La maison sur la dune
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
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La maison sur la dune
La chambre sentait le bois chaud et le sel.
Noémie était allongée sur le lit depuis une heure au moins, les pieds nus, son jean retroussé jusqu'aux mollets, le dos de la main posé contre la joue. Elle n'avait pas dormi. Elle regardait le plafond, puis la fenêtre, puis le chat noir couché sur le plancher dans un rectangle de soleil. L'autre chat, celui à taches blanches, était monté sur le rebord de la fenêtre et fixait la mer sans bouger, comme une figure de proue.
La maison était silencieuse à part le vent.
Raphaël était parti à sept heures du matin. Il avait dit qu'il rentrerait avant le déjeuner. Il était maintenant quatre heures de l'après-midi et le téléphone de Noémie restait muet sur la table de nuit. Elle ne lui avait pas écrit de sms. Il y avait entre eux quelque chose de non dit depuis la veille, une conversation interrompue au milieu d'une phrase, une dispute avortée qui s'était transformée en silence poli, puis en sommeil séparé, chacun de son côté du lit.
Elle entendit la porte.
Des pas dans l'entrée, le bruit reconnaissable de ses chaussures posées contre le mur.
Elle ne bougea pas.
Il entra dans la chambre et s'arrêta sur le seuil. Elle le sentit la regarder, mais elle ne tourna pas la tête tout de suite. Le chat noir leva les yeux vers lui, puis les referma.
"Tu dormais ?"
"Non."
Il entra. Elle l'entendit s'approcher, puis sentit le bord du matelas s'affaisser légèrement quand il s'assit. Sa main se posa sur sa cheville, juste là, sans bouger.
"Je suis désolé", dit-il.
Elle ne répondit pas.
Sa main remonta lentement le long de son mollet, s'arrêta sur le creux du genou. Elle regardait toujours le plafond. La lumière avait bougé depuis une heure, plus oblique, plus chaude, et le plancher à présent était traversé de longues lignes d'or.
"Noémie."
Elle tourna la tête. Il était là, les yeux fatigués, la veste encore sur lui. Il avait l'air d'avoir marché longtemps.
"Où tu étais ?"
"Sur la dune. J'ai marché."
Elle le regarda un moment. Puis elle s'assit lentement, croisa les bras sur ses genoux repliés. Il la regarda faire. Sa main était toujours sur elle, le pouce traçant un lent demi-cercle sur sa peau.
"Hier soir", commença-t-elle.
"Je sais."
"Tu ne sais pas ce que j'allais dire."
"Si", dit-il, et sa voix était douce. "Tu allais dire que j'aurais dû t'écouter."
Elle ne confirma pas, mais quelque chose dans son visage se défit un peu. Il se leva, retira sa veste, la posa sur la chaise. Puis il revint s'asseoir, plus près, et elle sentit la chaleur de son épaule contre la sienne.
Dehors, le vent poussait un volet.
Il prit sa main. La retourna doucement, paume vers le haut, et traça du bout du pouce une ligne depuis le poignet jusqu'à la naissance des doigts. Elle baissa les yeux sur sa main dans la sienne. Il avait les mains de quelqu'un qui travaille le bois, un peu rugueuses sur les côtés, chaudes.
"Je t'écoute", dit-il simplement.
Elle ne dit rien. Elle sentait les mots quelque part dans la gorge, mais ils n'avaient plus la même urgence qu'hier soir. Ce qui avait voulu crier s'était transformé en quelque chose de plus silencieux, de plus lourd. Il porta sa main à sa bouche et posa les lèvres sur sa paume, sans bouger, juste là.
Elle ferma les yeux.
Sa main remonta le long de son bras, trouva l'épaule, se glissa dans son cou. Elle sentit ses doigts dans ses cheveux, une pression douce à la nuque, et sans réfléchir elle pivota vers lui et il l'embrassa.
