Le voisin de palier (3)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le voisin de palier (3)
Chapitre 3
Je suis rentré, j'ai refermé ma porte, et j'ai ramassé mes vêtements et les siens. J'ai souri en pensant à ce qui venait de se passer. C'était stupide, c'était mal, c'était une trahison envers Claire, mon amie, mais c'était la chose la plus vraie et la plus brûlante que j'aie vécue depuis longtemps. J'ai rampé jusqu'à mon lit, et je me suis endormi en souriant, le souvenir de sa voix rauque, de son corps puissant, et du goût du sperme encore frais dans ma mémoire.
Les jours qui ont suivi ont été un mélange de banalité et de tension. Nous nous croisions à la salle de sport, devant la boîte aux lettres, ou au supermarché du coin, mais Gabriel n'a fait aucune remarque sur ce qui s'était passé. Son attitude était celle de l'ami voisin, rien de plus. Il évitait peut-être mon regard un peu plus longtemps qu'avant, mais c'était subtil, presque imperceptible. Claire, elle, était plus radieuse que jamais, ses conversations tournant uniquement autour de la date imminente et des couches. J'avais l'impression d'avoir rêvé. Le secret, scellé par cette nuit de folie, était parfaitement gardé.
Et puis, le jour de l'accouchement est arrivé. J'étais au milieu d'une séance de gainage avec un client quand mon téléphone a vibré. C'était Claire : « Il est temps. C’est parti ! Je te tiens au courant. »
Toute la journée, j'ai été nerveux pour eux. J'ai envoyé un message de soutien à Gabriel, qu'il a remercié par un simple emoji. En fin d'après-midi, j'ai reçu le message tant attendu, de Gabriel cette fois : « Il est là. Un petit bonhomme. 3.5kg de muscles (pas comme son coach), tout va bien. Tu es le premier à savoir. » J'ai ressenti une vague de bonheur sincère.
Je me suis dépêché de prendre une douche et je suis allé à l'hôpital. J'ai vu Claire, fatiguée mais éclatante de joie, et le petit bébé emmailloté dans un berceau. L'émotion m'a submergé, et j'ai serré Claire dans mes bras. J'ai passé un long moment à les féliciter, à admirer le nouveau-né, et à échanger des blagues sur les nuits à venir. Gabriel était là, ému et protecteur, le mari et père idéal. Je n'ai ressenti aucune jalousie, juste de l'affection pour mes amis.
Quand je suis rentré chez moi, il faisait déjà nuit. J'ai ouvert ma porte, posé mes clés, et j'étais sur le point d'aller me faire un thé quand Gabriel a frappé à ma porte.
J'ai ouvert. Il était là, un grand sourire sur son visage, les yeux pétillants, l'air à la fois épuisé et euphorique.
-Nathan !
Sans prévenir, il m'a pris dans ses bras, le contact brutal de son torse contre le mien. Il m'a serré fort, une étreinte virile et joyeuse d'ami. Il était heureux, et je l'étais aussi. Je lui ai rendu son étreinte, frappant légèrement son dos musclé.
C'est là que tout est revenu en mémoire : le poids de son corps, la chaleur de sa peau, le souvenir du baiser dans mon salon. Le temps s'est figé.
Il avait toujours mes bras autour de lui, mais son étreinte s'est ralentie, a perdu sa dynamique amicale, pour devenir quelque chose de plus lourd, de plus lent. Il m'a regardé droit dans les yeux, le sourire s'est estompé pour laisser place à une intensité familière et dévastatrice. Le vert de ses yeux, sous la lumière de mon couloir, était sombre et profond.
Son visage se rapprochait dangereusement, le mouvement d'abord lent, puis accéléré par l'urgence. Et sans un mot, il m’a embrassé. C'était une étreinte passionnée qui se transformait en une bouche pressée, le poids du monde et du secret s'écrasant entre nous.
Mon esprit, en dépit de la réaction immédiate de mon corps qui s'était déjà pressé contre le sien, est revenu au galop. Non. Pas deux fois. Pas ce soir. Pas le jour où son fils est né. J'ai trouvé la force de me dégager de l'emprise, mes mains pressant contre sa poitrine puissante. Il m'a tenu fermement, sa masse corporelle me rappelant la sienne.
-Stop ! ai-je dit, ma voix haletante, beaucoup plus ferme que la dernière fois.
J'ai continué à le repousser, forçant l'espace entre nous. J'ai insisté, et finalement, il a cédé d'un pas en arrière, me regardant avec une confusion douloureuse.
