Le feu sur la glace (19 et fin)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (19 et fin)
Chapitre 19
La glace du Palais Omnisports de Pékin, sous la lumière crue des projecteurs, ressemblait à un miroir de cristal poli. C’était notre arène. Notre champ de bataille. Le point final de toutes nos souffrances.
Dans l'intimité du vestiaire, Viktor nous fixait, ses mains appuyées sur sa canne, ses yeux bleus noyés d'une émotion contenue. — « Allez-y, » a-t-il murmuré. « Ne patinez pas pour l'or. Patinez pour que ce lien qui vous unit soit visible dans chaque atome de cette patinoire. »
Nous avons retiré nos vestes pour révéler nos tenues pour "Never Enough". C’était une révolution. Nous portions des combinaisons "seconde peau" d'un blanc nacré, presque translucides. Sur nos bustes, un harnais de cristaux de roche bruts entrelacés de fils d'or pur semblait incrusté directement dans notre chair. Le dos était entièrement nu, laissant apparaître la puissance de nos épaules. Sous les projecteurs, nous ressemblions à des sculptures de glace vivantes.
— « Representing France : Herwann Delcourt and Connor Campbell ! »
Le stade a rugi. Une déferlante humaine qui a fait vibrer les fondations de l'arène. — « ON VOUS AIME ! HERWANN ! CONNOR ! »
Les présentateurs de la NBC et de France TV étaient en état de choc : — « Regardez ces costumes... C’est du jamais vu. Ils portent littéralement l'or sur leur peau. C'est une prise de risque esthétique et psychologique monumentale ! »
La musique de The Greatest Showman a commencé son ascension vers le crescendo final. La voix de Loren Allred s'est élevée, déchirante. C'était le signal.
— « Never, never... NEVER ENOUGH ! »
J'ai saisi Connor. Je l'ai lancé pour le Quadruple Twist. Il a fendu l'air comme une comète, quatre tours d'une hauteur vertigineuse. Mais alors que le public s'attendait à une réception classique, nous avons déclenché l'impensable. Sans même poser son deuxième pied, sans un millimètre de reprise de carre, je l'ai catapulté instantanément dans le Triple Axel lancé.
Dans la cabine des commentateurs, c'était l'hystérie : — « MAIS C’EST IMPOSSIBLE ! » a hurlé Nelson Monfort. « IL NE S’EST PAS ARRÊTÉ ! UN QUADRUPLE TWIST ENCHAÎNÉ EN AXEL LANCÉ SANS TRANSITION ! » — « C'est de la folie pure ! » a renchéri Philippe Candeloro. « Physiquement, c'est un suicide technique, et ils viennent de le poser comme s'ils marchaient sur l'eau ! Regardez cette réception de Connor Campbell... d'un calme olympien ! On vient d'entrer dans une nouvelle ère du patinage ! »
Le programme s'est achevé sur une pose finale iconique : nos fronts soudés, nos mains jointes, nos larmes coulant sur nos joues. Nous avons rejoint le "Kiss and Cry". Viktor nous y attendait, et pour la première fois de sa carrière, le "vieux loup de fer" a craqué. Ses mains tremblaient sur sa canne et ses yeux étaient inondés de pleurs qui roulaient sans retenue dans ses rides.
Il nous a broyé les épaules dans une étreinte commune : — « Mes fils... vous l'avez fait. Vous avez mis votre âme sur cette glace. »
Le silence s'est fait pour l'annonce des notes. Nous étions assis là, nos mains soudées à celles de Viktor. — « Score total : Record du monde pulvérisé ! » Viktor s'est levé d'un bond, levant sa canne vers le ciel en hurlant sa joie, le visage baigné de larmes de fierté pure.
La remise des médailles fut un flou de lumières. Sur le podium, le poids de l'or était enfin là. Pendant que la Marseillaise retentissait, Connor s'est tourné vers moi, sa médaille brillant sur sa tenue blanche et or. Il était d'une beauté irréelle.
