Le goût de l’effondrement - chapitre 25
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 06-10-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Paul fut le premier à proposer :
— On va boire un verre ?
La proposition était tellement ordinaire que ma réponse le fut aussi.
— Oui, pourquoi pas.
Claire sourit.
— Ça nous changera un peu de cette journée.
Nous commençâmes à avancer et je fis deux ou trois pas avec eux.
Puis je m’arrêtai. Ce fut presque physique. Une seconde plus tôt, j’étais simplement Alex, étudiant sortant de cours avec ses amis. La seconde suivante, une évidence venait de reprendre sa place.
Je ne pouvais pas décider cela. Thomas se retourna.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Je regardai les trois autres.
— Je ne peux pas venir.
Paul fronça les sourcils.
— Pourquoi ? Tu viens de dire oui.
— Je sais.
— Alors ?
Je cherchai mes mots.
— Je dois rentrer directement.
Paul eut un geste d’incompréhension.
— Tu dois ? Mais tu viens de finir tes cours.
Claire, elle, avait déjà compris.
— Tu n’as pas le droit de changer ton programme tout seul, c’est ça ?
— Non.
— Même pour aller boire un verre ?
Je secouai la tête.
— Pas sans autorisation.
Paul me regarda comme s’il attendait la suite.
— Eh bien, demande.
Ma main eut presque le réflexe de chercher mon téléphone dans ma poche. Je m’arrêtai avant même de terminer le geste. Je n’avais plus de téléphone. Monsieur me l’avait retiré lorsque j’étais venu vivre chez lui.
— Je ne peux pas l’appeler.
— Tu n’as pas ton portable ? demanda Claire.
— Non.
Paul ouvrit les bras.
— Et Delmas ? Il est encore à la fac. Va lui demander.
Cette possibilité m’avait déjà traversé l’esprit. Je savais où se trouvait probablement Étienne. Il aurait suffi de retourner vers le bâtiment de recherche, de frapper à son bureau et de lui demander l’autorisation de rester une heure avec mes amis. Mais quelque chose m’en empêchait.
— Non.
— Pourquoi non ? demanda Paul.
— Parce qu’il connaît mon emploi du temps.
— Et alors ?
— S’il avait voulu que je fasse autre chose après les cours, il me l’aurait dit.
Paul me fixa, déconcerté.
— Alex, là, tu cherches quand même très loin. Tu vas juste boire un verre.
Thomas intervint avant que je réponde.
— Pour toi, c’est juste un verre. Pour lui, maintenant, ce serait désobéir.
Paul se tourna vers lui.
— Mais il pourrait demander !
— Ce n’est pas pareil, répondis-je.
Je commençais moi-même à comprendre ce qui me retenait.
— Si je vais chercher Étienne uniquement parce que j’ai envie d’obtenir une exception, je vais essayer de contourner la règle.
Claire réfléchit.
— Alors qu’en temps normal tu serais déjà rentré.
— Oui.
— Et si tu venais quand même avec nous ?
Je la regardai.
— Je passerais probablement toute l’heure à penser à ce qui m’attend en rentrant. Elle acquiesça.
— Donc aucun intérêt.
Paul semblait toujours partagé entre l’incompréhension et l’envie de protester.
— Mais enfin, Alex, tu avais envie de venir.
— Oui.
Cette réponse provoqua un bref silence. Claire s’approcha légèrement.
— Vraiment ?
— Oui. J’aurais aimé boire un verre avec vous.
C’était peut-être cela le plus difficile à leur faire comprendre. Je ne renonçais pas parce que je n’en avais plus envie. Je renonçais précisément alors que j’en avais envie.
Paul secoua la tête.
— Eh bien justement ! Viens.
Thomas posa une main sur son bras.
— Arrête.
— Quoi ?
— Tu crois l’aider, mais tu lui demandes de faire exactement ce qu’il vient de nous expliquer qu’il ne veut pas faire. Paul se tut. Thomas me regarda.
— Je ne te cache pas que tout ça continue à m’inquiéter. Mais si tu me dis que c’est ton choix, je ne vais pas passer mon temps à te pousser à désobéir juste pour vérifier si tu en es encore capable.
Je ne m’attendais pas à l’entendre dire cela.
Claire ajouta :
— On peut ne pas tout comprendre et respecter quand même le fait que tu aies choisi cette vie. Ça ne nous empêche pas de nous inquiéter pour toi.
Je les regardai tous les deux. Après cette journée, après ce qu’ils avaient vu et toutes les questions qu’ils m’avaient posées, cette simple phrase me toucha profondément.
Paul finit par souffler :
— Bon… je vais essayer de m’adapter, moi aussi.
Je souris.
— Merci.
Claire me demanda :
— On fait quelque chose de simple, alors ?
— Quoi ?
— On t’accompagne un bout de chemin.
Je la regardai, surpris.
— Vous allez au bar dans l’autre direction.
— On survivra à cinq minutes de détour.
— Claire…
— Ce n’est pas une négociation.
Thomas sourit.
— Pour une fois que quelqu’un d’autre peut te donner un ordre.
Je ris malgré moi. Et ce rire me fit du bien. Nous partîmes tous les quatre. Pendant quelques minutes, personne ne parla de Monsieur, d’Étienne, du collier ou de ce qui m’attendait le soir. Paul raconta une absurdité arrivée pendant un cours, Claire se moqua de lui, Thomas me rendit mon sac.
C’était presque comme avant.
Au carrefour, nous nous arrêtâmes. À gauche, ils rejoindraient le bar. À droite, je rentrerais chez Monsieur.
Claire m’embrassa.
— À demain.
— À demain.
Paul me donna une tape sur l’épaule.
— La prochaine fois, on te prévient avant pour le verre.
— Ce sera plus simple.
Thomas resta devant moi quelques secondes. Je savais qu’il pensait à ce qu’il avait vu au cours de cette journée, à mes yeux rougis lorsque j’étais sorti du bureau d’Étienne, aux ordres auxquels j’avais obéi devant lui.