-Nathan, qu'est-ce qui se passe ? a-t-il murmuré, ses mains restant tendues vers moi.
Mon cœur cognait dans ma poitrine, mais ma raison avait repris le contrôle. Je me suis reculé encore, gardant une distance sécuritaire.
-Ce qui se passe, c'est que ça ne va pas. On ne peut pas faire ça, Gabriel.
Je sentais son regard brûlant sur moi, le désir pur se mêlant à la fatigue. Il a fait un pas en avant, essayant de me reprendre dans ses bras.
-Tu sais que je le veux, Nathan. Je l'ai voulu depuis le premier jour. Viens... on ne le dira à personne. J’ai besoin de relâcher la pression, j’en peux plus...
J'ai secoué la tête, les yeux brillants de larmes d'énervement et de désir frustré.
-Et Claire, tu y as pensé ? Elle est à la maternité avec votre fils ! Elle te fait confiance ! Elle est la mère de ton bébé ! J'ai senti mes muscles se tendre. -Je suis désolé, mais je ne peux pas faire ça à Claire. Elle est mon amie. Elle est la meilleure personne que je connaisse dans cet immeuble. Et elle est à l'hôpital ! Si je le faisais, je me sentirais comme la pire des ordures.
La vérité, dite à voix haute, a eu l'effet d'une douche froide. Gabriel a cessé de se battre. Il a laissé ses bras retomber le long de son corps, la tête baissée, l'air anéanti. Le vert de ses yeux s'est éteint.
-Tu as raison, a-t-il dit, le mot à peine audible. -Je suis un salaud. Je suis désolé, Nathan. Encore une fois.
Il est resté là, immobile, l'homme le plus désirable et le plus désarmé que j'aie jamais vu. J'ai pris une profonde inspiration, essayant de maîtriser l'incendie dans mon propre corps.
-Retourne auprès d'elle. Elle a besoin de toi. Et maintenant, va-t'en.
Il n'a pas insisté. Il s'est tourné, la force brute qui émanait de lui, remplacée par une tristesse visible. J'ai regardé son dos large et musclé s'éloigner, traverser le palier. Il n'a même pas regardé derrière lui. J'ai entendu la porte se refermer doucement.
Je suis resté appuyé contre ma porte, le souffle court, les larmes ne montant plus de désir, mais d'un soulagement amer. J'avais fait la bonne chose, mais mon corps et mon cœur en souffraient.
La bonne chose. La bonne chose, c'était d'être seul, le corps tremblant, l'érection violente tordant mon short, le souvenir des lèvres de Gabriel me hantant. J'avais besoin de dévier l'énergie, de rediriger le désir. J'avais besoin de l'urgence brute, de l'anonymat, d'une connexion sans conséquence.
L'application Grindr est apparue sur mon téléphone comme la seule solution, un moyen rapide d'éteindre l'incendie avant qu'il ne me consume. J'ai mis mon profil à jour, un simple ", actif bienvenu, très discret, fun sans prise de tête".
En moins de deux minutes, la notification est arrivée. Un gars du nom de Marc, "actif, 24 ans, musclé", à trois cents mètres. Sa photo de profil montrait un homme mignon, bien foutu, sans l'aura écrasante de Gabriel. C'était parfait. C'était une transaction, pas une trahison.
« Je peux être là dans cinq minutes, » a-t-il écrit.
« OK, » ai-je répondu, un seul mot, la décision prise.
J'ai juste allumé une bougie parfumée pour couvrir l'odeur persistante du désir.
Cinq minutes plus tard, la sonnette a retenti.
J'ai ouvert la porte à un homme grand, brun, avec des bras que mon instinct a immédiatement approuvés. Il portait un sweat à capuche et un jean. Il ne m'a pas donné le temps de le saluer. Il est entré, a claqué la porte derrière lui, et a posé ses yeux sur les miens avec un sourire prédateur et pressé.
-Bonsoir, a-t-il dit, sa voix basse et autoritaire.
Il n'y avait aucune courtoisie dans son ton, juste l'attente d'une transaction.
Il a tiré son sweat, l'a jeté à terre, puis a dézippé son jean. Ses muscles étaient secs et fermes, sa queue dure se révélant au fur et à mesure que le pantalon tombait. Il était actif, bien foutu, et ne perdait pas de temps.
Il s'est tenu là, nu et puissant, me fixant.
OK. Suce-moi pour commencer.
Il m'a immédiatement poussé contre le canapé. Je me suis tourné, mon cul tendu et prêt. Il a tiré une capote de sa poche. Le geste était froid, sans émotion. Il a craché sur mon trou. Le manque de lubrifiant fut un rappel brutal de la nature purement transactionnelle de cet instant.
