Le trou noir (1)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
Auteur .
  • • 206 récits publiés.
  • • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
  • • L'ensemble des récits érotiques de Tounet39270 ont reçu un total de 523 116 visites.
Récit libertin : Le trou noir (1) Histoire érotique Publiée sur HDS le 10-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
Cette histoire de sexe a été affichée 18 fois depuis sa publication.

Couleur du fond :
Le trou noir (1)
Chapitre 1

Je m'appelle Nicolas Tournier, j'ai 28 ans, et je vis ma vie comme un marathon sans fin. Mes cheveux roux virent au châtain ces derniers temps – peut-être le stress, ou simplement le temps qui passe. Du haut de mon mètre quatre-vingt, je suis plutôt athlétique ; je cours tous les matins avant l'ouverture du restaurant, histoire de garder la forme et d'évacuer les tensions. Je suis le patron d'un petit resto sympa en centre-ville, "Le Coin Gourmand", où on sert des plats simples mais faits maison, avec une touche personnelle qui fait revenir les clients. C'est mon bébé, ce resto ; je l'ai monté de zéro il y a cinq ans, après avoir bossé comme serveur dans des endroits plus grands. C'est dur, mais c'est à moi.

Je suis gay, et je l'assume pleinement. Pas de honte, pas de cachotteries. Mais depuis quelques mois, je suis célibataire. J'en ai marre des coups d'un soir, des rencontres furtives sur des applis qui ne mènent nulle part. Je cherche quelque chose de stable, un partenaire avec qui partager les hauts et les bas, quelqu'un qui comprendrait les horaires fous d'un restaurateur. Pas facile, hein ? Ma famille ? Zéro. Pas de parents, pas de frères ou sœurs. J'ai grandi en foyer, et ça m'a rendu indépendant, mais parfois, la solitude pèse comme un sac de plomb. J'ai quelques amis, des connaissances plutôt, qu'on voit de temps en temps pour un verre ou un match de foot à la télé. Mais pas de grands confidents, personne à qui appeler à 3 heures du matin en cas de coup dur. C'est comme ça, je fais avec.

Ce soir, c'est samedi, et le restaurant est complet. L'ambiance est électrique : les rires fusent, les verres tintent, l'odeur des plats chauds embaume l'air. J'adore ces soirs-là, où tout roule comme sur des roulettes. Je suis en salle, à superviser, à sourire aux clients fidèles, à ajuster une commande ici ou là. Mes serveuses et serveurs sont au top, une équipe jeune et dynamique. Mais voilà, rien n'est jamais parfait. Vers 22 heures, Sophie, une de mes serveuses, vient me chercher en cuisine, le visage rouge et tendu.

— Nico, y a un groupe de mecs à la table 12 qui fout le bordel. Ils sont bourrés, ils insultent les clients d'à côté, et ils ont mis la main aux fesses de Laura. Faut que tu viennes.
Mon cœur se serre. Je déteste ces situations. Je pose mon torchon, ajuste ma chemise, et je me dirige vers la table. Cinq gars, la trentaine, des types costauds avec des tatouages et des bières vides partout. Ils rigolent fort, trop fort, et l'un d'eux lance une insulte à un couple âgé qui essaie de dîner tranquille. Je m'approche, calme mais ferme.
— Bonsoir messieurs, je suis le patron. On m'a dit que vous étiez un peu... animés. Pouvez-vous baisser d'un ton ? Les autres clients aimeraient profiter de leur soirée.

L'un d'eux, un grand brun aux yeux ténébreux et à la barbe bien taillée, me regarde de travers. — Quoi, on peut plus s'amuser ? C'est samedi soir, mec !

