Surprise au Réveillon d'Alger - Chapitre 10 : L’ombre de Karim
Récit érotique écrit par Karim Bali [→ Accès à sa fiche auteur]
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Surprise au Réveillon d'Alger - Chapitre 10 : L’ombre de Karim
Chapitre 10 : L’ombre de Karim
POV Kamal :
Les jours qui suivirent la nuit du réveillon et la matinée qui l’avait prolongée furent étrangement calmes, comme le silence après une tempête.
Amira, Yasmine et Nabil portaient tous les trois la marque invisible de ce qui s’était passé : un mélange de honte, de complicité et d’un désir inavouable qui refaisait surface dès qu’un regard se croisait trop longtemps.
Karim, lui, ne se doutait de rien. Ou du moins, pas encore.
Il appela Yasmine le soir même, depuis son bureau où il avait passé la journée du 1er janvier à rattraper du retard.
Elle répondit d’une voix un peu trop aiguë, un peu trop joyeuse, en lui disant qu’elle avait veillé au chevet d’Amira, que tout allait mieux, qu’elle rentrerait bientôt. Je l’entendis depuis le salon, où j’étais assis avec Amira blottie contre moi. Yasmine mentait avec une facilité qui m’impressionna. Elle avait appris vite.
Nabil, lui, évita son frère pendant plusieurs jours. Il prétexta une mission urgente en mer, partit plus tôt que prévu. Mais je savais qu’il reviendrait. Il reviendrait parce qu’il ne pourrait pas s’en empêcher.
Quant à moi, je n’avais pas décidé si Karim saurait un jour. Une partie de moi voulait tout lui dire – lui montrer les messages, les photos que j’avais prises discrètement ce matin-là (rien d’explicite, juste assez pour suggérer), le laisser imaginer le pire. Une vengeance complète aurait exigé cela. Mais une autre partie, plus sombre, plus possessive, préférait garder ce secret comme une arme suspendue au-dessus de leurs têtes. Le savoir sans le dire. Le laisser vivre avec l’incertitude, peut-être.
Un soir, environ deux semaines plus tard, Karim vint dîner à la maison. C’était Amira qui avait insisté – « pour retrouver une vie normale », disait-elle, les yeux baissés.
Il arriva avec une bouteille de vin et son sourire habituel, franc, confiant. Il serra Amira dans ses bras un peu trop longtemps, embrassa Yasmine sur les joues quand elle arriva peu après, tapa dans le dos de Nabil qui venait de rentrer.
À table, les conversations étaient légères : le travail, les enfants des cousins, les projets de vacances. Mais je voyais tout.
Je voyais la façon dont Yasmine évitait mon regard, mais rougissait quand je posais une main innocente sur l’épaule d’Amira.
Je voyais Nabil fixer son assiette un peu trop fixement quand Karim parlait de fidélité dans le couple, avec cette assurance tranquille de l’homme qui n’a jamais douté.
Je voyais Amira serrer ma main sous la table, comme pour me supplier de ne rien dire. Pas ce soir.
Et moi, je souriais. Je servais le vin. Je faisais l’hôte parfait.
Karim saura-t-il un jour ?
Peut-être oui. Peut-être quand je déciderai que le moment est venu. Peut-être quand l’un d’eux craquera – une confidence trop lourde, un message envoyé par erreur, un regard qui trahira tout.
Ou peut-être jamais.
Parce que parfois, le plus cruel n’est pas de tout révéler.
C’est de laisser l’autre vivre avec l’idée que tout est normal… alors que plus rien ne l’est.
Et moi, j’avais désormais le pouvoir de choisir.
Ce pouvoir-là valait toutes les vengeances du monde.
POV de Karim :
Je n’ai jamais été un homme méfiant. Pas vraiment. J’aime croire que les gens sont ce qu’ils montrent, que les amis sont sincères, que ma femme est la femme douce et fidèle que j’ai épousée il y a dix ans. Yasmine a toujours été comme ça : calme, attentionnée, un peu réservée en société mais passionnée quand nous sommes seuls. Et Amira, la meilleure amie de ma femme, est presque une sœur pour moi. Kamal, mon ami depuis l’université, est l’homme le plus droit que je connaisse. Nabil, mon petit frère, est un peu sauvage, oui, toujours en mer, toujours célibataire, mais il n’a jamais été un menteur.