Je n'ai pas attendu la fin du protocole. J'ai pris son visage entre mes mains et, sous les yeux de milliards de téléspectateurs, je l'ai embrassé. Un baiser long, profond, sauvage, qui disait tout : la soie noire, la sueur, et cet amour qui, contrairement à la chanson, nous suffisait enfin.
Les commentateurs, émus aux larmes, ont conclu : — « Ils ne sont plus seulement des champions. Herwann Delcourt et Connor Campbell sont devenus la légende absolue du patinage. L'Amour en or. »
La porte de la suite s’est refermée sur le tumulte des tribunes et les flashs aveuglants. Le silence qui a suivi était presque assourdissant. Dans la pénombre, l'air de la chambre était saturé : il y avait cette odeur persistante de froid métallique qui colle à la peau après des heures sur la glace, mêlée à l'effluve musqué de notre sueur sous les costumes. Sur la table de chevet, les deux médailles d’or reposaient, projetant des reflets fauves sur les murs.
Je me tenais debout près du lit, le souffle encore court. Connor s’est approché de moi sans un mot. Ses mains, qui nous avaient portés vers les sommets, tremblaient légèrement alors qu’il cherchait l'ouverture de ma combinaison blanche et or. Il a lentement fait glisser le tissu de mes épaules, dévoilant ma peau encore brûlante de l'effort.
Lorsqu'il a retiré son propre costume, nous nous sommes retrouvés nus au milieu de la pièce. L'odeur de nos corps chauffés, un mélange de sel et d'adrénaline, est devenue plus intense. J'ai plongé mes doigts dans ses cheveux, attirant son visage contre le mien pour un baiser qui goûtait la victoire et les larmes salées.
C’est moi qui ai pris l’initiative de l’abandon. J’avais besoin de ne plus rien contrôler. Je me suis laissé tomber sur la soie noire du lit, cette étoffe qui exhalait une odeur de propre, de luxe, et ce parfum de maison qui nous avait tant manqué.
Je me suis installé à quatre pattes, cambrant mon dos au maximum, offrant la ligne de mes reins sculptés à son regard. J'ai senti la fraîcheur glissante du drap sous mes paumes alors que je me préparais à le recevoir. L'image de ma peau claire contrastant avec le noir profond de la soie était notre propre trophée.
Connor s’est agenouillé derrière moi. Je l'ai senti approcher, son sexe battant contre son ventre, raide de tout le désir contenu depuis des mois. Il a posé ses mains sur mes hanches, fermes, possessives, ancrant ses doigts dans ma chair. Il a plongé son visage dans le creux de mon dos, respirant longuement l’odeur de ma peau : ce mélange de chaleur animale et de mon parfum boisé.
Il n’a cherché aucune protection. Il voulait le contact pur, la chaleur brute des entrailles. Il a préparé mon entrée avec une hâte fiévreuse, ses doigts explorant mon intimité tendue, lubrifiant le passage avec notre propre sueur et son impatience. J'ai lâché un gémissement rauque, la tête enfouie dans les oreillers de soie, suppliant silencieusement pour qu'il mette fin à l'attente.
D’un coup de reins puissant et inexorable, Connor s’est enfoncé au plus profond de moi.
J'ai poussé un cri qui s’est perdu dans la soie noire. La sensation de lui, nu, énorme et brûlant, me remplissant totalement, était d’une perfection presque insoutenable. Il est resté immobile un instant, savourant l’odeur de notre excitation qui envahissait désormais toute la suite — cette senteur forte, humaine, le parfum du sexe après la gloire.
Puis, il a commencé à bouger. Ce n’était plus de la technique olympique, c’était une conquête sauvage. À chaque va-et-vient, il me martelait avec une violence amoureuse, ses hanches frappant les miennes dans un claquement charnel, humide et répétitif. L’odeur de la sueur, de la soie froissée et de notre union se mélangeait dans un sillage enivrant.
— « Oui, Connor... prends-moi... tout ! » je haletais, mes mains griffant les draps noirs jusqu’à les froisser entre mes doigts contractés.
Connor a accéléré, sa respiration devenant un râle animal dans mon cou. Il m'a saisi par les épaules, m'ancrant contre lui pour me percuter avec une force dévastatrice. Le plaisir est devenu une décharge électrique, un crescendo plus puissant que le final de Never Enough.
