Le Contrat - Chapitre 17: Le rapport

- Par l'auteur HDS Pelec -
Récit érotique écrit par Pelec [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Récit libertin : Le Contrat - Chapitre 17: Le rapport Histoire érotique Publiée sur HDS le 06-03-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Le Contrat - Chapitre 17: Le rapport
Je revins chez Madame Stella avec une fatigue qui n’avait rien à voir avec le travail. Au bureau, j’avais tenu. J’avais bouclé des dossiers, répondu au téléphone, encaissé les regards, les petites phrases, les silences. Là, c’était autre chose : une surcharge intérieure, une phrase qui tournait en boucle sans trouver où se poser.

J’avais aimé.

J’aurais préféré arriver avec une explication. Je n’avais que des sensations et une lucidité pénible : on peut dire la vérité sans comprendre ce qu’elle implique.

La porte s’ouvrit avant que je ne frappe une seconde fois.

Elle me laissa entrer, referma, posa son regard sur moi comme sur une pièce à contrôler.

— Manteau. Chaussures. Debout.

Je m’exécutai. Elle attendit que je sois immobile, puis avança d’un pas.

— Tu vas parler. Tu ne vas pas te raconter d’histoires. Tu ne vas pas me faire un roman.

Sa voix n’était ni douce ni dure. C’était un scalpel.

— Oui, Madame.

Elle désigna le salon.

— À genoux.

Je m’agenouillai sur le tapis. Ce geste, désormais, ne me demandait plus de courage. Il me demandait seulement de ne pas tricher. Elle alla s’asseoir, dossier sur les genoux, comme si on commençait une réunion.

— Ton rapport, dit-elle.

— Sur… dimanche.

— Sur ce que tu as vécu. Sur ce que tu as dit. Sur ce que tu as compris. Pas sur ce que tu voudrais être.

Elle ouvrit le dossier. Trois feuilles blanches, alignées. Un stylo. Elle posa tout ça sur la table basse, près de moi.

— Trois colonnes. Tu écris. Faits. Corps. Pensées.

Je pris le stylo. Ma main trembla une seconde, puis se calma. Parce qu’elle ne tolérait pas l’hésitation sans raison.

Je commençai.

Faits : bandeau. Menottes. Surprise. Une voix qui me demandait de décrire. Ma réponse. Le rire. Le bandeau retiré. Un homme derrière moi. Madame Stella à côté. Mon aveu répété.

Corps : chaleur. Pression. Adaptation. Une montée. Une vague. Une sensation d’envahissement. Une euphorie brève. Le cœur trop rapide. Puis un vide étrange, après.

Pensées : “C’est un jouet.” “Je devrais avoir peur.” “Pourquoi j’aime ?” “Est-ce que ça change qui je suis ?” “Est-ce que je mens depuis toujours ?” “Ou est-ce que je ne suis qu’un corps qui répond ?”

Je posai le stylo. Elle ne bougea pas.

— Lis.

Je lus. Ma voix était stable, mais à l’intérieur, ça frottait partout. Elle ne m’interrompit qu’une fois.

— Ici.

Son index pointa “je devrais avoir peur”.

— Ça, c’est un jugement. Pas une pensée. Réécris.

Je repris : “Mon cerveau cherchait la peur, comme une excuse.” C’était plus juste. Moins noble, donc plus vrai.

Elle fit un signe.

— Continue.

Je finis la lecture. Quand je relevai les yeux, elle était exactement comme toujours : pas d’émotion inutile, juste une attention précise.

— Maintenant, dit-elle, pas d’étiquettes.

Je clignai.

— Je ne veux pas entendre “gay”. Je ne veux pas entendre “bi”. Je ne veux pas entendre “hétéro”. Ces mots sont des cachettes. Tu vas me parler de désir, de cadre, de sensation, de pouvoir.

Je déglutis.

— Oui, Madame.

— Tu as aimé quoi ?

