Le feu sur la glace (16)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (16)
Chapitre 16
La pénombre de la chambre est devenue notre sanctuaire absolu. Les échos de la patinoire se sont tus, remplacés par le son lourd et erratique de nos deux respirations qui cherchent leur rythme. Nous sommes allongés nus sur les draps, sans aucune barrière, la peau encore vibrante de l'effort de la journée. Mais le calme n'est qu'une façade fragile avant l'incendie.
Connor est allongé sur le dos, le regard perdu dans les ombres du plafond. Je sens sa détresse, ce poison insidieux qu’Ivanov a tenté d’injecter entre nous à force de provocations.
— « Herwann... » murmure-t-il, sa voix tremblante.
— « Depuis qu'il a commencé à te toucher, à te draguer ouvertement devant moi, à te proposer Moscou comme si je n'existais pas... j'ai eu l'impression de m'effacer. J'ai eu peur que tu finisses par croire ses mensonges, que je ne suis qu'un boulet, une "pute de luxe" que tu finiras par abandonner pour quelqu'un de son rang. »
Je me rapproche de lui, glissant tout mon corps nu contre le sien. Je pose ma main sur son torse, sentant la chaleur brûlante de sa peau musclée. Je remonte mes doigts jusqu'à son visage, encadrant sa mâchoire avec une infinie douceur, forçant ses yeux verts à rencontrer les miens.
— « Regarde-moi, Connor. » je lui souffle, le regard brûlant de sincérité.
— « Ivanov n'est qu'un parasite. Ses mains sur moi n'étaient que de la poussière. Il n'y a que toi qui comptes. Tu es mon équilibre, mon partenaire, l'homme de ma vie. Je t'aime plus que tout, et jamais, tu m'entends, jamais personne ne prendra ta place. »
Connor ferme les yeux, laissant échapper un soupir de soulagement qui se transforme en un gémissement lorsque je dépose un baiser sur sa gorge. Il prend mon visage entre ses mains avec une force nouvelle, une possession qu'il ne cherche plus à cacher.
— « Tu ne sais pas à quel point je t'aime, Herwann. C'est viscéral, ça me déchire les tripes. »
Il m'embrasse, d'abord avec une tendresse déchirante, puis ses mains deviennent plus impatientes, plus exigeantes. Il bascule au-dessus de moi, son poids m'écrasant délicieusement contre le matelas. J'entoure ses hanches de mes jambes, sentant son érection, déjà bien dure, longue et pulsante, presser contre la mienne. Nos souffles se raccourcissent, se muant en halètements.
Connor descend le long de mon corps, sa bouche traçant un chemin de feu sur mon cou, mes pectoraux, puis mon ventre qu'il embrasse avec ferveur. Il arrive au niveau de mes jambes. D'un geste athlétique et souple, il saisit mes chevilles et les remonte jusqu'à mes épaules, m'ouvrant totalement, m'offrant sans retenue à sa vue et à son désir.
Dans cette position de vulnérabilité totale, Connor s'arrête un instant, ses yeux dévorant chaque détail de mon anatomie. Puis, il s'approche. Sa langue, chaude, large et ferme, vient s'aventurer sur mon petit cul avec une intensité monstrueuse. Je lâche un cri rauque, mes mains s'agrippant désespérément aux draps de soie. Il me lèche, m'explore avec une ferveur démentielle, ses lèvres aspirant ma peau avec une gourmandise qui me fait perdre la tête.
Tout en continuant son travail de sa langue, il insère un doigt, puis un deuxième, huilés par notre excitation. Il me prépare avec une force maîtrisée, élargissant mon entrée alors que ses yeux plongent droit dans les miens, son visage durci par un besoin pur.
— « Tu as envie de moi, Herwann ? Dis-le-moi. » demande-t-il d'une voix d'outre-tombe, sa voix vibrant contre ma cuisse.
— « Oui... plus que tout. Prends-moi, Connor. Je suis à toi. »
Il se redresse, son sexe imposant et brûlant frottant contre mon entrée. Nos bouches sont si proches que je sens l'humidité de ses lèvres et l'odeur de son désir. Lentement, avec une précision cruelle qui me fait gémir, il s'enfonce en moi. Je bascule la tête en arrière, un cri de pur plaisir déchirant la gorge alors qu'il me pénètre jusqu'à la garde. Il me remplit totalement, chaque millimètre de sa verge glissant contre mes parois les plus sensibles.