Je sens la tension monter en moi, mais je garde mon sourire professionnel.
— S'amuser, oui. Mais pas en dérangeant les autres ou en touchant mon personnel. S'il vous plaît, calmez-vous.
Ils marmonnent, mais continuent. Dix minutes plus tard, Sophie revient :
— Ils recommencent, Nico. Et maintenant, ils ont renversé un verre sur la table voisine."
Je retourne, le pouls un peu plus rapide. Cette fois, je suis moins patient.
— Messieurs, c'est la deuxième fois. Si vous ne vous calmez pas, je vais devoir vous demander de partir.
Le brun se lève, chancelant.
— T'es qui pour nous donner des ordres ? On paie, on consomme !

Ses potes rigolent, mais je vois la colère dans leurs yeux. L'alcool les rend imprévisibles. Je sens une boule dans mon estomac – peur, frustration, tout se mélange. Je n'aime pas les conflits, mais je dois protéger mon resto, mon équipe, mes clients.
— Écoutez, soit vous partez calmement, soit j'appelle la gendarmerie. C'est votre choix.

Ils se regardent, murmurent, et finalement, le brun crache par terre.
— Allez, on se casse de ce trou à rats.
Mais en se levant, il balaie la table d'un revers de main : verres, assiettes, tout vole en éclats. Le bruit est assourdissant, les clients sursautent. Mon sang bout, mais je ne réagis pas ; je les escorte dehors, le cœur battant.

Dehors, ils font encore du bruit, hurlent des insultes dans la rue, renversent une poubelle. Je reste sur le seuil, les bras croisés, jusqu'à ce qu'ils s'éloignent. Enfin, le calme revient. Je respire profondément, essuie la sueur sur mon front. Le reste de la soirée se passe bien : les clients restants sont compréhensifs, certains même me félicitent pour avoir géré ça. On finit sur une note positive, avec des pourboires généreux. Vers minuit, les derniers partent. Je ferme la caisse, compte les recettes – une bonne soirée malgré tout. Je verrouille la porte, éteins les lumières. La rue est déserte, l'air frais de la nuit me fait du bien.

J'habite juste à côté, dans la rue d'après. Un petit immeuble sympa, et j'ai le duplex du dernier étage, avec une grande terrasse sur le toit où je passe mes soirées d'été à siroter un verre en regardant les étoiles. C'est mon havre de paix, décoré avec goût : meubles modernes, plantes partout, une vue imprenable. Je traverse la rue, les clés en main, pensant déjà à la douche chaude qui m'attend.

Et puis, c'est le drame. Un bruit de moteur qui rugit, des phares qui surgissent de nulle part. Je n'ai pas le temps de réagir. La voiture me percute de plein fouet. Une douleur fulgurante explose dans mon corps – mes jambes, ma tête. Je vole, je tombe, l'asphalte dur contre mon crâne. Tout devient noir. Pas de cris, pas de klaxon. Juste le silence, et le bruit distant de la voiture qui s'éloigne sans s'arrêter. Un délit de fuite. Pourquoi ? Qui ? Je ne sais pas. Tout s'efface.

Quand j'ouvre les yeux, c'est la confusion totale. Une chambre blanche, des bips incessants, une odeur d'antiseptique. Ma tête pèse une tonne, mes jambes sont engourdies. Où suis-je ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Je cligne des yeux, essaie de me redresser, mais une douleur lancinante me cloue au lit. Un médecin entre, un homme d'une cinquantaine d'années, avec des lunettes et un air grave.
"Bonjour, Monsieur Tournier. Je suis le docteur Lefèvre. Vous êtes à l'hôpital depuis deux semaines. Vous avez été dans le coma à cause d'un traumatisme crânien sévère."

Deux semaines ? Coma ? Mon cœur s'emballe.
— Quoi ? Je... je ne me souviens de rien. La dernière chose, c'est... le restaurant, samedi soir ?
Il hoche la tête, s'assoit au bord du lit.
— Vous avez été renversé par une voiture en traversant la rue près de chez vous. Délit de fuite, la police enquête. Vous avez perdu une partie de votre mémoire récente – c'est courant avec les traumas crâniens.

