A l'heure de la fermeture

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : A l'heure de la fermeture Histoire érotique Publiée sur HDS le 16-06-2026 dans la catégorie Plus on est
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Couleur du fond :
A l'heure de la fermeture
Temps de lecture ~ 15 min

C'est un bar sans histoire, dans un quartier sans histoire, à l'heure de la fermeture.

Les néons ont été éteints un à un, sauf celui du fond, au-dessus du comptoir, qui bourdonne faiblement dans le silence. Il reste trois hommes assis sur des tabourets hauts, et elle, debout près de la porte, son manteau encore boutonné jusqu'au col. Dehors, la rue est vide. Le rideau de fer est à mi-hauteur.

Le barman s'appelle Marco. Il a des avant-bras larges, une façon de poser les verres qui ne fait aucun bruit. Les deux autres sont des habitués sans nom particulier, du moins elle ne les connaît pas par leurs noms. Celui de gauche est grand, un peu maigre, avec des lunettes à montures fines. Celui de droite porte une veste de travail bleue, les mains abîmées, les ongles propres malgré tout.

Elle s'appelle Sonja. Elle a trente-quatre ans et une façon de regarder les gens qui leur donne l'impression d'être lus.

Elle est entrée vingt minutes avant la fermeture, a commandé un verre d'eau gazeuse, a payé en monnaie exacte. Elle n'a parlé à personne. Elle a simplement regardé autour d'elle avec cet air de quelqu'un qui prend une décision depuis un moment et qui vient juste de l'arrêter.

Marco a baissé le rideau de fer aux trois quarts. Pas complètement. Il a dit : "On ferme", mais sans faire mine de lui montrer la sortie.

Elle a dit : "Je sais."

***

Le silence qui suit n'est pas inconfortable. C'est un silence d'attente, comme avant l'orage, quand l'air tient encore mais plus pour longtemps.

Elle pose son sac sur le comptoir. Elle déboutonne son manteau, lentement, en commençant par le haut. Ses doigts sont précis, presque cliniques. Le premier bouton. Le deuxième. Ils la regardent sans bouger, sans se consulter. Le type aux lunettes tient son verre mais il a arrêté de boire. Celui à la veste bleue pose les deux mains à plat sur le bois du comptoir, comme pour se stabiliser.

Sonja laisse le manteau s'ouvrir sur lui-même. Elle ne l'enlève pas encore. Elle attend une seconde, les yeux sur Marco qui ne dit rien, qui essuie un verre avec un torchon blanc en regardant ses mains.

Puis il pose le verre. Il la regarde.

Sous le manteau, elle ne porte rien.

Sa peau est pâle sous le néon, presque bleutée aux épaules, plus chaude sur le ventre. Elle est mince sans être fine, avec des hanches larges et des seins lourds qui retombent un peu, naturels, vrais, le mamelon gauche légèrement plus sombre que le droit. Ses jambes sont longues. Entre ses cuisses, le pubis est rasé de près, pas entièrement, une bande étroite de poils sombres.

Elle reste debout, les pieds écartés à la largeur des hanches, les bras le long du corps. Elle ne pose pas. Elle est là, c'est tout. Il y a quelque chose dans sa façon de se tenir qui rend l'exhibition moins obscène que solennelle, comme si elle offrait quelque chose de précis et de réfléchi.

Le type aux lunettes dit, à voix basse : "Putain."

Elle tourne la tête vers lui. Elle sourit, pas largement, juste assez pour lui montrer qu'elle a entendu et que ça lui convient.

Marco contourne le comptoir. Il marche jusqu'à elle, s'arrête à un mètre. Il la regarde de haut en bas sans se presser, sans essayer de cacher qu'il regarde. Il dit : "Tu veux quelque chose ?"

Elle dit : "Oui."

Il dit : "Quoi ?"

Elle dit : "Vous."

***

Marco tend la main et effleure son épaule droite du bout des doigts, juste pour voir. Sa peau est tiède, légèrement moite à cause de la chaleur du manteau. Il fait glisser le tissu vers le bas jusqu'à ce que le manteau tombe au sol dans un bruit mou.

Elle est entièrement nue maintenant, debout dans un bar à moitié fermé, sous un néon qui bourdonne, et les trois hommes la regardent comme si personne n'osait bouger le premier.

C'est elle qui décide.

Elle va s'asseoir sur le comptoir, les fesses posées sur le bord, les jambes pendantes. Elle appuie les deux paumes derrière elle sur le bois, écarte les épaules. Elle regarde les trois hommes l'un après l'autre.

"Approchez", dit-elle simplement.