Puis, dans un mouvement de force brute, il me redresse pour me mettre assis. Je me retrouve à califourchon sur lui, mes jambes enserrant son dos, mes bras verrouillés autour de sa nuque. L'étreinte est si profonde que je sens son gland heurter mon col à chaque mouvement.
Je commence à onduler, mes hanches décrivant des cercles lents, lourds et profonds sur son membre. Connor grogne, ses mains agrippant mes fesses avec une telle force que ses doigts s'enfoncent dans ma chair, laissant des marques rouges de possession. Nos peaux luisantes de sueur collent l'une à l'autre, créant un bruit charnel sourd à chaque va-et-vient. Le rythme s'accélère, sauvage, animal. Nous ne sommes plus des patineurs, nous sommes deux bêtes cherchant l'extase. Nos gémissements deviennent des cris, nos bouches se cherchent pour étouffer nos râles.
Je sens la vague arriver, une chaleur insoutenable qui part de mon bas-ventre et irradie tout mon corps. Connor se cambre sous moi, sa respiration n'est plus qu'un sifflement saccadé. Ses mains me pressent contre lui avec une urgence dévastatrice. Dans une poussée ultime, il se vide en moi, une éjaculation massive, brûlante, que je sens pulser au plus profond de mes entrailles. Je m'effondre contre son épaule au même moment, mon propre plaisir m'emportant dans un spasme violent, inondant nos ventres collés.
Nous restons soudés ainsi pendant de longues minutes, le cœur battant si fort qu'il semble vouloir briser nos côtes. Connor me berce, ses mains caressant mon dos encore parcouru de frissons.
— « À quel point m'aimes-tu ? » murmure-t-il enfin, la voix chargée d'une émotion brute, presque enfantine.
Je relève la tête, mes yeux mouillés fixés sur les siens.
— « Je t'aime au-delà des mots, Connor. Je t'aime jusqu'à ce que la glace fonde sous nos pieds et que les étoiles s'éteignent. Tu es mon éternité, mon seul et unique. »
Il m'embrasse une dernière fois avec une douceur infinie, puis nous nous laissons glisser sur le lit, enlacés, nos membres emmêlés. Il continue de me murmurer des promesses d'amour, sa main jouant dans mes cheveux, traçant des chemins invisibles sur mon crâne jusqu'à ce que le sommeil nous trouve enfin, plus unis que deux êtres ne l'ont jamais été sur cette terre.
Le soleil se lève sur Cortina, baignant les cimes enneigées d'une lumière d'or pur. Dans la chambre, le calme est absolu. Connor dort encore, sa tête reposant contre mon épaule, une main toujours posée sur ma hanche comme pour s'assurer que je suis bien là. Sa peau est douce, débarrassée des tensions de la veille. Je reste immobile, savourant ce moment de paix avant la tempête finale. C’est aujourd’hui que tout se joue.
Connor finit par ouvrir les yeux. Un sourire timide étire ses lèvres encore gonflées par nos baisers.
— « On y est, Herwann. » murmure-t-il, la voix encore voilée de sommeil.
— « On y est. Et on va leur montrer ce que c'est que de patiner avec son âme. »
Nous nous levons, nos corps nus se frôlant une dernière fois sous la douche, une intimité silencieuse et protectrice avant d'enfiler nos armures de lycra et de paillettes. Pour ce programme libre, nous portons des tenues dégradées du noir au pourpre profond, symbolisant une renaissance.
Arrivés à la patinoire, l'ambiance est électrique. Ivanov est là, entouré d'une garde rapprochée. Il est livide. Lorsqu'il croise notre regard, il détourne les yeux instantanément. L'image de notre étreinte dans le vestiaire, de Connor me possédant sur ce banc, semble agir comme un poison dans son esprit. Il n'est plus le chasseur ; il est une cible mouvante.
Viktor nous rejoint, sa canne frappant le sol en rythme.