J'ai agrippé le tissu du canapé, le souffle coupé, et j'ai dit :
-Défonce-moi.
Il n'a pas eu besoin de plus d'encouragement. Il a enfilé la capote, a saisi mes hanches et m'a pénétré bien à fond et violemment. Je n'étais qu'un réceptacle pour sa rage. Ses coups de reins étaient rapides et violents. J'étais écartelé entre la douleur vive de l'impact initial et l'onde de choc du plaisir pur, brutal. J'ai senti ses couilles claquer bruyamment contre mon cul à chaque allée, le son et le contact amplifiant la sensation d'être possédé, d'être utilisé.
Il me hurlait des insultes à l'oreille, des mots qui effaçaient mon identité, me réduisant à un objet de pure chair :
-Putain de salope ! Tu es une bonne chienne, la putain la plus facile du 10e. T'es une bonne petite fente à jus, hein, espèce de salope !
Les injures se sont mêlées à la friction intense. Mon propre corps, a répondu à la violence. Mon bassin s'est cambé, mes gémissements se sont transformés en râles de plaisir. Mon sperme a jailli, s'étalant chaudement sur le tissu du canapé sous mon ventre.
À mon propre grognement de jouissance, il a rugi et a atteint sa propre décharge. Le jet fut long et puissant, saturant la capote. Il s'est retiré sans un mot, a retiré la capote remplie et l'a jetée négligemment sur mon dos nu.
Il a ramassé ses vêtements. Avant de claquer la porte, il m'a regardé, sa voix froide et dénuée de toute affection.
-T'es une bonne salope à jus. Appelle-moi quand tu veux !
Le claquement de la porte a vibré dans tout l'appartement, faisant écho au vide qui s'était installé en moi. Épuisé, vidé, l'esprit enfin silencieux, je me suis relevé, j'ai nettoyé le canapé, et je me suis traîné jusqu'à mon lit. Je me suis effondré dans un sommeil lourd et sans rêves.
Quelques jours plus tard, Claire est rentrée avec le bébé, Louis. L'air, dans l'escalier et sur le palier, était immédiatement différent : odeur de lessive, de talc, de vie. Gabriel m'a invité à dîner, insistant sur le fait que j'étais le « meilleur voisin » et qu'il fallait fêter ça. J'ai accepté, me forçant à croire à la façade de l'amitié. J'ai acheté la veilleuse design, un cadeau neutre et parfait.
Entrer dans leur appartement fut étrange. Gabriel jouait parfaitement son rôle : le nouveau père doux, attentif, qui berce son fils. Claire, bien que souriante, était visiblement tirée par la fatigue et les nuits sans sommeil.
Nous nous sommes assis à la table de la cuisine pour le dîner. La conversation tournait autour du poids de Louis, des biberons, et des heures de sommeil. J'étais le voisin discret, le confident de Claire, l'ami du couple.
Puis, le jeu a commencé.
Alors que Claire me décrivait avec humour les défis de l'allaitement, j'ai senti une chaleur se rapprocher sous la table. Le pied de Gabriel, d'abord par accident, a effleuré ma cheville. J'ai ignoré. J'ai continué à hocher la tête, à soutenir le regard de Claire. Mais le contact est devenu intentionnel. Sa jambe a glissé plus haut. Je l'ai senti frôler mon mollet, puis s'attarder sur mon genou. J'ai raidi ma cuisse, essayant de me concentrer sur le plat devant moi. Puis, sa main est apparue. Lentement, insidieusement, elle a rampé de son genou à mon pantalon. Ses doigts ont trouvé le tissu, le caressant, montant doucement vers l'intérieur de ma cuisse. Je me suis gelé d’un coup. Mon cœur cognait à mes côtes. J'ai prié pour que Claire ne regarde pas sous la table.
-Et toi, Nathan, a dit Claire, me sortant de ma panique avec un sourire forcé, tu n'as pas de clients sportifs qui se plaignent du manque de sommeil ?
-Si, bien sûr, ai-je répondu, essayant de paraître normal, tandis que la main de Gabriel se resserrait légèrement sur le haut de ma cuisse, juste à la limite du danger.
J'ai détourné mon regard vers Gabriel, le fusillant du regard. Ses yeux verts étaient concentrés sur moi, mais son visage affichait une expression d'ennui parfait face au récit de Claire. Il me souriait à peine, le coin de sa bouche se relevait dans une expression de triomphe silencieux et sexuel. Il se nourrissait de ma terreur de me faire prendre.
