« Les confidences du clitoris » : Réflexions sur un instrument de plaisir et son histoire.
Récit érotique écrit par Olga T [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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« Les confidences du clitoris » : Réflexions sur un instrument de plaisir et son histoire.
Avertissement :
Ce texte n’entre en fait dans aucune des catégories de publications que j’ai faites jusqu’à présent. Il fait appel à des souvenirs personnels, se réfère à l’histoire, mon autre passion avec l’érotisme. Je pourrais aussi le classer parmi les textes « philosophie et plaisirs » ou plutôt « philosophie du plaisir féminin ».
Ce texte se veut aussi un exercice inédit d’écriture en commun, associant cinq auteures (personnellement je préfère ce terme à « autrices ») autour d’une série de textes, sous la même thématique, « les confidences du clitoris ».
Les quatre autres auteures sont Dyonisia, Maud, Electra Heart et Sarah T. Avant d’envoyer ce texte à HDS, je l’ai soumis à ce club dit des « clitounettes ».
Dyonisia, ma muse, est une disciple assidue de la poétesse Sappho. Elle a fait plusieurs publications sur HDS.
Mes lecteurs et lectrices savent, qu’avec Sarah, nous avons pratiqué l’écriture en commun, et publié deux séries de textes fictifs, « Aude se lâche » (13 des 15 chapitres) et « Clémence ».
Je laisse le soin à Maud et Electra de se présenter, quand leurs textes seront publiés et selon les modalités qu’elles choisiront.
***
Il m’appartient donc de me lancer dans ce « texte introductif », moi, hypersexuelle, qui suis à la fois clitoridienne et vaginale.
Je vais donc faire l’éloge du clitoris, ce petit « appendice », bouton générateur d’orgasmes. Aucun doute à avoir : de tous les organes, c’est bien le clitoris qui donne le plus constamment du plaisir aux femmes.
Mon texte est un texte militant, qui a pour objet de rendre hommage au clitoris, avec une pensée toute particulière pour nos sœurs, ces femmes mutilées, par la pratique abominable et barbare de l’excision. Selon l’UNICEF, plus de 230 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi des mutilations génitales féminines. Cela représente environ 6% de la population féminine mondiale, qui a subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie.
L’UNICEF est à l’origine de l’inscription du 6 février comme la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Je profite de cette publication pour dénoncer avec vigueur cette barbarie Une occasion importante de sensibiliser et alerter le grand public sur ces pratiques abominables et leurs conséquences désastreuses.
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Zone érogène par excellence chez la femme, le clitoris est pourtant bien loin d’avoir dévoilé tous ses secrets.
Je ne vais pas me lancer ici dans une leçon d’anatomie. Aujourd’hui chacun sait ce qu’est le clitoris, longtemps présenté, pour nous femmes, comme « l’homologue du pénis masculin ». Une chose est avérée : le clitoris est un organe très sensible, car fortement innervé, dont la fonction physiologique est érogène et « orgasmogène » lorsqu'il est stimulé.
Depuis plusieurs centaines d’années déjà, le parallèle est fait entre pénis et clitoris. Il faut dire que ces deux organes de plaisir ont plus de points communs qu’il n’y paraît.
Pour commencer, le pénis (et surtout le gland), est la première zone de plaisir chez l’homme tandis que le clitoris apparaît comme le principal organe dédié à la jouissance chez la femme.
Ensuite, tout comme son homologue masculin, le clitoris est constitué d’un corps spongieux, d’une partie caverneuse, mais également de tissus érectiles. Et, oui, le clito aussi change de taille quand l’excitation monte et qu’il se gorge de sang.
Pour finir, le clitoris est divisé en deux parties. L’une d’elles est visible et se nomme le gland (eh oui, encore un point commun), et l’autre est complètement invisible car présente à l’intérieur du corps. Cette dernière peut atteindre jusqu’à 10 cm durant l’excitation... soit pratiquement la moyenne de la taille d’un pénis en érection !
Les 9/10e du clitoris sont internes, donc invisibles. Sous la surface, il s'étend en une structure en forme de fer à cheval qui comprend des tissus érectiles et de nombreux nerfs. Plus l'excitation monte, plus il se gorge de sang, devient sensible et induit une sensation de plaisir qui peut mener à l'orgasme.
UN PEU D’HISTOIRE
Son rôle dans le plaisir féminin est connu de très longue date. Et pourtant, le manque d’intérêt pour le plaisir féminin s’est traduit par l’absence d’études sur le clitoris pendant de nombreuses années. C’est seulement en 1998 que son anatomie fut correctement décrite, révélant un organe complexe, bien loin de l’idée de cette petite excroissance située juste sous la peau, à la commissure des grandes lèvres.
Les conventions sociales, la psychologie, et même la médecine ont minoré le clitoris jusqu’à le considérer comme tout à fait secondaire lors des rapports sexuels.
Freud, notamment, avait décrété que le plaisir clitoridien, immature, était inférieur au vrai plaisir qui ne pouvait être que vaginal. Au XIXe siècle, les progrès des connaissances sur la reproduction renforçaient ce point de vue. Puisque la fécondation ne devait rien au plaisir féminin, mais à la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, la pénétration vaginale était la priorité. Le plaisir clitoridien était relégué au rang d’accessoire. Cela incita de nombreux scientifiques à partir à la recherche d’un « point G» dans le vagin, clé du vrai plaisir féminin. En vain : rien n’a permis de détecter une région particulière, une différence anatomique dans le vagin qui puisse expliquer la survenue d’un orgasme.
Pour aller plus loin, je voudrais d’abord me référer à un ouvrage de Jean-Claude Piquard, ergothérapeute et sexologue : « La fabuleuse histoire du clitoris » (Blanche, 2012).
Cet ouvrage retrace l'histoire du clitoris depuis l'Antiquité, en passant par sa découverte anatomique au XVIe siècle, sa notoriété du XVIIIe siècle, jusqu'à sa « décadence » à l'aube du XXe siècle, décadence qui atteindra étonnamment son apogée durant la décennie où l'on a marché sur la Lune !
Aussi incroyable que ça puisse paraître, une proportion importante de femmes et plus de 50% des jeunes filles ignorent tout de « cet organe surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », tel que joliment défini dans sa préface par Julie Muret, de l’association « Osez le féminisme » , qui avait, en son temps (2011), lancé une campagne d’information et de sensibilisation sur le plaisir sexuel féminin. Cette campagne s’appelait, pour reprendre son néologisme, « Osezleclito ». Un sondage effectué alors révélait que moins d’un quart des femmes connaissaient la taille du clitoris. Et que seules 16% des jeunes filles connaîtraient sa fonction érogène.
« La Fabuleuse histoire du clitoris » fait également la synthèse des connaissances médicales passées et présentes sur l'unique organe du corps spécifiquement dédié au plaisir. L'auteur s'intéresse aussi à sa représentation symbolique et plus généralement à l'évolution des mœurs sexuelles. Ce qui l'amène à dénoncer la grande vague " d'obscurantisme clitoridien ", qui se situe dans les années 1960 et qui, un demi-siècle plus tard, est toujours d'actualité puisque le fameux " bouton de rose " n'a pas totalement retrouvé sa place dans notre société.
Les études sur cet organe essentiel de la féminité – ne le mutile-t-on pas à ce titre dans certaines contrées ? – sont faibles, parcellaires, attestant ainsi de la vision très masculine de nos sexualités. La fabuleuse histoire du clitoris est la première tentative de synthèse scientifique et historique sur le clitoris, tout en étant un ouvrage de vulgarisation.
Il fut un temps, pas si lointain, où les médecins considéraient l’orgasme comme un remède à la neurasthénie et à l’hystérie, suivant en cela la mécanique des fluides de haute époque hippocratique : pour maintenir les équilibres garants d’une bonne santé, point de rétention des humeurs corporelles et va pour l’orgasme médicalement assisté.
Tout au long du XIXe siècle les femmes seules et dépressives, réputées inaccessibles à ces orages désirés, se faisaient manuellement stimuler la vulve par leur praticien préféré afin d’atteindre le nirvana. « Cette activité – nous dit l’auteur, sexologue clinicien, avec une pointe de nostalgie – représentait environ un tiers du chiffre d’affaires des médecins ». Une véritable rente sur un marché très stable, puisque les hystériques ne risquent pas de mourir de leur maladie, pas plus qu’elles ne peuvent en guérir. En revanche la pratique pouvait se révéler chronophage, certaines femmes nécessitant jusqu’à une heure de stimulation thérapeutique.
