Histoire des libertines (125) : la princesse Louise, la fille iconoclaste de la reine Victoria.

- Par l'auteur HDS Olga T -
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Récit libertin : Histoire des libertines (125) : la princesse Louise, la fille iconoclaste de la reine Victoria. Histoire érotique Publiée sur HDS le 13-04-2026 dans la catégorie A dormir debout
Tags : Historique
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Histoire des libertines (125) : la princesse Louise, la fille iconoclaste de la reine Victoria.
Je tiens à m’excuser auprès de mes fidèles lecteurs, des raisons d’ordre privé m’ont éloigné de l’écriture.

Avant de finaliser prochainement le dernier chapitre de la série Clémence, co-écrite avec Sarah et que beaucoup attendent avec impatience, j’ai choisi de raconter l’histoire de Louise (1848-1939), princesse non-conformiste, sixième enfant (sur les 9 qu’eut le couple) et quatrième fille de la reine d’Angleterre Victoria (1819-1901) et du prince consort Albert de Saxe-Cobourg (1819-1861).

ELLE BRAVAIT LES CONVENTIONS

De tous les enfants de la reine Victoria, la princesse Louise, duchesse d’Argyll, est peut-être celle qui a mené la vie la plus surprenante. Elle a soutenu les arts, l’enseignement supérieur et les causes féministes, passant sa vie à braver les conventions, fuyant autant que possible le protocole royal et se consacrant aux œuvres de charité.

Dès ses premières années, Louise est une enfant talentueuse et intelligente, et ses talents d'artiste sont rapidement reconnus. En raison de son rang, une carrière artistique n'est pas envisageable. Cependant, la reine lui permet d'abord de fréquenter une école d'art sous la tutelle des sculptrices Susan Durant puis Mary Thornycroft, avant de lui donner, en 1863, l'autorisation d'étudier à la National Art Training School.

Devenue veuve du Prince Albert, Victoria établit la tradition que l'aînée de ses filles célibataires devienne sa secrétaire officieuse, un poste que Louise occupe donc à partir de 1866, après le mariage de sa sœur aînée.

Tout en remplissant ses devoirs, qui ne sont guère plus que de mineures tâches de secrétariat, comme s'occuper de la correspondance politique de la reine et lui tenir compagnie, Louise s'ennuie à la Cour. Lorsque Louise tombe amoureuse du tuteur de son frère Léopold, le révérend Robinson Duckworth, (1834-1911) de quatorze ans son aîné, la reine réagit en le limogeant en 1870.

LE REFUS D’UN MARIAGE PRINCIER

En tant que fille de la reine, Louise est une mariée désirable, d'autant plus qu'elle est considérée comme la plus belle fille de la souveraine par ses biographes contemporains et modernes. Cependant, elle est accusée par la presse d'entretenir des liaisons amoureuses. Ceci, associé à son libéralisme et à son féminisme, incite la reine à lui trouver un mari au plus vite. Le choix doit convenir aussi bien à Victoria qu'à Louise, et la reine insiste pour que le jeune couple habite près d'elle.

De son côté, Louise refuse un mariage avec un prince étranger et annonce qu'elle souhaite épouser John Campbell (1845-1914), marquis de Lorne, héritier du duché d'Argyll. Aucun mariage entre une princesse et un sujet britannique n'avait été officiellement reconnu depuis 1515, à l’occasion du remariage de Marie Tudor, sœur d’Henri VIII et veuve du roi de France Louis XII (voir à ce sujet : « Histoire des libertines (19) : Marie d’Angleterre, sœur de « Barbe Bleue » et éphémère reine de France, texte publié le 12 novembre 2018).

Malgré la vive opposition de l’héritier du trône, le Prince de Galles, futur Edouard VII, la reine, convaincue que cela renforcerait la famille royale tant moralement que physiquement, finit par avaliser le choix de sa fille car elle considère que le mariage de Louise avec un sujet apporterait du "sang neuf" dans la famille, alors que toutes les familles princières de l’Europe sont liées les unes aux autres, ce qui vaudra à la reine Victoria le surnom de « grand-mère de l’Europe ».

DES RELATIONS CONJUGALES ET FAMILIALES TENDUES

Louise accompagne son mari, lors de son mandat de gouverneur général (vice-roi) du Canada, de 1878 à 1883. De retour en Grande-Bretagne, Louise et John Louise et son mari s’éloignent peu à peu, sur fond de divergences politiques. Ils vivent dans des appartements séparés à Kensington Palace, tandis qu’elle reprenait avec enthousiasme ses engagements publics.

Les relations de Louise avec ses deux sœurs les plus proches de la reine, Béatrice (1857-1944) et Helena (1846-1923), sont, au mieux, tendues. Louise s'est en effet habituée à traiter Béatrice avec pitié, à cause du besoin constant de la reine de l'avoir auprès d'elle.