Les derniers jours à l’hôpital s'étirent comme une punition sans fin. Je suis là, coincé dans cette chambre qui sent l'antiseptique et le désinfectant bon marché, à fixer le plafond en attendant que le monde extérieur me redonne une chance. Mais avant de partir, je dois absolument régler le chaos que cet accident a laissé derrière moi. Je ne peux pas laisser mon établissement couler, c'est tout ce qu'il me reste.
Madame Vallet, l'assistante sociale de l'hôpital, entre dans ma chambre d'un pas vif. Elle est petite, porte des lunettes rondes et tient un dossier épais comme un dictionnaire sous le bras. Elle s'installe sur la chaise en plastique bleu à côté de mon lit, l'air pragmatique.
— Bonjour Monsieur Tournier. On va faire le point sur votre sortie et la gestion de votre commerce.
— C'est ce qui m'empêche de dormir, Madame Vallet. Mon restaurant, c'est toute ma vie. Sans moi, qui paye les fournisseurs ? Qui s'occupe de mes employés ? J'ai toute une équipe qui compte sur moi pour vivre.
— Ne vous en faites pas. J'ai contacté votre comptable et les assurances. Comme c'est un délit de fuite, le fonds de garantie va intervenir. Pour le quotidien, vos employés se sont organisés de manière admirable. Ils font preuve d'une grande solidarité pour faire tourner "Le Coin Gourmand" en votre absence. Ils vous attendent de pied ferme.
— Et pour mon retour chez moi ? Je suis seul, je n'ai pas de famille pour m'épauler.
— C'est là que ça se corse, même si votre immeuble dispose d'un ascenseur pour accéder à votre duplex. Une fois à l'intérieur, vous aurez toujours vos escaliers internes pour accéder à votre terrasse et à l'étage. J'ai débloqué une aide à domicile pour les repas et le ménage durant les premiers mois. Et pour la partie physique, le docteur Lefèvre a été formel : il vous faut un suivi intensif. J'ai réservé les services d'un kiné libéral spécialisé. Il viendra chez vous six jours sur sept, du lundi au samedi.


Le lundi matin, je suis enfin chez moi. Le trajet en ambulance s'est bien passé, et l'ascenseur m'a déposé directement devant ma porte au dernier étage. Mais le silence de l'appartement est pesant, presque effrayant après le brouhaha permanent de l'hôpital. Je suis installé sur mon canapé, la jambe droite allongée, prisonnière d'une attelle rigide. À neuf heures pile, on sonne à l'interphone. Je déverrouille à distance. Quelques secondes plus tard, la porte d'entrée s'ouvre.

Et là, je reste pétrifié. Allan Lejeune ne ressemble en rien aux soignants fatigués que j'ai croisés jusque-là. Il est immense, au moins un mètre quatre-vingt-sept. Il a les cheveux bruns, joliment ondulés sur le dessus mais coupés très courts sur les côtés. Il porte une petite barbe brune, parfaitement taillée, qui souligne les lignes viriles de son visage et la structure carrée de sa mâchoire. Ses yeux sont d'un marron foncé, presque noir, avec un regard d'une intensité qui me transperce immédiatement. Il a 31 ans, il est kiné depuis 7 ans, et cela se voit : il dégage une assurance calme et une force physique hors du commun. Sous son t-shirt noir moulant, je devine des pectoraux puissants et des bras musclés, parfaitement dessinés. Il est, pour dire les choses simplement, drôlement sexy.
— Salut Nicolas. Je suis Allan. On s'installe ?
— Euh, oui, bien sûr. Entre.
— Bel endroit. Lumineux. On n'est pas là pour la déco, même si la vue est sympa. Allonge-toi bien sur le canapé, on va commencer par l'état des lieux.

