Le voisin de palier (1)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le voisin de palier (1)
Chapitre 1
J'ai toujours aimé mon appartement. Il est petit, oui, mais parfait. Au deuxième étage d'un vieil immeuble haussmannien où l'on est deux par palier – un luxe dans le 10e. À 26 ans, avec le rythme que j'ai, entre les cours de gym que je donne le matin et la gestion de mes clients en ligne le soir, mon chez-moi est mon sanctuaire. En tant que coach sportif, j'ai une discipline de fer, et ça se voit. 1m72 de muscles secs, le genre de physique qui vous dit : travail, travail, travail.
Mon calme a été brutalement interrompu un samedi après-midi par un bruit digne d'un débarquement. Sur le palier, l'appartement B, était vide depuis des semaines, et apparemment, l'attente était terminée. Des bruits de caisses, des jurons étouffés, et surtout, l'écho d'une voix de femme qui semblait à la fois épuisée et irritée.
J'ai jeté un coup d'œil discret par l'œilleton. J'ai vu une femme magnifique, la trentaine élégante, les traits tirés, qui tenait un carton fragile. Son ventre, rebondi sous un pull ample, annonçait clairement que le changement n'était pas la seule chose qui arrivait : ils attendaient un bébé. Quatre mois, à vue de nez. Un couple hétéro classique, donc. J'ai souri, pensant à la nouvelle dynamique de l'immeuble.
Puis, le couple est revenu de l'escalier, et mon cœur a manqué un battement.
L'homme qui est entré dans mon champ de vision n'était pas seulement bien bâti. Il était une œuvre d'art brute. Je suis coach sportif, je côtoie des physiques d'élite tous les jours, mais celui-ci... il jouait dans une autre ligue.
Il était grand, certes, mais c'était la densité de sa carrure qui vous coupait le souffle. Il devait avoir trente, trente-deux ans, avec des cheveux noirs coupés court et une ombre de barbe parfaitement définie sur une mâchoire taillée à la serpe. Il portait un vieux t-shirt gris de sport, qui, au lieu de dissimuler son corps, semblait le sculpter, révélant chaque muscle comme un détail essentiel. Son dos était large, puissant, un V parfait qui se terminait par une sangle abdominale que je pouvais deviner sous la tension du tissu. Ses bras ! Des avant-bras sculptés, veinés, tendus alors qu'il portait deux lourds sacs sans effort apparent. Ses yeux, d'un vert profond, balayaient l'escalier avec une concentration intense. Il dégageait une assurance tranquille, un mélange de force brute et d'une élégance naturelle que je n'avais pas vue depuis longtemps. C'était la première fois qu'un homme hétéro me faisait oublier que j'étais censé être professionnel. Il était dangereusement sexy. Mon cerveau, le coach, a immédiatement voulu analyser son taux de masse grasse, et mon cœur, le romantique, a juste crié au désastre imminent.
J'ai refermé l'œilleton, le souffle court. Il fallait que je sorte de là, que je me change les idées. J'avais un cours de gym à donner à 17h, et j'avais besoin de prendre mon équipement. J'ai pris mon gros sac de sport contenant des poids légers et des bandes de résistance, et je suis sorti. Évidemment, la Providence avait décidé de s'amuser.
Mon voisin était là, juste devant sa porte ouverte. Il essayait de monter une caisse en bois absolument énorme et manifestement trop lourde pour un seul homme, même de sa trempe. Il était rouge, le t-shirt encore plus trempé qu'avant, et il commençait à lâcher un juron quand il a aperçu ma tête.
Je ne pouvais pas le laisser faire.
-Excusez-moi ! Vous allez vous faire mal au dos si vous faites ça tout seul. C'est le genre de charge où il faut faire appel à un pote, pas à sa colonne vertébrale.
Il s'est redressé, et le vert de ses yeux, de près, était encore plus dévastateur. Il a souri, un sourire légèrement fatigué mais charmant.
-Ah. Euh, oui, probablement. C’est... c'est une vieille malle de ma grand-mère. Très solide, mais très lourde.
J'ai posé mon sac.
-Je suis Nathan, votre voisin d'en face. Et laissez-moi faire ça. J'ai un diplôme pour soulever des trucs.
Il a ri, une vibration basse et agréable.
-Gabriel. Et, bien, je vous serais éternellement redevable, Nathan.
Nous avons soulevé la caisse ensemble. C’était lourd, vraiment lourd. Pendant la minute où nos corps étaient alignés, nos mains frôlant le bois patiné et nos souffles synchronisés par l'effort, je n'ai pensé qu'à une seule chose : La répartition du poids est parfaite. Et son épaule… mon Dieu, son épaule. Quand nous l'avons déposée dans l'entrée de leur appartement, une femme est apparue, l'air soulagé et les mains sur son ventre.