Le baiser fut lent, d'abord, presque hésitant, comme s'ils se retrouvaient après un voyage. Elle avait gardé les mains croisées et il ne les avait pas cherchées. Il l'embrassait et elle restait là à recevoir, les yeux fermés, à sentir le sel de sa peau, le goût léger du café, quelque chose de chaud et de connu.
Puis il la fit basculer doucement.
Elle se retrouva allongée sur le dos et lui au-dessus d'elle, appuyé sur les coudes, qui la regardait. La lumière le coupait en deux. Elle leva la main et défit lentement le premier bouton de sa chemise. Il attendit. Elle en défit un deuxième, puis ses doigts s'arrêtèrent.
"Tu aurais dû rester", dit-elle.
"Oui."
"Hier soir, quand je t'ai parlé."
"Je sais." Il baissa la tête et posa les lèvres sur sa clavicule, là où commence l'os. "Je sais."
Elle laissa ses doigts reprendre, bouton après bouton, jusqu'à ce que la chemise soit ouverte sur sa poitrine. Il était mince, les épaules larges, une ligne de poils sombres jusqu'au ventre. Elle passa les mains à plat sur sa peau et il fit un bruit très bas dans la gorge.
Il défit la bretelle de son top rouge, la fit glisser sur l'épaule. Sa bouche descendit depuis la nuque jusqu'à la courbe de l'épaule, lentement, comme s'il avait tout son temps. Elle sentait ses lèvres contre sa peau, la chaleur humide, et l'après-midi dehors continuait sans eux, le vent dans les persiennes, le chat sur le rebord de la fenêtre.
Il fit passer le top par-dessus sa tête.
Elle n'avait rien dessous. Il la regarda un moment, sans rien faire, et elle soutint son regard. Puis ses mains vinrent, larges et lentes, couvrirent ses seins, s'y attardèrent. Elle avait les seins ronds, le mamelon brun et déjà dur sous sa paume. Il les prit dans ses mains comme quelque chose de précieux.
Sa bouche suivit.
Il prit son mamelon entre ses lèvres, le travailla doucement, et elle laissa échapper un souffle. Le chat noir changea de position sur le plancher, s'étira, se rendormit. Elle avait la main dans les cheveux de Raphaël, ses doigts serrés doucement, et il passa à l'autre sein, la même attention, la même lenteur.
Ses mains trouvèrent la ceinture de son jean.
Il défit le bouton, la fermeture éclair, et elle souleva les hanches pour l'aider. Le jean glissa sur ses cuisses, ses chevilles, tomba quelque part. Il ne l'embrassa pas tout de suite là où elle l'attendait. Il posa les mains sur ses hanches, les remonta sur son ventre, redescendit le long des cuisses jusqu'aux genoux. Elle le sentait partout sauf où elle voulait.
"Raphaël."
Il releva la tête, légèrement, juste assez pour la regarder.
Elle n'ajouta rien.
Il sourit, à peine, et sa tête redescendit. Cette fois sa bouche trouva l'intérieur de sa cuisse, les lèvres et la langue sur la peau, une morsure douce qui la fit serrer les doigts dans ses cheveux. Il remonta. Elle sentait son souffle avant sa bouche, chaud, et elle s'ouvrit légèrement.
Sa langue la toucha.
Un frisson long remonta depuis ses cuisses jusqu'aux épaules. Il l'avait prise par les hanches, ses pouces enfoncés dans le creux de l'aine, et sa langue travaillait avec une patience qui semblait ne pas avoir de limite. Elle sentait chaque variation, les cercles lents autour du clitoris, la pression qui augmentait et se relâchait, la langue qui descendait pour l'explorer et remontait. Il connaissait son corps par cœur. Il savait exactement où ne pas aller pour ne pas précipiter.
Elle laissa la tête tomber sur le côté.
La lumière jaune des murs se confondait avec ses paupières closes. Il maintenait sa bouche sur elle avec une régularité presque hypnotique, sans se presser, sans varier le rythme comme pour la faire attendre, et elle sentait quelque chose se construire lentement dans son bassin, une chaleur dense qui irradiait par vagues jusqu'aux reins.