Sa voix est profonde, un peu rocailleuse. Je m'exécute, le cœur battant un peu trop vite dans ma poitrine. Il s'assoit au bord du canapé, très près de moi, réduisant mon espace vital. Son odeur m'envahit tout de suite : un parfum frais, un peu boisé, mêlé à l'odeur naturelle de sa peau. Il commence à examiner ma jambe avec une précision chirurgicale, ses doigts effleurant mes cicatrices.
— Je vais devoir palper la zone de la fracture du fémur et masser les tissus pour drainer l'oedème. Ça va faire mal, Nicolas. Très mal.
— Allez-y. Je sais ce que c'est, j'ai déjà l'habitude de souffrir depuis deux semaines.

Il pose ses mains sur ma cuisse. Le contact est électrique. Ses mains sont larges, chaudes, et incroyablement fermes. Dès qu'il appuie, la douleur explose. C'est comme si on m'enfonçait une lame chauffée au rouge directement dans l'os. Je ferme les yeux, je contracte tous mes muscles, les dents serrées pour ne pas hurler.
— Respire, Nicolas. Ne bloque pas ton souffle, sinon tes muscles ne lâcheront rien et on n'avancera pas.

Il continue ses pressions circulaires, remontant lentement vers le haut de ma cuisse. La douleur est telle que des larmes de frustration perlent au coin de mes yeux. Mais alors qu'il atteint le haut de mon adducteur, tout près de mon entrejambe, quelque chose d'insensé se produit. Malgré la souffrance atroce qui me donne envie de vomir, malgré les décharges nerveuses qui me font gémir de douleur, je sens une chaleur familière et indésirable se propager dans mon bassin.

Sous le tissu fin de mon short de sport, une érection commence à se former. C’est humiliant. J’ai mal à en crever, je suis en nage, et pourtant, le simple fait que cet homme magnifique me touche à cet endroit provoque une réaction que je ne peux pas contrôler. Je me sens comme un gamin pris en faute. Je ne dis rien, je n'ai aucune envie de le déranger ou de créer un malaise alors qu'il fait son travail. Je refuse de passer pour un mec lourd ou déplacé, surtout que j'ai besoin de lui pour remarcher un jour.
— Tu es très tendu ici, remarque-t-il d'une voix calme, sans cesser son mouvement.
— C'est... c'est le traumatisme. Les nerfs sont encore à vif, j'imagine. C'est le choc de l'accident.
— C'est possible. On va essayer de détendre tout ça en douceur. On va faire une longue séance aujourd'hui.

Il reste parfaitement pro, ce qui me soulage autant que ça me trouble. Les séances sont longues, parfois deux heures. Comme il vient six jours sur sept, du lundi au samedi, on finit par briser la glace au fil des exercices éprouvants.
— Tu cuisines toujours autant, même avec une seule jambe ? me demande-t-il un mercredi, alors qu'il soutient tout mon poids pour m'aider à tenir debout.
— J'aimerais bien. Mon resto me manque. Mes employés font de leur mieux, je le sais, mais j'ai peur que la qualité baisse sans moi. Je l'ai monté de zéro, ce lieu, c'est mon bébé, ma seule famille.
— Je sais ce que c'est d'être passionné par ce qu'on fait. Moi, si on m'enlève le trail et la montagne, je ne suis plus personne. On a ça en commun, Nicolas : on ne sait pas rester assis à attendre que le temps passe. On est des fonceurs.
— On dirait bien.
— C’est pour ça que je vais te pousser. Même si tu as envie de m'insulter quand je te force à plier le genou ou à faire un pas de plus sans tes béquilles.

Il me sourit, et ce sourire, encadré par sa barbe soignée, me foudroie plus que n'importe quelle séance de kiné. Plus les jours passent, plus la complicité s'installe. Allan est célibataire aussi, il vit pour son métier et ses défis sportifs en extérieur. Je le trouve de plus en plus attirant, mais je garde tout pour moi. C’est mon kiné, il est là pour me réparer, je ne veux pas tout gâcher.