Dans un spasme ultime, je l'ai senti se figer. Il a joui en moi par jets brûlants, une éjaculation massive qui a inondé mes entrailles. Sa semence s'est répandue au plus profond de moi, nous soudant l'un à l'autre dans une chaleur liquide et totale. Au même instant, j'ai explosé violemment, mon propre plaisir maculant le drap de soie noire sous moi.
Le silence est revenu, seulement troublé par nos souffles saccadés. Connor s’est effondré sur mon dos, son visage niché dans ma nuque trempée. C’est là que mes épaules ont commencé à tressaillir. Des sanglots profonds, incontrôlables, ont secoué mon corps. Des larmes de décharge, de joie, d’épuisement.
Il m'a retourné pour me prendre dans ses bras, me serrant contre lui alors que ses propres larmes commençaient à couler, chaudes et salées. On pleurait tous les deux comme des enfants, nos visages collés, nos corps encore baignés de notre sueur et de sa semence.
— « On l’a fait, Herwann... » il a murmuré. — « On est rois, » j'ai répondu dans un dernier souffle avant que le sommeil ne nous emporte, soudés sur notre lit de victoire.
Epilogue
Quinze ans ont passé, mais le froid de la glace a toujours ce même parfum de métal, de résine et d’éternité. Dans notre maison au bord du lac, le silence est devenu un sanctuaire, lourd de souvenirs. Nos records du monde dorment dans les livres d'histoire, intacts, comme si la glace elle-même refusait qu'un autre pied vienne effacer nos sillons. Personne ne nous a jamais battus. Personne n'a jamais osé.
Mais ce soir, la maison semble vide. Viktor est parti il y a quelques mois, emportant avec lui une part de notre âme. Ses derniers instants hantent chaque battement de mon cœur.
Je revois encore Viktor sur son lit d'hôpital, ce colosse qui nous paraissait immortel, réduit à une ombre fragile sous des draps blancs. Ses mains, qui nous avaient tant de fois redressées après une chute, tremblaient violemment. Il nous avait fait signe d'approcher, Connor et moi, pour que nos visages soient tout près du sien. Ses yeux bleus, d'ordinaire si durs, étaient noyés de larmes.
— « Mes petits... » avait-il murmuré, sa voix n’étant plus qu’un sifflement déchirant. « Regardez vos mains. Elles sont liées par l'or, mais l'or est froid. Ce que je vous ai appris, ce n'est pas à sauter plus haut que les autres... c'est à chuter ensemble sans vous lâcher la main. Le monde vous admire parce que vous êtes invaincus, mais moi, je vous aime parce que vous êtes brisés de la même façon. »
Il s'était arrêté pour reprendre un souffle douloureux, ses doigts serrant nos poignets avec une force désespérée.
— « Bientôt, je ne serai plus là pour vous dire de vous relever. Et c'est là que le vrai froid va arriver. Pas celui de la patinoire, mais celui de la vie. Promettez-moi... promettez au vieux fou que j'ai été... que si l'un de vous s'éteint avant l'autre, celui qui reste continuera de tracer une ligne droite sur la glace. Ne laissez pas mon héritage mourir dans le silence. Votre amour est la seule musique qui ne s'arrête jamais. J'ai passé ma vie à chercher la perfection, et je l'ai trouvée le jour où je vous ai vus vous embrasser sur ce podium à Pékin. Ce jour-là, j'ai su que je pouvais mourir, parce que j'avais vu Dieu dans vos yeux. »
Nous pleurions à chaudes larmes, nos fronts posés sur ses mains glacées. Il nous avait quittés dans un dernier soupir, nous laissant seuls avec notre gloire et notre deuil.
Ce deuil a rendu notre passion plus urgente, plus sauvage encore. Ce soir, le besoin de nous sentir vivants, de nier la mort de Viktor, nous a poussés l'un vers l'autre avec une fureur désespérée. Sur la soie noire de notre lit, l'amour s'est fait comme un combat pour la survie.
