« Clémence » (13) : sanctions et métamorphoses
Récit érotique écrit par Olga T [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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« Clémence » (13) : sanctions et métamorphoses
Cette série, écrite avec Sarah, parait sur HDS depuis le 27 mai 2025.
RESUME
Clémence a épousé Michel, un jeune diplomate, qu’elle a suivi au Maroc, où il a été affecté en tant que membre de la mission culturelle de l’Ambassade de France.
Elle finit par nouer une liaison adultère avec un jeune Marocain, Zakaria, avec qui elle découvre le plaisir. Elle ignore que son amant joue en fait le rôle de rabatteur pour son patron, le pervers Youssef, dont l’épouse lesbienne, Fatima, a initié Clémence aux plaisirs saphiques.
Les choses vont toujours plus loin, échappant au contrôle tant de Michel que de Clémence. L’accumulation de scandales conduit à la mise à pied de Michel, menacé des plus lourdes sanctions pour une conduite « incompatible » avec ses fonctions.
Clémence est livrée à Youssef qui veut la contraindre à l’épouser. Découvrant qu’elle était déjà enceinte de Zakaria, il congédie son homme de main, qui, craignant la vengeance de Youssef, va solliciter l’aide de Fatima, elle aussi menacée par son mari.
La mère de Clémence, Aude, avec l’aide de Fatima, réussit à libérer Clémence de l’emprise de Youssef et à la faire rapatrier en France. Elle emmène également avec elle Fatima, sa nouvelle amante, désespérément amoureuse d’elle.
***
Clémence avait passé trois jours à tourner en rond dans son petit appartement, où Aude lui avait imposé un strict confinement. Elle avait les yeux gonflés de fatigue, le cœur pris dans une angoisse permanente. Elle n’osait ni sortir ni regarder son reflet, comme si chaque geste de sa vie récente lui collait encore à la peau. Elle survivait plus qu’elle ne vivait, et l’absence totale de nouvelles d’Aude, de Michel, ou de Fatima n’avait fait que renforcer ce sentiment d’abandon.
Lorsque son téléphone vibra enfin, le cœur de Clémence eut un sursaut. C’était un message d’Aude : « Café au coin de chez moi. 17h. Ne sois pas en retard. »
C’était une injonction, pas une invitation. Un ordre froid, glacial, sans fioritures. Elle avait espéré que la colère sa mère, qui avait toujours été sa protectrice, s’atténue mais elle sentait dans ses entrailles que ce n’était pas du tout le cas.
Le ventre noué, elle se prépara en silence, consciente qu’elle ne serait pas accueillie avec des larmes ni des bras ouverts. Elle avait peur, mais l’idée de revoir sa mère, même en colère, réveillait une forme de soulagement : au moins, elle n’était plus seule.
***
À 17h précises, Clémence poussa la porte du café. Aude était déjà là.
Assise au fond, droite, vêtue d’un tailleur noir. Son visage était fermé et à côté d’elle,
Nadine, habituellement tendre et accueillante, avait les bras croisés, le regard sévère.
Pas un sourire. Pas un geste pour l'inviter à s’asseoir. Juste un silence pesant. Clémence se racla la gorge, presque timidement.
- Bonjour… Maman… Nadine…
Aude leva les yeux vers Aude. Deux secondes de regard suffirent pour faire trembler Clémence intérieurement.
- Assieds-toi !
La voix n’offrait aucune alternative. Clémence s’exécuta.
Nadine gardait son air de marbre, posée mais froide. Elle observait Clémence non avec hostilité mais avec une immense déception, et c’était pire encore. Aude, elle, demeurait immobile.
Clémence finit par baisser les yeux.
- Je… Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne sais pas par où commencer, je…
- Tais-toi, coupa Aude calmement.
Le choc fit battre ses paupières. Clémence sentit sa gorge se serrer.
Aude prit la parole avec la précision d’une chirurgienne qui n’a rien oublié de son patient.
- Tu as négligé ton enfant.
La phrase claqua comme un fouet. Nadine baissa brièvement les yeux, comme si l’impact la touchait aussi.
- Tu as détruit la carrière de ton mari, poursuivit Aude sans aucune émotion.
- Je… Maman je…
- Tu t’es moquée de Fatima, une femme qui t’a tendu la main quand tu étais seule et perdue.
Clémence sentit les larmes monter.
- Et surtout, Clémence…
Aude pencha légèrement la tête.
- Tu as gâché des vies simplement parce que tu n’as jamais appris à maîtriser tes démons. Tes pulsions gouvernent tout. Tu n’as pensé qu’à toi. Et aux conséquences ? Jamais.
Clémence était effondrée.
- Maman, je sais ! Je… Je me déteste pour ça ! J’ai tout détruit, je… Je ne comprends même plus qui je suis… Je suis tellement désolée ! Je suis désolée pour Michel, pour toi, pour Fatima, pour tout ce qui s’est passé au Maroc. Je suis désolée, je pensais que tu me comprendrais, toi qui es hypersexuelle comme moi.
- Je ne suis absolument pas comme toi !
Le ton était sans appel, traduisant une colère froide. Clémence la regarda, choquée. Aude poursuivit.
- Il est vrai que je suis hypersexuelle, mais jamais je n’ai mis ma famille en danger, jamais. Au contraire. Je me suis sacrifiée pour mes enfants, et pour toi en particulier. Toi, tu n’as fait qu’utiliser tous les gens autour de toi depuis que tu as découvert ta vraie nature.
Clémence baissa les yeux, c’était vrai. Sa mère n’avait jamais rien fait pour mettre en danger son frère et elle. Plus que ça encore, elle était toujours aux petits soins avec eux.
Les mains de la jeune femme tremblaient. Elle répétait inlassablement « je suis désolée » comme si les mots pouvaient recoller quelque chose. Mais Aude restait immobile, implacable, les yeux rivés sur elle, refusant toute empathie.
- Ce que tu peux dire n’a aucune importance pour l’instant, trancha-t-elle.
Aude s’appuya légèrement en arrière et croisa les bras.
- La seule question est : vas-tu continuer comme ça, ou vas-tu enfin reprendre ta vie en main ?
Un silence lourd s’installa. Nadine détourna le regard, incapable de supporter la souffrance visible sur le visage de Clémence.
Aude, elle, restait de marbre, intransigeante.
- Je vais te donner une dernière chance, dit-elle enfin.
Clémence releva la tête d’un coup, comme si on venait d’ouvrir une fenêtre dans une pièce sans air.
- Une seule.
Aude posa ses mots avec une lenteur terrible.
- Tu vas devoir prouver que tu peux tenir debout. Que tu peux gérer ta vie. Que tu peux affronter tes démons sans faire tomber tout le monde avec toi. Tu vas prouver que tu es une femme qui a des désirs, pas une putain qui n’a de respect pour rien ni personne. Nadine m’a convaincue de te donner cette dernière chance, car je voulais ne plus te voir et te laisser te débrouiller avec des prédateurs tels que Zakaria. A mes yeux, je n’avais plus de fille.
Clémence eut beaucoup de mal à retenir ses larmes. Ses lèvres tremblaient :
- Maman, osa-t-elle d’une voix faible. J’étais ta princesse.
Aude, toujours furieuse, la fusilla du regard.
Nadine intervint alors :
- J’ai eu en effet beaucoup de mal à calmer Aude, qui ne pardonne pas ton comportement et qui considère que l’on est toujours responsable de ses actes. Se libérer seule d’une addiction au sexe, aussi prégnante que la tienne, s’avère extrêmement difficile. Les sentiments de honte, de culpabilité et d’isolement compliquent la démarche.
Les lèvres de Clémence tremblaient. Elle hocha la tête. Un geste minuscule, mais chargé d’une détresse presque palpable.
- Je ferai tout, murmura-t-elle. Tout ce qu’il faut. Je… Je veux vraiment changer. Je veux redevenir quelqu’un dont tu peux être fière, maman. Crois-moi. Je t’en supplie !
Aude la fixa longuement. Son regard ne s’était pas adouci.
- Nous verrons, répondit-elle simplement, mais je ne te fais plus confiance. Nous avons décidé de t’envoyer en Suisse, à Montreux, où il y a une clinique réputée pour traiter ta nymphomanie. Ce centre dispose d’un environnement sécurisé, où les professionnels apportent une aide adaptée. Le traitement dans ce centre spécialisé présente plusieurs avantages. La sécurité y occupe une place centrale, garantissant une protection contre les comportements à risque. L’efficacité des soins résulte de méthodes éprouvées et personnalisées. L’équipe de professionnels fournit un soutien constant et personnalisé, essentiel pour la réussite du traitement.
- En clair, tu proposes de m’enfermer.