-Enfin ! Merci infiniment, vous êtes notre sauveur. Je vous aurais bien aidé, mais ma sage-femme a émis quelques réserves sur le port de charges lourdes. Elle a souri.
-Nathan, voici Claire, ma fiancée, a dit Gabriel. Je n'ai fait que hocher la tête, mon regard ne réussissant pas à s'accrocher plus d'une demi-seconde à Claire, préférant revenir irrésistiblement au torse de Gabriel.
Claire, aussi élégante que je l'avais imaginé, avait environ 30 ans, et Gabriel, comme je l'avais deviné, 32. C'est elle qui a fait le gros des présentations.
-Nous sommes ravis d'être ici. Moi, je suis psychologue pour enfants, et Gabriel est architecte. Il est plutôt du genre à concevoir les immeubles qu'à déplacer les malles.
-Et vous, Nathan ? Qu'est-ce qui vous vaut cette force surhumaine ? a demandé Claire, amusée.
-Je suis coach de gym, ai-je répondu, essayant de me concentrer sur ses yeux pour ne pas fixer la ligne qui séparait les biceps de Gabriel de ses avant-bras. J'ai 26 ans. Ça me sert bien pour les caisses en bois... ou pour éviter de me faire mal en salle.
-Coach, architecte, psychologue… nous allons former un palier très compétent ! a plaisanté Gabriel.
J'ai ri poliment, mais la seule pensée qui traversait mon esprit était la suivante : « Il est architecte. Il est bâti comme un dieu grec. Il est hétéro. Il est fiancé. Et je viens de passer les cinq dernières minutes à dévisager l'œuvre d'art qu'il est, au lieu d'écouter les détails de sa vie. » Il était temps de fuir.
-Je dois vraiment filer, j'ai un cours. Bienvenue à tous les deux. N'hésitez pas si vous avez besoin d'autre chose.
J'ai ramassé mon sac et me suis éclipsé, le cœur battant la chamade, l'image de Gabriel imprimée sur ma rétine.
Pendant les semaines qui ont suivi, le silence est redevenu la norme, brisé seulement par les bruits d'un marteau mal ajusté ou de meubles qu'on traîne. Une semaine après leur emménagement, j'étais en train de rentrer d'une séance matinale, encore en tenue de sport (t-shirt moulant, short de course – l'uniforme parfait pour croiser Gabriel, au cas où), quand je l'ai trouvé en train de pester contre une étagère IKEA manifestement mal assemblée.
-Il me manque deux vis, et cette pièce ne s'emboîte pas. Je suis architecte, pas menuisier, a-t-il grommelé en se pinçant l'arête du nez.
Il était debout, en jeans déchirés et débardeur blanc, le genre de tenue simple qui rendait justice à son physique. Je n'ai fait que le regarder, encore une fois. La façon dont les muscles de son dos se contractaient avec l'énervement était hypnotique.
-Problème technique ? ai-je demandé, m'adossant au mur, essayant d'avoir l'air décontracté alors que mon cœur faisait la samba.
-Un désastre. Claire ne peut rien faire, évidemment, et j'ai un zoom conférence dans dix minutes.
-Laisse-moi regarder.
J'ai posé mon sac. En tant que célibataire vivant seul, j'avais développé un sens aigu de la débrouillardise. Le problème n'était pas l'étagère, mais la tension que Gabriel mettait dans son corps.
-Relâche tes épaules. Tu es trop tendu. C'est l'étagère qui doit être stressée, pas toi.
Il a lâché l'outil, a pris une profonde inspiration, et m'a regardé.
-J’oublie parfois d'écouter mon corps. Le travail…
Pendant les quinze minutes qui ont suivi, nous avons travaillé côte à côte. J'ai utilisé ma petite perceuse portative pour fixer la pièce manquante, lui donnant des instructions sur la façon de s'accroupir pour préserver son dos. Il écoutait attentivement, et nos mains se sont frôlées plus d'une fois au-dessus du bois brut. C'était un moment simple, intime. Une connexion sans arrière-pensées... de son côté, en tout cas. Quand nous avons terminé, le sourire qu'il m'a offert était une véritable récompense.
Le lendemain, au petit matin, j'étais en train d'attendre l'ascenseur avec ma brassée de linge sale. La porte de Gabriel et Claire s'est ouverte, et Claire est sortie, seule, un grand sac à la main.
-Nathan ! Quelle chance. Je dois absolument te parler.
Elle avait un grand sourire, mais ses yeux, clairs et perçants, laissaient transparaître une intelligence vive. Elle a stoppé l'ascenseur d'un geste.
-Écoute, merci pour hier. Gabriel a été insupportable toute la semaine, et tu l'as sauvé de lui-même. Tu devrais demander un tarif de psychologie pour couple.