Elle bougea les hanches vers lui.
Il résista, la tint ferme, et continua exactement comme avant. Elle laissa échapper un son bref, mi-plainte, mi-protestation, et il répondit en appuyant la langue un peu plus fort sur le point qui la faisait se tendre. Elle se mit à respirer par la bouche. Ses doigts cherchèrent ses cheveux, s'y accrochèrent.
Il glissa un doigt en elle.
Le mouvement était lent, profond, et il le courba légèrement, trouva la paroi intérieure, ce point précis où la chair est plus ferme, et sa langue ne s'interrompit pas. Elle sentit sa gorge qui produisait un son qu'elle ne contrôlait plus. Son bassin cherchait à nouveau à monter vers lui, et cette fois il la laissa faire, un peu, juste assez pour qu'elle sente qu'il y répondait.
Un deuxième doigt la rejoignit.
Elle était largement ouverte, mouillée, et elle entendait le son de ses doigts qui se mouvaient en elle, lent et humide. Sa langue continuait, ses doigts continuaient, et la chaleur dans son ventre n'était plus une vague mais quelque chose de stable et de tendu. Elle tenait sa nuque d’une main et serrait le drap de l'autre.
"Raphaël", dit-elle, et sa voix était méconnaissable.
Il ne s'arrêta pas. Il accéléra à peine, la langue plus précise, les doigts plus profonds, et elle sentit le moment arriver, pas comme une surprise mais comme une évidence, une accumulation qui ne pouvait que déborder. Elle ferma les jambes de chaque côté de sa tête, les cuisses serrées, son bassin qui se soulevait, et elle vint dans un long tremblement qui partait du ventre, montait dans la poitrine, ressortait dans sa gorge en un son sourd et prolongé.
Il ne retira pas sa bouche.
Il ralentit seulement, accompagna les dernières contractions avec une douceur qui les prolongeait, et elle resta quelques secondes à se dissoudre sous lui, les mains dans ses cheveux sans plus de force.
Elle resta un moment les yeux fermés, la respiration qui redescendait lentement.
Il remonta le long de son corps, posa sa joue contre la sienne. Elle sentait sa chaleur, son poids, son jean encore sur lui. Elle tourna la tête et l'embrassa, longtemps, les mains sur son visage. Elle se goûtait sur sa bouche.
Puis elle dit : "À toi."
Elle le fit rouler sur le dos. Il la laissa faire. Elle s'agenouilla entre ses jambes et défit son jean sans se presser, le fit passer sur ses hanches, l'envoya au pied du lit. Il était déjà dur, long contre sa cuisse, le gland légèrement rosé. Elle passa la main à plat sur lui, sentit la chaleur, le pouls.
Elle le prit en main.
Ses doigts se refermèrent à la base, le remontèrent jusqu'au gland, redescendirent, et il laissa aller sa tête en arrière. Elle le regardait, la façon dont les muscles de sa gorge se tendaient, la façon dont sa respiration changeait déjà. Elle aimait le voir se défaire. Elle accéléra légèrement le mouvement, régulier, avec juste assez de pression pour que ce soit bon sans le précipiter.
Sa main libre trouva ses testicules, les prit avec soin.
Il fit un bruit bas et profond.
Elle se pencha et prit la tête de son sexe dans la bouche, lentement, laissa ses lèvres descendre jusqu'à mi-chemin. Sa langue tournait autour du gland, s'attardait sous le frein, et sa main continuait ce que sa bouche ne couvrait pas. Il avait la paume sur sa nuque, sans peser, juste le contact. Elle entendait sa respiration, courte, un peu hachée.
Elle descendit plus bas.
Sa gorge s'ouvrit autour de lui, le prit presque en entier, et il laissa échapper quelque chose entre le soupir et le gémissement. Elle remonta lentement, avec aspiration, et recommença. La pièce était silencieuse sauf leurs respirations, le grincement doux du lit, le vent dehors dans les persiennes.