- En quelque sorte, oui. Je le répète : c’est ta dernière chance, Clémence. Si tu refuses, je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Tu finiras sous la coupe d’un maquereau. Sache que je veillerai aussi à protéger ta fille. Tu ne la reverras plus, si tant est que tu ne te sois jamais intéressée à elle.
Clémence eut un sursaut, un bref instant de révolte :
- C’est… Monstrueux !
Aude maîtrisa sa colère, tant elle avait envie de gifler la jeune femme. Elle n’avait jamais levé la main sur celle qu’elle avait tant adulée :
- Tu mériterais une fessée, une raclée que je n’ai jamais osée te donner. Je n’ai qu’un reproche à me faire, mais il est de taille : celui de t’avoir trop gâtée, au point que tu as fini par penser que tu avais tous les droits. C’est parce que je veux réparer cela que je t’offre cette dernière chance. Ne te plains pas. Il y eut des époques où, sous l’Ancien Régime, tu aurais fini déportée en Nouvelle-France, marquée de la fleur de lys ou, plus récemment, claquemurée à vie dans un couvent. Je ne te demande de renoncer ni au plaisir ni au sexe, car je serai mal placée pour poser cette exigence. Je veux seulement que tu reprennes le contrôle sur toi-même. Demain, une équipe de la clinique viendra te chercher. Tu resteras là-bas le temps qu’il faut. La clinique a carte blanche. Je leur ai dit que je ne lésinerai pas sur les moyens et que tu ne sortiras de là que lorsque que l’équipe médicale me certifiera que tu es guérie, ou du moins que tu as retrouvé le contrôle sur ta libido. Et nous en profiterons pour vérifier si tu es vraiment enceinte d’un de tes amants. Alors que décides-tu ? Je veux ta réponse, maintenant !
Clémence baissa les yeux et répondit, avec une voix faible :
- Je… J’accepte. Je ferai tout ce que tu veux. Je te remercie de me donner cette dernière chance.
Un silence lourd s’installa. Aude le rompit très vite.
- Tu peux partir maintenant.
Clémence se sentit encore plus humiliée. Jamais sa mère n’avait été aussi dure avec elle. Lourdement, elle se leva et adressa à sa mère et Nadine un au revoir qui ne reçut aucune réponse.
En sortant du café, elle avait l’impression de marcher dans du brouillard mais les mauvaises surprises n’allaient pas s’arrêter là. Ayant à peine franchi la porte du café, elle se retrouva nez à nez avec Fatima qui entrait pour retrouver celles avec qui elle partagerait désormais sa vie.
Clémence se figea, frappée au ventre par une puissante vague de culpabilité. Elle n’avait pas revu Fatima depuis ces jours terribles au Maroc. Dans un autre contexte, elle aurait couru vers elle pour s’excuser, tenter de réparer. Elle avait envie de se jeter dans ses bras. Mais l’expression fermée, hostile, de Fatima la glaça immédiatement.
Elle fit un pas hésitant.
- Fa… Fatima… Je…
Fatima tendit brusquement la main devant elle, comme pour l’arrêter avant même qu’un mot ne puisse sortir.
- Ne t’approche surtout pas.
La voix était calme, posée, mais vibrante de colère retenue. Clémence sentit sa gorge se nouer. Fatima aussi l’avait toujours traitée avec attention et amour et là elle était si différente.
- Je… Je voulais juste…
- Ne me parle pas.
Clémence recula d’un pas, comme si un souffle l’avait percutée. Elle avait compris que Fatima la méprisait elle aussi.
Fatima la fixa, le menton légèrement relevé.
- Je ne veux plus jamais rien avoir à faire avec toi, Clémence. Plus jamais, tu m’entends ! Tu m’as humiliée, tu t’es moquée de ce que je t’avais confié, de ce que je vivais, de ce que je ressentais. Tu as joué avec moi.
Clémence secoua la tête, les yeux déjà noyés.
- Je suis désolée… Vraiment, Fatima, je t’en supplie, laisse-moi t’expliquer…
- Non.
Fatima s’avança d’un pas, non pas pour la toucher, mais pour que le message soit parfaitement clair.
- Tu ne me touches plus. Tu ne m’adresses plus la parole. Tu n’essaies plus jamais d’entrer dans ma vie. Tout est terminé.
Clémence porta une main à sa bouche, comme pour contenir un sanglot. Elle avait affronté la colère glacée de sa mère. Elle pouvait s’y attendre. Mais Fatima, c’était une douleur plus intime, plus honteuse encore.
Fatima poursuivit :
- Aude m’a dit qu’elle allait te donner une chance. C’est généreux. Moi, je n’en suis plus capable. J’ai payé bien trop cher ta légèreté. Tu n’as aucune idée de ce qu’il m’a fallu pour sortir de cet enfer. Et toi… Toi, tu jouais.
Clémence sentit son cœur s’effondrer un peu plus.
- Je ne te connaissais absolument pas, reprit Fatima avec un dédain stupéfiant. Je t’avais naïvement accordé de la confiance et surtout mon amour. Je croyais t’aider. Je croyais te comprendre. Et toi… tu n’as vu que toi-même.
Fatima détourna légèrement le regard, respirant profondément, comme pour contenir sa propre émotion. Puis elle ajouta :
- J’appartiens à une autre vie, maintenant. Aude m’en a sortie. Et je n’ai pas l’intention de regarder en arrière.
Puis elle tourna les talons, laissant derrière elle une Clémence pétrifiée. Le monde semblait se refermer sur elle, morceau par morceau.
Elle s’effondra presque contre la façade du café, les yeux fermés, murmurant dans un souffle brisé :
- Je suis désolée… Tellement désolée…
Mais personne n’était plus là pour l’entendre. Elle se préparait pour une nouvelle épreuve, son séjour dans cette clinique en Suisse.
***
Tous les soirs, Michel noyait son chagrin dans l’alcool dans un bar. Il n’avait plus rien : ni sa carrière, balayée en quelques semaines, ni la femme qu’il aimait, happée par une hypersexualité qu’il n’avait pas su voir venir, ni même cette certitude fragile qu’il avait toujours eue quant à sa propre identité sexuelle.
Depuis quelques temps, il ne se reconnaissait plus. Il était affalé au comptoir, la tête pesante, quand un inconnu s’approcha. Grand, beau, magnétique dans sa manière de se tenir, sûr de lui.
L’homme posa un coude près de Michel, lui adressant un sourire.
- Tu as l’air de porter le monde entier sur tes épaules, dit-il d’une voix grave.
Michel leva les yeux. Le regard de cet homme était clair, direct, sans jugement. Cela le déstabilisa. Pourquoi cet inconnu lui parlait-il ? Pourquoi lui souriait-il ainsi ?
L’alcool adoucissait tout : la honte, la fatigue, les restes de fierté blessée. Michel répondit par un rire brisé :
- Peut-être bien… Mais ce n’est pas un monde très intéressant.
- Je n’en suis pas si sûr, répliqua l’homme.
Il s’assit à côté de lui sans demander la permission, comme si la place lui revenait de droit.
- Je m’appelle Samir.
Michel hocha vaguement la tête.
- Michel.
Un silence flotta. Samir commanda deux verres, en poussa un vers Michel, qui ne protesta pas.
- Tu veux parler ?
- Je… Je crois que je ne veux plus rien du tout.
Le sourire de Samir s’adoucit, presque tendre.
- Parfois, c’est dans ces moments-là qu’on se surprend soi-même.
Michel sentit une chaleur étrange monter en lui, une chaleur qui n’avait rien à voir avec l’alcool. Était-ce du réconfort ? De l’attention ? Ou quelque chose de plus trouble ? Il ne savait plus rien.
Et Samir continuait de parler, calmement, lui posant des questions simples : « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? », « Tu vis ici ? », « Tu veux sortir un peu prendre l’air ? ».
Michel répondait sans réfléchir. Il avait l’impression de flotter, porté par une présence inattendue, presque salvatrice. Il raconta tout à cet inconnu, sans rien occulter. Cette confession lui fit beaucoup de bien. L’homme écoutait, ne jugeait pas. Son regard exprimait de la compassion. Michel se sentait bien, soulagé, libéré de cette honte qui l’étouffait depuis, qu’à cause de Clémence et de son diabolique amant, il était descendu aux enfers.
Au bout d’une heure, sa tête tournait. Il se leva pour aller aux toilettes, vacillant un peu. Il poussa la porte, s’aspergea d’eau sur le visage, tenta de reprendre ses esprits.
Il venait de s’essuyer les mains quand il entendit la porte se refermer derrière lui. Samir était là et avait verrouillé la porte.
