Le plus long chemin
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 119 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de CDuvert ont reçu un total de 294 677 visites.
Cette histoire de sexe a été affichée 139 fois depuis sa publication.
Couleur du fond :
Le plus long chemin
L'appartement baignait dans une pénombre bleutée lorsqu'elle franchit le seuil. Dehors, la pluie battait contre les vitres depuis des heures, créant une intimité ouatée qui isolait le monde extérieur, le reléguant à une abstraction lointaine. Les gouttes frappaient le verre dans un rythme hypnotique, tandis qu'à l'intérieur, le silence n'était troublé que par le crépitement du feu de cheminée et le jazz feutré qui s'échappait des enceintes.
Elle avait accepté ce dîner presque machinalement, sans trop y réfléchir. Un message, une invitation, une impulsion. Maintenant, assise sur le canapé de cuir patiné, un verre de vin à la main dont elle faisait tourner le liquide rubis sans le boire, elle sentait son regard sur elle. Un regard qui pesait, qui explorait, qui dévoilait.
Il ne disait rien. Depuis qu'il lui avait servi ce vin, il s'était installé dans le fauteuil face à elle et se contentait de l'observer. Pas avec l'insistance vulgaire qu'elle avait déjà croisée ailleurs dans les regards masculins trop appuyés, mais avec une attention qui lui donnait l'impression d'être découverte, lue, comprise dans ses recoins les plus secrets.
Ses yeux parcouraient son visage avec une lenteur calculée. Ils s'attardaient sur ses lèvres qu'elle venait d'humecter nerveusement, glissaient vers sa gorge où battait son pouls de plus en plus rapide, descendaient vers l'échancrure modeste de sa robe qui soudain lui semblait indécente. Elle sentait la chaleur monter le long de son cou, envahir ses joues, se répandre dans sa poitrine.
"Tu es nerveuse," dit-il enfin, sa voix basse résonnant dans l'espace réduit qui les séparait.
Ce n'était pas une question. C'était une constatation prononcée avec la certitude tranquille de celui qui lit dans les corps comme dans des livres ouverts.
Elle ouvrit la bouche pour protester, pour nier, mais aucun son ne sortit. Que pouvait-elle dire? Qu'elle sentait la chaleur monter le long de son cou, que sa peau frissonnait sous l'intensité de son regard comme si ses yeux étaient des mains? Qu'elle avait conscience de chaque battement de son cœur, de chaque inspiration qui soulevait sa poitrine, de l'humidité naissante entre ses cuisses ?
Il posa son verre sur la table basse avec un geste mesuré et se leva. Chaque mouvement était fluide, contrôlé, comme chorégraphié. Il se rapprocha d'elle, traversa la pièce en quelques enjambées silencieuses. Pas assez pour la toucher, juste assez pour qu'elle respire son parfum - bois de santal et quelque chose de plus sauvage, de plus animal, d'indéfinissable. Un parfum qui réveillait en elle des instincts qu'elle croyait endormis.
Elle leva les yeux vers lui. Il dominait sa position assise, la surplombant sans arrogance mais avec une assurance qui la faisait trembler intérieurement. La lumière du feu dansait sur son visage, creusant des ombres sous ses pommettes, faisant briller ses yeux d'une lueur presque prédatrice.
"Je ne te toucherai pas," murmura-t-il, et ces mots tombèrent comme une sentence dans le silence épais qui les enveloppait. "Pas encore."
Sa main se leva, lentement, si lentement qu'elle aurait pu compter chaque seconde. Ses doigts s'arrêtèrent à quelques millimètres de sa joue, suspendus dans l'air comme une promesse non tenue. Elle sentit la chaleur de sa paume sans le contact, son corps se tendant malgré elle vers cette promesse de caresse, comme attiré par un aimant invisible.
L'air entre sa main et sa peau crépitait d'électricité. Elle retenait son souffle, tous ses sens concentrés sur cet espace infime qui les séparait, sur la proximité insoutenable de ce contact qui ne venait pas. Son corps tout entier appelait ce toucher, chaque terminaison nerveuse de sa joue s'éveillait dans l'attente.
"Je vais te dire exactement ce que je vais faire," murmura-t-il, sa voix descendue d'un ton, devenue presque un grondement sourd. "Je veux que tu saches. Que tu l'imagines. Que tu y penses cette nuit quand tu seras seule dans ton lit."
Sa main descendit sans la toucher, traçant un chemin invisible le long de sa mâchoire. Elle sentait la chaleur irradier de ses doigts fantômes, son pouls battre si fort contre sa gorge qu'elle était certaine qu'il pouvait le voir palpiter sous sa peau.
"Je vais te toucher ici d'abord," dit-il, son index pointé vers le creux de son cou sans l'effleurer. "Sentir ton pouls s'affoler sous mes doigts. Je vais appuyer légèrement, juste assez pour te rappeler que je suis là, que je contrôle le rythme."
Elle déglutit avec difficulté, la gorge soudain sèche. Son corps réagissait à des caresses qui n'existaient pas encore, anticipant chaque mouvement qu'il décrivait. L'imagination comblait le vide, créait des sensations qui n'étaient que fantômes mais qui la troublaient davantage que n'importe quel contact réel qu'elle avait connu.
"Puis je descendrai..." Sa main dessina une courbe dans l'air, épousant la forme de son épaule sans jamais la frôler. "Je suivrai la ligne de ta clavicule. J'adore les clavicules des femmes. La façon dont elles dessinent une architecture si délicate sous la peau."
Son doigt invisible continuait sa route, traçant un chemin entre ses seins sans les toucher, descendant vers son ventre qu'elle sentait se contracter instinctivement.
"Je vais prendre mon temps," continua-t-il, sa voix maintenant tout près de son oreille bien qu'il ne l'ait toujours pas touchée. "Des heures peut-être. Jusqu'à ce que tu me supplies. Jusqu'à ce que chaque centimètre de ta peau appelle mes mains."
Elle ferma les yeux, submergée par l'absence de ce contact qu'elle désirait déjà avec une intensité qui la surprenait elle-même. Son corps se tendait vers lui, cherchant instinctivement une proximité qu'il ne lui donnait pas. Elle sentait l'humidité tremper sa culotte, sa respiration devenir de plus en plus irrégulière.
Comment faisait-il cela? Comment créait-il ce vertige sans même la toucher? Elle avait connu des hommes qui l'avaient déshabillée, qui l'avaient prise, mais aucun ne l'avait jamais mise dans un tel état de désir brut avec simplement des mots et un regard.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il s'était reculé. Il la regardait depuis le fauteuil où il s'était réinstallé, son verre à nouveau dans sa main, un sourire jouant sur ses lèvres. Un sourire qui promettait tant de choses, qui contenait tant de promesses non formulées qu'elle sentit un nouveau vertige la saisir.
"Tu vois," dit-il en portant le verre à ses lèvres, "ton corps sait déjà. Il comprend. Regarde-toi."
Instinctivement, elle baissa les yeux sur elle-même. Ses mains agrippaient les coussins du canapé, ses jointures blanches sous la pression. Sa respiration soulevait sa poitrine de façon visible, rapide, saccadée. Ses cuisses étaient serrées l'une contre l'autre, cherchant une friction qu'elle n'osait pas se donner consciemment.
"Je n'ai pas besoin de te toucher pour te posséder," murmura-t-il. "Ton corps me répond déjà. Je le vois dans la façon dont tu respires. Dans la façon dont tes pupilles se dilatent quand je te regarde. Dans la façon dont tu serres les cuisses."
Elle rougit violemment, honteuse et excitée à la fois d'être si transparente, si lisible.
Il se leva à nouveau, s'approcha. Cette fois, il se plaça derrière le canapé. Elle sentit sa présence dans son dos, la chaleur de son corps qui irradiait vers elle sans contact. Ses mains se posèrent sur le dossier du canapé, de chaque côté de ses épaules, l'encageant sans la toucher.