Un samedi, après une séance épuisante où il m'a fait monter et descendre les marches de mon escalier intérieur pendant vingt minutes pour tester ma stabilité, je m'effondre sur le fauteuil, le visage trempé de sueur, le souffle court. Allan s'approche avec une serviette et m'essuie doucement le front. Son visage est à quelques centimètres du mien. Je peux voir les détails de sa barbe, les boucles brunes de ses cheveux et les nuances de marron profond dans ses yeux.
— C'était du bon boulot, Nicolas. Tu progresses vite, bien plus que la moyenne.
— Grâce à toi, Allan. Tes séances sont... efficaces.
— Grâce à nous. À lundi ?
— À lundi. Repose-toi demain. C'est ton seul jour de répit loin de moi.

Il me fait un petit signe de la main, récupère son sac et quitte l'appartement. Je reste seul avec ma jambe qui lance et cette image de lui qui ne me quitte plus. La rééducation va être longue, mais avec Allan six jours par semaine, je me surprends à attendre chaque matin avec une impatience fébrile, malgré la douleur que je sais inévitable.


Le dimanche est une épreuve. Sans le passage de l'aide à domicile le matin et sans la séance d’Allan, mon duplex me semble immense, vide, et le silence bourdonne dans mes oreilles. Je tourne en rond sur mon canapé, ma jambe lancinante me rappelant à chaque seconde que je ne suis plus le Nicolas d'avant. Je me sens comme une pièce de monnaie oubliée sous un meuble.

Vers treize heures, l'interphone retentit. Je sursaute, le cœur battant. Je n'attends personne. Je me traîne jusqu'au combiné, mes béquilles claquant sur le parquet.
— Oui ?
— C’est Allan. Je passais dans le quartier, et j'ai pensé que tu apprécierais un vrai repas plutôt que tes barquettes de rééducation. Je peux monter ?

Mon estomac fait un bond. Je déverrouille la porte, le souffle court. Quelques instants plus tard, l'ascenseur s'ouvre sur lui. Il n'est pas en tenue de travail. Il porte un jean brut qui moule ses cuisses puissantes et un pull en maille bleu marine qui rend ses yeux marrons presque noirs. Il a les bras chargés de sacs en papier qui embaument le basilic et le parmesan. Sa barbe, toujours aussi impeccablement taillée, semble encore plus sombre aujourd'hui.
— Allan ? Mais... on est dimanche.
— Justement. Personne ne devrait manger seul un dimanche quand il se remet d'un tel choc. J'ai pris des lasagnes chez le traiteur italien du coin, et une bouteille de vin rouge... enfin, juste un verre pour toi, à cause des médocs.

On s'installe à la table de la cuisine, l'endroit où je me sens habituellement si seul. Il prend les rênes, installe les plats, bouge avec une aisance qui me fascine. Pendant l'après-midi, la barrière patient-soignant se fissure doucement. On s'installe sur la terrasse de mon duplex pour profiter du soleil d'hiver.

On se découvre d'autres points communs. Il me confie qu'il est aussi un fan de photographie argentique, tout comme moi. On parle de voyages, de ce besoin de liberté, de nos solitudes respectives qui se ressemblent étrangement. Nicolas, le restaurateur sans famille, et Allan, le kiné qui s'évade en montagne pour fuir le bruit du monde. Sous son regard protecteur, je me sens fondre. Il y a cette tension, ce courant électrique qui passe dès que nos mains se frôlent en se passant un verre. Je suis totalement sous le charme, hypnotisé par le mouvement de ses lèvres et l'ondulation de ses cheveux bruns sur le dessus.



La nuit qui suit est un cauchemar. Je dors, mais mon cerveau refuse de me laisser en paix. Dans le noir de mon inconscience, je revois ces phares. Ces deux yeux blancs qui surgissent de l'obscurité. Le rugissement du moteur déchire le silence. Je sens l'impact, le froid du métal qui brise mes os, le choc de ma tête contre le bitume. Je me réveille en hurlant, trempé de sueur, mon cœur frappant contre mes côtes comme un oiseau en cage. Je reste éveillé jusqu'à l'aube, tremblant, la peur au ventre.