Elle continua ainsi, longtemps, variant la profondeur, la vitesse, s'arrêtant parfois pour passer la langue sur toute la longueur, de la base au gland, et reprendre. Il était tendu comme une corde. Sa main dans ses cheveux se crispait et se décrispait.
Elle sentait qu'il approchait.
Elle remonta alors sur lui, s'assit à califourchon sur ses hanches. Il la regarda avec des yeux sombres. Elle le guida, le posa contre son entrée encore humide, et s'empala lentement, millimètre par millimètre, jusqu'à ce que leurs hanches se rejoignent.
Elle resta immobile un instant.
Elle sentait la plénitude, le léger étirement, lui partout en elle. Il avait les mâchoires serrées. Elle posa les paumes sur son torse et commença à bouger, un mouvement de hanches lent et circulaire, pas vraiment monter-descendre mais rouler, et il soupira profondément.
Elle prit son temps.
Les premières minutes étaient lentes, presque languissantes, elle qui explorait son propre plaisir sur lui, cherchait l'angle où elle le sentait le mieux, où le frottement était exactement où il fallait. Elle le trouva, légèrement penchée en avant, et s'y tint. Ses hanches reprirent, plus régulières, et il commença à monter à sa rencontre, doucement d'abord, puis de plus en plus vite.
La chaleur revenait.
Elle était encore sensible depuis tout à l'heure, presque trop, et chaque mouvement envoyait un choc doux jusqu'au creux du ventre. Elle allait plus vite. Il allait plus vite. Ses mains serraient ses hanches. Le lit grinçait en rythme.
Elle se pencha sur lui, les lèvres dans son cou, et il bascula, la fit rouler sur le dos d'un mouvement fluide sans se retirer. Il s'installa entre ses cuisses, les lui poussa légèrement vers la poitrine, et entra profond.
Elle eut un cri bref.
Il se mit à la prendre avec lenteur, de longs coups qui sortaient presque entièrement et revenaient jusqu'à la garde. Elle sentait chaque centimètre. Elle avait les mains sur ses épaules, ses ongles dans la peau. Il cherchait ses yeux et elle les gardait ouverts.
Il accéléra.
Le mouvement devenait plus dur, plus régulier, et elle levait les hanches pour aller à sa rencontre. Elle sentait le frottement de son pubis sur le sien à chaque impact, et quelque chose commençait à se construire de nouveau, différent de tout à l'heure, plus profond, plus centré.
Elle glissa une main entre leurs corps.
Ses doigts trouvèrent son clitoris et elle se toucha pendant qu'il la prenait, et la sensation fut immédiate, électrique, et elle entendit sa propre voix sans vraiment la reconnaître.
Il alla encore plus vite.
Elle était quelque part entre la douleur et le plaisir, les deux impossibles à distinguer, ses jambes remontées, ses doigts sur elle, lui qui la remplissait encore et encore, et la chambre dorée tournait légèrement derrière ses paupières. Elle vint fort, soudainement, sans les signes avant-coureurs habituels, les muscles internes serrés autour de lui, les cuisses tremblantes, un son qui sortit de sa gorge long et déchiré.
Il la sentit se contracter.
Il enfonça les hanches une dernière fois, profond, et s'y tint. Son éjaculation traversa tout son corps, les épaules jusqu'aux reins, il poussa un son rauque contre son cou et elle le sentit palpiter en elle, chaque contraction distincte, pendant plusieurs secondes.
Ils restèrent ainsi.
Son poids sur elle, leurs souffles mêlés, la sueur entre leurs peaux. Elle avait les jambes qui retombaient de chaque côté de lui, les bras sur son dos. Dehors la mer était plate et dorée et le soleil touchait le bord des dunes.
Le chat noir dormait toujours sur le plancher dans ce qui restait de lumière.
Elle mit beaucoup de temps avant de parler.
"Hier soir", commença-t-elle enfin.
"Je t'écoute", dit-il, et il ne bougeait toujours pas.
