Vera — Épisode III : La Cuisine des Ombres

- Par l'auteur HDS CDuvert -
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
  • • 193 récits publiés.
  • • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
  • • L'ensemble des récits érotiques de CDuvert ont reçu un total de 476 630 visites.
Récit libertin : Vera — Épisode III : La Cuisine des Ombres Histoire érotique Publiée sur HDS le 07-07-2026 dans la catégorie A dormir debout
Cette histoire de sexe a été affichée 31 fois depuis sa publication.

Couleur du fond :
Vera — Épisode III : La Cuisine des Ombres
Temps de lecture ~ 25 minutes



Résumé des épisodes précédents

Vera a vingt-deux ans. Elle se déplace seule entre les zones, sans appartenir à aucune faction. Ses outils : un long manteau noir sur la peau nue, une ceinture de cuir, des bottines, un pendentif. Et une capacité à lire les situations humaines plus vite que la plupart.

À Kael, ville portuaire en déclin, elle a compris que son corps pouvait fonctionner comme un instrument de contrôle. Elle a neutralisé deux miliciens, déstabilisé le Syndic qui gouvernait la ville, et aidé Sael, une mécanicienne rousse avec qui elle partageait un logement, à fuir la ville avec un stock de pièces de valeur. Elles se sont séparées au croisement des routes. Sael vers le nord. Vera vers l'est.

Sur la route de l'est, elle a tendu une embuscade à Lyss, un mutant solitaire qui la suivait depuis Kael par curiosité. Sa mutation : un mimétisme chromatique involontaire qui fait de sa peau une carte lisible de son état intérieur, les teintes dorées trahissant le désir, le rouge sombre la colère, le beige neutre le repos. Vera l'a interrogé par accumulation de caresses et d'interruptions, obtenant une cartographie précise du territoire à venir : points d'eau, abris, factions, passages.

Ils ont passé la nuit ensemble dans une bâtisse abandonnée, puis trouvé au matin une cache de matériel médical sous une dalle, près d'un point d'eau. Lyss a ajouté une dernière information avant qu'elle reprenne la route : une faction au-delà du col qui commerce avec les sans-faction, échangeant des ressources contre des services.

À mi-montée vers la ligne de crête, Vera a perçu une odeur. Pas de la fumée. Quelque chose de plus organique, de plus chaud. Quelqu'un a fait cuire quelque chose dans les dernières heures, pas très loin.

Sa main s'est posée sur la ceinture.



I.

La pente est raide. Le sol craque sous les bottines, un craquement sec, presque métallique, comme si la roche elle-même signalait son passage. Vera ralentit. Elle repère l'odeur avant de repérer quoi que ce soit d'autre : graisse chaude, viande brûlée aux bords, quelque chose d'herbacé qui se consume lentement. Pas un feu de bivouac. Trop organisé pour ça. Quelqu'un a cuisiné, avec du bois, avec du temps, avec une intention.

Elle s'accroupit derrière un rocher plat, le manteau ouvert juste assez pour libérer les bras. Le vent vient de l'est. La source est à l'ouest. Elle compte ses respirations. Une. Deux. Trois. Puis elle pivote et se déplace en arc sur la crête, silencieuse, la ceinture de cuir tiède contre sa peau nue.

Entre deux rochers, elle aperçoit la cabane : toiture de tôle rouillée, cheminée fumante, deux gardes devant l'entrée. Armés, mais pas tendus. L'un fait tourner une pièce de viande sur un feu de bois vert. L'autre mastique quelque chose de jaune, peut-être une pomme séchée, le dos appuyé contre la paroi, les yeux sur la route du bas. Ils n'ont pas regardé vers le haut depuis qu'elle est là.

Un piège trop bien monté n'a pas besoin de paraître négligent. Un repère trop visible n'a aucune raison d'exister. Elle hésite entre les deux lectures, puis cherche une troisième entrée.

Elle la trouve côté nord : une porte de bois disloquée, à moitié arrachée de ses gonds, à moitié dissimulée par des caisses empilées sans soin. Pas de garde. Une négligence, peut-être. Ou une habitude. Ou quelque chose entre les deux, qui revient au même.

Elle entre.

L'intérieur sent le thym écrasé, l'ail brûlé, la sueur ancienne. Une grande table en bois brut occupe le centre de la pièce, couverte de plats à moitié vides, de couteaux posés sans ordre, de verres aux bords graisseux. Au fond, un homme, torse nu, remue un chaudron suspendu au-dessus d'un feu bas. Il a la carrure d'un ancien soldat, les épaules larges, les muscles devenus du cuir avec le temps, des cicatrices en étoile sur l'omoplate gauche. Une barbe grise, taillée court, qui n'adoucit rien.

Il ne se retourne pas.

— T'es en retard.

