Faux semblants (2)
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
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Faux semblants (2)
Chapitre II
Les semaines qui suivent prennent une tournure que Victoire n'aurait jamais imaginée. Les rencontres nocturnes dans les réserves deviennent un rituel. Chaque soir, après la fermeture, Raphaël arrive avec son sac d'outils et ses doigts tachés de peinture. Chaque soir, ils examinent les tableaux. Et chaque soir, la distance entre eux se réduit un peu plus.
Un mardi, il lui propose quelque chose de différent.
« Viens à mon atelier. »
Victoire hésite. Franchir le seuil de son territoire, c'est accepter un basculement. Mais elle dit oui. Bien sûr qu'elle dit oui.
L'atelier des Batignolles baigne dans la lumière de fin d'après-midi. Les rayons du soleil traversent les grandes fenêtres sales, créent des colonnes dorées dans la poussière. Raphaël l'attend devant un tableau posé sur un chevalet. Une nature morte du XVIIe, prétendument un Snyders.
« Approche. »
Elle traverse la pièce, pose son sac. Il se tient derrière le chevalet, les mains sur le cadre.
« Je vais t'apprendre à voir autrement. Pas comme une commissaire-priseur. Comme un faussaire. »
« Quelle différence ? »
« Toute la différence. Toi, tu cherches l'authenticité. Moi, je cherche les failles. Les endroits où l'artiste a hésité, triché, menti. »
Il prend sa main, la guide vers la toile. Ses doigts effleurent la surface, s'attardent sur les craquelures.
« Sens ça. »
« Raphaël, on ne touche pas les œuvres. »
« Moi si. Comment veux-tu connaître une toile si tu ne la touches pas ? »
Sa voix est basse, presque un murmure. Il maintient sa main contre la surface peinte, guide ses doigts le long des reliefs. Elle sent le grain du lin sous les couches de peinture, la texture inégale des pigments séchés.
« Tu vois ? Les craquelures sont trop uniformes. Un vrai Snyders aurait des fissures aléatoires. Là, c'est une technique artificielle. »
Il approche son visage du sien pour qu'elle voie sous le même angle que lui. Leurs joues se frôlent. Elle sent son souffle contre sa tempe. Son cœur bat trop fort.
« Et les pigments ? »
« Regarde à la lumière rasante. »
Il éteint les néons, allume une lampe portable. La lumière glisse sur la toile comme une caresse. Les imperfections deviennent évidentes. Les couches mal appliquées, les reprises maladroites.
« Comment on fait ça ? »
« Quoi ? Les fausses craquelures ? »
« Oui. »
« Je te montre. »
Il va chercher une toile vierge, la pose sur la table. Sort des pots de peinture, un pinceau. Ses gestes sont précis, presque rituels. Il mélange les pigments, applique une première couche.
« Maintenant, on attend qu'elle sèche. Ça va prendre une heure. »
« Une heure ? »
« Tu as autre chose à faire ? »
Elle devrait partir. Rentrer chez elle. Mettre de la distance. Au lieu de ça, elle retire sa veste, la pose sur une chaise.
« Montre-moi tes toiles. »
Il sourit, surpris. Puis il va vers les châssis retournés contre le mur. Il en choisit un, le retourne. C'est un nu féminin. Pas académique. Brutal. La femme est allongée sur un lit défait, les cuisses écartées, le regard vacant. La peinture est épaisse, presque violente.
« C'est... intense. »
« C'est ce que je ressens quand je peins. »
Il montre une autre toile. Un autoportrait. Il se représente nu également, assis sur un tabouret, le sexe visible, les yeux fixant le spectateur. Il n'y a aucune honte dans cette image. Juste de la vérité brute.
« Pourquoi tu les caches ? »
« Parce que personne ne veut voir ça. Les gens préfèrent les mensonges élégants. Les faux bien faits. »
Il repose la toile, se tourne vers elle.
« Toi aussi, tu caches quelque chose. »
« Quoi ? »
« Ce que tu es vraiment. Sous le tailleur. Sous le vernis. »
Il s'approche. Elle recule instinctivement, bute contre la table. Il pose ses mains de part et d'autre de ses hanches, la piège entre ses bras.
« Laisse-moi te peindre. Vraiment. »
« Tu l'as déjà fait. »
« Non. J'ai dessiné ton portrait. Maintenant, je veux peindre ce que tu caches. »
Elle devrait refuser. Mais au lieu de ça, elle hoche la tête. Il recule, va chercher son chevalet, installe une nouvelle toile. Sort ses pinceaux, ses pigments.
« Déshabille-toi. »
Le ton n'est pas une question. C'est une instruction. Une exigence posée avec une autorité tranquille qui fait vibrer quelque chose de profond en Victoire. Elle hésite un instant, les doigts figés sur le premier bouton de sa chemise. Son cœur bat trop fort, trop vite. Elle sent la chaleur monter dans sa poitrine, se répandre dans son cou.
Elle déboutonne lentement. Un bouton. Puis un deuxième. Raphaël ne la quitte pas des yeux. Son regard est intense, presque douloureux. Il ne bouge pas, adossé à la table couverte de peinture, bras croisés. Il attend. Il sait qu'elle va obéir. Il le sait avec une certitude qui la trouble autant qu'elle l'excite.
Le troisième bouton révèle son soutien-gorge. De la dentelle noire. Elle n'a pas choisi cette lingerie par hasard ce matin. Comme si elle avait su, obscurément, que ce moment viendrait. Le quatrième bouton. Le cinquième. La chemise s'ouvre entièrement. Elle la laisse glisser de ses épaules, tombe en un froissement soyeux sur le sol de l'atelier.
Victoire défait sa ceinture. Le cuir glisse dans les passants avec un sifflement léger. Elle baisse la fermeture éclair de son pantalon, le fait descendre le long de ses jambes. Se penche pour l'ôter complètement. Quand elle se redresse, elle se tient devant lui en sous-vêtements de dentelle. Soutien-gorge et culotte assortis. Noirs. Raffinés. Une armure de séduction qu'elle porte comme on porte un masque.
Raphaël la regarde avec une intensité qui la brûle. Ses yeux parcourent chaque centimètre de peau exposée. Il observe comme il observe les toiles. Avec une attention clinique d'abord. Il note la courbe de ses épaules, la ligne de ses clavicules, la façon dont ses seins emplissent le soutien-gorge. Puis quelque chose de plus sombre apparaît dans ses yeux. Une faim. Un désir brut qui transforme son visage.
« Tout. »
Le mot tombe comme une pierre dans le silence de l'atelier. Victoire sent ses mains trembler légèrement. Elle porte ses mains dans son dos, trouve l'agrafe de son soutien-gorge. Le détache. Laisse le tissu glisser. Ses seins se libèrent, s'offrent à l'air frais de l'atelier. Ses tétons se durcissent instantanément. Pas seulement à cause du froid. À cause de ce regard qui la dévore.
Elle glisse ses pouces dans l'élastique de sa culotte. Hésite une fraction de seconde. Puis fait descendre le dernier rempart. La dentelle roule le long de ses cuisses, de ses mollets. Elle l'enjambe, se tient nue dans l'atelier inondé de lumière.
La lumière du soleil qui traverse les grandes fenêtres sales caresse sa peau. Elle se sent exposée d'une façon qu'elle n'a jamais connue. Pas seulement nue. Dépouillée. Vulnérable. Et pourtant, paradoxalement, cette vulnérabilité la libère. Elle ne peut plus se cacher derrière ses tailleurs, son vernis de commissaire-priseur impeccable. Elle n'est plus qu'un corps. Un corps désirant et désiré.
Raphaël se détache de la table. S'approche lentement. Ses pas résonnent sur le plancher de bois. Il tourne autour d'elle comme autour d'une sculpture. L'examine sous tous les angles. Victoire sent son regard comme une caresse physique sur sa nuque, son dos, ses fesses, ses cuisses. Elle a envie de se couvrir, de croiser les bras sur sa poitrine. Mais elle ne bouge pas. Elle se force à rester immobile, offerte.
Il s'arrête devant elle. Si près qu'elle sent la chaleur de son corps. L'odeur de térébenthine et de tabac froid qui émane de lui. Il lève une main, effleure son épaule du bout des doigts. Un contact léger, presque imperceptible. Mais qui la fait frissonner de la tête aux pieds.
« Tu es magnifique. »
Sa voix est rauque. Il laisse ses doigts descendre le long de son bras, tracer la ligne de ses côtes. S'arrêter juste sous son sein sans le toucher. Victoire retient son souffle. Elle veut qu'il la touche là. Qu'il prenne ses seins dans ses mains, qu'il pince ses tétons durcis. Mais il ne le fait pas. Pas encore.
« Allonge-toi là. »
Il désigne un matelas posé dans un coin, recouvert d'un drap blanc immaculé. Le contraste avec le désordre de l'atelier est frappant. Comme si ce coin avait été préparé spécialement pour elle. Pour ce moment.
Victoire traverse l'atelier nue. Elle sent son regard sur ses fesses, sur le mouvement de ses hanches. Elle s'agenouille sur le matelas, hésite. Comment se positionner ? Sur le dos ? Sur le ventre ? Assise ?.
« Sur le dos. »
Elle s'allonge. Le drap est frais contre sa peau chaude. Elle fixe le plafond de l'atelier, les poutres apparentes, les toiles d'araignée dans les coins. Son cœur bat si fort qu'elle entend le sang battre à ses tempes.