Pourtant, depuis ce réveillon, quelque chose cloche. Je ne saurais pas dire quoi exactement. C’est une sensation diffuse, comme un bruit de fond que l’on n’arrive pas à identifier.
D’abord, Yasmine. Le 1er janvier, elle est rentrée tard dans l’après-midi. Elle sentait le parfum d’Amira – ce jasmin lourd qu’elle porte toujours – et elle avait l’air… épuisée. Pas seulement fatiguée. Épuisée comme après une nuit sans sommeil, les yeux un peu rougis, les lèvres gonflées.
Elle m’a dit qu’elle avait veillé Amira toute la nuit et la matinée, que c’était une migraine terrible, que Kamal avait besoin d’aide. J’ai trouvé ça gentil. Touchant, même. Mais quand je l’ai prise dans mes bras, elle s’est raidie une fraction de seconde – juste assez pour que je le remarque – avant de se blottir contre moi comme d’habitude.
Ensuite, il y a eu ce dîner chez eux, deux semaines plus tard. Amira avait insisté pour qu’on vienne « reprendre une vie normale ». Tout le monde était là : Kamal, Amira, Nabil qui venait de rentrer de mission, Yasmine et moi. Sur le papier, une soirée comme les autres.
Mais non.
À table, j’ai surpris des regards. Pas des regards amoureux, non. Des regards… lourds.
Yasmine évitait les yeux de Kamal un peu trop ostensiblement. Quand il posait une main sur l’épaule d’Amira pour lui servir du vin, elle baissait la tête, comme si ce geste innocent la brûlait.
Nabil parlait peu, fixait son assiette, mais quand il levait les yeux vers Amira, il y avait quelque chose de trop intense, trop longtemps retenu.
Et Amira… Amira serrait la main de Kamal sous la table – je l’ai vu dans le reflet du verre – comme si elle avait peur qu’il lâche prise. Ou comme si elle le suppliait de ne rien dire.
J’ai ri à leurs blagues, j’ai parlé travail, projets, enfants des cousins. Mais à l’intérieur, une tension sourde grandissait. Comme un nœud dans l’estomac qui ne se défait pas.
Le pire, c’est la nuit, après le dîner. Yasmine s’est endormie vite, mais moi, je suis resté éveillé. Je l’ai regardée dormir. Sa respiration régulière, ses lèvres légèrement entrouvertes. Et soudain, dans l’obscurité, j’ai eu cette pensée : et si ?
Et si quelque chose s’était passé ce soir-là ?
Chez Kamal et Amira ?
Quand Yasmine disait « veiller » Amira… et que Nabil était là aussi ?
Je me suis levé, je suis allé dans le salon. J’ai pris son téléphone, posé sur la table basse. Écran verrouillé. Code habituel – notre date d’anniversaire. J’ai hésité. Longtemps. Puis j’ai entré les chiffres.
Rien d’anormal dans les messages récents.
WhatsApp propre.
Mais dans les discussions archivées, un fil avec Amira.
Les derniers messages dataient du 1er janvier au soir.
Yasmine : « Je suis encore chez elle. Ça va aller. Ne t’inquiète pas. »
Amira : « Merci d’être venue. Vraiment. »
Yasmine : « Je t’en prie. On en reparlera. »
Rien de plus. Mais ce « on en reparlera » m’a glacé le sang. Reparler de quoi ?
J’ai reposé le téléphone. Je suis retourné me coucher. Yasmine dormait toujours, paisible. Je l’ai regardée longtemps.
Je ne sais rien. Pas encore.
Mais la tension est là, palpable, comme une fissure invisible dans une vitre. On ne la voit pas, mais on sent qu’un jour, elle craquera.
Et moi, je ne sais pas si je veux savoir ce qu’il y a derrière.
Ou si je le sais déjà, au fond de moi, sans oser me l’avouer.
Pov Yasmine :
Je ne dors plus vraiment.