Et elle lui dit tout.
Noémie était allongée sur le lit depuis une heure au moins, les pieds nus, son jean retroussé jusqu'aux mollets, le dos de la main posé contre la joue. Elle n'avait pas dormi. Elle regardait le plafond, puis la fenêtre, puis le chat noir couché sur le plancher dans un rectangle de soleil. L'autre chat, celui à taches blanches, était monté sur le rebord de la fenêtre et fixait la mer sans bouger, comme une figure de proue.
La maison était silencieuse à part le vent.
Raphaël était parti à sept heures du matin. Il avait dit qu'il rentrerait avant le déjeuner. Il était maintenant quatre heures de l'après-midi et le téléphone de Noémie restait muet sur la table de nuit. Elle ne lui avait pas écrit de sms. Il y avait entre eux quelque chose de non dit depuis la veille, une conversation interrompue au milieu d'une phrase, une dispute avortée qui s'était transformée en silence poli, puis en sommeil séparé, chacun de son côté du lit.
Elle entendit la porte.
Des pas dans l'entrée, le bruit reconnaissable de ses chaussures posées contre le mur.
Elle ne bougea pas.
Il entra dans la chambre et s'arrêta sur le seuil. Elle le sentit la regarder, mais elle ne tourna pas la tête tout de suite. Le chat noir leva les yeux vers lui, puis les referma.
"Tu dormais ?"
"Non."
Il entra. Elle l'entendit s'approcher, puis sentit le bord du matelas s'affaisser légèrement quand il s'assit. Sa main se posa sur sa cheville, juste là, sans bouger.
"Je suis désolé", dit-il.
Elle ne répondit pas.
Sa main remonta lentement le long de son mollet, s'arrêta sur le creux du genou. Elle regardait toujours le plafond. La lumière avait bougé depuis une heure, plus oblique, plus chaude, et le plancher à présent était traversé de longues lignes d'or.
"Noémie."
Elle tourna la tête. Il était là, les yeux fatigués, la veste encore sur lui. Il avait l'air d'avoir marché longtemps.
"Où tu étais ?"
"Sur la dune. J'ai marché."
Elle le regarda un moment. Puis elle s'assit lentement, croisa les bras sur ses genoux repliés. Il la regarda faire. Sa main était toujours sur elle, le pouce traçant un lent demi-cercle sur sa peau.
"Hier soir", commença-t-elle.
"Je sais."
"Tu ne sais pas ce que j'allais dire."
"Si", dit-il, et sa voix était douce. "Tu allais dire que j'aurais dû t'écouter."
Elle ne confirma pas, mais quelque chose dans son visage se défit un peu. Il se leva, retira sa veste, la posa sur la chaise. Puis il revint s'asseoir, plus près, et elle sentit la chaleur de son épaule contre la sienne.
Dehors, le vent poussait un volet.
Il prit sa main. La retourna doucement, paume vers le haut, et traça du bout du pouce une ligne depuis le poignet jusqu'à la naissance des doigts. Elle baissa les yeux sur sa main dans la sienne. Il avait les mains de quelqu'un qui travaille le bois, un peu rugueuses sur les côtés, chaudes.
"Je t'écoute", dit-il simplement.
Elle ne dit rien. Elle sentait les mots quelque part dans la gorge, mais ils n'avaient plus la même urgence qu'hier soir. Ce qui avait voulu crier s'était transformé en quelque chose de plus silencieux, de plus lourd. Il porta sa main à sa bouche et posa les lèvres sur sa paume, sans bouger, juste là.
Elle ferma les yeux.
Sa main remonta le long de son bras, trouva l'épaule, se glissa dans son cou. Elle sentit ses doigts dans ses cheveux, une pression douce à la nuque, et sans réfléchir elle pivota vers lui et il l'embrassa.
