Il a ses yeux (5)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 87 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Tounet39270 ont reçu un total de 271 873 visites.
Cette histoire de sexe a été affichée 502 fois depuis sa publication.
Couleur du fond :
Il a ses yeux (5)
Chapitre 5
Je me suis approché de lui par-derrière. J'ai posé mes mains lourdes sur ses hanches. Il a sursauté, mais n'a pas résisté. Il s'est tourné vers moi.
-Max, Léo attend...
Je n'ai pas cherché à parler. J'ai attrapé sa nuque et j'ai collé ma bouche à la sienne. Ce baiser était avide, rapide, une confession totale. Je lui ai donné ma langue, lui rappelant toute la nuit. Mon corps a pressé le sien contre le mur. J'ai rompu le baiser. Mon cœur battait à tout rompre.
-À ce soir, Aymerick, j'ai murmuré, ma voix pleine de la promesse implicite de l'étagère non réparée.
-À ce soir, Max, a-t-il répondu, le visage bouleversé.
J'ai couru hors de la maison, le goût de sa bouche sur mes lèvres. Je suis monté dans le pick-up. Léo ne s'était aperçu de rien.
J'étais un homme nouveau, un homme qui allait travailler, mais qui avait désormais un secret brûlant qui l'attendait à la maison.
La matinée de travail était insupportable. Je n'arrivais pas à me concentrer. Chaque mouvement, chaque pensée me ramenait à Aymerick, au baiser volé du matin, et à la promesse silencieuse que nous nous étions faite. Je ne pouvais pas attendre ce soir. La tension était trop forte.
À la pause de dix heures, j'ai pris une décision impulsive.
-Jean, j'ai dit à mon contremaître. Je dois partir cet après-midi. Une urgence familiale.
Jean a hoché la tête.
-T'as l'air d'avoir besoin de souffler, Max. Vas-y. Et profites-en.
Mon seul but était Aymerick. Avoir ces heures volées, ces moments loin de Léo et des regards. Je voulais le prendre, le baiser, sans la peur. J'ai pris mon pick-up. J'ai roulé vite, le cœur battant à tout rompre. J'ai garé le véhicule derrière le garage pour qu'Aymerick ne le voit pas par la fenêtre et j'ai ouvert la porte d'entrée le plus doucement possible.
La maison était silencieuse. Je savais où il était. Sa chambre d'amis, son studio de fortune. Il était sûrement en train de faire ses vidéos. J'ai marché silencieusement jusqu'à sa porte, mes pieds lourds se faisant discrets sur le tapis. Je sentais le triomphe de ma furtivité.
La porte de sa chambre n'était pas verrouillée, juste entrebâillée. J'ai aperçu l'écran de son ordinateur, la lumière douce qui éclairait son visage. J'ai poussé doucement la porte et j'ai glissé à l'intérieur. Aymerick était assis sur son lit, son ordinateur sur une petite table, le visage éclairé par un anneau lumineux. Il parlait, avec sa voix douce et professionnelle.
-... et c'est pour ça que l'utilisation du pinceau est importante. Regardez bien la densité. Je crois que ça va vous plaire.
Je me suis approché de lui par-derrière, sentant la détermination et l'irrépressible désir monter. J'ai entouré sa taille mince de mes bras musclés et je l'ai tiré en arrière. Aymerick a poussé un petit cri de surprise. Il s'est retourné, ses yeux verts s'agrandissant de cette surprise.
J'ai posé ma bouche sur la sienne. Ce baiser était une déclaration de possession, la concrétisation de mon désir. Je l'ai embrassé fiévreusement, avec une force qui l'a fait basculer sur le lit. J'ai plongé ma langue dans sa bouche, le goûtant, l'affirmant comme mien. Il a répondu au baiser, ses mains se cramponnant à mes épaules larges. Il était aussi désireux que moi. J'ai senti la montée du plaisir. Je me suis penché au-dessus de lui, mon souffle se mélangeant au sien, le seul son dans l'univers.
