Le feu sur la glace (18)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (18)
Chapitre 18
Le trajet vers l’aéroport s’était fait dans un silence de cathédrale, brisé seulement par le ronronnement du moteur de la berline. Mais une fois arrivés au terminal VIP, l’atmosphère a basculé. Le hall était envahi par des survêtements rouges et blancs : la délégation russe.
L’embarquement a été une épreuve de nerfs. En entrant dans la cabine de la classe affaires, j’ai senti un froid plus vif que celui de la patinoire de Bercy. Ivanov était là. Il était déjà installé, un masque de sommeil relevé sur le front, un livre à la main qu’il ne lisait manifestement pas.
Le destin — ou le sens de l'humour macabre de la fédération internationale — avait bien fait les choses : nos sièges étaient situés juste devant les siens.
— « Regarde qui voilà, » a murmuré Connor en serrant la poignée de son sac de voyage. — « Ignore-le, » ai-je répondu, même si mon sang ne faisait qu'un tour.
Alors que nous rangions nos bagages à main, Ivanov a redressé son siège. Ses yeux clairs, d’une transparence glaciale, se sont posés sur nous. Un petit sourire méprisant a étiré ses lèvres.
— « Tiens, les vice-champions d'Europe, » a-t-il lancé d'une voix assez forte pour être entendue par les entraîneurs russes autour. « Vous avez pris des billets pour Pékin ? J'espère que vous avez aussi pris une assurance pour vos réceptions de sauts, Connor. La glace chinoise est beaucoup plus dure que celle de Tallinn. »
Connor s'est tendu comme un arc. Je voyais la veine de son cou battre violemment. Je me suis tourné vers Ivanov, bloquant son passage alors qu'il faisait mine de se lever.
— « Occupe-toi de tes rotations, Alekseï, » ai-je lâché d'un ton monocorde. « On a vu ton programme aux Europe. C'était propre, mais c'était vide. Tu patines comme un comptable. À Pékin, on va te montrer ce que c'est que de l'art. »
Ivanov a ricané, se rapprochant de mon visage. — « L'art ne gagne pas les médailles, Herwann. C'est la stabilité. Et ton petit protégé ici présent est aussi stable qu'un château de cartes. »
Il a jeté un regard chargé de sous-entendus vers l'entrejambe de Connor, puis vers le mien, une allusion directe à la scène du vestiaire de Cortina qui le hantait encore. — « Profitez bien du vol. Ce sont vos dernières heures de tranquillité avant que je ne vous enterre sous vos propres erreurs. »
Pendant les douze heures de vol, la tension est restée palpable. À chaque mouvement que nous faisions, je sentais le regard d'Ivanov entre les deux sièges. Connor n'arrivait pas à dormir, ses yeux fixant l'écran de bord sans rien voir.
J'ai abaissé l'accoudoir central et j'ai pris sa main sous la couverture de voyage que l'hôtesse nous avait donnée. Sous le tissu épais, loin des regards indiscrets et surtout de celui du Russe juste derrière, j'ai entrelacé nos doigts.
— « Dors, » lui ai-je murmuré à l'oreille. « Il essaie de gagner le match avant même qu'on ait mis un patin sur la glace. Ne lui donne pas ce plaisir. »
Connor a posé sa tête sur mon épaule. Dans l'obscurité de la cabine, alors que l'avion survolait les steppes sibériennes, je sentais sa respiration s'apaiser. Ma main a glissé doucement sur sa cuisse, un contact ancré, protecteur, lui rappelant nos entraînements, notre pacte, et la puissance de Never Enough.
Lorsque l'avion a touché le tarmac de l'aéroport de Pékin-Capitale, la réalité nous a percutés. Des dizaines de volontaires en combinaisons de protection intégrale, des caméras partout, et ce froid sec et tranchant.
À la sortie de l'appareil, Ivanov nous a bousculés "accidentellement" avec son sac de sport. — « Bienvenue en enfer, les garçons, » a-t-il soufflé avant de s'éloigner vers le contrôle des passeports avec sa démarche de conquérant.
Viktor, qui était assis quelques rangs plus loin, nous a rejoints. Il a vu la scène. — « Il a peur, » a simplement dit le vieux maître en ajustant son chapeau. « S'il n'avait pas peur, il ne prendrait pas la peine de vous parler. Gardez votre venin pour le programme court. Bohemian Rhapsody commence dans trois jours. »
Nous sommes montés dans le bus de la délégation, direction le Village Olympique. En regardant les anneaux géants qui décoraient les autoroutes chinoises, j'ai serré le poing.
L'obscurité de la chambre olympique était épaisse, seulement percée par les reflets des néons de Pékin filtrant à travers les rideaux. Mais avant même que cette obscurité ne devienne notre sanctuaire, il y avait eu ce choc en passant le seuil.
