Faux semblants (6)
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
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Faux semblants (6)
Chapitre VI
Le mois suivant, Raphaël lui propose quelque chose de nouveau.
« J'ai préparé quelque chose. Juste pour toi et moi. »
Le message de Raphaël arrive en fin d'après-midi. Trois mots seulement : « Viens ce soir. »
Victoire sent son ventre se contracter. Depuis des semaines, leurs ébats se sont intensifiés, diversifiés. Mais quelque chose dans ce message laconique lui dit que ce soir sera différent. Elle termine sa journée à la maison de ventes avec une impatience qui la brûle de l'intérieur.
À vingt heures, elle pousse la porte de l'atelier des Batignolles. L'odeur familière de térébenthine et d'huile de lin l'accueille. Mais la pièce a changé. Au centre, il a installé une structure métallique. Un cadre, presque deux mètres de haut, avec des sangles de cuir qui pendent aux quatre coins. À côté, une petite table couverte de flacons d'huile de lin, de pinceaux, de pigments soigneusement alignés.
Raphaël se tient debout près du cadre, torse nu, jean déboutonné. Ses cheveux sont en désordre, ses mains déjà tachées de peinture fraîche. Son regard quand il la voit est intense, presque fiévreux.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Sa voix tremble légèrement. Elle sent l'excitation et une pointe d'appréhension se mélanger dans ses veines.
« Une préparation. Pour ce qui vient après. »
Il s'approche d'elle, passe une main dans ses cheveux, tire légèrement sa tête en arrière pour l'embrasser. Le baiser est profond, possessif. Quand il se retire, elle vacille légèrement.
« Déshabille-toi. »
Le ton n'est pas une question. C'est une instruction. Victoire sent ses doigts trembler légèrement pendant qu'elle déboutonne sa chemise. Raphaël la regarde faire, sans bouger, les bras croisés. Chaque vêtement qui tombe amplifie la tension entre eux.
Quand elle est nue, debout au centre de l'atelier froid, il tourne autour d'elle. Son regard la parcourt comme il examinerait une toile. Elle sent chaque centimètre de sa peau exposée, vulnérable sous son inspection.
« Magnifique. »
Il la guide vers le cadre métallique. La positionne face à lui, bras écartés. Commence à attacher son poignet droit avec une sangle de cuir. Le contact est doux d'abord, puis il resserre. Pas assez pour faire mal, mais suffisamment pour qu'elle comprenne qu'elle est prise au piège.
« Raphaël... »
« Chut. Fais-moi confiance. »
Il attache son autre poignet, puis s'agenouille pour fixer ses chevilles. Elle se retrouve écartelée, bras levés et écartés, jambes légèrement ouvertes. Exposée. Complètement à sa merci. Son cœur bat si fort qu'elle l'entend résonner dans ses oreilles.
« Tu as peur ? »
Il se relève, se tient juste devant elle, si proche qu'elle sent la chaleur de son corps.
« Non. »
« Tu mens. Je vois tes mains trembler. Ton souffle s'accélérer. »
Il glisse une main entre ses cuisses, effleure son sexe. Ses doigts remontent, découvrent l'humidité qui s'y accumule déjà.
« Mais tu es excitée. Terrifiée et excitée. C'est parfait. »
Il retourne à la table, prend un flacon d'huile de lin. En verse une généreuse quantité dans ses paumes. L'odeur se répand dans l'atelier, âcre et organique. Il frotte ses mains l'une contre l'autre, réchauffe l'huile avant de s'approcher à nouveau.
« Je vais te préparer. Te transformer. Ton corps va devenir mon instrument. »
Ses mains huilées se posent sur ses épaules. Le contact est froid au début, presque un choc sur sa peau nue. Puis la chaleur arrive, lentement, tandis qu'il commence à masser. Ses doigts glissent le long de ses bras, descendent vers ses aisselles, remontent vers ses clavicules.
Victoire ferme les yeux, s'abandonne aux sensations. Les mains de Raphaël sont partout. Elles descendent vers sa poitrine, capturent ses seins, les malaxent avec une lenteur calculée. L'huile rend chaque mouvement fluide, presque liquide. Ses pouces trouvent ses tétons, les roulent entre ses doigts huilés.
« Tu sens ça ? Comment ton corps réagit ? »
Elle gémit faiblement. Ses mamelons durcissent sous l'attention, deviennent douloureux tant ils sont sensibles. Il pince légèrement, tire, tord juste assez pour que la douleur se mélange au plaisir.
« Réponds-moi. »
« Oui. Je sens. »
« Quoi ? Dis-moi exactement ce que tu sens. »
Elle ouvre les yeux, le regarde. Son visage est concentré, sérieux. Il veut vraiment savoir.
« Je sens... tes mains. Partout. L'huile qui glisse. Mes tétons qui... qui font mal tellement c'est bon. »
« Bien. Continue. Dis-moi tout. »
Ses mains descendent maintenant. Glissent sur son ventre, tracent des cercles autour de son nombril. Descendent encore, effleurent le haut de son pubis. Elle retient son souffle, attend qu'il descende plus bas. Mais il remonte, contourne ses hanches, masse ses côtes.
« Raphaël... s'il te plaît... »
« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »
« Touche-moi. »
« Je te touche. »
« Tu sais où. »
Il sourit, ce sourire carnassier qu'elle connaît maintenant. Reprend le flacon d'huile, en verse directement sur son ventre. Le liquide froid coule lentement, trace un chemin jusqu'à son sexe. Elle frissonne, tire sur les sangles.
Raphaël s'agenouille devant elle. Ses mains remontent le long de ses cuisses, lentement, si lentement. Il insiste sur chaque zone, masse ses muscles tendus. Ses pouces se rapprochent de plus en plus de son intimité. Quand ils arrivent enfin au sommet de ses cuisses, il s'arrête.
« Écarte-toi pour moi. Autant que tu peux. »
Elle essaie, tire sur les sangles qui maintiennent ses chevilles. Écarte les jambes autant que la structure le permet. Elle est maintenant complètement ouverte devant lui, exposée d'une manière qu'elle n'aurait jamais crue possible.
« Magnifique. »
Il verse de l'huile directement sur son sexe. La sensation est étrange, presque obscène. Le liquide glisse entre ses lèvres, se mélange à son humidité naturelle. Ses doigts la suivent, écartent ses replis, enduisent chaque centimètre de sa vulve.
« Tu es trempée. L'huile se mélange à ta cyprine. Je ne sais plus où finit l'une et où commence l'autre. »
Il insert un doigt en elle, lentement. Le glissement est parfait grâce à l'huile. Il ajoute un deuxième doigt, les enfonce profondément. Elle gémit, se cambre autant que les sangles le permettent.
« Comment tu te sens ? »
« Pleine. Je me sens... pleine. »
« Pas encore. Mais tu vas l'être. »
Il retire ses doigts, les remonte vers son clitoris. Le masse avec des cercles précis, méthodiques. La stimulation est intense, presque trop. Elle sent l'orgasme approcher déjà, trop vite.
« Non, pas encore. Tu ne jouis pas avant que je te le permette. »
Il ralentit, change le rythme juste assez pour la maintenir au bord sans la laisser basculer. Elle grogne de frustration, tire sur les sangles. Le cuir mord légèrement sa peau.
« S'il te plaît... »
« Pas encore. »
Il se relève, contourne le cadre. Elle l'entend se déshabiller derrière elle. Le bruit de sa ceinture qu'il défait, son jean qui tombe. Puis il est derrière elle, nu, son corps pressé contre son dos.
« Tu es prête ? »
« Pour quoi ? »
Au lieu de répondre, il verse de l'huile sur son propre sexe. Elle l'entend frotter, s'enduire généreusement. Puis ses mains écartent ses fesses. Elle se tend, comprend soudain ce qu'il va faire.
« Raphaël, je ne sais pas si... »
« Chut. Respire. Fais-moi confiance. »
Son sexe, glissant d'huile, se positionne entre ses fesses. Il appuie légèrement contre son anus. La pression est constante mais pas douloureuse. L'huile facilite l'entrée. Elle sent son sphincter qui résiste d'abord, puis commence à céder.
« Détends-toi. Respire profondément. »
Elle obéit. Inspire lentement, expire. Il pousse un peu plus. La sensation est étrange, intense. Pas vraiment douloureuse mais... envahissante. Il avance centimètre par centimètre, attend qu'elle s'habitue avant de continuer.
« Tu es si serrée. Si chaude. »
Quand il est entièrement en elle, il s'arrête. Reste immobile. Ses mains remontent le long de son corps, trouvent ses seins, les pétrissent doucement. Elle sent son sexe palpiter dans son intimité anale. Chaque battement de son cœur fait bouger légèrement son membre en elle.
« Je vais rester comme ça. En toi. Longtemps. Et pendant ce temps, tu vas jouir. Encore et encore. »
Une de ses mains descend, trouve son clitoris. Commence à le caresser avec la même précision méthodique qu'avant. L'autre main reste sur son sein, pince son téton durci.
La stimulation est double, triple. Le sexe de Raphaël qui remplit son intimité anale, ses doigts sur son clitoris, sa main sur son sein. Son corps ne sait plus où concentrer son attention. Tout devient sensation pure.
« Laisse-toi aller. Jouis pour moi. »
L'orgasme la frappe comme une vague. Plus intense que tout ce qu'elle a connu avant. Elle crie, tire violemment sur les sangles. Son corps se contracte autour du sexe de Raphaël, palpite, tremble. Il reste immobile en elle, ses doigts ne cessent jamais leur caresse sur son clitoris.
« Encore. »
Il continue. Même après que les spasmes se soient calmés, ses doigts continuent leur travail. Elle est hypersensible maintenant, chaque contact presque douloureux. Mais il ne s'arrête pas. Quelques minutes plus tard, un deuxième orgasme la secoue, plus profond, plus sombre que le premier.
« Tu vois ? Ton corps est capable de tellement plus que tu ne crois. »
Elle pleure maintenant. Pas de tristesse mais de l'intensité pure. Les larmes coulent sur ses joues. Raphaël les essuie d'une main, embrasse son cou.
« Tu es magnifique comme ça. Complètement abandonnée. »
Il reprend sa caresse. Un troisième orgasme arrive, puis un quatrième. Elle perd le compte. Son corps n'est plus qu'une masse tremblante de sensations. Elle ne sait plus où elle finit et où il commence. Le temps n'existe plus. Juste la pression constante de son sexe en elle et le mouvement implacable de ses doigts.
