Solvane et le chasseur (conte d'hiver)

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : Solvane et le chasseur (conte d'hiver) Histoire érotique Publiée sur HDS le 19-04-2026 dans la catégorie A dormir debout
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Solvane et le chasseur (conte d'hiver)
Il était une fois, dans un royaume dont les forêts ne connaissaient plus l'été, un chasseur qui cherchait un cerf blanc.

On disait de cet animal qu'il était apparu un matin de gel, sorti de nulle part entre deux rangées de hêtres, et qu'il avait disparu de la même façon, sans laisser d'empreinte, sans casser une branche. Plusieurs hommes affirmaient l'avoir vu. Aucun ne pouvait en décrire les yeux.

Le chasseur s'appelait Aldric. Il avait trente ans bien portés, des mains qui connaissaient l'arc et le bois, et cette façon qu'ont certains hommes d'occuper l'espace sans chercher à l'emplir. Grand, pas excessivement. Silencieux, pas par timidité. Il traversait la forêt depuis l'aube, suivant dans la neige fraîche une piste qui n'aurait pas dû se trouver là : des empreintes fines, légères, espacées de façon irrégulière, comme celles d'une bête qui n'aurait pas tout à fait décidé de sa direction. Il les suivit longtemps, jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent net, sans raison, au pied d'un chêne mort.

Là, à la place du cerf, il y avait une jeune femme assise dans la neige.

Elle s'appelait Solvane. Elle avait vingt-deux ans, une couronne de baies séchées dans les cheveux, et la particularité singulière de n'avoir jamais eu froid. Pas une seule fois. Même ce soir, dans sa robe de lin ocre dont les ourlets trempaient dans la neige, elle semblait simplement posée là, comme on pose une bougie allumée sur un rebord de fenêtre. Quelque chose brûlait en elle sans se consumer.

Aldric regarda les empreintes dans la neige. Il regarda la jeune femme. Il ne dit rien.

Le soleil descendait derrière les hêtres. L'air sentait la résine et la cendre froide, cette odeur particulière des forêts en hiver, âcre et propre à la fois, qui pique les narines et installe dans la gorge une sensation vague de manque.

Solvane ne leva pas les yeux tout de suite. Quand elle le fit, son regard était d'un brun si sombre qu'on aurait dit qu'il absorbait la lumière plutôt qu'il ne la réfléchissait. Aldric pensa, sans savoir pourquoi, à des yeux vus de nuit, dans un sous-bois, qui tiennent un instant la lueur d'une torche avant de s'éteindre.

"Tu es perdu", remarqua-t-elle.

"Non", dit-il. Ce n'était pas tout à fait vrai.

Il y eut un silence. Pas un silence gêné, plutôt le genre de silence qui tient la place de beaucoup de mots inutiles. La forêt craquait doucement sous la neige accumulée. Quelque part au-dessus, un corbeau déplaça son poids d'une patte sur l'autre. Une branche se délesta.

"Il n'existe pas, ton cerf blanc", dit-elle encore.

Il posa son arc contre l'arbre le plus proche et s'assit dans la neige en face d'elle, à une distance raisonnable, comme on s'installe à une table où on n'est pas sûr d'avoir été invité.

"Je sais", dit-il.

Ils parlèrent longtemps. Le soleil acheva sa descente. Le ciel prit la couleur de la braise, puis celle du plomb, puis du rien. Des étoiles apparurent une à une, avec cette discrétion des choses importantes qui ne cherchent pas à se faire remarquer.

Solvane lui parla du froid qu'elle ne ressentait pas, de la chaleur qu'elle portait en elle depuis sa naissance comme une dette ou un don, elle n'avait jamais su lequel. Elle lui dit que les villageois la trouvaient étrange. Il répondit que les villageois trouvaient étrange tout ce qu'ils ne pouvaient pas manger ou vendre.

Elle rit. Pas le rire poli des filles bien éduquées, un rire vrai, bref, qui découvrit ses dents et disparut aussi vite qu'il était venu.

Aldric la regardait parler. Il observait la façon dont sa bouche formait les mots, dont ses mains se posaient sur ses genoux sans s'y agripper, dont elle habitait son propre corps avec une aisance tranquille qui lui rappelait quelque chose qu'il ne sut pas tout de suite identifier. Il comprit plus tard, en chemin vers le sommeil, que c'était la liberté.