Le baiser fut lent, d'abord, presque hésitant, comme s'ils se retrouvaient après un voyage. Elle avait gardé les mains croisées et il ne les avait pas cherchées. Il l'embrassait et elle restait là à recevoir, les yeux fermés, à sentir le sel de sa peau, le goût léger du café, quelque chose de chaud et de connu.
Puis il la fit basculer doucement.
Elle se retrouva allongée sur le dos et lui au-dessus d'elle, appuyé sur les coudes, qui la regardait. La lumière le coupait en deux. Elle leva la main et défit lentement le premier bouton de sa chemise. Il attendit. Elle en défit un deuxième, puis ses doigts s'arrêtèrent.
"Tu aurais dû rester", dit-elle.
"Oui."
"Hier soir, quand je t'ai parlé."
"Je sais." Il baissa la tête et posa les lèvres sur sa clavicule, là où commence l'os. "Je sais."
Elle laissa ses doigts reprendre, bouton après bouton, jusqu'à ce que la chemise soit ouverte sur sa poitrine. Il était mince, les épaules larges, une ligne de poils sombres jusqu'au ventre. Elle passa les mains à plat sur sa peau et il fit un bruit très bas dans la gorge.
Il défit la bretelle de son top rouge, la fit glisser sur l'épaule. Sa bouche descendit depuis la nuque jusqu'à la courbe de l'épaule, lentement, comme s'il avait tout son temps. Elle sentait ses lèvres contre sa peau, la chaleur humide, et l'après-midi dehors continuait sans eux, le vent dans les persiennes, le chat sur le rebord de la fenêtre.
Il fit passer le top par-dessus sa tête.
Elle n'avait rien dessous. Il la regarda un moment, sans rien faire, et elle soutint son regard. Puis ses mains vinrent, larges et lentes, couvrirent ses seins, s'y attardèrent. Elle avait les seins ronds, le mamelon brun et déjà dur sous sa paume. Il les prit dans ses mains comme quelque chose de précieux.
Sa bouche suivit.
Il prit son mamelon entre ses lèvres, le travailla doucement, et elle laissa échapper un souffle. Le chat noir changea de position sur le plancher, s'étira, se rendormit. Elle avait la main dans les cheveux de Raphaël, ses doigts serrés doucement, et il passa à l'autre sein, la même attention, la même lenteur.
Ses mains trouvèrent la ceinture de son jean.
Il défit le bouton, la fermeture éclair, et elle souleva les hanches pour l'aider. Le jean glissa sur ses cuisses, ses chevilles, tomba quelque part. Il ne l'embrassa pas tout de suite là où elle l'attendait. Il posa les mains sur ses hanches, les remonta sur son ventre, redescendit le long des cuisses jusqu'aux genoux. Elle le sentait partout sauf où elle voulait.
"Raphaël."
Il releva la tête, légèrement, juste assez pour la regarder.
Elle n'ajouta rien.
Il sourit, à peine, et sa tête redescendit. Cette fois sa bouche trouva l'intérieur de sa cuisse, les lèvres et la langue sur la peau, une morsure douce qui la fit serrer les doigts dans ses cheveux. Il remonta. Elle sentait son souffle avant sa bouche, chaud, et elle s'ouvrit légèrement.
Sa langue la toucha.
Un frisson long remonta depuis ses cuisses jusqu'aux épaules. Il l'avait prise par les hanches, ses pouces enfoncés dans le creux de l'aine, et sa langue travaillait avec une patience qui semblait ne pas avoir de limite. Elle sentait chaque variation, les cercles lents autour du clitoris, la pression qui augmentait et se relâchait, la langue qui descendait pour l'explorer et remontait. Il connaissait son corps par cœur. Il savait exactement où ne pas aller pour ne pas précipiter.
Elle laissa la tête tomber sur le côté.
La lumière jaune des murs se confondait avec ses paupières closes. Il maintenait sa bouche sur elle avec une régularité presque hypnotique, sans se presser, sans varier le rythme comme pour la faire attendre, et elle sentait quelque chose se construire lentement dans son bassin, une chaleur dense qui irradiait par vagues jusqu'aux reins.