"Penche ta tête en arrière," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, incapable de résister, sa nuque s'inclinant jusqu'à ce que le sommet de son crâne repose contre le cuir du dossier. De cette position, elle le voyait à l'envers, son visage penché sur le sien, ses traits transformés par l'angle inhabituel.
"Si je t'embrassais maintenant," murmura-t-il, son souffle effleurant ses lèvres sans les toucher, "tu ne pourrais pas bouger. Tu serais à ma merci. Complètement vulnérable."
Ses lèvres planaient à un millimètre des siennes, si proches qu'elle pouvait sentir la chaleur de son souffle, percevoir l'odeur du vin qu'il avait bu. Elle attendait le baiser, tous ses muscles tendus dans l'anticipation, ses lèvres entrouvertes.
Mais il ne l'embrassa pas.
Il se redressa, contourna le canapé, et alla se poster devant la fenêtre, lui tournant le dos. La pluie continuait de battre contre les vitres dans un crescendo qui semblait faire écho au tumulte intérieur qu'elle ressentait.
"Pas ce soir," dit-il sans se retourner, sa voix à peine audible par-dessus le bruit de la pluie. "Ce soir, je veux juste que tu y penses. Que tu imagines. Que tu te touches en pensant à ce que je vais te faire."
Le silence qui suivit était chargé de toutes les possibilités non réalisées, de tous les contacts qui n'avaient pas eu lieu. Elle resta immobile sur le canapé, le corps vibrant de désir inassouvi, l'esprit embrumé par l'intensité de ce qui venait de se passer - ou plutôt, de ce qui n'était pas arrivé.
"Va-t'en maintenant," ordonna-t-il doucement, toujours sans se retourner. "Rentre chez toi. Pense à moi. Rêve de moi."
Elle se leva sur des jambes tremblantes, récupéra son sac, son manteau. En passant devant lui pour rejoindre la porte, elle s'arrêta, attendant qu'il la retienne, qu'il change d'avis, qu'il la touche enfin.
Mais il ne bougea pas.
"Demain soir," dit-il alors qu'elle avait déjà la main sur la poignée.
Elle sortit dans la nuit pluvieuse, le cœur battant, le corps en feu, sachant déjà qu'elle ne dormirait pas de la nuit, que ses mains chercheraient entre ses cuisses le soulagement qu'il lui avait refusé, que chaque caresse qu'elle se donnerait porterait son empreinte fantôme.
—
Comme elle le redoutait, elle n'avait pas dormi. Toute la nuit, les heures s'étaient écoulées dans un état second, suspendue entre veille et sommeil, incapable de trouver le repos. Son corps vibrait encore du souvenir de ces mains qui ne l'avaient pas touchée, de cette bouche qui n'avait pas embrassé la sienne, de toutes ces promesses susurrées qui n'avaient pas trouvé leur accomplissement.
Allongée dans son lit, elle avait fermé les yeux et laissé ses propres mains vagabonder là où les siennes auraient dû se poser. Elle avait exploré sa propre peau en imaginant ses doigts à lui, suivant le chemin qu'il avait tracé dans l'air sans jamais la toucher. Sa main avait glissé entre ses cuisses, trouvant l'humidité qui témoignait de son désir inassouvi. Elle s'était caressée en pensant à lui, à son regard, à sa voix, à la façon dont il l'avait dominée sans même lever la main sur elle.
A chaque fois, l'orgasme était venu rapidement, trop rapidement, la laissant frustrée malgré le plaisir. Parce que ce n'était pas lui. Parce que ses propres doigts ne pouvaient reproduire l'intensité de sa présence, la maîtrise qu'il dégageait, le contrôle qu'il exerçait sur elle sans effort apparent.
Le message était arrivé au petit matin, alors que le jour commençait à peine à filtrer à travers les rideaux. Le vibreur de son téléphone l'avait arrachée à un demi-sommeil agité. Elle avait saisi l'appareil avec des doigts tremblants.
"Ce soir. 20 heures. Porte un chemisier boutonné. Rien en dessous.
Sept mots. Sept mots qui avaient suffi à rallumer le feu dans son ventre, à faire battre son cœur plus fort, à réveiller chaque terminaison nerveuse de son corps.
La journée qui suivit fut une torture exquise. Chaque heure qui s'écoulait était à la fois trop lente et trop rapide. L'anticipation la consumait de l'intérieur, créant une tension qui imprégnait chacun de ses gestes, chacune de ses pensées. Elle ne pouvait se concentrer sur rien, son esprit revenant sans cesse à lui, à ce qui l'attendait, à ce qu'il allait lui faire.
Elle avait passé une heure devant son armoire, examinant chaque chemisier qu'elle possédait. Finalement, elle avait choisi un modèle blanc en soie, presque transparent dans certains éclairages, avec sept boutons de nacre qui couraient du col à la taille. Sept boutons. Sept promesses de révélation.
Elle l'avait enfilé dans l'après-midi, testant l'effet dans le miroir. Sans soutien-gorge, la soie épousait ses seins de façon indécente, laissant deviner la forme de ses mamelons qui durcissaient au contact du tissu. Elle s'était regardée longuement, essayant de voir ce qu'il verrait, d'imaginer son regard sur elle. La pensée seule avait suffi à faire naître une chaleur liquide entre ses cuisses.
Dix-neuf heures trente. Elle avait pris une douche, prolongeant chaque geste comme un rituel de préparation. L'eau chaude avait coulé sur sa peau hypersensible, chaque goutte semblant porter l'empreinte de son regard. Elle s'était séchée avec soin, avait appliqué une crème parfumée - vanille et bois de santal, comme son parfum à lui - sur chaque centimètre de sa peau.
Dix-neuf heures cinquante. Elle avait enfilé le chemisier, laissant ses doigts s'attarder sur chaque bouton avant de le fermer. Le contact de la soie sur sa peau nue la faisait frissonner. Elle avait choisi une jupe droite noire qui s'arrêtait juste au-dessus du genou, des talons qui accentuaient la cambrure de ses reins. Dans le miroir, elle ne se reconnaissait pas. Ses yeux brillaient d'un éclat fiévreux, ses joues étaient rosies, ses lèvres légèrement gonflées comme si elle venait d'être embrassée.
Elle tremblait en sonnant à sa porte, son corps vibrant d'un mélange d'appréhension et de désir si intense qu'elle avait l'impression de pouvoir exploser au moindre contact.
Quand il ouvrit, elle dut retenir un hoquet de surprise. Il était torse nu, son jean à peine boutonné pendant bas sur ses hanches, révélant le V de muscles qui disparaissait sous la ceinture. Ses cheveux humides suggéraient une douche récente, et des gouttes d'eau perlaient encore sur son torse sculpté. Il était beau à couper le souffle, et visiblement conscient de l'effet qu'il produisait sur elle.
"Entre," dit-il simplement, s'écartant pour la laisser passer.
Elle franchit le seuil, tous ses sens en alerte. L'appartement était différent. Des dizaines de bougies brûlaient sur chaque surface, créant des îlots de lumière dansante qui projetaient des ombres mouvantes sur les murs. Une playlist jazz jouait en sourdine, les notes de saxophone caressant l'air comme des doigts invisibles. L'atmosphère était chargée d'une sensualité presque palpable.
Il referma la porte derrière elle et resta là, immobile, à la regarder. Son regard glissait sur elle avec la lenteur délibérée d'une caresse, descendant de son visage à sa gorge, s'attardant sur ses seins dont les contours se devinaient sous la soie, continuant vers sa taille, ses hanches, ses jambes.
"Tu as suivi mes instructions," dit-il enfin, sa voix caressant sa nuque comme un souffle chaud. "C'est bien."