J'ai rompu le baiser, seulement pour prendre mon souffle. C'est là que j'ai entendu un faible bourdonnement régulier que j'ai enfin identifié : le son du microphone. J'ai regardé ses yeux verts remplis de plaisir et d'une panique lointaine.
-Max ! Non !
Sa main s'est tendue vers l'ordinateur.
C'est là que mes yeux noisette se sont posés sur l'écran. L'anneau lumineux n'était pas qu'un éclairage. Et l'écran, face à nous, diffusait notre baiser violent, nos corps enlacés, en plein direct à des centaines de ses followers.
Le chat défilait à une vitesse folle.
"OMG C'EST QUI ?" "C'est son mec ??? On le connaissait pas !" "Le CHARPENTIER est de retour !!" "Meilleur tuto DIY de l'année!!!" "Putain, le mec, il est trop sex" "Whouaaa, je veux le même"
Mon sang s'est glacé. Mon cerveau s'est arrêté de fonctionner.
Je me suis figé. Mon corps, puissant et musclé, est devenu une statue de honte. J'ai regardé l'écran, le chat, la petite icône rouge "LIVE" qui clignotait au coin. J'étais là. Mon visage, ma barbe, mon corps en sueur, en train d'embrasser mon beau-frère. Le secret que j'avais défendu avec ma vie entière venait d'être diffusé au monde entier.
Aymerick, comprenant ma paralysie, a sauté de sous moi et a claqué l'ordinateur, coupant la diffusion. Le silence qui a suivi était assourdissant.
-Max... Je...
Je ne l'ai pas laissé finir. J'ai pointé l'ordinateur, ma main tremblant.
-Combien de... Combien de personnes ?
Mes yeux fixaient le mur. Ma vie venait de s'arrêter.
Le silence qui a suivi le claquement de l'ordinateur était plus terrifiant que n'importe quel cri de chantier. Ma surprise, mon désir, ma ferveur étaient morts, remplacés par une panique glaciale.
J'ai pointé l'ordinateur.
-Combien de... Combien de personnes ? J'ai réussi à articuler, ma voix n'étant plus qu'un filet d'air.
Aymerick était debout, à quelques pas, le t-shirt à moitié remonté. Il avait le visage décomposé, mais il ne fuyait pas mon regard. Ses yeux verts étaient pleins de peur et de culpabilité.
-Je... Je n'ai pas regardé le compteur, Max. Il y a toujours... quelques centaines. C'était un live non programmé.
-Quelques centaines, j'ai répété, le mot sifflant. Quelques centaines de personnes ont vu le charpentier veuf de la maison d'à côté embrasser son beau-frère sur son lit !
J'ai passé mes mains sur ma tête, les faisant glisser dans mes cheveux. Mon cœur battait la chamade. Ma vie, ma réputation, la façade que j'avais construite autour de mon deuil venait d'être pulvérisée en quelques secondes de passion.
-C'est... c'est coupé maintenant. Ils ont juste vu... le début, a tenté Aymerick.
-Le début ? Le début, c'est assez, Aymerick ! On m'a demandé aujourd'hui qui était la femme qui me rendait heureux ! Qu'est-ce que je vais dire, maintenant ? Qu'est-ce que Léo va entendre ?
Ma rage n'était plus dirigée contre lui, mais contre le sort, contre ma propre faiblesse. Aymerick s'est approché de moi, avec prudence.
-Léo n'entendra rien. Je gère ma communauté. Je... Je vais dire que c'était une scène de théâtre. Un sketch. Quelque chose d'artistique.
Je l'ai attrapé par les bras, mes mains calleuses se refermant sur ses muscles fins.
-Tu crois que ça va marcher ? Tu crois qu'on va croire à ça ? C'était pas du théâtre, Aymerick ! C'était réel !