Le type à la veste bleue est le premier à se lever. Il s'approche lentement, les mains dans les poches, et s'arrête entre ses genoux. Il la regarde dans les yeux pendant une longue seconde avant de poser les mains sur ses cuisses. Ses paumes sont larges, calleuses, et le contraste avec la douceur de sa peau est immédiat, tactile, presque électrique.

Il commence par les genoux. Il fait glisser ses mains vers l'intérieur des cuisses, lentement, sans pression. Elle ferme les yeux une seconde. Les rouvre.

Les mains remontent. Elle écarte les jambes davantage, sans qu'il ait eu besoin de le demander. Ses doigts atteignent le haut de ses cuisses, s'arrêtent juste là où la peau devient plus douce encore, plus chaude. Il ne la touche pas encore. Il attend.

Elle dit, très bas : "Oui."

Il glisse deux doigts le long de son sexe, doucement d'abord, en suivant le galbe. Elle est déjà mouillée. Il peut le sentir sous ses doigts, la chaleur et l'humidité de son désir, et il s'arrête une seconde comme si ça le surprenait, lui aussi, cette évidence.

Marco est derrière elle maintenant. Il a posé les mains sur ses épaules, il descend le long de son dos avec ses paumes ouvertes, vertèbre par vertèbre. Elle sent son souffle sur sa nuque. Il se penche et pose les lèvres sur la peau juste sous l'oreille, pas un baiser, plutôt une pression, une reconnaissance.

Le type aux lunettes s'est levé aussi. Il hésite encore une seconde, puis il s'approche de son côté gauche. Il tend la main et effleure son sein, du bout des doigts, comme si le geste était fragile. Elle tourne la tête vers lui. Il a les joues légèrement rouges. Elle lui prend la main et la pose franchement sur son sein, lui referme les doigts dessus.

Il comprend. Sa main se met à bouger.

Les trois hommes sont autour d'elle maintenant et elle est au centre de quelque chose qui ressemble à un accord tacite, à un consentement partagé qui n'a eu besoin d'aucun mot après le premier. Le type à la veste bleue a introduit deux doigts en elle, lentement, et elle a laissé échapper un son bref, contenu, comme une voyelle qu'on retient. Sa main à lui se meut avec une régularité qui n'est pas mécanique, plutôt méthodique, attentive aux variations de sa respiration.

Marco a glissé les mains autour de sa taille, l'a tirée légèrement vers lui pour qu'elle s'appuie contre son torse. Elle sent son érection contre le bas de son dos, à travers le tissu de son pantalon. Il continue à l'embrasser dans le cou, derrière l'oreille, sur l'épaule.

L'homme aux lunettes s'est enhardit. Sa bouche est sur son sein maintenant, la langue sur le mamelon, et elle pose la main sur sa nuque sans le forcer, juste pour lui indiquer qu'elle aime ça, que ça peut continuer.

La pièce sent le tabac froid, la bière, et maintenant aussi autre chose, quelque chose de plus chaud et de plus intime, le désir de quatre corps dans un espace fermé.

***

Elle dit : "Je veux qu'on se couche."

Il y a un canapé en velours bordeaux dans l'arrière-salle, vieux, défoncé sur un côté. Marco l'y a conduite une main dans le bas de son dos. Elle s'est allongée dessus et les trois hommes se sont déshabillés sans cérémonie, avec la hâte contenue de gens qui savent ce qu'ils veulent et ne veulent pas le rater.

Elle les regarde se dévêtir. Marco est brun, trapu, avec une toison épaisse sur la poitrine et un sexe en érection, épais, déjà humide à l'extrémité. Le type aux lunettes est plus longiligne, moins velu, son sexe plus long et fin, légèrement incurvé. Celui à la veste bleue a gardé son tee-shirt blanc. Son sexe est court et large, le prépuce à peine rétracté.

Elle les regarde tous les trois et quelque chose en elle se détend, comme un muscle qu'on n'avait pas remarqué qu'on contractait.

Marco s'agenouille entre ses jambes. Il prend le temps de regarder son sexe ouvert devant lui, les lèvres gonflées, humides, avant de pencher la tête et de poser la langue à plat sur elle.

Elle expire lentement.

Il commence par de longues passes, langue ouverte, du bas vers le haut, régulières, sans se presser. Elle sent chaque mouvement avec une précision qui l'étonne, comme si toute sa surface nerveuse s'était concentrée là. Il pose les deux mains à plat sur ses cuisses pour les maintenir ouvertes, et cette pression simple, ferme, a quelque chose d'apaisement et de contrainte à la fois.

Le type aux lunettes s'est assis sur le bord du canapé près de sa tête. Il lui caresse les cheveux d'abord, puis elle tourne la tête vers lui et elle ouvre la bouche, une invitation sans ambiguïté. Il guide son sexe jusqu'à ses lèvres.