Elle ne répondit pas, incapable de trouver sa voix. Son cœur battait si fort qu'elle était certaine qu'il pouvait l'entendre.
"Tourne-toi," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, pivotant lentement sur ses talons. Elle sentit son regard sur elle, explorant chaque courbe, chaque ligne de son corps comme s'il la déshabillait mentalement.
"Encore."
Elle tourna à nouveau, faisant face à lui. Il s'était rapproché sans qu'elle s'en rende compte, se tenant maintenant à moins d'un mètre d'elle. Assez près pour qu'elle sente la chaleur qui émanait de sa peau encore humide, assez loin pour maintenir cet espace insupportable entre eux.
Il la guida vers le centre du salon sans la toucher, simplement par sa présence, par le magnétisme qu'il dégageait. Elle marchait comme hypnotisée, incapable de résister, ne voulant pas résister.
"Reste là. Debout. Immobile."
Il fit lentement le tour d'elle, comme un sculpteur admirant son œuvre, comme un prédateur jaugeant sa proie. Elle pouvait sentir son regard la parcourir, s'attarder sur certaines parties de son corps, créant une chaleur là où il se posait.
"Tu es magnifique," murmura-t-il en s'arrêtant derrière elle, son souffle effleurant sa nuque sans la toucher. "Exactement comme je l'avais imaginé."
Ses doigts effleurèrent son épaule, remontèrent vers le col de son chemisier. Elle retint son souffle, tous ses muscles tendus dans l'anticipation. Il ne le défit pas. Il se contenta de le toucher, de jouer avec, faisant rouler le bouton entre ses doigts tandis qu'elle retenait son souffle.
"Combien y en a-t-il?" demanda-t-il, sa bouche si proche de son oreille qu'elle sentait la chaleur de ses lèvres sans qu'elles la touchent.
"Sept," réussit-elle à murmurer, sa voix à peine audible.
"Sept barrières entre toi et moi." Il laissa sa main descendre, effleurant chaque bouton sans les défaire, comptant à voix haute. "Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept."
Chaque chiffre prononcé résonnait comme une promesse, comme un compte à rebours vers quelque chose d'inévitable et terrifiant.
Il glissa derrière elle, son torse nu frôlant son dos sans vraiment le toucher. Ses mains encerclèrent sa taille sans la toucher vraiment, planant à la surface du tissu comme des fantômes. Elle sentait la chaleur de ses paumes à travers la soie, l'électricité qui crépitait dans l'espace infime qui les séparait.
"Tu sens ça?" murmura-t-il. "Ton corps appelle mes mains. Ta peau frissonne sous mes doigts alors que je ne t'ai même pas touchée. Tu sais pourquoi?"
Elle secoua la tête, incapable de parler.
"Parce que ton corps me connaît déjà. Il sait ce que je vais lui faire. Il se prépare, il s'ouvre, il se mouille pour moi."
Un gémissement s'échappa de ses lèvres malgré elle. C'était vrai. Elle sentait l'humidité tremper sa culotte, son sexe palpiter dans un vide douloureux qui réclamait d'être comblé.
"Je vais défaire un bouton maintenant," murmura-t-il à son oreille, sa voix descendue d'un ton, devenue presque animale. "Un seul. Et puis je vais attendre. Je vais te regarder. Te voir respirer. Te voir trembler. Te voir désirer."
Ses doigts montèrent vers le dernier bouton, celui du haut, juste sous son menton. Il le fit glisser hors de son logement avec une lenteur calculée, presque cruelle. Le tissu s'ouvrit légèrement, révélant à peine la naissance de sa gorge, l'endroit où son pouls battait frénétiquement.
Il se pencha, son nez effleurant la peau exposée sans la toucher vraiment, inspirant profondément.
"Tu sens le désir," murmura-t-il. "Un bouquet de phéromones. Ça m'enivre."
Puis il s'écarta. Retourna s'asseoir sur le canapé, son verre de whisky à la main, les yeux fixés sur elle avec une intensité qui la clouait sur place.
"Maintenant, reste là. Debout. Laisse-moi te regarder."
Le temps sembla s'arrêter. Elle se tenait immobile au centre de la pièce, exposée dans la lumière dansante des bougies, consciente de la façon dont sa poitrine se soulevait à chaque respiration, de la façon dont le tissu frottait contre ses mamelons durs, de la façon dont ses cuisses tremblaient légèrement sous l'effort de rester immobile.
Un seul bouton défait, et elle se sentait plus nue qu'elle ne l'avait jamais été. Plus vulnérable. Plus exposée. L'ouverture minuscule dans le tissu était comme une promesse, une anticipation de ce qui viendrait, de toutes les révélations à venir.
Elle le regardait la regarder, captée dans ses yeux sombres qui la dévoraient sans pitié. Il ne bougeait pas, se contentant de l'observer, de boire son whisky par petites gorgées, un sourire jouant sur ses lèvres.
"Tu es magnifique quand tu attends," dit-il finalement, brisant le silence qui s'était étiré entre eux comme un élastique sur le point de se rompre. "Ton corps sait ce qui va venir, même si ta tête ne peut pas l'imaginer encore. Regarde comme tes mamelons sont durs. Regarde comme tu serres les cuisses, cherchant une friction que je ne te donne pas."
Elle rougit violemment, mortifiée et excitée à la fois par la façon dont il la lisait, dont il nommait ce qu'elle ressentait.
"Je peux voir ton pouls battre à travers le tissu," continua-t-il, son regard fixé sur sa gorge exposée. "Rapide. Affolé. Tu es terrifiée et affamée en même temps, n'est-ce pas?"
Elle hocha la tête, la gorge trop serrée pour parler.
"Dis-le," ordonna-t-il. "Je veux t'entendre le dire."
"Oui," murmura-t-elle. "J'ai peur. Et j'ai envie."
"Envie de quoi?"
"De toi. De tes mains sur moi. De ta bouche. De..."
"De ma queue?" Son crudité soudaine la fit tressaillir, envoyant une nouvelle vague de chaleur entre ses cuisses. "Tu veux sentir ma queue en toi?"
"Oui," souffla-t-elle, abandonnant toute prétention de retenue.
Il sourit, visiblement satisfait de sa soumission verbale, puis se leva. Traversa la pièce jusqu'à elle avec cette grâce féline qui la faisait fondre. S'arrêta à quelques centimètres, si proche qu'elle pouvait voir les reflets de la lumière des bougies dans ses yeux, si loin qu'elle ne pouvait pas le toucher sans briser son commandement de rester immobile.
"Pas encore," murmura-t-il, son souffle caressant ses lèvres entrouvertes. "Pas avant que tu sois prête. Pas avant que tu m'en supplies."
Sa main se leva, traça le contour de son visage sans la toucher, descendit le long de son cou, s'arrêta au deuxième bouton.
"Je pourrais le défaire maintenant," dit-il, son doigt jouant avec le bouton. "Révéler un peu plus de ta peau. Voir comment tes seins montent et descendent sous le tissu. Mais je ne vais pas le faire."
Elle gémit de frustration, son corps se tendant vers lui malgré elle.
"Parce que l'attente rend tout plus intense," continua-t-il, sa voix devenue presque hypnotique. "Chaque seconde qui passe amplifie ton désir. Chaque respiration te rapproche du moment où tu vas craquer. Où tu vas me supplier. Où tu vas abandonner toute fierté et me demander de te prendre."
Il se recula, la laissant vaciller sur ses talons, déséquilibrée par l'absence soudaine de sa présence.
"Rentre chez toi maintenant," ordonna-t-il doucement, et le choc de ses mots fut comme une gifle.
"Quoi?" Elle le fixait, incrédule, son corps hurlant en protestation.