Michel sentit une vague de panique, puis de vertige, se mêler dans sa poitrine. Pas une peur violente, plutôt une déflagration silencieuse : celle de quelqu’un qui comprend que la frontière entre « je ne sais pas ce que je fais » et « je ne sais plus qui je suis » vient d’être franchie.
Samir s’approcha, lentement.
- Tu vas bien ? demanda-t-il, mais sa voix contenait quelque chose de plus profond.
Michel recula d’un pas, puis s’arrêta. Il ne savait pas s’il avait envie de fuir, ou envie que quelqu’un, enfin, prenne le relais de son chaos.
- Je… Je ne comprends pas ce que je fais, murmura Michel.
Samir sourit doucement.
- Tu n’as rien à comprendre ce soir, souffla-t-il.
Il posa une main sur l’épaule de Michel. Pendant un court instant, celui-ci pensa à la repousser violemment et à protester mais quelque chose en lui l’en empêcha. Il ne réagit pas.
Il resta immobile, respirant trop vite, comme un homme au bord d’un précipice qui découvre qu’il n’a pas forcément envie de reculer.
Samir s’approcha encore.
- Si tu veux que j’arrête, tu le dis.
- Je… Je ne sais pas, je ne sais plus, répondit Michel, la voix brisée.
- C’est suffisant, murmura Samir.
Et là, l’homme se pencha et l’embrassa. Michel se laissa faire, le cerveau en ébullition comme s’il venait de se jeter dans le vide. Encouragé, Samir poursuivit son baiser qui devenait de plus en plus passionné. Il poussa Michel contre le mur, l’embrassant à pleine bouche. Michel se laissa faire, se laissa aller complètement aux baisers de cet homme beau et entreprenant.
Il rouvrit les yeux quelques secondes après quand il s’aperçut que Samir avait ouvert une cabine et l’avait poussé à l’intérieur, continuant ses baisers et ses caresses.
Il ne comprenait rien de ce qu’il vivait mais ça lui plaisait malgré qu’il en eût honte.
- On dirait que ça ne te déplait pas vraiment, dit Samir entre deux baisers en posant sa main sur l’érection de Michel.
Il redoubla de baisers et de caresses puis invita par un geste Michel à s’asseoir sur les toilettes. Il reprit :
- Comme je te l’ai dit tout à l’heure, tu peux dire stop à tout moment.
Michel, troublé, sentit son visage rougir d’avantage quand il comprit ce que l’homme s’apprêtait à faire. D’un geste rapide, Samir fit tomber son pantalon, révélant un sexe raide et tendu. Sa queue sans être dans les normes de celle de Zakaria, était longue et épaisse, sans un poil. Une seconde plus tard, il présentait sa queue à la bouche de Michel, toujours stupéfait.
Il hésita deux secondes, ensuite ferma les yeux et prit directement la queue de Samir en bouche, la tenant d’une main et se mit à le sucer passionnément oubliant toutes ses réserves et ses inhibitions.
- Ohhh… gémit Samir. Toi, tu sais y faire avec une queue. Ça confirme que tu n’en es pas à ta première fois.
Michel ne répondit pas et redoubla d’efforts dans sa fellation, essayant de donner autant de plaisir que possible à son amant, ne pensant plus à rien.
- Oh oui ! continue comme ça, tu le fais très bien, râla Samir.
Il le laissa ainsi poursuivre pendant quelques minutes, profitant de chaque seconde, de chaque coup de langue. Au bout d’un moment, porté par son plaisir, Samir tint la tête de Michel entre ses mains et commença à guider lui-même le mouvement en y allant plus profondément et de plus en plus vite. Bientôt, il baisa littéralement la bouche de Michel, qui ouvrait grand la bouche, les larmes aux yeux. Il avait inconsciemment ouvert son propre pantalon et commençait à se toucher, tout en se faisant défoncer la bouche.
Il ne tint pas longtemps, une minute encore et il sentit son sperme gicler au même moment où Samir, lâchant un gros râle, commençait à se vider dans la bouche de Michel. Ce dernier avala les saccades de sperme chaud, comme en extase.
Ils restèrent ainsi de longues secondes à reprendre leur souffle. Michel, ayant jouit, commençait à se rendre compte de ce qui venait d’arriver.
- Tu es génial, murmura Samir.
Honteux, Michel sortit précipitamment de la cabine et alla se laver le visage. Samir remonta son pantalon et le suivit. Il posa une main sur son épaule. Il sentait que Michel était profondément troublé.
- Écoute, je ne suis pas un coureur et je n’ai aucune intention de te faire du mal ni de profiter de toi, mais tu me plais et je crois ne pas me tromper en affirmant que c’est aussi le cas pour toi. Je ne vais pas te forcer mais…
Il tira son portefeuille de sa poche, tira une carte visite qu’il déposa sur le lavabo.
- J’ai une petite boutique pas très loin d’ici et j’ai très envie de te revoir pour un verre, un dîner ou ce que tu veux. Mais je ne vais pas te harceler. Si tu as envie de me revoir, voilà ma carte, n’hésite pas s’il te plait.
Il voulut un instant embrasser Michel mais, comprenant que ce dernier était en émoi, il se contenta de poser une main rassurante sur son épaule et ensuite s’en alla s’en ajouter un mot.
Michel resta un moment avant de remonter dans la salle du café. Il était troublé. Ce qui s’était passé avec Zakaria n’était pas un incident, il en était certain désormais. Il avait envie de revoir Samir et d’aller plus loin.
***
Fatima, encore retournée par sa rencontre tendue avec Clémence, entra à son tour dans le bar où se trouvaient Aude et Nadine.
L’avocate n’ignorait rien de l’amante marocaine de sa conjointe. Aude lui avait envoyé de nombreuses photos de sa conquête et n’avait rien caché de ce qui s’était passé entre elle et Fatima. Nadine connaissait bien sa chérie et avait depuis un moment dépassé le stade de la jalousie. Les choses étaient sans ambiguïté : le couple entre Aude et Nadine restait le socle inébranlable de leur vie commune.
Fatima, quant à elle, était tombée follement amoureuse d’Aude et, pour celle-ci, elle accepterait tout de sa part, y compris un triangle avec l’épouse de son amoureuse.
Quand elle entra dans le bar, Fatima se sentit immédiatement détaillée et désirée par Nadine, lesbienne exclusive, qui lui rappelait la « Marie Jo » du film de Josiane Balasko, « Gazon maudit ».
Fatima, qui, il y a quelques jours encore, était une dominatrice, s’avança presque timidement, baissant les yeux. Elle avait choisi de ne rien cacher de ses charmes, revêtue d’un chemisier échancré, exhibant sa plantureuse poitrine. Elle portait une jupe courte, qui mettait en valeur ses longues jambes de gazelle. Elle avait pris soin de se maquiller comme une icône orientale, insistant sur le khôl autour de ses beaux yeux noirs. Fatima voulait séduire et qu’Aude soit fière de sa nouvelle conquête.
Fatima voulait plaire. A Aude, la femme qu’elle aimait désormais. Mais aussi à Nadine, dont elle savait la place unique qu’elle avait auprès d’Aude.
Fatima était consciente qu’elle ne pouvait rivaliser dans le cœur de sa chérie. Elle prendrait la place que celle-ci voudrait bien lui accorder, du moment qu’elle ne se séparerait jamais d’elle. Fatima avait un besoin impérieux que celle qui était désormais la femme de sa vie continue ce qu’elle avait initié au Maroc. Jamais la Marocaine, dans toutes ses expériences saphiques, n’avait connu un plaisir aussi fort que celui que lui procurait Aude. Tout ce qu’elle avait vécu jusqu’alors lui apparaissait bien fade, y compris ses amours avec Clémence.
Fatima resta immobile, attendant les désirs d’Aude. Les pointes de ses seins lui faisaient presque mal, tellement elle avait envie de faire l’amour avec Aude. Sa chatte était béante et trempée.
Nadine rompit le silence, s’adressant à Aude :
- Ma chérie, tu ne m’as pas menti. Ta conquête est belle à couper le souffle.
- Mon amour, nous nous sommes promis de ne rien nous cacher. Tu es et tu resteras mon épouse. Fatima est à moi, elle est désormais à nous. L’appartement est assez grand et en particulier notre lit. Tu vivras désormais avec nous, Fatima. Ne t’avise cependant jamais, ma belle, de chercher à remplacer Nadine, c’est la seule limite que j’exige de ta part.
Fatima, baissant les yeux, répondit avec douceur à Aude :
- Je te l’ai dit, Aude. Je resterai à la place que tu voudras bien me donner. Du moment que je suis près de toi, je suis heureuse.
Aude fit asseoir Fatima entre elle et Nadine.
- Avant de passer aux choses sérieuses, il faut que je vous donne des nouvelles de notre ami Youssef Al Fassi.
