Mademoiselle et son professeur de tennis

- Par l'auteur HDS CDuvert -
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
  • • 147 récits publiés.
  • • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
  • • L'ensemble des récits érotiques de CDuvert ont reçu un total de 364 730 visites.
Récit libertin : Mademoiselle et son professeur de tennis Histoire érotique Publiée sur HDS le 13-04-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
Cette histoire de sexe a été affichée 738 fois depuis sa publication.

Couleur du fond :
Mademoiselle et son professeur de tennis
L'été est revenu sur le domaine comme une promesse tenue. Les rosiers de papa débordent de pétales, l'air sent la lavande et l'herbe chaude, et moi, j'attends sur le court de tennis avec la patience d'une araignée au centre de sa toile.

Il s'appelle Julien. Papa l'a recruté dans une académie de Nice : vingt-deux ans, titulaire d'un brevet fédéral, médaillé d'argent aux championnats régionaux. Quand le jardinier Marcel me l'a décrit, en rougissant légèrement, ce cher Marcel, il m'a dit : un grand gaillard aux yeux bleus, timide comme une fille de couvent.

Je porte ma jupe de tennis blanche, celle qui s'arrête au milieu de la cuisse, et un polo blanc qui moule exactement ce qu'il faut. Dessous, pour le principe, une culotte de coton très fine. J'ai rentré la jupe dans ma ceinture d'un centimètre supplémentaire, détail invisible mais décisif.

La grille s'ouvre. Il entre.

Il est encore mieux que ce que m'avait dit Marcel. Grand, les épaules larges sous son polo bleu marine, des jambes nerveuses et bronzées au-dessous d'un short gris. Ses cheveux sont noirs, légèrement trop longs pour un professionnel, et ses yeux, vraiment bleus, d'un bleu presque surprenant dans ce visage mat, ses yeux s'attardent une demi-s uneconde sur moi avant de tomber vers ses chaussures.

Cette demi-seconde me suffit.

« Mademoiselle ? » Il a une voix douce, un peu grave, avec une pointe d'accent du sud auquel je ne m'attendais pas. « Je suis Julien Ferraro. Votre père m'a engagé pour… »

« Je sais très bien pourquoi vous êtes là, » j'interromps en souriant. « Venez. »

Ses yeux refont le trajet : mes jambes, mes hanches, mon visage. Il détourne le regard une fois de plus avec une conscience professionnelle touchante. Décidément, il va falloir travailler.

La première séance commence avec une correction toute scolaire. Julien est excellent dans son rôle : il explique la prise en main, le placement des pieds, l'arc du revers. Sa voix reste égale, son regard professionnel. Mais je remarque la façon dont sa main tremble légèrement quand elle se pose sur mon coude pour corriger ma position.

« Vous avez déjà joué ? » demande-t-il en reculant d'un pas, les yeux sur ma raquette.

« Un peu. Mais j'ai besoin qu'on… reprenne les bases. »

La chaleur monte sur le court. La sueur commence à perler sur son front, à coller son polo dans son dos. Je la fais exprès d'être moins bonne que je ne suis: balle trop courte, swing trop court, déplacement approximatif, pour qu'il revienne vers moi, qu'il pose sa main sur ma hanche pour redresser ma posture, qu'il passe dans mon dos pour guider le geste.

Au troisième exercice, sa main sur mon épaule s'attarde une fraction de seconde de trop.

« Comme ça ? » je demande en tournant légèrement la tête vers lui, nos visages très proches soudain.

Il recule. « Oui… très bien. »

Sa voix a changé de registre. Un ton plus bas, une syllabe de moins. Je ne souris pas encore. Je me retourne vers le filet et je sers.

Après une heure, je lui propose à boire. Il me suit vers le petit pavillon qui borde le court, la même construction octogonale où j'avais reçu Thibault; décidément, ces vieilles pierres ont de la mémoire. Je lui tends un verre de limonade froide et je m'assieds sur le banc de pierre, croisant les jambes.

Il reste debout, son verre à la main, regardant le court avec cette concentration excessive des gens qui s'efforcent de ne pas regarder ailleurs.

« Vous aimez ce métier ? » je demande.

« Oui. » Un silence. « C'est un beau domaine.»

