Le maître du feu

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : Le maître du feu Histoire érotique Publiée sur HDS le 03-08-2026 dans la catégorie Dans la zone rouge
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Le maître du feu
Temps de lecture ~ 20minutes

Le feu brûle depuis des heures. Les bûches s'effondrent sur elles-mêmes en silence, et la lumière qu'elles projettent sur les murs ne ressemble pas à de la lumière ordinaire, plutôt à une matière vivante qui respire et se contracte au rythme de sa propre combustion.

Il est assis dans le fauteuil de gauche, près de la cheminée. Il n'a pas bougé depuis que Lena et Pavel sont entrés. Ses cheveux sont entièrement blancs, tirés vers l'arrière, et sa barbe courte forme un halo clair autour d'une bouche étroite. Il porte un costume sombre, boutonné jusqu'au col, sans cravate. Ses mains reposent sur les accoudoirs. Il n'a pas prononcé un mot depuis leur arrivée, mais ses yeux suivent chaque mouvement avec une précision qui n'est pas tout à fait humaine.

La pièce sent la cire chaude, un peu la poussière, et quelque chose d'autre, plus profond, que Lena ne sait pas nommer. Une odeur de pierre vieille, peut-être, ou de velours trop longtemps enfermé.

Les tableaux aux murs représentent des corps dans des états qu'on ne regarde pas longtemps. Des crânes. Des flammes. Une figure noire qui se tient dans un incendie et qui semble y trouver sa place naturelle. Lena n'a pas cherché à savoir si c'était de l'art ou autre chose.

Il s'appelle Voss. C'est tout ce qu'ils savent de lui.

Pavel est debout près de la fenêtre. La nuit derrière les vitres brisées est opaque. Il a vingt-six ans, des épaules larges sous une chemise claire, et il regarde Lena avec une expression qu'elle connaît bien, mi-désir, mi-attente. Lena est assise dans l'autre fauteuil, en face de Voss, pas exactement en face, légèrement décalée vers le centre de la pièce. Sa robe de dentelle ivoire glisse sur ses genoux. Elle a vingt-trois ans. Ses cheveux sont relevés, quelques mèches tombent sur sa nuque.

Ils sont venus parce qu'on les a invités. L'invitation était signée d'un seul prénom. Ils ont accepté parce qu'ils avaient envie d'accepter, et parce que quelque chose dans le carton crème et l'écriture à l'encre noire leur avait dit que refuser aurait été une erreur d'un autre ordre, une erreur morale, presque.

Voss lève enfin une main. Un geste minimal, deux doigts qui s'écartent légèrement. Il regarde Pavel.

Pavel s'avance vers Lena.

***

Pavel s'arrête à un mètre de Lena. Il attend. Voss parle pour la première fois depuis leur arrivée, et sa voix est basse, sans inflexion, comme s'il lisait un texte appris par cœur il y a longtemps.

"Touche-lui la nuque."

Pavel pose sa main sur la nuque de Lena. Sa paume est chaude. Les doigts s'écartent sous les cheveux relevés. Lena sent la pression, légère, pas vraiment une caresse, plutôt une prise de conscience réciproque, la reconnaissance que les corps sont là et qu'ils fonctionnent.

Voss ne bouge pas. Il regarde.

"Fais-la se lever."

Pavel glisse les doigts vers le bas, trouve la fermeture dans le dos de la robe, l'abaisse de deux centimètres, pas plus. Lena se lève d'elle-même. Elle est plus petite que lui d'une tête. Elle tourne légèrement le dos à la cheminée, de sorte que la lumière frappe son profil.

"La robe."

Pavel reprend la fermeture. Il l'abaisse lentement, vertèbre après vertèbre. La dentelle s'ouvre sur le dos de Lena, une ligne de peau blanche dans la lumière orangée du feu. Elle ne porte rien dessous. Le tissu glisse sur ses épaules, Pavel le retient un instant, puis le laisse tomber. La robe s'accumule autour des pieds de Lena en un cercle de dentelle froissée.