J'ai pris ma serviette et, avec un geste que j'ai voulu faire passer pour un besoin de me lever, j'ai fait tomber ma cuillère. Le bruit a forcé Gabriel à retirer sa main, le temps que je la ramasse. La trêve fut courte. Le repas a duré encore vingt minutes, rempli de cette tension sous-jacente. À la fin, j'ai fait mes adieux le plus rapidement possible. J'ai eu l'impression de m'échapper.
Pendant les semaines qui ont suivi, j'ai rétabli mon mur. Boulot, maison, dodo, sport. Je courrais plus vite, je soulevais plus lourd. Je ne faisais que croiser Gabriel et Claire dans l'escalier, toujours en présence l'un de l'autre. J'avais gagné. J'avais survécu.
Il devait être deux heures du matin ce jour-là. Je venais de finir de lire et m'apprêtais à éteindre quand deux coups secs, puis un troisième, ont brisé le silence. Ce n'était pas l'urgence du Chapitre 2, mais quelque chose de plus lourd, de plus fatigué.
Je me suis levé et j'ai regardé par l'œilleton. Gabriel était là, en jogging et t-shirt délavé. Sa posture était lâche, désespérée, mais son regard brûlait. J'ai ouvert juste assez pour laisser passer ma tête.
-Gabriel. Deux heures du matin. Qu'est-ce qui se passe ?
-Claire dort, a-t-il murmuré, sa voix rauque. Il s'est approché, posant son front sur le cadre de la porte, comme s'il s'appuyait sur moi. -On a eu une dispute monumentale. Elle est épuisée. Le bébé… elle fait tout, ou du moins, elle a l'impression que je ne vois rien.
Il a levé la tête, ses yeux verts dévorant les miens.
-Elle dit que je m'occupe bien de Louis, mais que je ne m'occupe pas assez d'elle. Elle pense que je ne pense qu'au sexe, Nathan. Que toute mon attention est déviée. Elle pense que je suis lâche.
Il s'est redressé, son corps se rapprochant dangereusement du mien. Ses mains se sont posées sur mes épaules, lourdes, cherchant un ancrage.
-Et elle a raison, a-t-il chuchoté, la sincérité de sa détresse étant le piège le plus redoutable. -Je suis sur le point de craquer. Mon corps me brûle. Elle ne veut pas, elle est trop fatiguée. Mais moi, j'en ai besoin. Et toi… toi, tu es là, juste en face. Je t'ai vu ce soir-là à table, tu vibrais sous ma main, je sentais ton corps réagir. Tu mens aussi bien que moi, Nathan.
Il a lentement retiré une main de mon épaule et l'a fait glisser le long de ma poitrine, puis sur mes abdos, s'attardant sur la ligne de mon shorty.
-Je t'ai dit d'aller te coucher la dernière fois, ai-je réussi à articuler, ma voix tremblante.
Gabriel a eu un rictus, un sourire qui a cessé d'être charmant pour devenir menaçant.
-Je suis allé me coucher, a-t-il dit, son regard se faisant plus sombre, plus intense. -Et je t'ai entendu, Nathan. Toi et ce mec. J'ai tout entendu.
Le choc m'a coupé le souffle. Il a tout entendu. L'humiliation, la violence des mots, la brutalité de l'acte. Il avait été là, un témoin silencieux, de ma propre chute libre.
-J'ai entendu le bruit. J'ai entendu ce qu'il t'a dit. Ces insultes… Et j'ai entendu ce que tu lui as demandé de faire : « Défonce-moi. » C'est ça que tu voulais, Nathan ? La brutalité ? Tu as cherché à m'oublier avec ça ?
Il s'est penché, son souffle sur ma bouche. Sa voix est tombée à un murmure glacial, mêlant accusation et désir.
-Il t'a dit que tu étais sa salope à jus. Mais moi, je te vois comme un homme de contrôle, Nathan. Mais tu ne peux pas me contrôler, n'est-ce pas ? Regarde ton corps. Tu as envie de moi, et tu ne peux pas le cacher. Tu trembles. Laisse-moi te montrer ce que c'est, le vrai soulagement. On peut juste se soulager rapidement, comme la dernière fois. Dis-moi que tu as envie, et je te fais jouir, pour commencer. Rien d'autre que ce que tu as envie de me donner. Et je ne te dirai pas une seule insulte, sauf si tu me le demandes.
Il a collé sa hanche contre la mienne. Mon corps tout entier a répondu à sa présence, à ses mots, à cette nouvelle forme de contrôle. La honte et le désir se mélangeaient dans une érection violente.
Mon mur s'était effondré.
