Faux semblants (9)
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
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Faux semblants (9)
Chapitre IX
Six mois ont passé depuis le vernissage underground de Montreuil. La galerie du Marais a ouvert ses portes il y a trois mois. Elle porte un nom simple, presque provocateur : « Authentiques Faux-semblants ».
Victoire se tient derrière le comptoir, passe en revue les dossiers de la prochaine exposition. Elle porte un jean et un pull en cachemire noir. Plus de tailleur strict, plus de masque. Ses cheveux sont détachés, retombent librement sur ses épaules. Elle a démissionné de la maison de ventes sans regret, coupé les ponts avec son ancienne vie.
La galerie est un espace lumineux, aux murs blancs. Mais ce qui s'y expose n'a rien de conventionnel. Des toiles érotiques, des photographies crues, des installations provocantes. Leur exposition commune occupe encore tout l'étage supérieur. Les douze œuvres créées ensemble, témoignages de leur transgression collaborative.
Raphaël descend l'escalier, un café dans chaque main. Il en tend un à Victoire.
« On a vendu deux pièces supplémentaires. »
« Lesquelles ? »
« La série bondage et une des grandes toiles. Celle où tu étais couverte d'or. »
Victoire sourit. Le succès les surprend encore. Des collectionneurs sérieux s'intéressent à leur travail. Des critiques d'art ont écrit des articles élogieux. Leur transgression est devenue reconnaissance.
« Léa a appelé. Elle veut exposer ici le mois prochain. »
« Qu'est-ce qu'elle propose ? »
« Une série sur les corps non-normatifs. Érotisme et diversité corporelle. »
« C'est parfait. Dis-lui oui. »
Raphaël s'approche, pose son café. Glisse ses mains sur les hanches de Victoire, l'embrasse dans le cou. Elle se penche contre lui, savoure la chaleur de son corps.
« Tu te souviens de la première fois qu'on a baisé ici ? »
« Dans les réserves. Sur la commode Louis XV. »
« Non. Ici. Dans notre galerie. »
« Comment oublier ? »
La porte de la galerie s'ouvre. Une cliente entre. La quarantaine, élégante, regard curieux. Victoire se redresse, adopte son sourire professionnel. Raphaël retourne à l'atelier à l'arrière.
« Bonjour. Bienvenue. »
La femme parcourt la galerie, s'arrête devant les œuvres. Son regard s'attarde sur les photographies, les toiles maculées de peinture et de fluides. Elle rougit légèrement mais ne détourne pas les yeux.
« C'est... intense. »
« C'est authentique. »
« Qui sont les modèles ? »
Victoire hésite une fraction de seconde, puis décide de la vérité.
« Moi. Et l'artiste. Raphaël Ferreira. »
La femme la regarde avec un mélange de surprise et d'admiration.
« Vous êtes très courageuse. »
« Non. Juste honnête. »
La cliente achète une petite photographie. Pas une des plus explicites, mais suffisamment suggestive. Victoire l'emballe soigneusement, encaisse le paiement. Quand la femme sort, elle retourne aux dossiers.
Le soir tombe sur le Marais. Victoire ferme les volets de la galerie, active l'alarme. Raphaël l'attend dans l'atelier. Il a préparé quelque chose. Une nouvelle toile, déjà installée sur un chevalet. Des sangles attachées au cadre. Des pots de peinture alignés sur la table.
« Encore ? »
« Toujours. »
Elle sourit, s'approche lentement. Leurs regards se croisent et quelque chose passe entre eux. Six mois de transgression, de création, d'abandon. Tout est là, dans ce regard. Raphaël tend la main, effleure sa joue. Son pouce trace le contour de ses lèvres avec une délicatesse qui contraste avec la brutalité de leurs ébats habituels.
« Viens. »
Sa voix est douce. Presque tendre. Victoire frissonne, sent la chaleur familière naître au creux de son ventre. Il commence à la déshabiller, mais pas avec l'urgence qui les caractérise d'ordinaire. Chaque geste est lent, mesuré, comme s'il découvrait son corps pour la première fois.