Lena est nue. Elle reste immobile. Elle sait que Voss la regarde, et cette connaissance n'est pas inconfortable, elle est précise, comme un fait enregistré.

Voss prend son temps. Il observe le corps de Lena avec la même attention qu'il accorderait à un objet dont il voudrait comprendre la facture. Elle est mince, sans être sèche. Les hanches légèrement marquées. Les seins petits, les aréoles sombres dans la lumière. Le ventre plat, le pubis rasé. Les pieds nus sur le tapis.

"Tourne-toi."

Lena se tourne lentement. Elle lui fait face. Elle soutient son regard sans difficulté.

"Bien."

Un seul mot. Voss se tourne ensuite vers Pavel.

"Déshabille-toi."

Pavel retire sa chemise. Il a le torse d'un homme qui travaille de ses mains ou qui s'y emploie régulièrement, pas sculpté mais dense, avec une ligne de poils sombres qui descend du sternum au nombril. Il déboucle sa ceinture, descend son pantalon, ses sous-vêtements. Il est déjà partiellement en érection, ce qui ne lui demande aucun effort, la situation suffit.

Voss les regarde tous les deux. Deux corps nus dans sa pièce, dans sa lumière, sous ses tableaux. Il n'y a aucune expression sur son visage qui ressemblerait à du plaisir tel qu'on l'entend habituellement. Il y a quelque chose d'autre, une concentration absolue, comme si leur nudité était un texte difficile qu'il déchiffrait.

"Touche-la. Partout. Lentement."

***

Pavel commence par les épaules. Il pose les deux mains à plat sur les épaules de Lena, et les fait glisser vers les bras, puis remonte vers le cou. Il prend son temps parce qu'on le lui demande et parce que ça lui convient. Lena ferme les yeux un moment, puis les rouvre. Elle regarde Voss par-dessus l'épaule de Pavel.

Les mains de Pavel descendent sur le torse. Il prend les seins de Lena dans ses paumes, sans serrer, juste sentir leur poids, leur tiédeur. Ses pouces frôlent les mamelons. Lena inspire doucement. Les mamelons durcissent sous la pression.

"Plus lentement."

Pavel ralentit encore. Il laisse les mains dériver vers le ventre, s'attarder sur les hanches, descendre sur les cuisses. Il s'accroupit légèrement pour atteindre les genoux, les mollets. Lena sent les paumes remonter sur l'intérieur des cuisses, s'arrêter à mi-chemin.

"Retourne-la."

Pavel se place derrière Lena. Ses mains reprennent le même chemin, mais dans le dos. Les omoplates, les reins, les fesses. Il prend une fesse dans chaque main et appuie, sans brutalité, une simple affirmation de présence. Lena sent l'érection de Pavel contre le bas de son dos. Il est maintenant entièrement dur, la chaleur de son sexe perceptible même à travers l'espace minimal qui les sépare.

Voss parle depuis son fauteuil.

"Le sexe."

Pavel glisse une main entre les jambes de Lena par devant, le long du ventre, jusqu'au pubis. Ses doigts s'arrêtent sur les lèvres. Il sent leur chaleur, l'humidité qui commence à s'y former. Un doigt s'insinue entre elles, remonte vers le clitoris sans y toucher encore, longe le sillon.

Lena émet un son, petit, retenu. Elle s'appuie légèrement en arrière contre la poitrine de Pavel.

"Ne la touche pas encore là. Juste autour."

Pavel obéit. Il trace des cercles sur les lèvres, sur la peau intérieure des cuisses, revient, s'éloigne. Lena sent la frustration monter, régulière, comme une marée. Son bassin cherche la main de Pavel. Elle se retient de le dire.

Voss observe le mouvement imperceptible des hanches de Lena.

"Elle peut parler."