Fin du chapitre 3.
Je suis rentré, j'ai refermé ma porte, et j'ai ramassé mes vêtements et les siens. J'ai souri en pensant à ce qui venait de se passer. C'était stupide, c'était mal, c'était une trahison envers Claire, mon amie, mais c'était la chose la plus vraie et la plus brûlante que j'aie vécue depuis longtemps. J'ai rampé jusqu'à mon lit, et je me suis endormi en souriant, le souvenir de sa voix rauque, de son corps puissant, et du goût du sperme encore frais dans ma mémoire.
Les jours qui ont suivi ont été un mélange de banalité et de tension. Nous nous croisions à la salle de sport, devant la boîte aux lettres, ou au supermarché du coin, mais Gabriel n'a fait aucune remarque sur ce qui s'était passé. Son attitude était celle de l'ami voisin, rien de plus. Il évitait peut-être mon regard un peu plus longtemps qu'avant, mais c'était subtil, presque imperceptible. Claire, elle, était plus radieuse que jamais, ses conversations tournant uniquement autour de la date imminente et des couches. J'avais l'impression d'avoir rêvé. Le secret, scellé par cette nuit de folie, était parfaitement gardé.
Et puis, le jour de l'accouchement est arrivé. J'étais au milieu d'une séance de gainage avec un client quand mon téléphone a vibré. C'était Claire : « Il est temps. C’est parti ! Je te tiens au courant. »
Toute la journée, j'ai été nerveux pour eux. J'ai envoyé un message de soutien à Gabriel, qu'il a remercié par un simple emoji. En fin d'après-midi, j'ai reçu le message tant attendu, de Gabriel cette fois : « Il est là. Un petit bonhomme. 3.5kg de muscles (pas comme son coach), tout va bien. Tu es le premier à savoir. » J'ai ressenti une vague de bonheur sincère.
Je me suis dépêché de prendre une douche et je suis allé à l'hôpital. J'ai vu Claire, fatiguée mais éclatante de joie, et le petit bébé emmailloté dans un berceau. L'émotion m'a submergé, et j'ai serré Claire dans mes bras. J'ai passé un long moment à les féliciter, à admirer le nouveau-né, et à échanger des blagues sur les nuits à venir. Gabriel était là, ému et protecteur, le mari et père idéal. Je n'ai ressenti aucune jalousie, juste de l'affection pour mes amis.
Quand je suis rentré chez moi, il faisait déjà nuit. J'ai ouvert ma porte, posé mes clés, et j'étais sur le point d'aller me faire un thé quand Gabriel a frappé à ma porte.
J'ai ouvert. Il était là, un grand sourire sur son visage, les yeux pétillants, l'air à la fois épuisé et euphorique.
-Nathan !
Sans prévenir, il m'a pris dans ses bras, le contact brutal de son torse contre le mien. Il m'a serré fort, une étreinte virile et joyeuse d'ami. Il était heureux, et je l'étais aussi. Je lui ai rendu son étreinte, frappant légèrement son dos musclé.
C'est là que tout est revenu en mémoire : le poids de son corps, la chaleur de sa peau, le souvenir du baiser dans mon salon. Le temps s'est figé.
Il avait toujours mes bras autour de lui, mais son étreinte s'est ralentie, a perdu sa dynamique amicale, pour devenir quelque chose de plus lourd, de plus lent. Il m'a regardé droit dans les yeux, le sourire s'est estompé pour laisser place à une intensité familière et dévastatrice. Le vert de ses yeux, sous la lumière de mon couloir, était sombre et profond.
Son visage se rapprochait dangereusement, le mouvement d'abord lent, puis accéléré par l'urgence. Et sans un mot, il m’a embrassé. C'était une étreinte passionnée qui se transformait en une bouche pressée, le poids du monde et du secret s'écrasant entre nous.
Mon esprit, en dépit de la réaction immédiate de mon corps qui s'était déjà pressé contre le sien, est revenu au galop. Non. Pas deux fois. Pas ce soir. Pas le jour où son fils est né. J'ai trouvé la force de me dégager de l'emprise, mes mains pressant contre sa poitrine puissante. Il m'a tenu fermement, sa masse corporelle me rappelant la sienne.
-Stop ! ai-je dit, ma voix haletante, beaucoup plus ferme que la dernière fois.
J'ai continué à le repousser, forçant l'espace entre nous. J'ai insisté, et finalement, il a cédé d'un pas en arrière, me regardant avec une confusion douloureuse.
-Nathan, qu'est-ce qui se passe ? a-t-il murmuré, ses mains restant tendues vers moi.