Mon souffle était brûlant. Je le tenais fermement, ma seule ancre dans cette tempête.
-Oui, c'était réel, Max, a murmuré Aymerick, me fixant droit dans les yeux. Mais ce n'était pas intentionnel. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. J'ai été surpris... et j'ai répondu.
Son honnêteté m'a désarmé.
_Qu'est-ce qu'on fait ? J'ai lâché sa taille, mes mains retombant le long de mes jambes. On fait quoi, maintenant ? Le monde sait que j'ai... que j'ai trahi ma femme avec son propre frère.
Aymerick a posé une main douce sur mon avant-bras.
-Le monde sait que tu es vivant, Max. C'est tout. Et pour ce qui est de ma communauté, je vais tout démentir et supprimer la vidéo.
-Tu ne peux pas supprimer ce que des centaines de personnes ont vu, j'ai dit, secouant la tête. Ils ont fait des captures d'écran, Aymerick. Ils ont fait des captures.
Un silence lourd s'est installé. Je me suis détourné, incapable de regarder le désastre que j'avais créé.
-Je vais devoir rentrer au chantier, j'ai dit, retrouvant ma voix, pleine de la nécessité de fuir. Je ne peux pas être ici quand Léo rentre.
-Max, ne fuis pas ! Reste ! On parle !
-Non. On a plus rien à se dire. On a déjà tout montré.
J'ai ramassé mes affaires à la hâte. Je devais retourner à la seule chose qui était réelle : mon travail, le bruit des outils, l'odeur du bois.
J'ai redémarré le pick-up, laissant la poussière du chemin s'élever derrière moi. Mon seul instinct était la fuite. Je devais retourner au chantier, faire comme si rien ne s'était passé, me noyer dans le bruit de la scie et l'odeur du bois.
Je suis arrivé moins de vingt minutes plus tard. J'ai garé le pick-up brutalement. J'ai saisi ma boîte à outils, mon corps musclé raide de tension.
En marchant vers la zone de coupe, j'ai vu mes collègues. Ils n'étaient pas en train de travailler. Ils étaient tous regroupés, tenant leurs téléphones portables, les têtes penchées. Le silence de la conversation chuchotée était brisé par des rires étouffés. Dès que je me suis approché, les têtes se sont levées.
Je m'attendais aux regards de jugement, aux moqueries grasses. Je m'attendais à la condamnation. Au lieu de cela, Jean a souri. Un sourire large, presque fier. Il a fait un geste de la main.
-Attention, l'artiste ! Il est de retour !
Et puis, c'est arrivé. Mes collègues, ces hommes rudes, charpentiers, maçons, qui n'avaient aucune place pour les sentiments compliqués, se sont mis à applaudir. Une petite ovation, sincère.
-Bravo, Max ! a crié Pierre. T'es un homme libre, maintenant !
J'étais sidéré. Mon cerveau refusait d de traiter l'information. J'ai laissé tomber ma boîte à outils.
-De quoi vous parlez ?
Jean s'est avancé, un téléphone à la main.
-Ton secret, Max. C'est plus un secret. Mon gamin est sur TikTok, il a vu la vidéo de ton beau-frère. Il m'a montré ça à la pause.
Il m'a tendu le téléphone.
J'ai regardé l'écran. C'était la vidéo. Coupée au moment où Aymerick claquait l'ordinateur, mais les cinq secondes du baiser étaient en boucle. Moi : torse nu, ma barbe, ma ferveur.
Le compteur de vues et de likes était affolant. Sous la vidéo, des commentaires positifs s'entassaient. Et le nom d'Aymerick était devenu viral.
-Ça fait le buzz, Max, a expliqué Jean, incrédule. Ta tête de charpentier bourru qui fond sur le gamin... Les gens adorent l'histoire. Aymerick a gagné des milliers d'abonnés en une heure.
La réalité m'a frappé plus fort qu'un marteau. Le désastre n'était pas une punition ; c'était un succès public.