C’est sans doute pourquoi on imagina en contexte thermaliste un dispositif plus efficace pour ce siècle industriel, une machine qui peut à bon droit être considérée comme l’ancêtre du vibromasseur, d’abord à manivelles ou à pédales, puis à vapeur et enfin, grâce à la fée électricité, dotée d’une miraculeuse autonomie. L’auteur note au passage que le vibromasseur allait être le quatrième appareil électrique à apparaître sur le marché, bien avant l’aspirateur. Sinon c’était la douche, le jet orienté par un opérateur entre les cuisses, on appelait ça la « physiothérapie » et l’on croit savoir que ce massage vulvaire hydraulique, communément appelé douche clitoridienne, contribua grandement à la prospérité des établissements de cure thermale.
Mais le « Grand Siècle du clitoris » reste sans conteste le siècle des Lumières et du libertinage. Là, le « bouton de rose » entre en littérature. Tribades et ménades vont peupler l’avant-scène des fantasmes de tout bord. Jean-Claude Piquard cite le best-seller de l’époque, « Thérèse philosophe » du marquis Boyer d’Argens, et la stupéfiante chatouille qui la secoua de spasmes l’ébranlant de la tête aux pieds, la fit cambrer nerveusement et pousser un long gémissement dont elle ne savait s’il était de plaisir ou d’extase.
Je citerai également comme référence le livre de la sociologue et historienne Delphine Gardey : « Histoire politique du clitoris » (textuel, 2021).
Dessiné à la craie sur les trottoirs de nos villes, brandies lors des manifestations en faveur des droits des femmes, le clitoris s’affiche comme nouveau moyen d’action et de revendication.
L’organe, longtemps dénié, méconnu ou réprimé s’affirme autant dans le champ scientifique et médical que dans l’espace public et politique. Le montrer tel que les connaissances actuelles le décrivent est le moyen pour les femmes de se réapproprier leur corps, leur sexualité et leur histoire. Comment et pourquoi mesurer, disséquer, coudre, circoncire, exciser, réparer ou standardiser l’organe ?
Quel clitoris pour quelle sexualité mais aussi quelle politique ?
Clitoris d’hier et d’aujourd’hui, clitoris savant et profane, clitoris d’Occident et d’Orient, clitoris hétéro ou lesbien, Delphine Gardey explore la façon dont les savoirs et les pratiques médicales façonnent et définissent l’expérience intime des femmes : un enjeu de lutte individuelle ou collective.
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Pour poursuivre l’histoire du clitoris, un peu d’étymologie.
Dès l’Antiquité, le clitoris était connu sous divers noms et décrit par certains médecins, même si les textes hippocratiques ne le mentionnent pas directement. Les médecins de cette époque s’intéressaient davantage à l’utérus, considéré comme la cause de nombreux troubles féminins.
Hippocrate lui aurait rendu hommage en décrétant que, pour procréer, la femme devait prendre du plaisir, et qu’il fallait donc lui en procurer. En réalité, le clitoris avait déjà été décrit par de nombreux auteurs anciens, tels Hippocrate de Kos (né vers -460 et mort en -370, le père de la médecine, Avicenne (980-1037) ou Abu Al-Qasim (940-1013).
Pour écrire l’histoire fictive de Tullia, publiée sur HDS ou les « Mémoires de Faustine », je me suis beaucoup intéressée à la sexualité des Romains. Ceux-ci pensaient qu'un acte sexuel requiert nécessairement un partenaire actif, forcément phallique, ce qu’ils appelaient un « fututor », à savoir celui qui pénètre, par opposition à « fututa », à savoir celle (ou celui) qui est pénétré. Certains auteurs, comme le poète Martial, imaginaient que lors des relations homosexuelles féminines, une des femmes utilisait un olisbos ou disposait d’un clitoris exceptionnellement grand pour la pénétration, et que c'était elle qui avait du plaisir. Martial ignorait visiblement la pratique des « ciseaux » par les disciples de la grande Sappho !
Dans la série télévisée « Rome » (2005-2007), le légionnaire Titus Pullo donne quelques conseils au centurion Lucius Vorenus qui souhaite faire plaisir à sa femme, Niobé :
- Quand tu fais l’amour avec elle, touche le bouton qu’elle a entre les cuisses, elle s’ouvrira alors comme une fleur.
- Comment sais-tu que Niobé a ce bouton ?
- Toutes les femmes en ont un. »
Le poète Ovide, dans « L’Art d’aimer », évoque déjà la recherche du plaisir féminin. Le poète ne parle pas du clitoris dans son ouvrage. Peut-être y fait-il néanmoins allusion, lorsqu’il écrit : « La pudeur interdit à la femme de provoquer certaines caresses, mais il lui est agréable de les recevoir quand un autre en prend l’initiative. » (« L’art d’aimer » I, 705-706)
Les médecins grecs et latins, comme Soranos d’Éphèse (98-138), décrivent le clitoris sous le nom de nymphé, signifiant qu’il doit être caché comme le visage de la jeune mariée vierge sous son voile. A la même époque Rufus d’Éphèse ( 80-150) le nomme « kleitoris », en lien avec « kleio » signifiant « je ferme », avec la même idée que le clitoris doit être caché.
En latin, « numphé » est traduit par « landica » qui, étymologiquement, pourrait évoquer un petit gland. On le retrouve gravé comme une insulte sur des frondes utilisées lors de guerre de Pérouse, qui oppose, en 40-41 av JC, Fulvia, épouse de Marc Antoine, à Octave, le futur empereur Auguste : « FVLVIAE LANDICAM PETO » (« Fulvie, prends ça dans le clitoris ! »)
Un graffiti dans Pompéi traite une femme de « landicosa » à « gros clitoris », image obscène et dégradante et injurieuse sous entendant une monstruosité.
Contrairement au phallus, porte-bonheur bénéfique, le clitoris était perçu comme une arme, une épine redoutable.
Les poètes grecs, comme Nicarque de Samos, le représentent comme une menace pour l’homme !
L’acte de pénétration est alors perçu comme seul moyen de le “dompter”.
Le « cochon » est, chez les Romains, un terme familier désignant la vulve, tandis que « l’épine » représente le clitoris, perçu comme un petit pénis constituant une menace pour les lèvres de l’homme. D’où le tabou que constituait la pratique du cunnilingus au risque de se couper ! Je n’en n’ai pas moins imaginé, dans les mémoires apocryphes de la belle Faustine, que l’Augusta obtenait de certains de ses amants, à commencer par son époux, qu’ils surmontent cet interdit !
De Circé à d’autres figures mythiques, la puissance féminine se lie à la séduction, au pouvoir et à la crainte. Le clitoris, symbole invisible, devient le centre d’un imaginaire où l’homme cherche à reconquérir son autorité. L’histoire des Grecs et des Romains révèle ainsi la peur d’un plaisir féminin libre et autonome.
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Au sortir du Moyen Âge, on ne connaît pas bien le clitoris. À cette époque, on pense que lorsqu’une femme a un orgasme, elle émet un liquide similaire au sperme. De là est née l’idée que plus les femmes éprouvaient du plaisir, plus les chances de grossesse étaient importantes. Tout ce qui permet le plaisir féminin est donc vivement encouragé, y compris la stimulation du clitoris.
À la Renaissance, des anatomistes comme Realdo Colombo et Gabriele Fallope le décrivent en détail. Colombo le compare à une « petite boule » qui devient dure et allongée lorsqu’elle est stimulée, tandis que Fallope affirme qu’il « correspond au pénis de l’homme ». C’est à cette époque que naît l’expression « verge de la femme », une construction culturelle qui n’existait pas dans l’Antiquité, où l’on parlait plutôt de « nymphe », de « baie de myrte » ou de « luette » pour décrire le clitoris.