Mais il ne m’interrogea pas.
— Ça va aller ?
Pour la première fois, sa question ne signifiait pas : Pourquoi acceptes-tu cela ?
Elle signifiait seulement : Est-ce que tu vas bien ?
— Oui.
Il me serra brièvement contre lui.
— Fais attention à toi.
— Promis.
Je les regardai partir vers le bar avant de prendre la direction opposée. J’aurais aimé les suivre. Cette envie demeura quelques minutes, accompagnée d’une légère tristesse, mais pas d’un désir de désobéir. Ce qui me touchait surtout était que Thomas et Claire avaient cessé de vouloir me convaincre. Ils n’approuvaient pas nécessairement ce que je vivais ; ils avaient simplement compris qu’ils ne m’aideraient pas en me demandant de trahir un choix que je leur affirmais avoir fait.
À mesure que j’approchais de l’appartement, une autre pensée prit toute la place. Mes deux fautes. Étienne avait été formel : je devrais les rapporter moi-même à Monsieur.
Arrivé devant la porte, je posai mon sac et respectai le rituel d’entrée. Je me déshabillai entièrement sur le palier, pliai soigneusement mes vêtements et les rangeai avec mes chaussures dans le sac prévu à cet effet.
Nu, le collier autour du cou, la cage sur mon sexe, je sonnai.
Monsieur ouvrit.
— Bonsoir, Monsieur.
Son regard passa sur moi avant qu’il s’écarte.
— Entre.
Je franchis le seuil selon la règle, puis le suivis jusqu’au salon.
Il s’assit.
Je restai un instant debout devant lui.
Il ne me demanda rien. Ni comment s’était passée ma journée, ni ce qu’Étienne avait décidé, ni même si j’avais quelque chose à lui dire. Ce silence m’enleva le refuge de l’ordre. Je compris que c’était à moi d’agir. Je m’avançai, m’agenouillai devant lui, baissai la tête et posai une main sur ma nuque dans la position qu’il m’avait apprise pour reconnaître une faute.
Monsieur attendit.
— Monsieur…
— Je t’écoute.
— J’ai deux fautes à vous rapporter.
Je pris le temps de les formuler précisément.
— Dans le bureau du professeur Vannier, le professeur Delmas m’a demandé d’écarter davantage les cuisses. Je la connaissais, mais je ne l’ai pas prise correctement et il a dû me reprendre. Ensuite, lorsque le professeur Vannier m’a autorisé à disposer, j’ai commencé à partir sans attendre que le professeur Delmas m’autorise à quitter cette position.
— Étienne t’avait demandé de me rapporter les deux ?
— Oui, Monsieur.
— Et tu l’as fait sans attendre que je t’interroge.
— Oui, Monsieur.
— Pourquoi ?
Je réfléchis avant de répondre.
— Parce que c’était à moi de venir vous les dire. Pas à vous de devoir me les arracher.
Sa main se posa quelques secondes sur ma tête.
— C’est bien.
Ces mots m’apaisèrent. À tort. Sa main se retira.
— Mais ne confonds pas ma satisfaction devant ton honnêteté avec de l’indulgence.
Je sentis mon ventre se nouer.
— Non, Monsieur.
— Ton aveu spontané compte. La confiance que tu me témoignes aussi. Mais elle ne rachète rien. Sinon tu finirais par croire qu’il suffit d’avouer correctement pour rendre une faute moins grave.
— Oui, Monsieur.
— Tu connaissais les règles. Étienne a dû te reprendre deux fois dans la même journée. Tu seras donc sévèrement puni.
Je gardai la tête basse.
— Oui, Monsieur.
— Tu as peur ?
Il aurait été inutile de mentir.
— Oui, Monsieur.
— Bien. Au moins, tu comprends que je ne parle pas d’un simple rappel.
Il se leva.
— Debout.
Je me redressai.
Monsieur alla chercher ce dont il avait besoin pour me punir. Lorsqu’il revint, je compris que la sanction serait longue.
Il fixa à chacun de mes tétons deux pinces sévères et mordantes reliées par une chaîne lestée d’un poids de cinq cents grammes, puis attacha un second poids, plus lourd sur les testicules sévèrement attachées.
Je me raidis.
— Incline ton torse, de façon à ce que le poids accroché à tes tétons pende !
Je corrigeai immédiatement ma posture.
— Écarte les cuisses.
J’obéis.
Il recula pour m’observer.
— Une heure.
Je relevai presque malgré moi les yeux.
— Monsieur ?
Son regard suffit.
— Une heure. Tu restes ainsi, mains dans le dos, les cuisses écartées. Tu ne touches à rien et tu ne modifies pas volontairement ta position. Si tu le fais, le temps sera prolongé.
— Oui, Monsieur.
Il consulta sa montre.
— Maintenant.
Les premières minutes furent presque trompeuses. Je pouvais encore me concentrer sur ma posture, contrôler mes jambes, maintenir mon torse incliné, malgré une douleur lancinante. Ma poitrine me brûlait, mes couilles se congestionnaient.
Puis le temps commença à changer de nature.
Monsieur resta dans la pièce, occupé à lire. Il n’avait besoin ni de me provoquer ni de commenter ce que je subissais. De temps à autre, il levait les yeux.
— Ton dos plat, mieux que ça !
Ou simplement :
— Les jambes.
Et je corrigeais l’écartement.
Son calme rendait toute révolte intérieure presque impossible. Rien dans son attitude ne ressemblait à un accès de colère que j’aurais pu juger excessif. Il appliquait la conséquence qu’il avait décidée.
Je repensai malgré moi à Vannier.
Lorsqu’une règle est librement acceptée et qu’elle n’est pas obéie, la punition doit tomber.
Quelques heures auparavant, cette phrase appartenait encore à une discussion. Elle avait maintenant un poids très concret.