Elle bougea les hanches vers lui.
Il résista, la tint ferme, et continua exactement comme avant. Elle laissa échapper un son bref, mi-plainte, mi-protestation, et il répondit en appuyant la langue un peu plus fort sur le point qui la faisait se tendre. Elle se mit à respirer par la bouche. Ses doigts cherchèrent ses cheveux, s'y accrochèrent.
Il glissa un doigt en elle.
Le mouvement était lent, profond, et il le courba légèrement, trouva la paroi intérieure, ce point précis où la chair est plus ferme, et sa langue ne s'interrompit pas. Elle sentit sa gorge qui produisait un son qu'elle ne contrôlait plus. Son bassin cherchait à nouveau à monter vers lui, et cette fois il la laissa faire, un peu, juste assez pour qu'elle sente qu'il y répondait.
Un deuxième doigt la rejoignit.
Elle était largement ouverte, mouillée, et elle entendait le son de ses doigts qui se mouvaient en elle, lent et humide. Sa langue continuait, ses doigts continuaient, et la chaleur dans son ventre n'était plus une vague mais quelque chose de stable et de tendu. Elle tenait sa nuque d’une main et serrait le drap de l'autre.
"Raphaël", dit-elle, et sa voix était méconnaissable.
Il ne s'arrêta pas. Il accéléra à peine, la langue plus précise, les doigts plus profonds, et elle sentit le moment arriver, pas comme une surprise mais comme une évidence, une accumulation qui ne pouvait que déborder. Elle ferma les jambes de chaque côté de sa tête, les cuisses serrées, son bassin qui se soulevait, et elle vint dans un long tremblement qui partait du ventre, montait dans la poitrine, ressortait dans sa gorge en un son sourd et prolongé.
Il ne retira pas sa bouche.
Il ralentit seulement, accompagna les dernières contractions avec une douceur qui les prolongeait, et elle resta quelques secondes à se dissoudre sous lui, les mains dans ses cheveux sans plus de force.
Elle resta un moment les yeux fermés, la respiration qui redescendait lentement.
Il remonta le long de son corps, posa sa joue contre la sienne. Elle sentait sa chaleur, son poids, son jean encore sur lui. Elle tourna la tête et l'embrassa, longtemps, les mains sur son visage. Elle se goûtait sur sa bouche.
Puis elle dit : "À toi."
Elle le fit rouler sur le dos. Il la laissa faire. Elle s'agenouilla entre ses jambes et défit son jean sans se presser, le fit passer sur ses hanches, l'envoya au pied du lit. Il était déjà dur, long contre sa cuisse, le gland légèrement rosé. Elle passa la main à plat sur lui, sentit la chaleur, le pouls.
Elle le prit en main.
Ses doigts se refermèrent à la base, le remontèrent jusqu'au gland, redescendirent, et il laissa aller sa tête en arrière. Elle le regardait, la façon dont les muscles de sa gorge se tendaient, la façon dont sa respiration changeait déjà. Elle aimait le voir se défaire. Elle accéléra légèrement le mouvement, régulier, avec juste assez de pression pour que ce soit bon sans le précipiter.
Sa main libre trouva ses testicules, les prit avec soin.
Il fit un bruit bas et profond.
Elle se pencha et prit la tête de son sexe dans la bouche, lentement, laissa ses lèvres descendre jusqu'à mi-chemin. Sa langue tournait autour du gland, s'attardait sous le frein, et sa main continuait ce que sa bouche ne couvrait pas. Il avait la paume sur sa nuque, sans peser, juste le contact. Elle entendait sa respiration, courte, un peu hachée.
Elle descendit plus bas.
Sa gorge s'ouvrit autour de lui, le prit presque en entier, et il laissa échapper quelque chose entre le soupir et le gémissement. Elle remonta lentement, avec aspiration, et recommença. La pièce était silencieuse sauf leurs respirations, le grincement doux du lit, le vent dehors dans les persiennes.