Sur le lit principal, la Fédération avait déposé une boîte en laque noire. À l'intérieur, une étoffe de soie noire profonde, brodée d'or avec nos initiales entrelacées, "H & C". Ce n'était pas un simple cadeau décoratif. C’était la réplique exacte des draps de notre appartement parisien, l'odeur de notre foyer imprégnée dans les fibres. C'était un message silencieux : « Sentez-vous chez vous, soyez invincibles. » Mais ce soir, cet autel de soie n'allait pas servir au repos.
Je me tenais debout devant le lit, observant Connor qui caressait du bout des doigts la broderie d'or. La tension de Tallinn, l'agression d'Ivanov dans l'avion, tout cela pesait sur mes épaules. J'avais besoin de lâcher prise, de ne plus être celui qui dirige, mais celui qui reçoit.
— « Connor, » murmurai-je, ma voix trahissant une vulnérabilité rare. « Ce soir, j'ai besoin de te sentir. J'ai besoin que tu me prennes... totalement. »
Ses yeux verts se sont ancrés dans les miens, y lisant ma demande silencieuse. Il s'est levé, ses mouvements lents et prédateurs. Il a retiré mes vêtements un à un, ses mains brûlantes marquant ma peau, avant de se débarrasser des siens. Nous étions nus sur cette soie noire qui glissait sous nos pieds. Il m'a poussé doucement sur le lit, me forçant à m'allonger sur le dos, au centre de nos initiales entrelacées.
Connor s'est agenouillé entre mes jambes. Il a pris le temps de m'admirer, ses mains remontant de mes chevilles jusqu'à mes cuisses, les écartant avec une autorité nouvelle. Il s'est penché et a commencé à m'embrasser avec une ferveur démentielle, sa langue traçant des chemins de feu sur mon ventre avant de descendre vers mon entrejambe.
Il a pris ma queue en bouche. Je l'ai senti m'aspirer avec une faim sauvage, ses joues se creusant alors qu'il m'engouffrait bien à fond. Le bruit de sa succion, humide et rythmé, résonnait dans la pièce comme un prélude à notre fusion. Je gémissais, mes doigts s'enfonçant dans la soie noire, mes hanches se soulevant instinctivement sous l'extase qu'il me provoquait. Il me suçait avec une force monstrueuse, me vidant de toute ma tension olympique, me préparant au sacrifice.
Mais Connor n'était pas là seulement pour me donner du plaisir. Il voulait me posséder. Il s'est redressé, sa queue raide et imposante brillant sous la faible lumière. Il a saisi mes jambes et les a basculées par-dessus mes épaules, m'ouvrant sans aucune pudeur sur ce drap de luxe.
— « Regarde-moi, Herwann, » a-t-il soufflé, son visage durci par un besoin pur. « Pas de barrière. Je veux être en toi, pour de vrai. »
Il s'est positionné. J'ai senti son gland presser contre mon entrée, brûlant, exigeant. Sans me laisser le temps de protester, d'un coup de reins puissant et animal, il s'est enfoncé en moi d'un seul bloc, sans aucune protection.
Un cri de pur plaisir a déchiré ma gorge. La sensation de sa verge nue, énorme et pulsante, remplissant mes entrailles était d'une perfection insoutenable. Je l'ai senti me déchirer délicieusement, s'ancrant au plus profond de moi. Je me suis agrippé à ses bras musclés, mes ongles s'enfonçant dans sa chair alors qu'il restait immobile un instant, savourant notre union totale.
Puis, il a commencé à bouger. Ce n'était plus de la tendresse, c'était une conquête. À chaque va-et-vient, il me percutait avec une force brutale, ses hanches martelant les miennes contre la soie qui froissait sous nous. Le claquement de nos peaux collées par la sueur battait la mesure de notre rage de vaincre.
— « Oui... Connor... prends tout ! » hurlais-je, la tête basculée en arrière, mes sens totalement saturés par sa présence en moi.
Il a accéléré le rythme, ses coups de reins devenant frénétiques. Je sentais mon corps se désagréger sous son assaut. L'orgasme est arrivé comme une onde de choc. Mes parois se sont crispées autour de lui, l'aspirant encore plus profondément. Dans un râle ultime, il a explosé au fond de moi. J'ai senti son sperme jaillir par jets brûlants, inondant mes entrailles sans aucune protection, tandis que j'éjaculais à mon tour sur mon propre torse et sur la soie brodée d'or.
Il s'est effondré sur moi, son visage niché dans mon cou. La sueur et sa semence nous soudaient l'un à l'autre sur le drap gâché par notre passion. Je sentais encore sa queue battre doucement à l'intérieur de moi, baignant dans notre chaleur mêlée.
Connor a passé sa main sur mon front, ses doigts, tremblant encore. — « Voilà notre vraie force, Herwann. Maintenant, on peut tout affronter. »
Nous étions épuisés, nos corps marqués par cette nuit sauvage, mais nos yeux brillaient d'une certitude absolue.