"Rentre. Et demain, porte la même chose. Mais n'attache pas ce bouton." Il désigna le premier qu'il avait défait, maintenant refermé sous ses doigts tremblants.
"Mais... je pensais..."
"Je sais ce que tu pensais." Son sourire était cruel et tendre à la fois. "C'est exactement pour ça que tu dois partir. Pour que tu y penses toute la nuit. Pour que tu te touches en pensant à moi. Pour que demain, quand tu reviendras, tu sois prête à m'appartenir complètement."
Elle resta figée, incapable de bouger, son esprit refusant d'accepter qu'il la renvoie encore une fois.
"Va," répéta-t-il, plus fermement. "Avant que je change d'avis. Avant que je te prenne ici, maintenant, sans préparation, sans douceur. Va pendant que je peux encore me contrôler."
Quelque chose dans sa voix - une tension, une urgence à peine contenue - lui fit comprendre qu'il luttait lui aussi. Que ce jeu de contrôle lui coûtait, que son désir pour elle n'était pas feint. Cette réalisation lui donna la force de bouger.
Elle se dirigea vers la porte sur des jambes tremblantes, récupéra son sac. En passant devant lui, elle sentit sa main effleurer ses cheveux, un contact si bref qu'elle l'aurait cru imaginé si ce n'était la brûlure qu'il laissait sur son cuir chevelu.
"Demain," dit-il alors qu'elle avait la main sur la poignée, "je vais défaire le deuxième bouton. Et peut-être le troisième. Et tu vas rester debout devant moi pendant que je te regarde. Pendant des heures, peut-être. Jusqu'à ce que tu ne puisses plus supporter l'attente. Jusqu'à ce que ton corps entier m'appelle. Jusqu'à ce que tu me supplies à genoux."
Elle s'enfuit dans la nuit, le corps en feu, l'esprit fracturé par le désir. Dans le taxi qui la ramenait chez elle, sa main glissa sous sa jupe, cherchant un soulagement dont elle savait qu'il ne viendrait pas vraiment. Parce que ce n'était pas lui. Parce que ses propres doigts ne pouvaient reproduire ce qu'il lui faisait - cette torture exquise, cette attente insoutenable qui transformait chaque seconde en une éternité de désir.
Chez elle, elle se déshabilla sans allumer la lumière, laissant tomber le chemisier sur le sol comme une peau morte. Elle s'allongea nue sur son lit, les mains explorant son corps, imaginant ses doigts à lui. Elle compta les boutons imaginaires qu'il déferait demain, traçant un chemin sur sa peau que ses mains suivraient peut-être.
L'orgasme, quand il vint, fut violent et insatisfaisant à la fois. Un simulacre de ce qu'elle désirait vraiment. Elle s'endormit finalement à l'aube, épuisée et affamée, rêvant de mains qui ne la touchaient pas, de lèvres qui ne l'embrassaient pas, de promesses qui restaient suspendues dans l'air comme des baisers fantômes.
—
Le troisième soir, elle était prête à supplier avant même d'avoir franchi sa porte. Les deux nuits précédentes l'avaient brisée, reconstruite, puis brisée à nouveau. Elle ne dormait plus. Ne mangeait presque plus. Son corps tout entier n'était plus qu'une plaie ouverte de désir, chaque cellule appelant ses mains, sa bouche, son corps.
Deux boutons défaits maintenant, révélant la courbe supérieure de ses seins, la dentelle noire de son soutien-gorge qu'elle avait finalement mis malgré ses instructions - un dernier rempart dérisoire contre sa propre vulnérabilité. Elle tremblait en sonnant à sa porte, ses jambes menaçant de se dérober sous elle.
Il ouvrit immédiatement, comme s'il l'avait attendue de l'autre côté. Ce soir, il portait un pantalon noir et une chemise blanche dont les manches étaient roulées sur ses avant-bras. Il était d'une beauté presque cruelle, composé et maître de lui-même alors qu'elle se sentait sur le point de se désintégrer.
Son regard balaya son corps, s'arrêta sur les deux boutons défaits, descendit, remonta. Un sourire effleura ses lèvres.
"Tu as triché," dit-il simplement.
Elle baissa les yeux, mortifiée. Le soutien-gorge. Il avait remarqué la ligne sous le tissu.
"Je... j'avais peur," murmura-t-elle.
"De quoi?"
"De moi. De ce que je ressens. De ce que tu me fais."
Il s'approcha, si près qu'elle sentit son souffle sur son visage. Sa main se leva, caressa sa joue avec une douceur qui contrastait avec l'intensité de son regard.
"C'est la dernière fois que tu me désobéis," dit-il, sa voix douce mais inflexible. "Enlève-le. Maintenant."
Elle le fixa, paralysée entre l'humiliation et l'excitation.
"Ici?" souffla-t-elle.
"Ici. Dans l'entrée. Devant moi."
Ses mains tremblaient quand elles montèrent vers les boutons de son chemisier. Elle les défit un à un, consciente de son regard qui ne la quittait pas, qui buvait chaque geste, chaque révélation de peau. Le tissu s'ouvrit, découvrant le soutien-gorge noir qui emprisonnait ses seins.
"Continue," ordonna-t-il.
Elle fit glisser le chemisier de ses épaules. Il tomba sur le sol comme une peau morte. Puis ses mains trouvèrent l'agrafe dans son dos. Un instant de pause, un dernier moment avant l'abandon complet, puis le clic libérateur. Le soutien-gorge rejoignit le chemisier.
Elle se tenait là, torse nu dans l'entrée, ses seins exposés à son regard, ses mamelons durcis par l'air frais et le désir. Elle aurait dû avoir honte. Elle aurait dû se couvrir. Mais quelque chose dans son regard - une faim, une appréciation presque révérencielle - la faisait se tenir plus droite, offrant son corps à sa contemplation.
"Magnifique," murmura-t-il. "Viens maintenant."
Il la guida vers sa chambre. Elle l'avait imaginée des centaines de fois pendant ces nuits d'insomnie, mais la réalité dépassait ses fantasmes. Les draps étaient tirés, d'un blanc immaculé qui contrastait avec le bois sombre du lit. Des oreillers arrangés avec soin. Des bougies brûlaient sur chaque surface, projetant des ombres dansantes sur les murs. L'atmosphère était chargée d'une sensualité presque palpable, lourde de promesses.
"Allonge-toi," dit-il.
Elle obéit, s'étendant sur le dos au centre du lit. Le contact des draps frais contre sa peau nue la fit frissonner. Elle le regarda se placer debout au pied du lit, l'observant avec la même intensité que les soirs précédents, mais maintenant sans barrières, sans protection.
"Tu es si belle comme ça," dit-il, sa voix descendue d'un ton. "Offerte. Vulnérable. Affamée."
Il se pencha, ses mains trouvant ses chevilles. Il les écarta doucement mais fermement, ouvrant ses jambes, exposant l'humidité qui tachait déjà sa culotte. Elle rougit violemment, mortifiée et excitée par sa propre évidence.
"Regarde comme tu es mouillée," murmura-t-il. "Et je ne t'ai même pas encore touchée. Ton corps me connaît déjà. Il se prépare pour moi."
Il monta sur le lit, s'agenouillant entre ses jambes écartées. Ses mains glissèrent le long de ses mollets, remontèrent vers ses genoux, ses cuisses. Un toucher léger, presque fantomatique, qui la faisait trembler.
"Je vais te dire exactement ce que je vais faire," dit-il, sa voix hypnotique. "Je vais prendre mon temps. Je vais explorer chaque centimètre de ta peau. Je vais trouver tous les endroits qui te font gémir. Et quand tu seras au bord, quand tu ne pourras plus supporter une seconde de plus, alors seulement je te donnerai ce que tu veux."