— « Oubliez les juges. Oubliez le public. Patinez l'un pour l'autre, comme vous vous êtes aimés cette nuit. Si vous faites ça, personne ne pourra vous toucher. »
Le haut-parleur hurle nos noms. Le public français, venu en masse, explose. Nous nous élançons sur la glace. Le froid nous saisit, mais nos cœurs sont brûlants. La musique commence : un concerto pour piano et violon, à la fois violent et mélancolique.
Dès les premières secondes, la vitesse est vertigineuse. Nous entamons notre première difficulté : le Quadruple Twist. Je lance Connor avec une puissance dévastatrice. Il s'élève si haut qu'il semble flotter un instant au-dessus de la glace, tournoyant quatre fois avec une précision d'horloger avant de retomber dans mes bras dans un silence de velours.
Vient ensuite la suite de pas. Nos lames mordent la glace en parfaite synchronie. Nous patinons à quelques centimètres l'un de l'autre, nos respirations s'accordant au rythme des notes. Nous passons devant Ivanov, qui attend son tour. Je vois ses yeux s'écarquiller devant notre fluidité. Il voit l'amour dans nos mouvements, cette connexion invisible qui rend nos gestes impossibles à copier.
Le point culminant arrive : la séquence de sauts synchronisés. Triple Axel - Euler - Triple Salchow. Nous nous élançons côte à côte. Au moment de l'impulsion, je sens l'énergie de Connor. Nous décollons exactement en même temps, nos corps décrivant des paraboles identiques dans l'air saturé d'humidité. L'atterrissage est un coup de tonnerre. Pas un millimètre de décalage.
Puis, le porté final. Je saisis Connor par la taille et je le soulève à bout de bras, une main seule soutenant tout son poids alors que je décris des cercles rapides sur une jambe. Il se cambre, les bras ouverts vers le plafond, offrant sa victoire au monde. À cet instant, je sens ses doigts effleurer mon épaule, un rappel discret de sa peau contre la mienne la nuit dernière.
Nous terminons dans une pose d'une intensité dramatique, genou à terre, nos mains jointes. Le public est debout, hurlant. Les notes tombent : c'est le record du monde.
Ivanov entre en piste. L'ombre de sa défaite plane déjà. Il commence son programme, mais la magie n'y est plus. Il patine comme un automate. Au moment de son quadruple Lutz, le saut qui devait le sauver, il hésite. Son regard se pose une fraction de seconde sur nous, assis dans le "Kiss and Cry". Il perd son axe.
Le crash est terrible. Il percute la balustrade, son corps s'effondrant dans un bruit sourd. Il se relève, mais il est brisé. Il finit son programme avec les larmes aux yeux, conscient que son règne est terminé. La drague, les insultes, tout cela n'était qu'un bouclier contre sa propre solitude.
Alors que nous recevons nos médailles d'or, l'hymne national retentit. Connor me regarde, les yeux brillants. Sous le podium, caché par les fleurs, il serre ma main.
— « On a réussi, Herwann. »
— « On a fait plus que ça, Connor. On est devenus immortels. »
Viktor nous attend à la sortie de la patinoire. Il ne dit rien, mais il pose une main paternelle sur nos nuques respectives. Ivanov passe devant nous, la tête basse, ses médailles de bronze pesant comme des chaînes. Il ne nous regarde plus.
La conférence de presse se tient dans la grande salle du Palais des Congrès de Cortina. L'air est lourd, saturé par l'odeur du café tiède et le bourdonnement incessant d'une centaine de journalistes venus du monde entier. Si notre relation est officielle depuis longtemps, le scandale du gala de Venise et les rumeurs de tensions avec Ivanov ont transformé cette séance en un véritable tribunal.
Nous entrons dans la salle, médailles d'or autour du cou, main dans la main. Viktor marche derrière nous, son visage de marbre et sa canne martelant le sol comme un avertissement. Dès que nous nous asseyons derrière la longue table recouverte d'un tapis vert, les flashs crépitent avec une violence assourdissante.
Ivanov est assis à l'autre extrémité de la table, le visage fermé, les yeux fixés sur son micro. Il n'a pas dit un mot depuis sa chute.