Béatrice a fait, en 1885, avec le prince Henri de Battenberg (1858-1896) en 1885, un mariage d'amour, qui donnera naissance à quatre enfants. Louise et son mari ne sont, quant à eux, plus proches et des rumeurs se répandent sur l'homosexualité présumée du marquis de Lorne. Louise, de nature jalouse, a peut-être considéré que le prince Henri aurait fait un mari plus approprié pour elle-même.

Contrairement à sa sœur cadette, Louise resta remarquablement belle tout au long de sa quarantaine.

LE POIDS DES RUMEURS

Cette période fut pour Louise celle des rumeurs. On murmura, par exemple, qu’elle était tombée enceinte de Walter Stirling, précepteur de son frère Léopold, bruit d’autant plus tenace que Louise et John n’avaient pas d’enfants.

D’autres bruits de couloir prêtèrent à Louise une longue liste de liaisons, en particulier avec Arthur Bigge (1849-1931), le secrétaire privé adjoint de la reine. Louise nia la rumeur, affirmant qu'elle a été lancée par Béatrice et Helena pour saper sa position à la Cour.

En 1890, le sculpteur Sir Joseph Boehm (1834-1890), meurt, dans son atelier, en présence de la princesse, ce qui fait courir le bruit qu’ils entretenaient une liaison. Selon l'historienne Lucinda Hawksley, ils auraient vécu une longue histoire d'amour.

Louise fut également liée, de manière romantique, à l’architecte Edwin Lutyens (1869-1944), à son écuyer, le colonel William Probert, et à un maître de musique inconnu.

FÉMINISTE, LIBÉRALE, NON-CONFORMISTE

Favorable au Home Rule, l’autonomie de l’Irlande, Louise était une libérale, qui soutenait le mouvement des suffragettes, ce qui était tout à fait contraire aux vues de la reine. Elle entretenait une correspondance avec Joséphine Butler (1828-1906), militante féministe, qui luttait pour l’abolition de la prostitution. Elle rendait visite à Elizabeth Garrett (1836-1917), la première femme britannique ouvertement qualifiée comme médecin.

Après la mort de la reine Victoria, Louise fit partie du cercle de son frère, le nouveau roi Édouard VII, dont elle était la sœur préférée.

Après le décès de son mari, Louise passa ses dernières années à Kensington Palace, qui sera, bien plus tard, la résidence de Lady Di.

LA CONDITION FÉMININE DANS L’ANGLETERRE VICTORIENNE

Au regard de sa liste d’amants réels ou supposés, tout compte fait bien modeste, comparée à bien d’autres personnages que j’ai évoquées dans ces chroniques historiques, la princesse Louise parait bien sage.

J’ai pourtant voulu évoquer cette princesse « rebelle » dans le contexte de la condition féminine de l’Angleterre victorienne, largement comparable d’ailleurs à la position subordonnée imposée à la femme en France par le Code Napoléon. Il est toutefois à noter que le droit au divorce fut établi au Royaume-Uni en 1857 par le Matrimonial Causes Act, qui transféra la compétence des cours ecclésiastiques aux tribunaux civils. En France, il avait été instauré sous la Révolution en 1792, puis aboli par la restauration en 1816. Il fallut attendre la loi Naquet de 1884 pour qu’il soit définitivement rétabli.

La femme victorienne était dépourvue de toute capacité juridique. Les droits de la femme mariée étaient similaires à ceux de l'enfant mineur : elle n'avait ni le droit de vote, ni celui de porter plainte, ni même celui de posséder des biens propres. Cantonnée dans un rôle de mère et de maîtresse de maison, la femme du début du XIXe siècle au Royaume-Uni n’avait ni le droit d'occuper un emploi (hormis dans l'enseignement), ni celui de posséder un compte bancaire de dépôt ou d'épargne.

La loi britannique considérait le couple comme étant une seule et même personne morale. L'époux était responsable de sa femme et avait l'obligation légale de la protéger. En contrepartie, la loi attendait de la femme qu'elle prête obéissance à son mari. Les biens apportés par une femme lors de son mariage devenaient la propriété de l'époux, même en cas de divorce. Le revenu de la femme revenait de facto dans sa totalité à son époux, de même que la garde des enfants est automatiquement confiée au père, en cas de séparation du couple. En pareil cas, le père avait le droit de refuser d'autoriser tout contact entre la mère et ses enfants. L'épouse n'était pas habilitée à conclure elle-même quelque contrat que ce soit : pour ce faire, elle devait obtenir l'accord de son mari.

Qui plus est, la femme était en quelque sorte « désincarnée » : son corps, perçu comme un temple abritant une âme pure et innocente, ne devait pas être « souillé », que cela soit par des artifices tels que le maquillage ou, surtout, par les plaisirs de la chair.

La société victorienne du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, reste profondément conservatrice, marquant, sur le plan des mentalités et des mœurs une continuité avec la société géorgienne, telle qu’évoquée dans une précédente publication (voir « Histoire des libertines (110) : La « nouvelle coterie féminine » dans l’Angleterre géorgienne », publié le 23 avril 2024).