Il se plaça au-dessus d'elle, supportant son poids sur ses avant-bras, son visage à quelques centimètres du sien. Son souffle se mêlait au sien, chaud, chargé de promesses.
"Je vais t'embrasser maintenant," murmura-t-il. "Mais seulement si tu me le demandes. Si tu abandonnes ta fierté. Si tu admets que tu es à moi."
Le silence s'étira entre eux, lourd de tension. Elle sentait son propre cœur battre si fort qu'elle était sûre qu'il pouvait l'entendre. Sa fierté luttait contre son désir, mais son corps avait déjà capitulé depuis longtemps. Il n'attendait que la permission de sa bouche pour se rendre complètement.
"S'il te plaît," chuchota-t-elle enfin, sa voix à peine audible.
"S'il te plaît quoi?"
"Embrasse-moi. Touche-moi. Prends-moi. Je suis à toi."
Un sourire éclaira son visage, tendre et possessif à la fois. Puis ses lèvres se posèrent sur les siennes, et le monde explosa.
Ce n'était pas un baiser doux. C'était une conquête, une revendication, une dévoration. Sa langue força le passage entre ses lèvres, explora sa bouche avec une intensité qui lui coupa le souffle. Il l'embrassait comme s'il voulait la consumer, la posséder entièrement par ce seul contact.
Elle gémit dans sa bouche, ses hanches se soulevant instinctivement pour chercher un contact qu'il ne lui donnait toujours pas. Ses mains trouvèrent ses épaules, ses doigts s'accrochant à sa chemise comme à une bouée de sauvetage.
Il rompit le baiser, la laissant haletante, et sa bouche descendit le long de sa mâchoire. Il mordilla son lobe d'oreille, suça la peau tendre de son cou, marquant son passage de petites morsures qui la faisaient gémir. Chaque baiser laissait une traînée de feu sur sa peau hypersensible.
"Tu veux que je te touche?" demanda-t-il, sa voix rauque contre sa gorge.
"Oui... s'il te plaît... je ne peux plus..."
Ses mains glissèrent de ses épaules vers ses seins. Enfin. Enfin. Le contact de ses paumes chaudes sur sa chair nue la fit se cambrer violemment. Il les pesa, les caressa, ses pouces frottant ses mamelons durcis avec une pression qui oscillait entre plaisir et douleur.
"Si sensibles," murmura-t-il en se penchant pour prendre un mamelon entre ses lèvres.
La sensation de sa bouche chaude et humide aspirant sa chair lui arracha un cri. Sa langue tournait autour du bourgeon durci, le taquinait, le mordillait légèrement. Puis il passa à l'autre sein, lui accordant la même attention torturante pendant que sa main continuait de jouer avec le premier.
Elle perdait la tête, ses doigts agrippant ses cheveux, le maintenant contre sa poitrine. Des sons qu'elle ne se connaissait pas s'échappaient de sa gorge - gémissements, supplications inarticulées, son nom répété comme une prière.
Sa bouche quitta ses seins pour descendre plus bas. Il traça un chemin de baisers le long de son sternum, de son ventre qui se contractait sous ses lèvres, s'arrêtant à la ceinture de sa jupe.
"Je vais l'enlever maintenant," dit-il, ses doigts trouvant la fermeture. "Et tu vas t'ouvrir pour moi. Complètement."
Elle leva les hanches pour l'aider, et il fit glisser la jupe le long de ses jambes, la jetant négligemment sur le sol. Elle était maintenant entièrement nue devant lui à l'exception de sa culotte en dentelle noire trempée d'humidité.
Il s'assit sur ses talons entre ses jambes, la contemplant. Son regard la parcourait comme une caresse physique, s'attardant sur ses seins aux mamelons rougis par ses baisers, sur son ventre qui se soulevait rapidement, sur la tache sombre qui marquait sa culotte.
"Écarte les cuisses," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, ouvrant ses jambes plus largement, s'offrant à son regard. L'exposition était à la fois humiliante et excitante, la rendant plus vulnérable qu'elle ne l'avait jamais été.
"Regarde comme tu es belle," murmura-t-il, sa main remontant lentement le long de sa cuisse intérieure. "Regarde comme tu es prête pour moi."
Ses doigts frôlèrent le tissu trempé de sa culotte et elle hoqueta, ses hanches se soulevant vers sa main. Mais il ne la toucha pas directement, se contentant de tracer des cercles torturants autour de son sexe palpitant.
"Supplie-moi," dit-il.
"S'il te plaît... touche-moi... je t'en supplie..."
"Où? Dis-moi où tu veux que je te touche."
"Là... entre mes jambes... sur mon sexe... je t'en prie..."
Il sourit, visiblement satisfait de l'avoir réduite à supplier aussi crûment. Ses doigts trouvèrent le bord de sa culotte, la firent glisser le long de ses jambes. Elle était maintenant complètement nue, entièrement exposée à son regard.
"Tu es trempée," murmura-t-il en contemplant son sexe gonflé et luisant. "Si belle. Si prête."
Son doigt traça la ligne de ses lèvres intimes, recueillant son humidité. Elle gémit, le son rauque et désespéré. Il porta son doigt à sa bouche, suçant son essence avec une lenteur délibérée.
"Tu as un goût divin," dit-il, ses yeux fixés sur les siens. "Mais je vais vérifier à la source."
Il se pencha, ses épaules écartant ses cuisses, son souffle effleurant son sexe sensible. Elle retint sa respiration, tous ses muscles tendus dans l'anticipation. Puis sa langue se posa sur elle et elle cria, son dos s'arquant du lit.
Il la goûtait avec une lenteur méthodique, sa langue explorant chaque pli, chaque recoin de son intimité. Il lapait son humidité, suçait ses lèvres gonflées, évitant délibérément son clitoris palpitant qui réclamait son attention.
"S'il te plaît..." gémit-elle, ses mains agrippant les draps. "S'il te plaît... là..."
"Patience," murmura-t-il contre sa chair, la vibration de sa voix la faisant trembler.
Quand sa langue toucha enfin son clitoris, elle faillit jouir sur-le-champ. Mais il s'écarta immédiatement, la maintenant au bord du précipice sans la laisser tomber. Il recommença - un coup de langue, deux, puis il s'éloignait, la laissant haletante et frustrée.
"Pas encore," dit-il. "Je veux que tu sois au bord. Je veux que quand tu jouiras, ce soit si intense que tu en oublieras qui tu es"
Il glissa un doigt en elle et elle gémit au contact. Un deuxième doigt rejoignit le premier, étirant ses chairs serrées. Il les fit aller et venir lentement pendant que sa bouche revenait sur son clitoris, créant une symphonie de sensations qui la faisait perdre la tête.
Son orgasme montait, inévitable, irrésistible. Chaque cellule de son corps tendait vers cette libération, appelait l'explosion qui la briserait en mille morceaux.
"Je vais... oh mon Dieu... je vais..."
"Jouis pour moi," ordonna-t-il contre sa chair. "Maintenant."
L'orgasme la frappa avec la force d'un raz-de-marée. Son corps se cabra, ses cuisses se refermant autour de sa tête pendant que des vagues de plaisir la traversaient encore et encore. Elle criait, son corps tremblant de façon incontrôlable, submergée par une intensité qu'elle n'avait jamais connue.
Il la guida à travers chaque vague, sa bouche et ses doigts travaillant sans relâche jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter, hypersensible et épuisée.
Quand elle rouvrit les yeux, il était au-dessus d'elle, la contemplant avec une tendresse qui contrastait avec la faim qui brûlait dans ses yeux. Il était encore entièrement habillé, maître de lui-même alors qu'elle était détruite, brisée par le plaisir.
"On n'a pas fini," murmura-t-il, ses doigts caressant sa joue. "C'était juste le début."