J'ai ri, un peu gêné.
-C’était normal. Il est... très fort, mais pas très doué avec les notices.
Elle a laissé son sac tomber doucement. Le ton a changé. Elle m'a regardé droit dans les yeux, ce qui, venant d'une psychologue pour enfants, avait un effet légèrement désarmant.
-Écoute, Nathan. Je sais que tu es gay. Et je vois que Gabriel est à ton goût vu comme tu le regarde.
J'ai senti une chaleur monter à mes joues. Mon cœur s'est emballé, mais au lieu de la panique, j'ai ressenti un étrange soulagement.
-Je… je ne sais pas de quoi tu parles, Claire, ai-je bredouillé, pathétique.
Elle a souri, non pas pour me juger, mais avec une affection désarmante.
-Détends-toi. C'est Gabriel. Tout le monde le trouve sexy, y compris moi. On a l'habitude. Tu t'es mis à l'écart si vite hier que c'en était adorable. Et puis, je suis psy. Je suis douée pour décoder les signaux non verbaux. Elle a fait une pause. Je voulais juste te rassurer. Aucun danger ici. Nous sommes des gens normaux, on adore notre futur bébé, et on a besoin d'un ami dans cet immeuble.
Elle a attrapé mon bras, un geste ferme.
-Dis-moi. Es-tu prêt à être mon meilleur ami gay dans le quartier ? J'ai besoin de quelqu'un qui comprenne pourquoi un architecte s'énerve pour une vis. Et Gabriel ? Il est adorable, mais terriblement hétéro. Il a besoin d'un ami qui le remette à sa place quand il essaie de soulever une malle de trois tonnes.
J'ai senti toutes mes défenses s'effondrer. Elle avait vu clair dans mon jeu en deux minutes, et au lieu de me mettre mal à l'aise, elle m'offrait une place.
-Oui, Claire. J’accepte. Sans hésiter.
Le sourire qu'elle m'a donné était un contrat.
-Parfait. Donne-moi ton numéro. Et la prochaine fois que tu verras Gabriel en débardeur, dis-lui juste qu'il a besoin de faire plus d'étirements. Ça fera monter la pression, et ça me fera rire.
Quelques semaines plus tard, notre relation de palier avait atteint un niveau de confort surprenant. Gabriel et moi nous croisions à la salle de sport une ou deux fois par semaine (il a commencé à suivre mes conseils), et Claire m'envoyait des mèmes sur les angoisses prénatales. C'est tout naturellement que j'ai proposé un dîner chez moi un samedi soir. J'avais besoin de les remercier pour avoir égayé l'immeuble.
J'avais préparé un repas copieux. Claire buvait du jus d'orange et du thé, mais Gabriel et moi avions ouvert un bon rouge qu'il avait apporté. Nous avons mangé, parlé de la crise du logement, de mes clients les plus drôles, et de leurs plans pour la chambre du bébé. L'atmosphère était tellement décontractée qu'on aurait dit qu'on se connaissait depuis le lycée.
Vers 22 heures, Claire a posé sa tête sur l'épaule de Gabriel et a soupiré.
-L’effet ‘psychologue’ est terminé. Le bébé a décidé qu'il était temps de faire la sieste. Elle m'a souri, un peu les yeux rougis par la fatigue. Merci pour tout, Nathan. J'adore ton appartement. Je vais te laisser finir ton vin et parler de choses sérieuses.
Elle nous a fait un signe de la main et s'est glissée chez elle. Le silence qu'elle a laissé était plus bruyant que le brouhaha du dîner.
Gabriel a pris une gorgée de son verre, un sourire béat étiré sur ses lèvres. Il n'était pas ivre, juste agréablement éméché – le genre de chaleur qui dénoue la langue et rend les yeux plus brillants.
-J'aime beaucoup ta musique. Mais là, il faut quelque chose... de moins intello. Tu n'aurais pas un truc un peu plus jazzy, ou un vieux rock bien sale ?
J'ai mis une playlist soul/jazz smooth, assez discrète. Je me suis rassis, savourant ce moment. Gabriel était affalé dans mon fauteuil, ses jambes athlétiques s'étendant sans gêne. Je l'ai observé. Le t-shirt noir qu'il portait était parfait. La conversation a rebondi sur des sujets légers. Mon déménagement de province, sa rencontre avec Claire à l'école d'archi, la difficulté de nommer un enfant. Puis, il s'est tu, fixant son verre.
-Et toi, Nathan ? Les histoires de couple ? Ça donne quoi la vie d’un gay dans le 10e ? Ça doit draguer sec.
J'ai haussé les épaules, sentant la conversation prendre une tangente familière, mais étrangement nerveuse.