Un journaliste britannique se lève le premier, son regard cherchant la faille : — « Herwann, Connor, félicitations. Mais parlons des coulisses. On dit que l'ambiance à Venise était plus proche d'un règlement de comptes que d'un gala. Des témoins parlent d'une altercation violente avec monsieur Ivanov concernant... votre vie privée. Est-ce que cette médaille est une réponse sportive ou une vengeance personnelle ? »
Avant que je puisse répondre, une journaliste russe enchaîne, la voix acide : — « Monsieur Campbell, on murmure que votre instabilité émotionnelle a failli coûter l'or à la France. Il paraît que monsieur Ivanov a essayé de "raisonner" Herwann sur le danger que représente votre relation pour sa carrière. Ne pensez-vous pas que votre besoin constant d'être rassuré par Herwann, jusque dans les vestiaires de manière... explicite, est un frein pour un athlète de son calibre ? »
Le silence tombe sur la salle. Connor se raidit, ses doigts se crispant sur la table. Je sens la colère monter en lui, le souvenir des insultes d'Ivanov — la "pute de luxe", le "poids mort" — refaisant surface. Mais cette fois, je ne le laisse pas s'enfoncer. Je pose ma main sur la sienne, nos doigts s'entrelaçant à la vue de tous, et je m'approche du micro.
— « Ce que vous appelez instabilité, j'appelle ça de la passion, » je lance d'une voix calme et profonde qui fait taire les murmures. « Si Ivanov a essayé de nous "raisonner", il a surtout réussi à nous prouver que sa solitude est son plus grand adversaire. Notre relation n'est pas un frein, c'est le moteur de chaque quadruple que nous avons posé aujourd'hui. »
Un reporter people français tente alors une approche plus vicieuse : — « Il y a des photos floues qui circulent, prises dans les couloirs des vestiaires... On y voit des scènes d'une intimité très... athlétique entre vous. Certains juges pourraient considérer que ce comportement dégrade l'image du patinage artistique. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous transformez les vestiaires olympiques en alcôve privée ? »
Connor lève alors la tête. Son regard n'est plus fuyant, il est habité par la certitude de notre nuit à Cortina.
— « Les vestiaires sont le lieu où les athlètes se préparent au combat, » dit Connor d'une voix claire. « Si notre manière de nous soutenir choque certains, c'est peut-être parce qu'ils n'ont jamais connu une telle confiance envers leur partenaire. Monsieur Ivanov a été témoin de notre unité. S'il a été déstabilisé au point de rater son Axel, ce n'est pas à cause de notre "comportement", mais parce qu'il a réalisé qu'il ne pourra jamais briser ce lien. »
Le journaliste russe revient à la charge, s'adressant directement à Ivanov : — « Alekseï, vous avez été témoin de scènes intimes entre eux. Est-ce vrai que cela a affecté votre concentration ? »
Ivanov lève enfin les yeux. Il nous regarde, Connor et moi, et je vois passer dans son regard le reflet de sa stupeur quand il nous a vus dans le vestiaire, moi sur les genoux de Connor, nos corps nus et soudés. Il ouvre la bouche, hésite, puis ses épaules s'affaissent.
— « Ce que j'ai vu... » commence Ivanov, sa voix tremblante légèrement. « C'est une vérité que je ne possède pas. J'ai essayé de les provoquer parce que je pensais qu'ils étaient fragiles. J'ai eu tort. Ils ne sont pas deux patineurs qui s'aiment. Ils sont un seul athlète à deux cœurs. Ma chute n'est que le résultat de ma propre arrogance face à quelque chose que je ne peux pas comprendre. »
La salle est pétrifiée par cet aveu de faiblesse. Viktor se penche alors vers le micro, mettant fin à la séance avec sa rudesse habituelle.
— « Cette conférence est terminée. Vous vouliez du sang et des larmes, vous avez eu de l'or et de l'amour. Le patinage est un sport de couple. Si vous ne supportez pas de voir un couple s'aimer avec la même intensité qu'il patine, allez couvrir le curling. »
Nous nous levons. Devant les caméras du monde entier, j'attire Connor contre moi et je dépose un baiser lent et profond sur son front, marquant notre territoire une dernière fois. Nous sortons de la salle, ignorants les appels des journalistes, pour retrouver le silence de la neige.