Ses doigts défont les boutons de sa chemise un à un. Il prend son temps, laisse le tissu glisser centimètre par centimètre, révélant la courbe de ses épaules, la naissance de ses seins. Sa bouche suit le chemin tracé par ses mains. Il dépose un baiser sur sa clavicule, descend lentement vers le creux entre ses seins.
Victoire ferme les yeux, s'abandonne à ces sensations. Elle sent ses mains qui remontent dans son dos, trouvent l'agrafe de son soutien-gorge. Il le défait avec une habileté née de la pratique, laisse le sous-vêtement tomber au sol. Ses paumes se referment sur ses seins nus, les pétrissent avec une douceur qui la fait gémir.
« Tu es si belle. »
Il n'a jamais dit ça avant. Pas comme ça. Pas avec cette intensité dans la voix qui trahit une émotion plus profonde que le simple désir. Elle ouvre les yeux, le regarde. Il a le souffle court, les pupilles dilatées. Mais il y a autre chose dans son regard. Quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant.
Il s'agenouille devant elle, défait la fermeture de son pantalon. Le fait glisser le long de ses jambes avec une lenteur qui frise la torture. Sa bouche dépose des baisers sur ses cuisses pendant qu'il retire le vêtement. Elle sent sa langue qui trace des motifs sur sa peau, s'attarde sur l'intérieur de ses genoux, remonte progressivement.
Il écarte doucement ses jambes, révèle sa culotte déjà humide. Son souffle chaud effleure le tissu. Elle retient un gémissement, pose ses mains sur ses épaules pour garder l'équilibre. Il embrasse son sexe à travers la dentelle, la fait trembler. Puis, avec une lenteur calculée, il fait glisser la culotte le long de ses jambes.
« Parfaite. »
Il se relève, la guide vers le châssis installé au centre de l'atelier. Elle connaît ce rituel maintenant. Mais ce soir, tout est différent. Plus lent. Plus intense. Il positionne ses bras, attache ses poignets aux sangles de cuir avec des gestes précis. Le contact du cuir contre sa peau la fait frissonner.
Il écarte ses jambes, attache ses chevilles. Elle est maintenant exposée, vulnérable, offerte. Mais au lieu de la peur ou de l'excitation brutale qu'elle ressent d'habitude, c'est un sentiment de paix qui l'envahit. Une confiance totale. Elle sait qu'il ne lui fera jamais de mal. Qu'il la connaît mieux qu'elle-même.
Raphaël recule, l'observe. Son regard la caresse comme une main. Elle sent ses tétons durcir sous l'intensité de ce regard, sent sa cyprine qui commence à couler le long de ses cuisses. Elle est déjà trempée et il ne l'a même pas touchée.
Il va chercher un pot de peinture. Rouge vermillon. Sa couleur préférée. Il en verse sur ses mains, les frotte l'une contre l'autre. La peinture glisse entre ses doigts, créée des motifs organiques. Puis il s'approche d'elle.
Ses paumes se posent sur ses seins. Le contact est froid d'abord. La peinture glaciale contre sa peau brûlante. Puis la sensation change. Se réchauffe. Ses mains massent lentement, enduisent chaque centimètre de chair. Il fait rouler ses tétons entre ses doigts couverts de pigments, les pince légèrement.
« On ne vend jamais celle-là. »
Sa voix est rauque. Victoire ouvre les yeux, le regarde sans comprendre.
« Pourquoi ? »
« Parce que c'est juste pour nous. »
Les mots résonnent en elle comme une promesse. Une déclaration. Il continue de la peindre, ses mains descendent le long de son ventre, tracent des cercles autour de son nombril. Chaque toucher est une caresse. Chaque mouvement est un acte d'amour.
Il prend un autre pot. Bleu de Prusse. L'applique sur ses hanches, descend le long de ses cuisses. Ses doigts glissent sur sa peau avec une sensualité qui la rend folle. Il évite délibérément son sexe, contourne cette zone qui pulse de désir. Elle gémit, tire légèrement sur les sangles.