-Et vous... vous trouvez ça normal ? J'ai murmuré.
-Normal ? C'est ta vie, Max, a dit Jean en me tapant sur l'épaule. T'as le droit d'aimer qui tu veux. Et t'as l'air heureux. C'est la première fois depuis des mois. On est avec toi.
La bienveillance, l'acceptation sans réserve de mes collègues, a été le coup de grâce. Le mur que j'avais passé ma vie à construire s'est effondré. Mon secret était un spectacle, mais un spectacle applaudi.
Je n'ai pas pu rester. Je ne pouvais pas travailler. Pas avec cette chaleur, cette honte, et cette fierté qui montaient en même temps. J'ai reculé, mon corps tremblant.
-Je... je ne peux pas. Je rentre.
J'ai tourné les talons. Je suis monté dans mon pick-up. J'ai démarré et j'ai foncé vers la maison. La confrontation avec Aymerick n'était plus une question de secret, mais de réalité. Je devais comprendre ce qu'on faisait de cette nouvelle vie exposée. Je suis arrivé à la maison en trombe. J'ai laissé le moteur tourner, j'ai couru à l'intérieur.
-Aymerick ! J'ai hurlé, ma voix pleine d'urgence.
J'ai traversé le salon, la cuisine. Vide. J'ai monté les escaliers, deux par deux. J'ai enfoncé la porte de sa chambre d'amis. Vide. L'ordinateur était éteint sur le lit. Ses quelques affaires, sa valise, le matériel de vidéo, tout avait disparu.
Aymerick était parti.
J'ai passé la main dans mes cheveux. J'ai regardé l'endroit où j'avais fait mon baiser impulsif. Il n'était plus là. Il m'avait laissé avec mon secret exposé, avec mes collègues applaudissant, avec Léo sur le point de rentrer. Et il avait pris la fuite.
J'ai senti la panique remonter dans ma gorge. La liberté soudaine que j'avais ressentie au volant s'est transformée en une solitude glaciale.
Fin du chapitre 5.
Je me suis approché de lui par-derrière. J'ai posé mes mains lourdes sur ses hanches. Il a sursauté, mais n'a pas résisté. Il s'est tourné vers moi.
-Max, Léo attend...
Je n'ai pas cherché à parler. J'ai attrapé sa nuque et j'ai collé ma bouche à la sienne. Ce baiser était avide, rapide, une confession totale. Je lui ai donné ma langue, lui rappelant toute la nuit. Mon corps a pressé le sien contre le mur. J'ai rompu le baiser. Mon cœur battait à tout rompre.
-À ce soir, Aymerick, j'ai murmuré, ma voix pleine de la promesse implicite de l'étagère non réparée.
-À ce soir, Max, a-t-il répondu, le visage bouleversé.
J'ai couru hors de la maison, le goût de sa bouche sur mes lèvres. Je suis monté dans le pick-up. Léo ne s'était aperçu de rien.
J'étais un homme nouveau, un homme qui allait travailler, mais qui avait désormais un secret brûlant qui l'attendait à la maison.
La matinée de travail était insupportable. Je n'arrivais pas à me concentrer. Chaque mouvement, chaque pensée me ramenait à Aymerick, au baiser volé du matin, et à la promesse silencieuse que nous nous étions faite. Je ne pouvais pas attendre ce soir. La tension était trop forte.
À la pause de dix heures, j'ai pris une décision impulsive.
-Jean, j'ai dit à mon contremaître. Je dois partir cet après-midi. Une urgence familiale.
Jean a hoché la tête.
-T'as l'air d'avoir besoin de souffler, Max. Vas-y. Et profites-en.
Mon seul but était Aymerick. Avoir ces heures volées, ces moments loin de Léo et des regards. Je voulais le prendre, le baiser, sans la peur. J'ai pris mon pick-up. J'ai roulé vite, le cœur battant à tout rompre. J'ai garé le véhicule derrière le garage pour qu'Aymerick ne le voit pas par la fenêtre et j'ai ouvert la porte d'entrée le plus doucement possible.