Mon cœur cognait dans ma poitrine, mais ma raison avait repris le contrôle. Je me suis reculé encore, gardant une distance sécuritaire.
-Ce qui se passe, c'est que ça ne va pas. On ne peut pas faire ça, Gabriel.
Je sentais son regard brûlant sur moi, le désir pur se mêlant à la fatigue. Il a fait un pas en avant, essayant de me reprendre dans ses bras.
-Tu sais que je le veux, Nathan. Je l'ai voulu depuis le premier jour. Viens... on ne le dira à personne. J’ai besoin de relâcher la pression, j’en peux plus...
J'ai secoué la tête, les yeux brillants de larmes d'énervement et de désir frustré.
-Et Claire, tu y as pensé ? Elle est à la maternité avec votre fils ! Elle te fait confiance ! Elle est la mère de ton bébé ! J'ai senti mes muscles se tendre. -Je suis désolé, mais je ne peux pas faire ça à Claire. Elle est mon amie. Elle est la meilleure personne que je connaisse dans cet immeuble. Et elle est à l'hôpital ! Si je le faisais, je me sentirais comme la pire des ordures.
La vérité, dite à voix haute, a eu l'effet d'une douche froide. Gabriel a cessé de se battre. Il a laissé ses bras retomber le long de son corps, la tête baissée, l'air anéanti. Le vert de ses yeux s'est éteint.
-Tu as raison, a-t-il dit, le mot à peine audible. -Je suis un salaud. Je suis désolé, Nathan. Encore une fois.
Il est resté là, immobile, l'homme le plus désirable et le plus désarmé que j'aie jamais vu. J'ai pris une profonde inspiration, essayant de maîtriser l'incendie dans mon propre corps.
-Retourne auprès d'elle. Elle a besoin de toi. Et maintenant, va-t'en.
Il n'a pas insisté. Il s'est tourné, la force brute qui émanait de lui, remplacée par une tristesse visible. J'ai regardé son dos large et musclé s'éloigner, traverser le palier. Il n'a même pas regardé derrière lui. J'ai entendu la porte se refermer doucement.
Je suis resté appuyé contre ma porte, le souffle court, les larmes ne montant plus de désir, mais d'un soulagement amer. J'avais fait la bonne chose, mais mon corps et mon cœur en souffraient.
La bonne chose. La bonne chose, c'était d'être seul, le corps tremblant, l'érection violente tordant mon short, le souvenir des lèvres de Gabriel me hantant. J'avais besoin de dévier l'énergie, de rediriger le désir. J'avais besoin de l'urgence brute, de l'anonymat, d'une connexion sans conséquence.
L'application Grindr est apparue sur mon téléphone comme la seule solution, un moyen rapide d'éteindre l'incendie avant qu'il ne me consume. J'ai mis mon profil à jour, un simple ", actif bienvenu, très discret, fun sans prise de tête".
En moins de deux minutes, la notification est arrivée. Un gars du nom de Marc, "actif, 24 ans, musclé", à trois cents mètres. Sa photo de profil montrait un homme mignon, bien foutu, sans l'aura écrasante de Gabriel. C'était parfait. C'était une transaction, pas une trahison.
« Je peux être là dans cinq minutes, » a-t-il écrit.
« OK, » ai-je répondu, un seul mot, la décision prise.
J'ai juste allumé une bougie parfumée pour couvrir l'odeur persistante du désir.
Cinq minutes plus tard, la sonnette a retenti.
J'ai ouvert la porte à un homme grand, brun, avec des bras que mon instinct a immédiatement approuvés. Il portait un sweat à capuche et un jean. Il ne m'a pas donné le temps de le saluer. Il est entré, a claqué la porte derrière lui, et a posé ses yeux sur les miens avec un sourire prédateur et pressé.
-Bonsoir, a-t-il dit, sa voix basse et autoritaire.
Il n'y avait aucune courtoisie dans son ton, juste l'attente d'une transaction.
Il a tiré son sweat, l'a jeté à terre, puis a dézippé son jean. Ses muscles étaient secs et fermes, sa queue dure se révélant au fur et à mesure que le pantalon tombait. Il était actif, bien foutu, et ne perdait pas de temps.
Il s'est tenu là, nu et puissant, me fixant.
OK. Suce-moi pour commencer.
Il m'a immédiatement poussé contre le canapé. Je me suis tourné, mon cul tendu et prêt. Il a tiré une capote de sa poche. Le geste était froid, sans émotion. Il a craché sur mon trou. Le manque de lubrifiant fut un rappel brutal de la nature purement transactionnelle de cet instant.