« S'il te plaît... »
« Patience. »
Il sourit, ce sourire qu'elle aime tant. Puis il mélange les couleurs directement sur son corps. Rouge et bleu fusionnent en violet. Ses mains remontent, créent des motifs abstraits sur sa peau. Il peint ses côtes, son dos autant qu'il peut l'atteindre, ses fesses. La transforme en toile vivante.
« Tu te souviens de la première fois que je t'ai peinte ? »
Sa voix est douce. Nostalgique. Victoire hoche la tête, incapable de parler. La sensation de la peinture sur sa peau, combinée à l'anticipation de ce qui va suivre, lui coupe le souffle.
« Oui. J'avais peur. »
« Et maintenant ? »
Elle le regarde dans les yeux. Voit tout ce qu'ils ont partagé reflété dans ce regard gris. Les transgressions, les créations, les orgasmes innombrables. Mais aussi quelque chose de plus profond. Quelque chose qu'elle n'ose pas encore nommer.
« Maintenant, je suis libre. »
Il sourit, continue son travail. Ajoute de l'ocre jaune, du blanc de titane. Crée une symphonie de couleurs sur son corps nu. Quand il a terminé, il recule pour admirer son œuvre. Victoire couverte de peinture, attachée au cadre, offerte à son regard.
Elle le voit déglutir, voit ses mains trembler légèrement quand il défait sa ceinture. Il retire son pantalon, son boxer. Libère son sexe déjà tendu. La vue de son membre dur, pulsant, fait gémir Victoire. Elle veut le sentir en elle. Maintenant.
« Prête ? »
Le mot est presque superflu. Elle est toujours prête pour lui. Depuis la première fois dans les réserves de la maison de ventes. Depuis qu'il a levé le voile sur ses désirs enfouis.
« Toujours. »
Il s'approche, positionne son gland contre son entrée. Elle est si mouillée qu'il glisse facilement entre ses lèvres. Mais au lieu de la pénétrer d'un coup comme d'habitude, il entre lentement. Centimètre par centimètre. Elle sent chaque millimètre qui s'enfonce en elle, sent ses parois internes qui s'étirent pour l'accueillir.
Il s'enfonce entièrement, reste immobile un instant. Leurs regards se croisent. Dans ses yeux à lui, elle voit une intensité qui va au-delà du désir physique. Quelque chose de plus vaste. De plus profond.
Puis il commence à bouger. Lentement d'abord. Ses hanches se retirent, reviennent. Chaque mouvement est mesuré, contrôlé. Il la baise contre le châssis mais sans la brutalité habituelle. C'est différent. Plus intime. Plus personnel.
La peinture sur sa peau se transfère sur la toile vierge derrière elle. Chaque fois qu'il la plaque en avant, son corps peint imprime sur le tissu. Ses seins laissent des traces rouges. Son ventre crée des volutes bleues. Leurs corps créent l'œuvre ensemble.
Ses mains agrippent ses hanches, mais doucement. Pas pour la maintenir en place comme d'habitude. Pour la guider. Pour la caresser. Ses pouces dessinent des cercles sur sa peau, ajoutent de nouvelles couches de couleur aux pigments déjà présents.
Il accélère légèrement. Ses coups de reins deviennent plus profonds, plus appuyés. Elle sent son sexe qui cogne contre son col, qui la remplit complètement. La sensation est exquise. Un mélange de plaisir et de plénitude qui lui fait perdre la tête.
« Regarde-moi. »
Elle ouvre les yeux, croise son regard. Il ne la quitte pas des yeux pendant qu'il la pénètre. Ses pupilles sont presque noires de désir. Sa mâchoire est contractée par l'effort de se retenir. Il veut que ça dure. Que ce moment ne se termine jamais.
Une de ses mains quitte sa hanche, remonte le long de son corps. Glisse entre leurs ventres joints. Trouve son clitoris gonflé de désir. Il le caresse en cercles lents, synchronisés avec ses va-et-vient. La double stimulation est presque trop intense.
« Raphaël... »
« Je sais. Laisse-toi aller. »
Elle sent l'orgasme qui monte. Différent des autres. Plus lent. Plus profond. Comme une vague qui enfle progressivement, gagne en puissance centimètre par centimètre. Elle tire sur les sangles, cambre le dos, essaie de le prendre encore plus profond en elle.