L'air du Palais Omnisports de Pékin était saturé d'électricité statique, une tension si dense qu'elle semblait pouvoir se briser au moindre souffle. Le tirage au sort avait rendu son verdict, cruel et magnifique : nous passions en avant-derniers, juste avant Ivanov et sa partenaire. C’était le duel final, l’exécution publique de toutes les rancœurs accumulées depuis Tallinn.
Quand le haut-parleur a craché nos noms, le stade a semblé entrer en éruption.
— « Representing France : Herwann Delcourt and Connor Campbell ! »
La clameur était assourdissante, un mur de son qui faisait vibrer la balustrade sous mes doigts. — « ON VOUS AIME ! HERWANN ! CONNOR ! » hurlaient des milliers de voix, un mélange de ferveur française et d'admiration internationale.
Nous avons retiré nos vestes de survêtement et un silence de mort a instantanément figé l'arène. Nos tenues étaient une révolution, une insulte aux conventions. Pour Bohemian Rhapsody, nous ne portions pas de paillettes. Nous étions moulés dans des combinaisons en cuir synthétique ultrafin de couleur "bleu minuit", presque noires, mais le haut était un chef-d’œuvre d'audace : un entrelacement de lanières de jais et de cristaux sombres laissant nos dos et nos flancs en partie dénudés. C’était un hommage à la théâtralité de Freddie Mercury, mais avec une virilité brute, provocante, rappelant la peau que nous avions partagée sur la soie noire du Village.
Le présentateur de la télévision internationale en perdait son latin : — « Oh mon Dieu... Regardez ces costumes ! C'est du jamais vu pour un programme olympique. Delcourt et Campbell ressemblent à des divinités rock. C’est... c’est une déclaration de guerre visuelle ! »
Les premières notes de piano de Mercury ont résonné. Nous avons démarré d'un coup de patin synchrone, une puissance de glisse qui nous a projetés à l'autre bout de la piste en un clin d'œil.
— « Is this the real life? Is this just fantasy? »
Sur la partie lyrique, nos gestes étaient d'une fluidité irréelle. Chaque mouvement de bras, chaque inclinaison de tête était le miroir exact de l'autre. Nous étions habités par notre nuit de passion sur la soie noire, cette certitude charnelle qui se traduisait maintenant par une précision chirurgicale.
Puis, la première difficulté : le Triple Flip lancé. J'ai saisi Connor par la taille, je l'ai senti léger comme une plume, chargé d'une force explosive. Je l'ai propulsé vers le ciel. Il a tourné avec une vitesse vertigineuse, trois révolutions parfaites dans l'air saturé, avant de replanter sa lame dans la glace avec une stabilité de fer.
— « INCROYABLE ! » a hurlé le commentateur. « La hauteur de ce lancer par Herwann Delcourt est tout simplement phénoménale ! Et regardez cette synchronisation... ils ne patinent pas, ils fusionnent ! »
La musique a basculé dans la section "Opéra". Le rythme s'est accéléré, devenant fou, dramatique. Nous avons enchaîné les pirouettes côte à côte, nos corps tournant si vite qu'ils n'étaient plus que deux colonnes de reflets bleu nuit.
Au moment du célèbre « I see a little silhouetto of a man », nous avons exécuté notre porté signature. J'ai soulevé Connor à bout de bras, d'une seule main, alors que je changeais de carre à une vitesse folle. Il a déployé ses bras, la tête renversée, offrant son torse au ciel de Pékin dans un geste de liberté absolue.
Le public était en transe. Des « DELCOURT ! CAMPBELL ! » rythmaient chaque accent de la musique. Les juges ne quittaient plus la glace des yeux, subjugués par l'agressivité de notre programme.
Puis est arrivé le final rock. Les guitares électriques ont explosé. Nous avons lancé notre combinaison de sauts synchronisés. Nous avons décollé et atterri exactement au même millième de seconde, le bruit de nos lames frappant la glace ne formant qu'un seul choc sourd, net, parfait.
Nous avons terminé le programme dans une pose finale iconique : moi genou à terre, Connor incliné sur mon épaule, nos visages si proches que nous partagions le même souffle, nos poings levés vers la voûte.
Pendant trois secondes, le silence fut total. Puis, l'arène a implosé. Des milliers de peluches et de drapeaux ont plu sur la glace. Nous étions haletants, nos yeux brûlants de triomphe. En sortant de la piste, nous avons croisé Alekseï Ivanov et sa partenaire qui s'apprêtaient à entrer. Le visage d'Ivanov était livide, ses yeux trahissaient une terreur qu'il ne pouvait plus cacher. Il venait de voir l'impossible.
Nous nous sommes assis dans le "Kiss and Cry" aux côtés de Viktor. Les notes sont tombées : — « Record du monde battu ! Herwann Delcourt et Connor Campbell prennent la tête avec une avance colossale ! »
Ivanov s'est élancé juste après nous. Mais l'ombre de notre performance planait sur lui comme un linceul. Il était tendu, ses mouvements étaient mécaniques. Sur leur premier saut synchronisé, la pression a eu raison de lui. Il a amorcé sa rotation avec une crispation fatale.