Raphaël s'approche. S'agenouille à côté du matelas. Ses mains se posent sur ses épaules. Doucement d'abord. Puis avec plus de fermeté. Il ajuste sa position comme il ajusterait une toile sur un chevalet. Ses mains glissent le long de ses bras, les étend légèrement de chaque côté de son corps. Pas complètement. Juste assez pour l'ouvrir, l'exposer.
Ses mains descendent sur ses hanches. Les saisissent. Les font pivoter légèrement vers la droite. Il penche la tête, évalue l'angle. Corrige. Ses doigts s'enfoncent légèrement dans sa chair, laissent des marques temporaires. Elle sent la force contenue dans ces mains. La maîtrise absolue qu'il exerce sur son propre corps et maintenant sur le sien.
Il descend vers ses jambes. Ses paumes remontent le long de ses mollets, de ses cuisses. Il écarte ses genoux. Légèrement d'abord. Victoire se raidit instinctivement. Il sent sa résistance, s'arrête.
« Détends-toi. »
Sa voix est douce maintenant. Presque tendre. Il masse l'intérieur de ses cuisses avec ses pouces, décrivant des cercles lents qui détendent progressivement ses muscles. Elle sent la tension se relâcher. Se laisse aller contre le matelas.
Il écarte ses cuisses un peu plus. Pas beaucoup. Juste assez pour entrevoir son sexe. Elle sait qu'il peut la voir. Voir qu'elle est déjà humide. Que son désir suinte, incontrôlable. La honte et l'excitation se mélangent dans son ventre.
Ses mains remontent, frôlent l'aine sans jamais toucher directement son sexe. Passent sur son ventre, ses côtes. S'arrêtent juste sous ses seins. Il les entoure de ses paumes sans les presser. Juste les soutient. Sent leur poids, leur chaleur. Ses pouces effleurent les tétons durcis. Une fois. Deux fois. Des caresses si légères qu'elle n'est pas sûre de les avoir vraiment senties.
Il remonte vers son visage. Une main glisse dans ses cheveux, les défait de leur chignon strict. Ils se répandent autour de sa tête comme une auréole sombre. Il arrange les mèches avec soin, les étale sur le drap blanc. Puis il prend son menton, tourne son visage vers la lumière.
« Comme ça. Ne bouge plus. »
La lumière du soleil inonde son visage. Elle plisse les yeux. Il ajuste l'angle de sa tête, incline légèrement son menton vers le haut. Exposant la ligne de sa gorge. La rendant plus vulnérable encore.
« Parfait. Reste exactement comme ça. »
Il se relève, recule de quelques pas. L'observe. Victoire se sent comme un objet. Une nature morte qu'il vient de composer. Et pourtant, jamais elle ne s'est sentie aussi vivante. Chaque centimètre de sa peau vibre. Elle sent l'air frais sur ses tétons durcis, entre ses cuisses écartées. Elle sent la chaleur du soleil sur son visage. Elle sent son propre pouls battre dans son cou, ses poignets, son sexe.
Les minutes s'étirent. Il ne dit rien. Se contente de la regarder. Elle entend sa respiration, le craquement du plancher quand il se déplace légèrement. Le bruit lointain de la circulation dans la rue. Mais surtout, elle entend le silence. Un silence chargé de désir, d'anticipation. Un silence qui la remplit tout entière.
Elle veut bouger. Refermer ses cuisses. Couvrir ses seins. Mais elle ne le fait pas. Elle reste immobile, exposée, offerte. Parce qu'il lui a dit de ne pas bouger. Et parce que quelque chose en elle a besoin de cette soumission. De cet abandon total de contrôle.
Son sexe pulse. Elle sent l'humidité qui coule d'elle, qui mouille l'intérieur de ses cuisses. Elle espère qu'il ne peut pas voir. Et en même temps, elle espère qu'il voit. Qu'il comprend l'effet qu'il a sur elle. Le pouvoir qu'il exerce sur son corps rien qu'en la regardant.
Raphaël s'approche à nouveau. S'agenouille entre ses jambes cette fois. Ses mains se posent sur ses chevilles. Les soulèvent légèrement. Plie ses genoux. Écarte ses cuisses un peu plus. Beaucoup plus. Elle est maintenant complètement exposée. Son sexe ouvert, offert à son regard.
Il ne le touche pas. Se contente de le regarder. Longuement. Elle voit ses yeux qui détaillent chaque pli, chaque repli de son intimité. Elle sent son souffle chaud entre ses cuisses. Si proche. Si terriblement proche. Mais il ne la touche toujours pas.
« Tu es trempée. »
Ce n'est pas une question. C'est une constatation. Dite d'une voix neutre, presque clinique. Mais qui la fait rougir jusqu'à la racine des cheveux. Elle voudrait nier. Mais elle ne peut pas. C'est trop évident.
« Tu aimes être regardée comme ça. Exposée. Vulnérable. »
Encore une constatation. Pas un jugement. Juste un fait. Et c'est vrai. Elle le découvre à cet instant précis. Elle aime ça. Elle aime cette impuissance. Cette impossibilité de se cacher. Elle aime qu'il la voie telle qu'elle est vraiment. Sans artifice. Sans mensonge.
Ses mains remontent le long de ses cuisses. Lentement. Si lentement. Ses pouces se rapprochent de son sexe. Puis s'écartent au dernier moment. Reprennent leur ascension sur ses hanches, son ventre.
Victoire sent quelque chose se briser en elle. Toutes ses défenses s'effondrent. Elle gémit. Un son rauque, presque animal, qui lui échappe malgré elle.
Il sourit à nouveau. Puis il se lève.
« Maintenant, reste exactement comme ça. Je vais te dessiner. »
Et il retourne à son chevalet, la laissant là, nue, exposée, tremblante de désir inassouvi. Exactement comme il l'a voulue.
Le silence s'installe dans l'atelier, lourd et chargé d'électricité. Seul le grattement doux du fusain sur la toile trouble la quiétude. Victoire sent chaque centimètre de sa peau exposée à l'air frais. La vulnérabilité de sa position la trouble autant qu'elle l'excite. Elle est allongée nue sur ce matelas, offerte au regard de cet homme qu'elle connaît à peine, et pourtant elle n'a jamais ressenti une telle intensité.
L'air de l'atelier caresse sa peau comme une présence tangible. Ses tétons durcissent sous l'effet du froid, deviennent deux pointes sensibles qui réclament une attention qu'elle n'ose pas demander. Elle frissonne, et ce frisson n'a rien à voir uniquement avec la température.
« Tu as froid ? »
La voix de Raphaël traverse le silence. Grave, presque rauque. Il n'a pas levé les yeux de la toile, mais elle sait qu'il a remarqué. Qu'il remarque tout.
« Non. »
Le mensonge lui échappe automatiquement. Vieille habitude de contrôle. Ne jamais montrer de faiblesse. Ne jamais admettre un besoin.
« Menteuse. »
Le mot tombe comme un verdict. Il pose le fusain avec une lenteur calculée qui fait battre le cœur de Victoire plus vite. Elle entend ses pas sur le plancher de bois, chaque craquement amplifié dans le silence. Il s'approche. Elle retient son souffle.
Raphaël s'agenouille à côté du matelas. Ses yeux gris la fixent avec cette intensité qui la désarme à chaque fois. Il ne dit rien pendant un long moment, se contente de la regarder. Victoire sent son regard comme une caresse physique, parcourant son corps nu avec une lenteur délibérée.
Puis ses mains se posent sur ses chevilles. Le contact la fait sursauter. Ses paumes sont chaudes, calleuses. Des mains d'artiste qui ont passé des années à manipuler toiles et pinceaux. Elles remontent le long de ses mollets avec une lenteur qui frôle la torture.
« Un faussaire apprend à toucher avant de peindre. »
Sa voix est basse, presque un murmure. Ses mains continuent leur exploration, glissent derrière ses genoux, trouvent ces zones de peau fine et sensible. Victoire sent chaque empreinte digitale, chaque pression de ses doigts.
« Il faut connaître la texture, la température, la consistance. »
Les mains remontent encore, atteignent ses cuisses. Les pouces de Raphaël tracent des cercles lents sur l'intérieur de ses jambes. Victoire sent les muscles de son ventre se contracter involontairement. Son souffle devient irrégulier. Elle voudrait écarter les cuisses, lui offrir un accès plus facile, mais une partie d'elle résiste encore. Cette partie qui refuse de céder totalement le contrôle.
« Détends-toi. »
Comme s'il lisait dans ses pensées. Ses mains massent doucement ses cuisses, défont les nœuds de tension. Victoire sent sa résistance s'effriter progressivement. Ses jambes s'écartent d'elles-mêmes, lentement, comme attirées par une force invisible.
Les doigts de Raphaël remontent plus haut. Effleurent la jonction entre ses cuisses et son bassin. Elle retient un gémissement. Son sexe pulse déjà d'anticipation. Elle sent l'humidité qui commence à perler entre ses lèvres, preuve indéniable de son excitation.
Quand ses doigts effleurent enfin son sexe, c'est à peine un contact. Une caresse fantôme qui la fait se cambrer malgré elle. Elle entend un son rauque s'échapper de sa gorge, un mélange de frustration et de désir.
Raphaël glisse un doigt entre ses lèvres, recueille l'humidité qui s'y accumule. Le contact direct fait vibrer tout son corps. Elle sent chaque millimètre de peau qu'il touche s'embraser.
Ses doigts explorent son intimité avec la même précision qu'il examine les toiles. Méthodique. Attentif. Il écarte ses lèvres doucement, expose son clitoris déjà gonflé. L'air frais sur cette zone ultra-sensible arrache un nouveau gémissement à Victoire.