Puis le visage de Thomas me revint.
Ça va aller ?
J’avais répondu oui. Je ne savais plus très bien si j’avais voulu le rassurer ou me convaincre.
Lorsque Monsieur annonça enfin :
— C’est terminé,
Je ne bougeai pas. J’attendis encore. Ce détail me frappa. Même au moment où je savais l’épreuve achevée, je ne considérais plus que cela m’autorisait à décider seul du mouvement suivant.
— Tu peux relâcher la position.
Je rapprochai lentement les jambes, je me redressai
Monsieur retira d’abord les poids sur mes couilles, puis ceux sur mes tétons, puis les pinces. J’attendais ce moment depuis une heure en l’imaginant comme un soulagement.
Ce fut le contraire. La douleur qui suivit leur retrait fut si brutale qu’un cri m’échappa. Mon corps se contracta et mes mains remontèrent instinctivement vers ma poitrine.
— Les mains en bas.
Elles retombèrent aussitôt.
— Oui, Monsieur.
Ce fut presque cela qui me troubla le plus : mon corps cherchait à se protéger tandis qu’une autre partie de moi avait déjà obéi. Monsieur attendit que je retrouve ma maîtrise. Puis il observa les traces laissées par la sanction.
— La prochaine fois, ce sera un kilo.
Je relevai les yeux. Le double. Ces quelques mots réussirent à déplacer instantanément ma pensée de la douleur présente vers une punition qui n’existait pas encore.
— Oui, Monsieur.
— Fais donc en sorte qu’il n’y ait pas de prochaine fois.
— Oui, Monsieur.
Il ne s’agissait pas d’une menace lancée sous le coup de la colère. C’était précisément ce qui la rendait impressionnante.
Monsieur venait simplement de m’indiquer la règle suivante.
La soirée se déroula simplement, sans Etienne retenu à l’université. Je pris mon repas à ses pieds, débarrassai son couvert, puis m’installai entre ses cuisses, alors qu’il était assis dans le divan pour regarder la télévision. Je dus le sucer longuement, patiemment, lécher sa hampe de chair dressée, ses testicules, puis le reprendre en bouche et accepter le rythme qu’il m’imposa en tirant sur ma chevelure. Lorsqu’il eut joui, il m’emmena dans la mansarde, et je dus me coucher.
Le lendemain, je compris dès mes premiers mouvements que la sanction m’accompagnerait à l’université.
Ma chemise frottait contre ma poitrine encore meurtrie. Le contact était parfois léger, presque supportable, puis un mouvement plus brusque suffisait à réveiller la sensibilité de la veille.
Plus bas, la peau de mes couilles gardait elle aussi la trace de l’épreuve. Le lien qui avait maintenu mes testicules sous tension pendant une heure avait blessé la peau à l’endroit précis où il avait serré. Le contact de mes cuisses rendait maintenant la marche désagréable.
Sans y penser, je les écartai.
Puis davantage.
Je m’en aperçus après quelques pas et cette constatation me troubla.
N’était-ce pas précisément ce que Monsieur exigeait de moi ? Toujours conserver un écart suffisant entre les cuisses pour lui laisser libre accès à mon entrejambe lorsqu’il le désirait.
Il n’était pourtant pas là. Personne ne me regardait. Aucun ordre ne venait de tomber. Et malgré cela, entre la douleur qui m’incitait à éviter le frottement et la règle qui s’était déjà inscrite dans mes habitudes, j’avais spontanément retrouvé la posture qu’il attendait de moi. Ma démarche en devenait curieuse. Je tentai un instant de rapprocher les jambes, comme pour retrouver dans la rue l’allure ordinaire de l’étudiant que j’étais encore quelques jours auparavant.
La gêne me fit renoncer. Mais ce n’était plus seulement elle qui maintenait mes cuisses écartées. C’était aussi cette pensée, devenue presque réflexe :
Monsieur veut que je marche ainsi.
Je poursuivis donc mon chemin.
Un frottement de chemise : les pinces.
Un pas : la punition.
L’écartement de mes jambes : la règle.
Et derrière chacun de ces rappels, l’impression troublante que Monsieur n’avait plus besoin d’être physiquement auprès de moi pour influencer jusqu’à ma manière de me tenir.
Thomas remarqua mon allure presque aussitôt lorsque nous nous retrouvâmes à l’université.
— Tu marches bizarrement.
Je sentis immédiatement mon visage chauffer.
— Je sais.
Il m’observa quelques secondes.
— Hier soir ?
— Oui.
Il n’eut pas besoin de demander davantage.
— Tu as mal ?
J’essayai de sourire.
— Disons que mon corps a une excellente mémoire ce matin.
Mon humour ne le trompa pas. Son regard descendit brièvement vers mon entrecuisse puis vers ma poitrine avant de revenir à mon visage.
— Et là aussi ?
— La chemise n’aide pas.
Je vis alors apparaître dans ses yeux quelque chose qui me déstabilisa davantage que son inquiétude de la veille. De la peine. Pour moi, cette douleur appartenait à un ensemble auquel j’avais choisi de donner un sens : une faute, une règle, une conséquence, une autorité acceptée.
Pour Thomas, son ami avait simplement mal.
Cette différence de regard me troubla.
Quelques minutes plus tard, nous croisâmes Étienne dans un couloir.
— Alex.
Je m’arrêtai.
— Oui, professeur ?
Son regard descendit vers ma démarche.
— Encore douloureux ?
La question devant Thomas m’humilia immédiatement.
— Oui, professeur.
— Et votre poitrine ?
— Aussi.
— Votre chemise.
J’hésitai.
— Professeur ?
— Déboutonnez-la.
Je sentis Thomas se raidir à côté de moi.Mes doigts se portèrent aux boutons. Et tandis que j’ouvrais ma chemise, une peur beaucoup plus précise surgit.
Jusqu’où Étienne comptait-il aller ?