À la réception, sa lame a mordu la glace de travers. Il s'est effondré lourdement sur le flanc, glissant sur plusieurs mètres tandis que sa partenaire continuait, désorientée. Le public a poussé un cri de stupeur. L'idole russe était à terre. Il s'est relevé, le regard vide, mais la magie était brisée. Il a raté son porté suivant, incapable de stabiliser sa partenaire.
Quand ils ont quitté la glace, le verdict était sans appel. Ils n'étaient même pas sur le podium provisoire.
— « C’est un séisme ! » criait le commentateur. « Ivanov s'effondre totalement ! Herwann et Connor ont tué la compétition avant même le programme libre ! »
Dans le vestiaire, j'ai attiré Connor contre moi, ignorant les caméras. — « On les a anéantis, Connor Campbell. » — « Ce n'est que le début, Herwann Delcourt, » m'a-t-il répondu avec un sourire féroce. « On a encore une chanson à leur chanter. »
La victoire écrasante du programme court n'était qu'une étape. Dans le milieu du patinage, on dit souvent que le programme court vous place, mais que le libre vous sacre. Malgré l'euphorie et le record du monde, Viktor n'avait pas l'intention de nous laisser savourer.
Quelques heures seulement après l'explosion de Bohemian Rhapsody, Viktor nous a convoqués pour une séance d'entraînement nocturne sur la piste d'entraînement annexe. L'ambiance était radicalement différente du tumulte de l'arène. Ici, le silence n'était troublé que par le sifflement de nos lames et le souffle court de nos poumons.
— « Ivanov est tombé, oui, » a lâché Viktor, sa voix rebondissant contre les murs de béton. « Mais un loup blessé est plus dangereux qu'un loup repu. Si vous arrivez demain avec de l'arrogance, vous tomberez aussi. Le programme libre est une question d'endurance et d'âme. On répète la figure. »
La "figure", c'était ce monstre technique : le Quadruple Twist immédiatement enchaîné par le Triple Axel lancé. Sur la musique de Never Enough, nous avons répété l'entrée, encore et encore. Mes jambes pesaient des tonnes, chaque fibre de mes muscles protestait. Connor, lui, avait le regard fixe, une concentration presque effrayante. À chaque réception, le choc résonnait dans mes os, mais nous n'avons rien lâché. Viktor nous a libérés à deux heures du matin, d'un simple signe de tête.
Le retour au Village Olympique s'est fait dans un brouillard de fatigue. Nous avons passé les contrôles de sécurité comme des fantômes, incapables de prononcer un mot. Une fois la porte de notre chambre refermée, le poids de la journée — le stress, les cris du public, la chute d'Ivanov et l'effort physique monstrueux — nous est tombé dessus d'un coup.
L'odeur de la chambre était restée la même, un mélange de propre et de ce parfum musqué de notre nuit précédente. La boîte en laque de la Fédération trônait toujours sur la commode, mais nos yeux ne cherchaient que le lit.
Cette soie noire, brodée d'or aux noms de Herwann Delcourt et Connor Campbell, nous attendait comme un linceul de douceur.
Nous n'avions pas la force de nous doucher longuement. Nous nous sommes simplement débarrassés de nos survêtements, restant en sous-vêtements, la peau encore moite de l'effort. Connor s'est laissé tomber le premier sur le lit de soie. Je me suis glissé à ses côtés.
Il n'y avait aucune envie charnelle ce soir-là, seulement un besoin viscéral de proximité, de sentir que l'autre était vivant, là, présent. J'ai passé mon bras sous sa nuque et il s'est immédiatement blotti contre moi, sa tête trouvant sa place habituelle au creux de mon épaule.
— « Je suis mort, Herwann... » a-t-il murmuré, sa voix n'étant plus qu'un souffle. — « Dors, Connor. On a fait le plus dur. Demain, on ne fera que voler. »
Mes doigts se sont emmêlés dans les siens, nos mains jointes reposant sur la soie noire. Je sentais son cœur ralentir progressivement, s'alignant sur le mien. Sous la couette, la chaleur de nos corps se mélangeait, créant une bulle impénétrable.
Pendant que Pékin continuait de briller sous ses néons olympiques, nous avons sombré dans un sommeil sans rêves, soudés l'un à l'autre. Dans cette position, nous ne ressemblions plus aux gladiateurs provocateurs de l'arène, mais à deux jeunes hommes unis par un pacte qui dépassait le sport.
La soie noire, autrefois témoin de notre fureur, était devenue le berceau de notre récupération. Nous dormions comme on se prépare à une bataille finale : dans un abandon total, puisant l'un dans l'autre la force qu'il nous faudrait pour affronter le crescendo de Never Enough.