Puis il le touche. Un effleurement léger, presque taquin. Le contact électrise. Victoire ferme les yeux, se mord la lèvre pour retenir le cri qui monte en elle. Mais Raphaël ne s'arrête pas. Son pouce trouve son clitoris, commence à tracer des cercles lents autour du bouton de chair durci.
« Regarde-moi. »
L'ordre la traverse comme une décharge. Elle ouvre les yeux avec difficulté. Son regard rencontre celui de Raphaël. Ces yeux gris qui la scrutent, qui voient tout ce qu'elle essaie de cacher. La vulnérabilité, le désir brut, le besoin qui consume.
« Je veux voir ton visage quand tu jouis. »
Les mots résonnent dans son ventre comme une promesse obscure. Ses doigts continuent leur travail, variant la pression sur son clitoris. Tantôt légers comme un souffle, tantôt plus fermes, presque à la limite de l'inconfort. Cette alternance la rend folle.
Puis il ajoute un doigt à l'intérieur d'elle. La pénétration la fait haleter. Son intimité se contracte autour de l'intrusion, accueille le doigt avec une avidité qui la surprend elle-même. Il bouge lentement, explore ses parois internes avec une curiosité presque clinique. Cherche, tâtonne, jusqu'à ce qu'il trouve ce point.
Quand son doigt courbe et touche cet endroit précis à l'intérieur d'elle, Victoire crie. La sensation est si intense qu'elle en est presque douloureuse. Une vague de chaleur explose dans son bas-ventre, se propage dans tout son corps.
« Là. »
Il a trouvé. Son doigt masse ce point avec une précision chirurgicale pendant que son pouce maintient une pression constante sur son clitoris. La double stimulation est dévastatrice. Victoire sent ses hanches se soulever du matelas, cherchant plus de contact, plus de pression, plus de tout.
Il ajoute un deuxième doigt. L'étirement la fait gémir plus fort. Ses deux doigts vont et viennent maintenant, établissent un rythme lent et profond qui la fait perdre pied. Elle entend les sons obscènes de son intimité mouillée qui accueille ses doigts, et au lieu de la gêner, ça l'excite encore plus.
Son pouce ne cesse jamais de caresser son clitoris. Cercles réguliers, pression constante. Ses doigts à l'intérieur d'elle trouvent ce point à chaque mouvement, le massent sans relâche. La combinaison des deux stimulations crée une spirale ascendante de plaisir qui menace de l'engloutir.
« Raphaël... »
Son prénom sort comme une supplication. Elle ne sait même pas ce qu'elle demande. Qu'il arrête ? Qu'il continue ? Qu'il la laisse jouir ou qu'il la maintienne dans cet état de tension insoutenable ?
« Je sais. »
Il sait. Bien sûr qu'il sait. Ses doigts accélèrent légèrement, juste assez pour intensifier le plaisir sans le précipiter. Il la maintient au bord, la fait monter progressivement vers ce sommet qu'elle sent approcher comme une vague gigantesque prête à s'abattre.
Victoire essaie de retenir l'orgasme. Vieux réflexe de contrôle. Elle contracte ses muscles internes, tente de ralentir la montée inexorable du plaisir. Mais c'est inutile. Raphaël connaît son corps mieux qu'elle ne le connaît elle-même après seulement quelques minutes d'exploration.
« Laisse-toi aller. Ne combats pas. »
Sa voix est douce mais autoritaire. Ses doigts ne fléchissent pas dans leur rythme. Pression, mouvement, caresse. Encore et encore. Victoire sent la résistance s'effondrer en elle. Son corps prend le contrôle, ignorant les tentatives désespérées de son esprit pour maintenir une quelconque maîtrise.
L'orgasme la frappe sans prévenir. Une vague brûlante qui déferle depuis son bassin et irradie dans chaque terminaison nerveuse. Elle se cambre violemment, le dos décollé du matelas, la tête rejetée en arrière. Un cri s'échappe de sa gorge, rauque et primal, un son qu'elle ne se connaissait pas.
« Raphaël ! »
Son prénom déchiré dans l'extase. Ses muscles internes se contractent spasmodiquement autour de ses doigts. Son clitoris pulse sous son pouce. Des vagues successives de plaisir la traversent, chacune aussi intense que la précédente.
Mais Raphaël ne retire pas ses doigts. Il continue de la caresser, maintient la stimulation pendant que l'orgasme déferle. Prolonge chaque spasme, chaque contraction. Victoire tremble sous ses mains, le corps secoué de soubresauts incontrôlables.
« Encore. »
Le mot tombe comme une sentence. Ses doigts reprennent leur mouvement, trouvent à nouveau ce point à l'intérieur d'elle. Son clitoris est hypersensible maintenant, presque douloureux sous son pouce, mais il ne s'arrête pas. Il la pousse au-delà de ce qu'elle croyait pouvoir endurer.
Le deuxième orgasme arrive plus vite que le premier. Moins violent mais plus profond, comme une vague qui l'engloutit et refuse de la laisser remonter à la surface. Elle crie à nouveau, les mains agrippées au drap sous elle, cherchant désespérément quelque chose à quoi s'ancrer.
Ses cuisses tremblent de façon incontrôlable. Tout son corps est en feu. La sueur perle sur sa peau, mélange salé qui accentue chaque sensation. Elle a l'impression de se dissoudre, de perdre les contours de son identité dans ce plaisir qui efface tout le reste.
Quand il retire enfin ses doigts, elle sent un mélange de soulagement et de déception. Son intimité pulse encore, vide maintenant, réclamant déjà d'être remplie à nouveau. Ses lèvres sont gonflées, sensibles, trempées de son propre désir.
Raphaël porte ses doigts à sa bouche. Les lèche lentement, méthodiquement, nettoyant chaque trace de sa cyprine. Ses yeux ne quittent jamais ceux de Victoire. L'intensité de ce regard, combinée au geste obscène, fait naître une nouvelle vague de chaleur dans son ventre.
« Tu as un goût salé. Comme la mer après l'orage. »
La métaphore la fait frissonner. Elle reste allongée sur le matelas, incapable de bouger, le corps encore vibrant des échos de son plaisir. Sa respiration est erratique, saccadée. Son cœur bat tellement fort qu'elle l'entend résonner dans ses oreilles.
Raphaël se relève, retourne à son chevalet comme si rien ne s'était passé. Reprend son fusain avec la même concentration qu'auparavant. Mais Victoire voit la tension dans ses épaules, le renflement visible à l'avant de son pantalon. Il n'est pas aussi impassible qu'il veut le paraître.
Elle reste immobile comme il le lui a demandé. Mais quelque chose a changé en elle. Une barrière s'est effondrée. Elle vient de s'abandonner complètement à cet homme, a laissé son corps prendre le contrôle et dicter ses besoins. Et au lieu de la terrifier, cette perte de maîtrise l'a libérée d'un poids qu'elle ne savait même pas porter.
Le fusain gratte à nouveau sur la toile. Le silence est différent maintenant. Plus chargé. Électrique. Victoire sent encore le fantôme de ses doigts sur son clitoris, à l'intérieur d'elle. Son corps réclame déjà plus. Mais elle attend. Patiente. Apprend à savourer cette tension délicieuse entre le désir et sa satisfaction.
Une heure passe. Peut-être deux. Elle perd la notion du temps. Son corps commence à protester contre l'immobilité, mais elle ne bouge pas. Il vient vérifier régulièrement, ajuste sa position, l'observe sous différents angles.
À un moment, il pose son pinceau et s'approche à nouveau. Ses mains sont couvertes de peinture. Il les pose sur son ventre, laisse des empreintes colorées sur sa peau. Remonte vers ses seins, les pétrit, laisse des traces d'ocre et de bleu.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je te transforme en toile. »
Ses mains descendent, peignent son sexe avec des doigts chargés de pigments. La sensation est étrange, froide d'abord, puis réchauffée par sa peau. Il dessine des motifs sur ses cuisses, son ventre, ses seins. Elle devient une œuvre vivante.
« Lève-toi. »
Elle obéit. Se tient debout devant lui, le corps maculé de peinture. Il la fait tourner, peint son dos, ses fesses. Ses mains explorent chaque courbe, chaque creux. Quand il a terminé, il recule pour admirer son travail.
« Magnifique. »
Raphaël défait sa ceinture avec une lenteur délibérée. Le cuir glisse hors des passants de son pantalon dans un murmure. Ses yeux ne quittent pas Victoire. Elle est là, debout contre le mur de l'atelier, le corps entièrement recouvert de peinture qui brille sous la lumière crue. Rouge vermillon sur ses seins, bleu de Prusse entre ses cuisses, ocre jaune sur son ventre. Un chaos de couleurs qui la transforme en œuvre vivante.
Il fait tomber son pantalon, le laisse s'échouer sur le sol maculé de pigments. Son sexe se dresse, dur et tendu, la peau pâle contrastant avec les traces colorées qui ornent déjà ses mains. Il a touché tant de fois ce corps peint qu'il porte lui-même les stigmates de leur création.
Victoire sent son cœur battre si fort qu'elle a l'impression qu'il va exploser. La peinture sèche tire légèrement sa peau, crée une sensation étrange, presque une seconde peau qui la comprime délicatement. Elle ne peut détacher son regard du sexe de Raphaël, de la façon dont il pulse légèrement au rythme de son désir. Une goutte de liquide translucide perle déjà au sommet, témoignage irréfutable de son excitation.
