La chaleur d'une main (3 et fin)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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La chaleur d'une main (3 et fin)
Chapitre 3
Août.
La chimio est finie depuis six semaines. J’ai repris huit kilos, presque tous en muscles. Je me lève à 6 h 30, je fais mes séries de pompes et de tractions devant la baie vitrée pendant que Lucas dort encore. Quand il ouvre un œil et me voit torse nu, en sueur, les abdos qui se redessinent enfin, il bande instantanément. Il me le dit sans filtre :
-Putain, reviens ici tout de suite.
Et je reviens.
On baise tous les matins, comme des affamés.
Ce matin-là, je suis encore en train de finir mes squats quand il sort du lit, nu, la queue déjà dure et lourde contre sa cuisse. Il s’approche par derrière, passe ses bras autour de ma taille, mordille mon épaule.
-T’as repris ton cul de rêve, tu sais ça ?
Je ris, je le pousse contre le mur. On s’embrasse violemment, dents, langues, grognements. Il me plaque dos au mur, descend à genoux, me prend dans sa bouche jusqu’à la gorge. Je lui baise la bouche sans retenue, les mains dans ses cheveux, les hanches qui bougent toutes seules. Il gémit autour de moi, les yeux levés, larmoyants de plaisir.
Je le relève, le retourne face au mur, écarte ses fesses et le lèche sans préambule, langue profonde, vorace. Il pousse un râle, se cambre, se branle en même temps.
-Hugo… baise-moi, maintenant.
Je le prends là, debout, une main sur sa hanche, l’autre sur sa gorge. Je le pilonne fort, sans douceur, comme on en avait rêvé pendant les mois où je n’étais plus qu’un souffle. Il jouit les mains à plat contre le mur, le corps secoué, en criant mon prénom. Je jouis en lui deux minutes plus tard, enfoncé jusqu’aux couilles, en mordant son épaule pour ne pas hurler.
On finit par terre, en sueur, hilares.
L’après-midi, on va à la salle. Je soulève plus lourd qu’avant la maladie. Il me mate dans le miroir, bande dans son short, me chuchote des saloperies à l’oreille entre deux séries :
-Ce soir je te prends sur le tapis de yoga, les jambes sur mes épaules, jusqu’à ce que tu me supplies d’arrêter.
Et il le fait. Et je supplie. Et il continue quand même.
On baise partout, tout le temps, comme si on voulait rattraper chaque seconde perdue.
Dans la douche : il me plaque contre le carrelage, me soulève, mes jambes autour de sa taille, et me baise debout sous l’eau brûlante, les mains sous mes fesses, en me regardant droit dans les yeux.
Dans la cuisine à 2 h du matin : je suis penché sur l’îlot, il me prend par derrière, une main dans mes cheveux, l’autre qui me branle, en me disant d’une voix rauque :
-Regarde-toi dans la vitre… regarde comme t’es beau quand je te défonce.
Sur le balcon une nuit d’orage : il m’assoit sur la rambarde, me suce en me tenant par les cuisses pendant que la pluie nous trempe, puis il me retourne et me prend là, à l’air libre, en me tenant fermement pour que je ne tombe pas.
Dans la voiture garée dans une ruelle : je le chevauche sur le siège passager, je le prends jusqu’au fond, les vitres embuées, la musique à fond pour couvrir nos cris.
Il me veut partout, tout le temps, et je le veux encore plus.
Je suis redevenu le Hugo d’avant, en mieux : plus musclé, plus affamé, plus vivant. Je le plaque contre les murs, je le porte, je le retourne, je le mords, je le fais gémir si fort que les voisins doivent tout entendre.
Un soir, après une séance particulièrement brutale (j’étais à quatre pattes sur le lit, lui derrière moi, me tenant par les hanches en me pilonnant comme un animal), il s’écroule sur moi, encore en moi, essoufflé, en sueur.
-T’es revenu, putain… t’es vraiment revenu.
Je ris, le corps encore tremblant de l’orgasme.
-Et j’ai pas fini de te le prouver.
On s’endort collés, épuisés, heureux.
Les contrôles sont bons. Le CA 19-9 redescend doucement. Les nodules restent minuscules et stables.