Il se redressa, déboutonna sa chemise avec une lenteur calculée. Elle le regardait, fascinée, pendant que chaque bouton révélait davantage de sa peau dorée, de ses muscles sculptés. Quand la chemise tomba, elle retint son souffle. Il était magnifique - un corps d'athlète, puissant et harmonieux.
Ses mains trouvèrent sa ceinture, défaisant la boucle, puis la fermeture de son pantalon. Il le fit glisser le long de ses jambes avec son boxer, et son sexe libéré se dressa, épais et dur, témoignage de son propre désir.
Il était imposant, et une vague d'appréhension la traversa. Comme s'il lisait dans ses pensées, il se pencha vers elle, l'embrassa doucement.
"Je vais prendre soin de toi," murmura-t-il contre ses lèvres. "Je te promets."
Il se positionna entre ses cuisses, la pointe de son sexe effleurant son entrée trempée. Ils se regardaient, un moment suspendu avant l'irréversible. Puis il commença à entrer en elle.
Lentement. Si lentement qu'elle sentait chaque centimètre qui la remplissait, qui l'étirait, qui la complétait. Elle gémissait, s'ajustant à son intrusion, son corps s'ouvrant pour l'accueillir. Quand il fut complètement en elle, ils restèrent immobiles, soudés l'un à l'autre, respirant ensemble.
"Tu me sens?" murmura-t-il, son souffle chaud contre ses lèvres entrouvertes. "Tu sens comme tu m'appartiens?"
"Oui," souffla-t-elle, la voix tremblante. "Oui..."
Le mot s'échappa d'elle comme une prière, comme un aveu qui scellait son abandon total. Elle le sentait en elle, dur et chaud, remplissant chaque vide, comblant chaque manque qu'elle n'avait jamais su nommer avant lui.
Il commença à bouger, retirant presque entièrement son sexe avant de la pénétrer à nouveau avec une lenteur délibérée. Chaque mouvement était mesuré, contrôlé, une friction exquise qui la faisait gémir. Il prenait son temps, savourant chaque sensation, la regardant dans les yeux pendant qu'il la possédait.
Leurs regards restaient soudés, créant une intimité qui dépassait la simple union de leurs corps. Dans ses yeux sombres, elle voyait son propre désir reflété, amplifié. Elle voyait la maîtrise qu'il exerçait sur lui-même pour maintenir ce rythme torturant alors que son corps réclamait d'aller plus vite, plus fort, plus profond.
"Regarde-moi," ordonna-t-il quand ses paupières menacèrent de se fermer sous l'intensité des sensations. "Je veux que tu me regardes. Je veux que tu saches qui te fait ça."
Elle obéit, captive de son regard, incapable de détourner les yeux même si elle l'avait voulu. Chaque coup de reins envoyait des ondes de plaisir à travers son corps, des vagues qui montaient, redescendaient, puis remontaient encore plus haut.
Il ajusta l'angle de ses hanches, et soudain il touchait quelque chose en elle qui la fit crier. Un point profond qu'elle ne savait même pas exister, un endroit secret qu'il avait trouvé et réclamait maintenant comme sien.
"Là," haleta-t-elle. "Oh mon Dieu... là..."
"Je sais," murmura-t-il, un sourire jouant sur ses lèvres. "Je sens ton corps me répondre. Je sens comment tu te serres autour de moi quand je touche cet endroit."
Il recommença, visant délibérément ce point sensible à chaque poussée. Elle gémissait sans retenue maintenant, tous ses sens concentrés sur l'endroit où leurs corps se rejoignaient, où il entrait et sortait d'elle dans une danse aussi ancienne que le temps.
Le rythme augmenta graduellement. Pas brutal, mais inexorable, comme une marée montante. Ses hanches rencontraient les siennes avec plus de force, créant un son charnel qui se mêlait à leurs respirations saccadées et à ses gémissements.
La sueur perlait sur sa peau dorée, rendant ses muscles encore plus définis dans la lumière dansante des bougies. Elle suivait des yeux les gouttes qui glissaient le long de son cou, de son torse, voulant les lécher, goûter le sel de son effort.
Sa main glissa entre leurs corps soudés, trouvant son clitoris encore hypersensible du premier orgasme. Le contact la fit presque bondir du lit, une décharge électrique qui lui arracha un cri.
"Trop... c'est trop..." haleta-t-elle, son corps tiraillé entre le besoin de fuir la stimulation excessive et celui de s'y abandonner complètement.
"Non," répondit-il fermement, ses doigts continuant leurs caresses circulaires. "Tu peux le prendre. Tu vas le prendre."
Il la caressait en rythme avec ses poussées, créant une symphonie de sensations qui la faisait perdre pied. Chaque mouvement de ses doigts envoyait des ondes de plaisir qui se heurtaient aux vagues créées par son sexe qui la remplissait encore et encore.
Son corps ne savait plus où commençait le plaisir et où il finissait. Tout se fondait en une seule sensation brûlante qui montait, montait, la consumant de l'intérieur. Ses orteils se recroquevillaient, ses muscles se tendaient, son ventre se contractait.
"Je sens que tu es proche," murmura-t-il, sa voix rauque trahissant son propre besoin. "Je sens ton corps se préparer. Tu vas jouir pour moi, n'est-ce pas? Tu vas te briser autour de moi."
"Oui... oh oui... je ne peux pas... je ne peux plus..."
Les mots sortaient de sa bouche sans cohérence, fragments de pensées désintégrées par le plaisir. Son esprit se dissolvait, ne laissant que les sensations - la chaleur de son corps contre le sien, la friction délicieuse de son sexe qui la remplissait, les cercles torturants de ses doigts sur son clitoris gonflé.
Il accéléra encore, ses hanches claquant contre les siennes avec plus de force. Le contrôle qu'il avait maintenu si longtemps commençait à craquer, révélant la bête affamée qu'il avait gardée en cage pendant trois interminables soirées.
"Encore," ordonna-t-il, sa voix descendue d'un octave, devenue presque animale. "Jouis encore pour moi. Maintenant."
Le commandement dans sa voix fut le déclencheur qu'il fallait. Son corps obéit avant même que son esprit ne puisse traiter l'ordre, se soumettant complètement à sa volonté.
L'orgasme monta plus rapidement cette fois, plus violemment. Une vague qui déferlait du plus profond d'elle-même, remontant le long de sa colonne vertébrale comme une trainée de feu. Elle se cramponnait à lui, ses ongles griffant son dos, laissant des marques rouges sur sa peau bronze. Ses jambes s'enroulèrent autour de ses hanches, le maintenant prisonnier en elle, refusant de le laisser s'échapper même d'un millimètre.
"Je vais... oh mon Dieu... je vais..."
Les mots moururent dans sa gorge, remplacés par un cri qui venait du plus profond d'elle. Son corps se cabra, tous ses muscles se contractant simultanément. L'orgasme explosa à travers elle comme une supernova, l'aveuglant, l'assourdissant, effaçant tout sauf la sensation pure et brute de son plaisir.
Son sexe se contractait autour de lui de façon spasmodique, le serrant, le trayant, réclamant sa propre libération. Elle criait son nom encore et encore, une litanie désespérée, tandis que les vagues continuaient de la traverser.
Elle le sentit frémir en elle, son contrôle finalement brisé par l'étau de ses chairs qui pulsaient autour de lui. Ses mouvements devinrent erratiques, désordonnés, perdant tout le contrôle calculé qu'il avait maintenu jusque-là.
"Mon tour," grogna-t-il, son visage enfoui dans son cou, ses dents mordant légèrement sa peau. "Je vais me vider en toi..."
"Oui," haleta-t-elle, serrant ses jambes encore plus fort autour de lui. "Oui... viens en moi... remplis-moi..."