Lena dit, d'une voix plus calme qu'elle ne s'y attendait : "Je veux qu'il me touche."

"Je sais."

Voss ne donne pas l'instruction. Il attend encore deux minutes, peut-être trois, pendant lesquelles Pavel continue la même trajectoire autour du sexe de Lena, et pendant lesquelles le feu crépite et les bougies projettent des ombres sur les tableaux.

Puis : "Maintenant."

***

Pavel fait asseoir Lena dans le second fauteuil, celui qui fait face à Voss. Il l'installe de sorte que ses hanches soient au bord du siège, ses jambes légèrement ouvertes, ses pieds posés sur le tapis. Il s'agenouille devant elle.

Voss les observe de son fauteuil, à moins de deux mètres.

Pavel pose la bouche sur la face interne de la cuisse gauche de Lena. La peau est douce et sent légèrement la sueur, une odeur propre, chaude. Il remonte lentement vers l'aine. Lena a les mains sur les accoudoirs. Elle a la tête légèrement inclinée vers l'arrière et regarde le plafond obscur.

La bouche de Pavel atteint le sexe. Il pose les lèvres sur les lèvres de Lena, doucement d'abord, le temps de sentir leur texture, leur humidité. Puis sa langue s'avance, plate, sur toute la longueur du sillon.

Lena laisse échapper un souffle.

Pavel travaille avec méthode. Il écarte les lèvres avec les pouces, expose le clitoris, le touche du bout de la langue. Lena referme les mains sur les accoudoirs. Sa respiration change de rythme. Pavel insère un doigt, puis deux, dans le vagin de Lena, les courbe légèrement vers le haut pendant que sa langue continue sur le clitoris. Le son que produit ce mouvement est humide, léger, rythmé.

Voss dit : "Regarde-moi."

Lena baisse la tête et croise le regard de Voss. C'est une sensation étrange, presque inconfortable et pourtant pas, tenir ce regard pendant que Pavel la pénètre de ses doigts et la lèche. Voss ne sourit pas. Il la regarde comme on regarde quelque chose qu'on possède et dont on vérifie l'état.

"Continue à me regarder."

Les doigts de Pavel s'accélèrent légèrement. Sa langue décrit des cercles de plus en plus précis. Lena sent l'orgasme approcher, une tension dans le bas-ventre, dans les cuisses. Elle ne détourne pas le regard de Voss.

"Pas encore."

Pavel entend et ralentit. Il retire ses doigts, pose juste la bouche sur le sexe de Lena, sans mouvement, simplement la chaleur et la pression des lèvres. Lena laisse passer la vague. Sa respiration se stabilise.

"Recommence."

Pavel reprend. Le même chemin, la même progression. Ses doigts rentrent à nouveau dans le vagin. Sa langue reprend le clitoris. Lena repart.

Voss la regarde partir et la retient deux fois encore, au dernier moment, quand sa respiration devient haletante et que ses hanches commencent à se soulever du fauteuil.

La troisième fois, il ne dit rien.

Lena jouit sous le regard de Voss, les mains serrées sur les accoudoirs, les cuisses qui se ferment réflexivement sur la tête de Pavel. Le son qu'elle produit est bref, haché, pas un cri, plutôt une série de consonnes inarticulées. Son ventre se contracte par vagues. Pavel reste immobile contre elle, laisse passer, sent le sexe de Lena palpiter contre sa bouche.

Quand c'est fini, le silence revient, sauf pour le feu.

***

"Allonge-la sur le tapis."

Pavel aide Lena à se lever du fauteuil. Ses jambes sont légèrement instables. Il la guide jusqu'au tapis, près de la cheminée, et l'allonge sur le dos. La chaleur des flammes frappe le flanc gauche de leurs deux corps.

Pavel s'agenouille entre les cuisses de Lena. Son sexe est entièrement érigé, épais, incurvé légèrement vers le haut. Voss, dans son fauteuil, a maintenant une vue directe sur l'espace entre eux.