Il s'approche. Chaque pas résonne dans l'atelier silencieux. Elle sent l'odeur de térébenthine qui imprègne ses vêtements abandonnés se mêler à celle, plus âcre, de la peinture fraîche et de leur sueur. Quand il arrive à sa hauteur, il pose ses mains sur ses hanches peintes. La chaleur de ses paumes contraste avec la fraîcheur du pigment séché.
« Tu trembles. »
Sa voix est rauque, chargée d'une promesse qu'elle connaît maintenant par cœur. Elle hoche la tête, incapable de formuler une réponse cohérente. Ses jambes menacent de céder sous elle. L'anticipation est presque douloureuse, une tension qui se love au creux de son ventre et irradie vers le bas.
Raphaël la plaque contre le mur. Le plâtre blanc est froid contre son dos peint. Elle sent immédiatement le transfert des pigments, sait qu'elle laisse une empreinte parfaite de son corps sur la surface immaculée. Rouge, bleu, jaune. Les couleurs primaires de leur désir qui marquent le mur comme un témoignage silencieux.
Il glisse une main le long de sa cuisse, la soulève avec une force contenue. Ses doigts s'enfoncent dans sa chair, laissent des marques temporaires qui s'ajoutent à celles de la peinture. Il positionne sa jambe autour de sa hanche, l'ouvre à lui. Elle sent l'air frais de l'atelier sur son sexe exposé, humide et gonflé d'un désir qui ne demande qu'à être comblé.
« Raphaël... »
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase. Il la pénètre d'un coup, sans prévenir, sans préparation. Son sexe dur s'enfonce en elle jusqu'à la garde, la remplit complètement, étire ses parois intimes dans une sensation qui oscille entre la douleur et le plaisir. Elle crie, un son rauque qui s'échappe de sa gorge sans qu'elle puisse le retenir.
Ses mains s'accrochent désespérément à ses épaules. Les ongles s'enfoncent dans sa peau, laissent des demi-lunes rouges qui apparaîtront plus tard comme des trophées de leur sauvagerie. Il reste immobile un instant, profondément enfoui en elle, savourant la sensation de ses muscles intimes qui se contractent autour de lui, tentent de s'adapter à cette intrusion soudaine.
« Tu me sens ? »
« Oui. Putain, oui. »
Le mot lui échappe, vulgaire et cru. Elle qui parle toujours avec tant de retenue, tant de contrôle. Mais le contrôle n'existe plus. Il a disparu quelque part entre la première couche de peinture et ce moment où il la cloue contre le mur avec son sexe.
Il commence à bouger. Lentement d'abord, se retire presque entièrement avant de s'enfoncer à nouveau. Chaque pénétration est profonde, mesurée, calculée pour la faire gémir. Elle sent chaque centimètre de lui, chaque veine qui pulse contre ses parois sensibles. La friction est intense, presque insoutenable.
Puis il accélère. Ses hanches claquent contre les siennes avec une intensité sauvage. Il la baise sans retenue, sans tendresse, avec une brutalité qu'elle a appris à désirer. Chaque coup de reins la plaque un peu plus contre le mur. Sa tête heurte légèrement le plâtre, mais elle s'en fout. Elle ne sent que lui en elle, que le plaisir qui monte par vagues successives.
Leurs corps peints glissent l'un contre l'autre. Le bleu sur ses cuisses se mélange au rouge sur son torse quand il se colle à elle. La peinture humide de leurs sueurs crée des motifs involontaires, des traînées colorées qui racontent l'histoire de leurs mouvements. Elle sent le pigment s'étaler sur sa peau, créer de nouvelles textures, de nouvelles sensations.
« Touche-toi. »
L'ordre tombe comme un couperet. Elle obéit sans réfléchir. Glisse une main tremblante entre leurs corps soudés. Trouve son clitoris gonflé, durci par l'excitation. Le contact la fait sursauter, tellement c'est intense. Elle est tellement sensible qu'un simple effleurement lui arrache un gémissement.
Elle se masturbe pendant qu'il continue de la pilonner. Ses doigts tracent des cercles rapides sur son bouton de chair. La double stimulation est dévastatrice. Elle sent son sexe se contracter autour de celui de Raphaël, ses muscles intimes qui pulsent au rythme de son plaisir grandissant.
« Plus fort. Fais-toi jouir. »
Sa voix est tendue, presque désespérée. Il accélère encore, la baise avec une violence qui la fait hurler. Elle presse plus fort sur son clitoris, le masse avec une urgence qui confine à la douleur. Le plaisir monte, inexorable, vague après vague qui déferlent dans son ventre, ses cuisses, jusqu'au bout de ses orteils.
Raphaël lâche sa jambe, attrape ses cheveux. Tire sa tête en arrière avec une force qui l'oblige à cambrer le dos. La nouvelle position change l'angle de pénétration. Il cogne maintenant contre un point profond en elle qui la fait voir des étoiles. Elle ne peut plus penser, plus respirer. Juste sentir.
Il mord son cou. Pas une morsure douce, mais quelque chose de sauvage qui laissera une marque. Ses dents s'enfoncent dans la chair tendre sous sa mâchoire. Elle sent la pression, la douleur aiguë qui se transforme en pure extase. Il suce la peau mordue, crée une ecchymose qu'elle portera pendant des jours.
« Jouis pour moi. Encore. »
Le mot encore résonne dans sa tête. Combien de fois a-t-elle déjà joui ce soir ? Elle ne sait plus. Elle perd le compte. Mais son corps obéit, toujours. L'orgasme la frappe comme un éclair. Violent, brutal, sans prévenir. Elle se contracte autour de lui, ses muscles intimes qui se serrent par spasmes incontrôlables. Son clitoris pulse sous ses doigts. Tout son corps se tend, arc-bouté contre le mur.
Elle hurle son prénom. Le crie dans l'atelier vide. « Raphaël, putain, Raphaël ! » Les mots sortent en cascade, sans filtre, sans honte. Elle sent les larmes monter, couler sur ses joues. Trop de sensations, trop d'intensité. Son corps ne sait plus comment contenir tout ce plaisir.
Raphaël jouit au même moment. Elle le sent à la façon dont son sexe gonfle encore plus en elle, à ses grognements rauques contre son cou. Il se déverse en elle, son sperme chaud qui explose au fond de son vagin. Ses hanches continuent de bouger par à-coups, prolongent l'orgasme jusqu'à la dernière goutte.
Ils restent enlacés contre le mur, haletants. Leurs souffles se mêlent, rapides et saccadés. Elle sent son cœur battre contre son sein, ou peut-être est-ce le sien, elle ne sait plus. Ils ne font qu'un, corps soudés par la peinture et la sueur.
Il se retire lentement. Son sexe glisse hors d'elle dans un bruit humide, obscène. Elle sent immédiatement le vide, le manque. Puis le sperme qui commence à couler le long de ses cuisses. Chaud, épais, visqueux. Il se mélange aux pigments bleus qui ornent sa peau, crée une nouvelle teinte, un violet pâle qui descend jusqu'à ses genoux.
Raphaël recule d'un pas, la regarde. Ses yeux gris scrutent chaque centimètre de son corps. Elle est là, plaquée contre le mur maculé de peinture, les jambes tremblantes, le sexe gonflé et rougi, le sperme qui coule d'elle et se mélange aux couleurs. Ses seins se soulèvent au rythme de sa respiration encore erratique. Ses cheveux sont collés à son front par la sueur. Une larme trace un sillon propre sur sa joue peinte.
« Tu es une œuvre d'art. »
Les mots tombent comme une bénédiction. Elle lève les yeux vers lui, voit la fascination dans son regard. Pas seulement du désir. Quelque chose de plus profond. De l'émerveillement. Comme s'il contemplait quelque chose de sacré.
Elle baisse les yeux sur son propre corps. Voit le chaos de couleurs, les traînées où leurs peaux se sont frottées, les empreintes de ses mains sur ses hanches, le liquide blanc qui continue de s'écouler d'elle. C'est obscène. C'est magnifique. C'est elle, dans toute sa vérité crue.
Pour la première fois de sa vie, Victoire se sent complètement authentique. Pas de façade, pas de contrôle, pas de mensonge. Juste un corps désirant, utilisé, célébré. Une toile vivante sur laquelle ils ont peint leur histoire avec de la chair, du plaisir et des fluides.
Elle glisse lentement le long du mur, s'assoit sur le sol froid de l'atelier. Ses jambes ne la portent plus. Raphaël s'agenouille devant elle, passe doucement ses doigts sur sa joue. Essuie la larme avec une tendresse qui contraste avec la violence de ce qu'ils viennent de faire.
« Ça va ? »
Elle hoche la tête, incapable de parler. Sa gorge est nouée, pas de tristesse mais d'émotion pure. Elle vient de franchir une limite qu'elle ne savait même pas exister. Et de l'autre côté, il y a lui. Il y a eux. Il y a cette création qu'ils font naître ensemble, couche après couche, orgasme après orgasme.
Il l'aide à se relever, la guide vers le matelas posé dans un coin. La couche doucement, s'allonge à côté d'elle. Leurs corps peints tachent les draps blancs, créent encore de nouveaux motifs. Mais ils s'en foutent. Ils restent enlacés, silencieux, écoutant leurs respirations qui se calment progressivement.
Sur le mur derrière eux, l'empreinte de Victoire se fige lentement. Rouge, bleu, jaune. Les couleurs de leur passion immortalisées sur le plâtre blanc. Un témoignage silencieux de ce qu'ils sont en train de créer. Quelque chose qui dépasse l'art, qui dépasse le sexe. Quelque chose d'authentique, enfin.