Sa voix est rauque. Chaque mot filtré, comme s'il coûtait quelque chose.

Vera ne répond pas. Elle referme la porte derrière elle, fait glisser le verrou. Le manteau reste ouvert sur sa peau. La ceinture à la taille. Le pendentif froid entre ses seins. Elle laisse le silence s'installer, mesure le temps qu'il faut avant qu'il ne se retourne.

Il ne se retourne pas.

— J'ai pas dit que c'était pour toi. Il tourne sa cuillère en bois dans le chaudron. Mais t'es là, alors.

II.

Il s'appelle Dain. Elle le saura plus tard, par bribes, comme on apprend les choses utiles : sans le demander directement.

Il est cuisinier pour la faction du Col, mais pas un simple serviteur. C'est lui qui décide qui mange et qui jeûne, qui reçoit une assiette pleine et qui tend la main pour rien. Dans un monde où la nourriture est une monnaie, c'est une position de pouvoir que personne ne pense à envier avant d'en avoir besoin.

Ce matin, il a cuisiné pour une seule personne.

— Assieds-toi. Il désigne un tabouret près du feu sans se retourner. C'est pas toi que j'attendais. Mais mange. On verra après si t'as le droit de rester.

Vera s'assoit. Le tabouret est dur, le bois poli par des années de frottement. Elle observe les plats : un ragoût épais, du pain noir aux bords calcinés, un fromage à pâte dure entamé au couteau. Elle prend une cuillère, goûte. Le ragoût est riche, presque trop. De la viande de bœuf, des légumes séchés, une touche de vin rouge. Un luxe dans la zone, le genre de luxe qui ne s'affiche pas sans raison.

Dain se retourne enfin. Il la regarde manger, sans pudeur, sans curiosité particulière non plus. Le regard de quelqu'un qui évalue du matériel.

— Je sais qui tu es.

Elle pose la cuillère.

— Alors dis-moi ce que tu veux. Sa voix est basse, presque un murmure, le genre de voix qu'on utilise quand on veut que l'autre tende l'oreille.

— Ce que je veux ? Elle le regarde s'essuyer les mains sur un torchon, s'approcher de la table, poser les deux paumes sur le bois. Savoir pourquoi tu cuisines pour une seule personne dans un avant-poste où tout le monde a faim.

Un sourire, les dents jaunies par le tabac et le temps.

— Parce que la personne en question paie en informations. Il la regarde fixement. Et toi, Vera, même si tu n’es pas celui que j’attendais, tu vaux bien un repas aussi. Toute la vallée parle de toi. Personne ne sait rien de sûr.

Il connaît son nom. Ça signifie qu'il a des contacts à Kael, ou qu'elle a été suivie plus tôt et plus loin qu'elle ne pensait. Peu importe. Ce qui compte, c'est qu'il le sait, et qu'il le dit maintenant, comme on pose une carte sur la table.

— Tu veux des informations. Il s'approche encore, contourne la table, lentement. T'en auras. Mais j'en veux aussi.

Sa main effleure son genou nu sous le manteau ouvert. Pas une prise. Un test.

Elle ne recule pas.

— Qu'est-ce que tu veux savoir ?

— Ce que tu caches sous ce manteau. Sa main remonte le long de sa cuisse, lente, comme s'il mesurait quelque chose. Et ce que tu ferais si je te l'arrachais.

Elle attrape son poignet. Pas pour l'arrêter. Pour le guider.

— Essaie.

Il tire d'un coup sec. Le manteau s'ouvre entièrement, révélant la ligne de son ventre, les hanches, la toison sombre entre ses cuisses. Dain retient son souffle. Son regard s'accroche au pendentif, descend, s'arrête. Un son sourd lui échappe, à mi-chemin entre le soupir et autre chose.

Vera laisse le silence faire son travail. Elle écarte légèrement les jambes, juste assez pour que l'invitation soit lisible sans être dite.

Il se penche vers elle.

Elle pose une main sur sa poitrine, l'arrête.

— D'abord tes informations.

III.

Dain parle.

La faction du Col contrôle le passage vers les terres fertiles à l'est. Ils taxent les voyageurs, mais ils échangent aussi : nourriture contre travail, protection contre loyauté, silence contre silence. Il y a une cache d'armes sous la cabane, accessible par une trappe derrière le chaudron. Et un homme, Rook, qui arrive ici ce soir pour récupérer un colis.

Un colis qui pourrait intéresser Vera.

Des cartes. Des vraies, pas des copies approximatives tracées de mémoire sur du cuir usé. Des cartes avec les routes sûres, les points d'eau, les factions amies, les passages que personne ne surveille parce que personne ne sait qu'ils existent.

— Et toi, dans tout ça ? Les doigts de Vera sont toujours posés sur sa peau, sans pression, sans promesse.

— Moi ? Il ricane, un son bref et sans joie. Je suis le cuisinier. Je survis.