"Pas encore."

Pavel s'immobilise. Il attend sur ses genoux, le sexe tendu vers le corps de Lena, sans le toucher.

"Elle va te prendre dans la bouche d'abord."

Lena se redresse sur les coudes. Le coussin glisse sous ses hanches. Elle tourne la tête vers Pavel, qui est encore agenouillé entre ses cuisses, son sexe dressé contre son ventre.

Il avance vers elle à genoux, sur le tapis, jusqu'à ce que son sexe soit à hauteur du visage de Lena. Il s'arrête là. Il ne dit rien. La lumière du feu frappe le côté de sa cuisse, orange sur la peau sombre.

Lena lève la main et prend le sexe de Pavel. Elle referme les doigts dessus sans serrer, tient le poids, sent la chaleur qui vient de l'intérieur. Le gland est lisse, légèrement humide, une goutte claire au sommet de l'urètre. Elle la recueille du pouce, la fait glisser sur le gland. Pavel inspire.

Elle approche le visage. Elle ne se presse pas. Elle pose le nez contre la face inférieure du sexe de Pavel, respire. L'odeur est chaude, musquée, une odeur de peau et de désir contenu. Elle remonte lentement vers le gland, les narines contre la peau, prend le temps de mémoriser l'odeur.

Puis elle pose les lèvres sur le gland. Fermées d'abord, un simple contact. Elle sent la chaleur du sexe contre ses lèvres, le léger pouls en dessous. Pavel pose une main sur sa joue, la paume à plat, les doigts qui s'étendent vers la tempe. Pas une prise. Juste le contact, comme s'il voulait sentir ce qui allait se passer de l'extérieur.

La langue de Lena sort entre ses lèvres. Elle touche d'abord la pointe du gland, le petit relief de l'urètre, puis s'élargit et entoure le gland en entier. Elle fait le tour lentement, face supérieure, côtés, face inférieure où le frein forme un V délicat. Elle s'attarde là, sur le frein, la pointe de la langue qui revient deux fois, trois fois sur la même zone.

Pavel retient son souffle.

Lena ouvre la bouche et prend le gland à l'intérieur. Ses lèvres se referment derrière lui, juste derrière le sillon. Elle aspire légèrement, crée une légère pression, et sa langue continue à travailler sur le frein à l'intérieur de sa bouche. Pavel émet un son bas, involontaire.

Elle reste là un moment, gland en bouche, à travailler uniquement avec la langue et les lèvres, sans avancer. Sa main droite tient la base du sexe de Pavel, maintient une légère pression sans bouger.

Puis elle avance.

Lentement. Les lèvres glissent sur la hampe, centimètre par centimètre, la langue à plat contre la face inférieure. Elle sent le sexe de Pavel s'enfoncer dans sa bouche, la chaleur qui progresse vers l'arrière du palais. Elle contrôle sa respiration, relâche la gorge, continue d'avancer jusqu'à ce que le gland touche le fond, jusqu'à ce que ses lèvres touchent les doigts de sa propre main à la base.

Elle s'arrête là, le sexe de Pavel entièrement dans sa bouche, sa gorge qui travaille légèrement autour du gland. Pavel a les deux mains maintenant posées sur ses propres cuisses. Ses phalanges sont blanches.

Lena remonte. Aussi lentement que la descente, les lèvres serrées, la friction maximale. Elle s'arrête juste avant de lâcher, maintient le gland entre les lèvres, aspire encore, puis redescend.

Pavel laisse sortir une longue expiration.

Lena établit un rythme. Descente complète, remontée lente, arrêt sur le gland, langue sur le frein, redescente. Sa main droite accompagne le mouvement des lèvres, monte et descend en synchronisation, la paume tournée vers le haut, le pouce sur la face inférieure de la hampe. La salive commence à se former, en excès, elle coule sur les doigts de Lena, sur le menton de Lena. Elle ne s'en préoccupe pas. La lubrification facilite le mouvement, rend le glissement plus fluide, plus sonore.