A suivre…
Les semaines qui suivent prennent une tournure que Victoire n'aurait jamais imaginée. Les rencontres nocturnes dans les réserves deviennent un rituel. Chaque soir, après la fermeture, Raphaël arrive avec son sac d'outils et ses doigts tachés de peinture. Chaque soir, ils examinent les tableaux. Et chaque soir, la distance entre eux se réduit un peu plus.
Un mardi, il lui propose quelque chose de différent.
« Viens à mon atelier. »
Victoire hésite. Franchir le seuil de son territoire, c'est accepter un basculement. Mais elle dit oui. Bien sûr qu'elle dit oui.
L'atelier des Batignolles baigne dans la lumière de fin d'après-midi. Les rayons du soleil traversent les grandes fenêtres sales, créent des colonnes dorées dans la poussière. Raphaël l'attend devant un tableau posé sur un chevalet. Une nature morte du XVIIe, prétendument un Snyders.
« Approche. »
Elle traverse la pièce, pose son sac. Il se tient derrière le chevalet, les mains sur le cadre.
« Je vais t'apprendre à voir autrement. Pas comme une commissaire-priseur. Comme un faussaire. »
« Quelle différence ? »
« Toute la différence. Toi, tu cherches l'authenticité. Moi, je cherche les failles. Les endroits où l'artiste a hésité, triché, menti. »
Il prend sa main, la guide vers la toile. Ses doigts effleurent la surface, s'attardent sur les craquelures.
« Sens ça. »
« Raphaël, on ne touche pas les œuvres. »
« Moi si. Comment veux-tu connaître une toile si tu ne la touches pas ? »
Sa voix est basse, presque un murmure. Il maintient sa main contre la surface peinte, guide ses doigts le long des reliefs. Elle sent le grain du lin sous les couches de peinture, la texture inégale des pigments séchés.
« Tu vois ? Les craquelures sont trop uniformes. Un vrai Snyders aurait des fissures aléatoires. Là, c'est une technique artificielle. »
Il approche son visage du sien pour qu'elle voie sous le même angle que lui. Leurs joues se frôlent. Elle sent son souffle contre sa tempe. Son cœur bat trop fort.
« Et les pigments ? »
« Regarde à la lumière rasante. »
Il éteint les néons, allume une lampe portable. La lumière glisse sur la toile comme une caresse. Les imperfections deviennent évidentes. Les couches mal appliquées, les reprises maladroites.
« Comment on fait ça ? »
« Quoi ? Les fausses craquelures ? »
« Oui. »
« Je te montre. »
Il va chercher une toile vierge, la pose sur la table. Sort des pots de peinture, un pinceau. Ses gestes sont précis, presque rituels. Il mélange les pigments, applique une première couche.
« Maintenant, on attend qu'elle sèche. Ça va prendre une heure. »
« Une heure ? »
« Tu as autre chose à faire ? »
Elle devrait partir. Rentrer chez elle. Mettre de la distance. Au lieu de ça, elle retire sa veste, la pose sur une chaise.
« Montre-moi tes toiles. »
Il sourit, surpris. Puis il va vers les châssis retournés contre le mur. Il en choisit un, le retourne. C'est un nu féminin. Pas académique. Brutal. La femme est allongée sur un lit défait, les cuisses écartées, le regard vacant. La peinture est épaisse, presque violente.
« C'est... intense. »
« C'est ce que je ressens quand je peins. »
Il montre une autre toile. Un autoportrait. Il se représente nu également, assis sur un tabouret, le sexe visible, les yeux fixant le spectateur. Il n'y a aucune honte dans cette image. Juste de la vérité brute.
« Pourquoi tu les caches ? »
« Parce que personne ne veut voir ça. Les gens préfèrent les mensonges élégants. Les faux bien faits. »
Il repose la toile, se tourne vers elle.
« Toi aussi, tu caches quelque chose. »
« Quoi ? »
« Ce que tu es vraiment. Sous le tailleur. Sous le vernis. »
Il s'approche. Elle recule instinctivement, bute contre la table. Il pose ses mains de part et d'autre de ses hanches, la piège entre ses bras.
« Laisse-moi te peindre. Vraiment. »
« Tu l'as déjà fait. »
« Non. J'ai dessiné ton portrait. Maintenant, je veux peindre ce que tu caches. »
Elle devrait refuser. Mais au lieu de ça, elle hoche la tête. Il recule, va chercher son chevalet, installe une nouvelle toile. Sort ses pinceaux, ses pigments.
« Déshabille-toi. »
Le ton n'est pas une question. C'est une instruction. Une exigence posée avec une autorité tranquille qui fait vibrer quelque chose de profond en Victoire. Elle hésite un instant, les doigts figés sur le premier bouton de sa chemise. Son cœur bat trop fort, trop vite. Elle sent la chaleur monter dans sa poitrine, se répandre dans son cou.
Elle déboutonne lentement. Un bouton. Puis un deuxième. Raphaël ne la quitte pas des yeux. Son regard est intense, presque douloureux. Il ne bouge pas, adossé à la table couverte de peinture, bras croisés. Il attend. Il sait qu'elle va obéir. Il le sait avec une certitude qui la trouble autant qu'elle l'excite.
Le troisième bouton révèle son soutien-gorge. De la dentelle noire. Elle n'a pas choisi cette lingerie par hasard ce matin. Comme si elle avait su, obscurément, que ce moment viendrait. Le quatrième bouton. Le cinquième. La chemise s'ouvre entièrement. Elle la laisse glisser de ses épaules, tombe en un froissement soyeux sur le sol de l'atelier.
Victoire défait sa ceinture. Le cuir glisse dans les passants avec un sifflement léger. Elle baisse la fermeture éclair de son pantalon, le fait descendre le long de ses jambes. Se penche pour l'ôter complètement. Quand elle se redresse, elle se tient devant lui en sous-vêtements de dentelle. Soutien-gorge et culotte assortis. Noirs. Raffinés. Une armure de séduction qu'elle porte comme on porte un masque.
Raphaël la regarde avec une intensité qui la brûle. Ses yeux parcourent chaque centimètre de peau exposée. Il observe comme il observe les toiles. Avec une attention clinique d'abord. Il note la courbe de ses épaules, la ligne de ses clavicules, la façon dont ses seins emplissent le soutien-gorge. Puis quelque chose de plus sombre apparaît dans ses yeux. Une faim. Un désir brut qui transforme son visage.
« Tout. »
Le mot tombe comme une pierre dans le silence de l'atelier. Victoire sent ses mains trembler légèrement. Elle porte ses mains dans son dos, trouve l'agrafe de son soutien-gorge. Le détache. Laisse le tissu glisser. Ses seins se libèrent, s'offrent à l'air frais de l'atelier. Ses tétons se durcissent instantanément. Pas seulement à cause du froid. À cause de ce regard qui la dévore.
Elle glisse ses pouces dans l'élastique de sa culotte. Hésite une fraction de seconde. Puis fait descendre le dernier rempart. La dentelle roule le long de ses cuisses, de ses mollets. Elle l'enjambe, se tient nue dans l'atelier inondé de lumière.
La lumière du soleil qui traverse les grandes fenêtres sales caresse sa peau. Elle se sent exposée d'une façon qu'elle n'a jamais connue. Pas seulement nue. Dépouillée. Vulnérable. Et pourtant, paradoxalement, cette vulnérabilité la libère. Elle ne peut plus se cacher derrière ses tailleurs, son vernis de commissaire-priseur impeccable. Elle n'est plus qu'un corps. Un corps désirant et désiré.
Raphaël se détache de la table. S'approche lentement. Ses pas résonnent sur le plancher de bois. Il tourne autour d'elle comme autour d'une sculpture. L'examine sous tous les angles. Victoire sent son regard comme une caresse physique sur sa nuque, son dos, ses fesses, ses cuisses. Elle a envie de se couvrir, de croiser les bras sur sa poitrine. Mais elle ne bouge pas. Elle se force à rester immobile, offerte.
Il s'arrête devant elle. Si près qu'elle sent la chaleur de son corps. L'odeur de térébenthine et de tabac froid qui émane de lui. Il lève une main, effleure son épaule du bout des doigts. Un contact léger, presque imperceptible. Mais qui la fait frissonner de la tête aux pieds.
« Tu es magnifique. »
Sa voix est rauque. Il laisse ses doigts descendre le long de son bras, tracer la ligne de ses côtes. S'arrêter juste sous son sein sans le toucher. Victoire retient son souffle. Elle veut qu'il la touche là. Qu'il prenne ses seins dans ses mains, qu'il pince ses tétons durcis. Mais il ne le fait pas. Pas encore.
« Allonge-toi là. »
Il désigne un matelas posé dans un coin, recouvert d'un drap blanc immaculé. Le contraste avec le désordre de l'atelier est frappant. Comme si ce coin avait été préparé spécialement pour elle. Pour ce moment.
Victoire traverse l'atelier nue. Elle sent son regard sur ses fesses, sur le mouvement de ses hanches. Elle s'agenouille sur le matelas, hésite. Comment se positionner ? Sur le dos ? Sur le ventre ? Assise ?.
« Sur le dos. »
Elle s'allonge. Le drap est frais contre sa peau chaude. Elle fixe le plafond de l'atelier, les poutres apparentes, les toiles d'araignée dans les coins. Son cœur bat si fort qu'elle entend le sang battre à ses tempes.