Fin du chapitre 16.
La pénombre de la chambre est devenue notre sanctuaire absolu. Les échos de la patinoire se sont tus, remplacés par le son lourd et erratique de nos deux respirations qui cherchent leur rythme. Nous sommes allongés nus sur les draps, sans aucune barrière, la peau encore vibrante de l'effort de la journée. Mais le calme n'est qu'une façade fragile avant l'incendie.
Connor est allongé sur le dos, le regard perdu dans les ombres du plafond. Je sens sa détresse, ce poison insidieux qu’Ivanov a tenté d’injecter entre nous à force de provocations.
— « Herwann... » murmure-t-il, sa voix tremblante.
— « Depuis qu'il a commencé à te toucher, à te draguer ouvertement devant moi, à te proposer Moscou comme si je n'existais pas... j'ai eu l'impression de m'effacer. J'ai eu peur que tu finisses par croire ses mensonges, que je ne suis qu'un boulet, une "pute de luxe" que tu finiras par abandonner pour quelqu'un de son rang. »
Je me rapproche de lui, glissant tout mon corps nu contre le sien. Je pose ma main sur son torse, sentant la chaleur brûlante de sa peau musclée. Je remonte mes doigts jusqu'à son visage, encadrant sa mâchoire avec une infinie douceur, forçant ses yeux verts à rencontrer les miens.
— « Regarde-moi, Connor. » je lui souffle, le regard brûlant de sincérité.
— « Ivanov n'est qu'un parasite. Ses mains sur moi n'étaient que de la poussière. Il n'y a que toi qui comptes. Tu es mon équilibre, mon partenaire, l'homme de ma vie. Je t'aime plus que tout, et jamais, tu m'entends, jamais personne ne prendra ta place. »
Connor ferme les yeux, laissant échapper un soupir de soulagement qui se transforme en un gémissement lorsque je dépose un baiser sur sa gorge. Il prend mon visage entre ses mains avec une force nouvelle, une possession qu'il ne cherche plus à cacher.
— « Tu ne sais pas à quel point je t'aime, Herwann. C'est viscéral, ça me déchire les tripes. »
Il m'embrasse, d'abord avec une tendresse déchirante, puis ses mains deviennent plus impatientes, plus exigeantes. Il bascule au-dessus de moi, son poids m'écrasant délicieusement contre le matelas. J'entoure ses hanches de mes jambes, sentant son érection, déjà bien dure, longue et pulsante, presser contre la mienne. Nos souffles se raccourcissent, se muant en halètements.
Connor descend le long de mon corps, sa bouche traçant un chemin de feu sur mon cou, mes pectoraux, puis mon ventre qu'il embrasse avec ferveur. Il arrive au niveau de mes jambes. D'un geste athlétique et souple, il saisit mes chevilles et les remonte jusqu'à mes épaules, m'ouvrant totalement, m'offrant sans retenue à sa vue et à son désir.
Dans cette position de vulnérabilité totale, Connor s'arrête un instant, ses yeux dévorant chaque détail de mon anatomie. Puis, il s'approche. Sa langue, chaude, large et ferme, vient s'aventurer sur mon petit cul avec une intensité monstrueuse. Je lâche un cri rauque, mes mains s'agrippant désespérément aux draps de soie. Il me lèche, m'explore avec une ferveur démentielle, ses lèvres aspirant ma peau avec une gourmandise qui me fait perdre la tête.
Tout en continuant son travail de sa langue, il insère un doigt, puis un deuxième, huilés par notre excitation. Il me prépare avec une force maîtrisée, élargissant mon entrée alors que ses yeux plongent droit dans les miens, son visage durci par un besoin pur.
— « Tu as envie de moi, Herwann ? Dis-le-moi. » demande-t-il d'une voix d'outre-tombe, sa voix vibrant contre ma cuisse.
— « Oui... plus que tout. Prends-moi, Connor. Je suis à toi. »
Il se redresse, son sexe imposant et brûlant frottant contre mon entrée. Nos bouches sont si proches que je sens l'humidité de ses lèvres et l'odeur de son désir. Lentement, avec une précision cruelle qui me fait gémir, il s'enfonce en moi. Je bascule la tête en arrière, un cri de pur plaisir déchirant la gorge alors qu'il me pénètre jusqu'à la garde. Il me remplit totalement, chaque millimètre de sa verge glissant contre mes parois les plus sensibles.