L’idée que le clitoris est le « trône de la volupté et des plaisirs de la femme», comme le surnomme le médecin sexologue Nicolas Venette (1633-1698), s’impose durablement. Cependant, la science progresse, et l’idée qu’il est nécessaire à la procréation recule… Premier signe de ce désamour : la guerre contre la masturbation, masculine d’abord, féminine ensuite. Au XVIIIe siècle, on parle d’« onanisme», terme qui vient d’un personnage biblique nommé Onan, coupable de masturbation selon l’Église. Samuel Tissot, médecin suisse, fait de la masturbation féminine la responsable de nombreux maux : elle rendrait sourde, épileptique ou encore hystérique.
Par la suite, la découverte du processus de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde sonnera définitivement le glas pour le clitoris : il est décrété inutile pour la procréation et perd donc tout intérêt.
Au début du XXᵉ siècle, Sigmund Freud relègue le plaisir clitoridien au rang de plaisir « infantile ». Selon lui, une femme « mature » doit jouir par le vagin. Cette théorie, profondément influente, a longtemps contribué à la dévalorisation du clitoris dans la culture occidentale.
Le clitoris devient alors la cible de toutes les attaques, tandis que des médecins souhaitent réhabiliter le vagin comme source première de plaisir. Sigmund Freud y parviendra avec un certain brio. Selon ce médecin autrichien, père de la psychanalyse, l’orgasme clitoridien est celui de la fillette. Pour lui, la femme est jalouse du pénis de l’homme, car son organe à elle, son clitoris, est bien plus petit que le membre masculin. La petite fille « remarque le grand pénis bien visible d’un frère ou d’un camarade de jeu, le reconnaît tout de suite comme la réplique supérieure de son propre petit organe caché et, dès lors, est victime de l’envie du pénis », décrit Freud dans Introduction à la psychanalyse (1922). « Humiliée », «dégoûtée», la petite fille doit abandonner son clitoris pour se tourner vers son vagin et par là, «vers de nouvelles voies qui conduisent au développement de la féminité».
Le clitoris et l’orgasme clitoridien deviennent tabou, car signes de dysfonction sexuelle. Être incapable d’orgasme vaginal est même considéré comme une maladie. Une sacrée prouesse que Freud réussit là, quand on sait que seule une femme sur 5 parvient à un orgasme lors d’une pénétration vaginale sans stimulation clitoridienne, selon une étude menée en 2017 par Debby Herbenick, chercheuse au Center for Sexual Health Promotion, à l’Université de l’Indiana (Etats-Unis). Il parvient donc à faire croire que la majorité des femmes ne sont pas normales ! La chape de plomb est posée. Le clitoris disparaît peu à peu des livres d’anatomie.
Dans les années 1960, le travail de Masters & Johnson réhabilite le rôle du clitoris : ils démontrent qu’il est l’organe central de l’orgasme féminin. Dès les années 1970. Les militantes féministes remirent le clitoris à l’honneur. Mais dès les années 1980, l’attention se détourne vers le fameux « point G », reléguant l’organe à l’arrière-plan.
C’est d’ailleurs en consultant un livre d’anatomie à la fin des années 1980 qu’Helen O’Connell, une chirurgienne urologue australienne, se rend compte que quelque chose cloche. « On n’y trouvait pas la moindre description du clitoris en lui-même alors qu’il comportait tout un chapitre sur le mécanisme de l’érection », confie-t-elle dans le documentaire Le Clitoris, ce cher inconnu, diffusé sur Arte en 2004. En 1998, elle décide alors de disséquer plusieurs cadavres de femmes et redécouvre l’anatomie complète du clitoris. L’occasion de rappeler qu’il ne se réduit pas au fameux « bouton» qui siège au sommet de l’entrée du vagin, mais qu’il comporte quatre branches dont les deux principales peuvent mesurer jusqu’à 10 centimètres!
En 1998 donc, Helen O’Connell publie une étude pionnière. Elle met en évidence les lacunes des manuels d’anatomie modernes, qui représentaient encore le clitoris comme un simple « bouton » externe. Ses dissections révèlent l’importance de sa partie interne, érectile et tridimensionnelle, et du réseau nerveux qui l’accompagne. Contrairement à ce que les médias relayèrent souvent, O’Connell n’a pas « découvert » le clitoris interne : des anatomistes comme l’Allemand Kobelt l’avaient déjà décrit au XIXᵉ siècle, mais ses travaux ont permis de remettre cet organe au cœur du savoir médical et du débat public.
La redécouverte médicale du clitoris est aussi liée aux combats contre les mutilations génitales féminines (MGF). Dans les années 1990, la gynécologue Odile Buisson et le chirurgien Pierre Foldès mènent des recherches pionnières sur le clitoris, notamment à travers des échographies et des interventions chirurgicales de réparation pour les femmes excisées. Ces travaux visent à redonner aux femmes une partie de leurs sensations perdues et à mieux comprendre les mécanismes physiologiques du plaisir féminin (Buisson & Foldès, 2008).
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En conclusion de cette partie historique : le clitoris a été longtemps ignoré, afin de contrôler la sexualité des femmes et de leur dénier un droit élémentaire : celui au plaisir.
La « découverte » du clitoris au XVIe siècle gênait un modèle qui prévaut depuis l’Antiquité : l’idée que les femmes ont à l’intérieur ce que les hommes ont à l’extérieur.
Plus on décrit l’anatomie du clitoris, notamment en mentionnant le fait qu’il est érectile et en rappelant qu’il ressemble à une petite verge, plus on déstabilise ce modèle de représentation. Ce qui va poser toute une série d’inquiétudes au XVIIe siècle : s’il s’avérait que toutes les femmes disposent d’un clitoris, autrement dit d’une « petite verge», des femmes pourraient donc pénétrer d’autres femmes ? Finalement, connaître l’organe déstabilise : la jouissance au féminin est trop subversive.
Le plaisir des femmes doit être raisonné, maîtrisé, contrôlé. Dans toutes les sociétés humaines, la répression de la sexualité féminine est au centre. La jouissance féminine et le plaisir sont pour la pensée traditionnelle une source de débordement intolérable qui doit être évacuée.
Défendant cette conception, des institutions se sont donc chargées d’organiser une répression symbolique et psychique. La psychanalyse, via la théorie freudienne, a toujours expliqué aux femmes qu’elles n’avaient rien entre les jambes, et que si elles continuaient d’éprouver du plaisir via le clitoris, elles ne deviendraient jamais des femmes. On le voit également avec les clitoridectomies, pratiquées en Occident au nom de la médecine et de la science jusque dans les années 1920. On vise alors les jeunes personnes considérées comme aliénées ou masturbatrices compulsives, et des femmes mariées issues de la bourgeoisie, qui viennent consulter parce que leur mari n’est pas satisfait de leur comportement dans le lit conjugal.
Les rétrogrades ne veulent rien savoir des façons par lesquelles les femmes ont du plaisir. Comme elles doivent donner l’impression d’être satisfaites au moment de la pénétration, on mutile un clitoris susceptible de les détourner du vagin.
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Après des siècles d’oubli, de déformations et de silences, le clitoris se révèle enfin pour ce qu’il est : l’organe central du plaisir féminin, un symbole de connaissance de soi et de liberté. Progressivement les tabous se lèvent. Revendiquons et assumons haut et fort cette conquête qu’est le droit au plaisir féminin.
L’ORGASME CLIORIDIEN
Fin octobre 2022, des chercheurs de l’Oregon Health & Science University se sont aperçus que le clitoris comptabilisait plus de 10 000 fibres nerveuses.
Rien qu’avec cette information, on peut facilement se rendre compte de la puissance d’un orgasme clitoridien...
Pourquoi la stimulation du clitoris est-elle si souvent délaissée au profit de la pénétration vaginale ? La réponse est malheureusement assez simple : par manque de connaissances, pour beaucoup d’hommes, la femme a besoin d’une pénétration vaginale pour jouir alors à quoi bon s’attarder sur le clitoris ?
Pourtant, selon une étude récente, 80% des femmes auraient besoin d’une stimulation clitoridienne pour atteindre l’orgasme...
Comment atteindre l’orgasme à tous les coups ?
D’abord, rien de tel que quelques baisers, légères pressions ou encore caresses bien placées pour nous amener au septième ciel. Attention cependant : le clitoris est généralement ultrasensible. Veillez donc à ne pas être trop brusque avec vos doigts ou votre bouche et alternez coups de langue et succions pour nous offrir la meilleure des sensations. Eh oui, le cunni, c’est tout un art !