J'ai agrippé le tissu du canapé, le souffle coupé, et j'ai dit :
-Défonce-moi.
Il n'a pas eu besoin de plus d'encouragement. Il a enfilé la capote, a saisi mes hanches et m'a pénétré bien à fond et violemment. Je n'étais qu'un réceptacle pour sa rage. Ses coups de reins étaient rapides et violents. J'étais écartelé entre la douleur vive de l'impact initial et l'onde de choc du plaisir pur, brutal. J'ai senti ses couilles claquer bruyamment contre mon cul à chaque allée, le son et le contact amplifiant la sensation d'être possédé, d'être utilisé.
Il me hurlait des insultes à l'oreille, des mots qui effaçaient mon identité, me réduisant à un objet de pure chair :
-Putain de salope ! Tu es une bonne chienne, la putain la plus facile du 10e. T'es une bonne petite fente à jus, hein, espèce de salope !
Les injures se sont mêlées à la friction intense. Mon propre corps, a répondu à la violence. Mon bassin s'est cambé, mes gémissements se sont transformés en râles de plaisir. Mon sperme a jailli, s'étalant chaudement sur le tissu du canapé sous mon ventre.
À mon propre grognement de jouissance, il a rugi et a atteint sa propre décharge. Le jet fut long et puissant, saturant la capote. Il s'est retiré sans un mot, a retiré la capote remplie et l'a jetée négligemment sur mon dos nu.
Il a ramassé ses vêtements. Avant de claquer la porte, il m'a regardé, sa voix froide et dénuée de toute affection.
-T'es une bonne salope à jus. Appelle-moi quand tu veux !
Le claquement de la porte a vibré dans tout l'appartement, faisant écho au vide qui s'était installé en moi. Épuisé, vidé, l'esprit enfin silencieux, je me suis relevé, j'ai nettoyé le canapé, et je me suis traîné jusqu'à mon lit. Je me suis effondré dans un sommeil lourd et sans rêves.
Quelques jours plus tard, Claire est rentrée avec le bébé, Louis. L'air, dans l'escalier et sur le palier, était immédiatement différent : odeur de lessive, de talc, de vie. Gabriel m'a invité à dîner, insistant sur le fait que j'étais le « meilleur voisin » et qu'il fallait fêter ça. J'ai accepté, me forçant à croire à la façade de l'amitié. J'ai acheté la veilleuse design, un cadeau neutre et parfait.
Entrer dans leur appartement fut étrange. Gabriel jouait parfaitement son rôle : le nouveau père doux, attentif, qui berce son fils. Claire, bien que souriante, était visiblement tirée par la fatigue et les nuits sans sommeil.
Nous nous sommes assis à la table de la cuisine pour le dîner. La conversation tournait autour du poids de Louis, des biberons, et des heures de sommeil. J'étais le voisin discret, le confident de Claire, l'ami du couple.
Puis, le jeu a commencé.
Alors que Claire me décrivait avec humour les défis de l'allaitement, j'ai senti une chaleur se rapprocher sous la table. Le pied de Gabriel, d'abord par accident, a effleuré ma cheville. J'ai ignoré. J'ai continué à hocher la tête, à soutenir le regard de Claire. Mais le contact est devenu intentionnel. Sa jambe a glissé plus haut. Je l'ai senti frôler mon mollet, puis s'attarder sur mon genou. J'ai raidi ma cuisse, essayant de me concentrer sur le plat devant moi. Puis, sa main est apparue. Lentement, insidieusement, elle a rampé de son genou à mon pantalon. Ses doigts ont trouvé le tissu, le caressant, montant doucement vers l'intérieur de ma cuisse. Je me suis gelé d’un coup. Mon cœur cognait à mes côtes. J'ai prié pour que Claire ne regarde pas sous la table.
-Et toi, Nathan, a dit Claire, me sortant de ma panique avec un sourire forcé, tu n'as pas de clients sportifs qui se plaignent du manque de sommeil ?
-Si, bien sûr, ai-je répondu, essayant de paraître normal, tandis que la main de Gabriel se resserrait légèrement sur le haut de ma cuisse, juste à la limite du danger.
J'ai détourné mon regard vers Gabriel, le fusillant du regard. Ses yeux verts étaient concentrés sur moi, mais son visage affichait une expression d'ennui parfait face au récit de Claire. Il me souriait à peine, le coin de sa bouche se relevait dans une expression de triomphe silencieux et sexuel. Il se nourrissait de ma terreur de me faire prendre.
