Oasis

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : Oasis Histoire érotique Publiée sur HDS le 26-06-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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Couleur du fond :
Oasis
Temps de lecture ~ 20 min

Prologue : La Route Zéro

Le soleil frappe à la verticale depuis des heures.

Kaïa conduit sans regarder l'horizon, parce que l'horizon ne change pas. Du sable, des ruines, du ciel blanc. La voiture sent le métal chauffé, le plastique brûlé, une odeur âcre de carburant de synthèse que personne n'a réussi à améliorer depuis que les raffineries ont cessé de fonctionner. Elle a noué un chiffon autour de son poignet gauche pour absorber la sueur. La courroie de son holster lui laisse une marque rouge sous le sein.

À côté d'elle, Davan dort. Ou fait semblant.

Il a les bras croisés, la tête contre la vitre fissurée, les dreads retenues par un lacet de cuir. Il est grand, trop grand pour le siège passager, et ses jambes s'étirent à un angle bizarre vers le tableau de bord. Elle observe parfois, sans se l'avouer, la ligne de sa mâchoire. La façon dont sa peau sombre capte la lumière et la retient plutôt que de la réfléchir.

Ils se connaissent depuis huit mois. Assez pour savoir comment l'autre mange, comment l'autre dort, comment l'autre tue. Pas assez, encore, pour le reste.

Kaïa pense à ça. Elle n'en est pas fière.

La voiture traverse une dépression dans le sable, bascule, se redresse. Davan ouvre un œil.

"On est loin ?"

"Deux heures peut-être. Si le moteur tient."

Il se redresse, passe une main sur son visage. Elle regarde la route.

Derrière eux, sur la benne rouillée du pick-up, Seko est assis comme il est toujours assis, avec une économie de mouvement qui ressemble à de l'indolence et qui est en réalité une forme d'attention absolue. Il a dix-neuf ans, un sourire qui déplace l'air dans une pièce, et il est le meilleur guetteur que Kaïa ait rencontré.

Il frappe deux fois sur le toit.

Ça veut dire : bâtiment à onze heures.

Kaïa ralentit.

***

Partie I : L'Abri

Le bâtiment était une tour de communications avant la guerre. Maintenant c'est une carcasse à trois étages avec des planchers effondrés au milieu et, au rez-de-chaussée, une salle encore debout, encore protégée, avec deux fenêtres barricadées et une porte en fer que quelqu'un a pris soin de huiler récemment.

Ils inspectent les lieux en silence. Davan teste les murs, Seko vérifie les angles de tir, Kaïa cherche les traces de passage récent. Elle en trouve, une semelle dans la poussière, une boîte de conserve vide dont les bords ne sont pas encore oxydés, mais rien d'hostile.

"On s'arrête," dit-elle.

Personne ne discute. Le moteur a commencé à siffler dans la dernière descente.

Ils déchargent le nécessaire. Davan s'allonge sous la voiture avec des outils. Seko disparaît sur le toit pour surveiller. Kaïa installe le campement, dispose les sacs de couchage sur le sol en béton, règle le réchaud.

La lumière change. Le soleil descend vers l'ouest et devient orange, puis rouge, puis quelque chose qui n'a pas de nom dans les vieilles langues. La chaleur reste, entêtée, mais elle perd son tranchant. L'air finit par circuler.

Davan ressort de sous la voiture avec les mains noires jusqu'aux coudes.

"Courroie de delco. J'ai ce qu'il faut mais il faut laisser le moteur refroidir. Demain matin."

"Donc on reste la nuit."

"Donc on reste la nuit."

Leurs yeux se croisent une fraction de seconde de trop.

Kaïa se retourne vers le réchaud.

***

Ils mangent peu, comme toujours, des rations reconstituées qui ont le goût de leur emballage. Seko raconte une histoire dont personne ne sait si elle est vraie, une histoire de caravane du Nord qui aurait retrouvé un lac souterrain, une source, de l'eau propre. Davan dit que c'est un mythe. Seko dit que tous les lacs ont commencé par être un mythe. Kaïa écoute sans participer, parce que la conversation n'a pas besoin d'elle et qu'elle aime ça, parfois, être à côté plutôt que dedans.