-C'est... calme. Beaucoup de travail. Et disons que le 10e est très peuplé, mais pas forcément là où je cherche.
J'ai souri pour masquer l'évidence : je cherchais à un mètre cinquante de moi. Il a souri en retour, puis a posé une question qui m'a glacé le sang, ou réchauffé, je n'ai pas su dire.
-Mais, qu'est-ce que tu cherches, au fond ? Moi, avec Claire, c'était le calme, la structure. Mais je me souviens d’avant… la liberté. La pure attraction. Il s'est penché en avant, le regard intense, l’alcool aidant à abolir la distance sociale. Je me souviens des relations basées uniquement sur... le physique. Juste la connexion du corps. Tu vois ce que je veux dire ?
Mon souffle s'est bloqué. Il venait de mettre les pieds dans une zone dangereuse. Je devais être prudent, mais l'opportunité de parler avec lui de ça était trop bonne.
-Je... oui. La connexion du corps. La chimie brute, ai-je répondu, ma voix un peu plus rauque que je ne l'aurais voulu. C'est souvent éphémère. Et, honnêtement, en tant que gay célibataire, les applications transforment ça en commerce. On parle de performance, de type de corps, de ce que tu peux faire.
Il a laissé échapper un rire bref.
-Ah, la performance. Ça te parle, ça, j'imagine. Il s'est adossé à nouveau, son regard balayant mon corps puis revenant à mes yeux. -Mais vraiment. Quand on parle de physique, de pure attirance… quel est ton type ? Qu'est-ce qui te fait oublier la performance pour un instant ?
Je savais exactement quoi répondre, mais je ne pouvais pas le dire. Je regardais ses yeux verts, son t-shirt noir, la courbure parfaite de son cou, et je sentais le rouge me monter au visage. Comment lui dire : « Mon type ? Mon type, c'est toi, l'homme marié et hétéro assis juste là. »
J'ai pris une gorgée de vin, cherchant mes mots.
-Eh bien... Je dirais quelqu'un qui n'est pas trop musclé... disons un physique athlétique, mais plutôt sec. Quelqu'un qui a l'air intelligent, mais qui ne se prend pas la tête. Et qui, idéalement, a les yeux...
Gabriel a ri, un son chaud et rauque, et a terminé ma phrase pour moi.
-Les yeux verts ? Écoute, Nathan. Claire m'a dit que ton type, c'était 'le genre architecte costaud qui ne sait pas monter une étagère'. Elle a dit que si tu devais dessiner ton homme idéal, il ressemblerait étrangement au mec qui vit en face. Il a souri, non pas triomphant, mais avec une douceur sincère. -Elle m'a dit de ne pas me prendre la tête et d'être juste moi. Elle est douée pour décoder les signaux, cette femme.
Un silence s'est installé, différent de celui de la tension, plus celui de la vérité acceptée. J'ai senti mes joues brûler.
-Elle est douée, oui, ai-je admis en riant faiblement. Au moins, tu es fixé.
-Oui, je suis fixé. Et c'est là que le problème arrive. Il a basculé la tête en arrière contre le dossier du fauteuil. Le ton était devenu plus sombre, plus personnel. -L'attirance brute, la connexion du corps, tout ce que je disais... c'est ce qui manque en ce moment. Claire est incroyable, on s'aime, mais... avec le bébé, la fatigue, les hormones, l'intimité, le sexe... c'est devenu compliqué. Voire inexistant. Et, putain, j'ai l'impression d'être un salaud d'y penser, mais ça me manque terriblement, Nathan. Ça fait des semaines que ça ne tourne qu'au ralenti. Il a soupiré lourdement.
J'ai vu une ouverture, une façon de détendre l'atmosphère avant qu'elle ne devienne trop lourde.
-Oh, ne t'en fais pas, Gabriel, ai-je dit, en tapotant ma main droite avec mon index. -Il te reste toujours ta meilleure amie. Et elle est toujours disponible.
Il a éclaté de rire, un rire franc, et la tension s'est un peu relâchée. Il a secoué la tête, me fixant avec ce regard d'une intensité folle.
-C'est ça que tu fais, coach ? Tu es coach de performance, même pour ça ? Il a posé son coude sur son genou et s'est rapproché de moi. -Parce que je pourrais te donner des heures et des heures de données pour que tu améliores ma performance. Il y a des muscles qui sont clairement en sous-régime.
Il a fait un clin d'œil appuyé, et la conversation, loin de s'arrêter, s'est enfoncée plus profondément dans les allusions sexuelles. Il n'était plus seulement question de muscles fessiers ou d'étirements. Il parlait de "cardio intensif", de "souplesse essentielle" et de "zones de tension à relâcher", tout ça avec un regard qui ne quittait plus mes lèvres.
