La couleur du blanc

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : La couleur du blanc Histoire érotique Publiée sur HDS le 12-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les femmes
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Couleur du fond :
La couleur du blanc
Temps de lecture ~ 20 minutes

Je n'étais pas venu pour ça.

J’étais venu pour le vernissage, juste pour donner un coup de main un vendredi soir sans plan particulier. Je travaille pour la galerie depuis trois semaines, des petits travaux de régie, rien de stable. Ce soir j'aurais dû partir à dix-neuf heures mais il restait des caisses à déplacer et je me suis attardé.

C'est en traversant le couloir de service que je les vois pour la première fois.

Deux femmes, dans la cour intérieure. Assises l'une en face de l'autre, les genoux presque joints. Elles ont toutes les deux une veste blanche, presque identique, et quelque chose dans ce détail me retient une seconde avant que je comprenne ce qui se passe vraiment entre elles.

Leurs voix me parviennent comme un murmure. Je ne comprends pas les mots. Je vois la plus grande, cheveux ondulés tirés en arrière, poser la main sur le menton de l'autre et se pencher.

Je m'arrête.

Le baiser dure. Pas un baiser rapide de connaissance, un baiser qui s'installe, qui cherche. La fille aux cheveux lisses ferme les yeux et pose une main sur la cuisse de l'autre, à mi-hauteur.

Je reste immobile dans le couloir, la caisse dans les bras, et je sais que je devrais continuer à marcher. Je ne continue pas à marcher.

***

Elles se lèvent ensemble. La grande, celle aux cheveux ondulés, tend la main, et l'autre la prend sans hésitation. Elles se dirigent vers la porte latérale, celle qui donne sur le couloir de service.

Je recule de trois pas, me glisse dans l'embrasure d'un local technique.

Elles passent à deux mètres de moi sans me voir.

La petite rit doucement, quelque chose de bref et de chaud, et la grande la pousse doucement par les reins vers la réserve du fond. Je connais cette pièce. Elle est rarement fermée à clé. Il y a un canapé de cuir que le galeriste voulait faire partir et qui attend depuis deux semaines qu'on trouve un acheteur.

Je les laisse s'installer.

Je compte jusqu'à soixante dans ma tête, lentement.

Puis je remonte le couloir, sans bruit, et je pousse la porte d'un centimètre.

***

La lumière de la rue entre par la fenêtre haute. Elle tombe en biais, froide et bleutée, sur le tapis où elles sont debout face à face.

La grande, que j'appelle déjà Sara dans ma tête sans savoir pourquoi, défait la veste de l'autre bouton par bouton. L'autre, Léa, la regarde faire avec une expression que je ne peux pas entièrement saisir depuis l'embrasure, mais dont je vois les effets sur sa respiration.

Sara fait glisser la veste des épaules de Léa. Le débardeur gris en dessous est fin, les bras de Léa sont nus. Sara pose une paume à plat sur son sternum.

Elles parlent. Je n'entends que des fragments. Sara dit quelque chose sur le cœur. Léa répond.

Puis Sara baisse les bretelles du débardeur.

Je ne respire plus.

Les seins de Léa apparaissent dans la lumière de la rue, ronds, lourds pour sa taille, les mamelons foncés déjà durs dans l'air de la pièce. Sara les regarde comme on regarde quelque chose qu'on attendait depuis longtemps. Elle y porte les deux mains en même temps.

Je sens mon sexe durcir dans mon jean. Je ne fais rien encore, je regarde.

Sara prend les mamelons entre les doigts. Elle tire légèrement, et j'imagine la sensation exacte, le pincement doux qui traverse jusqu'au ventre, parce que je vois Léa fermer les yeux et ouvrir la bouche sans bruit.

La bouche de Sara descend sur le sein gauche. Sa langue tourne. Léa attrape ses cheveux des deux mains.

Je sors ma queue de mon jean et je commence à me caresser, lentement.

***

Elles sont sur le canapé maintenant. Léa à demi allongée, Sara sur elle, et Sara déboutonne le jean de Léa avec une tranquillité qui m'électrise depuis le couloir. Il y a quelque chose dans cette lenteur, dans ce refus de se précipiter, qui m'indique que Sara sait exactement ce qu'elle fait.