La nuit tombe d'un coup, comme ici elle tombe toujours.

Seko prend le premier quart. Il sort sur le toit avec son fusil, sa gourde, et quelque chose qui ressemble à de la sérénité. Kaïa et Davan restent dans la salle.

Un réchaud. Deux sacs de couchage. Beaucoup de silence.

Davan est assis sur son sac, il nettoie ses mains avec un chiffon imbibé de solvant. Les lignes de ses paumes, les articulations de ses doigts, la façon dont ses poignets bougent. Kaïa regarde sans le regarder.

Il lève les yeux.

"Tu pourrais dormir," dit-il.

"Je pourrais."

Il repose le chiffon. Il ne dit rien pendant longtemps. Puis :

"Il y a quelque chose que je veux te dire depuis un moment."

"Dis-le."

"Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée."

Kaïa se lève, traverse la salle, s'arrête à un mètre de lui. Elle n'a rien décidé. Son corps a décidé à sa place.

"Dis-le quand même."

Davan la regarde. Dans la lumière du réchaud, ses yeux ont une couleur qu'elle n'avait pas remarquée avant, quelque chose d'ambré dans le marron. Il pose une main à plat sur le sol, lentement, comme s'il testait la solidité de la surface.

"Je pense à toi," dit-il. "De manière peu professionnelle."

Un long silence.

Kaïa s'assoit en face de lui.

"Depuis combien de temps ?"

"Longtemps."

"Moi aussi," dit-elle. "Depuis longtemps."

***

Ce qui se passe ensuite est lent, beaucoup plus lent qu'elle ne l'aurait cru. Il n'y a pas d'urgence. Il y a au contraire quelque chose de très attentif dans la façon dont Davan approche son visage du sien, s'arrête à quelques centimètres, attend. Elle ferme les derniers centimètres elle-même.

Le premier baiser est sec, bref, presque interrogatif.

Le deuxième dure plus longtemps.

Sa bouche est chaude. Elle sent le sable et quelque chose d'autre, une odeur propre sous la fatigue du voyage, quelque chose qui lui appartient. Elle pose une main sur sa nuque, dans les dreads, et il émet un son très bas, presque inaudible, qui descend dans sa gorge à elle comme de l'eau froide.

Il glisse une main sous sa veste. Ses doigts trouvent sa taille, s'y posent avec une précision qui n'est pas de la timidité mais de la délibération. Il apprend. Il mémorise.

Elle se laisse aller contre lui.

Ils basculent doucement sur le sac de couchage.



Partie II : La Peau sous la Poussière

Il la déshabille lentement, avec une attention qui ressemble à du respect. La veste d'abord, défaite bouton par bouton. La chemise. Elle l'aide pour les bottes. Quand il glisse les mains sur ses épaules pour écarter les bretelles du holster, elle retient son souffle.

Il reste un moment à la regarder.

Elle n'a pas l'habitude d'être regardée. Elle supporte ça, ce regard, parce que c'est lui.

Sa peau est claire là où le soleil n'atteint pas, marquée, hâlée ailleurs, avec sur la hanche une cicatrice ancienne en forme de croissant qu'elle n'a jamais expliquée à personne. Il y pose les lèvres sans demander pourquoi. Elle sent sa bouche chaude sur l'os, le frôlement de ses lèvres, et quelque chose se détend en elle, quelque chose qu'elle maintenait serré depuis trop longtemps.

Elle déboutonne sa chemise à lui. Sous le tissu, son torse est celui d'un homme qui porte des choses lourdes depuis l'enfance, des épaules larges, des pectoraux denses, un ventre plat strié de muscles sans ostentation. Elle passe les paumes sur sa peau, lentement, de la clavicule au nombril, elle sent ses muscles se contracter sous ses mains, il retient sa respiration.

"Kaïa."

Il dit juste son nom. Comme une question et une réponse simultanées.