On vit à cent à l’heure, comme si chaque jour était le dernier. On baise, on rit, on se touche, on se possède. On célèbre la vie avec nos corps, nos cris, notre sueur.
On sait tous les deux que ça peut s’arrêter demain. Alors on ne perd pas une seconde.
Et bordel, qu’est-ce que c’est bon d’être vivant.
Fin août, une nuit d’orage.
Il est 2h17 quand le tonnerre nous réveille tous les deux en sursaut. La pluie claque contre les vitres, les éclairs illuminent la chambre par intermittence. On est nus, collés, déjà en sueur malgré la clim. Lucas tourne la tête vers moi, les yeux noirs de désir.
-J’ai envie de te défoncer. Là. Maintenant.
Je n’ai même pas le temps de répondre. Il me retourne d’un geste, me plaque à plat ventre sur le matelas, écarte mes cuisses d’un genou autoritaire. Je sens son corps lourd sur le mien, sa queue déjà dure comme du béton qui glisse entre mes fesses.
Il crache deux fois dans sa main, étale la salive sur moi, sur lui, et pousse d’un coup, sans prévenir, jusqu’à la garde. Je pousse un cri rauque dans l’oreiller ; il grogne contre ma nuque.
-Putain, t’es brûlant… toujours aussi serré…
Il commence à me baiser comme un animal : coups de reins brutaux, profonds, rapides. Le lit cogne contre le mur à chaque fois. Ses mains agrippent mes hanches, me soulèvent presque du matelas pour aller encore plus profond. Je sens ses couilles claquer contre les miennes, le bruit obscène se mélange à la pluie dehors.
Il me retourne d’un geste brusque, me met sur le dos, relève mes jambes sur ses épaules. Il replonge en moi d’un seul mouvement, jusqu’au fond. Je hurle de plaisir ; il met une main sur ma bouche.
-Chut… prends-moi… prends tout.
Il me pilonne sans retenue, les abdos contractés, la sueur qui coule sur son torse. Je vois ses muscles rouler à chaque coup de reins, ses yeux rivés aux miens, noirs, sauvages. Il me branle en même temps, fort, rapide, le pouce qui frotte mon gland à chaque montée.
-Regarde-moi… regarde comme je te baise… t’es à moi, Hugo… tout à moi…
Je jouis le premier, violemment, en longues giclées brûlantes sur mon ventre et sur sa main. Mon corps se contracte autour de lui ; il pousse un râle animal, s’enfonce encore plus profond et jouit à son tour, chaud, abondant, en répétant mon prénom comme une litanie.
Il reste planté en moi, tremblant, la tête rejetée en arrière, la gorge offerte. Un éclair illumine la pièce : je vois chaque goutte de sueur sur son torse, chaque veine saillante, chaque muscle tendu.
Il finit par s’écrouler sur moi, encore dur, encore en moi. On halète, collés, trempés. Il retire lentement sa main de ma bouche, embrasse l’endroit où ses doigts ont laissé une marque rouge.
-T’es revenu plus fort qu’avant… souffle-t-il contre mes lèvres. -Et je vais passer ma vie à te le rappeler.
On s’endort comme ça, lui encore en moi, la pluie qui continue de tomber, les éclairs qui s’éloignent doucement.
Et je sais que même si la maladie revient un jour, cette nuit-là, j’étais vivant, j’étais désiré, j’étais entier.
Octobre.
Le premier signe est minuscule, presque invisible. Un matin, je me réveille avec une douleur sourde sous les côtes droites. Je pense à un faux mouvement à la salle, je prends un antalgique, j’oublie. Deux semaines plus tard, la douleur est toujours là, plus profonde, plus tenace. Je maigris de deux kilos sans raison. Lucas me regarde bizarrement quand je me déshabille le soir : il voit ce que je refuse encore de voir.
Le 23 octobre, contrôle de routine. On entre dans son bureau main dans la main, comme toujours. Il ouvre le dossier, lit les analyses sanguines. Son visage se ferme en une seconde.
CA 19-9 : 380. Puis 1200 trois jours plus tard.