Il la pénétra une dernière fois, profondément, si profondément qu'elle eut l'impression qu'il touchait son âme. Son corps se tendit, chaque muscle se figeant dans une immobilité parfaite pendant une fraction de seconde qui sembla durer une éternité.
Puis il explosa.
Elle le sentit pulser en elle, déversant sa semence en jets chauds qui déclenchèrent une nouvelle vague de contractions dans son propre corps. Leurs orgasmes se fondaient, s'amplifiaient mutuellement, créant une boucle de plaisir qui semblait ne jamais vouloir finir.
Il criait contre sa peau, des sons gutturaux et primitifs qui réveillaient quelque chose d'ancien en elle. Ses hanches continuaient de bouger, de petits mouvements saccadés qui prolongeaient leur plaisir jusqu'à ce qu'ils soient tous deux épuisés, tremblants, à bout de souffle.
Le temps perdit tout sens. Ils restaient soudés, son sexe encore en elle qui palpitait faiblement, leurs cœurs battant à l'unisson contre leurs poitrines pressées l'une contre l'autre. La sueur collait leurs peaux, créant une fusion qui dépassait la simple union de leurs corps.
Elle sentait des larmes couler sur ses joues sans savoir quand elle avait commencé à pleurer. Des larmes de libération, d'abandon, de quelque chose qu'elle ne savait pas nommer mais qui ressemblait à une transformation profonde.
Il releva la tête, essuya ses larmes avec ses pouces, l'embrassant doucement sur les paupières, les joues, les lèvres. Des baisers tendres maintenant, si différents de la passion animale qui les avait consumés quelques instants plus tôt.
"Tu es magnifique," murmura-t-il contre ses lèvres. "Si magnifique quand tu t'abandonnes."
Il roula sur le côté, l'emmenant avec lui sans se retirer, maintenant leur connexion. Elle se retrouva blottie contre son torse, sa tête reposant dans le creux de son épaule, son bras l'enveloppant possessivement.
Ils restèrent ainsi longtemps, leurs respirations se calmant progressivement, leurs corps s'apaisant. L'attente qui avait duré trois jours et trois nuits, cette torture exquise qui les avait poussés au bord de la folie, avait enfin trouvé son accomplissement.
Les bougies avaient presque toutes brûlé quand elle rouvrit les yeux. La chambre baignait maintenant dans une pénombre douce, la lumière de l'aube commençant à filtrer à travers les rideaux. Elle était toujours dans ses bras, leurs jambes entrelacées, son souffle régulier caressant ses cheveux.
Il ne dormait pas. Elle le sentait à la façon dont ses doigts traçaient des cercles paresseux sur son épaule nue, à la façon dont sa respiration, bien que calme, restait consciente.
"Tu es réveillé," murmura-t-elle, sa voix enrouée par les cris.
"Je te regardais dormir," répondit-il doucement. "Tu es encore plus belle quand tu ne te soucies de rien, quand toutes tes barrières sont tombées."
Elle se souleva sur un coude pour le regarder. Dans la lumière naissante du jour, il paraissait différent. Toujours magnifique, mais plus vulnérable aussi. Le masque de contrôle qu'il avait porté pendant leurs rencontres s'était fissuré, révélant quelque chose de plus doux, de plus authentique.
"Pourquoi?" demanda-t-elle. "Pourquoi toute cette attente? Pourquoi m'avoir fait revenir trois soirs?"
Il sourit, sa main remontant pour caresser sa joue.
"Parce que je voulais plus qu'une nuit. Je voulais que tu me désires au-delà du simple physique. Je voulais que tu penses à moi. Que tu rêves de moi. Que quand nous serions enfin ensemble, ce ne soit pas juste un moment, mais le début de quelque chose."
Son cœur se serra dans sa poitrine. "Le début de quoi?"
"De nous," répondit-il simplement. "Si tu veux."
Elle le regarda longuement, cherchant dans ses yeux la confirmation que ce n'était pas juste les mots faciles de l'après-plaisir. Ce qu'elle y trouva la fit sourire - une sincérité désarmante, une vulnérabilité qu'il lui offrait en échange de celle qu'elle lui avait donnée.
"Je le veux," murmura-t-elle avant de l'embrasser doucement.
Ce baiser était différent de tous ceux qu'ils avaient partagés. Pas de faim dévorante, pas d'urgence désespérée. Juste une tendresse infinie, une promesse silencieuse, un commencement.
Quand ils se séparèrent, il la ramena contre son torse, enveloppant ses bras autour d'elle comme un cocon protecteur.
"Reste," dit-il. "Reste pour le petit-déjeuner. Reste pour la journée. Reste aussi longtemps que tu voudras."
"Et ce soir?" demanda-t-elle, un sourire joueur sur les lèvres.
"Ce soir, on recommence," répondit-il en riant doucement. "Mais cette fois, je ne te ferai pas attendre. Enfin... pas trop."
Elle rit aussi, se blottissant plus près de lui, sentant quelque chose en elle s'installer, s'apaiser. L'attente avait été une torture, mais elle avait aussi été une initiation. Elle les avait transformés tous les deux, avait créé entre eux une connexion qui dépassait le simple désir.
Dehors, Paris s'éveillait lentement. Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les nuages, illuminant la chambre d'une lumière dorée. Dans ce lit défait, enlacés dans les draps froissés qui portaient l'empreinte de leur passion, ils restèrent immobiles, savourant le silence confortable de deux âmes qui venaient de se trouver.
L'attente était terminée. Mais leur histoire, elle, ne faisait que commencer.
Elle avait accepté ce dîner presque machinalement, sans trop y réfléchir. Un message, une invitation, une impulsion. Maintenant, assise sur le canapé de cuir patiné, un verre de vin à la main dont elle faisait tourner le liquide rubis sans le boire, elle sentait son regard sur elle. Un regard qui pesait, qui explorait, qui dévoilait.
Il ne disait rien. Depuis qu'il lui avait servi ce vin, il s'était installé dans le fauteuil face à elle et se contentait de l'observer. Pas avec l'insistance vulgaire qu'elle avait déjà croisée ailleurs dans les regards masculins trop appuyés, mais avec une attention qui lui donnait l'impression d'être découverte, lue, comprise dans ses recoins les plus secrets.
Ses yeux parcouraient son visage avec une lenteur calculée. Ils s'attardaient sur ses lèvres qu'elle venait d'humecter nerveusement, glissaient vers sa gorge où battait son pouls de plus en plus rapide, descendaient vers l'échancrure modeste de sa robe qui soudain lui semblait indécente. Elle sentait la chaleur monter le long de son cou, envahir ses joues, se répandre dans sa poitrine.
"Tu es nerveuse," dit-il enfin, sa voix basse résonnant dans l'espace réduit qui les séparait.
Ce n'était pas une question. C'était une constatation prononcée avec la certitude tranquille de celui qui lit dans les corps comme dans des livres ouverts.
Elle ouvrit la bouche pour protester, pour nier, mais aucun son ne sortit. Que pouvait-elle dire? Qu'elle sentait la chaleur monter le long de son cou, que sa peau frissonnait sous l'intensité de son regard comme si ses yeux étaient des mains? Qu'elle avait conscience de chaque battement de son cœur, de chaque inspiration qui soulevait sa poitrine, de l'humidité naissante entre ses cuisses ?
Il posa son verre sur la table basse avec un geste mesuré et se leva. Chaque mouvement était fluide, contrôlé, comme chorégraphié. Il se rapprocha d'elle, traversa la pièce en quelques enjambées silencieuses. Pas assez pour la toucher, juste assez pour qu'elle respire son parfum - bois de santal et quelque chose de plus sauvage, de plus animal, d'indéfinissable. Un parfum qui réveillait en elle des instincts qu'elle croyait endormis.