La maison était silencieuse. Je savais où il était. Sa chambre d'amis, son studio de fortune. Il était sûrement en train de faire ses vidéos. J'ai marché silencieusement jusqu'à sa porte, mes pieds lourds se faisant discrets sur le tapis. Je sentais le triomphe de ma furtivité.
La porte de sa chambre n'était pas verrouillée, juste entrebâillée. J'ai aperçu l'écran de son ordinateur, la lumière douce qui éclairait son visage. J'ai poussé doucement la porte et j'ai glissé à l'intérieur. Aymerick était assis sur son lit, son ordinateur sur une petite table, le visage éclairé par un anneau lumineux. Il parlait, avec sa voix douce et professionnelle.
-... et c'est pour ça que l'utilisation du pinceau est importante. Regardez bien la densité. Je crois que ça va vous plaire.
Je me suis approché de lui par-derrière, sentant la détermination et l'irrépressible désir monter. J'ai entouré sa taille mince de mes bras musclés et je l'ai tiré en arrière. Aymerick a poussé un petit cri de surprise. Il s'est retourné, ses yeux verts s'agrandissant de cette surprise.
J'ai posé ma bouche sur la sienne. Ce baiser était une déclaration de possession, la concrétisation de mon désir. Je l'ai embrassé fiévreusement, avec une force qui l'a fait basculer sur le lit. J'ai plongé ma langue dans sa bouche, le goûtant, l'affirmant comme mien. Il a répondu au baiser, ses mains se cramponnant à mes épaules larges. Il était aussi désireux que moi. J'ai senti la montée du plaisir. Je me suis penché au-dessus de lui, mon souffle se mélangeant au sien, le seul son dans l'univers.
J'ai rompu le baiser, seulement pour prendre mon souffle. C'est là que j'ai entendu un faible bourdonnement régulier que j'ai enfin identifié : le son du microphone. J'ai regardé ses yeux verts remplis de plaisir et d'une panique lointaine.
-Max ! Non !
Sa main s'est tendue vers l'ordinateur.
C'est là que mes yeux noisette se sont posés sur l'écran. L'anneau lumineux n'était pas qu'un éclairage. Et l'écran, face à nous, diffusait notre baiser violent, nos corps enlacés, en plein direct à des centaines de ses followers.
Le chat défilait à une vitesse folle.
"OMG C'EST QUI ?" "C'est son mec ??? On le connaissait pas !" "Le CHARPENTIER est de retour !!" "Meilleur tuto DIY de l'année!!!" "Putain, le mec, il est trop sex" "Whouaaa, je veux le même"
Mon sang s'est glacé. Mon cerveau s'est arrêté de fonctionner.
Je me suis figé. Mon corps, puissant et musclé, est devenu une statue de honte. J'ai regardé l'écran, le chat, la petite icône rouge "LIVE" qui clignotait au coin. J'étais là. Mon visage, ma barbe, mon corps en sueur, en train d'embrasser mon beau-frère. Le secret que j'avais défendu avec ma vie entière venait d'être diffusé au monde entier.
Aymerick, comprenant ma paralysie, a sauté de sous moi et a claqué l'ordinateur, coupant la diffusion. Le silence qui a suivi était assourdissant.
-Max... Je...
Je ne l'ai pas laissé finir. J'ai pointé l'ordinateur, ma main tremblant.
-Combien de... Combien de personnes ?
Mes yeux fixaient le mur. Ma vie venait de s'arrêter.
Le silence qui a suivi le claquement de l'ordinateur était plus terrifiant que n'importe quel cri de chantier. Ma surprise, mon désir, ma ferveur étaient morts, remplacés par une panique glaciale.
J'ai pointé l'ordinateur.