Elle hoche la tête. Puis elle se lève. Le manteau glisse de ses épaules, tombe par terre sans bruit. Elle est entièrement nue devant lui, les mains sur les hanches, la lueur du feu dessinant les courbes de son ventre, la ligne de ses cuisses. Le pendentif capte la lumière un instant, puis se stabilise, froid et immobile contre sa peau chaude.

— Alors survis.

Elle s'assoit sur le bord de la table, les jambes pendantes, et les écarte.

— Montre-moi à quel point tu es bon pour autre chose que la cuisine.

Dain n'a pas besoin qu'on le dise deux fois. Il s'agenouille entre ses jambes, les mains larges et calleuses sur ses hanches, et l'attire vers lui. Sa bouche est chaude, avide, la barbe râpant légèrement l'intérieur de ses cuisses. Vera ferme les yeux. La tête part légèrement en arrière, les doigts se referment sur le bord de la table.

Sa langue est précise. Pas de précipitation. Il prend son temps comme s'il savourait chaque frisson, chaque variation dans sa respiration, des cercles lents d'abord autour de son clitoris, puis une pression directe, soutenue, puis un repli soudain vers l'intérieur. Elle sent l'humidité monter, le sang affluer. Un cri lui échappe, étouffé, presque un grognement. Elle ne veut pas trop se laisser aller. Pas encore.

Deux doigts la pénètrent lentement, avec une assurance qui la surprend. Il les courbe légèrement vers le haut, trouve l'endroit exact, et sa langue reprend son travail pendant que ses doigts maintiennent une pression régulière, insistante. Elle se cambre, les hanches soulevées vers sa bouche malgré elle. Une chaleur dense s'installe au bas de son ventre, pas encore un orgasme, quelque chose d'antérieur, une accumulation.

Elle pose une main sur sa tête. L'y maintient.

— Plus fort.

Il obéit. Les doigts deviennent plus insistants, la langue plus rapide, la pression du bout de ses doigts contre la paroi interne irradiant jusqu'au bas du dos. Elle sent l'orgasme monter, lent d'abord, puis inexorable, comme une lame de fond qui n'annonce rien. Elle l'attrape par les cheveux, l'enfonce contre elle. Un cri rauque lui échappe, les cuisses se referment sur ses épaules, le corps entier secoué par une longue vague qui ne se résout pas d'un coup mais par paliers successifs, chacun plus intense que le précédent.

Il continue. Il la lèche encore, doucement maintenant, jusqu'à ce qu'elle le repousse d'une main ferme, haletante.

— Assez.

Il se relève. Le visage luisant. Le regard different, plus sombre, plus concentré. Son érection tend le tissu de son pantalon, évidente.

Vera descend de la table.

Ses pieds touchent le sol de terre battue sans bruit. Elle est nue, debout devant lui, le feu dans son dos qui dessine une ligne chaude le long de sa colonne vertébrale, de ses fesses, de l'arrière de ses cuisses. Dain respire fort, appuyé contre la table, le pantalon ouvert, maintenant, le sexe tendu et luisant de sa propre humidité.

Elle s'agenouille devant lui.

Les genoux dans la poussière, les talons sous les fesses, le dos droit. Elle prend son temps pour le regarder d'abord, de près, la façon dont le sang pulse sous la peau, la chaleur qui rayonne, l'odeur dense et animale qui monte vers elle. Elle pose une main sur sa cuisse, sent le muscle se contracter sous ses doigts.

— À mon tour.

Elle le prend en main, referme les doigts sur lui, lentement, et commence un mouvement de va-et-vient régulier, les yeux levés vers lui. Il la regarde faire, la mâchoire serrée, les mains à plat sur le bord de la table derrière lui pour ne pas tomber. Sa peau est épaisse, chaude, la veine principale saillant sous la pression de ses doigts. Elle le sent grossir encore dans sa main, ce durcissement supplémentaire qui précède toujours le moment où on prend quelqu'un en bouche.

Elle approche les lèvres. Souffle dessus d'abord, un souffle chaud et lent, et le voit frémir des hanches malgré lui.

Puis elle ouvre la bouche et le prend, profondément, d'un seul mouvement jusqu'au fond de la gorge.

Dain laisse échapper un son rauque, les mains qui quittent la table pour se poser sur ses épaules, pas pour guider, juste pour tenir quelque chose. Elle sent le bout de son sexe contre le palais mou, la pression dans sa gorge, et elle reste là une seconde, immobile, les lèvres tout au bas, avant de remonter très lentement, les joues creusées, la langue appliquée contre la face inférieure.

Elle trouve son rythme.