Le bruit est humide, rythmé, chaque va-et-vient produit un son de succion qui se répète dans la pièce silencieuse. Voss l'entend depuis son fauteuil. Il regarde la tête de Lena qui monte et descend, le sexe de Pavel qui disparaît et réapparaît, luisant.

Les hanches de Pavel commencent à bouger. Un mouvement involontaire, un léger poussée vers l'avant quand la bouche de Lena descend, comme si son corps cherchait à accélérer ce que ses mains ne font pas.

"Doucement."

La voix de Voss. Pavel s'immobilise. Les mains à plat sur ses cuisses, les hanches fixes. Lena continue seule.

Elle varie. Elle ralentit le rythme général, mais à l'intérieur de ce rythme ralenti, elle multiplie les variations. Descente lente jusqu'aux trois quarts, remontée rapide. Descente jusqu'au fond, arrêt de cinq secondes, gorge qui travaille autour du gland, remontée. Sortie complète, gland entre les lèvres seulement, langue qui fait le tour complet, puis engloutissement en une seule fois.

Pavel ferme les yeux.

Sa respiration est irrégulière, elle monte et descend avec les variations de Lena, s'accélère quand la bouche s'enfonce, se bloque quand la langue s'attarde sur le frein. La main sur la joue de Lena a glissé vers l'arrière, vers la nuque, sans pression, les doigts dans les cheveux, juste présents.

Lena sent dans la tension de la hampe que Pavel est proche. Elle le sent dans le gonflement du gland à l'intérieur de sa bouche, dans le léger durcissement supplémentaire, dans la façon dont le frein est devenu hypersensible, sa langue y produit maintenant une réaction immédiate. Elle accélère légèrement, descentes plus rapides, main droite qui serre un peu plus.

"Ça suffit."

Lena s'arrête. Elle lâche le sexe de Pavel lentement, les lèvres qui glissent jusqu'au gland, s'attardent une seconde, puis se séparent. Elle s'essuie le menton du revers de la main.

Pavel reste immobile, le sexe tendu, luisant de salive, à quelques centimètres du visage de Lena. Sa respiration se stabilise progressivement. Il ouvre les yeux.

Voss les regarde tous les deux depuis son fauteuil, ses mains sur les accoudoirs, son visage sans expression.

"Maintenant."

Pavel guide son sexe à l'entrée du vagin de Lena. Il appuie, pénètre lentement. Lena est très humide, l'entrée est facile, mais Pavel prend tout son temps pour les premiers centimètres, s'arrête, repart, jusqu'à être entièrement en elle.

Lena laisse échapper un long soupir.

Voss regarde le point de pénétration depuis son fauteuil, le sexe de Pavel encastré dans celui de Lena, leurs pubis joints. Il dit : "Ne bouge pas."

Ils restent immobiles, pénétrés l'un dans l'autre, dans la chaleur du feu. Dix secondes. Vingt. Lena sent chaque millimètre du sexe de Pavel, sa pression interne. Pavel sent le vagin de Lena se contracter légèrement autour de lui, réflexe.

"Vas-y."

Pavel commence à bouger. Un rythme lent, de grands mouvements qui le retirent presque entièrement avant de revenir au fond. Lena lève les hanches à sa rencontre. La peau de leurs ventres se touche à chaque poussée. La chaleur du feu rougit l'épaule gauche de Pavel, la hanche gauche de Lena.

Le bruit de leurs corps est net dans la pièce silencieuse, une cadence charnelle, régulière, entrecoupée de la respiration de Pavel et des petits sons que Lena laisse sortir à chaque poussée.

***

Ils durent longtemps dans cette position, sous le regard de Voss, sans indication nouvelle. Voss les observait avec la même attention fixe. Il ne se levait pas. Il ne participait pas. Ses mains restaient sur les accoudoirs.