Le jean descend. La culotte est blanche, simple, et Sara y pose la main à plat une seconde avant de glisser les doigts sous le tissu.

Je resserre ma prise.

Depuis là où je suis, je vois les épaules de Léa se soulever, ses talons chercher appui sur le cuir du canapé. Le bras de Sara fait un mouvement régulier et lent, du poignet, et je n'ai pas besoin de voir sa main pour savoir ce qu'elle fait. Je le déduis de la façon dont Léa respire, dont ses hanches commencent à répondre, dont ses lèvres forment des sons que j'entends à peine, étouffés, involontaires.

Sara enfonce les doigts. Je le sais au son, un son mouillé et court, et à la réaction de Léa qui se cambre d'un coup.

Je me caresse plus fort.

J'imagine l'intérieur chaud et serré, les parois qui accueillent les doigts, la pression du pouce sur le clitoris. J'imagine le regard de Sara posé sur le visage de Léa pendant qu'elle la travaille, cette attention totale, clinique et brûlante à la fois. Je vois les hanches de Léa répondre au rythme, les cuisses qui s'écartent davantage.

L'orgasme de Léa arrive silencieusement. Son corps se soulève, tient, se referme sur le poignet de Sara. Une longue expiration. Les jambes qui tremblent.

J’écarte ma main. Pas encore.

***

Sara se repositionne.

Elle glisse du canapé avec une lenteur délibérée, comme si elle avait tout son temps, et s'agenouille entre les cuisses de Léa. Elle passe les bras sous les genoux de Léa et les soulève légèrement, les écarte, et Léa se laisse faire sans résistance, les jambes ouvertes dans la lumière bleutée de la rue.

Depuis le couloir, je vois tout.

Sara pose d'abord la bouche à l'intérieur de la cuisse droite. Un baiser fermé, puis un autre, plus haut. Elle remonte lentement, la bouche chaude contre la peau, et s'arrête à deux centimètres du sexe de Léa avant de redescendre vers le genou.

Léa laisse partir un souffle long.

Sara recommence sur la cuisse gauche. Le même chemin, la même lenteur, la même interruption à deux centimètres du but. Léa a les mains dans les cheveux de Sara maintenant, les doigts entrelacés dans les mèches ondulées, et je vois ses hanches faire un mouvement minuscule vers l'avant, une demande silencieuse que Sara ignore.

Je pose à nouveau ma main sur ma queue sans encore bouger.

L'odeur me parvient jusqu'au couloir. Légère, tiède, une odeur de peau mouillée et de désir, discrète mais réelle, et quelque chose dans le fait de la sentir depuis ma position, à distance, sans y avoir accès, rend la tension dans mon bas-ventre presque douloureuse.

Sara souffle doucement sur le sexe de Léa sans le toucher.

Léa dit quelque chose à voix basse. Sara répond, je n'entends pas les mots mais j'entends le ton, calme et légèrement amusé.

Puis Sara pose la langue.

Un seul contact, long et plat, depuis le bas des lèvres jusqu'au clitoris, une ligne droite et lente, et Léa pousse les hanches vers l'avant en émettant un son depuis le fond de la gorge, grave et court. Sara recommence. Le même geste, la même lenteur, la langue à plat qui couvre tout le territoire d'un mouvement. Une troisième fois.

Je recommence à me caresser.

Sara change de technique. La langue se resserre, devient plus précise, et je vois à la réaction de Léa qu'elle a trouvé le clitoris. Des cercles lents, d'abord larges, puis de plus en plus serrés. Les hanches de Léa se mettent à travailler, un mouvement régulier, cherchant à maintenir le contact.

Léa a les yeux fermés, la tête en arrière sur le cuir.

J'imagine la sensation avec une précision qui m'obsède depuis l'entrée de Sara entre ses cuisses. La langue chaude et ferme sur le clitoris gonflé, la pression variable, tantôt légère tantôt appuyée. La salive mêlée au sexe de Léa, le goût sur la langue de Sara, l'odeur contre son visage. Sara respire par le nez, les narines dans les poils de Léa, et je me demande si elle y trouve du plaisir pour elle-même, si l'odeur et le goût de Léa sont quelque chose qu'elle désire autant qu'un contact qu'on lui ferait à elle.