« Vous avez quel âge, Julien ? »

Il hésite, la question le surprend venant de moi. « Vingt-deux ans. »

« Et vous avez une petite amie ? »

Cette fois il se tourne vers moi, légèrement déstabilisé par la franchise. « Non. Pas… pas en ce moment. »

« C'est dommage, » je dis sans sourire, en portant mon verre à mes lèvres. « Un garçon comme vous. »

Il ne sait pas quoi répondre. Il regarde ses chaussures, il regarde le court, il regarde un point vague au-dessus de ma tête. Je le laisse mariner. La chaleur de l'après-midi pèse sur nous, l'air immobile sent la résine de pin et l'herbe sèche.

« On reprend ? » dit-il enfin.

« Bien sûr. »

La deuxième heure est plus intéressante. Julien s'est repris, a resserré sa discipline professionnelle, mais quelque chose a changé dans sa façon de me regarder : ses yeux reviennent maintenant, brefs, précis, sur la ligne de mes cuisses quand je cours, sur ma poitrine qui se soulève après un échange. Il ne s'en rend pas compte. Moi, oui.

À la fin, quand je vais chercher les balles éparpillées au fond du court, je me penche délibérément trop bas, plus longtemps qu'il ne faudrait. J'entends sa respiration s'arrêter, puis reprendre.

Je me redresse et je lui fais face, le panier de balles à la main.

« Même heure mardi ? »

« Oui, Mademoiselle. »

Il repart, son sac sur l'épaule. À mi-chemin vers la grille, il se retourne ( je savais qu'il le ferait) et me trouve les yeux rivés sur lui. Il se dépêche de regarder devant lui. Son oreille a viré au rouge.

Bien. L'été commence vraiment.

Mardi, il fait encore plus chaud. Je l'attends en bas du court, assise à même la pelouse, les jambes étendues devant moi, les yeux fermés vers le soleil. Quand j'entends ses pas, je ne bouge pas tout de suite.

« Mademoiselle. »

« Julien. » Je rouvre les yeux, lève la main. « Aidez-moi à me lever. »

Il tends sa main avec une application scrupuleuse, celle qu'on donne à une personne âgée. Je m'en empare et je me lève d'un mouvement fluide qui nous amène très près l'un de l'autre. Nos doigts restent liés une seconde de trop.

« Merci, » je dis en le regardant droit dans les yeux.

Il retire sa main. « On commence ? »

Aujourd'hui il travaille mon service. Il me montre d'abord, puis il vient dans mon dos pour guider le lancer de balle, son bras longeant le mien, sa poitrine à quelques centimètres de mon dos. Son odeur me parvient: transpiration légère, savon simple, quelque chose de chaud et de masculin qui n'a rien à faire avec les parfums coûteux de Daniel ou les eaux de Cologne des héritiers.

Quelque chose de plus direct. De plus honnête.

« Lancez la balle plus haut, » murmure-t-il près de mon oreille. Ses lèvres sont à deux centimètres de ma nuque.

Je lance trop tôt, volontairement. La balle retombe mollement.

« Encore, » dit-il. Sa voix a ce léger tremblement.

Je recommence, et cette fois je pivote légèrement en pivotant, faisant peser mon dos contre sa poitrine. Pas assez pour être évident. Juste assez pour que le contact existe.

Il se redresse comme si le sol s'était dérobé sous ses pieds.

« Excusez-moi. Je… »

« Vous ne m'avez pas fait mal, » je dis calmement. « Continuez. »

Le jeudi, je change de tactique. Je porte un débardeur blanc à la place du polo « il fait vraiment trop chaud pour un col » qui révèle mes épaules nues et laisse deviner ma poitrine sans soutien-gorge, la ligne de mes seins quand je me penche en avant. Julien remarque. Il fait un effort héroïque pour ne pas réagir Il ne réussit qu'à moitié.

Pendant la pause, nous nous asseyons sous le pin parasol qui borde le court. Il boit, les yeux vers l'horizon. Je retire le lien de mes cheveux et les laisse tomber sur mes épaules. Il se tourne au bruit du lien qui claque, me voit ainsi, détourne les yeux avec un effort visible.

« Vous habitez dans le coin ? » je demande.