La seule évocation de ce nom, qui lui rappelait un passé si douloureux, fit frissonner Fatima ;
- J’espère que ce chien croupira en prison et pour longtemps.
- Encore plus que tu ne le crois. Figurez-vous qu’on a retrouvé le corps de Zakaria, la gorge tranchée. L’enquête policière est très vite remontée à Ali, le chauffeur et garde du corps de Youssef. Pour se défendre, Ali a apporté les preuves que le commanditaire du meurtre était Youssef. Autant dire que celui-ci n’est pas près de sortir de prison !
Fatima, qui était juriste de formation, rappela que la peine de mort existait toujours au Maroc, bien qu’aucune exécution n’ait eu lieu depuis 1993.
- Zakaria était un petit voyou, mais il ne méritait certainement pas de finir comme ça. Je suis abolitionniste, mais j’avoue que j’aimerais voir ce salaud de Youssef rejoindre le couloir de la mort !
- Efface-le de ta mémoire. Pense désormais seulement à la nouvelle vie que tu vas mener avec nous, ma belle, répondit Aude, qui mesurait combien Youssef restait un sujet douloureux pour son ex-épouse.
Nadine se pencha vers la belle Marocaine. Elle prit Fatima dans ses bras, la serra contre elle et chercha ses lèvres. L’épouse d’Aude et son amante échangèrent un long baiser amoureux, alors que les mains de Nadine caressaient le dos, puis les fesses de Fatima.
- Ma chérie, dit Nadine à Aude, si nous rentrions à la maison? J’ai très envie de Fatima.
- Et moi, j’ai très envie de vous voir faire l’amour devant moi.
C’est ainsi que se forma le triangle saphique entre Aude, Nadine et Fatima. Les trois femmes sortirent du bar, les deux conjointes tenant chacune une main de leur maîtresse.
A peine furent-elles arrivées à l’appartement du couple, que Nadine, déchaînée, arracha les vêtements de la Marocaine, puis, la prenant par la main, l’entraîna vers la chambre, la poussant vers le lit conjugal.
Nadine et Fatima se couvraient de baisers et de caresses, l’avocate étant fascinée par l’opulente poitrine de la Marocaine, si sensible à ses caresses et en particulier à la douce torture de sa langue.
Aude s’installa dans un large fauteuil, pour ne rien perdre de l’érotisme torride que lui offraient son épouse et son amante.
Aude commença à se caresser. Elle avait confirmation que le triangle amoureux qu’elles formaient désormais toutes les trois allait bouleverser leur vie intime. Elle annonça, alors que Fatima gémissait sous les caresses de Nadine :
- Je veux tout te faire découvrir, ma belle, y compris le plaisir que procure une belle queue. J’ai appelé mon amant Momo. Il va nous rejoindre et te baiser ! Tu es d’accord ?
- Je veux tout ce que tu veux, je te l’ai dit, Aude, ma chérie, répondit Fatima, alors que Nadine, installée entre ses cuisses, l’entraînait avec ses doigts et sa langue vers son premier orgasme de la soirée.
***
RESUME
Clémence a épousé Michel, un jeune diplomate, qu’elle a suivi au Maroc, où il a été affecté en tant que membre de la mission culturelle de l’Ambassade de France.
Elle finit par nouer une liaison adultère avec un jeune Marocain, Zakaria, avec qui elle découvre le plaisir. Elle ignore que son amant joue en fait le rôle de rabatteur pour son patron, le pervers Youssef, dont l’épouse lesbienne, Fatima, a initié Clémence aux plaisirs saphiques.
Les choses vont toujours plus loin, échappant au contrôle tant de Michel que de Clémence. L’accumulation de scandales conduit à la mise à pied de Michel, menacé des plus lourdes sanctions pour une conduite « incompatible » avec ses fonctions.
Clémence est livrée à Youssef qui veut la contraindre à l’épouser. Découvrant qu’elle était déjà enceinte de Zakaria, il congédie son homme de main, qui, craignant la vengeance de Youssef, va solliciter l’aide de Fatima, elle aussi menacée par son mari.
La mère de Clémence, Aude, avec l’aide de Fatima, réussit à libérer Clémence de l’emprise de Youssef et à la faire rapatrier en France. Elle emmène également avec elle Fatima, sa nouvelle amante, désespérément amoureuse d’elle.
***
Clémence avait passé trois jours à tourner en rond dans son petit appartement, où Aude lui avait imposé un strict confinement. Elle avait les yeux gonflés de fatigue, le cœur pris dans une angoisse permanente. Elle n’osait ni sortir ni regarder son reflet, comme si chaque geste de sa vie récente lui collait encore à la peau. Elle survivait plus qu’elle ne vivait, et l’absence totale de nouvelles d’Aude, de Michel, ou de Fatima n’avait fait que renforcer ce sentiment d’abandon.
Lorsque son téléphone vibra enfin, le cœur de Clémence eut un sursaut. C’était un message d’Aude : « Café au coin de chez moi. 17h. Ne sois pas en retard. »
C’était une injonction, pas une invitation. Un ordre froid, glacial, sans fioritures. Elle avait espéré que la colère sa mère, qui avait toujours été sa protectrice, s’atténue mais elle sentait dans ses entrailles que ce n’était pas du tout le cas.
Le ventre noué, elle se prépara en silence, consciente qu’elle ne serait pas accueillie avec des larmes ni des bras ouverts. Elle avait peur, mais l’idée de revoir sa mère, même en colère, réveillait une forme de soulagement : au moins, elle n’était plus seule.
***
À 17h précises, Clémence poussa la porte du café. Aude était déjà là.
Assise au fond, droite, vêtue d’un tailleur noir. Son visage était fermé et à côté d’elle,
Nadine, habituellement tendre et accueillante, avait les bras croisés, le regard sévère.
Pas un sourire. Pas un geste pour l'inviter à s’asseoir. Juste un silence pesant. Clémence se racla la gorge, presque timidement.
- Bonjour… Maman… Nadine…
Aude leva les yeux vers Aude. Deux secondes de regard suffirent pour faire trembler Clémence intérieurement.
- Assieds-toi !
La voix n’offrait aucune alternative. Clémence s’exécuta.
Nadine gardait son air de marbre, posée mais froide. Elle observait Clémence non avec hostilité mais avec une immense déception, et c’était pire encore. Aude, elle, demeurait immobile.
Clémence finit par baisser les yeux.
- Je… Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne sais pas par où commencer, je…
- Tais-toi, coupa Aude calmement.
Le choc fit battre ses paupières. Clémence sentit sa gorge se serrer.
Aude prit la parole avec la précision d’une chirurgienne qui n’a rien oublié de son patient.
- Tu as négligé ton enfant.
La phrase claqua comme un fouet. Nadine baissa brièvement les yeux, comme si l’impact la touchait aussi.
- Tu as détruit la carrière de ton mari, poursuivit Aude sans aucune émotion.
- Je… Maman je…
- Tu t’es moquée de Fatima, une femme qui t’a tendu la main quand tu étais seule et perdue.
Clémence sentit les larmes monter.
- Et surtout, Clémence…
Aude pencha légèrement la tête.
- Tu as gâché des vies simplement parce que tu n’as jamais appris à maîtriser tes démons. Tes pulsions gouvernent tout. Tu n’as pensé qu’à toi. Et aux conséquences ? Jamais.
Clémence était effondrée.
- Maman, je sais ! Je… Je me déteste pour ça ! J’ai tout détruit, je… Je ne comprends même plus qui je suis… Je suis tellement désolée ! Je suis désolée pour Michel, pour toi, pour Fatima, pour tout ce qui s’est passé au Maroc. Je suis désolée, je pensais que tu me comprendrais, toi qui es hypersexuelle comme moi.
- Je ne suis absolument pas comme toi !
Le ton était sans appel, traduisant une colère froide. Clémence la regarda, choquée. Aude poursuivit.
- Il est vrai que je suis hypersexuelle, mais jamais je n’ai mis ma famille en danger, jamais. Au contraire. Je me suis sacrifiée pour mes enfants, et pour toi en particulier. Toi, tu n’as fait qu’utiliser tous les gens autour de toi depuis que tu as découvert ta vraie nature.
Clémence baissa les yeux, c’était vrai. Sa mère n’avait jamais rien fait pour mettre en danger son frère et elle. Plus que ça encore, elle était toujours aux petits soins avec eux.
Les mains de la jeune femme tremblaient. Elle répétait inlassablement « je suis désolée » comme si les mots pouvaient recoller quelque chose. Mais Aude restait immobile, implacable, les yeux rivés sur elle, refusant toute empathie.
- Ce que tu peux dire n’a aucune importance pour l’instant, trancha-t-elle.
Aude s’appuya légèrement en arrière et croisa les bras.