Fin du chapitre 18.
Le trajet vers l’aéroport s’était fait dans un silence de cathédrale, brisé seulement par le ronronnement du moteur de la berline. Mais une fois arrivés au terminal VIP, l’atmosphère a basculé. Le hall était envahi par des survêtements rouges et blancs : la délégation russe.
L’embarquement a été une épreuve de nerfs. En entrant dans la cabine de la classe affaires, j’ai senti un froid plus vif que celui de la patinoire de Bercy. Ivanov était là. Il était déjà installé, un masque de sommeil relevé sur le front, un livre à la main qu’il ne lisait manifestement pas.
Le destin — ou le sens de l'humour macabre de la fédération internationale — avait bien fait les choses : nos sièges étaient situés juste devant les siens.
— « Regarde qui voilà, » a murmuré Connor en serrant la poignée de son sac de voyage. — « Ignore-le, » ai-je répondu, même si mon sang ne faisait qu'un tour.
Alors que nous rangions nos bagages à main, Ivanov a redressé son siège. Ses yeux clairs, d’une transparence glaciale, se sont posés sur nous. Un petit sourire méprisant a étiré ses lèvres.
— « Tiens, les vice-champions d'Europe, » a-t-il lancé d'une voix assez forte pour être entendue par les entraîneurs russes autour. « Vous avez pris des billets pour Pékin ? J'espère que vous avez aussi pris une assurance pour vos réceptions de sauts, Connor. La glace chinoise est beaucoup plus dure que celle de Tallinn. »
Connor s'est tendu comme un arc. Je voyais la veine de son cou battre violemment. Je me suis tourné vers Ivanov, bloquant son passage alors qu'il faisait mine de se lever.
— « Occupe-toi de tes rotations, Alekseï, » ai-je lâché d'un ton monocorde. « On a vu ton programme aux Europe. C'était propre, mais c'était vide. Tu patines comme un comptable. À Pékin, on va te montrer ce que c'est que de l'art. »
Ivanov a ricané, se rapprochant de mon visage. — « L'art ne gagne pas les médailles, Herwann. C'est la stabilité. Et ton petit protégé ici présent est aussi stable qu'un château de cartes. »
Il a jeté un regard chargé de sous-entendus vers l'entrejambe de Connor, puis vers le mien, une allusion directe à la scène du vestiaire de Cortina qui le hantait encore. — « Profitez bien du vol. Ce sont vos dernières heures de tranquillité avant que je ne vous enterre sous vos propres erreurs. »
Pendant les douze heures de vol, la tension est restée palpable. À chaque mouvement que nous faisions, je sentais le regard d'Ivanov entre les deux sièges. Connor n'arrivait pas à dormir, ses yeux fixant l'écran de bord sans rien voir.
J'ai abaissé l'accoudoir central et j'ai pris sa main sous la couverture de voyage que l'hôtesse nous avait donnée. Sous le tissu épais, loin des regards indiscrets et surtout de celui du Russe juste derrière, j'ai entrelacé nos doigts.
— « Dors, » lui ai-je murmuré à l'oreille. « Il essaie de gagner le match avant même qu'on ait mis un patin sur la glace. Ne lui donne pas ce plaisir. »
Connor a posé sa tête sur mon épaule. Dans l'obscurité de la cabine, alors que l'avion survolait les steppes sibériennes, je sentais sa respiration s'apaiser. Ma main a glissé doucement sur sa cuisse, un contact ancré, protecteur, lui rappelant nos entraînements, notre pacte, et la puissance de Never Enough.
Lorsque l'avion a touché le tarmac de l'aéroport de Pékin-Capitale, la réalité nous a percutés. Des dizaines de volontaires en combinaisons de protection intégrale, des caméras partout, et ce froid sec et tranchant.
À la sortie de l'appareil, Ivanov nous a bousculés "accidentellement" avec son sac de sport. — « Bienvenue en enfer, les garçons, » a-t-il soufflé avant de s'éloigner vers le contrôle des passeports avec sa démarche de conquérant.
Viktor, qui était assis quelques rangs plus loin, nous a rejoints. Il a vu la scène. — « Il a peur, » a simplement dit le vieux maître en ajustant son chapeau. « S'il n'avait pas peur, il ne prendrait pas la peine de vous parler. Gardez votre venin pour le programme court. Bohemian Rhapsody commence dans trois jours. »
Nous sommes montés dans le bus de la délégation, direction le Village Olympique. En regardant les anneaux géants qui décoraient les autoroutes chinoises, j'ai serré le poing.
L'obscurité de la chambre olympique était épaisse, seulement percée par les reflets des néons de Pékin filtrant à travers les rideaux. Mais avant même que cette obscurité ne devienne notre sanctuaire, il y avait eu ce choc en passant le seuil.