Elle lui posa la main sur le poignet au moment où il allait se lever pour partir.

"Tu as froid", dit-elle.

C'était vrai. Il avait froid depuis une heure sans l'admettre.

"Reste encore un peu."

Il resta.

La nuit tomba tout à fait. Elle sortit de son manteau, replié contre l'arbre, une couverture de laine épaisse, brune, qui sentait la cire d'abeille et quelque chose de floral qu'il n'aurait pas su nommer. Elle la déplia entre eux sans cérémonie, comme on accomplit un geste pratique, et s'en couvrit les épaules.

Un bord de la couverture pendait vers lui, une invitation ou une simple négligence, impossible à distinguer.

Il la prit. Leurs épaules se touchèrent.

La chaleur de Solvane était réelle, physique, presque stupéfiante, pas la chaleur d'un corps simplement bien nourri mais quelque chose de plus ancien, de plus dense, qui rayonnait d'elle comme d'une pierre chauffée au soleil et qui garde longtemps la mémoire de la lumière. Aldric sentit la tension de la journée quitter ses muscles, lentement, comme une eau qui s'écoule.

Ils restèrent ainsi un moment. Le silence avait changé de nature. Il était devenu autre chose, plus étroit, plus habité.

Solvane tourna la tête vers lui. Leurs visages étaient proches dans l'obscurité. Elle voyait très bien la nuit, c'était une de ses particularités, qu'elle n'avait jamais mentionnée à personne. Ses yeux, dans le noir, tenaient quelque chose de la lune.

"Je vais t'embrasser", dit-elle. Sur le même ton qu'elle aurait dit : il va neiger.

"Je sais", dit-il.

Elle prit son temps. Elle commença par poser ses lèvres contre sa joue, juste sous la pommette, un contact si léger qu'il aurait pu être accidentel si elle n'y avait pas maintenu sa bouche une seconde entière, deux secondes, assez longtemps pour qu'il sente sa chaleur traverser sa peau et descendre dans sa gorge comme une gorgée d'eau-de-vie. Puis elle bougea de quelques millimètres, vers le coin de sa bouche, puis sur sa bouche.

Le baiser fut d'abord doux. Puis il ne le fut plus.

Il posa une main dans ses cheveux, sur la couronne de baies séchées qui crissa légèrement sous ses doigts. Elle ouvrit les lèvres. Sa langue était chaude, le goût de sa salive mêlait quelque chose de sucré et de très légèrement âpre, comme une baie sauvage mangée trop vite.

La couverture glissa d'une épaule.

Ses mains à lui trouvèrent le lacet qui fermait le corsage de lin dans le dos. Il le défit lentement, pas par calcul mais parce que ses doigts n'étaient pas habitués à ce genre de nœud, et cette maladresse eut quelque chose de juste. Elle l'aida, portant les bras en arrière d'un geste souple, et le tissu s'ouvrit.

La peau de Solvane dans l'obscurité était d'une blancheur qui tenait du givre, du marbre, de la neige fraîche, toutes ces choses froides qu'elle n'était pas. Sa chaleur continuait de rayonner. Ses seins, libérés du corsage, étaient ronds, lourds de façon agréable, les tétons sombres dans la lumière lunaire, déjà dressés dans l'air de la nuit bien qu’elle ne ressentit pas le froid.

Quand elle fit glisser la robe de ses épaules, il vit sur sa peau, à la naissance de l'épaule gauche, une marque de naissance qu'on ne s'attendait pas à trouver là : deux courbes fines, symétriques, recourbées comme des andouillers en miniature, ou comme la trace que laisserait un animal en posant le front contre la neige. Il l'effleura du bout des doigts sans rien dire. Elle ne dit rien non plus.

Il prit ses seins dans ses mains. Elle ferma les yeux. Un son lui échappa, pas tout à fait un soupir, pas tout à fait une plainte, quelque chose de court et d'involontaire qui le fit recommencer plus lentement.

Il fit descendre ses lèvres dans son cou, sur l'os de l'épaule, le long du sternum. Quand sa bouche se referma sur un téton elle laissa échapper quelque chose de plus net, une syllabe sans sens, et glissa les doigts dans ses cheveux à lui en une légère traction qui était à la fois une demande et une réponse.

La neige autour d'eux avait cessé de sembler froide. Ou peut-être avait-elle cessé d'être réelle. Le cercle de leur couverture suffisait.