Il ne dit rien. Il me prend dans ses bras, très fort, et je sens son cœur cogner comme un fou contre ma poitrine. Le PET-scan de la semaine suivante est sans appel. Nouveaux nodules au foie. Multiples. Plus gros. Et une ombre suspecte sur le péritoine.
Il pose les images sur la visionneuse, reste debout, bras croisés, regard fixe. Je l’entends déglutir.
-C’est reparti, Hugo. Plus agressif qu’avant.
Je hoche la tête. Je ne pleure pas. Pas encore. Il se retourne enfin, les yeux rouges, la voix calme, professionnelle, froide comme jamais.
-On a plusieurs options. Immuno, chimio ciblée, essais thérapeutiques… mais il faut agir vite.
Je murmure : -Combien de temps ?
Il ferme les yeux une seconde.
-Sans traitement… quelques mois. Avec… on peut gagner du temps. Beaucoup de temps, peut-être.
Le mot « guérison » ne sort pas.
Il s’approche, prend mon visage entre ses mains tremblantes.
-Je te jure que je vais tout tenter. Tout.
Je hoche la tête. Cette fois, les larmes coulent.
Cette nuit-là, je refuse le canapé et les silences. À peine la porte de l’appartement refermée, je le plaque contre le mur, l’embrasse avec rage, mords sa lèvre, arrache sa chemise. Je ne veux pas parler. Je ne veux pas penser. Je veux juste le sentir.
-Baise-moi. Maintenant. Jusqu’à ce que j’oublie tout.
Il comprend. Il me soulève, me porte jusqu’à la chambre, me jette sur le lit. En trente secondes on est nus, en sueur, déjà durs. Il me retourne à quatre pattes, me lèche voracement, me prépare à peine, et me pénètre d’un coup sec, jusqu’au fond. Je hurle ; il plaque une main sur ma bouche et commence à me défoncer, brutal, désespéré, comme si chaque coup de reins pouvait repousser la mort.
Je jouis en criant son prénom, le corps secoué de spasmes. Il jouit en moi deux secondes plus tard, enfoncé jusqu’à la garde, un râle rauque contre ma nuque. On s’écroule, toujours enlacés, toujours en lui. Il reste là, tremblant, la bouche contre mon oreille :
-Je t’ai. Je t’ai encore. Et je ne te lâcherai jamais.
Je ferme les yeux. Ce soir, il n’y a plus de cancer, plus de scanner, plus de chiffres. Il n’y a que nos corps, nos souffles, notre sueur. Demain on parlera protocoles, essais cliniques, survie. Ce soir, il me possède. Et c’est tout ce qui me reste pour respirer.
Le lendemain, il prend un congé sans solde. Il ne travaillera plus jusqu’à la fin. Il sera là. Tout le temps. Et moi, je sens déjà la fatigue revenir, la douleur qui s’installe, le goût métallique dans la bouche. Je regarde notre reflet dans la vitre : deux mecs encore jeunes, encore beaux, qui se tiennent comme si le monde allait s’écrouler demain. Parce que c’est exactement ce qui est en train d’arriver.
La guerre recommence. Et cette fois, on sait tous les deux qu’elle sera plus dure.
Mais on la fera quand même. Jusqu’au bout. Ensemble.
Décembre, une nuit très calme.
Je suis allongé sur le dos, la tête sur l’oreiller, les yeux mi-clos. La douleur est là, constante, sourde, mais les morphiniques l’ont adoucie, comme un bruit lointain. Lucas est assis au bord du lit, torse nu, le dos voûté de fatigue. Il ne dort presque plus. Il me regarde depuis des heures, comme s’il voulait graver chaque seconde.
Je n’ai plus la force de parler fort. Ma voix n’est plus qu’un souffle.
-Viens… plus près…
Il s’allonge aussitôt à côté de moi, glisse un bras sous ma nuque, l’autre autour de ma taille. Je pèse si peu maintenant qu’il me soulève sans effort pour me coller contre lui. Peau contre peau. Sa chaleur est la seule chose qui me reste vraiment.
Il pose sa joue contre mon crâne chauve, embrasse l’endroit où les cheveux ne repousseront jamais. Ses lèvres tremblent, mais il ne pleure pas. Pas encore.