- La seule question est : vas-tu continuer comme ça, ou vas-tu enfin reprendre ta vie en main ?
Un silence lourd s’installa. Nadine détourna le regard, incapable de supporter la souffrance visible sur le visage de Clémence.
Aude, elle, restait de marbre, intransigeante.
- Je vais te donner une dernière chance, dit-elle enfin.
Clémence releva la tête d’un coup, comme si on venait d’ouvrir une fenêtre dans une pièce sans air.
- Une seule.
Aude posa ses mots avec une lenteur terrible.
- Tu vas devoir prouver que tu peux tenir debout. Que tu peux gérer ta vie. Que tu peux affronter tes démons sans faire tomber tout le monde avec toi. Tu vas prouver que tu es une femme qui a des désirs, pas une putain qui n’a de respect pour rien ni personne. Nadine m’a convaincue de te donner cette dernière chance, car je voulais ne plus te voir et te laisser te débrouiller avec des prédateurs tels que Zakaria. A mes yeux, je n’avais plus de fille.
Clémence eut beaucoup de mal à retenir ses larmes. Ses lèvres tremblaient :
- Maman, osa-t-elle d’une voix faible. J’étais ta princesse.
Aude, toujours furieuse, la fusilla du regard.
Nadine intervint alors :
- J’ai eu en effet beaucoup de mal à calmer Aude, qui ne pardonne pas ton comportement et qui considère que l’on est toujours responsable de ses actes. Se libérer seule d’une addiction au sexe, aussi prégnante que la tienne, s’avère extrêmement difficile. Les sentiments de honte, de culpabilité et d’isolement compliquent la démarche.
Les lèvres de Clémence tremblaient. Elle hocha la tête. Un geste minuscule, mais chargé d’une détresse presque palpable.
- Je ferai tout, murmura-t-elle. Tout ce qu’il faut. Je… Je veux vraiment changer. Je veux redevenir quelqu’un dont tu peux être fière, maman. Crois-moi. Je t’en supplie !
Aude la fixa longuement. Son regard ne s’était pas adouci.
- Nous verrons, répondit-elle simplement, mais je ne te fais plus confiance. Nous avons décidé de t’envoyer en Suisse, à Montreux, où il y a une clinique réputée pour traiter ta nymphomanie. Ce centre dispose d’un environnement sécurisé, où les professionnels apportent une aide adaptée. Le traitement dans ce centre spécialisé présente plusieurs avantages. La sécurité y occupe une place centrale, garantissant une protection contre les comportements à risque. L’efficacité des soins résulte de méthodes éprouvées et personnalisées. L’équipe de professionnels fournit un soutien constant et personnalisé, essentiel pour la réussite du traitement.
- En clair, tu proposes de m’enfermer.
- En quelque sorte, oui. Je le répète : c’est ta dernière chance, Clémence. Si tu refuses, je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Tu finiras sous la coupe d’un maquereau. Sache que je veillerai aussi à protéger ta fille. Tu ne la reverras plus, si tant est que tu ne te sois jamais intéressée à elle.
Clémence eut un sursaut, un bref instant de révolte :
- C’est… Monstrueux !
Aude maîtrisa sa colère, tant elle avait envie de gifler la jeune femme. Elle n’avait jamais levé la main sur celle qu’elle avait tant adulée :
- Tu mériterais une fessée, une raclée que je n’ai jamais osée te donner. Je n’ai qu’un reproche à me faire, mais il est de taille : celui de t’avoir trop gâtée, au point que tu as fini par penser que tu avais tous les droits. C’est parce que je veux réparer cela que je t’offre cette dernière chance. Ne te plains pas. Il y eut des époques où, sous l’Ancien Régime, tu aurais fini déportée en Nouvelle-France, marquée de la fleur de lys ou, plus récemment, claquemurée à vie dans un couvent. Je ne te demande de renoncer ni au plaisir ni au sexe, car je serai mal placée pour poser cette exigence. Je veux seulement que tu reprennes le contrôle sur toi-même. Demain, une équipe de la clinique viendra te chercher. Tu resteras là-bas le temps qu’il faut. La clinique a carte blanche. Je leur ai dit que je ne lésinerai pas sur les moyens et que tu ne sortiras de là que lorsque que l’équipe médicale me certifiera que tu es guérie, ou du moins que tu as retrouvé le contrôle sur ta libido. Et nous en profiterons pour vérifier si tu es vraiment enceinte d’un de tes amants. Alors que décides-tu ? Je veux ta réponse, maintenant !
Clémence baissa les yeux et répondit, avec une voix faible :
- Je… J’accepte. Je ferai tout ce que tu veux. Je te remercie de me donner cette dernière chance.
Un silence lourd s’installa. Aude le rompit très vite.
- Tu peux partir maintenant.
Clémence se sentit encore plus humiliée. Jamais sa mère n’avait été aussi dure avec elle. Lourdement, elle se leva et adressa à sa mère et Nadine un au revoir qui ne reçut aucune réponse.
En sortant du café, elle avait l’impression de marcher dans du brouillard mais les mauvaises surprises n’allaient pas s’arrêter là. Ayant à peine franchi la porte du café, elle se retrouva nez à nez avec Fatima qui entrait pour retrouver celles avec qui elle partagerait désormais sa vie.
Clémence se figea, frappée au ventre par une puissante vague de culpabilité. Elle n’avait pas revu Fatima depuis ces jours terribles au Maroc. Dans un autre contexte, elle aurait couru vers elle pour s’excuser, tenter de réparer. Elle avait envie de se jeter dans ses bras. Mais l’expression fermée, hostile, de Fatima la glaça immédiatement.
Elle fit un pas hésitant.
- Fa… Fatima… Je…
Fatima tendit brusquement la main devant elle, comme pour l’arrêter avant même qu’un mot ne puisse sortir.
- Ne t’approche surtout pas.
La voix était calme, posée, mais vibrante de colère retenue. Clémence sentit sa gorge se nouer. Fatima aussi l’avait toujours traitée avec attention et amour et là elle était si différente.
- Je… Je voulais juste…
- Ne me parle pas.
Clémence recula d’un pas, comme si un souffle l’avait percutée. Elle avait compris que Fatima la méprisait elle aussi.
Fatima la fixa, le menton légèrement relevé.
- Je ne veux plus jamais rien avoir à faire avec toi, Clémence. Plus jamais, tu m’entends ! Tu m’as humiliée, tu t’es moquée de ce que je t’avais confié, de ce que je vivais, de ce que je ressentais. Tu as joué avec moi.
Clémence secoua la tête, les yeux déjà noyés.
- Je suis désolée… Vraiment, Fatima, je t’en supplie, laisse-moi t’expliquer…
- Non.
Fatima s’avança d’un pas, non pas pour la toucher, mais pour que le message soit parfaitement clair.
- Tu ne me touches plus. Tu ne m’adresses plus la parole. Tu n’essaies plus jamais d’entrer dans ma vie. Tout est terminé.
Clémence porta une main à sa bouche, comme pour contenir un sanglot. Elle avait affronté la colère glacée de sa mère. Elle pouvait s’y attendre. Mais Fatima, c’était une douleur plus intime, plus honteuse encore.
Fatima poursuivit :
- Aude m’a dit qu’elle allait te donner une chance. C’est généreux. Moi, je n’en suis plus capable. J’ai payé bien trop cher ta légèreté. Tu n’as aucune idée de ce qu’il m’a fallu pour sortir de cet enfer. Et toi… Toi, tu jouais.
Clémence sentit son cœur s’effondrer un peu plus.
- Je ne te connaissais absolument pas, reprit Fatima avec un dédain stupéfiant. Je t’avais naïvement accordé de la confiance et surtout mon amour. Je croyais t’aider. Je croyais te comprendre. Et toi… tu n’as vu que toi-même.
Fatima détourna légèrement le regard, respirant profondément, comme pour contenir sa propre émotion. Puis elle ajouta :
- J’appartiens à une autre vie, maintenant. Aude m’en a sortie. Et je n’ai pas l’intention de regarder en arrière.
Puis elle tourna les talons, laissant derrière elle une Clémence pétrifiée. Le monde semblait se refermer sur elle, morceau par morceau.
Elle s’effondra presque contre la façade du café, les yeux fermés, murmurant dans un souffle brisé :
- Je suis désolée… Tellement désolée…
Mais personne n’était plus là pour l’entendre. Elle se préparait pour une nouvelle épreuve, son séjour dans cette clinique en Suisse.
***
Tous les soirs, Michel noyait son chagrin dans l’alcool dans un bar. Il n’avait plus rien : ni sa carrière, balayée en quelques semaines, ni la femme qu’il aimait, happée par une hypersexualité qu’il n’avait pas su voir venir, ni même cette certitude fragile qu’il avait toujours eue quant à sa propre identité sexuelle.
