-Cambre-toi… oui, comme ça… montre-moi ce que je veux.
Je me soulève sur les avant-bras, reins creusés, cul offert. Il crache dans sa paume, étale la chaleur sur moi, glisse un doigt, puis deux, lentement, en tournant. Je gémis, la tête dans l’oreiller.
-Toujours aussi serré… ça me rend complètement dingue.
Il retire ses doigts, se place derrière moi, le bout de sa queue déjà trempé qui effleure mon entrée. Il pousse, centimètre par centimètre, jusqu’à être complètement en moi. Je pousse un long râle ; il répond par un soupir tremblant.
-Bordel, Hugo… tu me fais perdre la tête quand je suis en toi.
Il commence à bouger, des coups de reins lents, profonds, chaque fois jusqu’au fond. Le bruit de nos peaux qui claquent doucement remplit la pièce. Il se penche sur moi, son torse poilu contre mon dos, une main autour de ma gorge (pas pour serrer, juste pour sentir mon pouls), l’autre qui descend me branler en rythme parfait.
-Tu sens comme tu me prends bien ? T’es fait pour ça… fait pour moi.
Je halète, incapable de répondre autrement que par des gémissements. Il accélère un peu, juste assez pour que le plaisir monte en flèche.
-Vas-y… jouis autour de ma queue, je veux te sentir te contracter…
Je jouis le premier, en longues vagues brûlantes sur les draps, le corps qui se contracte autour de lui. Il gémit mon prénom, s’enfonce une dernière fois profondément et jouit à son tour, chaud, tremblant, la bouche contre ma nuque.
On reste comme ça de longues minutes, collés, essoufflés. Il me couvre de baisers légers sur l’épaule, le long de la colonne, sur la marque qu’il vient de laisser.
-T’es incroyable… souffle-t-il simplement, la voix encore cassée par l’orgasme.
Les premières semaines, tout est encore supportable. La fatigue, je la connais ; je l’ai toujours gérée avec du café et du sport. Les nausées, je les tiens en respect avec les antiémétiques. Lucas passe presque toutes les nuits, on fait l’amour comme si chaque fois pouvait être la dernière, et le lendemain matin il repart à l’hôpital avec une dernière caresse sur ma joue et un « Tiens bon, je reviens ce soir ».
Mais vers la quatrième semaine de chimio, le corps commence à dire stop.
Ça commence par des vertiges quand je me lève trop vite. Puis des frissons glacés même sous trois couettes. Puis les nausées deviennent des haut-le-cœur qui me plient en deux au-dessus des toilettes à 3 h du matin.
Un soir, je suis tellement faible que je n’arrive même plus à ouvrir le frigo. Je m’assois par terre dans la cuisine, la tête entre les genoux, et je pleure comme un gamin. Je n’ai même pas la force d’appeler Lucas ; je lui envoie juste un message : « Pas bien du tout. »
Il débarque vingt minutes plus tard, encore en blouse, l’air paniqué. Il me trouve assis là, tremblant, livide. Sans un mot il me soulève dans ses bras (je pèse 84 kg, mais il me porte comme si je ne pesais rien), me ramène au lit, me déshabille doucement.
Je suis brûlant de fièvre et glacé en même temps. Il me fait boire de l’eau fraîche à petites gorgées, passe un gant mouillé sur mon front, mon torse, mes bras. Je grelotte. Il se déshabille à son tour, se glisse nu contre moi, me serre contre lui pour me réchauffer de son corps.
-Je reste là. Toute la nuit. J’ai prévenu le service.
Je veux protester, mais je n’ai plus de voix. Il m’embrasse sur la tempe, les paupières, la bouche, doucement.
Les jours suivants sont un brouillard.
Je perds cinq kilos en une semaine. Mes muscles fondent, mes côtes commencent à se voir. Je n’arrive plus à manger ; tout me donne envie de vomir. Je dors seize heures par jour et je suis quand même épuisé.
Lucas dort chez moi tous les soirs maintenant. Il arrive vers 22 h-23 h, mort de fatigue lui aussi, mais il prend le temps : il me fait couler un bain tiède, me lave, me porte jusqu’au lit. Parfois je suis trop faible pour bander ; il me caresse quand même, doucement, juste pour le contact, juste pour me rappeler que mon corps existe encore.