Puis : "Retourne-la."

Pavel se retire, retourne Lena sur le ventre. Il glisse un coussin du fauteuil sous ses hanches pour les surélever. Lena pose les avant-bras sur le tapis, appuie son front dessus. Elle sent le sexe de Pavel entre ses fesses, la chaleur de son gland contre ses lèvres.

"Doucement."

Pavel s'introduit à nouveau dans le vagin de Lena par derrière. L'angle est différent, plus profond, une pression dans une direction nouvelle. Lena grogne légèrement. Ses mains cherchent une prise sur le tapis.

Pavel recommence à bouger. Ses mains tiennent les hanches de Lena. Le tapis racle légèrement les genoux de Pavel mais il n'y fait pas attention. Il regarde le dos de Lena, la colonne vertébrale, les fesses.

Voss dit : "Plus fort."

Pavel augmente la puissance des poussées. Le bruit des corps change de nature, plus sec, plus percussif. Lena grogne à chaque impact, les sons se succèdent au rythme des mouvements. Sa respiration est maintenant saccadée, courte.

"Sa nuque."

Pavel saisit Lena par la nuque, pas violemment, une prise ferme, les doigts dans les cheveux. Lena sent la légère contrainte sur la tête et relève le menton.

"Bien."

Ils continuent. Le feu crépite. Une bûche s'effondre dans un gerbe d'étincelles. Pavel transpire dans la chaleur, une fine pellicule sur le torse. Lena sent la sueur de Pavel tomber sur son dos.

"Arrête."

Pavel s'immobilise, enfoncé dans Lena.

Voss se lève pour la première et unique fois de la soirée. Il traverse la pièce lentement et s'arrête à un mètre des deux corps emmêlés. Il les regarde de près. Il ne touche rien. Il reste debout, au-dessus d'eux, une minute peut-être, à regarder le point de jonction de leurs sexes, la peau de Lena, les mains de Pavel sur les hanches.

Puis il retourne à son fauteuil.

Il dit : "Continue. Ne t'arrête que quand vous n'en pouvez plus."

***

Pavel reprend. Il n'a plus de consignes à attendre.

Quelque chose se libère dans ses hanches, une liberté nouvelle dans le mouvement, comme si la voix de Voss avait jusqu'ici contenu une énergie qu'il peut maintenant dépenser entièrement. Il commence lentement, retrouve le rythme interrompu, laisse la friction s'installer entre eux.

Lena sent le retour du mouvement après l'immobilité forcée. Son corps avait attendu, suspendu, le sexe de Pavel en elle sans bouger, et cette attente avait produit une sensibilité accrue sur toute la muqueuse interne. Maintenant que Pavel reprend, chaque centimètre est distinct, chaque va-et-vient se découpe avec précision.

Elle pousse les fesses vers lui.

Pavel prend ça pour ce que c'est. Il augmente la profondeur, pas encore la vitesse, juste l'amplitude, il se retire davantage avant de revenir, la friction sur toute la longueur de son sexe. Il sent le vagin de Lena, sa chaleur mouillée, la légère résistance de l'entrée à chaque poussée.

Ses mains remontent le long du dos de Lena, sur les omoplates, puis redescendent sur les flancs.

Il attrape les hanches à deux mains et commence à accélérer.

Le son change. Il était feutré, régulier. Il devient plus sec, plus charnel, le choc répété des bassins, la peau de Lena contre la peau de Pavel. La lumière du feu rougit leurs deux corps, orange sur le côté gauche, ombre presque noire sur le côté droit.

Lena glisse la main droite sous son ventre. Elle tâtonne un instant, trouve le clitoris, pose deux doigts dessus. Elle ne bouge pas encore la main, elle attend de sentir le rythme de Pavel s'installer, puis elle commence à frotter en synchronisation avec ses poussées.