Puis, dans un mouvement de force brute, il me redresse pour me mettre assis. Je me retrouve à califourchon sur lui, mes jambes enserrant son dos, mes bras verrouillés autour de sa nuque. L'étreinte est si profonde que je sens son gland heurter mon col à chaque mouvement.
Je commence à onduler, mes hanches décrivant des cercles lents, lourds et profonds sur son membre. Connor grogne, ses mains agrippant mes fesses avec une telle force que ses doigts s'enfoncent dans ma chair, laissant des marques rouges de possession. Nos peaux luisantes de sueur collent l'une à l'autre, créant un bruit charnel sourd à chaque va-et-vient. Le rythme s'accélère, sauvage, animal. Nous ne sommes plus des patineurs, nous sommes deux bêtes cherchant l'extase. Nos gémissements deviennent des cris, nos bouches se cherchent pour étouffer nos râles.
Je sens la vague arriver, une chaleur insoutenable qui part de mon bas-ventre et irradie tout mon corps. Connor se cambre sous moi, sa respiration n'est plus qu'un sifflement saccadé. Ses mains me pressent contre lui avec une urgence dévastatrice. Dans une poussée ultime, il se vide en moi, une éjaculation massive, brûlante, que je sens pulser au plus profond de mes entrailles. Je m'effondre contre son épaule au même moment, mon propre plaisir m'emportant dans un spasme violent, inondant nos ventres collés.
Nous restons soudés ainsi pendant de longues minutes, le cœur battant si fort qu'il semble vouloir briser nos côtes. Connor me berce, ses mains caressant mon dos encore parcouru de frissons.
— « À quel point m'aimes-tu ? » murmure-t-il enfin, la voix chargée d'une émotion brute, presque enfantine.
Je relève la tête, mes yeux mouillés fixés sur les siens.
— « Je t'aime au-delà des mots, Connor. Je t'aime jusqu'à ce que la glace fonde sous nos pieds et que les étoiles s'éteignent. Tu es mon éternité, mon seul et unique. »
Il m'embrasse une dernière fois avec une douceur infinie, puis nous nous laissons glisser sur le lit, enlacés, nos membres emmêlés. Il continue de me murmurer des promesses d'amour, sa main jouant dans mes cheveux, traçant des chemins invisibles sur mon crâne jusqu'à ce que le sommeil nous trouve enfin, plus unis que deux êtres ne l'ont jamais été sur cette terre.
Le soleil se lève sur Cortina, baignant les cimes enneigées d'une lumière d'or pur. Dans la chambre, le calme est absolu. Connor dort encore, sa tête reposant contre mon épaule, une main toujours posée sur ma hanche comme pour s'assurer que je suis bien là. Sa peau est douce, débarrassée des tensions de la veille. Je reste immobile, savourant ce moment de paix avant la tempête finale. C’est aujourd’hui que tout se joue.
Connor finit par ouvrir les yeux. Un sourire timide étire ses lèvres encore gonflées par nos baisers.
— « On y est, Herwann. » murmure-t-il, la voix encore voilée de sommeil.
— « On y est. Et on va leur montrer ce que c'est que de patiner avec son âme. »
Nous nous levons, nos corps nus se frôlant une dernière fois sous la douche, une intimité silencieuse et protectrice avant d'enfiler nos armures de lycra et de paillettes. Pour ce programme libre, nous portons des tenues dégradées du noir au pourpre profond, symbolisant une renaissance.
Arrivés à la patinoire, l'ambiance est électrique. Ivanov est là, entouré d'une garde rapprochée. Il est livide. Lorsqu'il croise notre regard, il détourne les yeux instantanément. L'image de notre étreinte dans le vestiaire, de Connor me possédant sur ce banc, semble agir comme un poison dans son esprit. Il n'est plus le chasseur ; il est une cible mouvante.
Viktor nous rejoint, sa canne frappant le sol en rythme.