Sara aspire le clitoris entre ses lèvres.

Léa gémit ouvertement, un son montant et soutenu. Sara aspire, relâche, aspire encore, et à chaque relâchement sa langue revient en cercles serrés autour du clitoris avant de l'aspirer à nouveau. Le rythme est imprévisible, Sara alterne les techniques sans qu'on puisse anticiper ce qui vient ensuite, et c'est probablement ça qui rend Léa incapable de se stabiliser, ses hanches qui cherchent la régularité sans jamais la trouver.

Je me caresse plus fort.

Sara glisse un doigt à l'intérieur.

Je l'entends, le son mouillé et précis dans le silence de la pièce, et Léa se cambre d'un coup. Sara ne s'arrête pas, la langue reste en place pendant que le doigt entre lentement, jusqu'à la paume, et commence un va-et-vient lent. Elle recourbe le doigt vers le haut en remontant, je le déduis du son de Léa qui change, devient plus urgent, plus haut.

Léa dit quelque chose. Sara répond contre sa peau, et la vibration des mots contre le clitoris de Léa provoque un gémissement supplémentaire, bref et surpris.

Sara ajoute un deuxième doigt.

Les deux doigts travaillent en va-et-vient régulier, la langue toujours en cercles sur le clitoris, et les sons de Léa deviennent continus, sans interruption entre les gémissements. Sa main dans les cheveux de Sara n'est plus immobile, elle appuie, pas brutalement mais avec une pression soutenue, le corps de Léa qui demande davantage sans que sa bouche ait besoin de le formuler.

Je serre les dents.

Ma main suit un rythme que je calque sur les sons de Léa, sur la fréquence de ses gémissements qui s'accélèrent. Je vois les cuisses de Léa se refermer légèrement sur les épaules de Sara, l'encadrer, et Sara y enfonce davantage la tête sans interrompre ni la langue ni les doigts.

Le bruit dans la pièce est entièrement fait du corps de Léa.

Les gémissements, les sons mouillés des doigts de Sara, le cuir du canapé sous les hanches de Léa qui bougent fort maintenant, sans retenue. La fenêtre haute laisse entrer le bruit de la soirée et les deux sons se superposent, les rires de la galerie et les gémissements de Léa, sans se mélanger vraiment.

Sara accélère les doigts.

La langue reste lente, précise, circulaire, pendant que les doigts travaillent vite. La dissociation des deux rythmes produit quelque chose d'imprévisible pour Léa, je le vois sur son corps, l'impossibilité de s'accrocher à une régularité, d'anticiper. Elle abandonne ses hanches, les laisse bouger seules, et c'est ce relâchement qui précède l'orgasme, je le sais sans l'avoir jamais vu chez elle avant, je le lis sur son corps comme on lit quelque chose d'évident.

Je ralentis ma main.

L'orgasme de Léa arrive depuis le bas du ventre, je le vois remonter le long de son corps comme une vague, les muscles du ventre qui se contractent d'abord, puis les hanches qui se soulèvent en bloc depuis le canapé. Les cuisses se referment sur la tête de Sara, et Sara maintient la langue à plat sur le clitoris pendant que les doigts s'enfoncent jusqu'à la garde et s'immobilisent.

Léa gémit d'une façon que je ne lui avais pas encore entendue.

Un son haut et long, continu, qui descend progressivement de registre pendant que l'orgasme se déploie puis se retire. Les contractions durent longtemps, et Sara ne retire pas les doigts, elle les laisse en place et les tient immobiles pendant que les parois de Léa pulsent autour d'eux.

Je maintiens ma main immobile contre moi.

La sueur dans mon dos. La porte entrouverte sur mon épaule. La respiration que j'essaie de garder silencieuse.

Quand Léa redescend, les cuisses relâchent les épaules de Sara. Sara retire les doigts lentement, et pose la bouche à plat sur le sexe de Léa une dernière fois, un baiser fermé, sans langue, comme une conclusion.

Elle remonte contre le flanc de Léa.

Elles restent immobiles un moment, et c'est là que Sara tourne la tête vers la porte.

***

Après, le silence se réinstalle dans la pièce.