Connor m'a pris avec une violence amoureuse, me plaquant contre le matelas, ses mains larges ancrées sur mes hanches comme s'il craignait que je m'évapore. J'ai senti son souffle brûlant dans mon cou, cette odeur de musc, de sueur salée et de vie qui m'enivre depuis quinze ans. Il m'a pénétré d'un coup de reins puissant, m'envahissant jusqu'à la garde, sa chair brûlante contre la mienne. Je me suis ouvert à lui dans un cri étouffé, l'accueillant au plus profond de mes entrailles, sentant son plaisir inonder mon corps dans un spasme qui nous a laissés tous deux brisés. Sa semence en moi était un brasier liquide, une preuve que nous étions encore là, encore ensemble, encore invaincus par le temps.
Après l'extase, alors que nous restions enlacés dans la pénombre, Connor a laissé éclater ses sanglots. Des larmes de décharge, de joie et d'une tristesse infinie.
Puis, Connor s’est redressé. Toujours nu, son corps magnifique marqué par la sueur et le tremblement de ses sanglots, il a cherché quelque chose dans la table de chevet. Ses doigts ont fini par saisir un petit objet qu'il a serré contre son cœur avant de se tourner vers moi. Ses yeux étaient deux abîmes de douleur et d'amour pur.
— « Herwann... » commença-t-il, sa voix se brisant si fort que mon cœur se serra. « Viktor a dit qu'on devait se survivre l'un à l'autre. Il a dit que notre amour était la seule musique... Mais je ne veux plus être juste ton partenaire de glace, ni ton amant de l'ombre. Je ne veux plus que ce soit le monde qui décide de notre lien par des médailles. »
Il ouvrit sa main. Au creux de sa paume reposait une bague en platine, incrustée d'un diamant bleu, de la couleur exacte de la glace de Pékin.
— « Je veux qu'on se lie par quelque chose que même la mort de Viktor ne peut pas emporter. Je veux que si je tombe, ce soit ton mari que je regarde. Je veux porter ton nom comme j'ai porté ton or. Herwann... veux-tu m'épouser ? Pour que, quand on sera vieux et que nos jambes ne nous porteront plus sur la glace, on puisse encore danser dans notre lit en sachant qu'on a appartenu à personne d'autre qu'à nous-mêmes ? »
Les larmes m'aveuglèrent totalement. Je ne pouvais plus respirer. C'était le cri de deux âmes qui refusaient le vide. Je me suis jeté dans ses bras, pleurant si fort que je ne pouvais même pas parler. J'ai hoché la tête, encore et encore, mon visage enfoui dans son cou qui sentait la sueur et le sel.
— « Oui, Connor... mille fois oui, » j'ai fini par hurler dans un souffle déchirant.
Il a glissé l'anneau à mon doigt, et nous nous sommes écroulés l'un contre l'autre sur cette soie noire qui avait tout vu de nous. On pleurait pour Viktor, on pleurait pour la peur, mais on pleurait surtout parce qu'en cet instant, on venait de gagner la seule compétition qui comptait : celle contre la solitude. On s'est endormis soudés, nos mains jointes pour que les deux bagues se touchent, tandis que dehors, sur le lac gelé, le vent semblait murmurer une dernière fois le nom de Viktor dans le silence des neiges éternelles.
Fin du chapitre 19.
La glace du Palais Omnisports de Pékin, sous la lumière crue des projecteurs, ressemblait à un miroir de cristal poli. C’était notre arène. Notre champ de bataille. Le point final de toutes nos souffrances.
Dans l'intimité du vestiaire, Viktor nous fixait, ses mains appuyées sur sa canne, ses yeux bleus noyés d'une émotion contenue. — « Allez-y, » a-t-il murmuré. « Ne patinez pas pour l'or. Patinez pour que ce lien qui vous unit soit visible dans chaque atome de cette patinoire. »
Nous avons retiré nos vestes pour révéler nos tenues pour "Never Enough". C’était une révolution. Nous portions des combinaisons "seconde peau" d'un blanc nacré, presque translucides. Sur nos bustes, un harnais de cristaux de roche bruts entrelacés de fils d'or pur semblait incrusté directement dans notre chair. Le dos était entièrement nu, laissant apparaître la puissance de nos épaules. Sous les projecteurs, nous ressemblions à des sculptures de glace vivantes.