Ensuite, il existe quelques positions sexuelles très utiles pour stimuler le clitoris tout en prenant du plaisir à deux. Le trio gagnant : la levrette allongée qui permet au pénis de caresser le clitoris, la petite cuillère qui offre la possibilité de stimuler manuellement le clito, et le missionnaire.
Avec ou sans coussin sous le bassin, jambes serrées ou encore debout, la plus célèbre des positions se décline de toutes les façons et se pratique allègrement pour un plaisir partagé et sans retenue.
Je fais une digression sur la levrette, ma pratique préférée pour atteindre l’orgasme clitoridien, que les Romains l’appelaient « coitus more ferarum », ce qui signifie « comme forniquent les bêtes » (c’est bien la sensation que je ressens alors : me sentir comme une chienne). On se libère ainsi du regard de l’autre et on ose lâcher prise. On se concentre ainsi bien plus aisément sur le plaisir que l’on donne et que l’on prend, tout simplement.
On dit « la levrette ». En fait, il existe plusieurs « variantes ».
Normalement, la levrette consiste à se mettre à quatre pattes pendant que votre partenaire vous pénètre par derrière. C’est évidemment cette « levrette classique » que je préfère. Il y a pourtant des avantages à la pratiquer en position allongée. Dans cette variante, vous vous allongez à plat ventre, tandis que votre partenaire s’allonge sur votre dos et se glisse en vous. En mettant un coussin sous votre bassin, vous faciliterez la pénétration.
C’est plus intime, plus tendre, moins « animal ». Comme vos visages sont plus proches, vous pouvez vous caresser, vous embrasser et profiter d’un contact visuel intime. Ce sont des points qui manquent souvent dans la levrette classique. De plus, cette position exige peu d’énergie de votre part et le rôle de celui qui pénètre est moins dominant. L’instant est un peu plus doux, plus affectueux et plus personnel.
L'orgasme clitoridien est considéré comme le plus facile à atteindre pour de nombreuses femmes, étant donné la grande sensibilité du clitoris. Il est généralement comparé à une vague de plaisir qui monte en puissance et culmine au moment de l'orgasme, prodiguant une sensation de soulagement et de satisfaction intense. La plupart des femmes ressentent d'abord une sensation de chaleur dans la région génitale, qui se propage petit à petit dans tout le corps. S'y ajoutent généralement des spasmes et / ou des contractions musculaires involontaires.
Le clitoris peut être stimulé de nombreuses manières, en duo mais aussi en solitaire, et c’est comme ça que je l’ai découvert, comme pratiquante compulsive de la masturbation.
La machine à plaisir qu’est notre cher clito peut être déclenchée par des mouvements manuels, par une stimulation orale (cunnilingus), par l'utilisation de sextoys spécialement conçus pour le clitoris, ou même par des frottements contre des objets ou des vêtements. Il s’agit de ce que les anglo-saxons appellent le « dry humping », qui consiste à frotter ses parties génitales contre sa ou son partenaire ou contre un quelconque objet (couette, coussin, polochon, angle de table…) dans le but de faire monter l’excitation.
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Toutes les femmes sont différentes : ce qui fonctionne pour l'une ne fonctionnera pas forcément pour l'autre. L'exploration, la communication et la connaissance de son propre corps sont indispensables pour savoir ce qui nous procure le plus de plaisir et de satisfaction.
En comparaison à l'orgasme clitoridien, l'orgasme vaginal est plus long à venir, plus prolongé, plus diffus, plus global et plus profond aussi. Il peut irradier tout le corps. Il ne peut être atteint que par pénétration (du pénis, des doigts, d'accessoires dédiés comme les sextoys (boules de geisha, vibromasseurs...). Une femme n'est pas clitoridienne ou vaginale, elle est les deux puisque le clitoris est lié au vagin.
Néanmoins, le clitoris n’est pas tout. « J’ai en consultation des femmes qui expriment un plaisir différent et très intense avec des pénétrations vaginales profondes, sans lien apparent avec le clitoris, commente Pierre Desvaux, président du Syndicat national des médecins sexologues. On ne connaît pas encore bien la grande complexité et l’intimité des liens entre les différentes parties des organes sexuels féminins. Nous constatons, par exemple, que des femmes présentant des lésions qui ont supprimé leurs sensations clitoridiennes parviennent à l’orgasme (validé par l’observation de leur cerveau par IRM) en stimulant simplement leur col utérin.»
D’autres sources de plaisir, que la seule stimulation du clitoris, existent donc. À condition de faire preuve de curiosité avec son corps. « Chez la femme, le plaisir est une véritable alchimie», conclut à chaque titre Pierre Desvaux.
Ce texte, j’en conviens, est long et va, sans doute, rebuter ceux qui ne viennent sur ce site que pour y lire des enchaînements de scènes de sexe, sans faire appel à la réflexion ou à l’histoire. Il se veut militant et revendicatif, à partir de ma longue pratique des orgasmes clitoridiens. J’espère qu’il suscitera un intérêt, non seulement chez les femmes, mais aussi chez les hommes qui comprennent l’intérêt du plaisir qui est magnifié, décuplé, quand il est partagé.
Et pourquoi pas susciter des écrits, des témoignages, de la part des autres membres du club des « cinq clitounettes », mais aussi d’autres lecteurs et lectrices ?
Venez alimenter cette chronique des « confidences du clitoris » ! Nous nous ferons un plaisir de les relayer.
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Ce texte n’entre en fait dans aucune des catégories de publications que j’ai faites jusqu’à présent. Il fait appel à des souvenirs personnels, se réfère à l’histoire, mon autre passion avec l’érotisme. Je pourrais aussi le classer parmi les textes « philosophie et plaisirs » ou plutôt « philosophie du plaisir féminin ».
Ce texte se veut aussi un exercice inédit d’écriture en commun, associant cinq auteures (personnellement je préfère ce terme à « autrices ») autour d’une série de textes, sous la même thématique, « les confidences du clitoris ».
Les quatre autres auteures sont Dyonisia, Maud, Electra Heart et Sarah T. Avant d’envoyer ce texte à HDS, je l’ai soumis à ce club dit des « clitounettes ».
Dyonisia, ma muse, est une disciple assidue de la poétesse Sappho. Elle a fait plusieurs publications sur HDS.
Mes lecteurs et lectrices savent, qu’avec Sarah, nous avons pratiqué l’écriture en commun, et publié deux séries de textes fictifs, « Aude se lâche » (13 des 15 chapitres) et « Clémence ».
Je laisse le soin à Maud et Electra de se présenter, quand leurs textes seront publiés et selon les modalités qu’elles choisiront.
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Il m’appartient donc de me lancer dans ce « texte introductif », moi, hypersexuelle, qui suis à la fois clitoridienne et vaginale.
Je vais donc faire l’éloge du clitoris, ce petit « appendice », bouton générateur d’orgasmes. Aucun doute à avoir : de tous les organes, c’est bien le clitoris qui donne le plus constamment du plaisir aux femmes.
Mon texte est un texte militant, qui a pour objet de rendre hommage au clitoris, avec une pensée toute particulière pour nos sœurs, ces femmes mutilées, par la pratique abominable et barbare de l’excision. Selon l’UNICEF, plus de 230 millions de femmes et de filles dans le monde ont subi des mutilations génitales féminines. Cela représente environ 6% de la population féminine mondiale, qui a subi des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie.
L’UNICEF est à l’origine de l’inscription du 6 février comme la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Je profite de cette publication pour dénoncer avec vigueur cette barbarie Une occasion importante de sensibiliser et alerter le grand public sur ces pratiques abominables et leurs conséquences désastreuses.
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Zone érogène par excellence chez la femme, le clitoris est pourtant bien loin d’avoir dévoilé tous ses secrets.
Je ne vais pas me lancer ici dans une leçon d’anatomie. Aujourd’hui chacun sait ce qu’est le clitoris, longtemps présenté, pour nous femmes, comme « l’homologue du pénis masculin ». Une chose est avérée : le clitoris est un organe très sensible, car fortement innervé, dont la fonction physiologique est érogène et « orgasmogène » lorsqu'il est stimulé.