Elle l'embrasse dans le cou, juste sous l'oreille. Il incline la tête. Sa main descend dans son dos à elle, remonte, s'attarde entre ses omoplates, cherche le fermoir du soutien-gorge et le défait avec une assurance tranquille.

Le tissu tombe.

Il se recule pour regarder encore. Elle devrait se sentir vulnérable. Elle ne se sent pas vulnérable. Elle se sent vue.

Il prend son sein gauche dans sa main, avec précaution, comme quelque chose de fragile qu'il saurait ne pas l'être. Le pouce passe sur le mamelon. Elle ferme les yeux. Le pouce repasse, plus lentement. Sa bouche suit.

Elle sent sa langue, chaude et précise, tourner autour du mamelon durci, l'aspirer doucement, relâcher, recommencer. Une ligne de chaleur descend de sa poitrine jusqu'au creux de son ventre, directe, sans détour. Elle pose une main dans ses cheveux.

Il prend son temps.

Il passe à l'autre sein. Même patience. Même précision. Elle entend sa propre respiration changer, s'accélérer légèrement, et s'en étonne presque, comme si le son venait d'une autre.

Ses lèvres descendent. Le sternum, le ventre, le nombril. Il défait le bouton de son pantalon, le fait glisser sur ses hanches avec les doigts, s'arrête sur le bord de la culotte.

Il lève les yeux vers elle.

Elle hoche la tête.

Il fait glisser le tissu.

***

Il y a un moment, entre le moment où on est encore habillé et le moment où on ne l'est plus, qui ressemble à une porte. Kaïa la traverse et se retrouve nue sur le sac de couchage, avec le plafond de la tour au-dessus d'elle et le bruit du vent dehors et la chaleur de Davan contre sa cuisse.

Il remonte vers elle pour l'embrasser. Elle sent son érection contre sa hanche à travers le tissu de son pantalon. Elle y passe une main, le presse doucement, et il grogne contre sa bouche.

Elle défait sa ceinture. Son pantalon. Il l'aide. Quand il se relève pour finir de se déshabiller, elle le regarde sans se cacher. Il est beau. Pas de la beauté de quelqu'un qui s'en préoccupe, une beauté qui vient de la fonction, de l'usage, de la vie menée dans un corps qu'on a appris à maintenir en état.

Son sexe est tendu, incliné légèrement vers le ventre, d'une taille qui lui fait penser des choses qu'elle garde pour elle.

Il se rallonge contre elle.

Les premiers attouchements sont une cartographie mutuelle. Elle apprend ses hanches, les os de ses épaules, le duvet bas sur son ventre. Lui apprend ses cuisses, la ligne de son aine, le pli derrière son genou. Ils ne sont pas pressés. Dehors le vent souffle et Seko monte la garde et la nuit est longue.

Sa main descend entre ses jambes.

Elle est déjà humide.

Il le sent, et quelque chose dans son regard change, s'intensifie, il la regarde avec une attention nouvelle, comme si ça lui confirmait quelque chose qu'il n'osait pas supposer. Elle résiste à l'envie de détourner les yeux.

"Depuis longtemps," dit-il doucement, reprenant ses propres mots.

"Depuis longtemps," confirme-t-elle.

Ses doigts bougent. Un seul d'abord, qui trace le bord de ses lèvres sans entrer, qui remonte vers le clitoris, s'y attarde, repart. Elle retient un son dans sa gorge. Il revient. Un autre cercle, plus lent, plus appuyé. Elle pose une main sur son poignet, pas pour l'arrêter, pour sentir le mouvement.

Il introduit un doigt à l'intérieur d'elle.

Elle se ferme sur lui comme une question qui se referme sur sa réponse.

Il en ajoute un second. Ses paumes bougent avec un rythme qui monte progressivement, qui suit sa respiration à elle, qui s'ajuste chaque fois qu'elle émet un son. Il écoute son corps comme il écouterait une radio mal réglée, en cherchant le bon signal, et quand il le trouve, il ne le quitte plus.