Depuis ce 1er janvier, depuis cette nuit et cette matinée qui ont tout bouleversé, je vis avec une tension permanente, comme une corde raide tendue entre mes côtes. À l’extérieur, je suis la même : je souris à Karim quand il rentre du travail, je prépare le dîner, je l’embrasse tendrement avant de m’endormir. Mais à l’intérieur, je suis une tempête.
Chaque fois que je ferme les yeux, je revois tout.
Le corps de Kamal au-dessus de moi, sa bite qui me pénètre avec une force que je n’avais jamais connue. La langue d’Amira sur moi, dans moi, buvant mes sécrétions comme si elle voulait me vider de tout secret. Nabil – mon beau-frère – me caressant les seins, les tétons, avec une familiarité interdite qui me faisait mouiller malgré la honte. Et surtout, cet orgasme… cet orgasme qui m’a déchirée, qui m’a fait gicler pour la première fois, hurler comme une folle, pleurer de plaisir trop grand. Je sens encore les spasmes, les contractions interminables, le vide brûlant quand Kamal s’est retiré.
Je me réveille parfois en sursaut, la chatte humide, le cœur battant. Je regarde Karim dormir à côté de moi, paisible, confiant, et la culpabilité me ronge comme un acide. Il ne sait rien. Il me demande pourquoi je suis fatiguée, pourquoi j’ai l’air ailleurs. Je lui dis que c’est le travail, que je couve quelque chose. Il me croit. Il me croit toujours.
Mais je vois les détails.
Le dîner chez eux, deux semaines plus tard. J’ai failli annuler, prétexter une migraine – ironique, non ? – mais Karim a insisté :
« Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu les amis. »
Alors je suis venue. J’ai mis une robe sage, longue, pour cacher les marques invisibles sur ma peau. Mais dès que j’ai franchi la porte, j’ai senti Kamal me regarder. Pas comme avant. Comme un homme qui sait exactement ce que je cache sous mes vêtements, qui sait comment je jouis, comment je supplie quand on me prend par les deux trous en même temps.
J’évitais ses yeux. Je parlais trop fort, je riais trop vite. Quand il a posé sa main sur l’épaule d’Amira pour lui servir du vin, j’ai baissé la tête, sentant une chaleur traîtresse monter entre mes cuisses.
Amira serrait la main de Kamal sous la table – je l’ai vu dans le reflet d’un verre. Nabil fixait son assiette, mais quand il a levé les yeux vers moi une fraction de seconde, j’ai senti mon ventre se contracter.
Et Karim… mon Karim. Il parlait, il riait, il me prenait la main par moments. Il n’a rien vu. Ou peut-être qu’il a senti quelque chose, parce que cette nuit-là, quand nous sommes rentrés, il m’a fait l’amour avec une tendresse un peu désespérée, comme s’il cherchait à me retenir. J’ai joui, oui – mais pas comme avec eux. Pas avec cette violence qui me détruit et me reconstruit en même temps.
Je sais que ça ne peut pas durer.
Un jour, il remarquera que je sursaute quand mon téléphone vibre. Que je supprime vite les messages d’Amira – des messages anodins, mais qui portent en eux tout le poids de ce que nous avons fait. Que je rougis quand Nabil appelle Karim et que je l’entends au téléphone. Que je prends des douches trop longues, comme pour effacer une odeur qui n’existe plus.
Je ne sais pas si Karim saura un jour.
Peut-être que je craquerai la première.
Peut-être qu’un soir, dans ses bras, je fondrai en larmes et tout sortira.
Peut-être que Kamal décidera de tout lui dire, pour parachever sa vengeance.
Peut-être que Nabil, rongé par la culpabilité, laissera échapper quelque chose.
Ou peut-être que non.
Peut-être que je porterai ce secret toute ma vie, comme une brûlure secrète sous mes vêtements. Une tension permanente, une excitation coupable qui resurgit à l’improviste, un orgasme fantôme qui me traverse quand je pense à cette matinée.
Je regarde Karim dormir, et je me demande si je l’aime encore assez pour tout lui avouer… ou si j’aime trop ce que je suis devenue ce jour-là pour risquer de le perdre.