« Je ne peux plus... c'est trop... »
« Si, tu peux. Un dernier. Pour moi. »
Il accélère légèrement le rythme sur son clitoris. En même temps, il commence à bouger en elle. Juste de légers mouvements, à peine perceptibles. Mais c'est suffisant. L'orgasme qui la frappe cette fois est dévastateur. Elle hurle, son corps entier se convulse. Et au même moment, elle sent Raphaël jouir en elle.
Son sperme se répand dans ses profondeurs, chaud et visqueux. Il grogne contre son cou, ses mains agrippent ses hanches. Reste enfoui en elle pendant que son sexe pulse, se vide complètement.
Quand c'est terminé, ils restent enlacés un long moment. Lui encore en elle, elle suspendue aux sangles, épuisée. Leurs respirations se synchronisent lentement.
« Je vais te détacher. »
Il se retire avec précaution. Elle sent son sperme commencer à couler d'elle, mélangé à l'huile. Il défait les sangles une par une. Quand la dernière se libère, ses jambes cèdent. Elle s'effondre mais il la rattrape, la porte jusqu'au matelas posé dans un coin.
Il s'allonge à côté d'elle, prend un chiffon doux. Commence à nettoyer son corps. Retire l'huile et le sperme avec une délicatesse qui contraste avec la brutalité de ce qu'ils viennent de partager. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux.
« Comment tu te sens ? »
Victoire met du temps à répondre. Cherche les mots pour décrire ce qu'elle vient de vivre.
« Je ne sais pas. Vidée. Comblée. Transformée. »
« C'était quoi tout ça ? »
Il finit de la nettoyer, se couche contre elle. La prend dans ses bras.
« Une préparation. Pour la suite. »
« Quelle suite ? »
Il sourit contre ses cheveux.
« Notre œuvre. Celle qu'on va créer ensemble. Ton corps est prêt maintenant. Tu es prête. »
« Prête pour quoi ? »
« Pour te perdre complètement. Pour ne plus savoir où tu finis et où je commence. Pour créer quelque chose qui n'appartient qu'à nous. »
Victoire ferme les yeux. Son corps est endolori, ses muscles tremblent encore. Elle sent le sperme de Raphaël sécher sur ses cuisses, l'odeur de l'huile de lin imprégnée dans sa peau. Elle devrait se sentir salie, utilisée.
Au lieu de ça, elle se sent plus vivante qu'elle ne l'a jamais été. Plus authentique. Plus elle-même.
« Quand ? »
« Bientôt. Très bientôt. »
Ils restent allongés dans le silence de l'atelier. Dehors, la nuit tombe sur les Batignolles. Paris continue sa vie, indifférente à ce qui vient de se passer dans cet espace clos. Indifférente à la transformation qui s'opère en Victoire.
Elle sait qu'elle ne sera plus jamais la même après ce soir. Raphaël vient de franchir une limite, de la pousser au-delà de ce qu'elle croyait possible. Et elle l'a suivi sans hésiter.
Demain, ils créeront. Demain, ils iront encore plus loin. Mais pour l'instant, elle savoure l'épuisement, la satisfaction, la sensation d'être complètement et totalement possédée.
Et au fond d'elle, une petite voix murmure que c'est exactement ce qu'elle voulait depuis le début. Être possédée. Être transformée. Être libérée de la femme qu'elle prétendait être pour devenir celle qu'elle est vraiment.
Deux semaines après la soirée à l'huile de lin, Raphaël convoque Victoire dans son atelier. Le message est laconique : « Viens ce soir. J'ai quelque chose à te montrer. »
Elle arrive à vingt heures. L'atelier est transformé. Au centre, un grand châssis vertical, deux mètres sur trois, tendu d'une toile vierge. À côté, une table couverte de pots de peinture, de pinceaux de toutes tailles. Et surtout, du matériel qu'elle n'avait jamais vu ici auparavant. Des sangles de cuir fixées au châssis. Des cordes. Des chaînes légères.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Raphaël se tient devant la toile, torse nu, les mains tachées de peinture fraîche. Son regard est intense, presque fiévreux.
« Notre œuvre collaborative. Celle dont je t'ai parlé. »
Il s'approche, prend sa main.
« Je vais te transformer en toile vivante. Te peindre, te sculpter, te positionner. Et dans chaque position, dans chaque moment, on va créer ensemble. Nos corps, nos fluides, notre plaisir. Tout va être capturé sur cette toile. »
Victoire regarde le châssis, les sangles qui pendent. La proposition devrait la faire fuir. Au lieu de ça, elle sent l'excitation monter en elle comme une vague brûlante.
« Comment ça va marcher ? »
« Déshabille-toi. Je vais te montrer. »
Elle retire ses vêtements lentement, les plie avec soin. Habitude de la maîtrise. Mais ses mains tremblent légèrement. Raphaël la regarde avec cette intensité qu'elle connaît maintenant. Comme s'il la voyait vraiment, au-delà de l'apparence.
« Viens ici. »
Il la guide vers le châssis. La positionne face à la toile, bras écartés. Commence à attacher ses poignets aux sangles fixées aux coins supérieurs du cadre. Le cuir est doux contre sa peau, mais ferme. Elle tire légèrement. Impossible de se libérer.
« Tu as peur ? »
Il s'agenouille, attache ses chevilles aux sangles inférieures. Elle est maintenant écartelée contre le châssis, exposée, vulnérable. Son cœur bat à tout rompre.
Raphaël recule, l'observe. Puis il va chercher un pot de peinture. Rouge vermillon. Il en verse sur ses mains, revient vers elle. Ses paumes se posent sur ses seins, les enduisent lentement. Le contact est froid d'abord, puis réchauffé par sa peau. Ses doigts peignent ses tétons, les roulent entre ses pouces couverts de pigments.
« Tu vas rester comme ça pendant des heures. Je vais te peindre par couches. Entre chaque couche, je vais te prendre. Et chaque fois que tu jouiras, tes contractions vont créer des motifs sur ta peau. Des motifs que je vais transférer sur la toile. »
« C'est de la folie. »
« C'est de l'art. »
Ses mains descendent, peignent son ventre, ses hanches. Il prend un autre pot, bleu de Prusse. L'applique sur ses cuisses, remonte lentement vers son sexe. Ses doigts effleurent ses lèvres, les enduisent de peinture. La sensation est étrange, presque obscène.
« Écarte-toi pour moi. »
« Je ne peux pas. Je suis attachée. »
« Tu peux. Essaie. »
Elle tire sur les sangles, écarte les jambes autant que possible. Il peint son sexe avec une précision chirurgicale. Ses doigts s'insinuent entre ses lèvres, trouvent son clitoris, le massent avec de la peinture. Elle gémit malgré elle.
« Voilà. Maintenant, tu es mon œuvre. »
Il recule, prend un pinceau large. Trempe dans un pot d'ocre jaune. Commence à peindre son dos, ses fesses. Ses gestes sont lents, méthodiques. Chaque coup de pinceau est une caresse. Elle sent la peinture couler le long de ses cuisses, goutter sur le sol.
Quand il a terminé la première couche de peinture sur son corps, Raphaël recule de quelques pas, le regard intense posé sur Victoire attachée au châssis. Elle attend, suspendue dans le temps et l'espace, le cœur battant contre ses côtes comme un oiseau affolé. Ses poignets tirent légèrement sur les sangles de cuir qui la maintiennent les bras écartés. Elle sent l'air frais de l'atelier sur sa peau couverte de pigments, le rouge vermillon sur ses seins, le bleu de Prusse entre ses cuisses qui refroidit progressivement.
Il pose son pinceau dans un pot d'eau trouble. Le silence qui suit est presque insupportable. Elle le regarde se déshabiller avec une lenteur calculée, chaque geste mesuré. Il déboutonne sa chemise, la laisse glisser sur ses épaules musclées. Défait sa ceinture, le cuir sifflant contre les passants du pantalon. Le bruit résonne dans l'atelier comme une promesse obscure.
Quand il baisse son jean, son sexe se libère, déjà dur, tendu, palpitant. Victoire sent sa bouche s'assécher. Elle voudrait le toucher mais les sangles la maintiennent impitoyablement contre le châssis. Il s'approche nu, les yeux fixés sur elle comme s'il la voyait pour la première fois. Ses mains glissent sur les hanches peintes de Victoire, laissent des empreintes dans les pigments humides.
« Tu es magnifique. Comme une œuvre inachevée. »
Elle ne répond pas. Ne peut pas répondre. La gorge serrée par l'anticipation. Il contourne le châssis, disparaît de son champ de vision. Elle sent sa présence derrière elle, la chaleur de son corps qui se rapproche. Ses mains se posent sur ses épaules, descendent lentement le long de son dos peint en ocre jaune. Chaque contact laisse une traînée de feu sur sa peau.
« Tu sais ce qui va se passer maintenant ? »
« Oui. »
« Dis-le. »
Elle déglutit, cherche les mots.
« Tu vas me prendre. »
« Comment ? »
« Fort. Sans retenue. »
« Exactement. »
Ses mains agrippent ses hanches. Elle sent son sexe se presser contre ses fesses, dur et chaud malgré la peinture froide qui les sépare. Il frotte lentement, créant une friction qui la fait gémir. Puis il descend, positionne son gland contre son entrée. Elle est déjà trempée, son désir coule le long de ses cuisses, se mélange aux pigments bleus.
Il la pénètre d'un seul coup, sans avertissement, sans préparation.
Le cri qu'elle pousse est animal, primitif. Ses mains se referment convulsivement sur les sangles, ses ongles griffant le cuir. Il est profondément enfoncé en elle, la remplit entièrement, étire ses parois intimes jusqu'à la limite du supportable. La douleur et le plaisir fusionnent en une sensation indescriptible qui lui coupe le souffle.
« Raphaël... »
« Ne bouge pas. Laisse-moi te sentir. »
Il reste immobile, profondément ancré en elle. Victoire sent chaque centimètre de son sexe palpiter à l'intérieur de son intimité. Ses parois se contractent instinctivement autour de lui, l'emprisonnent, le retiennent. Elle entend sa respiration rauque derrière elle, sent ses doigts qui s'enfoncent dans la chair de ses hanches avec assez de force pour laisser des marques.