Thomas connaissait désormais beaucoup de choses. Il avait vu mon collier, mon obéissance, les postures imposées, entendu parler de Monsieur et des sanctions. Mais il n’avait jamais vu la cage de chasteté.
Cette limite-là demeurait intacte.
Pendant quelques secondes, j’eus peur qu’Étienne me demande également d’ouvrir mon pantalon. La simple idée que Thomas puisse découvrir cet aspect de ma soumission me bouleversa.
Et derrière cette peur se trouvait une question plus dérangeante encore.
S’il me l’ordonnait, que ferais-je ?
Je savais que je pouvais refuser. Monsieur tenait précisément à ce que je ne l’oublie jamais.
Mais je ne savais pas si je refuserais.
— Suffit, dit Étienne.
Je m’arrêtai. Le soulagement que j’éprouvai fut presque honteux.
Étienne écarta les pans de ma chemise et examina les traces laissées par les pinces.
Puis il pressa mes tétons brièvement entre ses pouces et ses index. La douleur me surprit suffisamment pour que je grimace et amorce un mouvement de recul avant de me reprendre.
Thomas l’avait vu.
J’aurais voulu rester impassible devant lui, lui laisser croire au moins que les marques étaient plus impressionnantes que douloureuses. Ma réaction venait de lui apprendre le contraire.
Étienne, lui, constata simplement :
— Toujours très sensibles.
— Oui, professeur.
Thomas détourna un instant les yeux. Non par dégoût, compris-je, mais par pudeur pour moi.
— Et le frottement de la chemise vous les rappelle ? poursuivit Étienne.
— Oui, professeur.
— Bien.
Ce mot suffit à résumer la différence entre les deux hommes qui se tenaient devant moi.
Pour Étienne, cette sensibilité persistante signifiait que la sanction remplissait son rôle. Pour Thomas, elle signifiait que j’avais mal. Et moi, j’étais exactement entre ces deux perceptions.
— Reboutonnez-vous.
— Oui, professeur.
Je refermai ma chemise avec un soulagement que j’espérais discret. Thomas ne verrait rien d’autre. Lorsque le tissu retrouva ma peau, je ne pus empêcher une légère crispation.
— Monsieur vous a expliqué ce qui arriverait en cas de récidive ? demanda Étienne.
— Oui, professeur.
— Dites-le.
Je compris immédiatement qu’il ne me demandait pas de répéter cette information pour lui. Il voulait que Thomas l’entende.
Je baissai les yeux.
— La prochaine fois, le poids sera d’un kilo.
Le silence de Thomas me pesa davantage que les mots eux-mêmes.
Étienne acquiesça.
— Alors faites en sorte que cette information vous soit utile.
— Oui, professeur.
— Allez en cours.
— Merci, professeur.
Il s’éloigna.
Thomas et moi restâmes quelques secondes sans parler. Je n’osais pas le regarder.
— Alex…
Je levai finalement les yeux.
— Quand il t’a touché, tu as vraiment eu mal.
Ce n’était pas une question.
— Oui.
Il hésita.
— Et quand il t’a demandé d’ouvrir ta chemise… tu as eu peur.
Thomas me connaissait décidément trop bien.
— Oui.
— De quoi ?
Je pouvais lui mentir. Je ne le fis pas.
— Qu’il me demande d’aller plus loin.
Thomas me fixa une seconde, puis comprit que je ne voulais pas préciser.
— D’accord.
Aucune question supplémentaire. Aucune curiosité. Ce simple respect de ma limite me soulagea. Nous reprîmes notre chemin vers l’amphithéâtre. Ma démarche restait inhabituelle et le tissu continuait à me rappeler la veille.
Après quelques mètres, Thomas ralentit. Il ne le fit pas ostensiblement. Il adapta simplement son allure à la mienne. Je le remarquai sans rien dire. Monsieur m’apprenait à assumer les conséquences de mes choix. Étienne s’assurait que je ne puisse les oublier.
Thomas, lui, ne cherchait ni à comprendre davantage ni à me convaincre.
Il marchait simplement à côté de moi.
Et cette compassion silencieuse me rappela quelque chose que ma soumission ne devait jamais réussir à effacer : si j’avais choisi de remettre une part de ma liberté entre les mains de Monsieur, je devais rester assez lucide pour savoir, à chaque nouvelle étape, si je voulais encore la lui donner.
— On va boire un verre ?
La proposition était tellement ordinaire que ma réponse le fut aussi.
— Oui, pourquoi pas.
Claire sourit.
— Ça nous changera un peu de cette journée.
Nous commençâmes à avancer et je fis deux ou trois pas avec eux.
Puis je m’arrêtai. Ce fut presque physique. Une seconde plus tôt, j’étais simplement Alex, étudiant sortant de cours avec ses amis. La seconde suivante, une évidence venait de reprendre sa place.
Je ne pouvais pas décider cela. Thomas se retourna.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Je regardai les trois autres.
— Je ne peux pas venir.
Paul fronça les sourcils.
— Pourquoi ? Tu viens de dire oui.
— Je sais.
— Alors ?
Je cherchai mes mots.
— Je dois rentrer directement.
Paul eut un geste d’incompréhension.
— Tu dois ? Mais tu viens de finir tes cours.
Claire, elle, avait déjà compris.
— Tu n’as pas le droit de changer ton programme tout seul, c’est ça ?
— Non.
— Même pour aller boire un verre ?
Je secouai la tête.
— Pas sans autorisation.
Paul me regarda comme s’il attendait la suite.
— Eh bien, demande.
Ma main eut presque le réflexe de chercher mon téléphone dans ma poche. Je m’arrêtai avant même de terminer le geste. Je n’avais plus de téléphone. Monsieur me l’avait retiré lorsque j’étais venu vivre chez lui.
— Je ne peux pas l’appeler.
— Tu n’as pas ton portable ? demanda Claire.
— Non.