Je les vois toutes les deux dans la demi-obscurité, Léa sur le dos, Sara allongée contre elle. Leurs corps ont une chaleur que je ressens presque depuis le couloir, une chaleur animale, satisfaite provisoirement.

C'est le moment où je devrais partir.

Je le sais. J'ai la main sur ma queue depuis dix minutes, je me suis retenu deux fois, et il n'y a aucune raison rationnelle pour que je pousse la porte. Ce sont deux inconnues. Elles ne m'ont pas invité. Ce que j'ai regardé était déjà quelque chose à quoi je n'avais pas droit.

Mais Sara tourne la tête vers la porte.

Elle me voit.

Je ne bouge pas. La main toujours sur moi, la porte entrouverte, la lumière de la rue dans mon dos. Il se passe entre nous deux secondes d'une immobilité absolue.

Sara ne crie pas.

Elle dit : "Entre."

***

Je pousse la porte.

La pièce sent le cuir, la transpiration légère de deux corps, quelque chose de plus intime et de mouillé que je ne détaille pas avec des mots. Je reste debout un moment, la chemise encore boutonnée, et je regarde Léa sur le canapé.

Elle me regarde aussi. Ses yeux sont brillants, la bouche encore rouge du baiser de Sara. Elle ne referme pas les cuisses.

Sara se lève, vient vers moi, et m'embrasse directement, sans introduction. Sa bouche est chaude et a un goût que je reconnais immédiatement pour ce que c'est. Je pose les mains dans son dos et réponds au baiser.

Puis Sara s'écarte et me tourne vers Léa.

Je m'agenouille à côté du canapé. Léa me regarde venir, sans reculer. Je pose la main sur sa joue, j'y dépose un baiser moins doux que celui de Sara, avec plus de pression, la main sur sa mâchoire. Elle répond et quand nos bouches se séparent elle a les lèvres encore plus rouges.

Sara défait ma chemise dans mon dos.

Je sens ses doigts sur ma peau, les boutons qui cèdent l'un après l'autre, le tissu qui glisse. Léa pose les paumes sur mon torse et y fait courir les mains, les yeux mi-clos. Je me lève pour ôter le jean.

Quand il tombe, je suis en érection complète depuis assez longtemps pour que ça fasse légèrement mal, un besoin tendu et sourd. Sara prend mon sexe dans sa main et le tient, la paume chaude, les doigts serrés. Elle regarde Léa pendant qu'elle le fait.

***

Je reviens sur Léa.

Sara me guide de la main, oriente mon sexe, le pose à l'entrée de Léa. Je sens d'abord la chaleur, avant même le contact, une chaleur humide et précise qui rayonne depuis elle. Sara retire la main mais reste là, allongée contre le flanc de Léa, la tête soulevée, les yeux sur nous deux.

Je pousse lentement.

Les lèvres de Léa s'écartent sous la pression, doucement, et les premières frictions sont intenses, presque trop. Elle est gonflée des deux orgasmes précédents, les parois serrées, le tissu interne sensibilisé à un point que je perçois dès le premier centimètre. Je m'arrête. Je pousse encore d'un centimètre, pas davantage.

Léa inspire par le nez, lentement.

Son ventre se soulève. Je vois les muscles de son abdomen se contracter légèrement, ce travail involontaire du corps qui s'adapte à une présence nouvelle.

"Bien ?" je dis.

"Continue," dit Léa.

Sa voix est basse, un peu rauque. Elle dit ça sans me regarder, les yeux au plafond, et il y a dans ce refus du regard quelque chose qui m'excite davantage qu'une invitation directe.

Je pousse jusqu'au fond.

Un seul mouvement, lent mais continu, jusqu'à ce que mes hanches touchent les siennes et que je sente la résistance du fond. Léa émet un son court et grave depuis la gorge, pas tout à fait un gémissement, plutôt l'expiration involontaire de quelqu'un qui reçoit quelque chose de plus grand qu'attendu. Ses ongles entrent dans mes épaules.

Je reste là une seconde, immobile.

L'intérieur de Léa pulse autour de moi, régulièrement, et je sens chaque battement. La chaleur est dense, uniforme. Je perçois encore les contractions résiduelles de son dernier orgasme, des spasmes légers qui me serrent par intermittence.