Je tourne la tête, cherche sa main. Il comprend, entrelace nos doigts immédiatement. Sa paume est chaude, calleuse, vivante. La mienne est froide, osseuse, presque transparente.
Je murmure, à peine audible :
-Tu te souviens… la première fois… aux urgences… tu m’as pris le bras… comme ça…
Il serre plus fort mes doigts.
-Je m’en souviens. Je n’ai jamais oublié.
-Je n’ai jamais oublié.
Un silence. Seul le souffle léger de la machine à oxygène. Je sens mon cœur ralentir, doucement, très doucement. Je n’ai plus peur. Je suis juste… fatigué. Je tourne la tête une dernière fois, effleure ses lèvres des miennes. Un baiser léger, presque rien.
-Merci… d’avoir été là… tout le temps…
Il hoche la tête, incapable de parler. Une larme coule sur sa tempe, tombe sur l’oreiller. Je ferme les yeux. Je sens encore sa main dans la mienne, ferme, solide, brûlante de vie.
Tout devient très doux. Très léger. Très loin.
Et puis plus rien…
…que la chaleur d’une main.
Épilogue
Trois ans plus tard, un matin de printemps.
Lucas entre dans l’appartement du Marais. Il n’y a plus personne depuis longtemps. Les meubles sont encore là, recouverts de draps blancs. L’air sent le renfermé et le vide.
Il pose les clés sur la console, exactement à l’endroit où il les posait chaque soir en rentrant. Il fait le tour lentement, comme on visite un tombeau.
Dans la chambre, le lit est fait. Il s’assoit au bord, passe la main sur la couette, là où mon corps s’enfonçait autrefois. Il ouvre le tiroir de la table de nuit. Il y a encore mon téléphone déchargé, ma montre, et une petite boîte en bois qu’il n’avait jamais vue.
Il l’ouvre.
À l’intérieur :
• la carte de visite qu’il m’avait donnée le premier jour, avec son numéro écrit à la main,
• une mèche de mes cheveux d’avant la chimio, nouée par un élastique,
• et une lettre, pliée en quatre, mon écriture tremblante des derniers mois.
Il déplie le papier.
« Lucas,
Si tu lis ça, c’est que je suis parti avant toi. Je suis désolé de t’avoir laissé seul avec le silence.
Je voulais juste te dire merci. Merci d’avoir été ma lumière quand tout était noir. Merci d’avoir tenu ma main quand je n’avais plus de force. Merci de m’avoir fait me sentir vivant, désiré, aimé, jusqu’au dernier souffle.
Je n’ai pas peur. Je sais que tu vas continuer à vivre pour deux. Je sais que tu vas être heureux un jour, même si ça te semble impossible maintenant.
Quand tu auras mal, pense à la chaleur de ma main dans la tienne. Elle y sera toujours. Je te le promets.
Je t’aime. Je t’ai aimé dès le premier regard gris dans cette chambre d’hôpital. Je t’aimerai toujours.
À bientôt, mon amour. Un jour, quelque part.
Hugo. »
Lucas lit la lettre trois fois. Puis il pose la lettre sur son cœur, s’allonge sur le lit, face à mon côté vide, et pleure enfin. Pas des larmes silencieuses. Des sanglots qui secouent tout son corps, des cris étouffés dans l’oreiller qui sent encore un peu mon odeur.
Il reste là des heures. Quand le soir tombe, il se redresse, prend la lettre, la glisse dans sa poche contre sa poitrine.
Il sort sur le balcon. Paris brille en bas, indifférente et magnifique. Il lève la main gauche, la regarde longuement.
Dans sa paume, il serre encore la chaleur d’une main qui n’est plus là.
Et il sourit, à travers les larmes.
« À bientôt, Hugo. »
Il referme doucement la porte derrière lui. La lumière reste allumée dans l’appartement vide, comme une promesse qui attend son retour.
Fin.
Août.
La chimio est finie depuis six semaines. J’ai repris huit kilos, presque tous en muscles. Je me lève à 6 h 30, je fais mes séries de pompes et de tractions devant la baie vitrée pendant que Lucas dort encore. Quand il ouvre un œil et me voit torse nu, en sueur, les abdos qui se redessinent enfin, il bande instantanément. Il me le dit sans filtre :
-Putain, reviens ici tout de suite.