Lent d'abord. Chaque descente complète, chaque remontée presque jusqu'au bout avant de replonger. Les lèvres serrées, la langue active, une main qui enserre la base de son sexe et accompagne le mouvement de la bouche, l'autre remontant l'intérieur de sa cuisse, les ongles légèrement, juste assez pour que la sensation se situe entre plaisir et avertissement.

Il gémit. Un son long, sourd, qui vient du ventre.

Elle accélère par degrés, chaque série de mouvements légèrement plus rapide que la précédente, les joues qui se creusent davantage, la pression des lèvres qui augmente. Elle sent l'humidité qui coule entre ses propres cuisses, le souvenir de sa langue à lui encore présent dans sa chair, et ça alimente quelque chose dans son ventre, une chaleur sourde qui n'a pas besoin d'être satisfaite pour être utile.

Sa main libre remonte, trouve ses testicules, les masse doucement, le pouce traçant des cercles lents sur la peau tendue. Il se contracte sous ses doigts, les cuisses qui tremblent légèrement.

— Putain, Vera...

Sa voix est méconnaissable, réduite à quelque chose de brut.

Elle ralentit. Juste un peu. Juste assez pour le maintenir au bord sans le laisser passer. Elle connaît ce moment, le reconnaît au durcissement supplémentaire dans sa bouche, à la façon dont ses hanches commencent à chercher le mouvement malgré elles. Elle le tient là, suspendu, pendant plusieurs secondes qui doivent lui sembler bien plus longues.

Puis elle s'arrête.

Le silence dans la cabane. Le feu. Sa respiration à lui, saccadée.

— Les cartes. Où sont-elles ?

Il met un moment à comprendre la question. Les yeux vitreux, la bouche ouverte, les mains encore crispées sur ses épaules.

— Sous... sous la trappe. Derrière toi.

Elle se lève sans hâte. Repère la trappe dans le sol de terre battue, l'anneau de métal rouillé. Elle se penche pour le soulever, les fesses offertes dans sa direction, et elle sait exactement ce qu'il voit, elle le laisse voir. Le coffre en métal peint en noir, cadenas ouvert. Elle soulève le couvercle. Les cartes sont là, roulées dans un étui de cuir brun, ficelé serré. Elle le saisit, le retourne entre ses doigts, vérifie l'intégrité du cuir.

— Bien.

Elle revient vers lui. Il n'a pas bougé, encore appuyé contre la table, le sexe toujours tendu, luisant, la peau des cuisses légèrement rougie par la tension accumulée. Elle s'agenouille à nouveau dans la poussière, reprend sa place.

Cette fois, elle ne s'arrêtera pas.

Elle le reprend en bouche avec la même profondeur qu'au début, mais le rythme est différent maintenant, plus soutenu, plus continu, sans pause ni variation brusque. Une progression régulière, inexorable, les lèvres et la langue et la main travaillant ensemble dans un accord qui ne laisse plus d'espace au doute. Elle sent sa respiration changer au-dessus d'elle, les inspirations de plus en plus courtes, les expirations qui deviennent des gémissements à peine contenus.

Sa main libre remonte une dernière fois sur l'intérieur de sa cuisse, les ongles un peu plus présents, et elle sent le moment exact, la seconde précise, le point de non-retour.

Il jouit avec un cri rauque et long, les doigts qui se referment sur ses épaules, les hanches projetées vers elle. Le sperme arrive chaud, dense, par vagues successives. Elle l'accueille sans reculer, la gorge ouverte, les lèvres maintenues serrées jusqu'au bout, jusqu'à ce que les contractions s'espacent et s'apaisent et que son corps cesse de chercher quelque chose.

Elle avale.

Se relève lentement, les genoux marqués par le sol de terre. Elle passe le dos de la main sur sa bouche, le menton. Elle le regarde, encore tremblant, les yeux mi-clos, le corps qui redescend par paliers visibles.

Elle ramasse le manteau sur le sol, l'enfile sur sa peau nue. Glisse l'étui de cuir sous la ceinture, contre son ventre. Boucle. Vérifie. Le pendentif se stabilise entre ses seins.

— Merci pour le repas.

Elle s'accroupit, ramasse les bottes, les enfile debout, les lacets serrés d'un geste rapide.

— Et pour le dessert.

Dain, encore appuyé contre la table, la regarde avec quelque chose qui ressemble à de l'admiration et à autre chose, quelque chose de moins confortable. Il déglutit.

— Rook arrive ce soir. Il va pas aimer que tu aies pris ça.

Elle pose la main sur le verrou de la porte, le fait glisser sans bruit.

— C'est pour ça que je pars maintenant.



IV.

Elle sort par l'arrière de la cabane, là où les gardes regardent la route du bas.

Le soleil est haut maintenant, la lumière dure, sans ombre portée utile. Elle longe la paroi rocheuse vers le nord, le manteau fermé sur les cartes, les bottines silencieuses sur le sol sec. Derrière elle, rien. Devant, la crête, puis la descente vers l'est.