Il accélère encore. Ses doigts sur son clitoris deviennent plus insistants. Son sexe la pilonne maintenant avec une intensité croissante. Elle sent ses couilles qui claquent contre ses fesses à chaque coup de reins. Entend le bruit obscène de leurs corps qui se rencontrent. Mouillé. Charnel. Réel.
L'orgasme la frappe comme une déflagration. Part de son sexe, irradie dans tout son corps. Ses orteils se recroquevillent. Ses muscles se contractent. Son sexe se resserre autour du membre de Raphaël, le presse rythmiquement. Elle hurle son prénom, incapable de se retenir. Le cri résonne dans l'atelier, se répercute contre les murs couverts de leurs créations.
Raphaël jouit au même moment. Elle le sent palpiter en elle, se déverser au plus profond de son intimité. Ses hanches continuent de bouger, prolongeant leur plaisir mutuel. Il gémit contre son cou, mord légèrement sa peau.
Ils restent ainsi un long moment. Lui encore en elle. Elle attachée au cadre. Leurs souffles se mêlent, leurs cœurs battent à l'unisson. Puis, lentement, il se retire. Son sperme coule immédiatement le long des cuisses de Victoire, se mélange à la peinture bleue et rouge.
Il prend un pinceau posé sur la table. Recueille délicatement le mélange de leurs fluides et de pigments qui coule sur ses jambes. Le regarde comme s'il contemplait le plus précieux des matériaux. Puis il se tourne vers la toile derrière elle, celle qui porte déjà les empreintes de son corps.
Il peint directement sur le tissu. Des traits longs, fluides. Ajoute leur essence à l'œuvre. Crée quelque chose d'unique. Irreproductible.
« Parfait. »
Le mot est murmuré. Presque sacré. Il pose le pinceau, revient vers elle. Détache ses poignets avec une douceur infinie. Ses doigts massent les zones où le cuir a marqué sa peau. Puis il s'agenouille, défait les sangles à ses chevilles.
Victoire s'effondre contre lui. Ses jambes ne la portent plus. Il la rattrape, la soulève dans ses bras comme si elle ne pesait rien. La porte jusqu'au canapé installé dans un coin de l'atelier. La dépose avec précaution.
Il va chercher un chiffon humide, une bassine d'eau tiède. Revient vers elle. S'assoit à côté du canapé, commence à nettoyer son corps. Retire la peinture centimètre par centimètre. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux. Comme s'il vénérait un objet sacré.
Il nettoie ses seins, essuie doucement les pigments qui recouvrent ses tétons sensibles. Descend vers son ventre, efface les motifs abstraits qu'il a créés. Lave ses cuisses, retire le mélange de peinture et de leurs fluides qui les macule.
Victoire le regarde faire, le cœur gonflé d'une émotion qu'elle n'arrive pas à nommer. Ou qu'elle n'ose pas nommer. Cet homme, ce faussaire repenti qui a bouleversé sa vie. Qui l'a transformée. Qui l'a libérée.
Quand il a terminé, il pose le chiffon. La regarde. Et dans ses yeux, elle voit tout. La tendresse. Le désir. L'admiration. Et quelque chose d'autre. Quelque chose de plus grand.
« Je t'aime. »
Les mots sortent avant qu'il puisse les retenir. Victoire reste figée, le souffle coupé. Personne ne lui a jamais dit ces mots. Pas comme ça. Pas avec cette intensité brute qui ne laisse aucune place au doute.
« Je sais. »
« C'est tout ? »
Elle sourit, l'embrasse.
« Moi aussi, je t'aime. »
Ils restent enlacés sur le canapé, écoutant les bruits de la ville qui filtre à travers les fenêtres. Paris continue sa vie, indifférente à ce qui se passe dans cet atelier. Indifférente à ces deux êtres qui ont trouvé dans l'art et la chair une forme de vérité qu'ils ne connaissaient pas.