Puis il commence à bouger. Lentement d'abord. Un retrait presque complet, jusqu'à ce que seul son gland reste à l'entrée de son sexe. Puis une poussée profonde, brutale, qui la cloue contre la toile vierge. Le châssis tremble sous l'impact. Sa peau peinte entre en contact avec le tissu blanc, laisse une empreinte rouge à l'endroit où ses seins frottent contre la surface.
Il répète le mouvement. Retrait. Poussée. Chaque coup de reins la plaque un peu plus contre la toile. Les pigments sur sa peau se transfèrent progressivement, créent des motifs organiques, imprévisibles. Rouge là où ses mamelons durcis écrasent le tissu. Bleu à l'endroit où son ventre presse contre le lin. Ocre jaune en traces verticales quand il la tire en arrière avant de la projeter à nouveau vers l'avant.
Le rythme s'intensifie. Il la baise maintenant avec une régularité méthodique, implacable. Chaque pénétration s'accompagne d'un bruit charnel, humide, obscène. Le mélange de sa cyprine et de la peinture crée une lubrification excessive qui coule le long de ses cuisses, goutte sur le sol de l'atelier.
« Tu vois ce que tu crées ? »
Victoire tourne légèrement la tête, aperçoit dans le reflet d'une vitre la toile derrière elle. Les empreintes de son corps se multiplient, se superposent. Chaos de couleurs et de formes. Témoignage visuel de chacun de ses mouvements involontaires, de chaque impact de ses seins contre la surface, de chaque ondulation de son ventre.
« C'est toi l'artiste. Chaque mouvement. Chaque spasme. »
Il accélère encore. Ses hanches claquent contre ses fesses avec une violence contenue. Le châssis vibre, craque légèrement sous la pression répétée. Elle sent son sexe cogner contre son col à chaque poussée, déclenche des vagues de sensations qui irradient du plus profond de son ventre jusqu'à sa nuque.
Une de ses mains quitte sa hanche. Descend entre ses cuisses écartées. Ses doigts trouvent son clitoris gonflé, couvert de peinture bleue séchée qui craquelle sous ses caresses. Il le pince légèrement, le roule entre son pouce et son index. La sensation est électrique, presque douloureuse.
« Non, je... c'est trop... »
« Si. Tu vas jouir pour moi. Maintenant. »
Il masse son bouton de chair avec une précision chirurgicale, trouve exactement le rythme et la pression qui la rendent folle. Ses doigts dessinent des cercles rapides, appuient juste assez fort pour créer une friction intense. En même temps, il continue de la pilonner, son sexe butant contre son point G à chaque poussée.
La double stimulation est insoutenable. Victoire sent l'orgasme monter comme une marée noire, irrésistible. Ça commence au creux de son ventre, une chaleur brûlante qui se propage dans tout son corps. Ses cuisses tremblent. Ses orteils se recroquevillent. Sa respiration devient erratique, hachée.
« Raphaël, je... je vais... »
« Oui. Jouis. Marque la toile. »
L'orgasme explose comme une déflagration. Son corps se cambre violemment, tire sur les sangles avec assez de force pour faire craquer le cuir. Ses parois vaginales se contractent spasmodiquement autour du sexe de Raphaël, le serrent dans un étau pulsatile. Chaque spasme crée un nouveau mouvement, une nouvelle empreinte sur la toile. Les motifs changent, se transforment avec ses convulsions.
Elle crie son prénom, encore et encore, la voix brisée. Les larmes coulent sur ses joues, se mélangent à la transpiration qui perle sur son front. Son corps tout entier est secoué de tremblements incontrôlables. Elle sent son sexe gicler, son plaisir jaillir en jets brûlants qui éclaboussent les cuisses de Raphaël et le sol entre leurs pieds.
Il ne ralentit pas. Continue de la baiser à travers son orgasme, prolonge chaque onde de plaisir jusqu'à ce qu'elle ne sache plus où elle commence et où elle finit. Ses doigts ne lâchent pas son clitoris hypersensible, le torturent avec une application qui la fait sangloter.
« Encore. Donne-moi tout. »
Un deuxième orgasme la frappe avant que le premier ne soit terminé. Plus violent, plus sombre. Elle hurle, la voix rauque, presque méconnaissable. Son corps se cambre à nouveau, ses seins écrasent la toile, laissent des traces rouges barbouillées. Ses jambes flagellent, ne la soutiennent plus. Seules les sangles la maintiennent debout.
Raphaël grogne derrière elle, un son animal qui monte du fond de sa gorge. Ses coups de reins deviennent erratiques, désordonnés. Elle sent son sexe pulser en elle, gonfler encore plus. Puis il jouit, se déverse profondément dans son intimité avec un rugissement guttural.
Son sperme chaud inonde son ventre, se répand en jets puissants contre son col. Elle sent chaque pulsation, chaque giclée qui la remplit. Il reste enfoncé en elle jusqu'à la dernière goutte, haletant, le front appuyé entre ses omoplates.
Quand il se retire enfin, c'est avec une lenteur presque révérencielle. Son sexe glisse hors d'elle dans un bruit obscène. Aussitôt, elle sent son sperme couler le long de ses cuisses, épais et chaud. Le liquide blanc se mélange aux pigments bleus, crée des traînées violacées sur sa peau.
Raphaël s'agenouille derrière elle. Elle ne voit pas ce qu'il fait mais devine. Le bruit d'un pinceau qu'on trempe dans l'eau. Puis elle sent les poils doux qui glissent entre ses cuisses, recueillent le mélange de son sperme et de sa cyprine.
« Regarde. »
Elle tourne la tête. Il se tient devant la toile, le pinceau chargé de leur essence commune. Il peint directement sur la surface, ajoute leur fluide à l'œuvre. Les traces blanches et transparentes se superposent aux empreintes colorées, créent une texture nouvelle, organique, vivante.
« Notre premier chef-d'œuvre. »
Victoire observe la toile à travers ses larmes. Les couleurs se mêlent dans un chaos sublime. On distingue vaguement la forme de ses seins, l'arrondi de ses hanches, les traces de ses cuisses écartées. Et maintenant, leurs fluides mélangés qui brillent humidement sous la lumière rasante de l'atelier.
« C'est obscène. »
« C'est magnifique. C'est nous. »
Il pose le pinceau, revient vers elle. Détache lentement ses poignets, puis ses chevilles. Elle s'effondre contre lui, les jambes incapables de la porter. Il la rattrape, la soulève dans ses bras comme si elle ne pesait rien. La porte jusqu'au matelas dans le coin de l'atelier.
Allongée sur le tissu doux, Victoire sent son corps vibrer encore de l'intensité de ce qu'elle vient de vivre. Entre ses cuisses, son sexe palpite, gonflé et endolori. Le sperme de Raphaël continue de couler d'elle, tache le drap blanc. Elle devrait avoir honte. Se sentir salie, utilisée.
Au lieu de ça, elle se sent complète. Authentique. Plus vivante qu'elle ne l'a jamais été.
Raphaël s'allonge à côté d'elle, la prend dans ses bras. Ses doigts tracent des motifs paresseux sur sa peau encore couverte de peinture séchée. Elle ferme les yeux, écoute les battements de son cœur qui ralentissent progressivement.
« Première couche. »
Elle sourit malgré l'épuisement.
« Il y en aura combien ? »
« Autant qu'il faudra. »
« Pour créer quoi ? »
« Quelque chose qui n'existe pas encore. Quelque chose qui sera uniquement à nous. »
Victoire ouvre les yeux, regarde la toile maculée à quelques mètres d'eux. Leur histoire commence là, dans ce chaos de couleurs et de fluides. Et elle sait, avec une certitude viscérale, qu'elle ne pourra jamais revenir en arrière. Qu'elle ne voudra jamais revenir en arrière.
Elle a franchi une frontière invisible. Et de l'autre côté, il y a Raphaël, l'art, et cette liberté terrifiante qu'elle découvre dans l'abandon total de son corps.
« On recommence quand ? »
Il rit doucement, l'embrasse dans les cheveux.
« Dès que tu seras prête. On a toute la nuit. »
Les heures qui suivent établissent un rythme hypnotique, presque rituel. Raphaël devient à la fois artiste et amant, chef d'orchestre d'une symphonie de chair et de peinture où Victoire est simultanément instrument et partition.
Il commence par la suspendre à l'envers au châssis. Les sangles de cuir enserrent ses chevilles, écartent ses jambes. Ses bras pendent vers le sol, attachés également. Le sang afflue vers sa tête, créant une sensation de vertige qui décuple toutes les autres. L'atelier se transforme autour d'elle, les couleurs deviennent plus vives, les sons plus aigus.
« Comment tu te sens ? »
« Étourdie. Vulnérable. »
« Parfait. »
Il s'agenouille devant elle, son visage à la hauteur de son sexe exposé. Sa langue trouve immédiatement son clitoris, lèche avec une lenteur calculée. La position inversée intensifie chaque sensation. Elle sent le sang battre dans ses tempes, dans sa gorge, dans son sexe gonflé. Ses mains attachées se crispent dans le vide, cherchant quelque chose à quoi s'accrocher.
Raphaël insère deux doigts en elle, les courbe pour trouver ce point qui la fait hurler. Dans sa position renversée, la pénétration prend un angle différent. Ses doigts massent une zone qu'elle ne savait même pas aussi sensible. Sa langue continue de jouer avec son clitoris, alternant entre succion et léchage.
« Je vais... je ne peux pas... »
« Si, tu peux. Laisse-toi aller. »
L'orgasme la frappe comme une vague renversée. Son corps se contracte, tire sur les sangles. Les spasmes sont différents, plus profonds, presque douloureux. Elle sent son sexe pulser autour des doigts de Raphaël, chaque contraction amplifiée par la position.
Il retire ses doigts, se relève. Positionne son sexe dur contre son entrée et la pénètre d'un coup. La gravité fait qu'il s'enfonce encore plus profondément qu'à l'habitude. Elle sent son membre cogner contre son col à chaque poussée. La douleur et le plaisir fusionnent dans une sensation qu'elle ne peut nommer.