Elle vient une première fois avec deux doigts en elle et son pouce sur le clitoris, les reins légèrement soulevés du sol, la bouche ouverte sur un son étranglé. L'orgasme dure. Il le fait durer, ajuste la pression, maintient le rythme jusqu'à ce qu'elle pose une main sur la sienne et la presse fort pour signifier : assez, trop, maintenant.

Il retire ses doigts.

Elle reprend son souffle dans le silence.

"Tu es extraordinaire," dit-il.

Elle rit, un son bref, surpris, sincère.

"Tais-toi."



Partie III : Le Troisième

Seko descend du toit à minuit, comme prévu.

Il ouvre la porte de la salle et s'arrête.

La lumière du réchaud est basse. Sur le sac de couchage, Kaïa est allongée sur le dos, nue, les bras au-dessus de la tête. Davan est assis à côté d'elle, torse nu, ses doigts dans les cheveux épars de la jeune femme.

Seko ne recule pas. Il reste dans l'encadrement de la porte.

Il a dix-neuf ans et il n'a pas encore appris à dissimuler ce qu'il ressent, c'est à la fois sa faiblesse et sa grâce. Ce qu'il ressent en ce moment se lit clairement sur son visage : une surprise qui cède rapidement à autre chose.

"Je peux... aller monter la garde plus longtemps," dit-il.

Kaïa se redresse sur les coudes. Elle regarde Seko. Elle regarde Davan. Elle voit que Davan regarde Seko lui aussi, avec une attention différente de la sienne.

"Entre," dit-elle.

Seko entre. Il ferme la porte derrière lui.

Il reste debout, son fusil à l'épaule, et il attend. Il est jeune mais il n'est pas stupide. Il comprend ce qui se passe. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est ce qu'on attend de lui.

Kaïa se lève. Elle traverse la salle jusqu'à lui, nue, sans hésitation. Elle lui prend le fusil des mains et le pose contre le mur. Puis elle pose les deux paumes à plat sur son torse, sent le tissu de sa veste, la chaleur de sa peau dessous.

"Depuis combien de temps ?" demande-t-elle.

Il met un moment à comprendre la question.

"Vous deux ?" Il déglutit. "Longtemps."

"Nous deux ou lui ?"

Seko regarde par-dessus l'épaule de Kaïa vers Davan. Davan ne bouge pas. Son regard est neutre, attentif, sans décision imposée.

"Les deux," dit Seko.

Davan se lève.

***

Ils le déshabillent ensemble.

Seko laisse faire, les bras légèrement écartés, la respiration déjà modifiée. Il a les épaules étroites d'un jeune homme qui n'a pas fini de grandir, un torse mince, une peau d'un brun lumineux. Une cicatrice sous la côte droite, longue, ancienne. Kaïa y pose les lèvres. Il tressaille.

Davan défait sa ceinture. Seko l'aide.

Quand il est nu, il a exactement l'air qu'il a toujours, direct, ouvert, sans affectation. Son sexe est déjà dur. Il ne s'en excuse pas.

Kaïa le fait s'asseoir sur le sac de couchage. Elle s'assoit à côté de lui, se tourne vers lui, et l'embrasse. Sa bouche est différente de celle de Davan, plus rapide, moins patiente, avec une ardeur qui tient de la jeunesse sans en avoir la maladresse. Il lui rend son baiser avec tout ce qu'il a, les deux mains dans ses cheveux, et elle doit poser une paume sur sa poitrine pour ralentir le rythme.

Davan s'installe derrière elle. Ses mains sur ses épaules, sa bouche sur sa nuque. Elle sent son érection retrouvée dans son dos.

Elle est au centre de quelque chose.

Elle décide de ne pas analyser ça.



Partie IV : La Double Fellation

Kaïa les fait s'allonger côte à côte.

Ils s'exécutent sans commentaire, Davan et Seko, épaule contre épaule sur le sac de couchage élargi, leurs sexes dressés dans la lumière basse du réchaud. Davan est plus grand, plus massif. Seko est plus menu mais son désir est identique, visible, sans équivoque.