Le lundi matin, Allan arrive à l'heure habituelle. Il remarque tout de suite mes cernes et mon teint blafard.
— Mauvaise nuit ? demande-t-il d'une voix douce en posant son sac.
— Des cauchemars. La voiture... je l'ai revue.

Il s'approche et pose une main ferme sur mon épaule. Son contact est comme une ancre dans la tempête. Ses doigts serrent doucement mon muscle, et je sens sa chaleur traverser mon t-shirt. Ses gestes sont protecteurs, presque trop pour un simple kiné. Il reste ainsi quelques secondes de trop, ses yeux plongeant dans les miens avec une sollicitude qui me bouleverse.
— C’est normal, Nicolas. Le corps guérit plus vite que l’esprit. On va changer d’air aujourd'hui. On fait notre première sortie.
— Dans la rue ? Mais... je ne suis pas prêt, Allan.
— Si, tu l’es. Je suis là. Je ne te lâcherai pas.

On descend par l'ascenseur. Une fois sur le trottoir, le monde me semble agressif. Le bruit des voitures me fait sursauter à chaque passage. Allan se place tout près de moi, presque collé à mon flanc gauche, là où je suis le plus fragile. Son bras est prêt à me rattraper à la moindre glissade. Il est comme un rempart entre moi et le danger.
— Regarde-moi, Nicolas. Pas les voitures. Regarde-moi.

Je m'exécute. Je fixe son visage, sa barbe taillée, son regard déterminé. Je trouve cet homme de plus en plus attirant, c'est presque douloureux. Chaque fois qu'il ajuste ma prise sur la béquille ou qu'il pose sa main dans le bas de mon dos pour me stabiliser lors d'une traversée, une décharge de désir me parcourt. C’est un mélange étrange de peur viscérale et de sensualité naissante. Il me guide avec une douceur infinie, sa présence virile m'enveloppant comme un bouclier.
— Voilà, tu vois ? Tu marches, Nicolas. Tu reprends ton territoire.

On fait quelques dizaines de mètres, mais pour moi, c'est comme si on traversait un océan. Quand on revient dans le hall de l'immeuble, je suis épuisé, mais je me sens vivant. Dans l'étroitesse de l'ascenseur qui nous ramène au dernier étage, la tension est palpable. L'espace est réduit, je sens son souffle, je vois le battement de son pouls dans son cou. Il me regarde avec une fierté qui n'est plus seulement professionnelle.

Je ne dis rien, je n'ose pas. J'ai trop peur de briser ce lien fragile, ce cocon de protection qu'il a tissé autour de moi. Mais je sais, au fond de mes entrailles, que ce n'est plus seulement de la rééducation. C'est autre chose. Et ça me fait presque aussi peur que cette voiture qui m'a renversé.

Fin du chapitre 1.

Les avis des lecteurs

Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...


Texte coquin : Le trou noir (1)
Histoire sexe : Une rose rouge
Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur de l'histoire.

Dernières histoires érotiques publiées par Tounet39270

Le trou noir (1) - Récit érotique publié le 10-07-2026
Le feu sur la glace (19 et fin) - Récit érotique publié le 09-07-2026
Le feu sur la glace (18) - Récit érotique publié le 08-07-2026
Le feu sur la glace (17) - Récit érotique publié le 07-07-2026
Le feu sur la glace (16) - Récit érotique publié le 06-07-2026
Le feu sur la glace (15) - Récit érotique publié le 05-07-2026
Le feu sur la glace (14) - Récit érotique publié le 04-07-2026
Le feu sur la glace (13) - Récit érotique publié le 03-07-2026
Le feu sur la glace (12) - Récit érotique publié le 01-07-2026
Le feu sur la glace (11) - Récit érotique publié le 30-06-2026