-Combien de... Combien de personnes ? J'ai réussi à articuler, ma voix n'étant plus qu'un filet d'air.
Aymerick était debout, à quelques pas, le t-shirt à moitié remonté. Il avait le visage décomposé, mais il ne fuyait pas mon regard. Ses yeux verts étaient pleins de peur et de culpabilité.
-Je... Je n'ai pas regardé le compteur, Max. Il y a toujours... quelques centaines. C'était un live non programmé.
-Quelques centaines, j'ai répété, le mot sifflant. Quelques centaines de personnes ont vu le charpentier veuf de la maison d'à côté embrasser son beau-frère sur son lit !
J'ai passé mes mains sur ma tête, les faisant glisser dans mes cheveux. Mon cœur battait la chamade. Ma vie, ma réputation, la façade que j'avais construite autour de mon deuil venait d'être pulvérisée en quelques secondes de passion.
-C'est... c'est coupé maintenant. Ils ont juste vu... le début, a tenté Aymerick.
-Le début ? Le début, c'est assez, Aymerick ! On m'a demandé aujourd'hui qui était la femme qui me rendait heureux ! Qu'est-ce que je vais dire, maintenant ? Qu'est-ce que Léo va entendre ?
Ma rage n'était plus dirigée contre lui, mais contre le sort, contre ma propre faiblesse. Aymerick s'est approché de moi, avec prudence.
-Léo n'entendra rien. Je gère ma communauté. Je... Je vais dire que c'était une scène de théâtre. Un sketch. Quelque chose d'artistique.
Je l'ai attrapé par les bras, mes mains calleuses se refermant sur ses muscles fins.
-Tu crois que ça va marcher ? Tu crois qu'on va croire à ça ? C'était pas du théâtre, Aymerick ! C'était réel !
Mon souffle était brûlant. Je le tenais fermement, ma seule ancre dans cette tempête.
-Oui, c'était réel, Max, a murmuré Aymerick, me fixant droit dans les yeux. Mais ce n'était pas intentionnel. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça. J'ai été surpris... et j'ai répondu.
Son honnêteté m'a désarmé.
_Qu'est-ce qu'on fait ? J'ai lâché sa taille, mes mains retombant le long de mes jambes. On fait quoi, maintenant ? Le monde sait que j'ai... que j'ai trahi ma femme avec son propre frère.
Aymerick a posé une main douce sur mon avant-bras.
-Le monde sait que tu es vivant, Max. C'est tout. Et pour ce qui est de ma communauté, je vais tout démentir et supprimer la vidéo.
-Tu ne peux pas supprimer ce que des centaines de personnes ont vu, j'ai dit, secouant la tête. Ils ont fait des captures d'écran, Aymerick. Ils ont fait des captures.
Un silence lourd s'est installé. Je me suis détourné, incapable de regarder le désastre que j'avais créé.
-Je vais devoir rentrer au chantier, j'ai dit, retrouvant ma voix, pleine de la nécessité de fuir. Je ne peux pas être ici quand Léo rentre.
-Max, ne fuis pas ! Reste ! On parle !
-Non. On a plus rien à se dire. On a déjà tout montré.
J'ai ramassé mes affaires à la hâte. Je devais retourner à la seule chose qui était réelle : mon travail, le bruit des outils, l'odeur du bois.
J'ai redémarré le pick-up, laissant la poussière du chemin s'élever derrière moi. Mon seul instinct était la fuite. Je devais retourner au chantier, faire comme si rien ne s'était passé, me noyer dans le bruit de la scie et l'odeur du bois.
Je suis arrivé moins de vingt minutes plus tard. J'ai garé le pick-up brutalement. J'ai saisi ma boîte à outils, mon corps musclé raide de tension.