J'ai pris ma serviette et, avec un geste que j'ai voulu faire passer pour un besoin de me lever, j'ai fait tomber ma cuillère. Le bruit a forcé Gabriel à retirer sa main, le temps que je la ramasse. La trêve fut courte. Le repas a duré encore vingt minutes, rempli de cette tension sous-jacente. À la fin, j'ai fait mes adieux le plus rapidement possible. J'ai eu l'impression de m'échapper.
Pendant les semaines qui ont suivi, j'ai rétabli mon mur. Boulot, maison, dodo, sport. Je courrais plus vite, je soulevais plus lourd. Je ne faisais que croiser Gabriel et Claire dans l'escalier, toujours en présence l'un de l'autre. J'avais gagné. J'avais survécu.
Il devait être deux heures du matin ce jour-là. Je venais de finir de lire et m'apprêtais à éteindre quand deux coups secs, puis un troisième, ont brisé le silence. Ce n'était pas l'urgence du Chapitre 2, mais quelque chose de plus lourd, de plus fatigué.
Je me suis levé et j'ai regardé par l'œilleton. Gabriel était là, en jogging et t-shirt délavé. Sa posture était lâche, désespérée, mais son regard brûlait. J'ai ouvert juste assez pour laisser passer ma tête.
-Gabriel. Deux heures du matin. Qu'est-ce qui se passe ?
-Claire dort, a-t-il murmuré, sa voix rauque. Il s'est approché, posant son front sur le cadre de la porte, comme s'il s'appuyait sur moi. -On a eu une dispute monumentale. Elle est épuisée. Le bébé… elle fait tout, ou du moins, elle a l'impression que je ne vois rien.
Il a levé la tête, ses yeux verts dévorant les miens.
-Elle dit que je m'occupe bien de Louis, mais que je ne m'occupe pas assez d'elle. Elle pense que je ne pense qu'au sexe, Nathan. Que toute mon attention est déviée. Elle pense que je suis lâche.
Il s'est redressé, son corps se rapprochant dangereusement du mien. Ses mains se sont posées sur mes épaules, lourdes, cherchant un ancrage.
-Et elle a raison, a-t-il chuchoté, la sincérité de sa détresse étant le piège le plus redoutable. -Je suis sur le point de craquer. Mon corps me brûle. Elle ne veut pas, elle est trop fatiguée. Mais moi, j'en ai besoin. Et toi… toi, tu es là, juste en face. Je t'ai vu ce soir-là à table, tu vibrais sous ma main, je sentais ton corps réagir. Tu mens aussi bien que moi, Nathan.
Il a lentement retiré une main de mon épaule et l'a fait glisser le long de ma poitrine, puis sur mes abdos, s'attardant sur la ligne de mon shorty.
-Je t'ai dit d'aller te coucher la dernière fois, ai-je réussi à articuler, ma voix tremblante.
Gabriel a eu un rictus, un sourire qui a cessé d'être charmant pour devenir menaçant.
-Je suis allé me coucher, a-t-il dit, son regard se faisant plus sombre, plus intense. -Et je t'ai entendu, Nathan. Toi et ce mec. J'ai tout entendu.
Le choc m'a coupé le souffle. Il a tout entendu. L'humiliation, la violence des mots, la brutalité de l'acte. Il avait été là, un témoin silencieux, de ma propre chute libre.
-J'ai entendu le bruit. J'ai entendu ce qu'il t'a dit. Ces insultes… Et j'ai entendu ce que tu lui as demandé de faire : « Défonce-moi. » C'est ça que tu voulais, Nathan ? La brutalité ? Tu as cherché à m'oublier avec ça ?
Il s'est penché, son souffle sur ma bouche. Sa voix est tombée à un murmure glacial, mêlant accusation et désir.
-Il t'a dit que tu étais sa salope à jus. Mais moi, je te vois comme un homme de contrôle, Nathan. Mais tu ne peux pas me contrôler, n'est-ce pas ? Regarde ton corps. Tu as envie de moi, et tu ne peux pas le cacher. Tu trembles. Laisse-moi te montrer ce que c'est, le vrai soulagement. On peut juste se soulager rapidement, comme la dernière fois. Dis-moi que tu as envie, et je te fais jouir, pour commencer. Rien d'autre que ce que tu as envie de me donner. Et je ne te dirai pas une seule insulte, sauf si tu me le demandes.
Il a collé sa hanche contre la mienne. Mon corps tout entier a répondu à sa présence, à ses mots, à cette nouvelle forme de contrôle. La honte et le désir se mélangeaient dans une érection violente.
Mon mur s'était effondré.
Fin du chapitre 3.
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