« On fait quoi maintenant ? »
« On continue. On crée. On vit. »
« C'est aussi simple que ça ? »
« Oui. »
A suivre…
Six mois ont passé depuis le vernissage underground de Montreuil. La galerie du Marais a ouvert ses portes il y a trois mois. Elle porte un nom simple, presque provocateur : « Authentiques Faux-semblants ».
Victoire se tient derrière le comptoir, passe en revue les dossiers de la prochaine exposition. Elle porte un jean et un pull en cachemire noir. Plus de tailleur strict, plus de masque. Ses cheveux sont détachés, retombent librement sur ses épaules. Elle a démissionné de la maison de ventes sans regret, coupé les ponts avec son ancienne vie.
La galerie est un espace lumineux, aux murs blancs. Mais ce qui s'y expose n'a rien de conventionnel. Des toiles érotiques, des photographies crues, des installations provocantes. Leur exposition commune occupe encore tout l'étage supérieur. Les douze œuvres créées ensemble, témoignages de leur transgression collaborative.
Raphaël descend l'escalier, un café dans chaque main. Il en tend un à Victoire.
« On a vendu deux pièces supplémentaires. »
« Lesquelles ? »
« La série bondage et une des grandes toiles. Celle où tu étais couverte d'or. »
Victoire sourit. Le succès les surprend encore. Des collectionneurs sérieux s'intéressent à leur travail. Des critiques d'art ont écrit des articles élogieux. Leur transgression est devenue reconnaissance.
« Léa a appelé. Elle veut exposer ici le mois prochain. »
« Qu'est-ce qu'elle propose ? »
« Une série sur les corps non-normatifs. Érotisme et diversité corporelle. »
« C'est parfait. Dis-lui oui. »
Raphaël s'approche, pose son café. Glisse ses mains sur les hanches de Victoire, l'embrasse dans le cou. Elle se penche contre lui, savoure la chaleur de son corps.
« Tu te souviens de la première fois qu'on a baisé ici ? »
« Dans les réserves. Sur la commode Louis XV. »
« Non. Ici. Dans notre galerie. »
« Comment oublier ? »
La porte de la galerie s'ouvre. Une cliente entre. La quarantaine, élégante, regard curieux. Victoire se redresse, adopte son sourire professionnel. Raphaël retourne à l'atelier à l'arrière.
« Bonjour. Bienvenue. »
La femme parcourt la galerie, s'arrête devant les œuvres. Son regard s'attarde sur les photographies, les toiles maculées de peinture et de fluides. Elle rougit légèrement mais ne détourne pas les yeux.
« C'est... intense. »
« C'est authentique. »
« Qui sont les modèles ? »
Victoire hésite une fraction de seconde, puis décide de la vérité.
« Moi. Et l'artiste. Raphaël Ferreira. »
La femme la regarde avec un mélange de surprise et d'admiration.
« Vous êtes très courageuse. »
« Non. Juste honnête. »
La cliente achète une petite photographie. Pas une des plus explicites, mais suffisamment suggestive. Victoire l'emballe soigneusement, encaisse le paiement. Quand la femme sort, elle retourne aux dossiers.
Le soir tombe sur le Marais. Victoire ferme les volets de la galerie, active l'alarme. Raphaël l'attend dans l'atelier. Il a préparé quelque chose. Une nouvelle toile, déjà installée sur un chevalet. Des sangles attachées au cadre. Des pots de peinture alignés sur la table.
« Encore ? »
« Toujours. »
Elle sourit, s'approche lentement. Leurs regards se croisent et quelque chose passe entre eux. Six mois de transgression, de création, d'abandon. Tout est là, dans ce regard. Raphaël tend la main, effleure sa joue. Son pouce trace le contour de ses lèvres avec une délicatesse qui contraste avec la brutalité de leurs ébats habituels.
« Viens. »
Sa voix est douce. Presque tendre. Victoire frissonne, sent la chaleur familière naître au creux de son ventre. Il commence à la déshabiller, mais pas avec l'urgence qui les caractérise d'ordinaire. Chaque geste est lent, mesuré, comme s'il découvrait son corps pour la première fois.