La question avait la violence d’une simplicité. Je cherchais des phrases longues. Elle les écrasa d’un regard.

— Court.

Je pris une seconde.

— La sensation.

— Laquelle ?

— La chaleur… la vague. Le fait de… perdre la tête.

— Bien. Autre chose ?

Je sentis mon visage chauffer. Ça me dégoûtait de me voir rougir, comme un adolescent. Elle attendit. Elle aimait ce délai, pas pour me torturer, mais pour m’empêcher de tricher.

— J’ai aimé… ne pas décider, dis-je enfin. Ne pas avoir à… choisir.

Elle inclina à peine la tête. Une coche.

— Autre chose ?

J’hésitai. Elle n’adoucit pas.

— Dis-le.

— J’ai aimé… l’idée que c’était interdit.

— Interdit par qui ?

Je compris. Par moi. Par mon récit d’avant. Par mon image. Elle me forçait à le dire sans me laisser me cacher derrière les “autres”.

— Par moi.

— Bien.

Elle referma le dossier avec une lenteur parfaite.

— Maintenant, je vais te faire répéter une phrase. Tu ne la décoreras pas. Tu ne la diminueras pas. Tu ne la corrigeras pas.

Elle se pencha légèrement, comme pour poser une pièce sur la table.

— Tu as dit : “Oui, c’est très bon.”

Mon ventre se contracta.

— Répète.

Je n’avais plus de théâtre possible.

— Oui, c’était très bon, dis-je.

Elle ne sourit pas. Elle posa une seconde phrase, froide et nette.

— Tu as dit : “C’est l’une des meilleures sensations de ma vie.”

Cette phrase-là me faisait honte, parce qu’elle était trop grande. On n’a pas envie qu’une phrase trop grande soit vraie.

— Répète.

Je respirai bas.

— C’était l’une des meilleures sensations de ma vie.

Un silence. Elle laissa la phrase s’installer dans la pièce, comme un objet qu’on ne peut plus ranger.

— Bien.

Elle se leva, alla au bar, revint avec un verre d’eau. Elle ne me le tendit pas. Elle le posa devant elle.

— Tu n’as pas changé. Tu as découvert.

Je voulus répondre quelque chose de brillant. Je n’avais rien. Elle avait raison, ou du moins, elle avait un angle utile : pas d’identité, pas de slogan, juste un fait.

— Et maintenant ? demandai-je, plus bas que je ne l’aurais voulu.

Elle s’approcha. Son regard me fixa au bon endroit : pas mon visage, mon point de fuite.

— Maintenant, tu vas arrêter de chercher une case. Tu vas chercher un cadre.

Elle posa la question suivante comme un contrat oral, sans lyrisme.

— Est-ce que tu veux que ça recommence ?

Je n’avais pas prévu d’être mis face à ça si vite. J’avais imaginé des semaines de réflexion, des articles, des nuits blanches. Elle faisait plus simple : oui ou non.

Je cherchais un mensonge confortable. Il n’y en avait pas. Je voulais comprendre, mais je voulais aussi oublier. Deux pulsions incompatibles.

— Je… oui, dis-je. Mais…

— Le “mais” m’intéresse.

Je pris mon courage par le col.

— Je veux… savoir à quoi je dis oui. Pas le détail. Pas les noms. Mais… le principe. Je ne veux pas découvrir après.

Elle me regarda sans bouger. J’attendais une gifle verbale. Elle donna mieux : une règle.

— D’accord.

Un mot. Sec. Efficace. Comme si ce que je venais de demander n’était pas une rébellion mais une clause.

— À partir de maintenant, reprit-elle, il y a une phrase obligatoire. Avant une surprise. Avant un invité. Tu diras : “Oui, j’accepte.” Une fois. Clair. Si tu ne le dis pas, on n’avance pas.

Je sentis une part de moi se détendre. Pas par soulagement moral : par cohérence. Elle ne devenait pas gentille. Elle devenait plus précise. Et la précision, avec elle, était une forme de sécurité.