Sara pose la main à plat sur le ventre de Léa, juste sous le nombril, et y exerce une légère pression vers le bas.

Léa gémit.

Sara la regarde faire, puis me regarde, et il y a dans ses yeux quelque chose de très calme et de très précis, la satisfaction de quelqu'un qui a préparé quelque chose et qui le voit fonctionner.

Je commence à bouger.

D'abord lentement, des va-et-vient courts qui ne sortent presque pas, juste le mouvement interne, les frictions dans la profondeur. Les parois de Léa épousent ma forme, chaudes et serrées, et chaque retrait partiel produit une résistance douce avant que je replonge.

Léa tourne la tête vers Sara, lui cherche la bouche. Sara l'embrasse pendant que je la prends, et je vois leurs langues se rejoindre, Sara qui tient la nuque de Léa d'une main. Quelque chose dans ce spectacle, les deux bouches ouvertes pendant que mon bassin travaille, me tend davantage.

J'allonge les mouvements.

Les sorties sont maintenant presque complètes, je ne laisse que le bout à l'intérieur avant de revenir, et Léa rompt le baiser avec Sara pour pousser un gémissement ouvert à chaque rentrée. Le bruit dans la pièce change, devient mouillé, rythmé, le son de nos corps qui se séparent et se rejoignent.

Sara embrasse l'épaule de Léa, son cou, son oreille.

J'accélère encore.

Le canapé de cuir commence à racler légèrement sur le sol à chaque poussée. Les hanches de Léa répondent au rythme, montent à ma rencontre, et je perçois dans ce mouvement la preuve qu'elle y cherche quelque chose, qu'elle n'est pas passive, qu'elle prend autant qu'elle reçoit.

Je me penche sur elle, les avant-bras de part et d'autre de sa tête, et le changement de position modifie l'angle, presse mon bas-ventre contre son clitoris à chaque poussée. Léa ferme les yeux. Ses lèvres bougent sans faire de bruit.

Sara descend sa main libre le long du ventre de Léa, lentement, comme pour cartographier ce qui se passe.

***

Les doigts de Sara trouvent l'espace entre nous.

Je le sens avant de le voir, ses doigts qui se glissent entre le bas de mon ventre et le pubis de Léa, qui cherchent et trouvent le clitoris avec une précision qui me dit qu'elle sait exactement où il est depuis longtemps. Elle y pose deux doigts, une pression légère et circulaire, et à chaque poussée de mes hanches je sens ses doigts contre ma peau.

Léa se raidit.

Pas de douleur, l'inverse. Une tension soudaine qui parcourt tout son corps depuis les épaules jusqu'aux chevilles, une immobilité d'une seconde, puis elle se relâche et commence à gémir d'une façon différente de tout ce que j'ai entendu depuis le couloir. Plus grave, plus continu, un son qui vient du fond de la poitrine et ne s'arrête pas entre les poussées.

Je me redresse sur les genoux.

Je tiens ses hanches entre les paumes, les pouces dans le creux des hanches, et je reprends le rythme depuis cette position nouvelle. L'angle est différent, plus vertical, chaque poussée percute avec davantage de profondeur. Le bruit dans la pièce est plus franc maintenant, plus humide, un claquement régulier que la pièce répercute légèrement.

Les doigts de Sara maintiennent leur pression.

Je sens son mouvement contre ma peau à chaque va-et-vient, ce petit cercle régulier qu'elle trace sur le clitoris de Léa pendant que ma queue entre et sort d'elle. Nos rythmes se coordonnent sans qu'on se soit consultés, comme si nos corps trouvaient naturellement la même mesure.

Léa a saisi le bord du canapé des deux mains.

Ses jointures sont blanches. Ses genoux sont relevés, les pieds à plat contre mes cuisses, et ses hanches travaillent fort, très fort, poussées autant par le désir de prendre davantage que par mes mouvements. Elle ne gémit plus de façon continue, elle ponctue chaque poussée d'un son court et net, comme un impact.

Je sens la tension monter en moi depuis les reins.

Elle est là depuis longtemps, depuis le couloir, depuis la main sur ma queue dans l'obscurité pendant que je regardais Sara travailler Léa de la bouche. Ça fait trop longtemps que je tiens pour que la montée soit douce. Je la sens arriver par vagues, chaque vague plus haute que la précédente, et je sais que dans trente secondes ou dans deux minutes je n'aurai plus le choix.