Fin du chapitre 1.
J'ai toujours aimé mon appartement. Il est petit, oui, mais parfait. Au deuxième étage d'un vieil immeuble haussmannien où l'on est deux par palier – un luxe dans le 10e. À 26 ans, avec le rythme que j'ai, entre les cours de gym que je donne le matin et la gestion de mes clients en ligne le soir, mon chez-moi est mon sanctuaire. En tant que coach sportif, j'ai une discipline de fer, et ça se voit. 1m72 de muscles secs, le genre de physique qui vous dit : travail, travail, travail.
Mon calme a été brutalement interrompu un samedi après-midi par un bruit digne d'un débarquement. Sur le palier, l'appartement B, était vide depuis des semaines, et apparemment, l'attente était terminée. Des bruits de caisses, des jurons étouffés, et surtout, l'écho d'une voix de femme qui semblait à la fois épuisée et irritée.
J'ai jeté un coup d'œil discret par l'œilleton. J'ai vu une femme magnifique, la trentaine élégante, les traits tirés, qui tenait un carton fragile. Son ventre, rebondi sous un pull ample, annonçait clairement que le changement n'était pas la seule chose qui arrivait : ils attendaient un bébé. Quatre mois, à vue de nez. Un couple hétéro classique, donc. J'ai souri, pensant à la nouvelle dynamique de l'immeuble.
Puis, le couple est revenu de l'escalier, et mon cœur a manqué un battement.
L'homme qui est entré dans mon champ de vision n'était pas seulement bien bâti. Il était une œuvre d'art brute. Je suis coach sportif, je côtoie des physiques d'élite tous les jours, mais celui-ci... il jouait dans une autre ligue.
Il était grand, certes, mais c'était la densité de sa carrure qui vous coupait le souffle. Il devait avoir trente, trente-deux ans, avec des cheveux noirs coupés court et une ombre de barbe parfaitement définie sur une mâchoire taillée à la serpe. Il portait un vieux t-shirt gris de sport, qui, au lieu de dissimuler son corps, semblait le sculpter, révélant chaque muscle comme un détail essentiel. Son dos était large, puissant, un V parfait qui se terminait par une sangle abdominale que je pouvais deviner sous la tension du tissu. Ses bras ! Des avant-bras sculptés, veinés, tendus alors qu'il portait deux lourds sacs sans effort apparent. Ses yeux, d'un vert profond, balayaient l'escalier avec une concentration intense. Il dégageait une assurance tranquille, un mélange de force brute et d'une élégance naturelle que je n'avais pas vue depuis longtemps. C'était la première fois qu'un homme hétéro me faisait oublier que j'étais censé être professionnel. Il était dangereusement sexy. Mon cerveau, le coach, a immédiatement voulu analyser son taux de masse grasse, et mon cœur, le romantique, a juste crié au désastre imminent.
J'ai refermé l'œilleton, le souffle court. Il fallait que je sorte de là, que je me change les idées. J'avais un cours de gym à donner à 17h, et j'avais besoin de prendre mon équipement. J'ai pris mon gros sac de sport contenant des poids légers et des bandes de résistance, et je suis sorti. Évidemment, la Providence avait décidé de s'amuser.
Mon voisin était là, juste devant sa porte ouverte. Il essayait de monter une caisse en bois absolument énorme et manifestement trop lourde pour un seul homme, même de sa trempe. Il était rouge, le t-shirt encore plus trempé qu'avant, et il commençait à lâcher un juron quand il a aperçu ma tête.
Je ne pouvais pas le laisser faire.
-Excusez-moi ! Vous allez vous faire mal au dos si vous faites ça tout seul. C'est le genre de charge où il faut faire appel à un pote, pas à sa colonne vertébrale.
Il s'est redressé, et le vert de ses yeux, de près, était encore plus dévastateur. Il a souri, un sourire légèrement fatigué mais charmant.
-Ah. Euh, oui, probablement. C’est... c'est une vieille malle de ma grand-mère. Très solide, mais très lourde.
J'ai posé mon sac.
-Je suis Nathan, votre voisin d'en face. Et laissez-moi faire ça. J'ai un diplôme pour soulever des trucs.
Il a ri, une vibration basse et agréable.
-Gabriel. Et, bien, je vous serais éternellement redevable, Nathan.
Nous avons soulevé la caisse ensemble. C’était lourd, vraiment lourd. Pendant la minute où nos corps étaient alignés, nos mains frôlant le bois patiné et nos souffles synchronisés par l'effort, je n'ai pensé qu'à une seule chose : La répartition du poids est parfaite. Et son épaule… mon Dieu, son épaule. Quand nous l'avons déposée dans l'entrée de leur appartement, une femme est apparue, l'air soulagé et les mains sur son ventre.