— « Representing France : Herwann Delcourt and Connor Campbell ! »
Le stade a rugi. Une déferlante humaine qui a fait vibrer les fondations de l'arène. — « ON VOUS AIME ! HERWANN ! CONNOR ! »
Les présentateurs de la NBC et de France TV étaient en état de choc : — « Regardez ces costumes... C’est du jamais vu. Ils portent littéralement l'or sur leur peau. C'est une prise de risque esthétique et psychologique monumentale ! »
La musique de The Greatest Showman a commencé son ascension vers le crescendo final. La voix de Loren Allred s'est élevée, déchirante. C'était le signal.
— « Never, never... NEVER ENOUGH ! »
J'ai saisi Connor. Je l'ai lancé pour le Quadruple Twist. Il a fendu l'air comme une comète, quatre tours d'une hauteur vertigineuse. Mais alors que le public s'attendait à une réception classique, nous avons déclenché l'impensable. Sans même poser son deuxième pied, sans un millimètre de reprise de carre, je l'ai catapulté instantanément dans le Triple Axel lancé.
Dans la cabine des commentateurs, c'était l'hystérie : — « MAIS C’EST IMPOSSIBLE ! » a hurlé Nelson Monfort. « IL NE S’EST PAS ARRÊTÉ ! UN QUADRUPLE TWIST ENCHAÎNÉ EN AXEL LANCÉ SANS TRANSITION ! » — « C'est de la folie pure ! » a renchéri Philippe Candeloro. « Physiquement, c'est un suicide technique, et ils viennent de le poser comme s'ils marchaient sur l'eau ! Regardez cette réception de Connor Campbell... d'un calme olympien ! On vient d'entrer dans une nouvelle ère du patinage ! »
Le programme s'est achevé sur une pose finale iconique : nos fronts soudés, nos mains jointes, nos larmes coulant sur nos joues. Nous avons rejoint le "Kiss and Cry". Viktor nous y attendait, et pour la première fois de sa carrière, le "vieux loup de fer" a craqué. Ses mains tremblaient sur sa canne et ses yeux étaient inondés de pleurs qui roulaient sans retenue dans ses rides.
Il nous a broyé les épaules dans une étreinte commune : — « Mes fils... vous l'avez fait. Vous avez mis votre âme sur cette glace. »
Le silence s'est fait pour l'annonce des notes. Nous étions assis là, nos mains soudées à celles de Viktor. — « Score total : Record du monde pulvérisé ! » Viktor s'est levé d'un bond, levant sa canne vers le ciel en hurlant sa joie, le visage baigné de larmes de fierté pure.
La remise des médailles fut un flou de lumières. Sur le podium, le poids de l'or était enfin là. Pendant que la Marseillaise retentissait, Connor s'est tourné vers moi, sa médaille brillant sur sa tenue blanche et or. Il était d'une beauté irréelle.
Je n'ai pas attendu la fin du protocole. J'ai pris son visage entre mes mains et, sous les yeux de milliards de téléspectateurs, je l'ai embrassé. Un baiser long, profond, sauvage, qui disait tout : la soie noire, la sueur, et cet amour qui, contrairement à la chanson, nous suffisait enfin.
Les commentateurs, émus aux larmes, ont conclu : — « Ils ne sont plus seulement des champions. Herwann Delcourt et Connor Campbell sont devenus la légende absolue du patinage. L'Amour en or. »
La porte de la suite s’est refermée sur le tumulte des tribunes et les flashs aveuglants. Le silence qui a suivi était presque assourdissant. Dans la pénombre, l'air de la chambre était saturé : il y avait cette odeur persistante de froid métallique qui colle à la peau après des heures sur la glace, mêlée à l'effluve musqué de notre sueur sous les costumes. Sur la table de chevet, les deux médailles d’or reposaient, projetant des reflets fauves sur les murs.