Depuis plusieurs centaines d’années déjà, le parallèle est fait entre pénis et clitoris. Il faut dire que ces deux organes de plaisir ont plus de points communs qu’il n’y paraît.
Pour commencer, le pénis (et surtout le gland), est la première zone de plaisir chez l’homme tandis que le clitoris apparaît comme le principal organe dédié à la jouissance chez la femme.
Ensuite, tout comme son homologue masculin, le clitoris est constitué d’un corps spongieux, d’une partie caverneuse, mais également de tissus érectiles. Et, oui, le clito aussi change de taille quand l’excitation monte et qu’il se gorge de sang.
Pour finir, le clitoris est divisé en deux parties. L’une d’elles est visible et se nomme le gland (eh oui, encore un point commun), et l’autre est complètement invisible car présente à l’intérieur du corps. Cette dernière peut atteindre jusqu’à 10 cm durant l’excitation... soit pratiquement la moyenne de la taille d’un pénis en érection !
Les 9/10e du clitoris sont internes, donc invisibles. Sous la surface, il s'étend en une structure en forme de fer à cheval qui comprend des tissus érectiles et de nombreux nerfs. Plus l'excitation monte, plus il se gorge de sang, devient sensible et induit une sensation de plaisir qui peut mener à l'orgasme.
UN PEU D’HISTOIRE
Son rôle dans le plaisir féminin est connu de très longue date. Et pourtant, le manque d’intérêt pour le plaisir féminin s’est traduit par l’absence d’études sur le clitoris pendant de nombreuses années. C’est seulement en 1998 que son anatomie fut correctement décrite, révélant un organe complexe, bien loin de l’idée de cette petite excroissance située juste sous la peau, à la commissure des grandes lèvres.
Les conventions sociales, la psychologie, et même la médecine ont minoré le clitoris jusqu’à le considérer comme tout à fait secondaire lors des rapports sexuels.
Freud, notamment, avait décrété que le plaisir clitoridien, immature, était inférieur au vrai plaisir qui ne pouvait être que vaginal. Au XIXe siècle, les progrès des connaissances sur la reproduction renforçaient ce point de vue. Puisque la fécondation ne devait rien au plaisir féminin, mais à la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde, la pénétration vaginale était la priorité. Le plaisir clitoridien était relégué au rang d’accessoire. Cela incita de nombreux scientifiques à partir à la recherche d’un « point G» dans le vagin, clé du vrai plaisir féminin. En vain : rien n’a permis de détecter une région particulière, une différence anatomique dans le vagin qui puisse expliquer la survenue d’un orgasme.
Pour aller plus loin, je voudrais d’abord me référer à un ouvrage de Jean-Claude Piquard, ergothérapeute et sexologue : « La fabuleuse histoire du clitoris » (Blanche, 2012).
Cet ouvrage retrace l'histoire du clitoris depuis l'Antiquité, en passant par sa découverte anatomique au XVIe siècle, sa notoriété du XVIIIe siècle, jusqu'à sa « décadence » à l'aube du XXe siècle, décadence qui atteindra étonnamment son apogée durant la décennie où l'on a marché sur la Lune !
Aussi incroyable que ça puisse paraître, une proportion importante de femmes et plus de 50% des jeunes filles ignorent tout de « cet organe surdoué du plaisir féminin, qui cumule plus de 10 000 terminaisons nerveuses, mesure 11 cm de long au repos et se déploie dans tout le bassin féminin avec ses racines, comme un phénix », tel que joliment défini dans sa préface par Julie Muret, de l’association « Osez le féminisme » , qui avait, en son temps (2011), lancé une campagne d’information et de sensibilisation sur le plaisir sexuel féminin. Cette campagne s’appelait, pour reprendre son néologisme, « Osezleclito ». Un sondage effectué alors révélait que moins d’un quart des femmes connaissaient la taille du clitoris. Et que seules 16% des jeunes filles connaîtraient sa fonction érogène.
« La Fabuleuse histoire du clitoris » fait également la synthèse des connaissances médicales passées et présentes sur l'unique organe du corps spécifiquement dédié au plaisir. L'auteur s'intéresse aussi à sa représentation symbolique et plus généralement à l'évolution des mœurs sexuelles. Ce qui l'amène à dénoncer la grande vague " d'obscurantisme clitoridien ", qui se situe dans les années 1960 et qui, un demi-siècle plus tard, est toujours d'actualité puisque le fameux " bouton de rose " n'a pas totalement retrouvé sa place dans notre société.
Les études sur cet organe essentiel de la féminité – ne le mutile-t-on pas à ce titre dans certaines contrées ? – sont faibles, parcellaires, attestant ainsi de la vision très masculine de nos sexualités. La fabuleuse histoire du clitoris est la première tentative de synthèse scientifique et historique sur le clitoris, tout en étant un ouvrage de vulgarisation.
Il fut un temps, pas si lointain, où les médecins considéraient l’orgasme comme un remède à la neurasthénie et à l’hystérie, suivant en cela la mécanique des fluides de haute époque hippocratique : pour maintenir les équilibres garants d’une bonne santé, point de rétention des humeurs corporelles et va pour l’orgasme médicalement assisté.
Tout au long du XIXe siècle les femmes seules et dépressives, réputées inaccessibles à ces orages désirés, se faisaient manuellement stimuler la vulve par leur praticien préféré afin d’atteindre le nirvana. « Cette activité – nous dit l’auteur, sexologue clinicien, avec une pointe de nostalgie – représentait environ un tiers du chiffre d’affaires des médecins ». Une véritable rente sur un marché très stable, puisque les hystériques ne risquent pas de mourir de leur maladie, pas plus qu’elles ne peuvent en guérir. En revanche la pratique pouvait se révéler chronophage, certaines femmes nécessitant jusqu’à une heure de stimulation thérapeutique.
C’est sans doute pourquoi on imagina en contexte thermaliste un dispositif plus efficace pour ce siècle industriel, une machine qui peut à bon droit être considérée comme l’ancêtre du vibromasseur, d’abord à manivelles ou à pédales, puis à vapeur et enfin, grâce à la fée électricité, dotée d’une miraculeuse autonomie. L’auteur note au passage que le vibromasseur allait être le quatrième appareil électrique à apparaître sur le marché, bien avant l’aspirateur. Sinon c’était la douche, le jet orienté par un opérateur entre les cuisses, on appelait ça la « physiothérapie » et l’on croit savoir que ce massage vulvaire hydraulique, communément appelé douche clitoridienne, contribua grandement à la prospérité des établissements de cure thermale.
Mais le « Grand Siècle du clitoris » reste sans conteste le siècle des Lumières et du libertinage. Là, le « bouton de rose » entre en littérature. Tribades et ménades vont peupler l’avant-scène des fantasmes de tout bord. Jean-Claude Piquard cite le best-seller de l’époque, « Thérèse philosophe » du marquis Boyer d’Argens, et la stupéfiante chatouille qui la secoua de spasmes l’ébranlant de la tête aux pieds, la fit cambrer nerveusement et pousser un long gémissement dont elle ne savait s’il était de plaisir ou d’extase.
Je citerai également comme référence le livre de la sociologue et historienne Delphine Gardey : « Histoire politique du clitoris » (textuel, 2021).
Dessiné à la craie sur les trottoirs de nos villes, brandies lors des manifestations en faveur des droits des femmes, le clitoris s’affiche comme nouveau moyen d’action et de revendication.
L’organe, longtemps dénié, méconnu ou réprimé s’affirme autant dans le champ scientifique et médical que dans l’espace public et politique. Le montrer tel que les connaissances actuelles le décrivent est le moyen pour les femmes de se réapproprier leur corps, leur sexualité et leur histoire. Comment et pourquoi mesurer, disséquer, coudre, circoncire, exciser, réparer ou standardiser l’organe ?
Quel clitoris pour quelle sexualité mais aussi quelle politique ?
Clitoris d’hier et d’aujourd’hui, clitoris savant et profane, clitoris d’Occident et d’Orient, clitoris hétéro ou lesbien, Delphine Gardey explore la façon dont les savoirs et les pratiques médicales façonnent et définissent l’expérience intime des femmes : un enjeu de lutte individuelle ou collective.