Il la baise suspendue, ses mains agrippent ses hanches pour la maintenir stable. Chaque coup de reins la balance légèrement, crée un mouvement de pendule obscène. Le sang dans sa tête commence à battre dangereusement fort. Elle sent qu'elle va perdre connaissance.
« Raphaël... c'est trop... »
Il accélère au lieu de ralentir. Trois coups de reins brutaux et il jouit en elle avec un grognement animal. Se retire immédiatement, commence à la détacher. Son sperme coule de son sexe, remonte le long de son ventre à cause de la position inversée. Quand ses pieds touchent enfin le sol, elle s'effondre. Il la rattrape, la porte jusqu'au matelas.
« Respire. »
Elle aspire de grandes goulées d'air. Le sang reflue progressivement de sa tête. Des points noirs dansent devant ses yeux. Quand sa vision se stabilise, elle le voit qui photographie. Ses cuisses maculées de sperme, son sexe rouge et gonflé, son visage encore marqué par l'afflux sanguin.
« Tu es magnifique comme ça. »
Elle ne répond pas. Son corps tremble encore des séquelles de la position extrême.
Il lui laisse vingt minutes de repos. Puis il la relève, la guide vers le châssis à nouveau. Cette fois, il l'attache à genoux, face à la toile. Ses bras sont étendus devant elle, attachés aux coins supérieurs du cadre. Ses jambes sont écartées, attachées aux montants latéraux. Elle est exposée par derrière, offerte.
Il va chercher le flacon d'huile de lin. En verse dans le creux de ses reins. L'huile coule entre ses fesses, s'insinue dans le sillon. Ses doigts suivent le tracé, massent son anus avec des cercles lents. Elle se tend instinctivement.
« Détends-toi. On va y aller très lentement. »
Il insert un doigt enduit d'huile. Le sphincter résiste d'abord, puis cède. Il bouge à peine, laisse son corps s'habituer à l'intrusion. Ajoute plus d'huile, insert un deuxième doigt. Les va-et-vient avec une patience infinie, écarte légèrement pour la préparer.
« Tu sens comme tu t'ouvres pour moi ? »
« Oui. »
« Tu me veux là ? »
« Oui. »
Il retire ses doigts, enduit son sexe d'huile. Positionne le gland contre son entrée anale. Pousse infiniment lentement. Elle sent son sphincter s'étirer, brûler. La douleur est intense mais elle respire profondément, se force à se détendre. Il avance centimètre par centimètre.
Quand il est entièrement en elle, il marque une pause. Ses mains remontent le long de son dos, la caressent avec une tendresse qui contraste avec la brutalité de la pénétration. Elle sent son sexe palpiter dans son intimité la plus secrète.
« Je vais bouger maintenant. »
Il commence à aller et venir. Lentement d'abord, puis avec une cadence qui s'accélère progressivement. Chaque poussée la plaque un peu plus contre la toile. Ses seins frottent contre le lin, laissent des empreintes huileuses. Son front appuyé contre la surface blanche crée des traces de sueur.
Il glisse une main entre ses cuisses, trouve son clitoris. Le masse en rythme avec ses coups de reins. Un orgasme différent commence à monter, plus sombre, presque honteux.
« Jouis avec moi dans ton cul. Montre-moi que tu aimes ça. »
Les mots la font basculer. L'orgasme explose dans ses profondeurs, différent des les précédents. Plus viscéral, plus animal. Elle hurle contre la toile, son corps se contracte violemment autour du sexe de Raphaël. Il jouit au même moment, se déverse dans son intimité anale avec un râle guttural.
Il reste en elle plusieurs minutes, le temps que leurs respirations se calment. Puis il se retire lentement. Elle sent son sperme chaud couler de son anus, glisser le long de ses cuisses. Il prend un pinceau, recueille le mélange d'huile et de fluides, le peint directement sur la toile.
« Magnifique. Regarde ce que tu as créé. »
Les empreintes de son corps couvrent la surface. Seins, front, mains. Et maintenant, ces traces de leur intimité la plus crue.
Il la détache, la nettoie doucement avec un chiffon imbibé d'eau tiède. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux. Puis il l'installe sur le matelas, lui donne de l'eau à boire.
« On continue ? »
« Après une pause. »
Une heure plus tard, il recommence. Cette fois, il la peint entièrement en noir. Charbon et encre de Chine mélangés. Ses mains glissent sur sa peau nue, la transforment en ombre vivante. Il prend son temps, couvre chaque centimètre de son corps. Ses seins deviennent deux masses sombres. Son ventre, ses cuisses, même son sexe disparaissent sous la couche noire.
Quand il a terminé, il la fait se regarder dans le miroir. Elle ne se reconnaît pas. Une silhouette d'ébène, luisante, les yeux blancs ressortant comme deux lunes dans la nuit. Elle ressemble à une statue africaine, à une divinité primitive.
Il la plaque face à la toile, la pénètre par derrière sans prévenir. Ses mains noires agrippent ses hanches noires. Il la baise avec une violence qu'il n'avait pas montrée auparavant. Comme si la transformation visuelle libérait quelque chose de sauvage en lui.
Chaque coup de reins l'écrase contre le lin. L'encre et le charbon se transfèrent sur la toile, créent des empreintes sombres sur les couches précédentes. Un chaos de noir sur les rouges et les bleus déjà présents. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, rendus encore plus fluides par le mélange humide de peinture.
Il jouit en elle debout, ses dents mordent son épaule noire. Laisse une marque qui ressort blanche sur sa peau assombrie. Puis il la retourne, la soulève, l'assoit sur son sexe encore dur. Elle l'entoure de ses jambes, s'accroche à son cou. Ils baisent face à face, noir contre noir, leurs bouches se trouvent dans un baiser qui goûte l'encre amère.
L'orgasme qu'elle atteint ainsi est long, presque douloureux. Elle sent son sexe se contracter encore et encore autour de lui. Il éjacule une deuxième fois, remplit son intimité déjà gorgée de son sperme précédent.
Quand il la repose, elle laisse des empreintes de pieds noirs sur le sol blanc de l'atelier. Il la photographie ainsi. Debout, noire de la tête aux pieds, le sperme coulant le long de ses cuisses créant des traînées blanches dans l'obscurité.
Il la nettoie ensuite sous la douche de l'atelier. L'eau devient grise, puis noire, emportant les pigments dans le siphon. Il la savonne entièrement, lave chaque pli de peau. Ses gestes sont doux maintenant, presque médicaux. Quand elle émerge enfin de la douche, elle retrouve sa peau naturelle, mais elle a l'impression d'avoir été transformée à un niveau plus profond.
Après un autre repos, il recommence avec un médium complètement différent. De l'or en feuilles. Il applique de la colle sur sa peau encore humide. Épaules, seins, ventre, cuisses. Puis il pose délicatement les feuilles dorées. Elles adhèrent à sa peau, la transforment en statue vivante.
Le processus prend des heures. Chaque feuille doit être appliquée avec précision. Il travaille en silence, concentré. Elle reste immobile, sent l'or se fixer sur elle, la figer progressivement. Quand il a terminé, elle ressemble à une idole, brillante et irréelle.
Il la fait se lever, la guide devant le miroir. Elle se voit transformée en œuvre d'art. Une femme-trésor. Ses tétons dorés, son sexe doré, même son visage brille sous les feuilles d'or.
Il la prend debout, face à lui cette fois. Ses mains glissent sur sa peau dorée, laissent des marques dans les feuilles délicates. Son sexe la pénètre lentement, savourant chaque seconde. Ils bougent ensemble avec une lenteur hypnotique.
L'or commence à se craqueler avec le mouvement. Des fissures apparaissent sur ses seins, son ventre. Des paillettes tombent sur le sol, créent une mare dorée à leurs pieds. Il accélère progressivement. L'or se détache par morceaux, révèle la peau rose en dessous.
Quand ils jouissent ensemble, c'est dans une pluie de feuilles d'or qui tombent autour d'eux comme une bénédiction païenne. Ils s'effondrent sur le sol, couverts de paillettes dorées. Le sexe de Raphaël encore en elle, pulsant doucement dans son intimité.
Entre chaque session, il la photographie. Les clichés sont crus, sans filtre, sans pudeur. Victoire nue, couverte de peinture. Victoire avec le sperme coulant de son sexe. Victoire attachée, la bouche ouverte en un cri silencieux. Victoire dorée, craquelée, transformée.
Elle regarde les photos sur l'appareil. Ne reconnaît pas la femme qui la fixe depuis l'écran. Ce n'est plus la commissaire-priseur élégante et maîtrisée. C'est un corps désirant, utilisé, célébré. Une créature de plaisir et de peinture qui existe uniquement dans cet espace suspendu entre l'art et la chair.
« C'est moi ? »
« C'est toi. Enfin vraie. »
Il a raison. Pour la première fois de sa vie, elle se voit sans filtre. Sans le vernis de la respectabilité, sans le masque des convenances. Juste Victoire, dans toute sa crudité magnifique.
Et elle comprend alors que c'est ça qu'ils sont en train de créer. Pas seulement une toile. Mais une vérité. La vérité de ce qu'elle est quand plus rien ne la retient, quand toutes les barrières sont tombées, quand seul reste le désir à l'état pur, capturé dans la peinture et la chair mêlées.
Au bout de huit heures, la toile est couverte de couches multiples. Un chaos de couleurs, de textures, d'empreintes corporelles. On distingue la forme de seins, de fesses, de mains. Des traces de fluides séchés créent des reliefs inattendus. L'œuvre est brutale, organique, vivante.
Raphaël détache Victoire une dernière fois. Elle s'effondre sur le matelas, épuisée. Son corps est endolori, couvert de peinture séchée qui tire sa peau. Il s'allonge à côté d'elle, la prend dans ses bras.
« C'est magnifique. »
Elle tourne la tête vers la toile. Elle a raison de ne pas se reconnaître dans ce chaos. Et pourtant, c'est elle. Tout ce qu'elle a caché pendant des années, exposé sur trois mètres carrés de lin.
« Qu'est-ce qu'on va en faire ? »
« L'exposer. »
« Tu es fou. »
« Non. Je suis sérieux. Il y a un vernissage underground dans trois semaines. Des artistes qui ne respectent aucune règle. Je vais proposer notre travail. »
Elle devrait refuser. Mais au lieu de ça, elle hoche la tête. Accepte cette nouvelle transgression.