Et je reviens.
On baise tous les matins, comme des affamés.
Ce matin-là, je suis encore en train de finir mes squats quand il sort du lit, nu, la queue déjà dure et lourde contre sa cuisse. Il s’approche par derrière, passe ses bras autour de ma taille, mordille mon épaule.
-T’as repris ton cul de rêve, tu sais ça ?
Je ris, je le pousse contre le mur. On s’embrasse violemment, dents, langues, grognements. Il me plaque dos au mur, descend à genoux, me prend dans sa bouche jusqu’à la gorge. Je lui baise la bouche sans retenue, les mains dans ses cheveux, les hanches qui bougent toutes seules. Il gémit autour de moi, les yeux levés, larmoyants de plaisir.
Je le relève, le retourne face au mur, écarte ses fesses et le lèche sans préambule, langue profonde, vorace. Il pousse un râle, se cambre, se branle en même temps.
-Hugo… baise-moi, maintenant.
Je le prends là, debout, une main sur sa hanche, l’autre sur sa gorge. Je le pilonne fort, sans douceur, comme on en avait rêvé pendant les mois où je n’étais plus qu’un souffle. Il jouit les mains à plat contre le mur, le corps secoué, en criant mon prénom. Je jouis en lui deux minutes plus tard, enfoncé jusqu’aux couilles, en mordant son épaule pour ne pas hurler.
On finit par terre, en sueur, hilares.
L’après-midi, on va à la salle. Je soulève plus lourd qu’avant la maladie. Il me mate dans le miroir, bande dans son short, me chuchote des saloperies à l’oreille entre deux séries :
-Ce soir je te prends sur le tapis de yoga, les jambes sur mes épaules, jusqu’à ce que tu me supplies d’arrêter.
Et il le fait. Et je supplie. Et il continue quand même.
On baise partout, tout le temps, comme si on voulait rattraper chaque seconde perdue.
Dans la douche : il me plaque contre le carrelage, me soulève, mes jambes autour de sa taille, et me baise debout sous l’eau brûlante, les mains sous mes fesses, en me regardant droit dans les yeux.
Dans la cuisine à 2 h du matin : je suis penché sur l’îlot, il me prend par derrière, une main dans mes cheveux, l’autre qui me branle, en me disant d’une voix rauque :
-Regarde-toi dans la vitre… regarde comme t’es beau quand je te défonce.
Sur le balcon une nuit d’orage : il m’assoit sur la rambarde, me suce en me tenant par les cuisses pendant que la pluie nous trempe, puis il me retourne et me prend là, à l’air libre, en me tenant fermement pour que je ne tombe pas.
Dans la voiture garée dans une ruelle : je le chevauche sur le siège passager, je le prends jusqu’au fond, les vitres embuées, la musique à fond pour couvrir nos cris.
Il me veut partout, tout le temps, et je le veux encore plus.
Je suis redevenu le Hugo d’avant, en mieux : plus musclé, plus affamé, plus vivant. Je le plaque contre les murs, je le porte, je le retourne, je le mords, je le fais gémir si fort que les voisins doivent tout entendre.
Un soir, après une séance particulièrement brutale (j’étais à quatre pattes sur le lit, lui derrière moi, me tenant par les hanches en me pilonnant comme un animal), il s’écroule sur moi, encore en moi, essoufflé, en sueur.
-T’es revenu, putain… t’es vraiment revenu.
Je ris, le corps encore tremblant de l’orgasme.
-Et j’ai pas fini de te le prouver.
On s’endort collés, épuisés, heureux.
Les contrôles sont bons. Le CA 19-9 redescend doucement. Les nodules restent minuscules et stables.
On vit à cent à l’heure, comme si chaque jour était le dernier. On baise, on rit, on se touche, on se possède. On célèbre la vie avec nos corps, nos cris, notre sueur.
On sait tous les deux que ça peut s’arrêter demain. Alors on ne perd pas une seconde.
Et bordel, qu’est-ce que c’est bon d’être vivant.