Ses doigts défont les boutons de sa chemise un à un. Il prend son temps, laisse le tissu glisser centimètre par centimètre, révélant la courbe de ses épaules, la naissance de ses seins. Sa bouche suit le chemin tracé par ses mains. Il dépose un baiser sur sa clavicule, descend lentement vers le creux entre ses seins.
Victoire ferme les yeux, s'abandonne à ces sensations. Elle sent ses mains qui remontent dans son dos, trouvent l'agrafe de son soutien-gorge. Il le défait avec une habileté née de la pratique, laisse le sous-vêtement tomber au sol. Ses paumes se referment sur ses seins nus, les pétrissent avec une douceur qui la fait gémir.
« Tu es si belle. »
Il n'a jamais dit ça avant. Pas comme ça. Pas avec cette intensité dans la voix qui trahit une émotion plus profonde que le simple désir. Elle ouvre les yeux, le regarde. Il a le souffle court, les pupilles dilatées. Mais il y a autre chose dans son regard. Quelque chose qu'elle n'avait jamais vu auparavant.
Il s'agenouille devant elle, défait la fermeture de son pantalon. Le fait glisser le long de ses jambes avec une lenteur qui frise la torture. Sa bouche dépose des baisers sur ses cuisses pendant qu'il retire le vêtement. Elle sent sa langue qui trace des motifs sur sa peau, s'attarde sur l'intérieur de ses genoux, remonte progressivement.
Il écarte doucement ses jambes, révèle sa culotte déjà humide. Son souffle chaud effleure le tissu. Elle retient un gémissement, pose ses mains sur ses épaules pour garder l'équilibre. Il embrasse son sexe à travers la dentelle, la fait trembler. Puis, avec une lenteur calculée, il fait glisser la culotte le long de ses jambes.
« Parfaite. »
Il se relève, la guide vers le châssis installé au centre de l'atelier. Elle connaît ce rituel maintenant. Mais ce soir, tout est différent. Plus lent. Plus intense. Il positionne ses bras, attache ses poignets aux sangles de cuir avec des gestes précis. Le contact du cuir contre sa peau la fait frissonner.
Il écarte ses jambes, attache ses chevilles. Elle est maintenant exposée, vulnérable, offerte. Mais au lieu de la peur ou de l'excitation brutale qu'elle ressent d'habitude, c'est un sentiment de paix qui l'envahit. Une confiance totale. Elle sait qu'il ne lui fera jamais de mal. Qu'il la connaît mieux qu'elle-même.
Raphaël recule, l'observe. Son regard la caresse comme une main. Elle sent ses tétons durcir sous l'intensité de ce regard, sent sa cyprine qui commence à couler le long de ses cuisses. Elle est déjà trempée et il ne l'a même pas touchée.
Il va chercher un pot de peinture. Rouge vermillon. Sa couleur préférée. Il en verse sur ses mains, les frotte l'une contre l'autre. La peinture glisse entre ses doigts, créée des motifs organiques. Puis il s'approche d'elle.
Ses paumes se posent sur ses seins. Le contact est froid d'abord. La peinture glaciale contre sa peau brûlante. Puis la sensation change. Se réchauffe. Ses mains massent lentement, enduisent chaque centimètre de chair. Il fait rouler ses tétons entre ses doigts couverts de pigments, les pince légèrement.
« On ne vend jamais celle-là. »
Sa voix est rauque. Victoire ouvre les yeux, le regarde sans comprendre.
« Pourquoi ? »
« Parce que c'est juste pour nous. »
Les mots résonnent en elle comme une promesse. Une déclaration. Il continue de la peindre, ses mains descendent le long de son ventre, tracent des cercles autour de son nombril. Chaque toucher est une caresse. Chaque mouvement est un acte d'amour.
Il prend un autre pot. Bleu de Prusse. L'applique sur ses hanches, descend le long de ses cuisses. Ses doigts glissent sur sa peau avec une sensualité qui la rend folle. Il évite délibérément son sexe, contourne cette zone qui pulse de désir. Elle gémit, tire légèrement sur les sangles.