La sensation double. À chaque mouvement de Pavel, la pression interne coïncide avec la pression externe de ses propres doigts. Elle ferme les yeux. Son front s'appuie contre le tapis.

Voss ne dit rien. Il regarde.

Pavel sent les changements dans le corps de Lena sous lui. Une légère augmentation de la lubrification, un gonflement des tissus qui rend chaque poussée plus serrée. Il s'enfonce et se retire avec régularité, les deux mains fermement sur les hanches, sans se presser encore.

Lena accélère les doigts sur son clitoris. Elle décrit des petits cercles, rapides, précis, la pulpe des deux doigts à plat sur le bouton. La sensation monte en spirale depuis le bas-ventre vers les reins, vers les cuisses. Elle sent ses muscles internes commencer à se contracter de façon involontaire, par intermittence.

Elle dit, contre le tapis : "Plus fort."

Pavel obéit. Ses hanches claquent contre les fesses de Lena. Le bruit est net, répété, une cadence animale dans la chaleur de la pièce. Lena laisse sortir un son à chaque impact, bref, involontaire, la syllabe arrachée par la pénétration.

La sueur de Pavel tombe en gouttes sur le bas du dos de Lena. Elle sent les gouttes chaudes sur sa peau et n'y pense pas vraiment, elle est ailleurs, concentrée sur le point de jonction entre les doigts de sa propre main et le sexe de Pavel et les parois internes de son vagin, trois foyers de sensation qui convergent.

Pavel penche le buste vers l'avant, pose les paumes à plat de chaque côté du corps de Lena, en appui sur le tapis. Il peut ainsi peser davantage dans ses poussées, l'angle change légèrement, son sexe appuie sur la paroi antérieure du vagin de Lena à chaque entrée.

Lena grogne. Plus grave que les sons précédents.

"Là", dit-elle. Un seul mot.

Pavel comprend. Il maintient l'angle, pousse à la même profondeur, régulier, sans varier. Lena sent la pression sur un point précis, à chaque fois, une pression qui irradie vers l'intérieur du bassin.

Ses doigts s'accélèrent encore sur le clitoris. Elle n'a plus de contrôle sur la main, elle bouge seule, le mouvement est devenu automatique.

La chaleur est intense. Le feu dans la cheminée souffle une vague régulière de chaleur sur leurs côtés gauches. La sueur couvre le dos de Pavel, les reins de Lena, l'intérieur des cuisses de Lena, collante, chaude.

Voss, dans son fauteuil, a les yeux sur le point de pénétration, le sexe de Pavel qui disparaît dans le corps de Lena et en ressort luisant, les fesses de Lena qui s'écartent à chaque poussée, la main de Lena visible sous son ventre, deux doigts qui travaillent.

Il ne dit rien. Son visage n'a pas changé.

La respiration de Lena devient haletante, saccadée, coupée à chaque poussée de Pavel. Elle tire le coussin vers elle, l'agrippe des deux mains, la main droite quitte le clitoris un instant puis y revient, plus appuyée.

Pavel sent les premiers signes. Le vagin de Lena se resserre autour de lui par intermittence, des contractions brèves et irrégulières qui deviennent de plus en plus fréquentes. Il maintient le rythme, ne s'emballe pas, tient le même angle, la même profondeur.

Lena jouit.

Le premier spasme part du ventre et irradie vers le bas du dos et les cuisses simultanément. Elle pousse un son long, étouffé contre le coussin qu'elle tient à deux mains, un son qui n'est pas tout à fait un cri mais qui en a la durée et l'intensité. Son vagin se contracte autour du sexe de Pavel, des contractions profondes et régulières, cinq, six, sept fois, chaque contraction accompagnée d'une onde de chaleur qui monte vers le sternum.

Ses hanches bougent d'elles-mêmes, cherchent à se creuser davantage vers Pavel, ou à se dérober, les deux en même temps, un mouvement contradictoire que son corps ne résout pas.