L’époque victorienne se caractérise par une morale particulièrement rigoureuse, appliquée selon un double standard marqué. Dans l’idéal dominant, la femme mariée est censée incarner la vertu et la retenue, en tant qu’épouse et mère, et ne doit pas exprimer ouvertement sa sexualité. Dans le même temps, il est officieusement toléré que les hommes fréquentent des travailleuses du sexe.


***

REFERENCES

Outre l’article Wikipédia, je renvoie aux références suivantes sur le net :
• https://www.vanityfair.fr/article/princesse-louise-pionniere-feministe-iconoclaste
• https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/princess-louise
• https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/le-destin-iconoclaste-de-la-princesse-louise-fille-de-la-reine-victoria-pionni%C3%A8re-f%C3%A9ministe/ar-AA1Tl7ks

Les avis des lecteurs

@ Maurice @ olifougeux, le plaisir est pour moi, celui de retrouver mes fidèles lecteurs
@ Luc, exact!
@ Micky, très bonne mise en perspective!
@ Luc et Didier: un seul mot, merci!

Histoire Erotique
@Luc,
Un grand merci.
Je pensais pourtant avoir été suffisamment clair dans mon propos.
Mais il faut croire qu'hormis la méchanceté gratuite, la haine et le mépris, ces malfaisants ne comprennent vraiment rien à rien...
Didier

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@ Sofiane, ce qui est particulièrement lourd ici, c'est toi et tes complices. Relis ce que Didier a répondu à ton pote Kamel sur le chapitre 13 de la série Clémence, où vous avez harcelé Olga.
Je résume en un mot: "Dégagez". j'utilise le pluriel, pas par politesse (pas question d'être courtois envers des rustres) Ca s'adresse à toute ta bande de malfaisants
On en a marre de votre hargne, de votre haine. Fichez une bonne fois pour toutes la paix à Olga et laissez-nous apprécier ses récits, qu'ils soient érotiques ou historiques, toujours instructifs et qui ont toujours des commentaires nombreux et, j'ajouterai, intelligents. Sauf évidemment les tiens et ceux de tes comparses.
Pardon pour ce coup de gueule, mais ça me démangeait depuis un moment!
Luc

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@Paul, je doute qu’elle ose publier ce texte autobiographique car c’est du lourd !
Sofiane

Merci Olga pour nous offrir un plaisir toujours renouvelé.

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Cette princesse est sans doute moins célèbre que Diana, mais, pour l'époque victorienne, elle était très en avance
Luc

Quel plaisir de retrouver la plume érudite d'Olga ! D'autant que ce sujet est une mine. Il révèle une fois de plus le décalage entre le puritanisme affiché de la cour d'Angleterre et la réalité de ses membres. On pense évidemment à Edouard, Margaret, Charles, Camilla, Lady Di, au prince Andrew etc. Le puritanisme n'est qu'un écran de fumée ici ou ailleurs.

Histoire Erotique
Comme Julie, je me réjouis de ce retour des textes d'Olga. Merci pour cette excellente chronique.
Maurice

@ Didier, merci, fidèle lecteur pour avoir si bien résumé et compris ce que j'avais voulu mettre en avant avec ce texte;
@ Julie, merci beaucoup!
@ Paul, encore un peu de patience!

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Et bien moi j'avoue qu'après deux mois sans publication, j'attendais du plus hard. Au minimum, la suite de la série Clémence. Mais, au-delà, le texte autobiographique que tu as promis!
Paul

Histoire Libertine
Je suis si heureuse de constater que tu retrouves le chemin de l'écriture. Pour le plus grand plaisir des inconditionnels, comme moi.
Merci chère Olga!
Julie

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Comme je te l’ai déjà écrit dans un précédent commentaire, pour ma part tu es toute excusée.
En effet, il est bien évident que ta vie personnelle doit passer bien avant l’écriture et la publication de tous textes.
Je te remercie donc pour cette excellente chronique, comme je les aime, très historique et que je trouve très instructive surtout.
Oui, avec les premières parties j’ai découvert l’étonnante vie de cette princesse, une femme tout autant "anti-conformiste" de par son attitude, qu’avant-gardiste de par son féminisme entre autres choses. Saches qu’à part Edouard VII, je ne connaissais pas trop la destinée des autres enfants de la reine Victoria. De plus j’étais persuadé que tous firent des mariages avec d'autres têtes couronnées d'Europe, qualifiant ainsi la reine Victoria de "grand-mère" de l’Europe.
Puis dans la dernière j’ai adoré parcourir cette intéressante présentation sur la condition féminine à l'ère victorienne, encore très restrictive pour les droits des épouses, des femmes. Et ce même s’ils ont un tout petit peu évolué depuis l’Angleterre géorgienne de la fin du XVIIIème siècle. Epoque où l'épouse n’était alors considérée que comme une propriété matrimoniale, un "bien meublé". Ces droits ont fort heureusement, pour elles, bien évolué depuis…
Félicitations et bravo pour ce magnifique écrit.
Didier



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