Un matin, je me regarde dans la glace de la salle de bain et je ne me reconnais plus : crâne chauve, joues creusées, yeux enfoncés. Je fonds en larmes. Il entre derrière moi, m’enlace par-derrière, pose son menton sur mon épaule.
-Regarde-moi, dit-il en tournant mon visage vers le sien dans le miroir. -C’est toujours toi. Toujours le mec qui me fait bander rien qu’en respirant.
Il me ramène au lit, m’allonge sur le dos, embrasse chaque os qui dépasse, chaque veine saillante, chaque parcelle de peau abîmée. Il descend lentement, prend mon sexe mou dans sa bouche, le réchauffe, le cajole jusqu’à ce que je durcisse malgré moi, malgré la fatigue. Il me fait jouir doucement, sans précipitation, en me regardant dans les yeux, et avale tout, comme si c’était le seul médicament qui marche vraiment.
Ensuite il remonte, me serre contre lui, sa main posée sur mon cœur qui bat trop vite.
-Je suis là. On va passer au travers.
Mais il y a des nuits où je vomis toutes les heures. Des nuits où je pleure de douleur dans les articulations. Des nuits où je lui dis « Je crois que je vais mourir » et où il me répond simplement « Pas tant que je serai là » en me serrant plus fort.
Un soir, je suis tellement déshydraté que je fais un malaise dans la salle de bain. Il me rattrape avant que je tombe, appelle les urgences, reste avec moi toute la nuit à l’hôpital, assis sur une chaise en plastique, ma main dans la sienne. Il ne dort pas. Il me regarde juste, les yeux rougis de fatigue, et caresse mes doigts pendant huit heures d’affilée.
Quand on me laisse enfin rentrer, il m’installe sur le canapé, me fait boire des petites gorgées d’eau sucrée, me masse les tempes.
Je murmure, la voix cassée :
-Je suis désolé… je suis plus bon à rien.
Il secoue la tête, se penche, pose ses lèvres sur les miennes, très doucement.
-T’es toujours bon pour moi. Toujours.
Et il me le prouve, encore et encore, même quand je n’ai plus que la peau sur les os : il me fait l’amour avec une tendresse infinie, lentement, en me regardant comme si j’étais la chose la plus précieuse du monde.
On est loin des premières semaines de feu et de désir brut. On est dans autre chose maintenant : une intimité nue, presque douloureuse, où chaque caresse est une déclaration de guerre contre la maladie.
Et je tiens. Parce qu’il est là. Parce qu’il ne me lâche pas.
Les mois passent, lents, lourds, impitoyables.
On est en février maintenant. Huit mois de chimio. Huit mois que je vis entre perfusions, nausées, fièvre et rechutes. J’ai perdu quinze kilos. Mon corps n’est plus qu’une carte en relief : côtes, clavicules, hanches saillantes, peau presque translucide sur les veines. Mes muscles ont fondu comme neige au soleil ; je tiens à peine debout plus de cinq minutes. Je ne sors presque plus. Les rares fois où je vais à l’hôpital, c’est Lucas qui me porte jusqu’à la voiture, qui me soutient dans les couloirs, qui me ramène.
Il a pris un congé partiel. Officiellement, il est « en repos compensateur ». En vrai, il dort chez moi six nuits sur sept. Il fait mes prises de sang à domicile, ajuste lui-même mes traitements anti-douleur, me nourrit à la petite cuillère quand je n’ai plus la force de tenir un bol. Il me lave, me change, me porte aux toilettes quand mes jambes ne répondent plus. Il fait tout ça sans jamais une plainte, sans jamais un soupir d’agacement.
Mais je le vois, lui aussi, se faner.
Il a maigri. Ses yeux sont cernés en permanence. Il dort trois ou quatre heures par nuit, quand il dort. Il oublie de manger. Parfois, au milieu de la nuit, je le surprends assis au bord du lit, la tête dans les mains, à regarder le vide. Quand je lui demande ce qu’il a, il répond toujours la même chose :
-Rien. Rendors-toi.
Un soir de mars, je suis au lit depuis trois jours, incapable de garder quoi que ce soit dans l’estomac. Lucas est rentré à 23 h, trempé par la pluie, les traits tirés. Il s’est assis près de moi, m’a pris la main. Il a ouvert la bouche, l’a refermée, a refermée. Puis il a simplement dit, la voix brisée :
-Le scanner d’hier… la tumeur a un peu diminué, mais il y a une nouvelle lésion au foie. On va devoir changer de protocole. C’est… plus dur.