« Je loue une chambre à Sainte-Marie, à cinq kilomètres. »

« Vous aimez la mer ? »

« Beaucoup. » Un silence. « J'y vais le dimanche. »

« Seul ? »

Il me regarde enfin franchement. « Généralement, oui. »

Il y a dans ses yeux quelque chose qui ressemble à une question retenue. Je lui donne le temps de la poser, mais il ne le fait pas. Ce garçon a une discipline que j'aurais presque envie de respecter, si elle ne m'amusait pas autant.

« Je pourrais venir un dimanche, » je dis avec une légèreté parfaite.

Il se lève, ramasse sa raquette. « On reprend ? »

La deuxième semaine, quelque chose change dans son approche. Il est toujours professionnel, toujours attentif, mais une légère tension s'est installée qui n'était pas là avant. Il parle moins, ou plutôt : il choisit ses mots avec plus de soin, comme quelqu'un qui surveille ses propres pensées. Ses corrections sont plus économes: il montre plutôt qu'il ne touche, il se tient à une distance qui a quelques centimètres de plus qu'avant.

Ce recul délibéré m'intéresse davantage que sa proximité ne le faisait. Il résiste. Il a donc conscience qu'il y a quelque chose à quoi résister.

Vendredi, à la fin de la séance, alors que nous ramassons les balles, il me dit sans me regarder :

« Votre père m'a demandé si vous progressiez. »

« Et qu'est-ce que vous lui avez répondu ? »

« Que vous étiez une élève… attentive. »

Je m'arrête. « C'est tout ? »

Il se redresse, me regarde, vraiment cette fois, sans esquive. « C'est tout ce qu'il avait besoin de savoir. »

Ce n'est pas de la flatterie. C'est autre chose. Une complicité naissante, la reconnaissance mutuelle d'un jeu dont nous sommes les deux seuls joueurs.

« Mardi, » je dis.

« Mardi, » répète-t-il.

Le mardi suivant, il pleut. Une de ces averses méditerranéennes soudaines et tièdes qui font fumer la pierre sèche. Je l'attends sous l’auvent du pavillon, un châle léger sur les épaules, regardant l'eau tomber sur le court détrempé.

Il arrive sous son parapluie, son sac de raquettes en bandoulière, et s'arrête en me voyant.

« La séance… »

« On va la tenir quand même, » je dis en lui faisant signe d'entrer dans le pavillon.

Il hésite: la règle est simple, un professeur ne se retrouve pas seul avec son élève dans un espace fermé, puis l'averse redouble et il entre.

Le pavillon est petit, douze mètres carrés peut-être, meublé d'un banc, d'une table basse, de quelques coussins. La pluie tambourine sur les tuiles avec un bruit régulier et sensuel. Julien pose son sac, referme son parapluie, reste debout, les mains dans les poches de son short.

« Vous avez travaillé le revers cette semaine ? » demande-t-il.

« Un peu. »

« Votre ancrage au sol manque encore de… »

« Julien. »

Il s'arrête.

« Asseyez-vous. »

Il s'assied sur le banc à une distance calculée, les coudes sur les genoux. La pluie continue, l'air sent la terre mouillée et le bois chaud.

« Vous ne me regardez jamais vraiment, » je dis.

« Je…» Il commence, se tait.

« Pas seulement sur le court. En général. Vous regardez à côté. »

Un long silence. Dehors, le tonnerre roule au loin sur la colline.

« Ça serait inconvenant, » dit-il enfin, à voix basse.

« Pourquoi ? »

Il soulève les yeux vers moi alors, et cette fois il ne les détourne pas. Ce regard, direct, légèrement douloureux, d'une franchise qui me touche malgré moi, est différent de tous les regards que j'ai récoltés cet été.

« Parce que vous êtes la fille de l'homme qui me paie, » dit-il simplement. « Et parce que vous avez l'air de savoir exactement ce que vous faites. »

La franchise me désarçonne une seconde. Je me reprends.

« C'est vrai, » j'admets. Un silence. « Et ça ne vous intéresse pas ? »

Il rit, court, presque amer. « Ce n'est pas la question. »

« Alors c'est quoi, la question ? »

Il se lève, ramasse son sac, regarde par la petite fenêtre la pluie qui diminue déjà. « La question, c'est ce que vous cherchez vraiment. »

Je le regarde dans son dos. Il y a dans ses épaules quelque chose de fermé, de résolu, qui ne ressemble à rien de ce que j'ai rencontré jusqu'ici. Pas la timidité effarouchée de Thibault, pas la réserve stylée de Daniel, pas la docilité de Marcel. Quelque chose de plus opaque, de plus intéressant.