Depuis quelques temps, il ne se reconnaissait plus. Il était affalé au comptoir, la tête pesante, quand un inconnu s’approcha. Grand, beau, magnétique dans sa manière de se tenir, sûr de lui.
L’homme posa un coude près de Michel, lui adressant un sourire.
- Tu as l’air de porter le monde entier sur tes épaules, dit-il d’une voix grave.
Michel leva les yeux. Le regard de cet homme était clair, direct, sans jugement. Cela le déstabilisa. Pourquoi cet inconnu lui parlait-il ? Pourquoi lui souriait-il ainsi ?
L’alcool adoucissait tout : la honte, la fatigue, les restes de fierté blessée. Michel répondit par un rire brisé :
- Peut-être bien… Mais ce n’est pas un monde très intéressant.
- Je n’en suis pas si sûr, répliqua l’homme.
Il s’assit à côté de lui sans demander la permission, comme si la place lui revenait de droit.
- Je m’appelle Samir.
Michel hocha vaguement la tête.
- Michel.
Un silence flotta. Samir commanda deux verres, en poussa un vers Michel, qui ne protesta pas.
- Tu veux parler ?
- Je… Je crois que je ne veux plus rien du tout.
Le sourire de Samir s’adoucit, presque tendre.
- Parfois, c’est dans ces moments-là qu’on se surprend soi-même.
Michel sentit une chaleur étrange monter en lui, une chaleur qui n’avait rien à voir avec l’alcool. Était-ce du réconfort ? De l’attention ? Ou quelque chose de plus trouble ? Il ne savait plus rien.
Et Samir continuait de parler, calmement, lui posant des questions simples : « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? », « Tu vis ici ? », « Tu veux sortir un peu prendre l’air ? ».
Michel répondait sans réfléchir. Il avait l’impression de flotter, porté par une présence inattendue, presque salvatrice. Il raconta tout à cet inconnu, sans rien occulter. Cette confession lui fit beaucoup de bien. L’homme écoutait, ne jugeait pas. Son regard exprimait de la compassion. Michel se sentait bien, soulagé, libéré de cette honte qui l’étouffait depuis, qu’à cause de Clémence et de son diabolique amant, il était descendu aux enfers.
Au bout d’une heure, sa tête tournait. Il se leva pour aller aux toilettes, vacillant un peu. Il poussa la porte, s’aspergea d’eau sur le visage, tenta de reprendre ses esprits.
Il venait de s’essuyer les mains quand il entendit la porte se refermer derrière lui. Samir était là et avait verrouillé la porte.
Michel sentit une vague de panique, puis de vertige, se mêler dans sa poitrine. Pas une peur violente, plutôt une déflagration silencieuse : celle de quelqu’un qui comprend que la frontière entre « je ne sais pas ce que je fais » et « je ne sais plus qui je suis » vient d’être franchie.
Samir s’approcha, lentement.
- Tu vas bien ? demanda-t-il, mais sa voix contenait quelque chose de plus profond.
Michel recula d’un pas, puis s’arrêta. Il ne savait pas s’il avait envie de fuir, ou envie que quelqu’un, enfin, prenne le relais de son chaos.
- Je… Je ne comprends pas ce que je fais, murmura Michel.
Samir sourit doucement.
- Tu n’as rien à comprendre ce soir, souffla-t-il.
Il posa une main sur l’épaule de Michel. Pendant un court instant, celui-ci pensa à la repousser violemment et à protester mais quelque chose en lui l’en empêcha. Il ne réagit pas.
Il resta immobile, respirant trop vite, comme un homme au bord d’un précipice qui découvre qu’il n’a pas forcément envie de reculer.
Samir s’approcha encore.
- Si tu veux que j’arrête, tu le dis.
- Je… Je ne sais pas, je ne sais plus, répondit Michel, la voix brisée.
- C’est suffisant, murmura Samir.
Et là, l’homme se pencha et l’embrassa. Michel se laissa faire, le cerveau en ébullition comme s’il venait de se jeter dans le vide. Encouragé, Samir poursuivit son baiser qui devenait de plus en plus passionné. Il poussa Michel contre le mur, l’embrassant à pleine bouche. Michel se laissa faire, se laissa aller complètement aux baisers de cet homme beau et entreprenant.
Il rouvrit les yeux quelques secondes après quand il s’aperçut que Samir avait ouvert une cabine et l’avait poussé à l’intérieur, continuant ses baisers et ses caresses.
Il ne comprenait rien de ce qu’il vivait mais ça lui plaisait malgré qu’il en eût honte.
- On dirait que ça ne te déplait pas vraiment, dit Samir entre deux baisers en posant sa main sur l’érection de Michel.
Il redoubla de baisers et de caresses puis invita par un geste Michel à s’asseoir sur les toilettes. Il reprit :
- Comme je te l’ai dit tout à l’heure, tu peux dire stop à tout moment.
Michel, troublé, sentit son visage rougir d’avantage quand il comprit ce que l’homme s’apprêtait à faire. D’un geste rapide, Samir fit tomber son pantalon, révélant un sexe raide et tendu. Sa queue sans être dans les normes de celle de Zakaria, était longue et épaisse, sans un poil. Une seconde plus tard, il présentait sa queue à la bouche de Michel, toujours stupéfait.
Il hésita deux secondes, ensuite ferma les yeux et prit directement la queue de Samir en bouche, la tenant d’une main et se mit à le sucer passionnément oubliant toutes ses réserves et ses inhibitions.
- Ohhh… gémit Samir. Toi, tu sais y faire avec une queue. Ça confirme que tu n’en es pas à ta première fois.
Michel ne répondit pas et redoubla d’efforts dans sa fellation, essayant de donner autant de plaisir que possible à son amant, ne pensant plus à rien.
- Oh oui ! continue comme ça, tu le fais très bien, râla Samir.
Il le laissa ainsi poursuivre pendant quelques minutes, profitant de chaque seconde, de chaque coup de langue. Au bout d’un moment, porté par son plaisir, Samir tint la tête de Michel entre ses mains et commença à guider lui-même le mouvement en y allant plus profondément et de plus en plus vite. Bientôt, il baisa littéralement la bouche de Michel, qui ouvrait grand la bouche, les larmes aux yeux. Il avait inconsciemment ouvert son propre pantalon et commençait à se toucher, tout en se faisant défoncer la bouche.
Il ne tint pas longtemps, une minute encore et il sentit son sperme gicler au même moment où Samir, lâchant un gros râle, commençait à se vider dans la bouche de Michel. Ce dernier avala les saccades de sperme chaud, comme en extase.
Ils restèrent ainsi de longues secondes à reprendre leur souffle. Michel, ayant jouit, commençait à se rendre compte de ce qui venait d’arriver.
- Tu es génial, murmura Samir.
Honteux, Michel sortit précipitamment de la cabine et alla se laver le visage. Samir remonta son pantalon et le suivit. Il posa une main sur son épaule. Il sentait que Michel était profondément troublé.
- Écoute, je ne suis pas un coureur et je n’ai aucune intention de te faire du mal ni de profiter de toi, mais tu me plais et je crois ne pas me tromper en affirmant que c’est aussi le cas pour toi. Je ne vais pas te forcer mais…
Il tira son portefeuille de sa poche, tira une carte visite qu’il déposa sur le lavabo.
- J’ai une petite boutique pas très loin d’ici et j’ai très envie de te revoir pour un verre, un dîner ou ce que tu veux. Mais je ne vais pas te harceler. Si tu as envie de me revoir, voilà ma carte, n’hésite pas s’il te plait.
Il voulut un instant embrasser Michel mais, comprenant que ce dernier était en émoi, il se contenta de poser une main rassurante sur son épaule et ensuite s’en alla s’en ajouter un mot.
Michel resta un moment avant de remonter dans la salle du café. Il était troublé. Ce qui s’était passé avec Zakaria n’était pas un incident, il en était certain désormais. Il avait envie de revoir Samir et d’aller plus loin.
***
Fatima, encore retournée par sa rencontre tendue avec Clémence, entra à son tour dans le bar où se trouvaient Aude et Nadine.
L’avocate n’ignorait rien de l’amante marocaine de sa conjointe. Aude lui avait envoyé de nombreuses photos de sa conquête et n’avait rien caché de ce qui s’était passé entre elle et Fatima. Nadine connaissait bien sa chérie et avait depuis un moment dépassé le stade de la jalousie. Les choses étaient sans ambiguïté : le couple entre Aude et Nadine restait le socle inébranlable de leur vie commune.
Fatima, quant à elle, était tombée follement amoureuse d’Aude et, pour celle-ci, elle accepterait tout de sa part, y compris un triangle avec l’épouse de son amoureuse.