« S'il te plaît... »
« Patience. »
Il sourit, ce sourire qu'elle aime tant. Puis il mélange les couleurs directement sur son corps. Rouge et bleu fusionnent en violet. Ses mains remontent, créent des motifs abstraits sur sa peau. Il peint ses côtes, son dos autant qu'il peut l'atteindre, ses fesses. La transforme en toile vivante.
« Tu te souviens de la première fois que je t'ai peinte ? »
Sa voix est douce. Nostalgique. Victoire hoche la tête, incapable de parler. La sensation de la peinture sur sa peau, combinée à l'anticipation de ce qui va suivre, lui coupe le souffle.
« Oui. J'avais peur. »
« Et maintenant ? »
Elle le regarde dans les yeux. Voit tout ce qu'ils ont partagé reflété dans ce regard gris. Les transgressions, les créations, les orgasmes innombrables. Mais aussi quelque chose de plus profond. Quelque chose qu'elle n'ose pas encore nommer.
« Maintenant, je suis libre. »
Il sourit, continue son travail. Ajoute de l'ocre jaune, du blanc de titane. Crée une symphonie de couleurs sur son corps nu. Quand il a terminé, il recule pour admirer son œuvre. Victoire couverte de peinture, attachée au cadre, offerte à son regard.
Elle le voit déglutir, voit ses mains trembler légèrement quand il défait sa ceinture. Il retire son pantalon, son boxer. Libère son sexe déjà tendu. La vue de son membre dur, pulsant, fait gémir Victoire. Elle veut le sentir en elle. Maintenant.
« Prête ? »
Le mot est presque superflu. Elle est toujours prête pour lui. Depuis la première fois dans les réserves de la maison de ventes. Depuis qu'il a levé le voile sur ses désirs enfouis.
« Toujours. »
Il s'approche, positionne son gland contre son entrée. Elle est si mouillée qu'il glisse facilement entre ses lèvres. Mais au lieu de la pénétrer d'un coup comme d'habitude, il entre lentement. Centimètre par centimètre. Elle sent chaque millimètre qui s'enfonce en elle, sent ses parois internes qui s'étirent pour l'accueillir.
Il s'enfonce entièrement, reste immobile un instant. Leurs regards se croisent. Dans ses yeux à lui, elle voit une intensité qui va au-delà du désir physique. Quelque chose de plus vaste. De plus profond.
Puis il commence à bouger. Lentement d'abord. Ses hanches se retirent, reviennent. Chaque mouvement est mesuré, contrôlé. Il la baise contre le châssis mais sans la brutalité habituelle. C'est différent. Plus intime. Plus personnel.
La peinture sur sa peau se transfère sur la toile vierge derrière elle. Chaque fois qu'il la plaque en avant, son corps peint imprime sur le tissu. Ses seins laissent des traces rouges. Son ventre crée des volutes bleues. Leurs corps créent l'œuvre ensemble.
Ses mains agrippent ses hanches, mais doucement. Pas pour la maintenir en place comme d'habitude. Pour la guider. Pour la caresser. Ses pouces dessinent des cercles sur sa peau, ajoutent de nouvelles couches de couleur aux pigments déjà présents.
Il accélère légèrement. Ses coups de reins deviennent plus profonds, plus appuyés. Elle sent son sexe qui cogne contre son col, qui la remplit complètement. La sensation est exquise. Un mélange de plaisir et de plénitude qui lui fait perdre la tête.
« Regarde-moi. »
Elle ouvre les yeux, croise son regard. Il ne la quitte pas des yeux pendant qu'il la pénètre. Ses pupilles sont presque noires de désir. Sa mâchoire est contractée par l'effort de se retenir. Il veut que ça dure. Que ce moment ne se termine jamais.
Une de ses mains quitte sa hanche, remonte le long de son corps. Glisse entre leurs ventres joints. Trouve son clitoris gonflé de désir. Il le caresse en cercles lents, synchronisés avec ses va-et-vient. La double stimulation est presque trop intense.
« Raphaël... »
« Je sais. Laisse-toi aller. »
Elle sent l'orgasme qui monte. Différent des autres. Plus lent. Plus profond. Comme une vague qui enfle progressivement, gagne en puissance centimètre par centimètre. Elle tire sur les sangles, cambre le dos, essaie de le prendre encore plus profond en elle.