La pluie s'arrête. Il reprend son parapluie et sort sans se retourner.

« Mardi, » dit-il depuis le chemin.

Je reste dans le pavillon à regarder les rigoles d'eau briller sur les dalles.

Lundi soir, je m'allonge sur mon lit dans la chaleur revenue et je réfléchis à ce garçon. À sa façon de me voir, vraiment me voir, mieux que la plupart. Il a raison : je sais ce que je fais. J'ai toujours su. Mais d'habitude, personne ne me le dit en face.

Mardi matin, je l'attends autrement. Plus de calcul dans la posture, plus de centimètre retiré à la jupe. Le même polo d'avant, les cheveux en queue-de-cheval, les chaussures de tennis propres. Quand il arrive, il remarque la différence; son regard dit qu'il remarque, mais il ne dit rien.

La séance est bonne. Vraiment bonne. Il est un excellent professeur quand je l'y aide, précis, patient, avec un don pour expliquer les choses du corps. Je progresse. Je transpire. L'air sent la résine et l'herbe, et la sueur coule dans mon dos.

Pendant la pause, nous nous asseyons côte à côte sur le banc de pierre, et il y a entre nous une tranquillité que je n'avais pas prévue.

« Qu'est-ce que vous cherchez vraiment ? » je reprends, sa phrase de la semaine dernière.

Il sourit pour la première fois vraiment, sans retenue. Son visage change. « Je ne sais pas si vous avez la réponse. »

« Peut-être que non. »

Silence.

« La mer est belle le matin à cette heure, » dit-il. « Avant que tout le monde arrive. »

« Je sais. »

« Dimanche. »

Je tourne la tête vers lui. Il me regarde avec ces yeux bleus qui ne fuient plus.

« D'accord, » je dis.

Dimanche à sept heures, nous nous retrouvons au bas de la falaise, là où la plage est encore vide et le sable encore frais. Il a une vieille serviette de plage et un sac de toile. Moi, un maillot de bain une pièce noir. Pas le bikini rouge, pas ce matin.

Nous nageons. Il est fort dans l'eau, ses épaules s'ouvrent sur chaque brasse avec une aisance qui me plaît à regarder. L'eau est froide encore à cette heure, limpide, et quand nous ressortons, nous sommes essoufflés et riant de rien, de l'eau froide, du sel dans les yeux.

Nous nous allongeons sur les serviettes, séchant au soleil naissant. Sa peau bronzée, les gouttelettes d'eau glissant entre ses muscles. Je regarde la ligne de son épaule, la courbe de son flanc. Il sent le sel et l'iode. C'est différent du reste.

Il se tourne vers moi, appuyé sur un coude.

« Vous n'êtes pas du tout comme je pensais. »

« Comment vous pensiez ? »

Il cherche ses mots. « Plus… théâtrale. »

Je ris. « Je le suis. »

« Pas ce matin. »

Il pose sa main sur la mienne, posée sur le sable entre nous. Doucement, sans calcul. Sa paume est rugueuse, légèrement abrasive de sel sec. Je ne retire pas la mienne.

Nous restons ainsi un long moment, les yeux vers la mer, la main dans la main comme deux adolescents, et quelque chose de chaud et d'inattendu se dépose en moi, à côté de tout le reste.

C'est mardi que la séance change de nature.

La chaleur est suffocante, plus de trente degrés dès dix heures. Après quarante minutes d'échange, nous nous arrêtons au même moment, épuisés. Il sort deux bouteilles d'eau de son sac, m'en tend une. Nos doigts se frôlent sur la bouteille froide.

Il y a dans ce contact anodin quelque chose de plus direct que tout ce que j'ai fabriqué jusqu'ici. Mes manœuvres de ces trois semaines, la jupe trop courte, le regard appuyé, la pluie et le pavillon, tout cela ressemble soudain à un décor de carton-pâte comparé à ce dimanche matin sur la plage, à cette main dans la mienne.

Il s'en rend compte lui aussi. Son regard sur moi a ce mélange de désir et de quelque chose que je ne sais pas encore nommer. Du respect, peut-être, ou de la curiosité, la vraie.

« Venez dans l'ombre, » je dis en désignant le pin parasol.