J’ai hoché la tête. Je n’avais même plus la force d’avoir peur.
Il s’est allongé à côté de moi, tout habillé, m’a pris dans ses bras. On est restés comme ça longtemps. Puis, très bas, il a murmuré :
-J’ai peur, Hugo. Vraiment peur.
C’était la première fois qu’il le disait à voix haute. Je n’ai pas répondu. J’ai juste serré sa main plus fort.
Les semaines suivantes sont un tunnel.
Nouveau protocole : chimio plus agressive, hospitalisation de jour trois fois par semaine. Je perds mes sourcils, mes cils. Je n’ai plus un poil sur le corps. Ma peau est grise. Je ressemble à un fantôme. Il y a des jours où je ne reconnais plus ma voix.
Lucas ne me quitte presque plus. Il dort sur le fauteuil de la chambre d’hôpital quand je suis admis. Il me tient les cheveux imaginaires en arrière quand je vomis. Il me fait rire quand même, parfois, en imitant les internes ou en me racontant les ragots du service.
Et il continue de me toucher. Même quand je me trouve répugnant, il continue de me désirer. Il me caresse doucement le crâne chauve, embrasse mes paupières sans cils, descend sur mon torse osseux, prend mon sexe entre ses lèvres avec la même dévotion qu’au premier jour. Il me fait jouir même quand je n’ai plus rien à donner, juste pour me rappeler que je suis encore un homme, encore vivant, encore désirable.
Un soir d’avril, après une perfusion particulièrement violente, je suis en larmes dans ses bras. Je sanglote comme un enfant.
-Je veux pas mourir, Lucas… j’ai peur…
Il me serre contre lui, fort, presque trop fort.
-Tu ne vas pas mourir. Je te l’interdis.
Il pleure aussi. Je le sens à la chaleur sur mon épaule.
Et puis, début mai, un miracle tout petit, presque timide.
Le scanner de contrôle montre que la tumeur principale a régressé de 40 %. Les métastases hépatiques sont stables. Les marqueurs tumoraux chutent enfin.
On reste figés devant l’écran, dans le bureau de Lucas. Il me regarde, les yeux brillants, et pour la première fois depuis des mois, il rit. Un vrai rire, soulagé, incrédule.
Il me prend dans ses bras, là, debout entre deux dossiers, et il m’embrasse comme un fou, en pleurant et en riant à la fois.
-On l’a eue. On l’a eue, putain…
On rentre à la maison ce soir-là. Je marche presque tout seul jusqu’à la voiture. Il me porte quand même les derniers mètres, parce qu’il aime ça, parce qu’il peut.
Cette nuit-là, pour la première fois depuis longtemps, on fait l’amour sans peur. Lentement, tendrement, mais avec une urgence nouvelle. Il me regarde dans les yeux tout le temps, comme s’il voulait graver chaque seconde. Et quand on jouit ensemble, il reste en moi, front contre front, et murmure enfin, la voix tremblante :
-Je t’aime, Hugo.
Je pleure. Il pleure. On s’embrasse au milieu des larmes.
On n’est pas encore sortis d’affaire. Il reste des mois de traitement, peut-être une chirurgie, peut-être pire. Mais pour la première fois, on entrevoit la lumière.
Et on la regarde ensemble.
Juillet, fin de matinée.
Lucas pose le compte-rendu sur le bureau et tourne l’écran vers moi. On lit ensemble, en silence.
Tumeur pancréatique : plus de masse visible, seulement une zone fibreuse. Lésions hépatiques : deux nodules de 4 mm, stables depuis quatre mois.Marqueurs tumoraux : tous dans la norme basse sauf le CA 19-9 qui reste un peu au-dessus (55 au lieu de <37).
Il pousse un long soupir, mi-soulagement, mi-prudence.
-On appelle ça une rémission partielle très profonde. Pas complète à 100 %, mais presque. On arrête la chimio lourde. On passe en surveillance tous les deux mois.
Je hoche la tête. Je n’ai pas de mots. Il referme l’ordinateur, fait le tour du bureau, me prend le visage entre ses mains et m’embrasse comme s’il voulait me respirer.