Il accélère encore. Ses doigts sur son clitoris deviennent plus insistants. Son sexe la pilonne maintenant avec une intensité croissante. Elle sent ses couilles qui claquent contre ses fesses à chaque coup de reins. Entend le bruit obscène de leurs corps qui se rencontrent. Mouillé. Charnel. Réel.
L'orgasme la frappe comme une déflagration. Part de son sexe, irradie dans tout son corps. Ses orteils se recroquevillent. Ses muscles se contractent. Son sexe se resserre autour du membre de Raphaël, le presse rythmiquement. Elle hurle son prénom, incapable de se retenir. Le cri résonne dans l'atelier, se répercute contre les murs couverts de leurs créations.
Raphaël jouit au même moment. Elle le sent palpiter en elle, se déverser au plus profond de son intimité. Ses hanches continuent de bouger, prolongeant leur plaisir mutuel. Il gémit contre son cou, mord légèrement sa peau.
Ils restent ainsi un long moment. Lui encore en elle. Elle attachée au cadre. Leurs souffles se mêlent, leurs cœurs battent à l'unisson. Puis, lentement, il se retire. Son sperme coule immédiatement le long des cuisses de Victoire, se mélange à la peinture bleue et rouge.
Il prend un pinceau posé sur la table. Recueille délicatement le mélange de leurs fluides et de pigments qui coule sur ses jambes. Le regarde comme s'il contemplait le plus précieux des matériaux. Puis il se tourne vers la toile derrière elle, celle qui porte déjà les empreintes de son corps.
Il peint directement sur le tissu. Des traits longs, fluides. Ajoute leur essence à l'œuvre. Crée quelque chose d'unique. Irreproductible.
« Parfait. »
Le mot est murmuré. Presque sacré. Il pose le pinceau, revient vers elle. Détache ses poignets avec une douceur infinie. Ses doigts massent les zones où le cuir a marqué sa peau. Puis il s'agenouille, défait les sangles à ses chevilles.
Victoire s'effondre contre lui. Ses jambes ne la portent plus. Il la rattrape, la soulève dans ses bras comme si elle ne pesait rien. La porte jusqu'au canapé installé dans un coin de l'atelier. La dépose avec précaution.
Il va chercher un chiffon humide, une bassine d'eau tiède. Revient vers elle. S'assoit à côté du canapé, commence à nettoyer son corps. Retire la peinture centimètre par centimètre. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux. Comme s'il vénérait un objet sacré.
Il nettoie ses seins, essuie doucement les pigments qui recouvrent ses tétons sensibles. Descend vers son ventre, efface les motifs abstraits qu'il a créés. Lave ses cuisses, retire le mélange de peinture et de leurs fluides qui les macule.
Victoire le regarde faire, le cœur gonflé d'une émotion qu'elle n'arrive pas à nommer. Ou qu'elle n'ose pas nommer. Cet homme, ce faussaire repenti qui a bouleversé sa vie. Qui l'a transformée. Qui l'a libérée.
Quand il a terminé, il pose le chiffon. La regarde. Et dans ses yeux, elle voit tout. La tendresse. Le désir. L'admiration. Et quelque chose d'autre. Quelque chose de plus grand.
« Je t'aime. »
Les mots sortent avant qu'il puisse les retenir. Victoire reste figée, le souffle coupé. Personne ne lui a jamais dit ces mots. Pas comme ça. Pas avec cette intensité brute qui ne laisse aucune place au doute.
« Je sais. »
« C'est tout ? »
Elle sourit, l'embrasse.
« Moi aussi, je t'aime. »
Ils restent enlacés sur le canapé, écoutant les bruits de la ville qui filtre à travers les fenêtres. Paris continue sa vie, indifférente à ce qui se passe dans cet atelier. Indifférente à ces deux êtres qui ont trouvé dans l'art et la chair une forme de vérité qu'ils ne connaissaient pas.
« On fait quoi maintenant ? »
« On continue. On crée. On vit. »
« C'est aussi simple que ça ? »
« Oui. »
A suivre…
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