Elle le prend dans sa bouche, lentement, et laisse sa langue travailler le long du gland, en remontant le frein, en revenant. Il fait un bruit sourd, retenu, et pose la main dans ses cheveux sans appuyer.

***

Ce qui se passe dans l'arrière-salle d'un bar à l'heure où les lampadaires ne sont pas encore allumés a une texture particulière, mi-réelle mi-rêvée, comme ces moments où on ne sait plus si on est encore dans la journée ou déjà dans la nuit.

Sonja a les yeux mi-clos. Elle sent la langue de Marco sur elle et la chair dans sa bouche et les mains du troisième, celui à la veste bleue, qui remontent le long de ses flancs, qui s'arrêtent sur ses seins, qui soupèsent, qui caressent.

Elle gémit autour du sexe qu'elle tient entre ses lèvres et l'homme aux lunettes répond à ce gémissement avec un mouvement incontrôlé des hanches, léger, qu'il contient aussitôt.

Marco a changé de rythme. Sa langue s'est resserrée sur le clitoris, des mouvements plus précis, plus circulaires. Elle sent la tension monter dans ses cuisses, dans son ventre, cette accumulation chaude et électrique qui serre comme un ressort.

Elle enlève la bouche pour dire, la voix épaisse : "Continue", et elle ne précise pas à qui elle s'adresse parce que la réponse s'applique à tous.



Elle jouit avec une brutalité tranquille, sans crier, la tête rejetée en arrière, les pieds appuyés contre les épaules de Marco, les cuisses serrées autour de sa tête pendant une seconde avant qu'elle les relâche. Son corps entier se contracte puis se défait lentement, par vagues, et pendant le temps que dure ce dénouement elle ne pense à rien du tout.

Marco se relève. Il s'essuie la bouche avec le dos de la main.

Elle se redresse en position assise. Elle regarde les trois hommes autour d'elle, leurs sexes tendus vers elle comme une demande polie.

Elle dit : "Qui a des préservatifs ?"

Marco va en chercher dans le tiroir du comptoir. Il en pose trois sur la table basse en formica, à côté d'un cendrier vide.

Elle en prend un, le tend au type à la veste bleue.

"Toi, par derrière."

Il acquiesce.

Elle s'agenouille sur le canapé, les avant-bras appuyés sur le dossier, les fesses vers lui. L'homme aux lunettes est debout face à elle de l'autre côté du dossier, à la bonne hauteur. Marco s'installe sur le côté, contre le dossier.

***

Le type à la veste bleue prend le temps de la caresser d'abord, ses deux mains sur ses fesses, les paumes qui pétrissent doucement. Il glisse les doigts entre ses cuisses, vérifie qu'elle est toujours aussi humide, et elle l'est, davantage encore. Il enfile le préservatif, puis se positionne contre elle.

Il entre en elle lentement.

Sa largeur se fait sentir différemment que les doigts, plus pleine, plus massive, et elle prend une longue inspiration et expire à mesure qu'il progresse, pour s'ouvrir à lui. Quand ses hanches touchent les siennes, il s'arrête une seconde.

Elle dit : "Oui."

Il commence à bouger, des poussées longues et régulières, et elle sent chaque retrait et chaque retour avec une clarté qui la rend silencieuse. Elle pose le front sur ses bras croisés sur le dossier du canapé et ferme les yeux.

L'homme aux lunettes est maintenant devant elle, le sexe à la hauteur de son visage. Elle lève les yeux vers lui et il a cette expression un peu défaite, très ouverte, des gens emportés par quelque chose qu'ils n'avaient pas tout à fait prévu. Elle aime ça. Elle prend son sexe dans la main, fait coulisser le prépuce d'un geste ferme, et le voit retenir son souffle.

Elle le prend dans sa bouche.

Elle règle ses mouvements sur ceux de l'homme derrière elle, se laissant pousser vers l'avant à chaque poussée, et ce balancement lui convient, cette mécanique des corps ajustés l'un à l'autre.

Marco est assis à côté d'elle sur le dossier du canapé. Il pose la main sur son épaule, descend jusqu'à son sein, le prend. Elle tourne légèrement la tête vers lui sans lâcher l'autre, et il comprend que son tour n'est pas venu encore mais qu'il viendra.

Les sons de l'arrière-salle ont changé. Il y a la respiration de l'homme derrière elle, qui s'accélère, et les bruits humides de sa bouche autour de l'autre, et le velours du canapé qui grince légèrement sous le poids de leurs corps, et quelque part dehors un scooter qui passe. La pièce sent maintenant le sexe franchement, cette odeur chaude et animale qu'on ne décide pas, qu'on ne contrôle pas.