Elle s'agenouille entre eux.

Elle les regarde tous les deux d'abord, de l'un à l'autre, prend un temps qui n'est pas de l'hésitation mais de la possession, le temps de quelqu'un qui sait ce qu'il va faire et choisit d'en retarder le début pour le plaisir pur de l'anticipation.

Elle prend Davan dans sa main gauche. Seko dans la droite.

Ses doigts se referment sur chacun d'eux, et elle sent les deux corps réagir simultanément : Davan retient sa respiration, Seko laisse échapper un son court. Sa prise est ferme, sans brutalité, elle les caresse lentement d'abord, apprend la différence, le velouté de leur peau, la chaleur, le poids.

Elle se penche vers Davan.

Elle passe la langue sur toute sa longueur, de la base jusqu'à la couronne, lentement, en maintenant la pression. Il pose une main dans ses cheveux, sans diriger, juste pour la toucher. Elle recommence dans l'autre sens. Il gémit, sourd, contenu.

Elle se tourne vers Seko.

Même mouvement. Il est moins silencieux que Davan, il ne contrôle pas encore ses sons, et elle aime ça, cet abandon direct. Sa main continue sur Davan pendant qu'elle s'occupe de Seko, et elle sent que les deux hommes se regardent maintenant, par-dessus sa tête, qu'il se passe entre eux quelque chose qu'elle n'a pas entièrement prévu mais qui la fait frissonner.

Elle prend Seko entièrement dans sa bouche.

Il se redresse à moitié, les coudes dans le sol, les yeux fermés, les lèvres ouvertes. Elle l'aspire lentement, la langue à plat sous sa verge, les joues creusées, et remonte jusqu'à l'extrémité avant de recommencer. Sa main sur Davan maintient un rythme régulier.

Elle alterne. Davan. Seko. Revient à Davan.

Davan dans sa bouche a une autre texture, une plénitude différente qui lui remplit les joues et lui impose un rythme plus lent, plus attentif. Elle ajuste. Il pose la main plus fermement dans ses cheveux, pas pour imposer mais parce qu'il ne peut pas s'en empêcher. Elle sent ses cuisses se raidir.

Elle est consciente de sa propre humidité. De la chaleur qui s'accumule entre ses jambes sans que personne ne la touche là. De l'effet que lui produit le fait d'avoir deux hommes entre ses mains, deux désirs simultanés, deux voix qui se mêlent dans le silence.

Elle accélère sur Davan. Il retient le son qui monte dans sa gorge, puis renonce à le retenir.

Elle s'arrête.

Elle lève la tête et les regarde tous les deux.

"Pas encore," dit-elle.

Ils acquiescent.



Partie V : Kaïa et Davan

Elle revient sur Davan parce que c'est là que tout a commencé, parce que c'est son corps à lui qu'elle voulait depuis longtemps.

Elle l'enfourche.

Il pose les mains sur ses hanches avec la même délibération qu'au début, cette façon d'apprendre avant d'agir. Elle se soulève, le guide, et descend lentement.

L'entrée prend du temps. Il est épais et elle est serrée et il faut un moment pour que les corps s'accordent. Elle soffle par la bouche, relâche, descend encore. Il ne bouge pas. Il attend qu'elle soit prête. Quand elle arrive au bout, elle reste immobile une longue seconde, les yeux fermés, à sentir la plénitude de ça.

Seko s'est redressé. Il les regarde, à genoux sur le sac, et elle sent son regard comme une chaleur supplémentaire. Elle lui tend la main. Il la prend et se rapproche, s'agenouille derrière elle, pose les mains sur ses épaules.

Elle commence à bouger.

Le mouvement est lent d'abord. Des hanches, seulement. Davan sous elle reste immobile, les mains sur elle, et la laisse mener. Seko dans son dos pose la bouche sur sa nuque, ses mains descendent vers ses seins, les tient pendant qu'elle monte et descend.