Pavel ne s'arrête pas.

Il continue à pousser pendant les contractions de Lena, et chaque poussée prolonge l'orgasme, le relance au moment où il s'amorce pour s'éteindre. Lena sent les spasmes s'enchaîner, une série ininterrompue, elle n'a plus vraiment de contrôle sur le son qui sort de sa bouche, une suite de sons mouillés, discontinus, contre le tissu du coussin.

Sa main droite reste sur le clitoris, elle frotte encore, machinalement, et le contact est presque trop intense maintenant, la peau trop sensible, mais elle ne retire pas la main.

Pavel grogne. Un son court, retenu.

Il sent l'orgasme arriver depuis la base de son sexe, une pression qui remonte. Il n'essaie pas de le repousser. Il enfonce une fois, profondément, se retire, enfonce encore, et à la troisième fois il reste au fond, les hanches verrouillées contre les fesses de Lena, sa main gauche qui saisit la hanche à s'en blanchir les doigts.

Le premier jet monte et se libère à l'intérieur de Lena. Pavel sent la chaleur de sa propre jouissance, puis le deuxième jet, le troisième, son sexe qui pulse à intervalles réguliers. Il penche le front contre la nuque de Lena, sa respiration contre sa peau, son corps presque entièrement posé sur le sien.

Lena sent la chaleur de Pavel se répandre en elle, par vagues, et ses propres contractions reprennent une dernière fois autour du sexe de Pavel, plus faibles, résiduelles, comme un écho.

Ils restent ainsi.

Le tapis est chaud sous eux. Le feu crépite. L'odeur dans la pièce est maintenant dense, chargée de sueur et de sexe et de cire, une odeur épaisse qui colle aux murs.

Pavel relève lentement le buste. Il est encore à l'intérieur de Lena. Il attend que la sensibilité se dissipe, puis il se retire doucement. Un peu de lui coule sur la face interne de la cuisse de Lena. Elle sent la trace tiède.

Elle retire enfin la main de sous son ventre. Elle regarde ses doigts un instant.

Ils s'allongent côte à côte sur le tapis, sur le dos, sans se parler. Leurs respirations se décélèrent ensemble, progressivement, vers quelque chose de normal.

Le plafond est obscur au-dessus d'eux. Les flammes y projettent des formes qui bougent.

Voss, dans son fauteuil, les regarde revenir à eux.



***

Quand Lena se relève, elle trouve sa robe là où elle était tombée. Pavel récupère ses vêtements. Ils s'habillent en silence. Voss les regarde s'habiller avec la même attention qu'il avait regardé Lena se déshabiller au début.

Quand ils sont prêts, Pavel dit : "On peut partir ?"

Voss fait un geste de la main, les deux doigts qui s'écartent, le même geste que le premier. Pavel et Lena traversent la pièce vers la porte.

À la porte, Lena se retourne. Voss la regarde. Son expression n'a pas changé de toute la soirée.

Elle ne dit rien. Elle sort.

Dans le couloir, il fait froid après la chaleur de la pièce. La porte se referme derrière eux. Ils marchent vers la sortie sans se parler, leurs pas sur les dalles.

Dehors, la nuit est froide et silencieuse. Ils s'arrêtent sur le seuil.

Pavel dit : "On reviendra ?"

Lena réfléchit une seconde, pas longtemps.

"Oui."

Ils descendent les marches. Derrière les fenêtres, la lumière du feu pulse, orange et vivante, dans la nuit.

Les avis des lecteurs

Histoire Erotique
Ouaouh !!!
Encore une histoire plus qu'originale, un décor et un scénario où l'on respire une ambiance pluri-sensorielle.
Et bien sûr un érotisme plus que subtil, croissant, que l'on imagine mais qu'en fait on sent et voit réellement.

La perfection, merci !



Texte coquin : Le maître du feu
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