Sur le lit principal, la Fédération avait déposé une boîte en laque noire. À l'intérieur, une étoffe de soie noire profonde, brodée d'or avec nos initiales entrelacées, "H & C". Ce n'était pas un simple cadeau décoratif. C’était la réplique exacte des draps de notre appartement parisien, l'odeur de notre foyer imprégnée dans les fibres. C'était un message silencieux : « Sentez-vous chez vous, soyez invincibles. » Mais ce soir, cet autel de soie n'allait pas servir au repos.
Je me tenais debout devant le lit, observant Connor qui caressait du bout des doigts la broderie d'or. La tension de Tallinn, l'agression d'Ivanov dans l'avion, tout cela pesait sur mes épaules. J'avais besoin de lâcher prise, de ne plus être celui qui dirige, mais celui qui reçoit.
— « Connor, » murmurai-je, ma voix trahissant une vulnérabilité rare. « Ce soir, j'ai besoin de te sentir. J'ai besoin que tu me prennes... totalement. »
Ses yeux verts se sont ancrés dans les miens, y lisant ma demande silencieuse. Il s'est levé, ses mouvements lents et prédateurs. Il a retiré mes vêtements un à un, ses mains brûlantes marquant ma peau, avant de se débarrasser des siens. Nous étions nus sur cette soie noire qui glissait sous nos pieds. Il m'a poussé doucement sur le lit, me forçant à m'allonger sur le dos, au centre de nos initiales entrelacées.
Connor s'est agenouillé entre mes jambes. Il a pris le temps de m'admirer, ses mains remontant de mes chevilles jusqu'à mes cuisses, les écartant avec une autorité nouvelle. Il s'est penché et a commencé à m'embrasser avec une ferveur démentielle, sa langue traçant des chemins de feu sur mon ventre avant de descendre vers mon entrejambe.
Il a pris ma queue en bouche. Je l'ai senti m'aspirer avec une faim sauvage, ses joues se creusant alors qu'il m'engouffrait bien à fond. Le bruit de sa succion, humide et rythmé, résonnait dans la pièce comme un prélude à notre fusion. Je gémissais, mes doigts s'enfonçant dans la soie noire, mes hanches se soulevant instinctivement sous l'extase qu'il me provoquait. Il me suçait avec une force monstrueuse, me vidant de toute ma tension olympique, me préparant au sacrifice.
Mais Connor n'était pas là seulement pour me donner du plaisir. Il voulait me posséder. Il s'est redressé, sa queue raide et imposante brillant sous la faible lumière. Il a saisi mes jambes et les a basculées par-dessus mes épaules, m'ouvrant sans aucune pudeur sur ce drap de luxe.
— « Regarde-moi, Herwann, » a-t-il soufflé, son visage durci par un besoin pur. « Pas de barrière. Je veux être en toi, pour de vrai. »
Il s'est positionné. J'ai senti son gland presser contre mon entrée, brûlant, exigeant. Sans me laisser le temps de protester, d'un coup de reins puissant et animal, il s'est enfoncé en moi d'un seul bloc, sans aucune protection.
Un cri de pur plaisir a déchiré ma gorge. La sensation de sa verge nue, énorme et pulsante, remplissant mes entrailles était d'une perfection insoutenable. Je l'ai senti me déchirer délicieusement, s'ancrant au plus profond de moi. Je me suis agrippé à ses bras musclés, mes ongles s'enfonçant dans sa chair alors qu'il restait immobile un instant, savourant notre union totale.
Puis, il a commencé à bouger. Ce n'était plus de la tendresse, c'était une conquête. À chaque va-et-vient, il me percutait avec une force brutale, ses hanches martelant les miennes contre la soie qui froissait sous nous. Le claquement de nos peaux collées par la sueur battait la mesure de notre rage de vaincre.
— « Oui... Connor... prends tout ! » hurlais-je, la tête basculée en arrière, mes sens totalement saturés par sa présence en moi.
Il a accéléré le rythme, ses coups de reins devenant frénétiques. Je sentais mon corps se désagréger sous son assaut. L'orgasme est arrivé comme une onde de choc. Mes parois se sont crispées autour de lui, l'aspirant encore plus profondément. Dans un râle ultime, il a explosé au fond de moi. J'ai senti son sperme jaillir par jets brûlants, inondant mes entrailles sans aucune protection, tandis que j'éjaculais à mon tour sur mon propre torse et sur la soie brodée d'or.
Il s'est effondré sur moi, son visage niché dans mon cou. La sueur et sa semence nous soudaient l'un à l'autre sur le drap gâché par notre passion. Je sentais encore sa queue battre doucement à l'intérieur de moi, baignant dans notre chaleur mêlée.
Connor a passé sa main sur mon front, ses doigts, tremblant encore. — « Voilà notre vraie force, Herwann. Maintenant, on peut tout affronter. »
Nous étions épuisés, nos corps marqués par cette nuit sauvage, mais nos yeux brillaient d'une certitude absolue.