A suivre…
Le mois suivant, Raphaël lui propose quelque chose de nouveau.
« J'ai préparé quelque chose. Juste pour toi et moi. »
Le message de Raphaël arrive en fin d'après-midi. Trois mots seulement : « Viens ce soir. »
Victoire sent son ventre se contracter. Depuis des semaines, leurs ébats se sont intensifiés, diversifiés. Mais quelque chose dans ce message laconique lui dit que ce soir sera différent. Elle termine sa journée à la maison de ventes avec une impatience qui la brûle de l'intérieur.
À vingt heures, elle pousse la porte de l'atelier des Batignolles. L'odeur familière de térébenthine et d'huile de lin l'accueille. Mais la pièce a changé. Au centre, il a installé une structure métallique. Un cadre, presque deux mètres de haut, avec des sangles de cuir qui pendent aux quatre coins. À côté, une petite table couverte de flacons d'huile de lin, de pinceaux, de pigments soigneusement alignés.
Raphaël se tient debout près du cadre, torse nu, jean déboutonné. Ses cheveux sont en désordre, ses mains déjà tachées de peinture fraîche. Son regard quand il la voit est intense, presque fiévreux.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Sa voix tremble légèrement. Elle sent l'excitation et une pointe d'appréhension se mélanger dans ses veines.
« Une préparation. Pour ce qui vient après. »
Il s'approche d'elle, passe une main dans ses cheveux, tire légèrement sa tête en arrière pour l'embrasser. Le baiser est profond, possessif. Quand il se retire, elle vacille légèrement.
« Déshabille-toi. »
Le ton n'est pas une question. C'est une instruction. Victoire sent ses doigts trembler légèrement pendant qu'elle déboutonne sa chemise. Raphaël la regarde faire, sans bouger, les bras croisés. Chaque vêtement qui tombe amplifie la tension entre eux.
Quand elle est nue, debout au centre de l'atelier froid, il tourne autour d'elle. Son regard la parcourt comme il examinerait une toile. Elle sent chaque centimètre de sa peau exposée, vulnérable sous son inspection.
« Magnifique. »
Il la guide vers le cadre métallique. La positionne face à lui, bras écartés. Commence à attacher son poignet droit avec une sangle de cuir. Le contact est doux d'abord, puis il resserre. Pas assez pour faire mal, mais suffisamment pour qu'elle comprenne qu'elle est prise au piège.
« Raphaël... »
« Chut. Fais-moi confiance. »
Il attache son autre poignet, puis s'agenouille pour fixer ses chevilles. Elle se retrouve écartelée, bras levés et écartés, jambes légèrement ouvertes. Exposée. Complètement à sa merci. Son cœur bat si fort qu'elle l'entend résonner dans ses oreilles.
« Tu as peur ? »
Il se relève, se tient juste devant elle, si proche qu'elle sent la chaleur de son corps.
« Non. »
« Tu mens. Je vois tes mains trembler. Ton souffle s'accélérer. »
Il glisse une main entre ses cuisses, effleure son sexe. Ses doigts remontent, découvrent l'humidité qui s'y accumule déjà.
« Mais tu es excitée. Terrifiée et excitée. C'est parfait. »
Il retourne à la table, prend un flacon d'huile de lin. En verse une généreuse quantité dans ses paumes. L'odeur se répand dans l'atelier, âcre et organique. Il frotte ses mains l'une contre l'autre, réchauffe l'huile avant de s'approcher à nouveau.
« Je vais te préparer. Te transformer. Ton corps va devenir mon instrument. »
Ses mains huilées se posent sur ses épaules. Le contact est froid au début, presque un choc sur sa peau nue. Puis la chaleur arrive, lentement, tandis qu'il commence à masser. Ses doigts glissent le long de ses bras, descendent vers ses aisselles, remontent vers ses clavicules.
Victoire ferme les yeux, s'abandonne aux sensations. Les mains de Raphaël sont partout. Elles descendent vers sa poitrine, capturent ses seins, les malaxent avec une lenteur calculée. L'huile rend chaque mouvement fluide, presque liquide. Ses pouces trouvent ses tétons, les roulent entre ses doigts huilés.
« Tu sens ça ? Comment ton corps réagit ? »
Elle gémit faiblement. Ses mamelons durcissent sous l'attention, deviennent douloureux tant ils sont sensibles. Il pince légèrement, tire, tord juste assez pour que la douleur se mélange au plaisir.
« Réponds-moi. »
« Oui. Je sens. »
« Quoi ? Dis-moi exactement ce que tu sens. »
Elle ouvre les yeux, le regarde. Son visage est concentré, sérieux. Il veut vraiment savoir.
« Je sens... tes mains. Partout. L'huile qui glisse. Mes tétons qui... qui font mal tellement c'est bon. »
« Bien. Continue. Dis-moi tout. »
Ses mains descendent maintenant. Glissent sur son ventre, tracent des cercles autour de son nombril. Descendent encore, effleurent le haut de son pubis. Elle retient son souffle, attend qu'il descende plus bas. Mais il remonte, contourne ses hanches, masse ses côtes.
« Raphaël... s'il te plaît... »
« Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? »
« Touche-moi. »
« Je te touche. »
« Tu sais où. »
Il sourit, ce sourire carnassier qu'elle connaît maintenant. Reprend le flacon d'huile, en verse directement sur son ventre. Le liquide froid coule lentement, trace un chemin jusqu'à son sexe. Elle frissonne, tire sur les sangles.
Raphaël s'agenouille devant elle. Ses mains remontent le long de ses cuisses, lentement, si lentement. Il insiste sur chaque zone, masse ses muscles tendus. Ses pouces se rapprochent de plus en plus de son intimité. Quand ils arrivent enfin au sommet de ses cuisses, il s'arrête.
« Écarte-toi pour moi. Autant que tu peux. »
Elle essaie, tire sur les sangles qui maintiennent ses chevilles. Écarte les jambes autant que la structure le permet. Elle est maintenant complètement ouverte devant lui, exposée d'une manière qu'elle n'aurait jamais crue possible.
« Magnifique. »
Il verse de l'huile directement sur son sexe. La sensation est étrange, presque obscène. Le liquide glisse entre ses lèvres, se mélange à son humidité naturelle. Ses doigts la suivent, écartent ses replis, enduisent chaque centimètre de sa vulve.
« Tu es trempée. L'huile se mélange à ta cyprine. Je ne sais plus où finit l'une et où commence l'autre. »
Il insert un doigt en elle, lentement. Le glissement est parfait grâce à l'huile. Il ajoute un deuxième doigt, les enfonce profondément. Elle gémit, se cambre autant que les sangles le permettent.
« Comment tu te sens ? »
« Pleine. Je me sens... pleine. »
« Pas encore. Mais tu vas l'être. »
Il retire ses doigts, les remonte vers son clitoris. Le masse avec des cercles précis, méthodiques. La stimulation est intense, presque trop. Elle sent l'orgasme approcher déjà, trop vite.
« Non, pas encore. Tu ne jouis pas avant que je te le permette. »
Il ralentit, change le rythme juste assez pour la maintenir au bord sans la laisser basculer. Elle grogne de frustration, tire sur les sangles. Le cuir mord légèrement sa peau.
« S'il te plaît... »
« Pas encore. »
Il se relève, contourne le cadre. Elle l'entend se déshabiller derrière elle. Le bruit de sa ceinture qu'il défait, son jean qui tombe. Puis il est derrière elle, nu, son corps pressé contre son dos.
« Tu es prête ? »
« Pour quoi ? »
Au lieu de répondre, il verse de l'huile sur son propre sexe. Elle l'entend frotter, s'enduire généreusement. Puis ses mains écartent ses fesses. Elle se tend, comprend soudain ce qu'il va faire.
« Raphaël, je ne sais pas si... »
« Chut. Respire. Fais-moi confiance. »
Son sexe, glissant d'huile, se positionne entre ses fesses. Il appuie légèrement contre son anus. La pression est constante mais pas douloureuse. L'huile facilite l'entrée. Elle sent son sphincter qui résiste d'abord, puis commence à céder.
« Détends-toi. Respire profondément. »
Elle obéit. Inspire lentement, expire. Il pousse un peu plus. La sensation est étrange, intense. Pas vraiment douloureuse mais... envahissante. Il avance centimètre par centimètre, attend qu'elle s'habitue avant de continuer.
« Tu es si serrée. Si chaude. »
Quand il est entièrement en elle, il s'arrête. Reste immobile. Ses mains remontent le long de son corps, trouvent ses seins, les pétrissent doucement. Elle sent son sexe palpiter dans son intimité anale. Chaque battement de son cœur fait bouger légèrement son membre en elle.
« Je vais rester comme ça. En toi. Longtemps. Et pendant ce temps, tu vas jouir. Encore et encore. »
Une de ses mains descend, trouve son clitoris. Commence à le caresser avec la même précision méthodique qu'avant. L'autre main reste sur son sein, pince son téton durci.
La stimulation est double, triple. Le sexe de Raphaël qui remplit son intimité anale, ses doigts sur son clitoris, sa main sur son sein. Son corps ne sait plus où concentrer son attention. Tout devient sensation pure.
« Laisse-toi aller. Jouis pour moi. »
L'orgasme la frappe comme une vague. Plus intense que tout ce qu'elle a connu avant. Elle crie, tire violemment sur les sangles. Son corps se contracte autour du sexe de Raphaël, palpite, tremble. Il reste immobile en elle, ses doigts ne cessent jamais leur caresse sur son clitoris.
« Encore. »
Il continue. Même après que les spasmes se soient calmés, ses doigts continuent leur travail. Elle est hypersensible maintenant, chaque contact presque douloureux. Mais il ne s'arrête pas. Quelques minutes plus tard, un deuxième orgasme la secoue, plus profond, plus sombre que le premier.
« Tu vois ? Ton corps est capable de tellement plus que tu ne crois. »
Elle pleure maintenant. Pas de tristesse mais de l'intensité pure. Les larmes coulent sur ses joues. Raphaël les essuie d'une main, embrasse son cou.
« Tu es magnifique comme ça. Complètement abandonnée. »
Il reprend sa caresse. Un troisième orgasme arrive, puis un quatrième. Elle perd le compte. Son corps n'est plus qu'une masse tremblante de sensations. Elle ne sait plus où elle finit et où il commence. Le temps n'existe plus. Juste la pression constante de son sexe en elle et le mouvement implacable de ses doigts.