Fin août, une nuit d’orage.
Il est 2h17 quand le tonnerre nous réveille tous les deux en sursaut. La pluie claque contre les vitres, les éclairs illuminent la chambre par intermittence. On est nus, collés, déjà en sueur malgré la clim. Lucas tourne la tête vers moi, les yeux noirs de désir.
-J’ai envie de te défoncer. Là. Maintenant.
Je n’ai même pas le temps de répondre. Il me retourne d’un geste, me plaque à plat ventre sur le matelas, écarte mes cuisses d’un genou autoritaire. Je sens son corps lourd sur le mien, sa queue déjà dure comme du béton qui glisse entre mes fesses.
Il crache deux fois dans sa main, étale la salive sur moi, sur lui, et pousse d’un coup, sans prévenir, jusqu’à la garde. Je pousse un cri rauque dans l’oreiller ; il grogne contre ma nuque.
-Putain, t’es brûlant… toujours aussi serré…
Il commence à me baiser comme un animal : coups de reins brutaux, profonds, rapides. Le lit cogne contre le mur à chaque fois. Ses mains agrippent mes hanches, me soulèvent presque du matelas pour aller encore plus profond. Je sens ses couilles claquer contre les miennes, le bruit obscène se mélange à la pluie dehors.
Il me retourne d’un geste brusque, me met sur le dos, relève mes jambes sur ses épaules. Il replonge en moi d’un seul mouvement, jusqu’au fond. Je hurle de plaisir ; il met une main sur ma bouche.
-Chut… prends-moi… prends tout.
Il me pilonne sans retenue, les abdos contractés, la sueur qui coule sur son torse. Je vois ses muscles rouler à chaque coup de reins, ses yeux rivés aux miens, noirs, sauvages. Il me branle en même temps, fort, rapide, le pouce qui frotte mon gland à chaque montée.
-Regarde-moi… regarde comme je te baise… t’es à moi, Hugo… tout à moi…
Je jouis le premier, violemment, en longues giclées brûlantes sur mon ventre et sur sa main. Mon corps se contracte autour de lui ; il pousse un râle animal, s’enfonce encore plus profond et jouit à son tour, chaud, abondant, en répétant mon prénom comme une litanie.
Il reste planté en moi, tremblant, la tête rejetée en arrière, la gorge offerte. Un éclair illumine la pièce : je vois chaque goutte de sueur sur son torse, chaque veine saillante, chaque muscle tendu.
Il finit par s’écrouler sur moi, encore dur, encore en moi. On halète, collés, trempés. Il retire lentement sa main de ma bouche, embrasse l’endroit où ses doigts ont laissé une marque rouge.
-T’es revenu plus fort qu’avant… souffle-t-il contre mes lèvres. -Et je vais passer ma vie à te le rappeler.
On s’endort comme ça, lui encore en moi, la pluie qui continue de tomber, les éclairs qui s’éloignent doucement.
Et je sais que même si la maladie revient un jour, cette nuit-là, j’étais vivant, j’étais désiré, j’étais entier.
Octobre.
Le premier signe est minuscule, presque invisible. Un matin, je me réveille avec une douleur sourde sous les côtes droites. Je pense à un faux mouvement à la salle, je prends un antalgique, j’oublie. Deux semaines plus tard, la douleur est toujours là, plus profonde, plus tenace. Je maigris de deux kilos sans raison. Lucas me regarde bizarrement quand je me déshabille le soir : il voit ce que je refuse encore de voir.
Le 23 octobre, contrôle de routine. On entre dans son bureau main dans la main, comme toujours. Il ouvre le dossier, lit les analyses sanguines. Son visage se ferme en une seconde.
CA 19-9 : 380. Puis 1200 trois jours plus tard.
Il ne dit rien. Il me prend dans ses bras, très fort, et je sens son cœur cogner comme un fou contre ma poitrine. Le PET-scan de la semaine suivante est sans appel. Nouveaux nodules au foie. Multiples. Plus gros. Et une ombre suspecte sur le péritoine.
Il pose les images sur la visionneuse, reste debout, bras croisés, regard fixe. Je l’entends déglutir.
-C’est reparti, Hugo. Plus agressif qu’avant.