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Pour poursuivre l’histoire du clitoris, un peu d’étymologie.
Dès l’Antiquité, le clitoris était connu sous divers noms et décrit par certains médecins, même si les textes hippocratiques ne le mentionnent pas directement. Les médecins de cette époque s’intéressaient davantage à l’utérus, considéré comme la cause de nombreux troubles féminins.
Hippocrate lui aurait rendu hommage en décrétant que, pour procréer, la femme devait prendre du plaisir, et qu’il fallait donc lui en procurer. En réalité, le clitoris avait déjà été décrit par de nombreux auteurs anciens, tels Hippocrate de Kos (né vers -460 et mort en -370, le père de la médecine, Avicenne (980-1037) ou Abu Al-Qasim (940-1013).
Pour écrire l’histoire fictive de Tullia, publiée sur HDS ou les « Mémoires de Faustine », je me suis beaucoup intéressée à la sexualité des Romains. Ceux-ci pensaient qu'un acte sexuel requiert nécessairement un partenaire actif, forcément phallique, ce qu’ils appelaient un « fututor », à savoir celui qui pénètre, par opposition à « fututa », à savoir celle (ou celui) qui est pénétré. Certains auteurs, comme le poète Martial, imaginaient que lors des relations homosexuelles féminines, une des femmes utilisait un olisbos ou disposait d’un clitoris exceptionnellement grand pour la pénétration, et que c'était elle qui avait du plaisir. Martial ignorait visiblement la pratique des « ciseaux » par les disciples de la grande Sappho !
Dans la série télévisée « Rome » (2005-2007), le légionnaire Titus Pullo donne quelques conseils au centurion Lucius Vorenus qui souhaite faire plaisir à sa femme, Niobé :
- Quand tu fais l’amour avec elle, touche le bouton qu’elle a entre les cuisses, elle s’ouvrira alors comme une fleur.
- Comment sais-tu que Niobé a ce bouton ?
- Toutes les femmes en ont un. »
Le poète Ovide, dans « L’Art d’aimer », évoque déjà la recherche du plaisir féminin. Le poète ne parle pas du clitoris dans son ouvrage. Peut-être y fait-il néanmoins allusion, lorsqu’il écrit : « La pudeur interdit à la femme de provoquer certaines caresses, mais il lui est agréable de les recevoir quand un autre en prend l’initiative. » (« L’art d’aimer » I, 705-706)
Les médecins grecs et latins, comme Soranos d’Éphèse (98-138), décrivent le clitoris sous le nom de nymphé, signifiant qu’il doit être caché comme le visage de la jeune mariée vierge sous son voile. A la même époque Rufus d’Éphèse ( 80-150) le nomme « kleitoris », en lien avec « kleio » signifiant « je ferme », avec la même idée que le clitoris doit être caché.
En latin, « numphé » est traduit par « landica » qui, étymologiquement, pourrait évoquer un petit gland. On le retrouve gravé comme une insulte sur des frondes utilisées lors de guerre de Pérouse, qui oppose, en 40-41 av JC, Fulvia, épouse de Marc Antoine, à Octave, le futur empereur Auguste : « FVLVIAE LANDICAM PETO » (« Fulvie, prends ça dans le clitoris ! »)
Un graffiti dans Pompéi traite une femme de « landicosa » à « gros clitoris », image obscène et dégradante et injurieuse sous entendant une monstruosité.
Contrairement au phallus, porte-bonheur bénéfique, le clitoris était perçu comme une arme, une épine redoutable.
Les poètes grecs, comme Nicarque de Samos, le représentent comme une menace pour l’homme !
L’acte de pénétration est alors perçu comme seul moyen de le “dompter”.
Le « cochon » est, chez les Romains, un terme familier désignant la vulve, tandis que « l’épine » représente le clitoris, perçu comme un petit pénis constituant une menace pour les lèvres de l’homme. D’où le tabou que constituait la pratique du cunnilingus au risque de se couper ! Je n’en n’ai pas moins imaginé, dans les mémoires apocryphes de la belle Faustine, que l’Augusta obtenait de certains de ses amants, à commencer par son époux, qu’ils surmontent cet interdit !
De Circé à d’autres figures mythiques, la puissance féminine se lie à la séduction, au pouvoir et à la crainte. Le clitoris, symbole invisible, devient le centre d’un imaginaire où l’homme cherche à reconquérir son autorité. L’histoire des Grecs et des Romains révèle ainsi la peur d’un plaisir féminin libre et autonome.
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Au sortir du Moyen Âge, on ne connaît pas bien le clitoris. À cette époque, on pense que lorsqu’une femme a un orgasme, elle émet un liquide similaire au sperme. De là est née l’idée que plus les femmes éprouvaient du plaisir, plus les chances de grossesse étaient importantes. Tout ce qui permet le plaisir féminin est donc vivement encouragé, y compris la stimulation du clitoris.
À la Renaissance, des anatomistes comme Realdo Colombo et Gabriele Fallope le décrivent en détail. Colombo le compare à une « petite boule » qui devient dure et allongée lorsqu’elle est stimulée, tandis que Fallope affirme qu’il « correspond au pénis de l’homme ». C’est à cette époque que naît l’expression « verge de la femme », une construction culturelle qui n’existait pas dans l’Antiquité, où l’on parlait plutôt de « nymphe », de « baie de myrte » ou de « luette » pour décrire le clitoris.
L’idée que le clitoris est le « trône de la volupté et des plaisirs de la femme», comme le surnomme le médecin sexologue Nicolas Venette (1633-1698), s’impose durablement. Cependant, la science progresse, et l’idée qu’il est nécessaire à la procréation recule… Premier signe de ce désamour : la guerre contre la masturbation, masculine d’abord, féminine ensuite. Au XVIIIe siècle, on parle d’« onanisme», terme qui vient d’un personnage biblique nommé Onan, coupable de masturbation selon l’Église. Samuel Tissot, médecin suisse, fait de la masturbation féminine la responsable de nombreux maux : elle rendrait sourde, épileptique ou encore hystérique.
Par la suite, la découverte du processus de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde sonnera définitivement le glas pour le clitoris : il est décrété inutile pour la procréation et perd donc tout intérêt.
Au début du XXᵉ siècle, Sigmund Freud relègue le plaisir clitoridien au rang de plaisir « infantile ». Selon lui, une femme « mature » doit jouir par le vagin. Cette théorie, profondément influente, a longtemps contribué à la dévalorisation du clitoris dans la culture occidentale.
Le clitoris devient alors la cible de toutes les attaques, tandis que des médecins souhaitent réhabiliter le vagin comme source première de plaisir. Sigmund Freud y parviendra avec un certain brio. Selon ce médecin autrichien, père de la psychanalyse, l’orgasme clitoridien est celui de la fillette. Pour lui, la femme est jalouse du pénis de l’homme, car son organe à elle, son clitoris, est bien plus petit que le membre masculin. La petite fille « remarque le grand pénis bien visible d’un frère ou d’un camarade de jeu, le reconnaît tout de suite comme la réplique supérieure de son propre petit organe caché et, dès lors, est victime de l’envie du pénis », décrit Freud dans Introduction à la psychanalyse (1922). « Humiliée », «dégoûtée», la petite fille doit abandonner son clitoris pour se tourner vers son vagin et par là, «vers de nouvelles voies qui conduisent au développement de la féminité».
Le clitoris et l’orgasme clitoridien deviennent tabou, car signes de dysfonction sexuelle. Être incapable d’orgasme vaginal est même considéré comme une maladie. Une sacrée prouesse que Freud réussit là, quand on sait que seule une femme sur 5 parvient à un orgasme lors d’une pénétration vaginale sans stimulation clitoridienne, selon une étude menée en 2017 par Debby Herbenick, chercheuse au Center for Sexual Health Promotion, à l’Université de l’Indiana (Etats-Unis). Il parvient donc à faire croire que la majorité des femmes ne sont pas normales ! La chape de plomb est posée. Le clitoris disparaît peu à peu des livres d’anatomie.
Dans les années 1960, le travail de Masters & Johnson réhabilite le rôle du clitoris : ils démontrent qu’il est l’organe central de l’orgasme féminin. Dès les années 1970. Les militantes féministes remirent le clitoris à l’honneur. Mais dès les années 1980, l’attention se détourne vers le fameux « point G », reléguant l’organe à l’arrière-plan.