Nous nous asseyons à l'ombre, dos contre le tronc chaud. Nos épaules se touchent. Personne ne dit rien pendant un moment.

« Le dimanche m'a plu, » dit-il enfin.

« À moi aussi. »

Silence.

« Je voudrais vous embrasser, » dit-il à voix basse. Direct, honnête, sans stratégie.

Mon cœur fait une chose étrange : pas l'excitation calculée que je connais bien, quelque chose de plus simple et de plus fort en même temps.

« Alors embrassez-moi, » je dis.

Il se tourne vers moi et pose ses lèvres sur les miennes avec une douceur que je n'attendais pas de ses épaules de nageur. Un baiser lent, sans hâte, qui prend le temps d'exister. Sa main remonte le long de mon bras, s'arrête à mon épaule. Rien de pressé. Rien de calculé.

Quand nous nous séparons, le silence a changé de texture.

« La séance est terminée, je crois, »dit-il.

Je ris. « Oui. »

Le vendredi suivant, je lui propose de finir la journée à la maison : mes parents sont à Paris pour le week-end, la maison est vide, il n'y a que Marguerite la femme de chambre qui s'en va à six heures. Il accepte avec ce calme qui commence à me sembler plus courageux que toutes les audaces.

Nous mangeons sur la terrasse, des tomates et du jambon, du pain grillé, du vin rosé très frais. La conversation va facilement sur sa vie; il a grandi à Nice, son père était plombier, il a eu une bourse pour l'académie, il voulait être joueur professionnel jusqu'à ce qu'une blessure au genou l'en empêche à dix-neuf ans. Il me raconte cela sans apitoiement, avec une netteté tranquille qui m'impose.

Je lui parle de moi aussi, pas de mes histoires, pas de Marcel ni de Daniel ni de Thibault, mais de moi en dessous de tout ça : de l'ennui des soirées mondaines, du regard de papa qui attend que je devienne quelqu'un d'autre, du plaisir que j'ai trouvé à corrompre les convenances parce que les convenances étaient une cage.

Il écoute. Vraiment.

« Vous avez l'air d'aimer les gens, » dit-il après un silence. « Autrement que vous ne le montrez. »

La remarque me touche plus que je ne veux le laisser paraître.

Le soleil descend. La terrasse prend une lumière orange et chaude. La bouteille est presque vide. Marguerite est partie. La maison derrière nous est silencieuse.

Il pose sa main sur ma nuque sous mes cheveux, léger. Sa paume est chaude, la pression minimale. Mon pouls répond à cela immédiatement, une chaleur qui descend le long de ma colonne.

« Venez, » je dis.

Ma chambre est grande et fraîche, les persiennes à demi fermées sur la fin du jour. La lumière filtre en bandes dorées sur le parquet clair. L'odeur est celle de ma vie intime — jasmin, cire, un soupçon de parfum. Il s'arrête sur le seuil comme s'il voulait graver ce moment avant d'entrer.

Je me retourne vers lui depuis le centre de la pièce.

Nous nous regardons sans bouger pendant quelques secondes. Il n'y a rien d'incertain dans son regard, rien de craintif, mais quelque chose d'attentif qui me rappelle qu'il m'a dit la vérité depuis le début.

Il traverse la chambre lentement. Ses mains remontent le long de mes bras depuis mes poignets, remontent à mes épaules, effleurent mes clavicules, s'attardent sur mes joues. Son regard passe sur mon visage comme s'il le lisait.

Je ferme les yeux.

Il m'embrasse une seconde fois, et c'est différent d'il y a quatre jours sous le pin, moins prudent, plus profond, sa bouche s'ouvre sur la mienne avec une chaleur qui me fait poser les mains à plat contre sa poitrine. Son cœur bat vite. Même rythme que le mien.

Ses mains descendent dans mon dos, m'attirent contre lui, et je sens son corps contre le mien: la fermeté de ses abdominaux, la chaleur qui rayonne à travers son polo, son désir contre mon ventre, discret encore mais présent.

« Tu peux enlever ça, » je murmure contre ses lèvres en tirant sur le polo.

Il l'enlève d'un mouvement — et son torse apparaît, bronzé, les muscles du nageur dessinés sans ostentation, une ligne de poils bruns descendant depuis le sternum. Je pose les deux paumes sur sa peau chaude. Il ferme les yeux une seconde sous le contact.