La friction est précise, intense, chaque descente de ses hanches ramenant une vague de plaisir qui part du bas de son ventre et remonte jusqu'à la gorge. Elle penche la tête en arrière, contre l'épaule de Seko. Il embrasse sa tempe.

Davan commence à accompagner ses mouvements. Un contre-rythme d'abord, puis le même rythme, leurs corps qui s'ajustent. Elle sent le changement, l'emboîtement qui se perfectionne, et elle accélère.

Seko glisse une main entre eux par-devant, cherche, trouve son clitoris avec deux doigts.

Elle perd le rythme une seconde.

Elle le retrouve.

Les trois corps bougent maintenant dans une coordination qui n'a pas été négociée mais qui s'est installée seule, Davan qui monte, elle qui descend, Seko qui presse et tourne. Elle entend les sons qu'elle émet comme depuis une légère distance, des sons qu'elle ne ferait pas ailleurs, qui appartiennent à cette nuit et à personne d'autre.

L'orgasme arrive vite, plus vite qu'elle ne l'attendait, parce que la tension s'est accumulée depuis trop longtemps. Il arrive par vagues, la première courte et aiguë, puis une seconde plus profonde, puis une troisième qui lui fait fermer les poings sur les épaules de Seko. Elle crie, un son bref, étouffé dans l'épaule du jeune homme, et Davan sent ses contractions autour de lui et gémit en retour.

Elle se stabilise.

Elle reste immobile sur Davan, qui est encore dur, qui attend.

Seko pose un baiser dans son dos.

***

Elle se relève.

Elle regarde Davan. Elle regarde Seko. Elle dit :

"Maintenant à toi."

Seko comprend en un instant. Son visage fait ce qu'il fait toujours, la surprise cède, quelque chose de plus profond prend la place. Il regarde Davan.

Davan s'est redressé. Entre eux, quelque chose se passe, un regard qui contient plus que de la permission, quelque chose de voulu des deux côtés depuis plus longtemps peut-être que chacun d'eux ne se l'est dit.

Kaïa s'allonge sur le côté, un genou relevé. Elle les observe.



Partie VI : Kaïa et Seko

Ce n'est pas exactement ce qu'elle a dit.

Ce qu'elle a dit contient ça, mais aussi autre chose.

Seko vient vers elle. Il s'allonge sur elle, son corps plus léger que celui de Davan, différent. Elle passe les bras autour de ses épaules, l'attire contre elle. Il cherche son regard avant d'entrer en elle, une question dans les yeux.

Elle hoche la tête.

L'entrée est différente, lui aussi est différent, une autre façon de remplir, une autre profondeur. Il reste d'abord sans bouger, front contre le sien, souffle court.

"Je t'ai regardée pendant huit mois," dit-il.

"Je sais."

"Tu savais ?"

"Je savais."

Il commence à bouger. Plus fougueux que Davan, moins patient, mais avec quelque chose de sincère et d'entier qui compense. Elle l'accueille, s'ajuste à son rythme, lui montre avec ses hanches ce qu'elle veut. Il apprend vite.

Davan s'est assis près d'eux. Il regarde. Il pose une main dans le dos de Seko, sans que ce geste soit sexuel, juste une présence, une inclusion. Seko tourne brièvement la tête vers lui, quelque chose passe entre eux.

Puis il revient à Kaïa.

Il l'embrasse, profondément, pendant qu'il continue ses mouvements. Elle l'embrasse en retour, les mains dans ses dreads naissantes, les courtes qui commencent à pousser. Son rythme s'accélère. Elle sent chaque va-et-vient comme une ligne tracée à l'intérieur d'elle, précise, itérative.

Davan se penche, embrasse son épaule à elle, puis remonte jusqu'à sa gorge. Elle tourne la tête pour lui offrir sa bouche et embrasse les deux en alternance, Davan sur le côté, Seko qui ne s'arrête pas.

La montée est différente de la précédente. Plus large, moins aiguë, quelque chose qui vient du ventre et irradie. Elle l'entend dans sa propre voix, qui monte.