— « Oubliez les juges. Oubliez le public. Patinez l'un pour l'autre, comme vous vous êtes aimés cette nuit. Si vous faites ça, personne ne pourra vous toucher. »
Le haut-parleur hurle nos noms. Le public français, venu en masse, explose. Nous nous élançons sur la glace. Le froid nous saisit, mais nos cœurs sont brûlants. La musique commence : un concerto pour piano et violon, à la fois violent et mélancolique.
Dès les premières secondes, la vitesse est vertigineuse. Nous entamons notre première difficulté : le Quadruple Twist. Je lance Connor avec une puissance dévastatrice. Il s'élève si haut qu'il semble flotter un instant au-dessus de la glace, tournoyant quatre fois avec une précision d'horloger avant de retomber dans mes bras dans un silence de velours.
Vient ensuite la suite de pas. Nos lames mordent la glace en parfaite synchronie. Nous patinons à quelques centimètres l'un de l'autre, nos respirations s'accordant au rythme des notes. Nous passons devant Ivanov, qui attend son tour. Je vois ses yeux s'écarquiller devant notre fluidité. Il voit l'amour dans nos mouvements, cette connexion invisible qui rend nos gestes impossibles à copier.
Le point culminant arrive : la séquence de sauts synchronisés. Triple Axel - Euler - Triple Salchow. Nous nous élançons côte à côte. Au moment de l'impulsion, je sens l'énergie de Connor. Nous décollons exactement en même temps, nos corps décrivant des paraboles identiques dans l'air saturé d'humidité. L'atterrissage est un coup de tonnerre. Pas un millimètre de décalage.
Puis, le porté final. Je saisis Connor par la taille et je le soulève à bout de bras, une main seule soutenant tout son poids alors que je décris des cercles rapides sur une jambe. Il se cambre, les bras ouverts vers le plafond, offrant sa victoire au monde. À cet instant, je sens ses doigts effleurer mon épaule, un rappel discret de sa peau contre la mienne la nuit dernière.
Nous terminons dans une pose d'une intensité dramatique, genou à terre, nos mains jointes. Le public est debout, hurlant. Les notes tombent : c'est le record du monde.
Ivanov entre en piste. L'ombre de sa défaite plane déjà. Il commence son programme, mais la magie n'y est plus. Il patine comme un automate. Au moment de son quadruple Lutz, le saut qui devait le sauver, il hésite. Son regard se pose une fraction de seconde sur nous, assis dans le "Kiss and Cry". Il perd son axe.
Le crash est terrible. Il percute la balustrade, son corps s'effondrant dans un bruit sourd. Il se relève, mais il est brisé. Il finit son programme avec les larmes aux yeux, conscient que son règne est terminé. La drague, les insultes, tout cela n'était qu'un bouclier contre sa propre solitude.
Alors que nous recevons nos médailles d'or, l'hymne national retentit. Connor me regarde, les yeux brillants. Sous le podium, caché par les fleurs, il serre ma main.
— « On a réussi, Herwann. »
— « On a fait plus que ça, Connor. On est devenus immortels. »
Viktor nous attend à la sortie de la patinoire. Il ne dit rien, mais il pose une main paternelle sur nos nuques respectives. Ivanov passe devant nous, la tête basse, ses médailles de bronze pesant comme des chaînes. Il ne nous regarde plus.
La conférence de presse se tient dans la grande salle du Palais des Congrès de Cortina. L'air est lourd, saturé par l'odeur du café tiède et le bourdonnement incessant d'une centaine de journalistes venus du monde entier. Si notre relation est officielle depuis longtemps, le scandale du gala de Venise et les rumeurs de tensions avec Ivanov ont transformé cette séance en un véritable tribunal.
Nous entrons dans la salle, médailles d'or autour du cou, main dans la main. Viktor marche derrière nous, son visage de marbre et sa canne martelant le sol comme un avertissement. Dès que nous nous asseyons derrière la longue table recouverte d'un tapis vert, les flashs crépitent avec une violence assourdissante.
Ivanov est assis à l'autre extrémité de la table, le visage fermé, les yeux fixés sur son micro. Il n'a pas dit un mot depuis sa chute.