Paul ouvrit les bras.
— Et Delmas ? Il est encore à la fac. Va lui demander.
Cette possibilité m’avait déjà traversé l’esprit. Je savais où se trouvait probablement Étienne. Il aurait suffi de retourner vers le bâtiment de recherche, de frapper à son bureau et de lui demander l’autorisation de rester une heure avec mes amis. Mais quelque chose m’en empêchait.
— Non.
— Pourquoi non ? demanda Paul.
— Parce qu’il connaît mon emploi du temps.
— Et alors ?
— S’il avait voulu que je fasse autre chose après les cours, il me l’aurait dit.
Paul me fixa, déconcerté.
— Alex, là, tu cherches quand même très loin. Tu vas juste boire un verre.
Thomas intervint avant que je réponde.
— Pour toi, c’est juste un verre. Pour lui, maintenant, ce serait désobéir.
Paul se tourna vers lui.
— Mais il pourrait demander !
— Ce n’est pas pareil, répondis-je.
Je commençais moi-même à comprendre ce qui me retenait.
— Si je vais chercher Étienne uniquement parce que j’ai envie d’obtenir une exception, je vais essayer de contourner la règle.
Claire réfléchit.
— Alors qu’en temps normal tu serais déjà rentré.
— Oui.
— Et si tu venais quand même avec nous ?
Je la regardai.
— Je passerais probablement toute l’heure à penser à ce qui m’attend en rentrant. Elle acquiesça.
— Donc aucun intérêt.
Paul semblait toujours partagé entre l’incompréhension et l’envie de protester.
— Mais enfin, Alex, tu avais envie de venir.
— Oui.
Cette réponse provoqua un bref silence. Claire s’approcha légèrement.
— Vraiment ?
— Oui. J’aurais aimé boire un verre avec vous.
C’était peut-être cela le plus difficile à leur faire comprendre. Je ne renonçais pas parce que je n’en avais plus envie. Je renonçais précisément alors que j’en avais envie.
Paul secoua la tête.
— Eh bien justement ! Viens.
Thomas posa une main sur son bras.
— Arrête.
— Quoi ?
— Tu crois l’aider, mais tu lui demandes de faire exactement ce qu’il vient de nous expliquer qu’il ne veut pas faire. Paul se tut. Thomas me regarda.
— Je ne te cache pas que tout ça continue à m’inquiéter. Mais si tu me dis que c’est ton choix, je ne vais pas passer mon temps à te pousser à désobéir juste pour vérifier si tu en es encore capable.
Je ne m’attendais pas à l’entendre dire cela.
Claire ajouta :
— On peut ne pas tout comprendre et respecter quand même le fait que tu aies choisi cette vie. Ça ne nous empêche pas de nous inquiéter pour toi.
Je les regardai tous les deux. Après cette journée, après ce qu’ils avaient vu et toutes les questions qu’ils m’avaient posées, cette simple phrase me toucha profondément.
Paul finit par souffler :
— Bon… je vais essayer de m’adapter, moi aussi.
Je souris.
— Merci.
Claire me demanda :
— On fait quelque chose de simple, alors ?
— Quoi ?
— On t’accompagne un bout de chemin.
Je la regardai, surpris.
— Vous allez au bar dans l’autre direction.
— On survivra à cinq minutes de détour.
— Claire…
— Ce n’est pas une négociation.
Thomas sourit.
— Pour une fois que quelqu’un d’autre peut te donner un ordre.
Je ris malgré moi. Et ce rire me fit du bien. Nous partîmes tous les quatre. Pendant quelques minutes, personne ne parla de Monsieur, d’Étienne, du collier ou de ce qui m’attendait le soir. Paul raconta une absurdité arrivée pendant un cours, Claire se moqua de lui, Thomas me rendit mon sac.
C’était presque comme avant.
Au carrefour, nous nous arrêtâmes. À gauche, ils rejoindraient le bar. À droite, je rentrerais chez Monsieur.
Claire m’embrassa.
— À demain.
— À demain.
Paul me donna une tape sur l’épaule.
— La prochaine fois, on te prévient avant pour le verre.
— Ce sera plus simple.
Thomas resta devant moi quelques secondes. Je savais qu’il pensait à ce qu’il avait vu au cours de cette journée, à mes yeux rougis lorsque j’étais sorti du bureau d’Étienne, aux ordres auxquels j’avais obéi devant lui.
Mais il ne m’interrogea pas.
— Ça va aller ?
Pour la première fois, sa question ne signifiait pas : Pourquoi acceptes-tu cela ?
Elle signifiait seulement : Est-ce que tu vas bien ?
— Oui.
Il me serra brièvement contre lui.
— Fais attention à toi.
— Promis.
Je les regardai partir vers le bar avant de prendre la direction opposée. J’aurais aimé les suivre. Cette envie demeura quelques minutes, accompagnée d’une légère tristesse, mais pas d’un désir de désobéir. Ce qui me touchait surtout était que Thomas et Claire avaient cessé de vouloir me convaincre. Ils n’approuvaient pas nécessairement ce que je vivais ; ils avaient simplement compris qu’ils ne m’aideraient pas en me demandant de trahir un choix que je leur affirmais avoir fait.
À mesure que j’approchais de l’appartement, une autre pensée prit toute la place. Mes deux fautes. Étienne avait été formel : je devrais les rapporter moi-même à Monsieur.
Arrivé devant la porte, je posai mon sac et respectai le rituel d’entrée. Je me déshabillai entièrement sur le palier, pliai soigneusement mes vêtements et les rangeai avec mes chaussures dans le sac prévu à cet effet.
Nu, le collier autour du cou, la cage sur mon sexe, je sonnai.
Monsieur ouvrit.
— Bonsoir, Monsieur.
Son regard passa sur moi avant qu’il s’écarte.
— Entre.
Je franchis le seuil selon la règle, puis le suivis jusqu’au salon.
Il s’assit.