Seko sent le changement. Il accélère encore.

Elle vient une troisième fois, les ongles dans les épaules du jeune homme, les reins soulevés du sol, et Seko deux secondes après elle, avec un son long qui n'est pas du tout contenu, qui emplit la salle, et Davan qui pose la main sur la tête de Seko pendant que le jeune homme tremble.

Le silence revient par vagues.

Ils restent immobiles tous les trois.

Dehors le vent s'est levé.



Partie VII : Les Deux Hommes

Kaïa se lève, silencieuse. Elle prend sa gourde, boit, passe la gourde à chacun. Elle les regarde, Davan et Seko assis côte à côte dans la lumière du réchaud, leurs épaules qui se touchent.

Elle dit : "Je prends le quart."

Ce n'est pas un départ. C'est une permission.

Elle prend son holster, sa veste, ses bottes. Elle les enfile dans l'ordre inverse de comment on se déshabille pour la nuit. Avant de sortir, elle se retourne une dernière fois.

Davan et Seko se regardent.

Elle sort.

***

Sur le toit de la tour, l'air est plus frais. Le sable scintille sous les étoiles dans une direction qui ressemble au nord. Elle s'assoit sur le rebord, le fusil en travers des genoux, et elle fait ce qu'elle fait quand elle a besoin de retrouver son axe : elle écoute.

Le vent dans le métal de la carcasse. Un insecte quelque part, impossible à localiser, qui fait le son qu'on croyait disparu. Des bruits qui montent de la salle en dessous, étouffés, impossibles à distinguer, qui ne lui appartiennent pas mais qui font partie de la nuit.

Elle n'est pas jalouse.

Elle essaie de comprendre pourquoi elle n'est pas jalouse. Puis elle arrête d'essayer de comprendre.

Quelque chose s'est ouvert. Pas seulement dans son corps. Dans la façon dont elle conçoit la nuit, le danger, la compagnie. Dans la façon dont trois personnes qui survivent ensemble peuvent, une nuit, cesser de survivre et simplement vivre.

Elle reste sur le toit deux heures.

Quand elle descend, Davan est allongé sur le dos, les yeux ouverts dans le noir. Seko dort contre son épaule, le souffle régulier. Davan lui ouvre le bras quand il l'entend entrer.

Elle s'allonge de l'autre côté.



Épilogue : La Courroie

Le moteur démarre au troisième essai, à l'aube, avec un son neuf, propre, qui n'a plus le sifflement de la veille.

Davan essuie ses mains sur le chiffon. Seko saute de la carrosserie pour aller vérifier les niveaux. Kaïa regarde l'horizon, à l'est, où le ciel commence à pâlir.

"Deux heures," dit Davan.

"Si la route est dégagée."

"Elle le sera."

Il n'y a pas de certitude là-dedans. Il y en a quand même.

Seko remonte sur la benne, s'installe à sa place habituelle. Il frappe deux fois sur le toit, pas parce qu'il a vu quelque chose mais parce qu'il veut que ça parte.

Kaïa monte en voiture. Davan prend le siège passager, ce qu'il ne fait pas souvent, il préfère conduire. Il prend le siège passager et il s'y installe comme si c'était naturel, les jambes bizarrement repliées, les bras croisés, et il ferme les yeux.

Elle démarre.

La route zéro s'étire devant elle, droite et inutile, vers quelque chose qui n'existe peut-être pas encore. Le soleil monte dans leur dos. Le moteur tient sa note.

Elle conduit depuis longtemps quand Davan dit, sans ouvrir les yeux :

"Tu as dormi ?"

"Un peu."

"Tu aurais dû dormir plus."

"Je sais."

Un silence.

"La nuit prochaine," dit-il, "tu dormiras."

Elle ne répond pas. Elle conduit. Sur le toit, Seko chante à voix basse une chanson dont personne ne connaît les paroles, une chanson qui vient d'avant la guerre, ou peut-être qu'il l'invente en la chantant.

Le sable défile.

Le moteur tient.



Fin

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Texte coquin : Oasis
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