-Enfin ! Merci infiniment, vous êtes notre sauveur. Je vous aurais bien aidé, mais ma sage-femme a émis quelques réserves sur le port de charges lourdes. Elle a souri.
-Nathan, voici Claire, ma fiancée, a dit Gabriel. Je n'ai fait que hocher la tête, mon regard ne réussissant pas à s'accrocher plus d'une demi-seconde à Claire, préférant revenir irrésistiblement au torse de Gabriel.
Claire, aussi élégante que je l'avais imaginé, avait environ 30 ans, et Gabriel, comme je l'avais deviné, 32. C'est elle qui a fait le gros des présentations.
-Nous sommes ravis d'être ici. Moi, je suis psychologue pour enfants, et Gabriel est architecte. Il est plutôt du genre à concevoir les immeubles qu'à déplacer les malles.
-Et vous, Nathan ? Qu'est-ce qui vous vaut cette force surhumaine ? a demandé Claire, amusée.
-Je suis coach de gym, ai-je répondu, essayant de me concentrer sur ses yeux pour ne pas fixer la ligne qui séparait les biceps de Gabriel de ses avant-bras. J'ai 26 ans. Ça me sert bien pour les caisses en bois... ou pour éviter de me faire mal en salle.
-Coach, architecte, psychologue… nous allons former un palier très compétent ! a plaisanté Gabriel.
J'ai ri poliment, mais la seule pensée qui traversait mon esprit était la suivante : « Il est architecte. Il est bâti comme un dieu grec. Il est hétéro. Il est fiancé. Et je viens de passer les cinq dernières minutes à dévisager l'œuvre d'art qu'il est, au lieu d'écouter les détails de sa vie. » Il était temps de fuir.
-Je dois vraiment filer, j'ai un cours. Bienvenue à tous les deux. N'hésitez pas si vous avez besoin d'autre chose.
J'ai ramassé mon sac et me suis éclipsé, le cœur battant la chamade, l'image de Gabriel imprimée sur ma rétine.
Pendant les semaines qui ont suivi, le silence est redevenu la norme, brisé seulement par les bruits d'un marteau mal ajusté ou de meubles qu'on traîne. Une semaine après leur emménagement, j'étais en train de rentrer d'une séance matinale, encore en tenue de sport (t-shirt moulant, short de course – l'uniforme parfait pour croiser Gabriel, au cas où), quand je l'ai trouvé en train de pester contre une étagère IKEA manifestement mal assemblée.
-Il me manque deux vis, et cette pièce ne s'emboîte pas. Je suis architecte, pas menuisier, a-t-il grommelé en se pinçant l'arête du nez.
Il était debout, en jeans déchirés et débardeur blanc, le genre de tenue simple qui rendait justice à son physique. Je n'ai fait que le regarder, encore une fois. La façon dont les muscles de son dos se contractaient avec l'énervement était hypnotique.
-Problème technique ? ai-je demandé, m'adossant au mur, essayant d'avoir l'air décontracté alors que mon cœur faisait la samba.
-Un désastre. Claire ne peut rien faire, évidemment, et j'ai un zoom conférence dans dix minutes.
-Laisse-moi regarder.
J'ai posé mon sac. En tant que célibataire vivant seul, j'avais développé un sens aigu de la débrouillardise. Le problème n'était pas l'étagère, mais la tension que Gabriel mettait dans son corps.
-Relâche tes épaules. Tu es trop tendu. C'est l'étagère qui doit être stressée, pas toi.
Il a lâché l'outil, a pris une profonde inspiration, et m'a regardé.
-J’oublie parfois d'écouter mon corps. Le travail…
Pendant les quinze minutes qui ont suivi, nous avons travaillé côte à côte. J'ai utilisé ma petite perceuse portative pour fixer la pièce manquante, lui donnant des instructions sur la façon de s'accroupir pour préserver son dos. Il écoutait attentivement, et nos mains se sont frôlées plus d'une fois au-dessus du bois brut. C'était un moment simple, intime. Une connexion sans arrière-pensées... de son côté, en tout cas. Quand nous avons terminé, le sourire qu'il m'a offert était une véritable récompense.
Le lendemain, au petit matin, j'étais en train d'attendre l'ascenseur avec ma brassée de linge sale. La porte de Gabriel et Claire s'est ouverte, et Claire est sortie, seule, un grand sac à la main.
-Nathan ! Quelle chance. Je dois absolument te parler.
Elle avait un grand sourire, mais ses yeux, clairs et perçants, laissaient transparaître une intelligence vive. Elle a stoppé l'ascenseur d'un geste.
-Écoute, merci pour hier. Gabriel a été insupportable toute la semaine, et tu l'as sauvé de lui-même. Tu devrais demander un tarif de psychologie pour couple.