— Oui, Madame.

Elle se rassit. Puis, sans transition :

— Tu as eu une semaine au travail en femme. Tu as tenu ?

Je pensai à Nadia qui ne m’avait pas reconnu. À Cyril qui s’était moqué. À Marc qui avait rougi. À Anaïs qui avait ajusté mon ourlet comme si c’était la chose la plus normale du monde. À Madame Stella qui m’avait dit “clair” sur un dossier, sans autre commentaire.

— Oui, Madame.

— Bien. Tu continues. Tenue de bureau. Discrétion. Efficacité. Tu ne vas pas chercher à te faire pardonner par le zèle. Tu fais ton travail.

Je hochai la tête.

Elle me laissa un silence, puis changea de vitesse. Sa voix se fit plus calme encore, ce qui, chez elle, signifiait que ça allait compter.

— Maintenant, je te donne une échappatoire.

Le mot tomba comme un objet incongru dans sa pièce parfaitement rangée.

Je relevai les yeux. Elle ne plaisantait pas.

— Une semaine, dit-elle. Une semaine de vacances. Au travail aussi. Tu poses tes jours. Tu es libre. Tu fais ce que tu veux. Tu t’habilles comme tu veux. Tu couches avec qui tu veux. Tu ne me dois rien.

Elle marqua un temps. C’était trop grand pour être un piège simple.

— Je ne te contacte pas. Aucun message. Aucun appel. Aucun contrôle. À la fin de la semaine, tu reviens ici. Dimanche. Vingt-et-une heures.

Elle posa le regard sur moi, comme si elle vérifiait que je comprenais la nature du test.

— Et tu peux choisir de ne pas revenir.

Mon cœur fit un bond absurde.

— Si je ne reviens pas…

— C’est terminé, dit-elle. Au sens strict. Je ne te poursuis pas. Je ne te menace pas. Je ne te punis pas au travail. Tu continues ton poste comme avant. Tu vivras avec ce que tu as découvert, voilà tout.

Elle se pencha légèrement.

— Ce n’est pas un cadeau. C’est un test. Tu veux savoir ce que tu aimes ? Très bien. Tu vas voir ce que tu deviens quand je ne suis pas là.

Je restai muet. Parce que, pour la première fois depuis longtemps, j’avais un vrai choix. Et un vrai choix, c’est terrifiant. Pas parce qu’il est dangereux. Parce qu’il m’oblige à me regarder sans son cadre.

Elle se leva, alla à la commode, revint avec un petit objet métallique. Elle le posa sur la table basse sans le nommer, sans le commenter.

— Ta semaine commence demain matin. Tu poses tes jours ce soir. Tu confirmes à midi. Et tu repars maintenant.

Je regardai l’objet. Je ne demandai pas ce que c’était. Je savais déjà qu’elle n’offrait jamais une “pause” sans symbole.

Je relevai la tête.

— Et si… je reviens ?

Elle eut ce pli presque imperceptible au coin de la bouche, aussitôt effacé.

— Alors tu reviens parce que tu l’as choisi. Pas parce que tu n’avais pas d’alternative.

Elle ouvrit la porte.

— Va.

Je me levai. Je ramassai les feuilles de mon rapport sans qu’elle me le demande. Je les pliai soigneusement. Mes mains étaient stables, enfin.

Dans le couloir, l’air me parut plus froid que d’habitude. Ou peut-être plus réel.

La semaine venait d’apparaître devant moi comme un continent. Et je n’avais aucune idée si j’allais le traverser pour fuir… ou pour revenir.

Les avis des lecteurs

Histoire Erotique
très bien écrit et surtout pas de violence ni de chantage, juste du contrôle mental, de l'assurance, de la méthode pour obtenir l'abandon et l'offrande, à voir où cela le mènera...
E.

Histoire Erotique
Magnifique progression!



Texte coquin : Le Contrat - Chapitre 17: Le rapport
Histoire sexe : Une rose rouge
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