L'air du Palais Omnisports de Pékin était saturé d'électricité statique, une tension si dense qu'elle semblait pouvoir se briser au moindre souffle. Le tirage au sort avait rendu son verdict, cruel et magnifique : nous passions en avant-derniers, juste avant Ivanov et sa partenaire. C’était le duel final, l’exécution publique de toutes les rancœurs accumulées depuis Tallinn.
Quand le haut-parleur a craché nos noms, le stade a semblé entrer en éruption.
— « Representing France : Herwann Delcourt and Connor Campbell ! »
La clameur était assourdissante, un mur de son qui faisait vibrer la balustrade sous mes doigts. — « ON VOUS AIME ! HERWANN ! CONNOR ! » hurlaient des milliers de voix, un mélange de ferveur française et d'admiration internationale.
Nous avons retiré nos vestes de survêtement et un silence de mort a instantanément figé l'arène. Nos tenues étaient une révolution, une insulte aux conventions. Pour Bohemian Rhapsody, nous ne portions pas de paillettes. Nous étions moulés dans des combinaisons en cuir synthétique ultrafin de couleur "bleu minuit", presque noires, mais le haut était un chef-d’œuvre d'audace : un entrelacement de lanières de jais et de cristaux sombres laissant nos dos et nos flancs en partie dénudés. C’était un hommage à la théâtralité de Freddie Mercury, mais avec une virilité brute, provocante, rappelant la peau que nous avions partagée sur la soie noire du Village.
Le présentateur de la télévision internationale en perdait son latin : — « Oh mon Dieu... Regardez ces costumes ! C'est du jamais vu pour un programme olympique. Delcourt et Campbell ressemblent à des divinités rock. C’est... c’est une déclaration de guerre visuelle ! »
Les premières notes de piano de Mercury ont résonné. Nous avons démarré d'un coup de patin synchrone, une puissance de glisse qui nous a projetés à l'autre bout de la piste en un clin d'œil.
— « Is this the real life? Is this just fantasy? »
Sur la partie lyrique, nos gestes étaient d'une fluidité irréelle. Chaque mouvement de bras, chaque inclinaison de tête était le miroir exact de l'autre. Nous étions habités par notre nuit de passion sur la soie noire, cette certitude charnelle qui se traduisait maintenant par une précision chirurgicale.
Puis, la première difficulté : le Triple Flip lancé. J'ai saisi Connor par la taille, je l'ai senti léger comme une plume, chargé d'une force explosive. Je l'ai propulsé vers le ciel. Il a tourné avec une vitesse vertigineuse, trois révolutions parfaites dans l'air saturé, avant de replanter sa lame dans la glace avec une stabilité de fer.
— « INCROYABLE ! » a hurlé le commentateur. « La hauteur de ce lancer par Herwann Delcourt est tout simplement phénoménale ! Et regardez cette synchronisation... ils ne patinent pas, ils fusionnent ! »
La musique a basculé dans la section "Opéra". Le rythme s'est accéléré, devenant fou, dramatique. Nous avons enchaîné les pirouettes côte à côte, nos corps tournant si vite qu'ils n'étaient plus que deux colonnes de reflets bleu nuit.
Au moment du célèbre « I see a little silhouetto of a man », nous avons exécuté notre porté signature. J'ai soulevé Connor à bout de bras, d'une seule main, alors que je changeais de carre à une vitesse folle. Il a déployé ses bras, la tête renversée, offrant son torse au ciel de Pékin dans un geste de liberté absolue.
Le public était en transe. Des « DELCOURT ! CAMPBELL ! » rythmaient chaque accent de la musique. Les juges ne quittaient plus la glace des yeux, subjugués par l'agressivité de notre programme.
Puis est arrivé le final rock. Les guitares électriques ont explosé. Nous avons lancé notre combinaison de sauts synchronisés. Nous avons décollé et atterri exactement au même millième de seconde, le bruit de nos lames frappant la glace ne formant qu'un seul choc sourd, net, parfait.
Nous avons terminé le programme dans une pose finale iconique : moi genou à terre, Connor incliné sur mon épaule, nos visages si proches que nous partagions le même souffle, nos poings levés vers la voûte.
Pendant trois secondes, le silence fut total. Puis, l'arène a implosé. Des milliers de peluches et de drapeaux ont plu sur la glace. Nous étions haletants, nos yeux brûlants de triomphe. En sortant de la piste, nous avons croisé Alekseï Ivanov et sa partenaire qui s'apprêtaient à entrer. Le visage d'Ivanov était livide, ses yeux trahissaient une terreur qu'il ne pouvait plus cacher. Il venait de voir l'impossible.
Nous nous sommes assis dans le "Kiss and Cry" aux côtés de Viktor. Les notes sont tombées : — « Record du monde battu ! Herwann Delcourt et Connor Campbell prennent la tête avec une avance colossale ! »
Ivanov s'est élancé juste après nous. Mais l'ombre de notre performance planait sur lui comme un linceul. Il était tendu, ses mouvements étaient mécaniques. Sur leur premier saut synchronisé, la pression a eu raison de lui. Il a amorcé sa rotation avec une crispation fatale.