Raphaël s'approche. S'agenouille à côté du matelas. Ses mains se posent sur ses épaules. Doucement d'abord. Puis avec plus de fermeté. Il ajuste sa position comme il ajusterait une toile sur un chevalet. Ses mains glissent le long de ses bras, les étend légèrement de chaque côté de son corps. Pas complètement. Juste assez pour l'ouvrir, l'exposer.
Ses mains descendent sur ses hanches. Les saisissent. Les font pivoter légèrement vers la droite. Il penche la tête, évalue l'angle. Corrige. Ses doigts s'enfoncent légèrement dans sa chair, laissent des marques temporaires. Elle sent la force contenue dans ces mains. La maîtrise absolue qu'il exerce sur son propre corps et maintenant sur le sien.
Il descend vers ses jambes. Ses paumes remontent le long de ses mollets, de ses cuisses. Il écarte ses genoux. Légèrement d'abord. Victoire se raidit instinctivement. Il sent sa résistance, s'arrête.
« Détends-toi. »
Sa voix est douce maintenant. Presque tendre. Il masse l'intérieur de ses cuisses avec ses pouces, décrivant des cercles lents qui détendent progressivement ses muscles. Elle sent la tension se relâcher. Se laisse aller contre le matelas.
Il écarte ses cuisses un peu plus. Pas beaucoup. Juste assez pour entrevoir son sexe. Elle sait qu'il peut la voir. Voir qu'elle est déjà humide. Que son désir suinte, incontrôlable. La honte et l'excitation se mélangent dans son ventre.
Ses mains remontent, frôlent l'aine sans jamais toucher directement son sexe. Passent sur son ventre, ses côtes. S'arrêtent juste sous ses seins. Il les entoure de ses paumes sans les presser. Juste les soutient. Sent leur poids, leur chaleur. Ses pouces effleurent les tétons durcis. Une fois. Deux fois. Des caresses si légères qu'elle n'est pas sûre de les avoir vraiment senties.
Il remonte vers son visage. Une main glisse dans ses cheveux, les défait de leur chignon strict. Ils se répandent autour de sa tête comme une auréole sombre. Il arrange les mèches avec soin, les étale sur le drap blanc. Puis il prend son menton, tourne son visage vers la lumière.
« Comme ça. Ne bouge plus. »
La lumière du soleil inonde son visage. Elle plisse les yeux. Il ajuste l'angle de sa tête, incline légèrement son menton vers le haut. Exposant la ligne de sa gorge. La rendant plus vulnérable encore.
« Parfait. Reste exactement comme ça. »
Il se relève, recule de quelques pas. L'observe. Victoire se sent comme un objet. Une nature morte qu'il vient de composer. Et pourtant, jamais elle ne s'est sentie aussi vivante. Chaque centimètre de sa peau vibre. Elle sent l'air frais sur ses tétons durcis, entre ses cuisses écartées. Elle sent la chaleur du soleil sur son visage. Elle sent son propre pouls battre dans son cou, ses poignets, son sexe.
Les minutes s'étirent. Il ne dit rien. Se contente de la regarder. Elle entend sa respiration, le craquement du plancher quand il se déplace légèrement. Le bruit lointain de la circulation dans la rue. Mais surtout, elle entend le silence. Un silence chargé de désir, d'anticipation. Un silence qui la remplit tout entière.
Elle veut bouger. Refermer ses cuisses. Couvrir ses seins. Mais elle ne le fait pas. Elle reste immobile, exposée, offerte. Parce qu'il lui a dit de ne pas bouger. Et parce que quelque chose en elle a besoin de cette soumission. De cet abandon total de contrôle.
Son sexe pulse. Elle sent l'humidité qui coule d'elle, qui mouille l'intérieur de ses cuisses. Elle espère qu'il ne peut pas voir. Et en même temps, elle espère qu'il voit. Qu'il comprend l'effet qu'il a sur elle. Le pouvoir qu'il exerce sur son corps rien qu'en la regardant.
Raphaël s'approche à nouveau. S'agenouille entre ses jambes cette fois. Ses mains se posent sur ses chevilles. Les soulèvent légèrement. Plie ses genoux. Écarte ses cuisses un peu plus. Beaucoup plus. Elle est maintenant complètement exposée. Son sexe ouvert, offert à son regard.
Il ne le touche pas. Se contente de le regarder. Longuement. Elle voit ses yeux qui détaillent chaque pli, chaque repli de son intimité. Elle sent son souffle chaud entre ses cuisses. Si proche. Si terriblement proche. Mais il ne la touche toujours pas.
« Tu es trempée. »
Ce n'est pas une question. C'est une constatation. Dite d'une voix neutre, presque clinique. Mais qui la fait rougir jusqu'à la racine des cheveux. Elle voudrait nier. Mais elle ne peut pas. C'est trop évident.
« Tu aimes être regardée comme ça. Exposée. Vulnérable. »
Encore une constatation. Pas un jugement. Juste un fait. Et c'est vrai. Elle le découvre à cet instant précis. Elle aime ça. Elle aime cette impuissance. Cette impossibilité de se cacher. Elle aime qu'il la voie telle qu'elle est vraiment. Sans artifice. Sans mensonge.
Ses mains remontent le long de ses cuisses. Lentement. Si lentement. Ses pouces se rapprochent de son sexe. Puis s'écartent au dernier moment. Reprennent leur ascension sur ses hanches, son ventre.
Victoire sent quelque chose se briser en elle. Toutes ses défenses s'effondrent. Elle gémit. Un son rauque, presque animal, qui lui échappe malgré elle.
Il sourit à nouveau. Puis il se lève.
« Maintenant, reste exactement comme ça. Je vais te dessiner. »
Et il retourne à son chevalet, la laissant là, nue, exposée, tremblante de désir inassouvi. Exactement comme il l'a voulue.
Le silence s'installe dans l'atelier, lourd et chargé d'électricité. Seul le grattement doux du fusain sur la toile trouble la quiétude. Victoire sent chaque centimètre de sa peau exposée à l'air frais. La vulnérabilité de sa position la trouble autant qu'elle l'excite. Elle est allongée nue sur ce matelas, offerte au regard de cet homme qu'elle connaît à peine, et pourtant elle n'a jamais ressenti une telle intensité.
L'air de l'atelier caresse sa peau comme une présence tangible. Ses tétons durcissent sous l'effet du froid, deviennent deux pointes sensibles qui réclament une attention qu'elle n'ose pas demander. Elle frissonne, et ce frisson n'a rien à voir uniquement avec la température.
« Tu as froid ? »
La voix de Raphaël traverse le silence. Grave, presque rauque. Il n'a pas levé les yeux de la toile, mais elle sait qu'il a remarqué. Qu'il remarque tout.
« Non. »
Le mensonge lui échappe automatiquement. Vieille habitude de contrôle. Ne jamais montrer de faiblesse. Ne jamais admettre un besoin.
« Menteuse. »
Le mot tombe comme un verdict. Il pose le fusain avec une lenteur calculée qui fait battre le cœur de Victoire plus vite. Elle entend ses pas sur le plancher de bois, chaque craquement amplifié dans le silence. Il s'approche. Elle retient son souffle.
Raphaël s'agenouille à côté du matelas. Ses yeux gris la fixent avec cette intensité qui la désarme à chaque fois. Il ne dit rien pendant un long moment, se contente de la regarder. Victoire sent son regard comme une caresse physique, parcourant son corps nu avec une lenteur délibérée.
Puis ses mains se posent sur ses chevilles. Le contact la fait sursauter. Ses paumes sont chaudes, calleuses. Des mains d'artiste qui ont passé des années à manipuler toiles et pinceaux. Elles remontent le long de ses mollets avec une lenteur qui frôle la torture.
« Un faussaire apprend à toucher avant de peindre. »
Sa voix est basse, presque un murmure. Ses mains continuent leur exploration, glissent derrière ses genoux, trouvent ces zones de peau fine et sensible. Victoire sent chaque empreinte digitale, chaque pression de ses doigts.
« Il faut connaître la texture, la température, la consistance. »
Les mains remontent encore, atteignent ses cuisses. Les pouces de Raphaël tracent des cercles lents sur l'intérieur de ses jambes. Victoire sent les muscles de son ventre se contracter involontairement. Son souffle devient irrégulier. Elle voudrait écarter les cuisses, lui offrir un accès plus facile, mais une partie d'elle résiste encore. Cette partie qui refuse de céder totalement le contrôle.
« Détends-toi. »
Comme s'il lisait dans ses pensées. Ses mains massent doucement ses cuisses, défont les nœuds de tension. Victoire sent sa résistance s'effriter progressivement. Ses jambes s'écartent d'elles-mêmes, lentement, comme attirées par une force invisible.
Les doigts de Raphaël remontent plus haut. Effleurent la jonction entre ses cuisses et son bassin. Elle retient un gémissement. Son sexe pulse déjà d'anticipation. Elle sent l'humidité qui commence à perler entre ses lèvres, preuve indéniable de son excitation.
Quand ses doigts effleurent enfin son sexe, c'est à peine un contact. Une caresse fantôme qui la fait se cambrer malgré elle. Elle entend un son rauque s'échapper de sa gorge, un mélange de frustration et de désir.
Raphaël glisse un doigt entre ses lèvres, recueille l'humidité qui s'y accumule. Le contact direct fait vibrer tout son corps. Elle sent chaque millimètre de peau qu'il touche s'embraser.
Ses doigts explorent son intimité avec la même précision qu'il examine les toiles. Méthodique. Attentif. Il écarte ses lèvres doucement, expose son clitoris déjà gonflé. L'air frais sur cette zone ultra-sensible arrache un nouveau gémissement à Victoire.