C’est d’ailleurs en consultant un livre d’anatomie à la fin des années 1980 qu’Helen O’Connell, une chirurgienne urologue australienne, se rend compte que quelque chose cloche. « On n’y trouvait pas la moindre description du clitoris en lui-même alors qu’il comportait tout un chapitre sur le mécanisme de l’érection », confie-t-elle dans le documentaire Le Clitoris, ce cher inconnu, diffusé sur Arte en 2004. En 1998, elle décide alors de disséquer plusieurs cadavres de femmes et redécouvre l’anatomie complète du clitoris. L’occasion de rappeler qu’il ne se réduit pas au fameux « bouton» qui siège au sommet de l’entrée du vagin, mais qu’il comporte quatre branches dont les deux principales peuvent mesurer jusqu’à 10 centimètres!
En 1998 donc, Helen O’Connell publie une étude pionnière. Elle met en évidence les lacunes des manuels d’anatomie modernes, qui représentaient encore le clitoris comme un simple « bouton » externe. Ses dissections révèlent l’importance de sa partie interne, érectile et tridimensionnelle, et du réseau nerveux qui l’accompagne. Contrairement à ce que les médias relayèrent souvent, O’Connell n’a pas « découvert » le clitoris interne : des anatomistes comme l’Allemand Kobelt l’avaient déjà décrit au XIXᵉ siècle, mais ses travaux ont permis de remettre cet organe au cœur du savoir médical et du débat public.
La redécouverte médicale du clitoris est aussi liée aux combats contre les mutilations génitales féminines (MGF). Dans les années 1990, la gynécologue Odile Buisson et le chirurgien Pierre Foldès mènent des recherches pionnières sur le clitoris, notamment à travers des échographies et des interventions chirurgicales de réparation pour les femmes excisées. Ces travaux visent à redonner aux femmes une partie de leurs sensations perdues et à mieux comprendre les mécanismes physiologiques du plaisir féminin (Buisson & Foldès, 2008).
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En conclusion de cette partie historique : le clitoris a été longtemps ignoré, afin de contrôler la sexualité des femmes et de leur dénier un droit élémentaire : celui au plaisir.
La « découverte » du clitoris au XVIe siècle gênait un modèle qui prévaut depuis l’Antiquité : l’idée que les femmes ont à l’intérieur ce que les hommes ont à l’extérieur.
Plus on décrit l’anatomie du clitoris, notamment en mentionnant le fait qu’il est érectile et en rappelant qu’il ressemble à une petite verge, plus on déstabilise ce modèle de représentation. Ce qui va poser toute une série d’inquiétudes au XVIIe siècle : s’il s’avérait que toutes les femmes disposent d’un clitoris, autrement dit d’une « petite verge», des femmes pourraient donc pénétrer d’autres femmes ? Finalement, connaître l’organe déstabilise : la jouissance au féminin est trop subversive.
Le plaisir des femmes doit être raisonné, maîtrisé, contrôlé. Dans toutes les sociétés humaines, la répression de la sexualité féminine est au centre. La jouissance féminine et le plaisir sont pour la pensée traditionnelle une source de débordement intolérable qui doit être évacuée.
Défendant cette conception, des institutions se sont donc chargées d’organiser une répression symbolique et psychique. La psychanalyse, via la théorie freudienne, a toujours expliqué aux femmes qu’elles n’avaient rien entre les jambes, et que si elles continuaient d’éprouver du plaisir via le clitoris, elles ne deviendraient jamais des femmes. On le voit également avec les clitoridectomies, pratiquées en Occident au nom de la médecine et de la science jusque dans les années 1920. On vise alors les jeunes personnes considérées comme aliénées ou masturbatrices compulsives, et des femmes mariées issues de la bourgeoisie, qui viennent consulter parce que leur mari n’est pas satisfait de leur comportement dans le lit conjugal.
Les rétrogrades ne veulent rien savoir des façons par lesquelles les femmes ont du plaisir. Comme elles doivent donner l’impression d’être satisfaites au moment de la pénétration, on mutile un clitoris susceptible de les détourner du vagin.
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Après des siècles d’oubli, de déformations et de silences, le clitoris se révèle enfin pour ce qu’il est : l’organe central du plaisir féminin, un symbole de connaissance de soi et de liberté. Progressivement les tabous se lèvent. Revendiquons et assumons haut et fort cette conquête qu’est le droit au plaisir féminin.
L’ORGASME CLIORIDIEN
Fin octobre 2022, des chercheurs de l’Oregon Health & Science University se sont aperçus que le clitoris comptabilisait plus de 10 000 fibres nerveuses.
Rien qu’avec cette information, on peut facilement se rendre compte de la puissance d’un orgasme clitoridien...
Pourquoi la stimulation du clitoris est-elle si souvent délaissée au profit de la pénétration vaginale ? La réponse est malheureusement assez simple : par manque de connaissances, pour beaucoup d’hommes, la femme a besoin d’une pénétration vaginale pour jouir alors à quoi bon s’attarder sur le clitoris ?
Pourtant, selon une étude récente, 80% des femmes auraient besoin d’une stimulation clitoridienne pour atteindre l’orgasme...
Comment atteindre l’orgasme à tous les coups ?
D’abord, rien de tel que quelques baisers, légères pressions ou encore caresses bien placées pour nous amener au septième ciel. Attention cependant : le clitoris est généralement ultrasensible. Veillez donc à ne pas être trop brusque avec vos doigts ou votre bouche et alternez coups de langue et succions pour nous offrir la meilleure des sensations. Eh oui, le cunni, c’est tout un art !
Ensuite, il existe quelques positions sexuelles très utiles pour stimuler le clitoris tout en prenant du plaisir à deux. Le trio gagnant : la levrette allongée qui permet au pénis de caresser le clitoris, la petite cuillère qui offre la possibilité de stimuler manuellement le clito, et le missionnaire.
Avec ou sans coussin sous le bassin, jambes serrées ou encore debout, la plus célèbre des positions se décline de toutes les façons et se pratique allègrement pour un plaisir partagé et sans retenue.
Je fais une digression sur la levrette, ma pratique préférée pour atteindre l’orgasme clitoridien, que les Romains l’appelaient « coitus more ferarum », ce qui signifie « comme forniquent les bêtes » (c’est bien la sensation que je ressens alors : me sentir comme une chienne). On se libère ainsi du regard de l’autre et on ose lâcher prise. On se concentre ainsi bien plus aisément sur le plaisir que l’on donne et que l’on prend, tout simplement.
On dit « la levrette ». En fait, il existe plusieurs « variantes ».
Normalement, la levrette consiste à se mettre à quatre pattes pendant que votre partenaire vous pénètre par derrière. C’est évidemment cette « levrette classique » que je préfère. Il y a pourtant des avantages à la pratiquer en position allongée. Dans cette variante, vous vous allongez à plat ventre, tandis que votre partenaire s’allonge sur votre dos et se glisse en vous. En mettant un coussin sous votre bassin, vous faciliterez la pénétration.
C’est plus intime, plus tendre, moins « animal ». Comme vos visages sont plus proches, vous pouvez vous caresser, vous embrasser et profiter d’un contact visuel intime. Ce sont des points qui manquent souvent dans la levrette classique. De plus, cette position exige peu d’énergie de votre part et le rôle de celui qui pénètre est moins dominant. L’instant est un peu plus doux, plus affectueux et plus personnel.
L'orgasme clitoridien est considéré comme le plus facile à atteindre pour de nombreuses femmes, étant donné la grande sensibilité du clitoris. Il est généralement comparé à une vague de plaisir qui monte en puissance et culmine au moment de l'orgasme, prodiguant une sensation de soulagement et de satisfaction intense. La plupart des femmes ressentent d'abord une sensation de chaleur dans la région génitale, qui se propage petit à petit dans tout le corps. S'y ajoutent généralement des spasmes et / ou des contractions musculaires involontaires.
Le clitoris peut être stimulé de nombreuses manières, en duo mais aussi en solitaire, et c’est comme ça que je l’ai découvert, comme pratiquante compulsive de la masturbation.