Je me tenais debout près du lit, le souffle encore court. Connor s’est approché de moi sans un mot. Ses mains, qui nous avaient portés vers les sommets, tremblaient légèrement alors qu’il cherchait l'ouverture de ma combinaison blanche et or. Il a lentement fait glisser le tissu de mes épaules, dévoilant ma peau encore brûlante de l'effort.
Lorsqu'il a retiré son propre costume, nous nous sommes retrouvés nus au milieu de la pièce. L'odeur de nos corps chauffés, un mélange de sel et d'adrénaline, est devenue plus intense. J'ai plongé mes doigts dans ses cheveux, attirant son visage contre le mien pour un baiser qui goûtait la victoire et les larmes salées.
C’est moi qui ai pris l’initiative de l’abandon. J’avais besoin de ne plus rien contrôler. Je me suis laissé tomber sur la soie noire du lit, cette étoffe qui exhalait une odeur de propre, de luxe, et ce parfum de maison qui nous avait tant manqué.
Je me suis installé à quatre pattes, cambrant mon dos au maximum, offrant la ligne de mes reins sculptés à son regard. J'ai senti la fraîcheur glissante du drap sous mes paumes alors que je me préparais à le recevoir. L'image de ma peau claire contrastant avec le noir profond de la soie était notre propre trophée.
Connor s’est agenouillé derrière moi. Je l'ai senti approcher, son sexe battant contre son ventre, raide de tout le désir contenu depuis des mois. Il a posé ses mains sur mes hanches, fermes, possessives, ancrant ses doigts dans ma chair. Il a plongé son visage dans le creux de mon dos, respirant longuement l’odeur de ma peau : ce mélange de chaleur animale et de mon parfum boisé.
Il n’a cherché aucune protection. Il voulait le contact pur, la chaleur brute des entrailles. Il a préparé mon entrée avec une hâte fiévreuse, ses doigts explorant mon intimité tendue, lubrifiant le passage avec notre propre sueur et son impatience. J'ai lâché un gémissement rauque, la tête enfouie dans les oreillers de soie, suppliant silencieusement pour qu'il mette fin à l'attente.
D’un coup de reins puissant et inexorable, Connor s’est enfoncé au plus profond de moi.
J'ai poussé un cri qui s’est perdu dans la soie noire. La sensation de lui, nu, énorme et brûlant, me remplissant totalement, était d’une perfection presque insoutenable. Il est resté immobile un instant, savourant l’odeur de notre excitation qui envahissait désormais toute la suite — cette senteur forte, humaine, le parfum du sexe après la gloire.
Puis, il a commencé à bouger. Ce n’était plus de la technique olympique, c’était une conquête sauvage. À chaque va-et-vient, il me martelait avec une violence amoureuse, ses hanches frappant les miennes dans un claquement charnel, humide et répétitif. L’odeur de la sueur, de la soie froissée et de notre union se mélangeait dans un sillage enivrant.
— « Oui, Connor... prends-moi... tout ! » je haletais, mes mains griffant les draps noirs jusqu’à les froisser entre mes doigts contractés.
Connor a accéléré, sa respiration devenant un râle animal dans mon cou. Il m'a saisi par les épaules, m'ancrant contre lui pour me percuter avec une force dévastatrice. Le plaisir est devenu une décharge électrique, un crescendo plus puissant que le final de Never Enough.
Dans un spasme ultime, je l'ai senti se figer. Il a joui en moi par jets brûlants, une éjaculation massive qui a inondé mes entrailles. Sa semence s'est répandue au plus profond de moi, nous soudant l'un à l'autre dans une chaleur liquide et totale. Au même instant, j'ai explosé violemment, mon propre plaisir maculant le drap de soie noire sous moi.
Le silence est revenu, seulement troublé par nos souffles saccadés. Connor s’est effondré sur mon dos, son visage niché dans ma nuque trempée. C’est là que mes épaules ont commencé à tressaillir. Des sanglots profonds, incontrôlables, ont secoué mon corps. Des larmes de décharge, de joie, d’épuisement.
Il m'a retourné pour me prendre dans ses bras, me serrant contre lui alors que ses propres larmes commençaient à couler, chaudes et salées. On pleurait tous les deux comme des enfants, nos visages collés, nos corps encore baignés de notre sueur et de sa semence.