Ma robe d'été est nouée dans le dos. Il défait le nœud avec soin, ses doigts cherchant le tissu, et la robe glisse et tombe. Je ne porte rien dessous sauf une petite culotte blanche, et quand il me voit, sa respiration change d'amplitude.

« Mon Dieu, » dit-il doucement, pas comme une exclamation. Comme une constatation.

Il pose ses deux mains sur mes flancs, les fait glisser lentement vers le bas de mes hanches, vers le haut, comme s'il voulait comprendre ma forme par le toucher. Ses pouces remontent sous mes seins sans les toucher encore, traçant la ligne de mes côtes. Je frissonne.

« Touche-moi, » je dis.

Sa bouche se pose à la naissance de mon cou, mordille doucement la peau, descend vers mon épaule pendant que ses mains finissent leur chemin. Ses paumes enveloppent mes seins avec une pression tiède et ferme, mes mamelons se contractent sous le contact, une chaleur précise irradie depuis ma poitrine vers mon bas-ventre.

Je laisse échapper un soupir que je ne retiens pas. Lui non plus ne retient rien, je sens à travers le short fin son érection qui appuie contre ma hanche, chaude et pleine.

Nous reculons ensemble jusqu'au lit. Il se débarrasse de ses chaussures et s'allonge à côté de moi, profilé dans la lumière orange, beau simplement, sans artifice. Son regard descend le long de mon corps avec une lenteur qui n'est pas de la retenue — c'est du plaisir, du plaisir réel à me voir.

Il glisse la culotte blanche le long de mes jambes et la pose sur le parquet.

Sa main remonte depuis ma cheville en prenant son temps, la paume à plat sur le galbe du mollet, l'intérieur du genou, ce point si sensible que mes cuisses s'écartent légèrement au passage, la cuisse, l'aine. Ses doigts effleurent mon sexe comme une question posée à voix basse, recueillent la chaleur et la moiteur déjà là.

« Tu es… »

« Oui, » je dis avant qu'il finisse.

Un doigt s'insinue doucement, et je sens mes parois l'accueillir, se refermer sur lui avec un plaisir immédiat qui me fait cambrer légèrement le dos. Il est attentif à tout : à ma respiration, à mes hanches qui bougent, à la façon dont mes cuisses se serrent ou s'ouvrent. Il apprend vite, pas comme Thibault qui apprenait une leçon, mais comme quelqu'un qui lit et écoute en même temps.

Sa bouche trouve mon téton, le prend entre ses lèvres avec une chaleur humide, et la combinaison de ses doigts qui s'enfoncent et se retirent, lents, profonds, et de sa langue qui tourne sur mon mamelon durci — m'arrache un gémissement vrai, sans calcul, qui résonne dans la chambre silencieuse.

« Julien… »

Il lève la tête vers moi. Nos regards se croisent. Il y a là quelque chose de direct et de nu qui me touche.

Je tends la main vers lui, le prends en main par-dessus le tissu de son boxer: il est dur, épais, sa peau tendue sur ce désir contenu depuis des semaines et je sens son souffle se couper d'un coup, ses hanches se pousser involontairement dans ma main.

Je fais glisser le boxer. Son sexe se dresse librement, beau dans la lumière orangée, veiné et chaud contre ma paume. Je le caresse lentement de haut en bas, sentant sa pulsation contre mes doigts, sa chaleur qui monte.

Il grogne, un son bref, primal, de quelqu'un qui a cessé de se contrôler.

Ses doigts en moi s'accélèrent, un second rejoint le premier, et je sens mes parois s'étirer délicieusement, une moiteur abondante lubrifier chaque mouvement, couler sur sa main. Mon clitoris palpite sous son pouce qui trace des cercles, et l'orgasme commence à se construire en profondeur, sourdement, comme quelque chose qui enfle depuis plusieurs jours.

« Je te veux, » je dis. Ma voix est basse, sincère.

Il se positionne entre mes cuisses que j'écarte pour lui, son gland contre mon sexe gonflé. Il me regarde encore, cette habitude de regarder, de vraiment voir, et entre lentement.