La machine à plaisir qu’est notre cher clito peut être déclenchée par des mouvements manuels, par une stimulation orale (cunnilingus), par l'utilisation de sextoys spécialement conçus pour le clitoris, ou même par des frottements contre des objets ou des vêtements. Il s’agit de ce que les anglo-saxons appellent le « dry humping », qui consiste à frotter ses parties génitales contre sa ou son partenaire ou contre un quelconque objet (couette, coussin, polochon, angle de table…) dans le but de faire monter l’excitation.
***
Toutes les femmes sont différentes : ce qui fonctionne pour l'une ne fonctionnera pas forcément pour l'autre. L'exploration, la communication et la connaissance de son propre corps sont indispensables pour savoir ce qui nous procure le plus de plaisir et de satisfaction.
En comparaison à l'orgasme clitoridien, l'orgasme vaginal est plus long à venir, plus prolongé, plus diffus, plus global et plus profond aussi. Il peut irradier tout le corps. Il ne peut être atteint que par pénétration (du pénis, des doigts, d'accessoires dédiés comme les sextoys (boules de geisha, vibromasseurs...). Une femme n'est pas clitoridienne ou vaginale, elle est les deux puisque le clitoris est lié au vagin.
Néanmoins, le clitoris n’est pas tout. « J’ai en consultation des femmes qui expriment un plaisir différent et très intense avec des pénétrations vaginales profondes, sans lien apparent avec le clitoris, commente Pierre Desvaux, président du Syndicat national des médecins sexologues. On ne connaît pas encore bien la grande complexité et l’intimité des liens entre les différentes parties des organes sexuels féminins. Nous constatons, par exemple, que des femmes présentant des lésions qui ont supprimé leurs sensations clitoridiennes parviennent à l’orgasme (validé par l’observation de leur cerveau par IRM) en stimulant simplement leur col utérin.»
D’autres sources de plaisir, que la seule stimulation du clitoris, existent donc. À condition de faire preuve de curiosité avec son corps. « Chez la femme, le plaisir est une véritable alchimie», conclut à chaque titre Pierre Desvaux.
Ce texte, j’en conviens, est long et va, sans doute, rebuter ceux qui ne viennent sur ce site que pour y lire des enchaînements de scènes de sexe, sans faire appel à la réflexion ou à l’histoire. Il se veut militant et revendicatif, à partir de ma longue pratique des orgasmes clitoridiens. J’espère qu’il suscitera un intérêt, non seulement chez les femmes, mais aussi chez les hommes qui comprennent l’intérêt du plaisir qui est magnifié, décuplé, quand il est partagé.
Et pourquoi pas susciter des écrits, des témoignages, de la part des autres membres du club des « cinq clitounettes », mais aussi d’autres lecteurs et lectrices ?
Venez alimenter cette chronique des « confidences du clitoris » ! Nous nous ferons un plaisir de les relayer.
***
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→ Autres histoires érotiques publiées par Olga T
9 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Ce texte ne serait-il pas une diversion? Pour ne pas raconter la suite de ta rencontre avec Ahmed?
@ Didier, un grand merci car tu as compris dans quel esprit et dans quel objectif j'ai écrit ce texte. Comme je le rappelle à la fin: "Et pourquoi pas susciter des écrits, des témoignages, de la part des autres membres du club des « cinq clitounettes », mais aussi d’autres lecteurs et lectrices ?
Venez alimenter cette chronique des « confidences du clitoris » ! Nous nous ferons un plaisir de les relayer."
J'espère que cet appel sera entendu et que d'autres textes permettront des découvertes.
@ Olifougeux, merci de rendre cet hommage, ce culte à ce merveilleux instrument du plaisir!
@ Julie, Luc, merci!
@ Paul, je connais tes centres d'intérêt. Encore un peu de patience!
@ Daniel, merci! J'attends avec impatience ces commentaires!
@ Régis, merci pour cette proposition que j'attends avec une certaine impatience!
Venez alimenter cette chronique des « confidences du clitoris » ! Nous nous ferons un plaisir de les relayer."
J'espère que cet appel sera entendu et que d'autres textes permettront des découvertes.
@ Olifougeux, merci de rendre cet hommage, ce culte à ce merveilleux instrument du plaisir!
@ Julie, Luc, merci!
@ Paul, je connais tes centres d'intérêt. Encore un peu de patience!
@ Daniel, merci! J'attends avec impatience ces commentaires!
@ Régis, merci pour cette proposition que j'attends avec une certaine impatience!
Un superbe éloge!
Luc
Luc
Olga,
Beau texte scientifique et historique bien documenté !
Ayant 72 ans, la pratique du cunnilingus, dans les années 70, a toujours été, pour moi, une passion surtout pendant la période d'ovulation mais pas que.
Quel régal d'être "la cheville ouvrière" du plaisir féminin !
Si tu le souhaite, je pourrais t'adresser, dans quelques temps, le témoignage vécu de mon expérience masculine sur ton adresse mail...
Régis
Beau texte scientifique et historique bien documenté !
Ayant 72 ans, la pratique du cunnilingus, dans les années 70, a toujours été, pour moi, une passion surtout pendant la période d'ovulation mais pas que.
Quel régal d'être "la cheville ouvrière" du plaisir féminin !
Si tu le souhaite, je pourrais t'adresser, dans quelques temps, le témoignage vécu de mon expérience masculine sur ton adresse mail...
Régis
Je ne nie pas que c’est interessant
Mais ce que j’attends c’est la suite de ton texte autobiographique avec Ahmed
Paul
Mais ce que j’attends c’est la suite de ton texte autobiographique avec Ahmed
Paul
Je ne peux que saluer ce genre de texte qui aborde un sujet encore tabou et pourtant... merci Olga d'avoir su mettre en forme et expliquer cet organe feminin trop souvent délaissé. Je pense savoir que deux personnes très chères prendront également plaisir à le lire et approuveront tes déductions et te mettront sans doute un commentaire. Daniel
Merci et bravo pour cet excellent texte !
Julie
Julie
Je te rassure, très chère Olga, loin d'être rebutant, bien au contraire, ce texte est pour moi tout aussi érotique que ceux de tes exploits sexuels vécus, même les plus scabreux.
Je l'ai lu d'un trait d'un seul avec grand intérêt et une excitation croissante d'une ligne à l'autre.
Pour ma part, en tant qu'homme, je chérie cette organe qui fut le meilleur allié, complice et ami, bref le compagnon idéal de mes relations sentimentales et sexuelles... Et je loue le Seigneur pour son existence.
Je l'ai lu d'un trait d'un seul avec grand intérêt et une excitation croissante d'une ligne à l'autre.
Pour ma part, en tant qu'homme, je chérie cette organe qui fut le meilleur allié, complice et ami, bref le compagnon idéal de mes relations sentimentales et sexuelles... Et je loue le Seigneur pour son existence.
Félicitations pour ce texte inclassable que je qualifierai d’"académique", tant il est très intéressant, tout aussi bien historiquement que scientifiquement parlant.
Un écrit instructif donc, car j'y ai beaucoup appris sur cet organe féminin. Scientifiquement sur son anatomie, en découvrant qu'il y a une partie "cachée" de grande dimension. Historiquement en étant agréablement surpris d'apprendre que le siècle des lumières a porté haut la notion de plaisir clitoridien, à contrario des années 50 et 60 où l'on a oublié totalement cette notion de plaisir. Je t’avouerai de plus que suis également surpris et déçu par l'analyse que Freud en faisait.
Je te remercie donc pour ce texte fort, très engagé où tu aborde des sujets sensibles comme le plaisir féminin, l'excision...
Didier
Un écrit instructif donc, car j'y ai beaucoup appris sur cet organe féminin. Scientifiquement sur son anatomie, en découvrant qu'il y a une partie "cachée" de grande dimension. Historiquement en étant agréablement surpris d'apprendre que le siècle des lumières a porté haut la notion de plaisir clitoridien, à contrario des années 50 et 60 où l'on a oublié totalement cette notion de plaisir. Je t’avouerai de plus que suis également surpris et déçu par l'analyse que Freud en faisait.
Je te remercie donc pour ce texte fort, très engagé où tu aborde des sujets sensibles comme le plaisir féminin, l'excision...
Didier
