Le libraire et le gendarme (5)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : Le libraire et le gendarme (5) Histoire érotique Publiée sur HDS le 15-01-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Le libraire et le gendarme (5)
Chapitre 5

Benjamin était en train de me manipuler. Il minimisait la passion, le secret, et les risques qu'il avait pris, transformant notre histoire en une brève faiblesse de sa part, et en une obsession romantique de la mienne. L'homme qui avait gémis mon nom la nuit dernière me traitait désormais comme un simple moyen de décompression, une pièce négligeable dans sa vie ordonnée. Je me sentais trahi, mon cœur se brisant sous le poids de cette froide stratégie. Le déni professionnel était plus douloureux que n'importe quelle colère.

Le choc des paroles de Benjamin — ce que j'étais, une simple "distraction sans lendemain" — a été physique. Il n'y avait plus d'amour dans ce salon de maison de campagne, juste une froide stratégie pour sauver sa vie. Je me suis levé, la dignité étant la seule chose qui me restait à sauver.
-Non, ai-je dit, ma voix calme, mais un canyon d'amertume s'ouvrant en moi. Je n'ai aucune explication à donner sur une "distraction sans lendemain".

J'ai ignoré les tentatives de Benjamin pour me retenir. J'ai quitté le lieu, laissant derrière moi l'odeur du vin et le chaos familial. Une fois seul, j'ai mis mon téléphone en mode silencieux. Les appels et les messages de Benjamin ont commencé, pulsant sur mon écran comme des battements de cœur ignorés. Je n'ai ni répondu, ni lu. Il m'avait rejeté ; je lui rendais la pareille en éteignant la seule chose qui nous reliait encore.

Les jours ont passé. Le souvenir de la nuit passée est devenu une brûlure sourde, mais la routine m'a servi de baume froid. Puis, un après-midi, la clochette a sonné. C'était Benjamin. Il s'est approché du comptoir, son regard exprimant un mélange de fatigue, de panique, et d'une faim mal dissimulée.
-Léopold, s'il te plaît. Il faut qu'on parle, a-t-il murmuré.

J'ai continué mon travail, le regard concentré sur les livres.
-Il n'y a rien à dire, Benjamin.
-Arrête ça. Je suis désolé pour ce que j'ai dit chez Éloïse. J'étais acculé.

J'ai finalement levé les yeux, mon regard froid et stable.
-J'ai compris. J'ai compris que j'étais une simple passade pour faire une pause dans ta vie bien rangée.

J'ai appuyé mes mains sur le comptoir, mon ton était une sentence.
-Tu as ta vie, ta fiancée, ta carrière. Retourne voir Camille. Je ne suis plus disponible pour tes distractions.

Benjamin a eu l'air physiquement blessé.
-Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas ce que tu étais.
-Si. C'est très simple. Au revoir, Benjamin.

Il est resté un instant, voulant visiblement franchir la distance entre nous, mais mon rejet était un mur infranchissable. Il est parti, laissant derrière lui une tension électrique qui mettait les livres en danger d'auto combustion.

Le soir même, juste avant de fermer, il est revenu. Il a poussé la porte, son visage était ravagé par la faim et le besoin.
-Je ne te demande pas de parler, a-t-il dit. Mais j'ai besoin de... sentir...

Il n'a pas fini. Il a traversé le magasin. Il a attrapé mes bras avec une force désespérée, tentant de briser la distance que j'avais établie. Il s'est penché vers moi, ses yeux implorants, cherchant le refuge de notre intimité passée. Il a essayé de m'embrasser. Le souvenir de sa bouche, de son corps pressé contre moi, était une tentation brûlante, mais la trahison était plus forte. J'ai tourné la tête brusquement, repoussant son contact avec ma paume.
-Non, Benjamin, ai-je murmuré, le cœur hurlant de désir et de colère. Tu ne m'embrasseras plus. Pars.

Son corps s'est figé, l'échec de son geste le laissant suspendu dans l'air, sa frustration et son désir palpable. Je pouvais sentir la chaleur de son corps, la force de ses mains, mais la distance émotionnelle était devenue un fossé.

Les semaines ont passé, s'étirant avec une lenteur douloureuse. La librairie est redevenue mon refuge, mais la solitude y pesait lourd. Éloïse venait souvent, son air préoccupé et sa tristesse à mon égard étaient palpables. Elle ne parlait plus de Benjamin, mais son regard désolé en disait long sur son affection et sa désapprobation de la conduite de son frère. J'avais besoin de fermer la porte à cette histoire. J'ai décidé de rejoindre une application de rencontre. Je ne cherchais rien de sérieux, juste un peu d'éclat dans cette grisaille.