Je restai un instant debout devant lui.
Il ne me demanda rien. Ni comment s’était passée ma journée, ni ce qu’Étienne avait décidé, ni même si j’avais quelque chose à lui dire. Ce silence m’enleva le refuge de l’ordre. Je compris que c’était à moi d’agir. Je m’avançai, m’agenouillai devant lui, baissai la tête et posai une main sur ma nuque dans la position qu’il m’avait apprise pour reconnaître une faute.
Monsieur attendit.
— Monsieur…
— Je t’écoute.
— J’ai deux fautes à vous rapporter.
Je pris le temps de les formuler précisément.
— Dans le bureau du professeur Vannier, le professeur Delmas m’a demandé d’écarter davantage les cuisses. Je la connaissais, mais je ne l’ai pas prise correctement et il a dû me reprendre. Ensuite, lorsque le professeur Vannier m’a autorisé à disposer, j’ai commencé à partir sans attendre que le professeur Delmas m’autorise à quitter cette position.
— Étienne t’avait demandé de me rapporter les deux ?
— Oui, Monsieur.
— Et tu l’as fait sans attendre que je t’interroge.
— Oui, Monsieur.
— Pourquoi ?
Je réfléchis avant de répondre.
— Parce que c’était à moi de venir vous les dire. Pas à vous de devoir me les arracher.
Sa main se posa quelques secondes sur ma tête.
— C’est bien.
Ces mots m’apaisèrent. À tort. Sa main se retira.
— Mais ne confonds pas ma satisfaction devant ton honnêteté avec de l’indulgence.
Je sentis mon ventre se nouer.
— Non, Monsieur.
— Ton aveu spontané compte. La confiance que tu me témoignes aussi. Mais elle ne rachète rien. Sinon tu finirais par croire qu’il suffit d’avouer correctement pour rendre une faute moins grave.
— Oui, Monsieur.
— Tu connaissais les règles. Étienne a dû te reprendre deux fois dans la même journée. Tu seras donc sévèrement puni.
Je gardai la tête basse.
— Oui, Monsieur.
— Tu as peur ?
Il aurait été inutile de mentir.
— Oui, Monsieur.
— Bien. Au moins, tu comprends que je ne parle pas d’un simple rappel.
Il se leva.
— Debout.
Je me redressai.
Monsieur alla chercher ce dont il avait besoin pour me punir. Lorsqu’il revint, je compris que la sanction serait longue.
Il fixa à chacun de mes tétons deux pinces sévères et mordantes reliées par une chaîne lestée d’un poids de cinq cents grammes, puis attacha un second poids, plus lourd sur les testicules sévèrement attachées.
Je me raidis.
— Incline ton torse, de façon à ce que le poids accroché à tes tétons pende !
Je corrigeai immédiatement ma posture.
— Écarte les cuisses.
J’obéis.
Il recula pour m’observer.
— Une heure.
Je relevai presque malgré moi les yeux.
— Monsieur ?
Son regard suffit.
— Une heure. Tu restes ainsi, mains dans le dos, les cuisses écartées. Tu ne touches à rien et tu ne modifies pas volontairement ta position. Si tu le fais, le temps sera prolongé.
— Oui, Monsieur.
Il consulta sa montre.
— Maintenant.
Les premières minutes furent presque trompeuses. Je pouvais encore me concentrer sur ma posture, contrôler mes jambes, maintenir mon torse incliné, malgré une douleur lancinante. Ma poitrine me brûlait, mes couilles se congestionnaient.
Puis le temps commença à changer de nature.
Monsieur resta dans la pièce, occupé à lire. Il n’avait besoin ni de me provoquer ni de commenter ce que je subissais. De temps à autre, il levait les yeux.
— Ton dos plat, mieux que ça !
Ou simplement :
— Les jambes.
Et je corrigeais l’écartement.
Son calme rendait toute révolte intérieure presque impossible. Rien dans son attitude ne ressemblait à un accès de colère que j’aurais pu juger excessif. Il appliquait la conséquence qu’il avait décidée.
Je repensai malgré moi à Vannier.
Lorsqu’une règle est librement acceptée et qu’elle n’est pas obéie, la punition doit tomber.
Quelques heures auparavant, cette phrase appartenait encore à une discussion. Elle avait maintenant un poids très concret.
Puis le visage de Thomas me revint.
Ça va aller ?
J’avais répondu oui. Je ne savais plus très bien si j’avais voulu le rassurer ou me convaincre.
Lorsque Monsieur annonça enfin :
— C’est terminé,
Je ne bougeai pas. J’attendis encore. Ce détail me frappa. Même au moment où je savais l’épreuve achevée, je ne considérais plus que cela m’autorisait à décider seul du mouvement suivant.
— Tu peux relâcher la position.
Je rapprochai lentement les jambes, je me redressai
Monsieur retira d’abord les poids sur mes couilles, puis ceux sur mes tétons, puis les pinces. J’attendais ce moment depuis une heure en l’imaginant comme un soulagement.
Ce fut le contraire. La douleur qui suivit leur retrait fut si brutale qu’un cri m’échappa. Mon corps se contracta et mes mains remontèrent instinctivement vers ma poitrine.
— Les mains en bas.
Elles retombèrent aussitôt.
— Oui, Monsieur.
Ce fut presque cela qui me troubla le plus : mon corps cherchait à se protéger tandis qu’une autre partie de moi avait déjà obéi. Monsieur attendit que je retrouve ma maîtrise. Puis il observa les traces laissées par la sanction.
— La prochaine fois, ce sera un kilo.
Je relevai les yeux. Le double. Ces quelques mots réussirent à déplacer instantanément ma pensée de la douleur présente vers une punition qui n’existait pas encore.
— Oui, Monsieur.
— Fais donc en sorte qu’il n’y ait pas de prochaine fois.
— Oui, Monsieur.
Il ne s’agissait pas d’une menace lancée sous le coup de la colère. C’était précisément ce qui la rendait impressionnante.