« Je ne peux plus... c'est trop... »
« Si, tu peux. Un dernier. Pour moi. »
Il accélère légèrement le rythme sur son clitoris. En même temps, il commence à bouger en elle. Juste de légers mouvements, à peine perceptibles. Mais c'est suffisant. L'orgasme qui la frappe cette fois est dévastateur. Elle hurle, son corps entier se convulse. Et au même moment, elle sent Raphaël jouir en elle.
Son sperme se répand dans ses profondeurs, chaud et visqueux. Il grogne contre son cou, ses mains agrippent ses hanches. Reste enfoui en elle pendant que son sexe pulse, se vide complètement.
Quand c'est terminé, ils restent enlacés un long moment. Lui encore en elle, elle suspendue aux sangles, épuisée. Leurs respirations se synchronisent lentement.
« Je vais te détacher. »
Il se retire avec précaution. Elle sent son sperme commencer à couler d'elle, mélangé à l'huile. Il défait les sangles une par une. Quand la dernière se libère, ses jambes cèdent. Elle s'effondre mais il la rattrape, la porte jusqu'au matelas posé dans un coin.
Il s'allonge à côté d'elle, prend un chiffon doux. Commence à nettoyer son corps. Retire l'huile et le sperme avec une délicatesse qui contraste avec la brutalité de ce qu'ils viennent de partager. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux.
« Comment tu te sens ? »
Victoire met du temps à répondre. Cherche les mots pour décrire ce qu'elle vient de vivre.
« Je ne sais pas. Vidée. Comblée. Transformée. »
« C'était quoi tout ça ? »
Il finit de la nettoyer, se couche contre elle. La prend dans ses bras.
« Une préparation. Pour la suite. »
« Quelle suite ? »
Il sourit contre ses cheveux.
« Notre œuvre. Celle qu'on va créer ensemble. Ton corps est prêt maintenant. Tu es prête. »
« Prête pour quoi ? »
« Pour te perdre complètement. Pour ne plus savoir où tu finis et où je commence. Pour créer quelque chose qui n'appartient qu'à nous. »
Victoire ferme les yeux. Son corps est endolori, ses muscles tremblent encore. Elle sent le sperme de Raphaël sécher sur ses cuisses, l'odeur de l'huile de lin imprégnée dans sa peau. Elle devrait se sentir salie, utilisée.
Au lieu de ça, elle se sent plus vivante qu'elle ne l'a jamais été. Plus authentique. Plus elle-même.
« Quand ? »
« Bientôt. Très bientôt. »
Ils restent allongés dans le silence de l'atelier. Dehors, la nuit tombe sur les Batignolles. Paris continue sa vie, indifférente à ce qui vient de se passer dans cet espace clos. Indifférente à la transformation qui s'opère en Victoire.
Elle sait qu'elle ne sera plus jamais la même après ce soir. Raphaël vient de franchir une limite, de la pousser au-delà de ce qu'elle croyait possible. Et elle l'a suivi sans hésiter.
Demain, ils créeront. Demain, ils iront encore plus loin. Mais pour l'instant, elle savoure l'épuisement, la satisfaction, la sensation d'être complètement et totalement possédée.
Et au fond d'elle, une petite voix murmure que c'est exactement ce qu'elle voulait depuis le début. Être possédée. Être transformée. Être libérée de la femme qu'elle prétendait être pour devenir celle qu'elle est vraiment.
Deux semaines après la soirée à l'huile de lin, Raphaël convoque Victoire dans son atelier. Le message est laconique : « Viens ce soir. J'ai quelque chose à te montrer. »
Elle arrive à vingt heures. L'atelier est transformé. Au centre, un grand châssis vertical, deux mètres sur trois, tendu d'une toile vierge. À côté, une table couverte de pots de peinture, de pinceaux de toutes tailles. Et surtout, du matériel qu'elle n'avait jamais vu ici auparavant. Des sangles de cuir fixées au châssis. Des cordes. Des chaînes légères.
« Qu'est-ce que c'est ? »
Raphaël se tient devant la toile, torse nu, les mains tachées de peinture fraîche. Son regard est intense, presque fiévreux.
« Notre œuvre collaborative. Celle dont je t'ai parlé. »
Il s'approche, prend sa main.
« Je vais te transformer en toile vivante. Te peindre, te sculpter, te positionner. Et dans chaque position, dans chaque moment, on va créer ensemble. Nos corps, nos fluides, notre plaisir. Tout va être capturé sur cette toile. »
Victoire regarde le châssis, les sangles qui pendent. La proposition devrait la faire fuir. Au lieu de ça, elle sent l'excitation monter en elle comme une vague brûlante.
« Comment ça va marcher ? »
« Déshabille-toi. Je vais te montrer. »
Elle retire ses vêtements lentement, les plie avec soin. Habitude de la maîtrise. Mais ses mains tremblent légèrement. Raphaël la regarde avec cette intensité qu'elle connaît maintenant. Comme s'il la voyait vraiment, au-delà de l'apparence.
« Viens ici. »
Il la guide vers le châssis. La positionne face à la toile, bras écartés. Commence à attacher ses poignets aux sangles fixées aux coins supérieurs du cadre. Le cuir est doux contre sa peau, mais ferme. Elle tire légèrement. Impossible de se libérer.
« Tu as peur ? »
Il s'agenouille, attache ses chevilles aux sangles inférieures. Elle est maintenant écartelée contre le châssis, exposée, vulnérable. Son cœur bat à tout rompre.
Raphaël recule, l'observe. Puis il va chercher un pot de peinture. Rouge vermillon. Il en verse sur ses mains, revient vers elle. Ses paumes se posent sur ses seins, les enduisent lentement. Le contact est froid d'abord, puis réchauffé par sa peau. Ses doigts peignent ses tétons, les roulent entre ses pouces couverts de pigments.
« Tu vas rester comme ça pendant des heures. Je vais te peindre par couches. Entre chaque couche, je vais te prendre. Et chaque fois que tu jouiras, tes contractions vont créer des motifs sur ta peau. Des motifs que je vais transférer sur la toile. »
« C'est de la folie. »
« C'est de l'art. »
Ses mains descendent, peignent son ventre, ses hanches. Il prend un autre pot, bleu de Prusse. L'applique sur ses cuisses, remonte lentement vers son sexe. Ses doigts effleurent ses lèvres, les enduisent de peinture. La sensation est étrange, presque obscène.
« Écarte-toi pour moi. »
« Je ne peux pas. Je suis attachée. »
« Tu peux. Essaie. »
Elle tire sur les sangles, écarte les jambes autant que possible. Il peint son sexe avec une précision chirurgicale. Ses doigts s'insinuent entre ses lèvres, trouvent son clitoris, le massent avec de la peinture. Elle gémit malgré elle.
« Voilà. Maintenant, tu es mon œuvre. »
Il recule, prend un pinceau large. Trempe dans un pot d'ocre jaune. Commence à peindre son dos, ses fesses. Ses gestes sont lents, méthodiques. Chaque coup de pinceau est une caresse. Elle sent la peinture couler le long de ses cuisses, goutter sur le sol.
Quand il a terminé la première couche de peinture sur son corps, Raphaël recule de quelques pas, le regard intense posé sur Victoire attachée au châssis. Elle attend, suspendue dans le temps et l'espace, le cœur battant contre ses côtes comme un oiseau affolé. Ses poignets tirent légèrement sur les sangles de cuir qui la maintiennent les bras écartés. Elle sent l'air frais de l'atelier sur sa peau couverte de pigments, le rouge vermillon sur ses seins, le bleu de Prusse entre ses cuisses qui refroidit progressivement.
Il pose son pinceau dans un pot d'eau trouble. Le silence qui suit est presque insupportable. Elle le regarde se déshabiller avec une lenteur calculée, chaque geste mesuré. Il déboutonne sa chemise, la laisse glisser sur ses épaules musclées. Défait sa ceinture, le cuir sifflant contre les passants du pantalon. Le bruit résonne dans l'atelier comme une promesse obscure.
Quand il baisse son jean, son sexe se libère, déjà dur, tendu, palpitant. Victoire sent sa bouche s'assécher. Elle voudrait le toucher mais les sangles la maintiennent impitoyablement contre le châssis. Il s'approche nu, les yeux fixés sur elle comme s'il la voyait pour la première fois. Ses mains glissent sur les hanches peintes de Victoire, laissent des empreintes dans les pigments humides.
« Tu es magnifique. Comme une œuvre inachevée. »
Elle ne répond pas. Ne peut pas répondre. La gorge serrée par l'anticipation. Il contourne le châssis, disparaît de son champ de vision. Elle sent sa présence derrière elle, la chaleur de son corps qui se rapproche. Ses mains se posent sur ses épaules, descendent lentement le long de son dos peint en ocre jaune. Chaque contact laisse une traînée de feu sur sa peau.
« Tu sais ce qui va se passer maintenant ? »
« Oui. »
« Dis-le. »
Elle déglutit, cherche les mots.
« Tu vas me prendre. »
« Comment ? »
« Fort. Sans retenue. »
« Exactement. »
Ses mains agrippent ses hanches. Elle sent son sexe se presser contre ses fesses, dur et chaud malgré la peinture froide qui les sépare. Il frotte lentement, créant une friction qui la fait gémir. Puis il descend, positionne son gland contre son entrée. Elle est déjà trempée, son désir coule le long de ses cuisses, se mélange aux pigments bleus.
Il la pénètre d'un seul coup, sans avertissement, sans préparation.
Le cri qu'elle pousse est animal, primitif. Ses mains se referment convulsivement sur les sangles, ses ongles griffant le cuir. Il est profondément enfoncé en elle, la remplit entièrement, étire ses parois intimes jusqu'à la limite du supportable. La douleur et le plaisir fusionnent en une sensation indescriptible qui lui coupe le souffle.
« Raphaël... »
« Ne bouge pas. Laisse-moi te sentir. »
Il reste immobile, profondément ancré en elle. Victoire sent chaque centimètre de son sexe palpiter à l'intérieur de son intimité. Ses parois se contractent instinctivement autour de lui, l'emprisonnent, le retiennent. Elle entend sa respiration rauque derrière elle, sent ses doigts qui s'enfoncent dans la chair de ses hanches avec assez de force pour laisser des marques.