— « On l’a fait, Herwann... » il a murmuré. — « On est rois, » j'ai répondu dans un dernier souffle avant que le sommeil ne nous emporte, soudés sur notre lit de victoire.
Epilogue
Quinze ans ont passé, mais le froid de la glace a toujours ce même parfum de métal, de résine et d’éternité. Dans notre maison au bord du lac, le silence est devenu un sanctuaire, lourd de souvenirs. Nos records du monde dorment dans les livres d'histoire, intacts, comme si la glace elle-même refusait qu'un autre pied vienne effacer nos sillons. Personne ne nous a jamais battus. Personne n'a jamais osé.
Mais ce soir, la maison semble vide. Viktor est parti il y a quelques mois, emportant avec lui une part de notre âme. Ses derniers instants hantent chaque battement de mon cœur.
Je revois encore Viktor sur son lit d'hôpital, ce colosse qui nous paraissait immortel, réduit à une ombre fragile sous des draps blancs. Ses mains, qui nous avaient tant de fois redressées après une chute, tremblaient violemment. Il nous avait fait signe d'approcher, Connor et moi, pour que nos visages soient tout près du sien. Ses yeux bleus, d'ordinaire si durs, étaient noyés de larmes.
— « Mes petits... » avait-il murmuré, sa voix n’étant plus qu’un sifflement déchirant. « Regardez vos mains. Elles sont liées par l'or, mais l'or est froid. Ce que je vous ai appris, ce n'est pas à sauter plus haut que les autres... c'est à chuter ensemble sans vous lâcher la main. Le monde vous admire parce que vous êtes invaincus, mais moi, je vous aime parce que vous êtes brisés de la même façon. »
Il s'était arrêté pour reprendre un souffle douloureux, ses doigts serrant nos poignets avec une force désespérée.
— « Bientôt, je ne serai plus là pour vous dire de vous relever. Et c'est là que le vrai froid va arriver. Pas celui de la patinoire, mais celui de la vie. Promettez-moi... promettez au vieux fou que j'ai été... que si l'un de vous s'éteint avant l'autre, celui qui reste continuera de tracer une ligne droite sur la glace. Ne laissez pas mon héritage mourir dans le silence. Votre amour est la seule musique qui ne s'arrête jamais. J'ai passé ma vie à chercher la perfection, et je l'ai trouvée le jour où je vous ai vus vous embrasser sur ce podium à Pékin. Ce jour-là, j'ai su que je pouvais mourir, parce que j'avais vu Dieu dans vos yeux. »
Nous pleurions à chaudes larmes, nos fronts posés sur ses mains glacées. Il nous avait quittés dans un dernier soupir, nous laissant seuls avec notre gloire et notre deuil.
Ce deuil a rendu notre passion plus urgente, plus sauvage encore. Ce soir, le besoin de nous sentir vivants, de nier la mort de Viktor, nous a poussés l'un vers l'autre avec une fureur désespérée. Sur la soie noire de notre lit, l'amour s'est fait comme un combat pour la survie.
Connor m'a pris avec une violence amoureuse, me plaquant contre le matelas, ses mains larges ancrées sur mes hanches comme s'il craignait que je m'évapore. J'ai senti son souffle brûlant dans mon cou, cette odeur de musc, de sueur salée et de vie qui m'enivre depuis quinze ans. Il m'a pénétré d'un coup de reins puissant, m'envahissant jusqu'à la garde, sa chair brûlante contre la mienne. Je me suis ouvert à lui dans un cri étouffé, l'accueillant au plus profond de mes entrailles, sentant son plaisir inonder mon corps dans un spasme qui nous a laissés tous deux brisés. Sa semence en moi était un brasier liquide, une preuve que nous étions encore là, encore ensemble, encore invaincus par le temps.
Après l'extase, alors que nous restions enlacés dans la pénombre, Connor a laissé éclater ses sanglots. Des larmes de décharge, de joie et d'une tristesse infinie.