Elle le fit allonger sur le manteau déplié dans la neige, un geste de conteuse qui connaît la fin avant le début. Elle s'agenouilla au-dessus de lui, les cheveux défaits maintenant, la couronne de baies de guingois, sa robe rassemblée à la taille comme une vague au moment de déferler.

Ses mains à elle trouvèrent les boutons de sa veste, les bouclettes de sa ceinture, avec une assurance tranquille qui n'avait rien de mécanique, au contraire, chaque geste semblait fait pour la première fois et en même temps depuis toujours. Elle descendit le long de son torse, ses paumes à plat sur sa peau, sentant le muscle sous la chair, les côtes, la ligne des poils qui convergeait vers le bas.

Quand elle l'atteignit elle marqua une pause, une de ces pauses de ceux qui savent que le silence fait partie du récit.

Sa main se referma sur lui. Il était déjà pleinement durci, sa chair chaude et dense dans son poing, et elle commença un mouvement lent qui lui arracha un souffle rentré. Elle regardait son visage pendant qu'elle faisait cela, avec une attention sérieuse, presque scientifique, comme si elle prenait note de chaque variation de son expression. Il avait les yeux à demi fermés. Le muscle de sa mâchoire travaillait.

Elle se pencha et prit la tête de son sexe entre ses lèvres.

Il dit son nom. Juste son nom.

Sa bouche était chaude comme tout le reste d'elle, chaude de cette chaleur qui lui appartenait, et elle prenait son temps, la langue décrivant des cercles lents, la pression variée, parfois presque absente, parfois franche, de façon à ce qu'il ne puisse rien anticiper, rien retenir. Ses cheveux glissaient sur le bas de son ventre à lui comme un rideau qu'on défait. Il mit les mains dedans, sans tirer, juste posées là, un poids léger et reconnaissant.

Elle continua longtemps, assez longtemps pour qu'il commence à trembler, ses cuisses rigides, la neige fondue sous lui sans qu'il le remarque, et elle s'arrêta juste avant, avec une précision qui ne devait rien au hasard.

Elle remonta le long de son corps. Elle retira sa robe en la faisant passer par-dessus sa tête d'un seul geste, et il découvrit qu'elle ne portait rien dessous que sa propre chaleur.

Ses cuisses s'écartèrent au-dessus de lui. Le duvet entre ses jambes était sombre, légèrement humide, l'odeur d'elle monta jusqu'à lui, intime et précise, cette odeur de femme en désir qui n'a pas de nom dans les livres mais que personne n'oublie une fois connue.

Il la prit par les hanches et la fit pivoter, la retournant sur le manteau avec une fermeté qui la surprit agréablement, et il se plaça entre ses cuisses, son poids sur les coudes au-dessus d'elle, leurs visages proches à nouveau.

"Tu n'as toujours pas froid?" demanda-t-il.

Elle sourit. "Non."

"Moi non plus."

Il descendit vers son ventre, ses lèvres sur la peau du bas-ventre, l'os du bassin, l'intérieur d'une cuisse d'abord, l'autre ensuite, et elle soupira longuement, ses hanches s'élevant légèrement dans une demande qui ne voulait pas se formuler en mots. Quand sa langue l'atteignit enfin elle dit quelque chose dans une langue qu'il ne connaissait pas, ou peut-être dans aucune langue, juste un son, continu et bas.

Il apprit sa façon d'être, ce qui la faisait retenir son souffle, ce qui le libérait en vague. Elle était chaude sous sa langue comme partout ailleurs, chaude et gonflée et légèrement sucrée, et il ne se pressa pas, il avait tout son temps, ils avaient toute la nuit, le conte avait cette patience qui est sa marque la plus sûre.

Ses hanches se mirent à bouger contre sa bouche avec une régularité croissante, et sa main vint prendre la sienne, leurs doigts entrelacés dans la neige. Elle dit son nom, une fois, deux fois, puis plus rien, et son corps se contracta longuement sous lui avec la rigueur et la durée d'une vague de fond.

Elle l'attira contre elle quand ce fut fini. Elle le guida en elle d'une main, et il entra lentement, la sentant encore trembler autour de lui, si serrée, si chaude, une chaleur qui n'avait rien de commun avec aucune chaleur connue.

Il ne bougea pas d'abord. Ils restèrent immobiles, front contre front, son souffle mêlé au sien. La forêt autour d'eux ne faisait plus aucun bruit, retenant peut-être elle aussi quelque chose.