Elle a parcouru deux cents mètres quand elle entend les cris.

Ils ont trouvé la trappe ouverte.

Elle ne court pas encore. Courir sur un sol caillouteux fait du bruit et laisse des traces lisibles. Elle accélère le pas, utilise les rochers comme écrans, change de direction deux fois sans raison apparente, pour brouiller une éventuelle ligne de poursuite. Les cris s'organisent derrière elle, des voix qui se répondent, qui cherchent un axe. Puis un coup de feu, tiré en l'air, signal plutôt que tir ajusté.

Ils ont des chiens. Elle l'entend avant de le savoir : un aboiement bref, coupé net, le son d'un animal qu'on lâche.

Elle court.

Pas en ligne droite. En zigzag, comme elle l'a appris sur une autre route, dans une autre vie. Les cartes sont serrées contre son ventre sous le manteau, l'étui de cuir glissant légèrement à chaque foulée. Elle passe la crête, dévale la pente nord, les cailloux roulant sous ses pieds, les bras ouverts pour l'équilibre.

C'est là qu'elle tombe sur Lyss.

Il est accroupi près d'un point d'eau, nu, la peau prenant les teintes du sol sec et des pierres grises. Elle manque de le percuter. Il la voit avant qu'elle ne le distingue, bien sûr, et il se lève lentement, les mains ouvertes, sans arme. Sa peau commence à reprendre sa teinte naturelle au moment où elle s'arrête devant lui, le souffle court, la main sur la ceinture.

Des reflets dorés dansent sur ses épaules. Il est excité. Vera le lit sur lui comme on lit le vent sur l'eau.

— Tu m'as suivi ? Sa voix est basse, méfiante.

— Non. Il se tient droit, calme. Je t'ai devancée. J'ai senti l'odeur de la viande grillée depuis la crête est. J'ai pensé que tu aurais besoin d'un allié.

Elle regarde son érection, évidente, les reflets ambrés qui courent sur sa peau comme de la braise sous la cendre.

— Ou d'une distraction.

Il sourit, presque timide.

— Les deux, peut-être.

Les aboiements se rapprochent. Elle tourne la tête, calcule la distance, calcule le terrain. Deux options : fuir ensemble vers l'est, où la pente offre peu de couvert, ou utiliser ce qu'ils ont.

— Tu peux te cacher ?

— Oui. Il désigne un éboulis à une vingtaine de mètres, un chaos de blocs gris entre lesquels sa peau pourrait devenir invisible. Mais ils ont des chiens. Ils me trouveront à l'odeur.

— Alors ne te cache pas.

Elle lui explique en dix mots. Il écoute, les yeux brillants, la peau prenant déjà les premières teintes des buissons environnants, un reflet vert pâle mêlé de brun qui commence aux épaules et descend.

— Tu vas les attirer ?

— Et tu profiteras de ton don pour les contourner. Inaperçu.

— Et après ?

— Après, on verra.

Il s'éloigne sans bruit, la peau se fondant dans le paysage par degrés, d'abord les jambes, puis le torse, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une vague ondulation dans l'air chaud au-dessus du sol.

Vera cache les cartes derrière un rocher plat, sous une dalle, marque mentalement la position. Puis elle attend.

Les poursuivants arrivent par la crête : trois hommes, armés, deux chiens en laisse tendus vers le bas de la pente. Vera se matérialise devant eux au milieu du chemin, le manteau ouvert, les bras le long du corps, la peau dans la lumière dure du milieu de journée. Les chiens grognent, désorientés. Les hommes s'arrêtent.

— Hé.

Le plus grand s'arrête à quinze mètres. Un roux, une balafre sur le menton, les épaules larges sous une veste de cuir rapiécée. Il tient son arme à deux mains, pas levée, mais prête. Les deux autres se déploient légèrement sur ses flancs, par réflexe, comme des hommes qui ont l'habitude de travailler ensemble.

Les chiens tirent sur leurs laisses, les pattes raclant le sol sec, les museaux bas. Ils ont l'odeur de Vera. Ils ont aussi l'odeur du sang sur le manteau, et ça les rend incertains, le grognement hésitant entre la menace et la question.

— Tu fais quoi ?

Vera ne répond pas.

Elle recule d'un pas. Lentement, les bras légèrement écartés du corps, les mains visibles et vides. Le manteau est ouvert sur sa nudité, pas complètement, juste assez pour que la lumière du milieu de journée entre dedans, révèle la ligne de son ventre, la courbe de ses hanches, l'ombre entre ses cuisses. Elle regarde le roux dans les yeux sans ciller.

Il hésite. C'est ce qu'elle attendait.