Quand elle entra dans le bar, Fatima se sentit immédiatement détaillée et désirée par Nadine, lesbienne exclusive, qui lui rappelait la « Marie Jo » du film de Josiane Balasko, « Gazon maudit ».
Fatima, qui, il y a quelques jours encore, était une dominatrice, s’avança presque timidement, baissant les yeux. Elle avait choisi de ne rien cacher de ses charmes, revêtue d’un chemisier échancré, exhibant sa plantureuse poitrine. Elle portait une jupe courte, qui mettait en valeur ses longues jambes de gazelle. Elle avait pris soin de se maquiller comme une icône orientale, insistant sur le khôl autour de ses beaux yeux noirs. Fatima voulait séduire et qu’Aude soit fière de sa nouvelle conquête.
Fatima voulait plaire. A Aude, la femme qu’elle aimait désormais. Mais aussi à Nadine, dont elle savait la place unique qu’elle avait auprès d’Aude.
Fatima était consciente qu’elle ne pouvait rivaliser dans le cœur de sa chérie. Elle prendrait la place que celle-ci voudrait bien lui accorder, du moment qu’elle ne se séparerait jamais d’elle. Fatima avait un besoin impérieux que celle qui était désormais la femme de sa vie continue ce qu’elle avait initié au Maroc. Jamais la Marocaine, dans toutes ses expériences saphiques, n’avait connu un plaisir aussi fort que celui que lui procurait Aude. Tout ce qu’elle avait vécu jusqu’alors lui apparaissait bien fade, y compris ses amours avec Clémence.
Fatima resta immobile, attendant les désirs d’Aude. Les pointes de ses seins lui faisaient presque mal, tellement elle avait envie de faire l’amour avec Aude. Sa chatte était béante et trempée.
Nadine rompit le silence, s’adressant à Aude :
- Ma chérie, tu ne m’as pas menti. Ta conquête est belle à couper le souffle.
- Mon amour, nous nous sommes promis de ne rien nous cacher. Tu es et tu resteras mon épouse. Fatima est à moi, elle est désormais à nous. L’appartement est assez grand et en particulier notre lit. Tu vivras désormais avec nous, Fatima. Ne t’avise cependant jamais, ma belle, de chercher à remplacer Nadine, c’est la seule limite que j’exige de ta part.
Fatima, baissant les yeux, répondit avec douceur à Aude :
- Je te l’ai dit, Aude. Je resterai à la place que tu voudras bien me donner. Du moment que je suis près de toi, je suis heureuse.
Aude fit asseoir Fatima entre elle et Nadine.
- Avant de passer aux choses sérieuses, il faut que je vous donne des nouvelles de notre ami Youssef Al Fassi.
La seule évocation de ce nom, qui lui rappelait un passé si douloureux, fit frissonner Fatima ;
- J’espère que ce chien croupira en prison et pour longtemps.
- Encore plus que tu ne le crois. Figurez-vous qu’on a retrouvé le corps de Zakaria, la gorge tranchée. L’enquête policière est très vite remontée à Ali, le chauffeur et garde du corps de Youssef. Pour se défendre, Ali a apporté les preuves que le commanditaire du meurtre était Youssef. Autant dire que celui-ci n’est pas près de sortir de prison !
Fatima, qui était juriste de formation, rappela que la peine de mort existait toujours au Maroc, bien qu’aucune exécution n’ait eu lieu depuis 1993.
- Zakaria était un petit voyou, mais il ne méritait certainement pas de finir comme ça. Je suis abolitionniste, mais j’avoue que j’aimerais voir ce salaud de Youssef rejoindre le couloir de la mort !
- Efface-le de ta mémoire. Pense désormais seulement à la nouvelle vie que tu vas mener avec nous, ma belle, répondit Aude, qui mesurait combien Youssef restait un sujet douloureux pour son ex-épouse.
Nadine se pencha vers la belle Marocaine. Elle prit Fatima dans ses bras, la serra contre elle et chercha ses lèvres. L’épouse d’Aude et son amante échangèrent un long baiser amoureux, alors que les mains de Nadine caressaient le dos, puis les fesses de Fatima.
- Ma chérie, dit Nadine à Aude, si nous rentrions à la maison? J’ai très envie de Fatima.
- Et moi, j’ai très envie de vous voir faire l’amour devant moi.
C’est ainsi que se forma le triangle saphique entre Aude, Nadine et Fatima. Les trois femmes sortirent du bar, les deux conjointes tenant chacune une main de leur maîtresse.
A peine furent-elles arrivées à l’appartement du couple, que Nadine, déchaînée, arracha les vêtements de la Marocaine, puis, la prenant par la main, l’entraîna vers la chambre, la poussant vers le lit conjugal.
Nadine et Fatima se couvraient de baisers et de caresses, l’avocate étant fascinée par l’opulente poitrine de la Marocaine, si sensible à ses caresses et en particulier à la douce torture de sa langue.
Aude s’installa dans un large fauteuil, pour ne rien perdre de l’érotisme torride que lui offraient son épouse et son amante.
Aude commença à se caresser. Elle avait confirmation que le triangle amoureux qu’elles formaient désormais toutes les trois allait bouleverser leur vie intime. Elle annonça, alors que Fatima gémissait sous les caresses de Nadine :
- Je veux tout te faire découvrir, ma belle, y compris le plaisir que procure une belle queue. J’ai appelé mon amant Momo. Il va nous rejoindre et te baiser ! Tu es d’accord ?
- Je veux tout ce que tu veux, je te l’ai dit, Aude, ma chérie, répondit Fatima, alors que Nadine, installée entre ses cuisses, l’entraînait avec ses doigts et sa langue vers son premier orgasme de la soirée.
***
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19 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
@ Paul, oh que oui qu'elle en a à raconter et du lourd Mais osera-t-elle le faire?
@ Henri, Youssef n'a pas fini de plonger. On peut imaginer ce qui l'attend dans sa prison, dans sa cellule, avec ses codétenus, ou sous la douche. Surtout que ce genre de personnages suscite beaucoup de détestation.
Claude
Claude
le personnage d'Aude m'est de plus en plus antipathique. Outre la brutalité envers sa fille (comme Micky, je pense qu'Aude est très mal placée pour donner des leçons), je suis choquée du traitement qu'elle inflige à Fatima. Celle-ci est une lesbienne endurcie et Aude va la contraindre à avoir des rapports hétéro. Par soumission, par amour, Fatima va se laisser faire. Pour moi, Fatima est sous contrainte.
Clara
Clara
Alors là c'est un paragraphe à ne pas loupé.
Je savais à Fribourg que l'hôpital cantonal a une division addiction mais je ne savais pas à Montreux
Je suis certain que Aude va réussir son but et que Fatima finira par prendre du plaisir à se faire baiser par une grosse queue
Je savais à Fribourg que l'hôpital cantonal a une division addiction mais je ne savais pas à Montreux
Je suis certain que Aude va réussir son but et que Fatima finira par prendre du plaisir à se faire baiser par une grosse queue
@ Henri, en effet !
@ lectrice anonyme, oui elle s’exonère de ses propres responsabilités. Au départ, elle était complice de Youssef. Puis la situation a évolué, Fatima découvrant des sentiments forts pour Clémence. Sans doute la voulait-elle pour elle seule. Le fait que la jeune femme revienne chez Zakaria avait profondément vexé Fatima
@ Dyonisia, merci pour ce message. En effet, trois scènes parallèles, décisives pour les protagonistes de l’histoire.
@ Jacques du Canada. Ce récit, qui se termine fut-il trop féminin ? Nous l’avons voulu « pluriel », en évoquant toutes les formes d’amour. Pour répondre à votre question, pas de dérapage, rien en dehors du « contrat » et rien sans l’accord et la complicité active de Philippe.
@ Micky, oui, à l’évidence Aude est sévère, trop sans doute envers Clémence. Oui, elle a des choses à se reprocher, ne serait-ce qu’avoir fait de Clémence « sa princesse », une enfant gâtée, qui s’est crue tout permis. Toutes deux sont hypersexuelles. Aude cherche-t-elle à provoquer un électrochoc chez Clémence ? La pousser à reprendre le contrôle ?
@ olifougeux, merci !
@ Robert, ce sera en effet une découverte pour Fatima, jusqu’à présent lesbienne exclusive.
@ lecteur anonyme, réponse au prochain épisode
@ lectrice anonyme, oui elle s’exonère de ses propres responsabilités. Au départ, elle était complice de Youssef. Puis la situation a évolué, Fatima découvrant des sentiments forts pour Clémence. Sans doute la voulait-elle pour elle seule. Le fait que la jeune femme revienne chez Zakaria avait profondément vexé Fatima
@ Dyonisia, merci pour ce message. En effet, trois scènes parallèles, décisives pour les protagonistes de l’histoire.