Monsieur venait simplement de m’indiquer la règle suivante.
La soirée se déroula simplement, sans Etienne retenu à l’université. Je pris mon repas à ses pieds, débarrassai son couvert, puis m’installai entre ses cuisses, alors qu’il était assis dans le divan pour regarder la télévision. Je dus le sucer longuement, patiemment, lécher sa hampe de chair dressée, ses testicules, puis le reprendre en bouche et accepter le rythme qu’il m’imposa en tirant sur ma chevelure. Lorsqu’il eut joui, il m’emmena dans la mansarde, et je dus me coucher.
Le lendemain, je compris dès mes premiers mouvements que la sanction m’accompagnerait à l’université.
Ma chemise frottait contre ma poitrine encore meurtrie. Le contact était parfois léger, presque supportable, puis un mouvement plus brusque suffisait à réveiller la sensibilité de la veille.
Plus bas, la peau de mes couilles gardait elle aussi la trace de l’épreuve. Le lien qui avait maintenu mes testicules sous tension pendant une heure avait blessé la peau à l’endroit précis où il avait serré. Le contact de mes cuisses rendait maintenant la marche désagréable.
Sans y penser, je les écartai.
Puis davantage.
Je m’en aperçus après quelques pas et cette constatation me troubla.
N’était-ce pas précisément ce que Monsieur exigeait de moi ? Toujours conserver un écart suffisant entre les cuisses pour lui laisser libre accès à mon entrejambe lorsqu’il le désirait.
Il n’était pourtant pas là. Personne ne me regardait. Aucun ordre ne venait de tomber. Et malgré cela, entre la douleur qui m’incitait à éviter le frottement et la règle qui s’était déjà inscrite dans mes habitudes, j’avais spontanément retrouvé la posture qu’il attendait de moi. Ma démarche en devenait curieuse. Je tentai un instant de rapprocher les jambes, comme pour retrouver dans la rue l’allure ordinaire de l’étudiant que j’étais encore quelques jours auparavant.
La gêne me fit renoncer. Mais ce n’était plus seulement elle qui maintenait mes cuisses écartées. C’était aussi cette pensée, devenue presque réflexe :
Monsieur veut que je marche ainsi.
Je poursuivis donc mon chemin.
Un frottement de chemise : les pinces.
Un pas : la punition.
L’écartement de mes jambes : la règle.
Et derrière chacun de ces rappels, l’impression troublante que Monsieur n’avait plus besoin d’être physiquement auprès de moi pour influencer jusqu’à ma manière de me tenir.
Thomas remarqua mon allure presque aussitôt lorsque nous nous retrouvâmes à l’université.
— Tu marches bizarrement.
Je sentis immédiatement mon visage chauffer.
— Je sais.
Il m’observa quelques secondes.
— Hier soir ?
— Oui.
Il n’eut pas besoin de demander davantage.
— Tu as mal ?
J’essayai de sourire.
— Disons que mon corps a une excellente mémoire ce matin.
Mon humour ne le trompa pas. Son regard descendit brièvement vers mon entrecuisse puis vers ma poitrine avant de revenir à mon visage.
— Et là aussi ?
— La chemise n’aide pas.
Je vis alors apparaître dans ses yeux quelque chose qui me déstabilisa davantage que son inquiétude de la veille. De la peine. Pour moi, cette douleur appartenait à un ensemble auquel j’avais choisi de donner un sens : une faute, une règle, une conséquence, une autorité acceptée.
Pour Thomas, son ami avait simplement mal.
Cette différence de regard me troubla.
Quelques minutes plus tard, nous croisâmes Étienne dans un couloir.
— Alex.
Je m’arrêtai.
— Oui, professeur ?
Son regard descendit vers ma démarche.
— Encore douloureux ?
La question devant Thomas m’humilia immédiatement.
— Oui, professeur.
— Et votre poitrine ?
— Aussi.
— Votre chemise.
J’hésitai.
— Professeur ?
— Déboutonnez-la.
Je sentis Thomas se raidir à côté de moi.Mes doigts se portèrent aux boutons. Et tandis que j’ouvrais ma chemise, une peur beaucoup plus précise surgit.
Jusqu’où Étienne comptait-il aller ?
Thomas connaissait désormais beaucoup de choses. Il avait vu mon collier, mon obéissance, les postures imposées, entendu parler de Monsieur et des sanctions. Mais il n’avait jamais vu la cage de chasteté.
Cette limite-là demeurait intacte.
Pendant quelques secondes, j’eus peur qu’Étienne me demande également d’ouvrir mon pantalon. La simple idée que Thomas puisse découvrir cet aspect de ma soumission me bouleversa.
Et derrière cette peur se trouvait une question plus dérangeante encore.
S’il me l’ordonnait, que ferais-je ?
Je savais que je pouvais refuser. Monsieur tenait précisément à ce que je ne l’oublie jamais.
Mais je ne savais pas si je refuserais.
— Suffit, dit Étienne.
Je m’arrêtai. Le soulagement que j’éprouvai fut presque honteux.
Étienne écarta les pans de ma chemise et examina les traces laissées par les pinces.
Puis il pressa mes tétons brièvement entre ses pouces et ses index. La douleur me surprit suffisamment pour que je grimace et amorce un mouvement de recul avant de me reprendre.
Thomas l’avait vu.
J’aurais voulu rester impassible devant lui, lui laisser croire au moins que les marques étaient plus impressionnantes que douloureuses. Ma réaction venait de lui apprendre le contraire.
Étienne, lui, constata simplement :
— Toujours très sensibles.
— Oui, professeur.
Thomas détourna un instant les yeux. Non par dégoût, compris-je, mais par pudeur pour moi.
— Et le frottement de la chemise vous les rappelle ? poursuivit Étienne.
— Oui, professeur.
— Bien.