Elle recule encore d'un pas. Les hommes avancent, méfiants, mais ils avancent. Le plus jeune, à droite, a peut-être vingt ans, une barbe naissante et des yeux trop grands pour son visage. Il regarde son corps avec une concentration qui a oublié d'être prudente. Le troisième, plus trapu, la quarantaine, essaie de maintenir le regard sur les alentours mais le ramène sur elle toutes les trois secondes, régulièrement, comme une marée.

Les chiens continuent de gronder mais leurs maîtres ne leur donnent plus d'instructions.

Elle s'arrête.

Laisse le silence s'installer, deux secondes, trois. Assez longtemps pour que les hommes s'immobilisent aussi, assez longtemps pour que l'incertitude dans leurs corps devienne quelque chose d'autre.

Puis elle ouvre le manteau complètement.

Le tissu noir s'écarte de ses épaules et tombe dans ses mains, qu'elle laisse pendre le long de ses flancs. Elle est entièrement nue devant eux dans la lumière dure, la ceinture de cuir à la taille, les bottines aux pieds, le pendentif entre ses seins. La sueur du trajet fait luire ses épaules, le creux de sa gorge, la ligne de son sternum. Ses cheveux châtain doré, défaits depuis la cabane, tombent sur ses épaules.

Le roux ouvre la bouche. Ne dit rien.

Elle pose une main à plat sur son ventre, lentement, les doigts pointés vers le bas. Descend. La main glisse sur sa peau, passe le nombril, s'arrête un instant sur l'os du bassin, puis descend encore. Les doigts s'enfoncent dans la toison, cherchent, trouvent. Elle est humide, encore, depuis Dain, depuis la course, depuis ce mélange de tension et d'adrénaline qui dans son corps finit toujours par aboutir au même endroit.

Elle commence à se caresser.

Lentement. Un mouvement circulaire, régulier, les doigts travaillant sur son clitoris avec la précision de quelqu'un qui se connaît. Les yeux restent fixés sur eux, sans ciller, sans sourire, sans rien d'autre que cette attention directe qui dit : je vous vois regarder.

Un gémissement bas lui échappe. Pas joué. Le corps répondant à la main avec une franchise immédiate, la chaleur résiduelle de la cabane qui se rallume sans effort sous ses doigts.

— Qu'est-ce que... murmure le trapu.

Le jeune a posé son arme sur le sol à ses pieds. Il ne s'en est pas rendu compte.

Vera recule encore, un pas, deux, jusqu'au rocher plat qu'elle a repéré en arrivant dans la clairière, une dalle grise légèrement inclinée, à hauteur de hanches. Elle s'y assoit, pivote, s'allonge dessus sur le dos. La roche est chaude dans son dos, le soleil l'ayant chauffée depuis le matin. Elle écarte les jambes.

Sa main reprend sa place.

Les doigts glissent d'abord sur l'extérieur, le long des lèvres, sentant sa propre humidité qui a largement débordé. Puis deux doigts entrent en elle, lentement, et elle laisse échapper un son plus long, plus profond, les hanches qui se soulèvent légèrement vers sa propre main. Le mouvement est lent et visible, les doigts qui rentrent et sortent avec une régularité délibérée pendant que le pouce maintient une pression sur son clitoris.

Sa peau prend des reflets cuivrés dans la lumière. Pas comme Lyss, pas par mutation. Simplement la circulation qui afflue sous la surface, la chaleur qui monte, la sueur qui fait de sa peau une surface qui capte et renvoie la lumière.

Elle sent qu'elle pourrait jouir. Vraiment. Pas pour eux, pas pour le spectacle, mais parce que son corps a été amené à un certain niveau depuis le matin et qu'il suffirait de peu. Elle dose. Elle se maintient juste en dessous, le souffle qui s'accélère malgré elle, les cuisses qui s'écartent davantage, le dos qui s'arque sur la roche chaude.

Les trois hommes se sont approchés. Ils sont à sept ou huit mètres. Les chiens se sont assis, désorientés par l'immobilité de leurs maîtres, les oreilles rabattues.

Le roux a baissé son arme. Pas posée, juste baissée, le canon vers le sol, la main qui a oublié d'avoir un but.

Vera tourne la tête vers eux. Pas tout à fait, juste assez pour que son regard les attrape depuis la position allongée, un regard qui vient de dessous et qui dit exactement ce qu'il dit.

— Venez me chercher.

Sa voix est rauque, ralentie par la respiration. Pas une invitation ambiguë. Une instruction.

Le jeune fait un pas en avant.

C'est là que Lyss passe.

Elle l'entend à peine, une légère modification du silence sur la gauche, un déplacement d'air. Il est presque de l'autre côté quand le coup de feu claque.

V.

Lyss hurle.

Un son bref, coupé net, comme quelque chose qui se déchire. Sa peau perd ses reflets dorés d'un coup, devient terne, grise, la couleur de quelqu'un qui a reçu une balle. Il se recroqueville sur le sol, la main droite plaquée sur l'épaule gauche, les doigts déjà rouges.