Puis il commença à bouger, lentement d'abord, ses hanches trouvant un rythme que son corps reconnut avant sa tête. Elle s'ouvrit davantage sous lui, les jambes remontées, les mains dans son dos, ses doigts traçant dans sa chair des lignes qu'il sentirait encore demain. Elle respirait contre son oreille, court et chaud, et parfois un son lui échappait, un son qu'il voulait entendre encore, qui le poussait à aller plus profond, plus lentement, le rythme qui variait selon ce qu'il percevait d'elle.

La neige avait entièrement fondu sous le manteau.

Ils restèrent ainsi un long moment, à se chercher et se trouver, dans cette langue sans mots qu'inventent les corps quand on leur en laisse le temps. La chaleur de Solvane l'enveloppait entièrement maintenant, il n'aurait plus su dire où elle finissait et où lui commençait, si cette distinction avait encore un sens. Elle prit son visage dans ses deux mains et le regarda pendant qu'il continuait de bouger en elle, et il y avait dans son regard quelque chose d'à la fois très présent et très lointain, le regard de quelqu'un qui voit deux endroits à la fois, ou de quelqu'un qui a longtemps attendu quelque chose sans se l'avouer.

Il accéléra. Elle s'y abandonna. Ses ongles s'enfoncèrent dans ses épaules. Elle dit oui, oui, comme une respiration, pas une demande, une constatation. Il sentit la pression monter à la base de son ventre, irrésistible maintenant, et il la laissa venir, la laissa déferler en elle dans un long tremblement qui lui coupa le souffle.

Ils restèrent enlacés, le silence revenu autour d'eux, différent encore une fois, plus dense, plus satisfait.

Au-dessus de leurs têtes, les étoiles continuaient leur travail imperturbable.

Plus tard, dans la nuit, allongé contre elle sous la couverture de laine, Aldric regarda le ciel entre les branches.

"Le cerf blanc", dit-il au bout d'un moment.

Elle ne répondit pas tout de suite. Ses doigts s'étaient immobilisés sur son torse.

"Il n'existe pas", dit-elle enfin. Mais sa voix avait quelque chose de différent, une légèreté un peu trop calculée, comme celle de quelqu'un qui dit la vérité d'une façon qui n'est pas tout à fait honnête.

"Certaines choses n'existent pas avant qu'on les cherche."

Un silence. Dehors, entre les arbres, quelque chose bougea dans la neige, un froissement à peine audible, puis rien.

"C'est une façon optimiste de voir les contes."

"Tous les contes finissent bien."

"Pas tous." Une pause. "Ceux de Perrault, parfois."

"Nous ne sommes pas dans Perrault."

Elle rit doucement, ce rire bref et vrai qu'il aimait déjà. "Non. Je ne pense pas."

Elle posa sa tête contre son épaule. Sa chaleur continuait d'irradier, constante, fidèle à elle-même. La neige avait recommencé à tomber, mais doucement, sans conviction, les flocons trop lents et trop légers pour qu'on les craigne.

"Tu reviendras demain?" demanda-t-elle.

Il ne répondit pas tout de suite. Il regarda les flocons tomber entre les branches. Il pensa à la liste de toutes les choses auxquelles il était censé retourner, le village, le travail, la vie ordonnée et mesurée qu'il avait construite avec le soin têtu qu'on met aux choses que l’on n'est pas sûr de vouloir garder.

"Oui", dit-il.

Elle ne dit rien. Mais il sentit quelque chose se défaire légèrement en elle, une tension qu'il n'avait pas remarquée parce qu'elle était trop anciennement installée pour faire du bruit en partant.

Il s'endormit avant elle. Solvane resta longtemps les yeux ouverts dans le noir, à regarder les étoiles. Ses yeux, dans l'obscurité, tenaient la lumière une fraction de seconde de trop.

Au matin, dans la neige autour d'eux, il n'y avait qu'une seule paire d'empreintes. Les siennes.

Et ils vécurent, dit-on dans ce royaume aux forêts sans été, dans une maison à l'orée du bois, là où la neige finit et où quelque chose comme le printemps commence, sans jamais tout à fait s'installer, heureux longtemps, peut-être toujours, ce qui dans les contes revient au même.

Aldric ne chercha plus jamais le cerf blanc.

Il n'en avait plus besoin.

La maison était toujours chaude.

FIN

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