Elle continua ainsi, longtemps, variant la profondeur, la vitesse, s'arrêtant parfois pour passer la langue sur toute la longueur, de la base au gland, et reprendre. Il était tendu comme une corde. Sa main dans ses cheveux se crispait et se décrispait.
Elle sentait qu'il approchait.
Elle remonta alors sur lui, s'assit à califourchon sur ses hanches. Il la regarda avec des yeux sombres. Elle le guida, le posa contre son entrée encore humide, et s'empala lentement, millimètre par millimètre, jusqu'à ce que leurs hanches se rejoignent.
Elle resta immobile un instant.
Elle sentait la plénitude, le léger étirement, lui partout en elle. Il avait les mâchoires serrées. Elle posa les paumes sur son torse et commença à bouger, un mouvement de hanches lent et circulaire, pas vraiment monter-descendre mais rouler, et il soupira profondément.
Elle prit son temps.
Les premières minutes étaient lentes, presque languissantes, elle qui explorait son propre plaisir sur lui, cherchait l'angle où elle le sentait le mieux, où le frottement était exactement où il fallait. Elle le trouva, légèrement penchée en avant, et s'y tint. Ses hanches reprirent, plus régulières, et il commença à monter à sa rencontre, doucement d'abord, puis de plus en plus vite.
La chaleur revenait.
Elle était encore sensible depuis tout à l'heure, presque trop, et chaque mouvement envoyait un choc doux jusqu'au creux du ventre. Elle allait plus vite. Il allait plus vite. Ses mains serraient ses hanches. Le lit grinçait en rythme.
Elle se pencha sur lui, les lèvres dans son cou, et il bascula, la fit rouler sur le dos d'un mouvement fluide sans se retirer. Il s'installa entre ses cuisses, les lui poussa légèrement vers la poitrine, et entra profond.
Elle eut un cri bref.
Il se mit à la prendre avec lenteur, de longs coups qui sortaient presque entièrement et revenaient jusqu'à la garde. Elle sentait chaque centimètre. Elle avait les mains sur ses épaules, ses ongles dans la peau. Il cherchait ses yeux et elle les gardait ouverts.
Il accéléra.
Le mouvement devenait plus dur, plus régulier, et elle levait les hanches pour aller à sa rencontre. Elle sentait le frottement de son pubis sur le sien à chaque impact, et quelque chose commençait à se construire de nouveau, différent de tout à l'heure, plus profond, plus centré.
Elle glissa une main entre leurs corps.
Ses doigts trouvèrent son clitoris et elle se toucha pendant qu'il la prenait, et la sensation fut immédiate, électrique, et elle entendit sa propre voix sans vraiment la reconnaître.
Il alla encore plus vite.
Elle était quelque part entre la douleur et le plaisir, les deux impossibles à distinguer, ses jambes remontées, ses doigts sur elle, lui qui la remplissait encore et encore, et la chambre dorée tournait légèrement derrière ses paupières. Elle vint fort, soudainement, sans les signes avant-coureurs habituels, les muscles internes serrés autour de lui, les cuisses tremblantes, un son qui sortit de sa gorge long et déchiré.
Il la sentit se contracter.
Il enfonça les hanches une dernière fois, profond, et s'y tint. Son éjaculation traversa tout son corps, les épaules jusqu'aux reins, il poussa un son rauque contre son cou et elle le sentit palpiter en elle, chaque contraction distincte, pendant plusieurs secondes.
Ils restèrent ainsi.
Son poids sur elle, leurs souffles mêlés, la sueur entre leurs peaux. Elle avait les jambes qui retombaient de chaque côté de lui, les bras sur son dos. Dehors la mer était plate et dorée et le soleil touchait le bord des dunes.
Le chat noir dormait toujours sur le plancher dans ce qui restait de lumière.
Elle mit beaucoup de temps avant de parler.
"Hier soir", commença-t-elle enfin.
"Je t'écoute", dit-il, et il ne bougeait toujours pas.
Et elle lui dit tout.
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