Puis il commence à bouger. Lentement d'abord. Un retrait presque complet, jusqu'à ce que seul son gland reste à l'entrée de son sexe. Puis une poussée profonde, brutale, qui la cloue contre la toile vierge. Le châssis tremble sous l'impact. Sa peau peinte entre en contact avec le tissu blanc, laisse une empreinte rouge à l'endroit où ses seins frottent contre la surface.
Il répète le mouvement. Retrait. Poussée. Chaque coup de reins la plaque un peu plus contre la toile. Les pigments sur sa peau se transfèrent progressivement, créent des motifs organiques, imprévisibles. Rouge là où ses mamelons durcis écrasent le tissu. Bleu à l'endroit où son ventre presse contre le lin. Ocre jaune en traces verticales quand il la tire en arrière avant de la projeter à nouveau vers l'avant.
Le rythme s'intensifie. Il la baise maintenant avec une régularité méthodique, implacable. Chaque pénétration s'accompagne d'un bruit charnel, humide, obscène. Le mélange de sa cyprine et de la peinture crée une lubrification excessive qui coule le long de ses cuisses, goutte sur le sol de l'atelier.
« Tu vois ce que tu crées ? »
Victoire tourne légèrement la tête, aperçoit dans le reflet d'une vitre la toile derrière elle. Les empreintes de son corps se multiplient, se superposent. Chaos de couleurs et de formes. Témoignage visuel de chacun de ses mouvements involontaires, de chaque impact de ses seins contre la surface, de chaque ondulation de son ventre.
« C'est toi l'artiste. Chaque mouvement. Chaque spasme. »
Il accélère encore. Ses hanches claquent contre ses fesses avec une violence contenue. Le châssis vibre, craque légèrement sous la pression répétée. Elle sent son sexe cogner contre son col à chaque poussée, déclenche des vagues de sensations qui irradient du plus profond de son ventre jusqu'à sa nuque.
Une de ses mains quitte sa hanche. Descend entre ses cuisses écartées. Ses doigts trouvent son clitoris gonflé, couvert de peinture bleue séchée qui craquelle sous ses caresses. Il le pince légèrement, le roule entre son pouce et son index. La sensation est électrique, presque douloureuse.
« Non, je... c'est trop... »
« Si. Tu vas jouir pour moi. Maintenant. »
Il masse son bouton de chair avec une précision chirurgicale, trouve exactement le rythme et la pression qui la rendent folle. Ses doigts dessinent des cercles rapides, appuient juste assez fort pour créer une friction intense. En même temps, il continue de la pilonner, son sexe butant contre son point G à chaque poussée.
La double stimulation est insoutenable. Victoire sent l'orgasme monter comme une marée noire, irrésistible. Ça commence au creux de son ventre, une chaleur brûlante qui se propage dans tout son corps. Ses cuisses tremblent. Ses orteils se recroquevillent. Sa respiration devient erratique, hachée.
« Raphaël, je... je vais... »
« Oui. Jouis. Marque la toile. »
L'orgasme explose comme une déflagration. Son corps se cambre violemment, tire sur les sangles avec assez de force pour faire craquer le cuir. Ses parois vaginales se contractent spasmodiquement autour du sexe de Raphaël, le serrent dans un étau pulsatile. Chaque spasme crée un nouveau mouvement, une nouvelle empreinte sur la toile. Les motifs changent, se transforment avec ses convulsions.
Elle crie son prénom, encore et encore, la voix brisée. Les larmes coulent sur ses joues, se mélangent à la transpiration qui perle sur son front. Son corps tout entier est secoué de tremblements incontrôlables. Elle sent son sexe gicler, son plaisir jaillir en jets brûlants qui éclaboussent les cuisses de Raphaël et le sol entre leurs pieds.
Il ne ralentit pas. Continue de la baiser à travers son orgasme, prolonge chaque onde de plaisir jusqu'à ce qu'elle ne sache plus où elle commence et où elle finit. Ses doigts ne lâchent pas son clitoris hypersensible, le torturent avec une application qui la fait sangloter.
« Encore. Donne-moi tout. »
Un deuxième orgasme la frappe avant que le premier ne soit terminé. Plus violent, plus sombre. Elle hurle, la voix rauque, presque méconnaissable. Son corps se cambre à nouveau, ses seins écrasent la toile, laissent des traces rouges barbouillées. Ses jambes flagellent, ne la soutiennent plus. Seules les sangles la maintiennent debout.
Raphaël grogne derrière elle, un son animal qui monte du fond de sa gorge. Ses coups de reins deviennent erratiques, désordonnés. Elle sent son sexe pulser en elle, gonfler encore plus. Puis il jouit, se déverse profondément dans son intimité avec un rugissement guttural.
Son sperme chaud inonde son ventre, se répand en jets puissants contre son col. Elle sent chaque pulsation, chaque giclée qui la remplit. Il reste enfoncé en elle jusqu'à la dernière goutte, haletant, le front appuyé entre ses omoplates.
Quand il se retire enfin, c'est avec une lenteur presque révérencielle. Son sexe glisse hors d'elle dans un bruit obscène. Aussitôt, elle sent son sperme couler le long de ses cuisses, épais et chaud. Le liquide blanc se mélange aux pigments bleus, crée des traînées violacées sur sa peau.
Raphaël s'agenouille derrière elle. Elle ne voit pas ce qu'il fait mais devine. Le bruit d'un pinceau qu'on trempe dans l'eau. Puis elle sent les poils doux qui glissent entre ses cuisses, recueillent le mélange de son sperme et de sa cyprine.
« Regarde. »
Elle tourne la tête. Il se tient devant la toile, le pinceau chargé de leur essence commune. Il peint directement sur la surface, ajoute leur fluide à l'œuvre. Les traces blanches et transparentes se superposent aux empreintes colorées, créent une texture nouvelle, organique, vivante.
« Notre premier chef-d'œuvre. »
Victoire observe la toile à travers ses larmes. Les couleurs se mêlent dans un chaos sublime. On distingue vaguement la forme de ses seins, l'arrondi de ses hanches, les traces de ses cuisses écartées. Et maintenant, leurs fluides mélangés qui brillent humidement sous la lumière rasante de l'atelier.
« C'est obscène. »
« C'est magnifique. C'est nous. »
Il pose le pinceau, revient vers elle. Détache lentement ses poignets, puis ses chevilles. Elle s'effondre contre lui, les jambes incapables de la porter. Il la rattrape, la soulève dans ses bras comme si elle ne pesait rien. La porte jusqu'au matelas dans le coin de l'atelier.
Allongée sur le tissu doux, Victoire sent son corps vibrer encore de l'intensité de ce qu'elle vient de vivre. Entre ses cuisses, son sexe palpite, gonflé et endolori. Le sperme de Raphaël continue de couler d'elle, tache le drap blanc. Elle devrait avoir honte. Se sentir salie, utilisée.
Au lieu de ça, elle se sent complète. Authentique. Plus vivante qu'elle ne l'a jamais été.
Raphaël s'allonge à côté d'elle, la prend dans ses bras. Ses doigts tracent des motifs paresseux sur sa peau encore couverte de peinture séchée. Elle ferme les yeux, écoute les battements de son cœur qui ralentissent progressivement.
« Première couche. »
Elle sourit malgré l'épuisement.
« Il y en aura combien ? »
« Autant qu'il faudra. »
« Pour créer quoi ? »
« Quelque chose qui n'existe pas encore. Quelque chose qui sera uniquement à nous. »
Victoire ouvre les yeux, regarde la toile maculée à quelques mètres d'eux. Leur histoire commence là, dans ce chaos de couleurs et de fluides. Et elle sait, avec une certitude viscérale, qu'elle ne pourra jamais revenir en arrière. Qu'elle ne voudra jamais revenir en arrière.
Elle a franchi une frontière invisible. Et de l'autre côté, il y a Raphaël, l'art, et cette liberté terrifiante qu'elle découvre dans l'abandon total de son corps.
« On recommence quand ? »
Il rit doucement, l'embrasse dans les cheveux.
« Dès que tu seras prête. On a toute la nuit. »
Les heures qui suivent établissent un rythme hypnotique, presque rituel. Raphaël devient à la fois artiste et amant, chef d'orchestre d'une symphonie de chair et de peinture où Victoire est simultanément instrument et partition.
Il commence par la suspendre à l'envers au châssis. Les sangles de cuir enserrent ses chevilles, écartent ses jambes. Ses bras pendent vers le sol, attachés également. Le sang afflue vers sa tête, créant une sensation de vertige qui décuple toutes les autres. L'atelier se transforme autour d'elle, les couleurs deviennent plus vives, les sons plus aigus.
« Comment tu te sens ? »
« Étourdie. Vulnérable. »
« Parfait. »
Il s'agenouille devant elle, son visage à la hauteur de son sexe exposé. Sa langue trouve immédiatement son clitoris, lèche avec une lenteur calculée. La position inversée intensifie chaque sensation. Elle sent le sang battre dans ses tempes, dans sa gorge, dans son sexe gonflé. Ses mains attachées se crispent dans le vide, cherchant quelque chose à quoi s'accrocher.
Raphaël insère deux doigts en elle, les courbe pour trouver ce point qui la fait hurler. Dans sa position renversée, la pénétration prend un angle différent. Ses doigts massent une zone qu'elle ne savait même pas aussi sensible. Sa langue continue de jouer avec son clitoris, alternant entre succion et léchage.
« Je vais... je ne peux pas... »
« Si, tu peux. Laisse-toi aller. »
L'orgasme la frappe comme une vague renversée. Son corps se contracte, tire sur les sangles. Les spasmes sont différents, plus profonds, presque douloureux. Elle sent son sexe pulser autour des doigts de Raphaël, chaque contraction amplifiée par la position.
Il retire ses doigts, se relève. Positionne son sexe dur contre son entrée et la pénètre d'un coup. La gravité fait qu'il s'enfonce encore plus profondément qu'à l'habitude. Elle sent son membre cogner contre son col à chaque poussée. La douleur et le plaisir fusionnent dans une sensation qu'elle ne peut nommer.
Il la baise suspendue, ses mains agrippent ses hanches pour la maintenir stable. Chaque coup de reins la balance légèrement, crée un mouvement de pendule obscène. Le sang dans sa tête commence à battre dangereusement fort. Elle sent qu'elle va perdre connaissance.