Je hoche la tête. Je ne pleure pas. Pas encore. Il se retourne enfin, les yeux rouges, la voix calme, professionnelle, froide comme jamais.
-On a plusieurs options. Immuno, chimio ciblée, essais thérapeutiques… mais il faut agir vite.
Je murmure : -Combien de temps ?
Il ferme les yeux une seconde.
-Sans traitement… quelques mois. Avec… on peut gagner du temps. Beaucoup de temps, peut-être.
Le mot « guérison » ne sort pas.
Il s’approche, prend mon visage entre ses mains tremblantes.
-Je te jure que je vais tout tenter. Tout.
Je hoche la tête. Cette fois, les larmes coulent.
Cette nuit-là, je refuse le canapé et les silences. À peine la porte de l’appartement refermée, je le plaque contre le mur, l’embrasse avec rage, mords sa lèvre, arrache sa chemise. Je ne veux pas parler. Je ne veux pas penser. Je veux juste le sentir.
-Baise-moi. Maintenant. Jusqu’à ce que j’oublie tout.
Il comprend. Il me soulève, me porte jusqu’à la chambre, me jette sur le lit. En trente secondes on est nus, en sueur, déjà durs. Il me retourne à quatre pattes, me lèche voracement, me prépare à peine, et me pénètre d’un coup sec, jusqu’au fond. Je hurle ; il plaque une main sur ma bouche et commence à me défoncer, brutal, désespéré, comme si chaque coup de reins pouvait repousser la mort.
Je jouis en criant son prénom, le corps secoué de spasmes. Il jouit en moi deux secondes plus tard, enfoncé jusqu’à la garde, un râle rauque contre ma nuque. On s’écroule, toujours enlacés, toujours en lui. Il reste là, tremblant, la bouche contre mon oreille :
-Je t’ai. Je t’ai encore. Et je ne te lâcherai jamais.
Je ferme les yeux. Ce soir, il n’y a plus de cancer, plus de scanner, plus de chiffres. Il n’y a que nos corps, nos souffles, notre sueur. Demain on parlera protocoles, essais cliniques, survie. Ce soir, il me possède. Et c’est tout ce qui me reste pour respirer.
Le lendemain, il prend un congé sans solde. Il ne travaillera plus jusqu’à la fin. Il sera là. Tout le temps. Et moi, je sens déjà la fatigue revenir, la douleur qui s’installe, le goût métallique dans la bouche. Je regarde notre reflet dans la vitre : deux mecs encore jeunes, encore beaux, qui se tiennent comme si le monde allait s’écrouler demain. Parce que c’est exactement ce qui est en train d’arriver.
La guerre recommence. Et cette fois, on sait tous les deux qu’elle sera plus dure.
Mais on la fera quand même. Jusqu’au bout. Ensemble.
Décembre, une nuit très calme.
Je suis allongé sur le dos, la tête sur l’oreiller, les yeux mi-clos. La douleur est là, constante, sourde, mais les morphiniques l’ont adoucie, comme un bruit lointain. Lucas est assis au bord du lit, torse nu, le dos voûté de fatigue. Il ne dort presque plus. Il me regarde depuis des heures, comme s’il voulait graver chaque seconde.
Je n’ai plus la force de parler fort. Ma voix n’est plus qu’un souffle.
-Viens… plus près…
Il s’allonge aussitôt à côté de moi, glisse un bras sous ma nuque, l’autre autour de ma taille. Je pèse si peu maintenant qu’il me soulève sans effort pour me coller contre lui. Peau contre peau. Sa chaleur est la seule chose qui me reste vraiment.
Il pose sa joue contre mon crâne chauve, embrasse l’endroit où les cheveux ne repousseront jamais. Ses lèvres tremblent, mais il ne pleure pas. Pas encore.
Je tourne la tête, cherche sa main. Il comprend, entrelace nos doigts immédiatement. Sa paume est chaude, calleuse, vivante. La mienne est froide, osseuse, presque transparente.
Je murmure, à peine audible :
-Tu te souviens… la première fois… aux urgences… tu m’as pris le bras… comme ça…
Il serre plus fort mes doigts.