C'est là que j'ai rencontré Jean-Charles. Trente-neuf ans, architecte, avec un profil intelligent et un humour facile. Nous avons énormément discuté pendant plusieurs jours, nos échanges devenant rapidement longs et profonds. L'idée d'un rencard a émergé naturellement. Nous nous sommes donné rendez-vous dans un restaurant branché, à l'écart du quartier de la librairie. J'étais nerveux, mais excité. Jean-Charles était charmant, attentif, son rire emplissait la petite table qu'on nous avait assignée près de la fenêtre.
Alors qu'il commandait le vin, mon regard a balayé la salle. Et là, mon cœur a raté un battement. Benjamin était là. À la table juste en face de nous, séparé par une simple allée de service, était assis Benjamin, en compagnie de Camille.
Il n'était pas en uniforme, mais dans un costume sombre qui renforçait son côté élégant. Camille, à côté de lui, était radieuse, souriante. Ils formaient un couple parfait, insouciant.
Benjamin m'a vu au moment où je l'ai vu. Ses yeux, qui balayaient distraitement la salle, se sont figés sur moi.

Le silence est tombé sur notre table. Le rire de Jean-Charles s'est estompé. Pendant que Jean-Charles me parlait, mes yeux et ceux de Benjamin n'ont cessé de s'échanger des regards longs et tendus. C'était une conversation silencieuse faite de reproches, de regrets, et d'une attraction persistante.
J'ai vu la blessure dans le regard de Benjamin. Il était visiblement choqué et blessé de me voir en rendez-vous. Son masque de Gendarme est revenu par intermittence, mais la douleur perçait : celle de l'amant trahi par le manque, même s'il était celui qui avait initié la rupture.

Le plat principal s'est terminé dans un brouillard de fausse gaieté. Avant que le dessert n'arrive, j'ai senti que j'allais étouffer.
-Excuse-moi une minute, ai-je murmuré à Jean-Charles. Je dois aller aux toilettes.

J'ai traversé la salle, sentant le regard de Benjamin percer mon dos. Une fois devant le miroir des toilettes, j'ai tenté de reprendre ma respiration. Mon visage était rouge. Quelques secondes plus tard, la porte s'est ouverte et refermée. C'était Benjamin. Il s'est tenu à côté de moi, le silence du petit espace amplifiant la tension.
-Je... Léopold, a-t-il commencé, sa voix était rauque.

Il n'a pas utilisé de ton professionnel. Il a abandonné sa stratégie de manipulation. Il était simplement un homme en détresse.
-Je suis encore désolé pour la dernière fois. Vraiment. J'ai paniqué. Mais... Il s'est approché, réduisant l'espace entre nous. Tu me manques. Je n'arrête pas de penser à toi. Je... je ne peux pas supporter de te voir ici avec un autre homme.

Mon cœur battait la chamade, mais je suis resté immobile, refusant de répondre. Je me suis approché du lavabo pour me laver les mains. Au moment où j'ai allumé l'eau, Benjamin a posé sa main sur la mienne, un geste simple et possessif.
Et là, le contact, malgré la rancœur et l'interdiction, a provoqué une violente décharge électrique entre nos deux corps. C'était la confirmation silencieuse que notre lien, loin d'être une simple passade, était une force physique irrépressible.
Benjamin m'a entraîné brusquement vers la cabine des toilettes pour personnes handicapées. Il a poussé la porte et a actionné le verrou. Il m'a attiré contre lui, et le barrage que j'avais érigé s'est effondré. Il a capturé ma bouche dans un baiser long, passionné et fougueux. Ses lèvres réclamaient les miennes, son corps pressé contre le mien avec une ferveur que je ne pouvais pas ignorer. J'ai répondu avec une intensité égale.

Il a rompu le contact, haletant, son front contre le mien.
-Je suis désolé, je suis tellement désolé, Léopold, a-t-il murmuré. Tu me manques. Je n'arrête pas de penser à toi. Je ne peux pas supporter de te voir ici avec un autre homme.