En marchant vers la zone de coupe, j'ai vu mes collègues. Ils n'étaient pas en train de travailler. Ils étaient tous regroupés, tenant leurs téléphones portables, les têtes penchées. Le silence de la conversation chuchotée était brisé par des rires étouffés. Dès que je me suis approché, les têtes se sont levées.
Je m'attendais aux regards de jugement, aux moqueries grasses. Je m'attendais à la condamnation. Au lieu de cela, Jean a souri. Un sourire large, presque fier. Il a fait un geste de la main.
-Attention, l'artiste ! Il est de retour !
Et puis, c'est arrivé. Mes collègues, ces hommes rudes, charpentiers, maçons, qui n'avaient aucune place pour les sentiments compliqués, se sont mis à applaudir. Une petite ovation, sincère.
-Bravo, Max ! a crié Pierre. T'es un homme libre, maintenant !
J'étais sidéré. Mon cerveau refusait d de traiter l'information. J'ai laissé tomber ma boîte à outils.
-De quoi vous parlez ?
Jean s'est avancé, un téléphone à la main.
-Ton secret, Max. C'est plus un secret. Mon gamin est sur TikTok, il a vu la vidéo de ton beau-frère. Il m'a montré ça à la pause.
Il m'a tendu le téléphone.
J'ai regardé l'écran. C'était la vidéo. Coupée au moment où Aymerick claquait l'ordinateur, mais les cinq secondes du baiser étaient en boucle. Moi : torse nu, ma barbe, ma ferveur.
Le compteur de vues et de likes était affolant. Sous la vidéo, des commentaires positifs s'entassaient. Et le nom d'Aymerick était devenu viral.
-Ça fait le buzz, Max, a expliqué Jean, incrédule. Ta tête de charpentier bourru qui fond sur le gamin... Les gens adorent l'histoire. Aymerick a gagné des milliers d'abonnés en une heure.
La réalité m'a frappé plus fort qu'un marteau. Le désastre n'était pas une punition ; c'était un succès public.
-Et vous... vous trouvez ça normal ? J'ai murmuré.
-Normal ? C'est ta vie, Max, a dit Jean en me tapant sur l'épaule. T'as le droit d'aimer qui tu veux. Et t'as l'air heureux. C'est la première fois depuis des mois. On est avec toi.
La bienveillance, l'acceptation sans réserve de mes collègues, a été le coup de grâce. Le mur que j'avais passé ma vie à construire s'est effondré. Mon secret était un spectacle, mais un spectacle applaudi.
Je n'ai pas pu rester. Je ne pouvais pas travailler. Pas avec cette chaleur, cette honte, et cette fierté qui montaient en même temps. J'ai reculé, mon corps tremblant.
-Je... je ne peux pas. Je rentre.
J'ai tourné les talons. Je suis monté dans mon pick-up. J'ai démarré et j'ai foncé vers la maison. La confrontation avec Aymerick n'était plus une question de secret, mais de réalité. Je devais comprendre ce qu'on faisait de cette nouvelle vie exposée. Je suis arrivé à la maison en trombe. J'ai laissé le moteur tourner, j'ai couru à l'intérieur.
-Aymerick ! J'ai hurlé, ma voix pleine d'urgence.
J'ai traversé le salon, la cuisine. Vide. J'ai monté les escaliers, deux par deux. J'ai enfoncé la porte de sa chambre d'amis. Vide. L'ordinateur était éteint sur le lit. Ses quelques affaires, sa valise, le matériel de vidéo, tout avait disparu.
Aymerick était parti.
J'ai passé la main dans mes cheveux. J'ai regardé l'endroit où j'avais fait mon baiser impulsif. Il n'était plus là. Il m'avait laissé avec mon secret exposé, avec mes collègues applaudissant, avec Léo sur le point de rentrer. Et il avait pris la fuite.
J'ai senti la panique remonter dans ma gorge. La liberté soudaine que j'avais ressentie au volant s'est transformée en une solitude glaciale.
Fin du chapitre 5.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Tounet39270
0 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...