Puis il le touche. Un effleurement léger, presque taquin. Le contact électrise. Victoire ferme les yeux, se mord la lèvre pour retenir le cri qui monte en elle. Mais Raphaël ne s'arrête pas. Son pouce trouve son clitoris, commence à tracer des cercles lents autour du bouton de chair durci.
« Regarde-moi. »
L'ordre la traverse comme une décharge. Elle ouvre les yeux avec difficulté. Son regard rencontre celui de Raphaël. Ces yeux gris qui la scrutent, qui voient tout ce qu'elle essaie de cacher. La vulnérabilité, le désir brut, le besoin qui consume.
« Je veux voir ton visage quand tu jouis. »
Les mots résonnent dans son ventre comme une promesse obscure. Ses doigts continuent leur travail, variant la pression sur son clitoris. Tantôt légers comme un souffle, tantôt plus fermes, presque à la limite de l'inconfort. Cette alternance la rend folle.
Puis il ajoute un doigt à l'intérieur d'elle. La pénétration la fait haleter. Son intimité se contracte autour de l'intrusion, accueille le doigt avec une avidité qui la surprend elle-même. Il bouge lentement, explore ses parois internes avec une curiosité presque clinique. Cherche, tâtonne, jusqu'à ce qu'il trouve ce point.
Quand son doigt courbe et touche cet endroit précis à l'intérieur d'elle, Victoire crie. La sensation est si intense qu'elle en est presque douloureuse. Une vague de chaleur explose dans son bas-ventre, se propage dans tout son corps.
« Là. »
Il a trouvé. Son doigt masse ce point avec une précision chirurgicale pendant que son pouce maintient une pression constante sur son clitoris. La double stimulation est dévastatrice. Victoire sent ses hanches se soulever du matelas, cherchant plus de contact, plus de pression, plus de tout.
Il ajoute un deuxième doigt. L'étirement la fait gémir plus fort. Ses deux doigts vont et viennent maintenant, établissent un rythme lent et profond qui la fait perdre pied. Elle entend les sons obscènes de son intimité mouillée qui accueille ses doigts, et au lieu de la gêner, ça l'excite encore plus.
Son pouce ne cesse jamais de caresser son clitoris. Cercles réguliers, pression constante. Ses doigts à l'intérieur d'elle trouvent ce point à chaque mouvement, le massent sans relâche. La combinaison des deux stimulations crée une spirale ascendante de plaisir qui menace de l'engloutir.
« Raphaël... »
Son prénom sort comme une supplication. Elle ne sait même pas ce qu'elle demande. Qu'il arrête ? Qu'il continue ? Qu'il la laisse jouir ou qu'il la maintienne dans cet état de tension insoutenable ?
« Je sais. »
Il sait. Bien sûr qu'il sait. Ses doigts accélèrent légèrement, juste assez pour intensifier le plaisir sans le précipiter. Il la maintient au bord, la fait monter progressivement vers ce sommet qu'elle sent approcher comme une vague gigantesque prête à s'abattre.
Victoire essaie de retenir l'orgasme. Vieux réflexe de contrôle. Elle contracte ses muscles internes, tente de ralentir la montée inexorable du plaisir. Mais c'est inutile. Raphaël connaît son corps mieux qu'elle ne le connaît elle-même après seulement quelques minutes d'exploration.
« Laisse-toi aller. Ne combats pas. »
Sa voix est douce mais autoritaire. Ses doigts ne fléchissent pas dans leur rythme. Pression, mouvement, caresse. Encore et encore. Victoire sent la résistance s'effondrer en elle. Son corps prend le contrôle, ignorant les tentatives désespérées de son esprit pour maintenir une quelconque maîtrise.
L'orgasme la frappe sans prévenir. Une vague brûlante qui déferle depuis son bassin et irradie dans chaque terminaison nerveuse. Elle se cambre violemment, le dos décollé du matelas, la tête rejetée en arrière. Un cri s'échappe de sa gorge, rauque et primal, un son qu'elle ne se connaissait pas.
« Raphaël ! »
Son prénom déchiré dans l'extase. Ses muscles internes se contractent spasmodiquement autour de ses doigts. Son clitoris pulse sous son pouce. Des vagues successives de plaisir la traversent, chacune aussi intense que la précédente.
Mais Raphaël ne retire pas ses doigts. Il continue de la caresser, maintient la stimulation pendant que l'orgasme déferle. Prolonge chaque spasme, chaque contraction. Victoire tremble sous ses mains, le corps secoué de soubresauts incontrôlables.
« Encore. »
Le mot tombe comme une sentence. Ses doigts reprennent leur mouvement, trouvent à nouveau ce point à l'intérieur d'elle. Son clitoris est hypersensible maintenant, presque douloureux sous son pouce, mais il ne s'arrête pas. Il la pousse au-delà de ce qu'elle croyait pouvoir endurer.
Le deuxième orgasme arrive plus vite que le premier. Moins violent mais plus profond, comme une vague qui l'engloutit et refuse de la laisser remonter à la surface. Elle crie à nouveau, les mains agrippées au drap sous elle, cherchant désespérément quelque chose à quoi s'ancrer.
Ses cuisses tremblent de façon incontrôlable. Tout son corps est en feu. La sueur perle sur sa peau, mélange salé qui accentue chaque sensation. Elle a l'impression de se dissoudre, de perdre les contours de son identité dans ce plaisir qui efface tout le reste.
Quand il retire enfin ses doigts, elle sent un mélange de soulagement et de déception. Son intimité pulse encore, vide maintenant, réclamant déjà d'être remplie à nouveau. Ses lèvres sont gonflées, sensibles, trempées de son propre désir.
Raphaël porte ses doigts à sa bouche. Les lèche lentement, méthodiquement, nettoyant chaque trace de sa cyprine. Ses yeux ne quittent jamais ceux de Victoire. L'intensité de ce regard, combinée au geste obscène, fait naître une nouvelle vague de chaleur dans son ventre.
« Tu as un goût salé. Comme la mer après l'orage. »
La métaphore la fait frissonner. Elle reste allongée sur le matelas, incapable de bouger, le corps encore vibrant des échos de son plaisir. Sa respiration est erratique, saccadée. Son cœur bat tellement fort qu'elle l'entend résonner dans ses oreilles.
Raphaël se relève, retourne à son chevalet comme si rien ne s'était passé. Reprend son fusain avec la même concentration qu'auparavant. Mais Victoire voit la tension dans ses épaules, le renflement visible à l'avant de son pantalon. Il n'est pas aussi impassible qu'il veut le paraître.
Elle reste immobile comme il le lui a demandé. Mais quelque chose a changé en elle. Une barrière s'est effondrée. Elle vient de s'abandonner complètement à cet homme, a laissé son corps prendre le contrôle et dicter ses besoins. Et au lieu de la terrifier, cette perte de maîtrise l'a libérée d'un poids qu'elle ne savait même pas porter.
Le fusain gratte à nouveau sur la toile. Le silence est différent maintenant. Plus chargé. Électrique. Victoire sent encore le fantôme de ses doigts sur son clitoris, à l'intérieur d'elle. Son corps réclame déjà plus. Mais elle attend. Patiente. Apprend à savourer cette tension délicieuse entre le désir et sa satisfaction.
Une heure passe. Peut-être deux. Elle perd la notion du temps. Son corps commence à protester contre l'immobilité, mais elle ne bouge pas. Il vient vérifier régulièrement, ajuste sa position, l'observe sous différents angles.
À un moment, il pose son pinceau et s'approche à nouveau. Ses mains sont couvertes de peinture. Il les pose sur son ventre, laisse des empreintes colorées sur sa peau. Remonte vers ses seins, les pétrit, laisse des traces d'ocre et de bleu.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Je te transforme en toile. »
Ses mains descendent, peignent son sexe avec des doigts chargés de pigments. La sensation est étrange, froide d'abord, puis réchauffée par sa peau. Il dessine des motifs sur ses cuisses, son ventre, ses seins. Elle devient une œuvre vivante.
« Lève-toi. »
Elle obéit. Se tient debout devant lui, le corps maculé de peinture. Il la fait tourner, peint son dos, ses fesses. Ses mains explorent chaque courbe, chaque creux. Quand il a terminé, il recule pour admirer son travail.
« Magnifique. »
Raphaël défait sa ceinture avec une lenteur délibérée. Le cuir glisse hors des passants de son pantalon dans un murmure. Ses yeux ne quittent pas Victoire. Elle est là, debout contre le mur de l'atelier, le corps entièrement recouvert de peinture qui brille sous la lumière crue. Rouge vermillon sur ses seins, bleu de Prusse entre ses cuisses, ocre jaune sur son ventre. Un chaos de couleurs qui la transforme en œuvre vivante.
Il fait tomber son pantalon, le laisse s'échouer sur le sol maculé de pigments. Son sexe se dresse, dur et tendu, la peau pâle contrastant avec les traces colorées qui ornent déjà ses mains. Il a touché tant de fois ce corps peint qu'il porte lui-même les stigmates de leur création.
Victoire sent son cœur battre si fort qu'elle a l'impression qu'il va exploser. La peinture sèche tire légèrement sa peau, crée une sensation étrange, presque une seconde peau qui la comprime délicatement. Elle ne peut détacher son regard du sexe de Raphaël, de la façon dont il pulse légèrement au rythme de son désir. Une goutte de liquide translucide perle déjà au sommet, témoignage irréfutable de son excitation.