Il m'a embrassé à nouveau, ce baiser plus profond, plus désespéré. Sa main a glissé sous mon pull, la caresse sur ma peau me tirant un gémissement étouffé. C'est alors que nous avons entendu la porte des toilettes s'ouvrir et se refermer.
-Léopold ? Ça va ? Tu es là ?

La voix familière, un peu inquiète, nous a figés. C'était Jean-Charles. Benjamin et moi nous sommes éloignés d'un coup, le souffle coupé, le cœur battant à tout rompre. La panique rendait Benjamin immédiatement carré à nouveau. J'ai pris une seconde pour lisser mes vêtements et reprendre mon calme. Je me suis approché de la porte de la cabine et j'ai murmuré à Benjamin, le fixant :
-Reste là.

J'ai ensuite posé mon index sur ses lèvres, forçant le silence et la soumission. Puis, j'ai répondu, la voix étonnamment stable :
-Oui, tout va bien, Jean-Charles, j'arrive tout de suite.

J'ai déverrouillé et je suis sorti. Benjamin est resté dissimulé. J'ai rejoint Jean-Charles devant les lavabos.
-Juste un coup de fatigue, ai-je menti.

Puis, Benjamin est sorti des toilettes. Il a traversé le restaurant avec sa démarche habituelle, reprenant son rôle à la perfection, et a regagné sa table en face de nous. Il a échangé un mot avec Camille, son expression de nouveau impassible.

Nous avons sauté le dessert. J'ai bu mon café, sachant que je devais affirmer mon choix.
-Je suis désolé, mais la soirée a été longue, ai-je dit à Jean-Charles. On y va ?
-Bien sûr. Où allons-nous ?
-Chez moi, ai-je répondu, veillant à ce que ma voix soit claire.

Je me suis levé, Jean-Charles à mes côtés. Au moment de passer devant leur table, nos regards se sont croisés une dernière fois. J'ai regardé Benjamin, et dans mon regard, il y avait à la fois le regret de la fin de notre baiser et l'excuse silencieuse de mon départ avec un autre homme.
Benjamin m'a regardé, sa blessure était nue. Il a vu que je faisais un choix, celui de mon avenir sans lui. Nous avons franchi la porte. Je sentais son regard — confus, déchiré et impuissant — nous suivre.

Arrivés à l'appartement, une lourdeur planait. Jean-Charles, visiblement désireux de dissiper la tension, a pris les devants en m'embrassant maladroitement sur le pas de la porte. J'ai souri, m'efforçant de ressentir le désir, mais mon cœur était absent. Je ne voulais que l'oubli.
Dans un effort forcé pour me concentrer sur le moment présent, j'ai repoussé la culpabilité et l'image de Benjamin. J'ai guidé Jean-Charles à l'intérieur. Je me suis mis à genoux. J'ai déboutonné son pantalon, mes mains trouvant sa peau.
Le geste était mécanique. J’ai sorti son sexe bandé de son pantalon. Un sexe de taille normal mais un peu trop poilu à mon goût. J’ai malaxé ses couilles puis je l’ai pris en bouche sans perdre un instant. Je l’ai sucé en tournant ma langue autour puis pour aller plus vite, je l’ai branlé énergiquement tout en passant ma langue sur son gland. Il n’a pas mis longtemps pour éjaculer dans ma main. Une fois terminé, il a rangé son sexe et reboutonné son pantalon.

Le silence est revenu, plus lourd qu'avant. Je me suis relevé. La présence de Jean-Charles n'apportait aucune consolation. Le vide laissé par l'absence de Benjamin était assourdissant. Je savais qu'il fallait qu'il parte.
-Je suis désolé, ai-je dit, cherchant la première excuse venue. C'était... merveilleux. Mais je suis vraiment épuisé. Les semaines ont été difficiles à la librairie.

Jean-Charles, déçu mais compréhensif, a accepté. Il a rajusté ses vêtements. Je l'ai raccompagné jusqu'à la porte de l'immeuble.

J'ai regardé Jean-Charles s'éloigner dans la rue sombre. Au moment où il s'apprêtait à tourner le coin, je me suis retourné pour rentrer. Et là, au loin, j'ai vu une silhouette immobile.
Elle était postée dans l'ombre, à une trentaine de mètres de chez moi, clairement à l'affût. Malgré la distance et l'obscurité, je n'ai eu besoin que d'une fraction de seconde pour reconnaître la carrure et la tenue sombre.
C'était Benjamin.


Fin du chapitre 5

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