Le type à la veste bleue a changé le rythme de ses coups de hanches. Il va plus vite, moins profond, et sa main vient se poser sur la hanche de Sonja pour tenir la cadence. Elle sent ses doigts s'enfoncer légèrement dans sa chair.

Elle gémit à nouveau, et ce gémissement passe à travers le corps de l'homme aux lunettes comme une vibration.

Il dit, les dents serrées : "Je vais..."

Elle retire la bouche juste à temps. Elle le tient dans sa main et il éjacule contre ses doigts, contre sa joue, un jet chaud et puis un autre, et il fait un bruit grave et brisé. Elle ne lâche pas sa main. Elle le tient pendant tout le temps que ça dure.

Il se retire et reste là, appuyé contre le dossier, les yeux fermés, la bouche entrouverte. Elle regarde sa main couverte de lui et il y a quelque chose dans cette vision qu'elle trouve beau, pas obscène, beau au sens propre du terme.

L'homme derrière elle a accéléré encore. Ses deux mains sont sur ses hanches maintenant, il se penche en avant, et elle entend sa respiration se fracturer.

Il vient en elle avec un long tremblement des reins, la tête baissée, les hanches collées aux siennes jusqu'à la dernière seconde. Il reste immobile pendant que ça dure, puis il expire très lentement et se retire.

***

Marco est debout maintenant. Il a enfilé le dernier préservatif. Elle se retourne et s'allonge sur le canapé, le dos sur le velours bordeaux, les jambes ouvertes.

Il la regarde une seconde depuis l'extrémité du canapé. Il dit : "Tu es magnifique."

Elle ne répond pas. Elle lève les hanches légèrement vers lui.

Il s'agenouille entre ses cuisses et la pénètre d'un mouvement direct, profond, et elle pousse un cri bref qu'elle n'avait pas prévu. Il est épais, son sexe remplit différemment, compacte, et la sensation est autre, plus massive.

Il pose les deux bras de chaque côté d'elle sur le canapé et commence à bouger avec une régularité lente qui la rend folle. Pas rapide. Lent. Chaque mouvement entier, accompli, jusqu'au fond et jusqu'au bout.

Elle lève les yeux vers le plafond. Il y a une tache de café ou de moisissure sur le crépi blanc. Elle fixe cette tache et le reste de son corps est entièrement dans ce qui se passe entre ses jambes.

Elle pose les mains dans son dos à lui, sur ses omoplates, et le sent se mouvoir sous ses paumes. Le rythme monte peu à peu, toujours lent mais plus insistant, chaque poussée avec un peu plus de poids derrière, et elle sent à nouveau la tension s'assembler dans son bas-ventre, plus profonde cette fois, moins électrique, plus chaude.

Elle dit son nom sans s'en rendre compte.

"Marco."

Il incline la tête, comme si c'était une question à laquelle il répondait en accélérant légèrement.

Les deux autres sont assis à l'écart, silencieux, et ils les regardent, et ce regard à deux paires d'yeux dans la pénombre de l'arrière-salle ajoute quelque chose à la scène, un poids, une conscience d'elle-même qui démultiplie ce qu'elle ressent.

Elle jouit une seconde fois.

Ce n'est pas la même chose que la première. La première était une libération. Celle-ci est un effondrement, plus long, plus diffus, qui part du ventre et remonte dans la poitrine et dans les bras jusqu'aux poignets. Elle ferme les yeux et son corps tremble par à-coups pendant que Marco continue à bouger en elle, plus vite maintenant, jusqu'à ce qu'il presse son front contre son épaule et se laisse aller à son tour, un grondement sourd dans la gorge, les hanches contractées en elle une dernière fois.

Ils restent immobiles quelques secondes.

La sueur sur la peau de Marco. Le velours du canapé contre son dos. La respiration des deux autres dans l'obscurité.

Puis il se relève. Il enlève le préservatif, le noue, le pose dans le cendrier vide. Il n'a rien à dire et il ne dit rien.

Sonja reste allongée un moment, les yeux au plafond, les jambes encore écartées, le souffle qui revient. Ses cuisses sont humides. Sa joue est encore poissée. Elle n'éprouve ni honte ni triomphe, juste ce poids tranquille du corps après.

Elle s'assied. Elle regarde autour d'elle les trois hommes dans leurs états respectifs de déhabillement et de défaite consentie, et elle les trouve tous les trois attachants d'une façon qu'elle n'aurait pas su prédire une heure plus tôt.

Elle se lève. Elle récupère son manteau par terre près du comptoir. Elle l'enfile directement sur sa peau nue et commence à boutonner.

Le troisième lui tend une serviette. Elle n'essuie rien mais enfile son manteau et se penche pour franchir le rideau de fer tandis que les lampadaires s'allument dans la rue.

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