J'ai ri, un peu gêné.
-C’était normal. Il est... très fort, mais pas très doué avec les notices.
Elle a laissé son sac tomber doucement. Le ton a changé. Elle m'a regardé droit dans les yeux, ce qui, venant d'une psychologue pour enfants, avait un effet légèrement désarmant.
-Écoute, Nathan. Je sais que tu es gay. Et je vois que Gabriel est à ton goût vu comme tu le regarde.
J'ai senti une chaleur monter à mes joues. Mon cœur s'est emballé, mais au lieu de la panique, j'ai ressenti un étrange soulagement.
-Je… je ne sais pas de quoi tu parles, Claire, ai-je bredouillé, pathétique.
Elle a souri, non pas pour me juger, mais avec une affection désarmante.
-Détends-toi. C'est Gabriel. Tout le monde le trouve sexy, y compris moi. On a l'habitude. Tu t'es mis à l'écart si vite hier que c'en était adorable. Et puis, je suis psy. Je suis douée pour décoder les signaux non verbaux. Elle a fait une pause. Je voulais juste te rassurer. Aucun danger ici. Nous sommes des gens normaux, on adore notre futur bébé, et on a besoin d'un ami dans cet immeuble.
Elle a attrapé mon bras, un geste ferme.
-Dis-moi. Es-tu prêt à être mon meilleur ami gay dans le quartier ? J'ai besoin de quelqu'un qui comprenne pourquoi un architecte s'énerve pour une vis. Et Gabriel ? Il est adorable, mais terriblement hétéro. Il a besoin d'un ami qui le remette à sa place quand il essaie de soulever une malle de trois tonnes.
J'ai senti toutes mes défenses s'effondrer. Elle avait vu clair dans mon jeu en deux minutes, et au lieu de me mettre mal à l'aise, elle m'offrait une place.
-Oui, Claire. J’accepte. Sans hésiter.
Le sourire qu'elle m'a donné était un contrat.
-Parfait. Donne-moi ton numéro. Et la prochaine fois que tu verras Gabriel en débardeur, dis-lui juste qu'il a besoin de faire plus d'étirements. Ça fera monter la pression, et ça me fera rire.
Quelques semaines plus tard, notre relation de palier avait atteint un niveau de confort surprenant. Gabriel et moi nous croisions à la salle de sport une ou deux fois par semaine (il a commencé à suivre mes conseils), et Claire m'envoyait des mèmes sur les angoisses prénatales. C'est tout naturellement que j'ai proposé un dîner chez moi un samedi soir. J'avais besoin de les remercier pour avoir égayé l'immeuble.
J'avais préparé un repas copieux. Claire buvait du jus d'orange et du thé, mais Gabriel et moi avions ouvert un bon rouge qu'il avait apporté. Nous avons mangé, parlé de la crise du logement, de mes clients les plus drôles, et de leurs plans pour la chambre du bébé. L'atmosphère était tellement décontractée qu'on aurait dit qu'on se connaissait depuis le lycée.
Vers 22 heures, Claire a posé sa tête sur l'épaule de Gabriel et a soupiré.
-L’effet ‘psychologue’ est terminé. Le bébé a décidé qu'il était temps de faire la sieste. Elle m'a souri, un peu les yeux rougis par la fatigue. Merci pour tout, Nathan. J'adore ton appartement. Je vais te laisser finir ton vin et parler de choses sérieuses.
Elle nous a fait un signe de la main et s'est glissée chez elle. Le silence qu'elle a laissé était plus bruyant que le brouhaha du dîner.
Gabriel a pris une gorgée de son verre, un sourire béat étiré sur ses lèvres. Il n'était pas ivre, juste agréablement éméché – le genre de chaleur qui dénoue la langue et rend les yeux plus brillants.
-J'aime beaucoup ta musique. Mais là, il faut quelque chose... de moins intello. Tu n'aurais pas un truc un peu plus jazzy, ou un vieux rock bien sale ?
J'ai mis une playlist soul/jazz smooth, assez discrète. Je me suis rassis, savourant ce moment. Gabriel était affalé dans mon fauteuil, ses jambes athlétiques s'étendant sans gêne. Je l'ai observé. Le t-shirt noir qu'il portait était parfait. La conversation a rebondi sur des sujets légers. Mon déménagement de province, sa rencontre avec Claire à l'école d'archi, la difficulté de nommer un enfant. Puis, il s'est tu, fixant son verre.
-Et toi, Nathan ? Les histoires de couple ? Ça donne quoi la vie d’un gay dans le 10e ? Ça doit draguer sec.
J'ai haussé les épaules, sentant la conversation prendre une tangente familière, mais étrangement nerveuse.