Puis, Connor s’est redressé. Toujours nu, son corps magnifique marqué par la sueur et le tremblement de ses sanglots, il a cherché quelque chose dans la table de chevet. Ses doigts ont fini par saisir un petit objet qu'il a serré contre son cœur avant de se tourner vers moi. Ses yeux étaient deux abîmes de douleur et d'amour pur.
— « Herwann... » commença-t-il, sa voix se brisant si fort que mon cœur se serra. « Viktor a dit qu'on devait se survivre l'un à l'autre. Il a dit que notre amour était la seule musique... Mais je ne veux plus être juste ton partenaire de glace, ni ton amant de l'ombre. Je ne veux plus que ce soit le monde qui décide de notre lien par des médailles. »
Il ouvrit sa main. Au creux de sa paume reposait une bague en platine, incrustée d'un diamant bleu, de la couleur exacte de la glace de Pékin.
— « Je veux qu'on se lie par quelque chose que même la mort de Viktor ne peut pas emporter. Je veux que si je tombe, ce soit ton mari que je regarde. Je veux porter ton nom comme j'ai porté ton or. Herwann... veux-tu m'épouser ? Pour que, quand on sera vieux et que nos jambes ne nous porteront plus sur la glace, on puisse encore danser dans notre lit en sachant qu'on a appartenu à personne d'autre qu'à nous-mêmes ? »
Les larmes m'aveuglèrent totalement. Je ne pouvais plus respirer. C'était le cri de deux âmes qui refusaient le vide. Je me suis jeté dans ses bras, pleurant si fort que je ne pouvais même pas parler. J'ai hoché la tête, encore et encore, mon visage enfoui dans son cou qui sentait la sueur et le sel.
— « Oui, Connor... mille fois oui, » j'ai fini par hurler dans un souffle déchirant.
Il a glissé l'anneau à mon doigt, et nous nous sommes écroulés l'un contre l'autre sur cette soie noire qui avait tout vu de nous. On pleurait pour Viktor, on pleurait pour la peur, mais on pleurait surtout parce qu'en cet instant, on venait de gagner la seule compétition qui comptait : celle contre la solitude. On s'est endormis soudés, nos mains jointes pour que les deux bagues se touchent, tandis que dehors, sur le lac gelé, le vent semblait murmurer une dernière fois le nom de Viktor dans le silence des neiges éternelles.
Fin du chapitre 19.
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2 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Eh bien merci merci merci infiniment. C est un superbe commentaire que tu me fais là.
J ai d autres histoires si tu regardes mon profil et d autres qui vont paraître.
Je suis heureux que tu ai aimé à ce point là et content que tu ai ressentit tout ce que j ai voulu transmettre dans toutes les recherches
Merci énormément
J ai d autres histoires si tu regardes mon profil et d autres qui vont paraître.
Je suis heureux que tu ai aimé à ce point là et content que tu ai ressentit tout ce que j ai voulu transmettre dans toutes les recherches
Merci énormément
Je referme cette histoire avec une émotion immense. Tu ne nous as pas simplement raconté une romance ou une carrière sportive, tu nous as fait vivre un véritable voyage où se mêlent dépassement de soi, amour, souffrance, fidélité et résilience. Les personnages resteront longtemps en mémoire, tant ils sont devenus vivants au fil des chapitres. L’hommage rendu à Viktor est bouleversant, et cette demande en mariage, après tant d’épreuves, est une conclusion magnifique qui laisse une sensation de paix autant que de nostalgie.
Merci pour toutes les émotions que tu as su transmettre. Merci pour ton talent, ton imagination et le temps que tu as consacré à cette œuvre. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette aventure chapitre après chapitre, et c’est toujours un petit pincement au cœur lorsqu’un si beau récit prend fin. J’espère sincèrement avoir le bonheur de te lire à nouveau très bientôt. Toutes mes félicitations.
Alex
Merci pour toutes les émotions que tu as su transmettre. Merci pour ton talent, ton imagination et le temps que tu as consacré à cette œuvre. J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre cette aventure chapitre après chapitre, et c’est toujours un petit pincement au cœur lorsqu’un si beau récit prend fin. J’espère sincèrement avoir le bonheur de te lire à nouveau très bientôt. Toutes mes félicitations.
Alex