Vera se relève d'un mouvement unique, le manteau se refermant sur elle. Le tireur est le roux à la balafre, il recharge, les yeux sur Lyss, pas sur elle. C'est son erreur.

Elle traverse la distance en quatre foulées. Le couteau sort de la ceinture sans qu'elle y pense. Elle lui saute dessus par le côté, le plaquant au sol, le poids de son corps sur ses reins. La lame trouve le creux entre l'épaule et le cou. Il s'effondre, le sang chaud giclant sur les cailloux, sur les mains de Vera, sur la terre sèche qui l'absorbe immédiatement.

Les deux autres se retournent.

Lyss se relève. Malgré la blessure, malgré le sang qui coule entre ses doigts, il se redresse et sa peau prend une teinte qu'elle n'a pas encore vue sur lui : un rouge sombre, presque brun, la couleur de la colère ou de la douleur, les deux confondus sur sa surface.

Ils travaillent vite. Vera distrait, Lyss frappe. Elle blesse, il achève. Les chiens ont rompu leurs laisses et filé dans les collines au premier coup de feu, et maintenant il n'y a plus que le vent sur la crête et trois hommes qui ne bougent plus.

Lyss s'assoit sur un rocher, la respiration courte, la main toujours pressée sur son épaule. Le sang a ralenti mais pas arrêté, une tache sombre et régulière qui imprègne le creux de sa paume.

Vera s'agenouille devant lui. Elle écarte ses doigts, examine la blessure sans ménagement. La balle a traversé la chair en biais, au-dessus de l'articulation. L'os est intact. Elle le sait à la façon dont il bouge le bras malgré lui quand elle appuie sur les bords de la plaie.

— Ça va saigner encore. Mais tu survivras.

— Merci pour le diagnostic. Sa voix est tendue mais il n'a pas crié.

— T'as pris un risque. Pourquoi ?

Il la regarde, les yeux brillants, la peau revenue à une teinte neutre, presque beige, celle du repos forcé.

— Parce que je savais que tu viendrais.

Elle ne répond pas à ça. Elle se lève, récupère les cartes sous la dalle, les remet contre son ventre sous la ceinture. Puis elle revient vers lui, sort le flacon brun récupéré à la cache de la source, celui dont le contenu restait à identifier. Elle brise la cire du pouce, ouvre, renifle. Antiseptique. Âcre, puissant, probablement efficace.

— Ça va brûler.

— J'avais compris.

Elle verse. Il serre les dents, les mâchoires contractées, un muscle jouant sous la peau de sa joue, mais pas un son. Elle déchire un pan du tissu intérieur de son manteau, bande l'épaule serré, fait un nœud double.

— Pourquoi tu m'as suivi, Lyss ?

Il réfléchit. Pas longtemps.

— Parce que tu es intéressante. Il sourit malgré la douleur, un sourire qui arrive par en dessous, presque malgré lui. Et parce que je veux voir jusqu'où tu iras.

Elle termine le bandage, se relève. Il y a du sang sur ses mains, sur le bas du manteau, sur les cailloux autour d'eux. Le soleil a tourné vers l'ouest. Dans deux heures il fera froid.

— Alors viens.

Elle lui tend la main pour qu'il se relève. Il la prend. Sa peau est chaude, plus chaude que la normale, et des reflets cuivrés reviennent lentement sur ses avant-bras, timides, comme des braises qu'on souffle.

Ils reprennent la route vers l'est.

À mi-pente, Vera entend quelque chose derrière eux. Pas des pas. Pas des voix. Quelque chose de plus discret, un déplacement de poids sur la roche, le genre de son que produit un corps entraîné à ne pas en produire. Elle ne se retourne pas. Elle ajuste le poids des cartes contre son ventre, sent le pendentif se balancer une fois contre sa peau, puis se stabiliser.

Il y a quelqu'un sur leurs traces. Quelqu'un qui sait se déplacer.

VI.

Ils descendent vers le fond de vallée sans en parler.

Vera ne modifie pas son allure. Accélérer signalerait qu'elle a entendu. S'arrêter offrirait une cible fixe. Elle maintient le rythme, légèrement décalée par rapport à Lyss, de façon à avoir le côté droit libre. Elle sent sa présence dans son dos comme on sent une variation de température, quelque chose d'imperceptible qui s'accumule.

Lyss marche bien pour quelqu'un qui a une balle dans l'épaule. Sa peau est neutre, beige pâle, presque sans reflets. Il économise.

— On est suivis, dit-elle à voix basse, sans tourner la tête.

— Je sais. Depuis la crête. Il ne modifie pas son allure non plus. Un seul.

— Tu peux le voir ?

— Non. Je le sens.