Pour l’instant, je ne sais qu’une chose : je vis sur une corde raide.
Et chaque jour, elle vibre un peu plus.
POV Kamal :
Les jours qui suivirent la nuit du réveillon et la matinée qui l’avait prolongée furent étrangement calmes, comme le silence après une tempête.
Amira, Yasmine et Nabil portaient tous les trois la marque invisible de ce qui s’était passé : un mélange de honte, de complicité et d’un désir inavouable qui refaisait surface dès qu’un regard se croisait trop longtemps.
Karim, lui, ne se doutait de rien. Ou du moins, pas encore.
Il appela Yasmine le soir même, depuis son bureau où il avait passé la journée du 1er janvier à rattraper du retard.
Elle répondit d’une voix un peu trop aiguë, un peu trop joyeuse, en lui disant qu’elle avait veillé au chevet d’Amira, que tout allait mieux, qu’elle rentrerait bientôt. Je l’entendis depuis le salon, où j’étais assis avec Amira blottie contre moi. Yasmine mentait avec une facilité qui m’impressionna. Elle avait appris vite.
Nabil, lui, évita son frère pendant plusieurs jours. Il prétexta une mission urgente en mer, partit plus tôt que prévu. Mais je savais qu’il reviendrait. Il reviendrait parce qu’il ne pourrait pas s’en empêcher.
Quant à moi, je n’avais pas décidé si Karim saurait un jour. Une partie de moi voulait tout lui dire – lui montrer les messages, les photos que j’avais prises discrètement ce matin-là (rien d’explicite, juste assez pour suggérer), le laisser imaginer le pire. Une vengeance complète aurait exigé cela. Mais une autre partie, plus sombre, plus possessive, préférait garder ce secret comme une arme suspendue au-dessus de leurs têtes. Le savoir sans le dire. Le laisser vivre avec l’incertitude, peut-être.
Un soir, environ deux semaines plus tard, Karim vint dîner à la maison. C’était Amira qui avait insisté – « pour retrouver une vie normale », disait-elle, les yeux baissés.
Il arriva avec une bouteille de vin et son sourire habituel, franc, confiant. Il serra Amira dans ses bras un peu trop longtemps, embrassa Yasmine sur les joues quand elle arriva peu après, tapa dans le dos de Nabil qui venait de rentrer.
À table, les conversations étaient légères : le travail, les enfants des cousins, les projets de vacances. Mais je voyais tout.
Je voyais la façon dont Yasmine évitait mon regard, mais rougissait quand je posais une main innocente sur l’épaule d’Amira.
Je voyais Nabil fixer son assiette un peu trop fixement quand Karim parlait de fidélité dans le couple, avec cette assurance tranquille de l’homme qui n’a jamais douté.
Je voyais Amira serrer ma main sous la table, comme pour me supplier de ne rien dire. Pas ce soir.
Et moi, je souriais. Je servais le vin. Je faisais l’hôte parfait.
Karim saura-t-il un jour ?
Peut-être oui. Peut-être quand je déciderai que le moment est venu. Peut-être quand l’un d’eux craquera – une confidence trop lourde, un message envoyé par erreur, un regard qui trahira tout.
Ou peut-être jamais.
Parce que parfois, le plus cruel n’est pas de tout révéler.
C’est de laisser l’autre vivre avec l’idée que tout est normal… alors que plus rien ne l’est.
Et moi, j’avais désormais le pouvoir de choisir.
Ce pouvoir-là valait toutes les vengeances du monde.
POV de Karim :
Je n’ai jamais été un homme méfiant. Pas vraiment. J’aime croire que les gens sont ce qu’ils montrent, que les amis sont sincères, que ma femme est la femme douce et fidèle que j’ai épousée il y a dix ans. Yasmine a toujours été comme ça : calme, attentionnée, un peu réservée en société mais passionnée quand nous sommes seuls. Et Amira, la meilleure amie de ma femme, est presque une sœur pour moi. Kamal, mon ami depuis l’université, est l’homme le plus droit que je connaisse. Nabil, mon petit frère, est un peu sauvage, oui, toujours en mer, toujours célibataire, mais il n’a jamais été un menteur.