-On rentre. Maintenant.
Dans l’ascenseur, il me plaque déjà contre la paroi, sa bouche sur la mienne, sa main sous mon t-shirt. Je sens son cœur cogner à travers sa chemise. Il est aussi excité que terrifié.
On traverse Paris à pied, main dans la main, sans parler. Chez moi, la porte à peine refermée, il me soulève (je suis encore léger comme une plume) et me porte jusqu’au lit.
Il me dépose doucement, comme si j’étais en cristal, puis il se redresse et me regarde. Longtemps. Mes côtes encore visibles, mes épaules osseuses, mon crâne couvert d’un duvet blond très court. Il déglutit, les yeux brillants.
-Tu es tellement beau… murmure-t-il.
Il retire son t-shirt d’un seul geste, puis le mien. Ses mains tremblent un peu quand il effleure ma peau. Il embrasse chaque cicatrice de perfusion, chaque bleu, chaque veine saillante. Il descend lentement : gorge, clavicules, sternum, tétons qu’il mordille jusqu’à ce que je gémisse, ventre creux où il pose sa langue dans le creux du nombril.
Il ouvre mon jean, le fait glisser avec le boxer. Je suis déjà dur, la peau hypersensible après des mois sans vrai désir. Il gémit en me voyant.
-Putain… regarde-toi…
Il prend ma queue dans sa main, la caresse lentement, puis descend et me prend dans sa bouche, chaud, humide, profond. Il me suce avec une lenteur presque religieuse, langue qui tournoie, gorge qui se contracte. Je m’arc-boute, les doigts crispés dans ses cheveux.
Il remonte, m’embrasse, me fait goûter mon propre goût sur sa langue. Puis il se déshabille complètement. Son corps à lui est resté musclé, poilu, parfait. Sa queue est dressée, lourde, déjà luisante. Il grimpe sur le lit, s’installe entre mes cuisses.
Il me prépare longuement, deux doigts, puis trois, gel froid qui devient brûlant, mouvements lents, profonds, en me regardant dans les yeux.
-Tu sens comme tu me prends ? T’es toujours aussi serré qu’au premier jour…
Quand il entre enfin en moi, c’est lent, presque douloureux de plaisir. Il s’enfonce centimètre par centimètre, s’arrête à mi-chemin, ressort, revient, jusqu’à ce que je sois complètement ouvert, complètement à lui. Je gémis son prénom ; il répond par un soupir rauque.
Il commence à bouger, d’abord doucement, puis de plus en plus profond, de plus en plus fort. Chaque coup de reins est une célébration : je suis vivant, je le sens, il me sent. Il se penche, nos torses se touchent, ses lèvres contre mon oreille :
-Je vais te baiser jusqu’à ce que tu oublies tout ce qu’on a traversé… jusqu’à ce que tu ne penses plus qu’à ma queue en toi…
Il accélère, une main sous mes reins pour me cambrer encore plus, l’autre qui me branle en rythme parfait. Je suis perdu dans la sensation : la chaleur, la pression, le bruit de nos corps, son souffle saccadé.
Je jouis le premier, violemment, en longues giclées sur mon ventre, le corps qui se contracte autour de lui. Il pousse un râle, s’enfonce une dernière fois jusqu’à la garde et jouit à son tour, chaud, profond, en répétant mon prénom comme une prière.
Il reste en moi, tremblant, puis s’écroule doucement à côté, me serre contre lui, nos jambes entrelacées, nos fronts collés.
On reste comme ça des heures, nus, collants, heureux. Dehors, Paris bruit doucement. Dedans, il n’y a que nos respirations qui se calment.
Il caresse mon crâne du bout des doigts, dépose un baiser sur mes lèvres.
-On a gagné du temps. Beaucoup de temps. Et ce temps-là, il est à nous.
Je sais que le marqueur un peu haut est là, comme une ombre discrète au bord du tableau. Je sais que dans deux mois on refera des examens. Je sais que ce n’est pas fini.
Mais là, tout de suite, son corps contre le mien, son sperme encore en moi, son odeur sur ma peau… je suis vivant. je suis désiré. je suis aimé, même s’il ne l’a pas encore dit.
Et c’est assez.
Pour l’instant, c’est largement assez.
Fin du chapitre 2.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Tounet39270
0 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...