Je pense à autre chose. Je regarde le visage de Sara.

Sara regarde Léa avec une concentration totale, ses doigts en mouvement, la bouche légèrement ouverte. Elle est encore habillée, presque, le débardeur relevé, et il y a quelque chose d'étrangement érotique dans son habillement partiel pendant que Léa est entièrement nue sous moi.

Léa dit quelque chose.

Un mot, ou deux, que je n'identifie pas. Sara répond à voix basse, les lèvres contre son oreille. Les doigts de Sara accélèrent imperceptiblement, un changement de rythme que je perçois contre ma peau plus que je ne le vois.

Les gémissements de Léa montent.

Ils changent de hauteur, de registre, deviennent plus aigus, plus urgents. Ses hanches cessent de travailler de façon régulière et commencent à chercher quelque chose de plus précis, un angle, une pression, et je compense en modifiant légèrement chaque poussée jusqu'à ce qu'elle retrouve ce qu'elle cherche, à l'aveugle.

Je la tiens là.

Le rythme est soutenu, chaque impact profond, et les doigts de Sara maintiennent leur mouvement serré sur le clitoris. Léa a les yeux ouverts mais je ne suis pas sûr qu'elle voie quoi que ce soit, ses pupilles sont larges, le regard dirigé vers le plafond sans vraiment s'y accrocher.

Je sens mes reins se durcir.

La base de ma queue pulse. Je presse les doigts dans les hanches de Léa et je pousse une dernière fois, profondément, sans sortir complètement, de petits mouvements internes qui maintiennent la friction sans interrompre le contact des doigts de Sara.

Léa jouit les yeux ouverts.

Son corps se soulève d'une pièce depuis les épaules jusqu'au bassin, les hanches en l'air, et les contractions arrivent, fortes, régulières, une série de spasmes qui me tiennent serré à chaque onde. Elle pousse un son long, montant, qui finit en note haute dans le silence de la pièce.

Je lâche à ce moment précis.

L'orgasme part depuis la base, remonte en une vague brûlante, et je pousse une dernière fois jusqu'au fond pendant que les spasmes me traversent l'un après l'autre. Je grogne entre les dents, la tête baissée, les bras tendus. Je sens chaque pulsation de Léa autour de moi, nos orgasmes superposés, les siens qui déclenchent les miens ou l'inverse, impossible à dire.

Les doigts de Sara s'immobilisent enfin, paume à plat sur le pubis de Léa, et elle les maintient là pendant que nos deux corps redescendent ensemble.

Le dernier spasme me quitte lentement.

Je reste immobile, les mains sur les hanches de Léa, la tête entre les épaules. Ma respiration est rauque, irrégulière. La pièce sent fort maintenant, le sexe mêlé à la transpiration légère de trois corps, le cuir chaud du canapé.

Sara pose sa joue sur le ventre de Léa et ferme les yeux.



***

Je reste à genoux un moment, les mains qui relâchent lentement.

Puis je m'assieds sur le sol, le dos contre le canapé. Le parquet est froid. Ma respiration redescend par paliers.

Au-dessus de moi, j'entends les deux femmes respirer, le cuir qui crisse quand l'une d'elles change de position. Sara rit doucement, sans cause précise. Léa rit aussi.

Je dis : "Je savais bien que j'aurais pas dû finir tôt ce soir."

Personne ne répond vraiment. Mais Léa pose une main dans mes cheveux, brièvement, du bout des doigts, et la retire.

Dehors, quelqu'un porte un toast. Des coupes s'entrechoquent.

Je regarde les deux vestes blanches sur le sol, l'une sur l'autre. Je ne saurais pas dire laquelle est laquelle. Je ne saurais pas non plus, si on me le demandait demain, comment exactement j'ai basculé du couloir à cette pièce, du regard à la présence, du dehors au dedans.

Je sais seulement que l'air de septembre entre par la fenêtre haute, que la pièce sent encore le sexe et le cuir chaud, et que je n'ai aucune envie de me lever.

Fin.

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Texte coquin : La couleur du blanc
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