Pourtant, depuis ce réveillon, quelque chose cloche. Je ne saurais pas dire quoi exactement. C’est une sensation diffuse, comme un bruit de fond que l’on n’arrive pas à identifier.
D’abord, Yasmine. Le 1er janvier, elle est rentrée tard dans l’après-midi. Elle sentait le parfum d’Amira – ce jasmin lourd qu’elle porte toujours – et elle avait l’air… épuisée. Pas seulement fatiguée. Épuisée comme après une nuit sans sommeil, les yeux un peu rougis, les lèvres gonflées.
Elle m’a dit qu’elle avait veillé Amira toute la nuit et la matinée, que c’était une migraine terrible, que Kamal avait besoin d’aide. J’ai trouvé ça gentil. Touchant, même. Mais quand je l’ai prise dans mes bras, elle s’est raidie une fraction de seconde – juste assez pour que je le remarque – avant de se blottir contre moi comme d’habitude.
Ensuite, il y a eu ce dîner chez eux, deux semaines plus tard. Amira avait insisté pour qu’on vienne « reprendre une vie normale ». Tout le monde était là : Kamal, Amira, Nabil qui venait de rentrer de mission, Yasmine et moi. Sur le papier, une soirée comme les autres.
Mais non.
À table, j’ai surpris des regards. Pas des regards amoureux, non. Des regards… lourds.
Yasmine évitait les yeux de Kamal un peu trop ostensiblement. Quand il posait une main sur l’épaule d’Amira pour lui servir du vin, elle baissait la tête, comme si ce geste innocent la brûlait.
Nabil parlait peu, fixait son assiette, mais quand il levait les yeux vers Amira, il y avait quelque chose de trop intense, trop longtemps retenu.
Et Amira… Amira serrait la main de Kamal sous la table – je l’ai vu dans le reflet du verre – comme si elle avait peur qu’il lâche prise. Ou comme si elle le suppliait de ne rien dire.
J’ai ri à leurs blagues, j’ai parlé travail, projets, enfants des cousins. Mais à l’intérieur, une tension sourde grandissait. Comme un nœud dans l’estomac qui ne se défait pas.
Le pire, c’est la nuit, après le dîner. Yasmine s’est endormie vite, mais moi, je suis resté éveillé. Je l’ai regardée dormir. Sa respiration régulière, ses lèvres légèrement entrouvertes. Et soudain, dans l’obscurité, j’ai eu cette pensée : et si ?
Et si quelque chose s’était passé ce soir-là ?
Chez Kamal et Amira ?
Quand Yasmine disait « veiller » Amira… et que Nabil était là aussi ?
Je me suis levé, je suis allé dans le salon. J’ai pris son téléphone, posé sur la table basse. Écran verrouillé. Code habituel – notre date d’anniversaire. J’ai hésité. Longtemps. Puis j’ai entré les chiffres.
Rien d’anormal dans les messages récents.
WhatsApp propre.
Mais dans les discussions archivées, un fil avec Amira.
Les derniers messages dataient du 1er janvier au soir.
Yasmine : « Je suis encore chez elle. Ça va aller. Ne t’inquiète pas. »
Amira : « Merci d’être venue. Vraiment. »
Yasmine : « Je t’en prie. On en reparlera. »
Rien de plus. Mais ce « on en reparlera » m’a glacé le sang. Reparler de quoi ?
J’ai reposé le téléphone. Je suis retourné me coucher. Yasmine dormait toujours, paisible. Je l’ai regardée longtemps.
Je ne sais rien. Pas encore.
Mais la tension est là, palpable, comme une fissure invisible dans une vitre. On ne la voit pas, mais on sent qu’un jour, elle craquera.
Et moi, je ne sais pas si je veux savoir ce qu’il y a derrière.
Ou si je le sais déjà, au fond de moi, sans oser me l’avouer.
Pov Yasmine :
Je ne dors plus vraiment.
Depuis ce 1er janvier, depuis cette nuit et cette matinée qui ont tout bouleversé, je vis avec une tension permanente, comme une corde raide tendue entre mes côtes. À l’extérieur, je suis la même : je souris à Karim quand il rentre du travail, je prépare le dîner, je l’embrasse tendrement avant de m’endormir. Mais à l’intérieur, je suis une tempête.