À la réception, sa lame a mordu la glace de travers. Il s'est effondré lourdement sur le flanc, glissant sur plusieurs mètres tandis que sa partenaire continuait, désorientée. Le public a poussé un cri de stupeur. L'idole russe était à terre. Il s'est relevé, le regard vide, mais la magie était brisée. Il a raté son porté suivant, incapable de stabiliser sa partenaire.
Quand ils ont quitté la glace, le verdict était sans appel. Ils n'étaient même pas sur le podium provisoire.
— « C’est un séisme ! » criait le commentateur. « Ivanov s'effondre totalement ! Herwann et Connor ont tué la compétition avant même le programme libre ! »
Dans le vestiaire, j'ai attiré Connor contre moi, ignorant les caméras. — « On les a anéantis, Connor Campbell. » — « Ce n'est que le début, Herwann Delcourt, » m'a-t-il répondu avec un sourire féroce. « On a encore une chanson à leur chanter. »
La victoire écrasante du programme court n'était qu'une étape. Dans le milieu du patinage, on dit souvent que le programme court vous place, mais que le libre vous sacre. Malgré l'euphorie et le record du monde, Viktor n'avait pas l'intention de nous laisser savourer.
Quelques heures seulement après l'explosion de Bohemian Rhapsody, Viktor nous a convoqués pour une séance d'entraînement nocturne sur la piste d'entraînement annexe. L'ambiance était radicalement différente du tumulte de l'arène. Ici, le silence n'était troublé que par le sifflement de nos lames et le souffle court de nos poumons.
— « Ivanov est tombé, oui, » a lâché Viktor, sa voix rebondissant contre les murs de béton. « Mais un loup blessé est plus dangereux qu'un loup repu. Si vous arrivez demain avec de l'arrogance, vous tomberez aussi. Le programme libre est une question d'endurance et d'âme. On répète la figure. »
La "figure", c'était ce monstre technique : le Quadruple Twist immédiatement enchaîné par le Triple Axel lancé. Sur la musique de Never Enough, nous avons répété l'entrée, encore et encore. Mes jambes pesaient des tonnes, chaque fibre de mes muscles protestait. Connor, lui, avait le regard fixe, une concentration presque effrayante. À chaque réception, le choc résonnait dans mes os, mais nous n'avons rien lâché. Viktor nous a libérés à deux heures du matin, d'un simple signe de tête.
Le retour au Village Olympique s'est fait dans un brouillard de fatigue. Nous avons passé les contrôles de sécurité comme des fantômes, incapables de prononcer un mot. Une fois la porte de notre chambre refermée, le poids de la journée — le stress, les cris du public, la chute d'Ivanov et l'effort physique monstrueux — nous est tombé dessus d'un coup.
L'odeur de la chambre était restée la même, un mélange de propre et de ce parfum musqué de notre nuit précédente. La boîte en laque de la Fédération trônait toujours sur la commode, mais nos yeux ne cherchaient que le lit.
Cette soie noire, brodée d'or aux noms de Herwann Delcourt et Connor Campbell, nous attendait comme un linceul de douceur.
Nous n'avions pas la force de nous doucher longuement. Nous nous sommes simplement débarrassés de nos survêtements, restant en sous-vêtements, la peau encore moite de l'effort. Connor s'est laissé tomber le premier sur le lit de soie. Je me suis glissé à ses côtés.
Il n'y avait aucune envie charnelle ce soir-là, seulement un besoin viscéral de proximité, de sentir que l'autre était vivant, là, présent. J'ai passé mon bras sous sa nuque et il s'est immédiatement blotti contre moi, sa tête trouvant sa place habituelle au creux de mon épaule.
— « Je suis mort, Herwann... » a-t-il murmuré, sa voix n'étant plus qu'un souffle. — « Dors, Connor. On a fait le plus dur. Demain, on ne fera que voler. »
Mes doigts se sont emmêlés dans les siens, nos mains jointes reposant sur la soie noire. Je sentais son cœur ralentir progressivement, s'alignant sur le mien. Sous la couette, la chaleur de nos corps se mélangeait, créant une bulle impénétrable.
Pendant que Pékin continuait de briller sous ses néons olympiques, nous avons sombré dans un sommeil sans rêves, soudés l'un à l'autre. Dans cette position, nous ne ressemblions plus aux gladiateurs provocateurs de l'arène, mais à deux jeunes hommes unis par un pacte qui dépassait le sport.
La soie noire, autrefois témoin de notre fureur, était devenue le berceau de notre récupération. Nous dormions comme on se prépare à une bataille finale : dans un abandon total, puisant l'un dans l'autre la force qu'il nous faudrait pour affronter le crescendo de Never Enough.
Fin du chapitre 18.
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