-C'est... calme. Beaucoup de travail. Et disons que le 10e est très peuplé, mais pas forcément là où je cherche.
J'ai souri pour masquer l'évidence : je cherchais à un mètre cinquante de moi. Il a souri en retour, puis a posé une question qui m'a glacé le sang, ou réchauffé, je n'ai pas su dire.
-Mais, qu'est-ce que tu cherches, au fond ? Moi, avec Claire, c'était le calme, la structure. Mais je me souviens d’avant… la liberté. La pure attraction. Il s'est penché en avant, le regard intense, l’alcool aidant à abolir la distance sociale. Je me souviens des relations basées uniquement sur... le physique. Juste la connexion du corps. Tu vois ce que je veux dire ?
Mon souffle s'est bloqué. Il venait de mettre les pieds dans une zone dangereuse. Je devais être prudent, mais l'opportunité de parler avec lui de ça était trop bonne.
-Je... oui. La connexion du corps. La chimie brute, ai-je répondu, ma voix un peu plus rauque que je ne l'aurais voulu. C'est souvent éphémère. Et, honnêtement, en tant que gay célibataire, les applications transforment ça en commerce. On parle de performance, de type de corps, de ce que tu peux faire.
Il a laissé échapper un rire bref.
-Ah, la performance. Ça te parle, ça, j'imagine. Il s'est adossé à nouveau, son regard balayant mon corps puis revenant à mes yeux. -Mais vraiment. Quand on parle de physique, de pure attirance… quel est ton type ? Qu'est-ce qui te fait oublier la performance pour un instant ?
Je savais exactement quoi répondre, mais je ne pouvais pas le dire. Je regardais ses yeux verts, son t-shirt noir, la courbure parfaite de son cou, et je sentais le rouge me monter au visage. Comment lui dire : « Mon type ? Mon type, c'est toi, l'homme marié et hétéro assis juste là. »
J'ai pris une gorgée de vin, cherchant mes mots.
-Eh bien... Je dirais quelqu'un qui n'est pas trop musclé... disons un physique athlétique, mais plutôt sec. Quelqu'un qui a l'air intelligent, mais qui ne se prend pas la tête. Et qui, idéalement, a les yeux...
Gabriel a ri, un son chaud et rauque, et a terminé ma phrase pour moi.
-Les yeux verts ? Écoute, Nathan. Claire m'a dit que ton type, c'était 'le genre architecte costaud qui ne sait pas monter une étagère'. Elle a dit que si tu devais dessiner ton homme idéal, il ressemblerait étrangement au mec qui vit en face. Il a souri, non pas triomphant, mais avec une douceur sincère. -Elle m'a dit de ne pas me prendre la tête et d'être juste moi. Elle est douée pour décoder les signaux, cette femme.
Un silence s'est installé, différent de celui de la tension, plus celui de la vérité acceptée. J'ai senti mes joues brûler.
-Elle est douée, oui, ai-je admis en riant faiblement. Au moins, tu es fixé.
-Oui, je suis fixé. Et c'est là que le problème arrive. Il a basculé la tête en arrière contre le dossier du fauteuil. Le ton était devenu plus sombre, plus personnel. -L'attirance brute, la connexion du corps, tout ce que je disais... c'est ce qui manque en ce moment. Claire est incroyable, on s'aime, mais... avec le bébé, la fatigue, les hormones, l'intimité, le sexe... c'est devenu compliqué. Voire inexistant. Et, putain, j'ai l'impression d'être un salaud d'y penser, mais ça me manque terriblement, Nathan. Ça fait des semaines que ça ne tourne qu'au ralenti. Il a soupiré lourdement.
J'ai vu une ouverture, une façon de détendre l'atmosphère avant qu'elle ne devienne trop lourde.
-Oh, ne t'en fais pas, Gabriel, ai-je dit, en tapotant ma main droite avec mon index. -Il te reste toujours ta meilleure amie. Et elle est toujours disponible.
Il a éclaté de rire, un rire franc, et la tension s'est un peu relâchée. Il a secoué la tête, me fixant avec ce regard d'une intensité folle.
-C'est ça que tu fais, coach ? Tu es coach de performance, même pour ça ? Il a posé son coude sur son genou et s'est rapproché de moi. -Parce que je pourrais te donner des heures et des heures de données pour que tu améliores ma performance. Il y a des muscles qui sont clairement en sous-régime.
Il a fait un clin d'œil appuyé, et la conversation, loin de s'arrêter, s'est enfoncée plus profondément dans les allusions sexuelles. Il n'était plus seulement question de muscles fessiers ou d'étirements. Il parlait de "cardio intensif", de "souplesse essentielle" et de "zones de tension à relâcher", tout ça avec un regard qui ne quittait plus mes lèvres.
Fin du chapitre 1.
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