Il s'approche. Chaque pas résonne dans l'atelier silencieux. Elle sent l'odeur de térébenthine qui imprègne ses vêtements abandonnés se mêler à celle, plus âcre, de la peinture fraîche et de leur sueur. Quand il arrive à sa hauteur, il pose ses mains sur ses hanches peintes. La chaleur de ses paumes contraste avec la fraîcheur du pigment séché.
« Tu trembles. »
Sa voix est rauque, chargée d'une promesse qu'elle connaît maintenant par cœur. Elle hoche la tête, incapable de formuler une réponse cohérente. Ses jambes menacent de céder sous elle. L'anticipation est presque douloureuse, une tension qui se love au creux de son ventre et irradie vers le bas.
Raphaël la plaque contre le mur. Le plâtre blanc est froid contre son dos peint. Elle sent immédiatement le transfert des pigments, sait qu'elle laisse une empreinte parfaite de son corps sur la surface immaculée. Rouge, bleu, jaune. Les couleurs primaires de leur désir qui marquent le mur comme un témoignage silencieux.
Il glisse une main le long de sa cuisse, la soulève avec une force contenue. Ses doigts s'enfoncent dans sa chair, laissent des marques temporaires qui s'ajoutent à celles de la peinture. Il positionne sa jambe autour de sa hanche, l'ouvre à lui. Elle sent l'air frais de l'atelier sur son sexe exposé, humide et gonflé d'un désir qui ne demande qu'à être comblé.
« Raphaël... »
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase. Il la pénètre d'un coup, sans prévenir, sans préparation. Son sexe dur s'enfonce en elle jusqu'à la garde, la remplit complètement, étire ses parois intimes dans une sensation qui oscille entre la douleur et le plaisir. Elle crie, un son rauque qui s'échappe de sa gorge sans qu'elle puisse le retenir.
Ses mains s'accrochent désespérément à ses épaules. Les ongles s'enfoncent dans sa peau, laissent des demi-lunes rouges qui apparaîtront plus tard comme des trophées de leur sauvagerie. Il reste immobile un instant, profondément enfoui en elle, savourant la sensation de ses muscles intimes qui se contractent autour de lui, tentent de s'adapter à cette intrusion soudaine.
« Tu me sens ? »
« Oui. Putain, oui. »
Le mot lui échappe, vulgaire et cru. Elle qui parle toujours avec tant de retenue, tant de contrôle. Mais le contrôle n'existe plus. Il a disparu quelque part entre la première couche de peinture et ce moment où il la cloue contre le mur avec son sexe.
Il commence à bouger. Lentement d'abord, se retire presque entièrement avant de s'enfoncer à nouveau. Chaque pénétration est profonde, mesurée, calculée pour la faire gémir. Elle sent chaque centimètre de lui, chaque veine qui pulse contre ses parois sensibles. La friction est intense, presque insoutenable.
Puis il accélère. Ses hanches claquent contre les siennes avec une intensité sauvage. Il la baise sans retenue, sans tendresse, avec une brutalité qu'elle a appris à désirer. Chaque coup de reins la plaque un peu plus contre le mur. Sa tête heurte légèrement le plâtre, mais elle s'en fout. Elle ne sent que lui en elle, que le plaisir qui monte par vagues successives.
Leurs corps peints glissent l'un contre l'autre. Le bleu sur ses cuisses se mélange au rouge sur son torse quand il se colle à elle. La peinture humide de leurs sueurs crée des motifs involontaires, des traînées colorées qui racontent l'histoire de leurs mouvements. Elle sent le pigment s'étaler sur sa peau, créer de nouvelles textures, de nouvelles sensations.
« Touche-toi. »
L'ordre tombe comme un couperet. Elle obéit sans réfléchir. Glisse une main tremblante entre leurs corps soudés. Trouve son clitoris gonflé, durci par l'excitation. Le contact la fait sursauter, tellement c'est intense. Elle est tellement sensible qu'un simple effleurement lui arrache un gémissement.
Elle se masturbe pendant qu'il continue de la pilonner. Ses doigts tracent des cercles rapides sur son bouton de chair. La double stimulation est dévastatrice. Elle sent son sexe se contracter autour de celui de Raphaël, ses muscles intimes qui pulsent au rythme de son plaisir grandissant.
« Plus fort. Fais-toi jouir. »
Sa voix est tendue, presque désespérée. Il accélère encore, la baise avec une violence qui la fait hurler. Elle presse plus fort sur son clitoris, le masse avec une urgence qui confine à la douleur. Le plaisir monte, inexorable, vague après vague qui déferlent dans son ventre, ses cuisses, jusqu'au bout de ses orteils.
Raphaël lâche sa jambe, attrape ses cheveux. Tire sa tête en arrière avec une force qui l'oblige à cambrer le dos. La nouvelle position change l'angle de pénétration. Il cogne maintenant contre un point profond en elle qui la fait voir des étoiles. Elle ne peut plus penser, plus respirer. Juste sentir.
Il mord son cou. Pas une morsure douce, mais quelque chose de sauvage qui laissera une marque. Ses dents s'enfoncent dans la chair tendre sous sa mâchoire. Elle sent la pression, la douleur aiguë qui se transforme en pure extase. Il suce la peau mordue, crée une ecchymose qu'elle portera pendant des jours.
« Jouis pour moi. Encore. »
Le mot encore résonne dans sa tête. Combien de fois a-t-elle déjà joui ce soir ? Elle ne sait plus. Elle perd le compte. Mais son corps obéit, toujours. L'orgasme la frappe comme un éclair. Violent, brutal, sans prévenir. Elle se contracte autour de lui, ses muscles intimes qui se serrent par spasmes incontrôlables. Son clitoris pulse sous ses doigts. Tout son corps se tend, arc-bouté contre le mur.
Elle hurle son prénom. Le crie dans l'atelier vide. « Raphaël, putain, Raphaël ! » Les mots sortent en cascade, sans filtre, sans honte. Elle sent les larmes monter, couler sur ses joues. Trop de sensations, trop d'intensité. Son corps ne sait plus comment contenir tout ce plaisir.
Raphaël jouit au même moment. Elle le sent à la façon dont son sexe gonfle encore plus en elle, à ses grognements rauques contre son cou. Il se déverse en elle, son sperme chaud qui explose au fond de son vagin. Ses hanches continuent de bouger par à-coups, prolongent l'orgasme jusqu'à la dernière goutte.
Ils restent enlacés contre le mur, haletants. Leurs souffles se mêlent, rapides et saccadés. Elle sent son cœur battre contre son sein, ou peut-être est-ce le sien, elle ne sait plus. Ils ne font qu'un, corps soudés par la peinture et la sueur.
Il se retire lentement. Son sexe glisse hors d'elle dans un bruit humide, obscène. Elle sent immédiatement le vide, le manque. Puis le sperme qui commence à couler le long de ses cuisses. Chaud, épais, visqueux. Il se mélange aux pigments bleus qui ornent sa peau, crée une nouvelle teinte, un violet pâle qui descend jusqu'à ses genoux.
Raphaël recule d'un pas, la regarde. Ses yeux gris scrutent chaque centimètre de son corps. Elle est là, plaquée contre le mur maculé de peinture, les jambes tremblantes, le sexe gonflé et rougi, le sperme qui coule d'elle et se mélange aux couleurs. Ses seins se soulèvent au rythme de sa respiration encore erratique. Ses cheveux sont collés à son front par la sueur. Une larme trace un sillon propre sur sa joue peinte.
« Tu es une œuvre d'art. »
Les mots tombent comme une bénédiction. Elle lève les yeux vers lui, voit la fascination dans son regard. Pas seulement du désir. Quelque chose de plus profond. De l'émerveillement. Comme s'il contemplait quelque chose de sacré.
Elle baisse les yeux sur son propre corps. Voit le chaos de couleurs, les traînées où leurs peaux se sont frottées, les empreintes de ses mains sur ses hanches, le liquide blanc qui continue de s'écouler d'elle. C'est obscène. C'est magnifique. C'est elle, dans toute sa vérité crue.
Pour la première fois de sa vie, Victoire se sent complètement authentique. Pas de façade, pas de contrôle, pas de mensonge. Juste un corps désirant, utilisé, célébré. Une toile vivante sur laquelle ils ont peint leur histoire avec de la chair, du plaisir et des fluides.
Elle glisse lentement le long du mur, s'assoit sur le sol froid de l'atelier. Ses jambes ne la portent plus. Raphaël s'agenouille devant elle, passe doucement ses doigts sur sa joue. Essuie la larme avec une tendresse qui contraste avec la violence de ce qu'ils viennent de faire.
« Ça va ? »
Elle hoche la tête, incapable de parler. Sa gorge est nouée, pas de tristesse mais d'émotion pure. Elle vient de franchir une limite qu'elle ne savait même pas exister. Et de l'autre côté, il y a lui. Il y a eux. Il y a cette création qu'ils font naître ensemble, couche après couche, orgasme après orgasme.
Il l'aide à se relever, la guide vers le matelas posé dans un coin. La couche doucement, s'allonge à côté d'elle. Leurs corps peints tachent les draps blancs, créent encore de nouveaux motifs. Mais ils s'en foutent. Ils restent enlacés, silencieux, écoutant leurs respirations qui se calment progressivement.
Sur le mur derrière eux, l'empreinte de Victoire se fige lentement. Rouge, bleu, jaune. Les couleurs de leur passion immortalisées sur le plâtre blanc. Un témoignage silencieux de ce qu'ils sont en train de créer. Quelque chose qui dépasse l'art, qui dépasse le sexe. Quelque chose d'authentique, enfin.
A suivre…
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Quel très beau tableau