Ce mot suffit à résumer la différence entre les deux hommes qui se tenaient devant moi.
Pour Étienne, cette sensibilité persistante signifiait que la sanction remplissait son rôle. Pour Thomas, elle signifiait que j’avais mal. Et moi, j’étais exactement entre ces deux perceptions.
— Reboutonnez-vous.
— Oui, professeur.
Je refermai ma chemise avec un soulagement que j’espérais discret. Thomas ne verrait rien d’autre. Lorsque le tissu retrouva ma peau, je ne pus empêcher une légère crispation.
— Monsieur vous a expliqué ce qui arriverait en cas de récidive ? demanda Étienne.
— Oui, professeur.
— Dites-le.
Je compris immédiatement qu’il ne me demandait pas de répéter cette information pour lui. Il voulait que Thomas l’entende.
Je baissai les yeux.
— La prochaine fois, le poids sera d’un kilo.
Le silence de Thomas me pesa davantage que les mots eux-mêmes.
Étienne acquiesça.
— Alors faites en sorte que cette information vous soit utile.
— Oui, professeur.
— Allez en cours.
— Merci, professeur.
Il s’éloigna.
Thomas et moi restâmes quelques secondes sans parler. Je n’osais pas le regarder.
— Alex…
Je levai finalement les yeux.
— Quand il t’a touché, tu as vraiment eu mal.
Ce n’était pas une question.
— Oui.
Il hésita.
— Et quand il t’a demandé d’ouvrir ta chemise… tu as eu peur.
Thomas me connaissait décidément trop bien.
— Oui.
— De quoi ?
Je pouvais lui mentir. Je ne le fis pas.
— Qu’il me demande d’aller plus loin.
Thomas me fixa une seconde, puis comprit que je ne voulais pas préciser.
— D’accord.
Aucune question supplémentaire. Aucune curiosité. Ce simple respect de ma limite me soulagea. Nous reprîmes notre chemin vers l’amphithéâtre. Ma démarche restait inhabituelle et le tissu continuait à me rappeler la veille.
Après quelques mètres, Thomas ralentit. Il ne le fit pas ostensiblement. Il adapta simplement son allure à la mienne. Je le remarquai sans rien dire. Monsieur m’apprenait à assumer les conséquences de mes choix. Étienne s’assurait que je ne puisse les oublier.
Thomas, lui, ne cherchait ni à comprendre davantage ni à me convaincre.
Il marchait simplement à côté de moi.
Et cette compassion silencieuse me rappela quelque chose que ma soumission ne devait jamais réussir à effacer : si j’avais choisi de remettre une part de ma liberté entre les mains de Monsieur, je devais rester assez lucide pour savoir, à chaque nouvelle étape, si je voulais encore la lui donner.
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3 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Et bien voici un chapitre qui se tourne, nous arrivons maintenant à un moment où Alex va continuer à vivre au grand jour sa condition. Je trouve dommage que cela puisse nuire à son avenir professionnel mais pour la suite de l'histoire cela est sans doute nécessaire. J'ai aimé la réaction des amis qui le ne jugent pas et font preuves d'empathie. Julie en tête, pour Thomas je ne sais pas encore quoi en penser, va t il se détourner de son ami et possiblement commencer à dominer ou bien au contraire le rejoindre dans sa condition de soumis?
En revanche je trouve les punitions extrêmes avec un poids de 500 grammes alors le kilo...
Au plaisir de lire la suite
En revanche je trouve les punitions extrêmes avec un poids de 500 grammes alors le kilo...
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Merci beaucoup Js1984, pour votre commentaire et pour la justesse de votre analyse. Votre réflexion est très pertinente.
J’ai cependant fait le choix d’une évolution volontairement progressive, aussi bien dans le dévoilement de la soumission d’Alex que dans les réactions de ses amis.
Sans dévoiler la suite, les choses vont radicalement changer dès le prochain chapitre. Thomas, en particulier, va être confronté beaucoup plus brutalement à cette réalité… et sa réaction sera très différente.
Sincèrement Merci encore pour cette lecture attentive et pour vos remarques : ce genre de retour est particulièrement précieux. 😉
J’ai cependant fait le choix d’une évolution volontairement progressive, aussi bien dans le dévoilement de la soumission d’Alex que dans les réactions de ses amis.
Sans dévoiler la suite, les choses vont radicalement changer dès le prochain chapitre. Thomas, en particulier, va être confronté beaucoup plus brutalement à cette réalité… et sa réaction sera très différente.
Sincèrement Merci encore pour cette lecture attentive et pour vos remarques : ce genre de retour est particulièrement précieux. 😉
Je suis très étonné par la réaction des trois amis. Thomas apparaît comme quelqu’un de loyal et protecteur, Claire comme une personne empathique, sensible et attentive, tandis que Paul semble davantage mal à l’aise face aux zones d’ombre. Pourtant, leurs réactions me paraissent peu crédibles. J’aurais trouvé plus plausible qu’ils soient profondément troublés, choqués, mal à l’aise, voire en colère ou tristes. Dans la plupart des situations comparables, la réaction dominante est souvent le rejet ou l’incompréhension, beaucoup plus rarement la fascination.
Je suis sans doute un peu traditionnel sur ce point, mais je pense que le récit aurait gagné en intensité et en authenticité si le dévoilement avait provoqué davantage d’incompréhension, de violence émotionnelle et de sentiment d’humiliation.
On est presque à deux doigts de voir Thomas participer lui-même, ce qui atténue considérablement le choc moral et émotionnel que cette révélation devrait normalement susciter.
Je suis sans doute un peu traditionnel sur ce point, mais je pense que le récit aurait gagné en intensité et en authenticité si le dévoilement avait provoqué davantage d’incompréhension, de violence émotionnelle et de sentiment d’humiliation.
On est presque à deux doigts de voir Thomas participer lui-même, ce qui atténue considérablement le choc moral et émotionnel que cette révélation devrait normalement susciter.
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