Un journaliste britannique se lève le premier, son regard cherchant la faille : — « Herwann, Connor, félicitations. Mais parlons des coulisses. On dit que l'ambiance à Venise était plus proche d'un règlement de comptes que d'un gala. Des témoins parlent d'une altercation violente avec monsieur Ivanov concernant... votre vie privée. Est-ce que cette médaille est une réponse sportive ou une vengeance personnelle ? »
Avant que je puisse répondre, une journaliste russe enchaîne, la voix acide : — « Monsieur Campbell, on murmure que votre instabilité émotionnelle a failli coûter l'or à la France. Il paraît que monsieur Ivanov a essayé de "raisonner" Herwann sur le danger que représente votre relation pour sa carrière. Ne pensez-vous pas que votre besoin constant d'être rassuré par Herwann, jusque dans les vestiaires de manière... explicite, est un frein pour un athlète de son calibre ? »
Le silence tombe sur la salle. Connor se raidit, ses doigts se crispant sur la table. Je sens la colère monter en lui, le souvenir des insultes d'Ivanov — la "pute de luxe", le "poids mort" — refaisant surface. Mais cette fois, je ne le laisse pas s'enfoncer. Je pose ma main sur la sienne, nos doigts s'entrelaçant à la vue de tous, et je m'approche du micro.
— « Ce que vous appelez instabilité, j'appelle ça de la passion, » je lance d'une voix calme et profonde qui fait taire les murmures. « Si Ivanov a essayé de nous "raisonner", il a surtout réussi à nous prouver que sa solitude est son plus grand adversaire. Notre relation n'est pas un frein, c'est le moteur de chaque quadruple que nous avons posé aujourd'hui. »
Un reporter people français tente alors une approche plus vicieuse : — « Il y a des photos floues qui circulent, prises dans les couloirs des vestiaires... On y voit des scènes d'une intimité très... athlétique entre vous. Certains juges pourraient considérer que ce comportement dégrade l'image du patinage artistique. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous transformez les vestiaires olympiques en alcôve privée ? »
Connor lève alors la tête. Son regard n'est plus fuyant, il est habité par la certitude de notre nuit à Cortina.
— « Les vestiaires sont le lieu où les athlètes se préparent au combat, » dit Connor d'une voix claire. « Si notre manière de nous soutenir choque certains, c'est peut-être parce qu'ils n'ont jamais connu une telle confiance envers leur partenaire. Monsieur Ivanov a été témoin de notre unité. S'il a été déstabilisé au point de rater son Axel, ce n'est pas à cause de notre "comportement", mais parce qu'il a réalisé qu'il ne pourra jamais briser ce lien. »
Le journaliste russe revient à la charge, s'adressant directement à Ivanov : — « Alekseï, vous avez été témoin de scènes intimes entre eux. Est-ce vrai que cela a affecté votre concentration ? »
Ivanov lève enfin les yeux. Il nous regarde, Connor et moi, et je vois passer dans son regard le reflet de sa stupeur quand il nous a vus dans le vestiaire, moi sur les genoux de Connor, nos corps nus et soudés. Il ouvre la bouche, hésite, puis ses épaules s'affaissent.
— « Ce que j'ai vu... » commence Ivanov, sa voix tremblante légèrement. « C'est une vérité que je ne possède pas. J'ai essayé de les provoquer parce que je pensais qu'ils étaient fragiles. J'ai eu tort. Ils ne sont pas deux patineurs qui s'aiment. Ils sont un seul athlète à deux cœurs. Ma chute n'est que le résultat de ma propre arrogance face à quelque chose que je ne peux pas comprendre. »
La salle est pétrifiée par cet aveu de faiblesse. Viktor se penche alors vers le micro, mettant fin à la séance avec sa rudesse habituelle.
— « Cette conférence est terminée. Vous vouliez du sang et des larmes, vous avez eu de l'or et de l'amour. Le patinage est un sport de couple. Si vous ne supportez pas de voir un couple s'aimer avec la même intensité qu'il patine, allez couvrir le curling. »
Nous nous levons. Devant les caméras du monde entier, j'attire Connor contre moi et je dépose un baiser lent et profond sur son front, marquant notre territoire une dernière fois. Nous sortons de la salle, ignorants les appels des journalistes, pour retrouver le silence de la neige.
Fin du chapitre 16.
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