-Je m’en souviens. Je n’ai jamais oublié.
-Je n’ai jamais oublié.
Un silence. Seul le souffle léger de la machine à oxygène. Je sens mon cœur ralentir, doucement, très doucement. Je n’ai plus peur. Je suis juste… fatigué. Je tourne la tête une dernière fois, effleure ses lèvres des miennes. Un baiser léger, presque rien.
-Merci… d’avoir été là… tout le temps…
Il hoche la tête, incapable de parler. Une larme coule sur sa tempe, tombe sur l’oreiller. Je ferme les yeux. Je sens encore sa main dans la mienne, ferme, solide, brûlante de vie.
Tout devient très doux. Très léger. Très loin.
Et puis plus rien…
…que la chaleur d’une main.
Épilogue
Trois ans plus tard, un matin de printemps.
Lucas entre dans l’appartement du Marais. Il n’y a plus personne depuis longtemps. Les meubles sont encore là, recouverts de draps blancs. L’air sent le renfermé et le vide.
Il pose les clés sur la console, exactement à l’endroit où il les posait chaque soir en rentrant. Il fait le tour lentement, comme on visite un tombeau.
Dans la chambre, le lit est fait. Il s’assoit au bord, passe la main sur la couette, là où mon corps s’enfonçait autrefois. Il ouvre le tiroir de la table de nuit. Il y a encore mon téléphone déchargé, ma montre, et une petite boîte en bois qu’il n’avait jamais vue.
Il l’ouvre.
À l’intérieur :
• la carte de visite qu’il m’avait donnée le premier jour, avec son numéro écrit à la main,
• une mèche de mes cheveux d’avant la chimio, nouée par un élastique,
• et une lettre, pliée en quatre, mon écriture tremblante des derniers mois.
Il déplie le papier.
« Lucas,
Si tu lis ça, c’est que je suis parti avant toi. Je suis désolé de t’avoir laissé seul avec le silence.
Je voulais juste te dire merci. Merci d’avoir été ma lumière quand tout était noir. Merci d’avoir tenu ma main quand je n’avais plus de force. Merci de m’avoir fait me sentir vivant, désiré, aimé, jusqu’au dernier souffle.
Je n’ai pas peur. Je sais que tu vas continuer à vivre pour deux. Je sais que tu vas être heureux un jour, même si ça te semble impossible maintenant.
Quand tu auras mal, pense à la chaleur de ma main dans la tienne. Elle y sera toujours. Je te le promets.
Je t’aime. Je t’ai aimé dès le premier regard gris dans cette chambre d’hôpital. Je t’aimerai toujours.
À bientôt, mon amour. Un jour, quelque part.
Hugo. »
Lucas lit la lettre trois fois. Puis il pose la lettre sur son cœur, s’allonge sur le lit, face à mon côté vide, et pleure enfin. Pas des larmes silencieuses. Des sanglots qui secouent tout son corps, des cris étouffés dans l’oreiller qui sent encore un peu mon odeur.
Il reste là des heures. Quand le soir tombe, il se redresse, prend la lettre, la glisse dans sa poche contre sa poitrine.
Il sort sur le balcon. Paris brille en bas, indifférente et magnifique. Il lève la main gauche, la regarde longuement.
Dans sa paume, il serre encore la chaleur d’une main qui n’est plus là.
Et il sourit, à travers les larmes.
« À bientôt, Hugo. »
Il referme doucement la porte derrière lui. La lumière reste allumée dans l’appartement vide, comme une promesse qui attend son retour.
Fin.
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3 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
J'ai pleure en lisant cette histoire. Merci
Superbe histoire qui fait référence à un pépin qui concerne visiblement plus de gens jeunes qu’avant sans qu’on sache bien pourquoi. Et notre pays n’est pas bien placé en particulier en ce qui concerne les femmes. Intéressante écriture d’une histoire gay qui sort des sentiers archi rebattus de la baise pour aborder l’amour et le sexe entre mecs au prise avec la mort jeune.
Bravo et merci.
Bravo et merci.
Bouleversant récit, tellement bien écrit !
Merci infiniment à l’auteur.
Bravo
Merci infiniment à l’auteur.
Bravo