Elle hoche la tête. Un mutant, peut-être. Ou quelqu'un d'assez bon pour rester hors du champ de vision de Lyss, ce qui est une autre sorte d'information.

Le fond de vallée s'ouvre sur une clairière étroite, protégée sur trois côtés par des parois rocheuses, le quatrième donnant sur un couloir vers l'est. Un endroit défendable, ou un piège, selon qui arrive en premier. Vera choisit de s'y arrêter.

Elle ramasse du bois mort sans se presser, allume un feu avec les pierres à silex de sa ceinture. Le geste est délibéré, visible. Elle dit à celui qui les suit : je sais que tu es là, et je m'arrête quand même. Viens, ou reste dans le noir. Ton choix.

Lyss s'assoit près du feu, la main sur son bandage. La tache sombre a cessé de s'élargir.

Ils attendent.

Rien ne vient.

Après un long moment, Vera se déshabille. Le manteau tombe sur les cailloux. Elle déboucle la ceinture, pose les bottes. Nue dans la lumière du feu, elle tend les bras au-dessus de sa tête, s'étire longuement, les muscles du dos se déroulant un par un après la course et la descente. La chaleur des flammes sur sa peau nue est précise, presque tactile, comme des mains.

Lyss la regarde. Sa peau prend des reflets dorés, progressivement, malgré lui.

— Tu fais quoi ?

— Je me lave. Elle verse un peu d'eau de sa gourde sur un tissu, passe le linge sur son visage, son cou, ses épaules, le sang séché de ses mains qui part par plaques. Je réfléchis. Et je montre.

— Tu montres quoi ?

— Qu'on n'a rien à cacher. Elle passe le linge sur son ventre, ses cuisses. Si quelqu'un nous observe, autant qu'il voie exactement ce qu'on est.

Lyss sourit, un sourire qui ne commente pas mais qui comprend.

Elle finit de se laver, s'assoit en tailleur près du feu, les cartes dépliées sur les genoux. La lumière des flammes joue sur le papier jauni, les tracés à l'encre noire, les annotations en marge dans une écriture serrée. Elle les étudie méthodiquement, mémorisant les points d'eau, les passages, les marques qui indiquent une faction ou une zone de transit. Sa nudité n'est pas une distraction, c'est simplement son état naturel dans ce moment, fonctionnel et sans commentaire.

— Il y a une marque, dit-elle en pointant du doigt. Près d'un point d'eau à l'est. Une étoile à cinq branches.

Lyss se penche, regarde malgré la douleur.

— Je connais pas ce signe.

— Moi non plus. Elle replie les cartes, les remet dans l'étui de cuir. C'est pour ça qu'on va voir.

Elle se lève, laisse Lyss regarder le feu pendant qu'elle s'habille. Manteau, ceinture, bottes. Le pendentif se repose contre sa peau, froid une seconde, puis chauffé par elle.

C'est là qu'elle entend le bruit.

Pas derrière eux. Devant. Dans le couloir vers l'est, à vingt mètres, une silhouette. Debout, immobile, vêtue de noir, le visage partiellement caché par une capuche sombre. Elle ne bouge pas. Ne parle pas. Les mains visibles, vides, le long du corps.

Vera a le couteau en main avant même d'avoir décidé de le prendre.

La silhouette les regarde une seconde encore, puis pivote et disparaît dans le couloir, silencieuse, sans courir.

Lyss s'est levé, la main sur son épaule blessée.

— C'était quoi ?

— Je ne sais pas. Elle remet le couteau à la ceinture, les yeux sur l'endroit où la silhouette se tenait. Quelqu'un qui voulait qu'on le voie.

— Ou qu'on le suive.

— Peut-être les deux.

Le feu crépite. La nuit est complète maintenant, le ciel sans lune, les étoiles voilées par une couche de nuages bas. Vera regarde le couloir vers l'est, les cartes contre son ventre, Lyss debout à côté d'elle, sa peau sans reflets dans le noir.

Elle calcule.



A suivre…

Les avis des lecteurs

Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...


Texte coquin : Vera — Épisode III : La Cuisine des Ombres
Histoire sexe : Une rose rouge
Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur de l'histoire.

Dernières histoires érotiques publiées par CDuvert

Vera — Épisode III : La Cuisine des Ombres - Récit érotique publié le 07-07-2026
L'assemblée - Récit érotique publié le 06-07-2026
L'attente - Récit érotique publié le 05-07-2026
La Bibliothèque - Récit érotique publié le 02-07-2026
Les survivantes - Récit érotique publié le 01-07-2026
Le chemin des senns - Récit érotique publié le 29-06-2026
La panne - Récit érotique publié le 28-06-2026
Oasis - Récit érotique publié le 26-06-2026
Le train de nuit - Récit érotique publié le 24-06-2026
Vera - épisode 2 - Récit érotique publié le 22-06-2026