Chaque fois que je ferme les yeux, je revois tout.
Le corps de Kamal au-dessus de moi, sa bite qui me pénètre avec une force que je n’avais jamais connue. La langue d’Amira sur moi, dans moi, buvant mes sécrétions comme si elle voulait me vider de tout secret. Nabil – mon beau-frère – me caressant les seins, les tétons, avec une familiarité interdite qui me faisait mouiller malgré la honte. Et surtout, cet orgasme… cet orgasme qui m’a déchirée, qui m’a fait gicler pour la première fois, hurler comme une folle, pleurer de plaisir trop grand. Je sens encore les spasmes, les contractions interminables, le vide brûlant quand Kamal s’est retiré.
Je me réveille parfois en sursaut, la chatte humide, le cœur battant. Je regarde Karim dormir à côté de moi, paisible, confiant, et la culpabilité me ronge comme un acide. Il ne sait rien. Il me demande pourquoi je suis fatiguée, pourquoi j’ai l’air ailleurs. Je lui dis que c’est le travail, que je couve quelque chose. Il me croit. Il me croit toujours.
Mais je vois les détails.
Le dîner chez eux, deux semaines plus tard. J’ai failli annuler, prétexter une migraine – ironique, non ? – mais Karim a insisté :
« Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu les amis. »
Alors je suis venue. J’ai mis une robe sage, longue, pour cacher les marques invisibles sur ma peau. Mais dès que j’ai franchi la porte, j’ai senti Kamal me regarder. Pas comme avant. Comme un homme qui sait exactement ce que je cache sous mes vêtements, qui sait comment je jouis, comment je supplie quand on me prend par les deux trous en même temps.
J’évitais ses yeux. Je parlais trop fort, je riais trop vite. Quand il a posé sa main sur l’épaule d’Amira pour lui servir du vin, j’ai baissé la tête, sentant une chaleur traîtresse monter entre mes cuisses.
Amira serrait la main de Kamal sous la table – je l’ai vu dans le reflet d’un verre. Nabil fixait son assiette, mais quand il a levé les yeux vers moi une fraction de seconde, j’ai senti mon ventre se contracter.
Et Karim… mon Karim. Il parlait, il riait, il me prenait la main par moments. Il n’a rien vu. Ou peut-être qu’il a senti quelque chose, parce que cette nuit-là, quand nous sommes rentrés, il m’a fait l’amour avec une tendresse un peu désespérée, comme s’il cherchait à me retenir. J’ai joui, oui – mais pas comme avec eux. Pas avec cette violence qui me détruit et me reconstruit en même temps.
Je sais que ça ne peut pas durer.
Un jour, il remarquera que je sursaute quand mon téléphone vibre. Que je supprime vite les messages d’Amira – des messages anodins, mais qui portent en eux tout le poids de ce que nous avons fait. Que je rougis quand Nabil appelle Karim et que je l’entends au téléphone. Que je prends des douches trop longues, comme pour effacer une odeur qui n’existe plus.
Je ne sais pas si Karim saura un jour.
Peut-être que je craquerai la première.
Peut-être qu’un soir, dans ses bras, je fondrai en larmes et tout sortira.
Peut-être que Kamal décidera de tout lui dire, pour parachever sa vengeance.
Peut-être que Nabil, rongé par la culpabilité, laissera échapper quelque chose.
Ou peut-être que non.
Peut-être que je porterai ce secret toute ma vie, comme une brûlure secrète sous mes vêtements. Une tension permanente, une excitation coupable qui resurgit à l’improviste, un orgasme fantôme qui me traverse quand je pense à cette matinée.
Je regarde Karim dormir, et je me demande si je l’aime encore assez pour tout lui avouer… ou si j’aime trop ce que je suis devenue ce jour-là pour risquer de le perdre.
Pour l’instant, je ne sais qu’une chose : je vis sur une corde raide.
Et chaque jour, elle vibre un peu plus.
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1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
jusqu'à la bon récit mais ou est passé le chapitre 9 merci pour vos récits