« Raphaël... c'est trop... »
Il accélère au lieu de ralentir. Trois coups de reins brutaux et il jouit en elle avec un grognement animal. Se retire immédiatement, commence à la détacher. Son sperme coule de son sexe, remonte le long de son ventre à cause de la position inversée. Quand ses pieds touchent enfin le sol, elle s'effondre. Il la rattrape, la porte jusqu'au matelas.
« Respire. »
Elle aspire de grandes goulées d'air. Le sang reflue progressivement de sa tête. Des points noirs dansent devant ses yeux. Quand sa vision se stabilise, elle le voit qui photographie. Ses cuisses maculées de sperme, son sexe rouge et gonflé, son visage encore marqué par l'afflux sanguin.
« Tu es magnifique comme ça. »
Elle ne répond pas. Son corps tremble encore des séquelles de la position extrême.
Il lui laisse vingt minutes de repos. Puis il la relève, la guide vers le châssis à nouveau. Cette fois, il l'attache à genoux, face à la toile. Ses bras sont étendus devant elle, attachés aux coins supérieurs du cadre. Ses jambes sont écartées, attachées aux montants latéraux. Elle est exposée par derrière, offerte.
Il va chercher le flacon d'huile de lin. En verse dans le creux de ses reins. L'huile coule entre ses fesses, s'insinue dans le sillon. Ses doigts suivent le tracé, massent son anus avec des cercles lents. Elle se tend instinctivement.
« Détends-toi. On va y aller très lentement. »
Il insert un doigt enduit d'huile. Le sphincter résiste d'abord, puis cède. Il bouge à peine, laisse son corps s'habituer à l'intrusion. Ajoute plus d'huile, insert un deuxième doigt. Les va-et-vient avec une patience infinie, écarte légèrement pour la préparer.
« Tu sens comme tu t'ouvres pour moi ? »
« Oui. »
« Tu me veux là ? »
« Oui. »
Il retire ses doigts, enduit son sexe d'huile. Positionne le gland contre son entrée anale. Pousse infiniment lentement. Elle sent son sphincter s'étirer, brûler. La douleur est intense mais elle respire profondément, se force à se détendre. Il avance centimètre par centimètre.
Quand il est entièrement en elle, il marque une pause. Ses mains remontent le long de son dos, la caressent avec une tendresse qui contraste avec la brutalité de la pénétration. Elle sent son sexe palpiter dans son intimité la plus secrète.
« Je vais bouger maintenant. »
Il commence à aller et venir. Lentement d'abord, puis avec une cadence qui s'accélère progressivement. Chaque poussée la plaque un peu plus contre la toile. Ses seins frottent contre le lin, laissent des empreintes huileuses. Son front appuyé contre la surface blanche crée des traces de sueur.
Il glisse une main entre ses cuisses, trouve son clitoris. Le masse en rythme avec ses coups de reins. Un orgasme différent commence à monter, plus sombre, presque honteux.
« Jouis avec moi dans ton cul. Montre-moi que tu aimes ça. »
Les mots la font basculer. L'orgasme explose dans ses profondeurs, différent des les précédents. Plus viscéral, plus animal. Elle hurle contre la toile, son corps se contracte violemment autour du sexe de Raphaël. Il jouit au même moment, se déverse dans son intimité anale avec un râle guttural.
Il reste en elle plusieurs minutes, le temps que leurs respirations se calment. Puis il se retire lentement. Elle sent son sperme chaud couler de son anus, glisser le long de ses cuisses. Il prend un pinceau, recueille le mélange d'huile et de fluides, le peint directement sur la toile.
« Magnifique. Regarde ce que tu as créé. »
Les empreintes de son corps couvrent la surface. Seins, front, mains. Et maintenant, ces traces de leur intimité la plus crue.
Il la détache, la nettoie doucement avec un chiffon imbibé d'eau tiède. Ses gestes sont tendres, presque révérencieux. Puis il l'installe sur le matelas, lui donne de l'eau à boire.
« On continue ? »
« Après une pause. »
Une heure plus tard, il recommence. Cette fois, il la peint entièrement en noir. Charbon et encre de Chine mélangés. Ses mains glissent sur sa peau nue, la transforment en ombre vivante. Il prend son temps, couvre chaque centimètre de son corps. Ses seins deviennent deux masses sombres. Son ventre, ses cuisses, même son sexe disparaissent sous la couche noire.
Quand il a terminé, il la fait se regarder dans le miroir. Elle ne se reconnaît pas. Une silhouette d'ébène, luisante, les yeux blancs ressortant comme deux lunes dans la nuit. Elle ressemble à une statue africaine, à une divinité primitive.
Il la plaque face à la toile, la pénètre par derrière sans prévenir. Ses mains noires agrippent ses hanches noires. Il la baise avec une violence qu'il n'avait pas montrée auparavant. Comme si la transformation visuelle libérait quelque chose de sauvage en lui.
Chaque coup de reins l'écrase contre le lin. L'encre et le charbon se transfèrent sur la toile, créent des empreintes sombres sur les couches précédentes. Un chaos de noir sur les rouges et les bleus déjà présents. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, rendus encore plus fluides par le mélange humide de peinture.
Il jouit en elle debout, ses dents mordent son épaule noire. Laisse une marque qui ressort blanche sur sa peau assombrie. Puis il la retourne, la soulève, l'assoit sur son sexe encore dur. Elle l'entoure de ses jambes, s'accroche à son cou. Ils baisent face à face, noir contre noir, leurs bouches se trouvent dans un baiser qui goûte l'encre amère.
L'orgasme qu'elle atteint ainsi est long, presque douloureux. Elle sent son sexe se contracter encore et encore autour de lui. Il éjacule une deuxième fois, remplit son intimité déjà gorgée de son sperme précédent.
Quand il la repose, elle laisse des empreintes de pieds noirs sur le sol blanc de l'atelier. Il la photographie ainsi. Debout, noire de la tête aux pieds, le sperme coulant le long de ses cuisses créant des traînées blanches dans l'obscurité.
Il la nettoie ensuite sous la douche de l'atelier. L'eau devient grise, puis noire, emportant les pigments dans le siphon. Il la savonne entièrement, lave chaque pli de peau. Ses gestes sont doux maintenant, presque médicaux. Quand elle émerge enfin de la douche, elle retrouve sa peau naturelle, mais elle a l'impression d'avoir été transformée à un niveau plus profond.
Après un autre repos, il recommence avec un médium complètement différent. De l'or en feuilles. Il applique de la colle sur sa peau encore humide. Épaules, seins, ventre, cuisses. Puis il pose délicatement les feuilles dorées. Elles adhèrent à sa peau, la transforment en statue vivante.
Le processus prend des heures. Chaque feuille doit être appliquée avec précision. Il travaille en silence, concentré. Elle reste immobile, sent l'or se fixer sur elle, la figer progressivement. Quand il a terminé, elle ressemble à une idole, brillante et irréelle.
Il la fait se lever, la guide devant le miroir. Elle se voit transformée en œuvre d'art. Une femme-trésor. Ses tétons dorés, son sexe doré, même son visage brille sous les feuilles d'or.
Il la prend debout, face à lui cette fois. Ses mains glissent sur sa peau dorée, laissent des marques dans les feuilles délicates. Son sexe la pénètre lentement, savourant chaque seconde. Ils bougent ensemble avec une lenteur hypnotique.
L'or commence à se craqueler avec le mouvement. Des fissures apparaissent sur ses seins, son ventre. Des paillettes tombent sur le sol, créent une mare dorée à leurs pieds. Il accélère progressivement. L'or se détache par morceaux, révèle la peau rose en dessous.
Quand ils jouissent ensemble, c'est dans une pluie de feuilles d'or qui tombent autour d'eux comme une bénédiction païenne. Ils s'effondrent sur le sol, couverts de paillettes dorées. Le sexe de Raphaël encore en elle, pulsant doucement dans son intimité.
Entre chaque session, il la photographie. Les clichés sont crus, sans filtre, sans pudeur. Victoire nue, couverte de peinture. Victoire avec le sperme coulant de son sexe. Victoire attachée, la bouche ouverte en un cri silencieux. Victoire dorée, craquelée, transformée.
Elle regarde les photos sur l'appareil. Ne reconnaît pas la femme qui la fixe depuis l'écran. Ce n'est plus la commissaire-priseur élégante et maîtrisée. C'est un corps désirant, utilisé, célébré. Une créature de plaisir et de peinture qui existe uniquement dans cet espace suspendu entre l'art et la chair.
« C'est moi ? »
« C'est toi. Enfin vraie. »
Il a raison. Pour la première fois de sa vie, elle se voit sans filtre. Sans le vernis de la respectabilité, sans le masque des convenances. Juste Victoire, dans toute sa crudité magnifique.
Et elle comprend alors que c'est ça qu'ils sont en train de créer. Pas seulement une toile. Mais une vérité. La vérité de ce qu'elle est quand plus rien ne la retient, quand toutes les barrières sont tombées, quand seul reste le désir à l'état pur, capturé dans la peinture et la chair mêlées.
Au bout de huit heures, la toile est couverte de couches multiples. Un chaos de couleurs, de textures, d'empreintes corporelles. On distingue la forme de seins, de fesses, de mains. Des traces de fluides séchés créent des reliefs inattendus. L'œuvre est brutale, organique, vivante.
Raphaël détache Victoire une dernière fois. Elle s'effondre sur le matelas, épuisée. Son corps est endolori, couvert de peinture séchée qui tire sa peau. Il s'allonge à côté d'elle, la prend dans ses bras.
« C'est magnifique. »
Elle tourne la tête vers la toile. Elle a raison de ne pas se reconnaître dans ce chaos. Et pourtant, c'est elle. Tout ce qu'elle a caché pendant des années, exposé sur trois mètres carrés de lin.
« Qu'est-ce qu'on va en faire ? »
« L'exposer. »
« Tu es fou. »
« Non. Je suis sérieux. Il y a un vernissage underground dans trois semaines. Des artistes qui ne respectent aucune règle. Je vais proposer notre travail. »
Elle devrait refuser. Mais au lieu de ça, elle hoche la tête. Accepte cette nouvelle transgression.
A suivre…
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