La pénétration est longue, profonde, chaque centimètre de sa verge épousant mes parois qui s'adaptent à lui avec un plaisir charnel et précis. Quand il est entièrement en moi, il s'arrête un instant, et nous restons tous les deux immobiles, à respirer ensemble, sa chaleur dans ma chaleur, son poids sur moi.

Il commence à bouger. Pas de démonstration, pas de brutalité : un va-et-vient régulier, profond, qui cherche mon plaisir avec une patience têtue. Ses hanches roulent contre les miennes, son ventre contre le mien, et à chaque retrait je me vide d'une plénitude que je veux immédiatement récupérer, à chaque entrée ses testicules se posent contre mes fesses avec une tiédeur lourde.

Ses lèvres trouvent les miennes et nous nous embrassons en bougeant ensemble, en synchronie, et c'est différent de tout — différent de Marcel et de son urgence de vieux désir, différent de Daniel et de son art, différent de Thibault et de sa progression spectaculaire. C'est quelqu'un qui me fait l'amour en me regardant vraiment, et cette différence-là me traverse comme quelque chose d'inattendu.

L'orgasme monte, les contractions commencent au fond de mon vagin et irradient vers l'extérieur, mes cuisses tremblent de part et d'autre de ses hanches, mes ongles s'enfoncent dans ses épaules.

« Là… ne t'arrête pas… »

Il accélère légèrement le rythme, ses coups de reins plus profonds, le lit gémit doucement sous nous, la lumière orange de la pièce brûle sur nos corps en sueur. Ma main descend entre nos corps pour frotter mon clitoris, les cercles s'ajoutent à sa pénétration, et je bascule.

L’orgasme me prend comme une vague longue et épaisse, contractant mon vagin autour de sa verge en spasmes rhythmiques qui lui arrachent un gémissement rauque. Mes hanches se soulèvent du lit, ma tête bascule en arrière, mes jambes l'emprisonnent. Je crie quelque chose: son prénom, ou rien de reconnaissable et les vagues continuent, longues, profondes, ne semblant pas vouloir finir.

Lui vient peu après, ses mains agrippant mes hanches avec une force qui laissera peut-être des marques, son bassin cognant contre le mien une dernière fois, profond, plein, et j'entends son souffle court et saccadé contre mon oreille, mon prénom peut-être aussi.

Nous restons ainsi, nos corps collés par la sueur, sa verge encore en moi qui palpite doucement en diminuant. Sa bouche contre ma tempe. Ma main sur son dos. Le soir entre par les persiennes en bandes de rose maintenant.

Plus tard, une heure peut-être, la chambre dans l'obscurité presque complète, nous sommes allongés l'un contre l'autre, et il dit :

« Qu'est-ce que tu cherchais vraiment ? »

Sa question de la semaine de la pluie, revenue.

Je réfléchis. Je n'ai pas l'habitude de réfléchir à ça.

« Je ne sais pas. » Et c'est vrai, ce soir.

« Moi non plus, » dit-il. « Mais là je suis content d'être là. »

Je souris dans l'obscurité.

Son bras m'entoure, lourd et chaud. Dehors, les cigales ont repris leur bruit de fond régulier, la nuit méditerranéenne est tiède et parfumée, et je reste éveillée longtemps après qu'il s'est endormi, à écouter sa respiration dans le noir.

Quelque chose que je n'avais pas prévu s'est glissé dans l'été.

Je ne sais pas encore si c'est gênant ou non.

Les avis des lecteurs

Histoire Erotique
Bien



Texte coquin : Mademoiselle et son professeur de tennis
Histoire sexe : Une rose rouge
Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur de l'histoire.

Dernières histoires érotiques publiées par CDuvert

Mademoiselle et son professeur de tennis - Récit érotique publié le 13-04-2026
Elias et Marco (Partie 3/3) - Récit érotique publié le 12-04-2026
Elias et Marco (Partie 2/3) - Récit érotique publié le 10-04-2026
Elias et Marco (partie 1/3) - Récit érotique publié le 09-04-2026
Prise de contrôle - Récit érotique publié le 07-04-2026
Le bon niveau - Récit érotique publié le 05-04-2026
La maison sur la dune - Récit érotique publié le 04-04-2026
Retour aux sources (2/2) - Récit érotique publié le 02-04-2026
Retour aux sources (1/2) - Récit érotique publié le 01-04-2026
Juste une autre histoire d'amour (2/2) - Récit érotique publié le 30-03-2026