@ Jacques du Canada. Ce récit, qui se termine fut-il trop féminin ? Nous l’avons voulu « pluriel », en évoquant toutes les formes d’amour. Pour répondre à votre question, pas de dérapage, rien en dehors du « contrat » et rien sans l’accord et la complicité active de Philippe.
@ Micky, oui, à l’évidence Aude est sévère, trop sans doute envers Clémence. Oui, elle a des choses à se reprocher, ne serait-ce qu’avoir fait de Clémence « sa princesse », une enfant gâtée, qui s’est crue tout permis. Toutes deux sont hypersexuelles. Aude cherche-t-elle à provoquer un électrochoc chez Clémence ? La pousser à reprendre le contrôle ?
@ olifougeux, merci !
@ Robert, ce sera en effet une découverte pour Fatima, jusqu’à présent lesbienne exclusive.
@ lecteur anonyme, réponse au prochain épisode
Le prochain chapitre est prometteur. J'attend en particulier que Michel aille au bout de ses envies. Pour être clair, que Samir encule le mari cocu de Clémence.
J'attends avec impatience la scène annoncée entre Momo, l'amant d'Aude, et Fatima. Celle-ci va découvrir une face du plaisir qu'elle n'a pas encore connu
Robert
Robert
Un bel éventaire de personnalités variées et de rapports humains complexes, mais si réalistes.
Très agréable à lire.
Très agréable à lire.
Je ne comprends pas trop la sévérité d'Aude pour sa fille. Est-elle exempte de tout reproche, Aude ? Je n'en suis pas sûre...
Les femmes ont réglé leurs problèmes entre eux. Clémence vivra sa retraite fermée avec angoisse et remords. La maman est sévère avec sa fille. C’est peut-être ce que les auteures auraient préconisé dans leurs cas individuels. Elles aussi ont brassée pas mal de choses dans leurs vies. Ce sont des événements passés mais la mémoire est toujours vive et active.
J’espère que votre réponse à Paul, Olga est négative parce que lorsque vous dérapez ça laisse des traces pas a peu près. Vous pourriez aussi faire une retraite fermée advenant le cas d’un dérapage incontrôlé et hors contrat!
Ce fut un bon texte mais un peu trop féminin à mon goût. Que voulez-vous, tous les goûts sont dans la nature!
J’espère que votre réponse à Paul, Olga est négative parce que lorsque vous dérapez ça laisse des traces pas a peu près. Vous pourriez aussi faire une retraite fermée advenant le cas d’un dérapage incontrôlé et hors contrat!
Ce fut un bon texte mais un peu trop féminin à mon goût. Que voulez-vous, tous les goûts sont dans la nature!
Novations, novations ! Très intéressante cette nouvelle approche de l'écriture. Trois scènes dans un même mouvement du récit, pour trois situations qui orientent l'histoire vers de possibles changements, et, incidemment ou non, s'adressent à un bel éventail de goûts.
Douche froide pour Clémence, aussi froide que les colères qu'elle affronte, avec en perspective un avenir incertain, mais peu réjouissant. Quoique...
Page tournée, peut-être définitivement, pour Michel dans un "plan Q" aussi impromptu que bien décrit, et qui ouvre sur une possible rédemption.
Changement de vie radical pour Fatima, mais changement heureux qui augure de tendres et brûlant plaisirs saphiques, amoureusement et triplement partagés.
On tend vers la fin de l’œuvre, si le chapitre prochain était le dernier il ne resterait plus qu'à souhaiter un nouvel opus à quatre mains. Et, qui sait, dira-t-on bientôt "Olga-Sarah" comme on dit "Boileau-Narcejac" ?
Douche froide pour Clémence, aussi froide que les colères qu'elle affronte, avec en perspective un avenir incertain, mais peu réjouissant. Quoique...
Page tournée, peut-être définitivement, pour Michel dans un "plan Q" aussi impromptu que bien décrit, et qui ouvre sur une possible rédemption.
Changement de vie radical pour Fatima, mais changement heureux qui augure de tendres et brûlant plaisirs saphiques, amoureusement et triplement partagés.
On tend vers la fin de l’œuvre, si le chapitre prochain était le dernier il ne resterait plus qu'à souhaiter un nouvel opus à quatre mains. Et, qui sait, dira-t-on bientôt "Olga-Sarah" comme on dit "Boileau-Narcejac" ?
Didier a raison: Fatima ne manque pas d'air!
C'est la chute définitif de Youssef. Quant à Zakaria, il a fini très mal!
Henri
Henri
@ Paul, je ne suis pas surprise de ta réaction. Encore un peu de patience
@ Julie, merci!
@ Maurice, nous sommes d'accord
@ Adrienne, nous en sommes ravies!
@ Didier, merci pour cette analyse, qui, comme à ton habitude est pertinente et précise, montrant que tu as parfaitement compris nos intentions dans ce chapitre
@ Julie, merci!
@ Maurice, nous sommes d'accord
@ Adrienne, nous en sommes ravies!
@ Didier, merci pour cette analyse, qui, comme à ton habitude est pertinente et précise, montrant que tu as parfaitement compris nos intentions dans ce chapitre
J’avoue avoir été excitée par la scène entre Michel et Samir
Adrienne
Adrienne
Magnifiquement bien écrit, comme toujours, ce chapitre, peu sexe et surtout axé sur la "psychologie" des personnages, est très intéressant à lire et marque un nouveau tournant dans l’histoire.
En effet, nous y retrouvons tout d’abord une Clémence totalement seule et désespérée, continuant ainsi de vivre un certain "enfer" malgré sa libération. Une Clémence qui passe un sale "quart d'heure" avec sa mère Aude, qui la met à l’épreuve en décidant de l’envoyer en "rééducation" pour sa nymphomanie. Puis Clémence se voit repoussée également par celle qui se pose en victime de ses agissements, alors qu’elle les a initiées, son ancienne amante Fatima. Une Fatima qui, au départ prédatrice, dominatrice mais dorénavant soumise avec sa liberté, accepte son côté d’intégrer, en tant que maitresse et pas plus que cela, le couple Aude Nadine pour le plaisir de toutes. Et enfin nous avons un Michel, qui noyant dans l’alcool le désespoir de sa vie brisée, a la confirmation de ses tendances bisexuelles, lors d’une rencontre fortuite avec un homme dans un bar.
J’ajouterai que nullement attiré habituellement par des récits sur l’homosexualité et la bisexualité masculine, j’ai cependant bien apprécié cette partie de votre récit. C’est surement du à la sensualité qui en émanait et par la manière, l’habileté dont vous l'avez présentée dans votre écrit.
Toutes mes félicitations pour cela.
Didier
En effet, nous y retrouvons tout d’abord une Clémence totalement seule et désespérée, continuant ainsi de vivre un certain "enfer" malgré sa libération. Une Clémence qui passe un sale "quart d'heure" avec sa mère Aude, qui la met à l’épreuve en décidant de l’envoyer en "rééducation" pour sa nymphomanie. Puis Clémence se voit repoussée également par celle qui se pose en victime de ses agissements, alors qu’elle les a initiées, son ancienne amante Fatima. Une Fatima qui, au départ prédatrice, dominatrice mais dorénavant soumise avec sa liberté, accepte son côté d’intégrer, en tant que maitresse et pas plus que cela, le couple Aude Nadine pour le plaisir de toutes. Et enfin nous avons un Michel, qui noyant dans l’alcool le désespoir de sa vie brisée, a la confirmation de ses tendances bisexuelles, lors d’une rencontre fortuite avec un homme dans un bar.
J’ajouterai que nullement attiré habituellement par des récits sur l’homosexualité et la bisexualité masculine, j’ai cependant bien apprécié cette partie de votre récit. C’est surement du à la sensualité qui en émanait et par la manière, l’habileté dont vous l'avez présentée dans votre écrit.
Toutes mes félicitations pour cela.
Didier
À mon avis, plutôt que cette volée de bois vert, Clémence aurait préféré une fessée !
Maurice
Maurice
Ce que j’adore chez les auteures c’est l’accent mis sur la psychologie des personnages
Ce chapitre est de ce point de vue un chef d’œuvre
Julie
Ce chapitre est de ce point de vue un chef d’œuvre
Julie
J’attendais cette suite depuis longtemps. Comme toujours c’est bien écrit
Ça manque toutefois de scènes de sexe hétéros
Paul
PS : @Olga, à quand un récit autobiographique ? Plus de frasques à nous raconter ?
Ça manque toutefois de scènes de sexe hétéros
Paul
PS : @Olga, à quand un récit autobiographique ? Plus de frasques à nous raconter ?