Elle leva les yeux vers lui. Il dominait sa position assise, la surplombant sans arrogance mais avec une assurance qui la faisait trembler intérieurement. La lumière du feu dansait sur son visage, creusant des ombres sous ses pommettes, faisant briller ses yeux d'une lueur presque prédatrice.
"Je ne te toucherai pas," murmura-t-il, et ces mots tombèrent comme une sentence dans le silence épais qui les enveloppait. "Pas encore."
Sa main se leva, lentement, si lentement qu'elle aurait pu compter chaque seconde. Ses doigts s'arrêtèrent à quelques millimètres de sa joue, suspendus dans l'air comme une promesse non tenue. Elle sentit la chaleur de sa paume sans le contact, son corps se tendant malgré elle vers cette promesse de caresse, comme attiré par un aimant invisible.
L'air entre sa main et sa peau crépitait d'électricité. Elle retenait son souffle, tous ses sens concentrés sur cet espace infime qui les séparait, sur la proximité insoutenable de ce contact qui ne venait pas. Son corps tout entier appelait ce toucher, chaque terminaison nerveuse de sa joue s'éveillait dans l'attente.
"Je vais te dire exactement ce que je vais faire," murmura-t-il, sa voix descendue d'un ton, devenue presque un grondement sourd. "Je veux que tu saches. Que tu l'imagines. Que tu y penses cette nuit quand tu seras seule dans ton lit."
Sa main descendit sans la toucher, traçant un chemin invisible le long de sa mâchoire. Elle sentait la chaleur irradier de ses doigts fantômes, son pouls battre si fort contre sa gorge qu'elle était certaine qu'il pouvait le voir palpiter sous sa peau.
"Je vais te toucher ici d'abord," dit-il, son index pointé vers le creux de son cou sans l'effleurer. "Sentir ton pouls s'affoler sous mes doigts. Je vais appuyer légèrement, juste assez pour te rappeler que je suis là, que je contrôle le rythme."
Elle déglutit avec difficulté, la gorge soudain sèche. Son corps réagissait à des caresses qui n'existaient pas encore, anticipant chaque mouvement qu'il décrivait. L'imagination comblait le vide, créait des sensations qui n'étaient que fantômes mais qui la troublaient davantage que n'importe quel contact réel qu'elle avait connu.
"Puis je descendrai..." Sa main dessina une courbe dans l'air, épousant la forme de son épaule sans jamais la frôler. "Je suivrai la ligne de ta clavicule. J'adore les clavicules des femmes. La façon dont elles dessinent une architecture si délicate sous la peau."
Son doigt invisible continuait sa route, traçant un chemin entre ses seins sans les toucher, descendant vers son ventre qu'elle sentait se contracter instinctivement.
"Je vais prendre mon temps," continua-t-il, sa voix maintenant tout près de son oreille bien qu'il ne l'ait toujours pas touchée. "Des heures peut-être. Jusqu'à ce que tu me supplies. Jusqu'à ce que chaque centimètre de ta peau appelle mes mains."
Elle ferma les yeux, submergée par l'absence de ce contact qu'elle désirait déjà avec une intensité qui la surprenait elle-même. Son corps se tendait vers lui, cherchant instinctivement une proximité qu'il ne lui donnait pas. Elle sentait l'humidité tremper sa culotte, sa respiration devenir de plus en plus irrégulière.
Comment faisait-il cela? Comment créait-il ce vertige sans même la toucher? Elle avait connu des hommes qui l'avaient déshabillée, qui l'avaient prise, mais aucun ne l'avait jamais mise dans un tel état de désir brut avec simplement des mots et un regard.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, il s'était reculé. Il la regardait depuis le fauteuil où il s'était réinstallé, son verre à nouveau dans sa main, un sourire jouant sur ses lèvres. Un sourire qui promettait tant de choses, qui contenait tant de promesses non formulées qu'elle sentit un nouveau vertige la saisir.
"Tu vois," dit-il en portant le verre à ses lèvres, "ton corps sait déjà. Il comprend. Regarde-toi."
Instinctivement, elle baissa les yeux sur elle-même. Ses mains agrippaient les coussins du canapé, ses jointures blanches sous la pression. Sa respiration soulevait sa poitrine de façon visible, rapide, saccadée. Ses cuisses étaient serrées l'une contre l'autre, cherchant une friction qu'elle n'osait pas se donner consciemment.
"Je n'ai pas besoin de te toucher pour te posséder," murmura-t-il. "Ton corps me répond déjà. Je le vois dans la façon dont tu respires. Dans la façon dont tes pupilles se dilatent quand je te regarde. Dans la façon dont tu serres les cuisses."
Elle rougit violemment, honteuse et excitée à la fois d'être si transparente, si lisible.
Il se leva à nouveau, s'approcha. Cette fois, il se plaça derrière le canapé. Elle sentit sa présence dans son dos, la chaleur de son corps qui irradiait vers elle sans contact. Ses mains se posèrent sur le dossier du canapé, de chaque côté de ses épaules, l'encageant sans la toucher.
"Penche ta tête en arrière," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, incapable de résister, sa nuque s'inclinant jusqu'à ce que le sommet de son crâne repose contre le cuir du dossier. De cette position, elle le voyait à l'envers, son visage penché sur le sien, ses traits transformés par l'angle inhabituel.
"Si je t'embrassais maintenant," murmura-t-il, son souffle effleurant ses lèvres sans les toucher, "tu ne pourrais pas bouger. Tu serais à ma merci. Complètement vulnérable."
Ses lèvres planaient à un millimètre des siennes, si proches qu'elle pouvait sentir la chaleur de son souffle, percevoir l'odeur du vin qu'il avait bu. Elle attendait le baiser, tous ses muscles tendus dans l'anticipation, ses lèvres entrouvertes.
Mais il ne l'embrassa pas.
Il se redressa, contourna le canapé, et alla se poster devant la fenêtre, lui tournant le dos. La pluie continuait de battre contre les vitres dans un crescendo qui semblait faire écho au tumulte intérieur qu'elle ressentait.
"Pas ce soir," dit-il sans se retourner, sa voix à peine audible par-dessus le bruit de la pluie. "Ce soir, je veux juste que tu y penses. Que tu imagines. Que tu te touches en pensant à ce que je vais te faire."
Le silence qui suivit était chargé de toutes les possibilités non réalisées, de tous les contacts qui n'avaient pas eu lieu. Elle resta immobile sur le canapé, le corps vibrant de désir inassouvi, l'esprit embrumé par l'intensité de ce qui venait de se passer - ou plutôt, de ce qui n'était pas arrivé.
"Va-t'en maintenant," ordonna-t-il doucement, toujours sans se retourner. "Rentre chez toi. Pense à moi. Rêve de moi."
Elle se leva sur des jambes tremblantes, récupéra son sac, son manteau. En passant devant lui pour rejoindre la porte, elle s'arrêta, attendant qu'il la retienne, qu'il change d'avis, qu'il la touche enfin.
Mais il ne bougea pas.
"Demain soir," dit-il alors qu'elle avait déjà la main sur la poignée.
Elle sortit dans la nuit pluvieuse, le cœur battant, le corps en feu, sachant déjà qu'elle ne dormirait pas de la nuit, que ses mains chercheraient entre ses cuisses le soulagement qu'il lui avait refusé, que chaque caresse qu'elle se donnerait porterait son empreinte fantôme.
—
Comme elle le redoutait, elle n'avait pas dormi. Toute la nuit, les heures s'étaient écoulées dans un état second, suspendue entre veille et sommeil, incapable de trouver le repos. Son corps vibrait encore du souvenir de ces mains qui ne l'avaient pas touchée, de cette bouche qui n'avait pas embrassé la sienne, de toutes ces promesses susurrées qui n'avaient pas trouvé leur accomplissement.
Allongée dans son lit, elle avait fermé les yeux et laissé ses propres mains vagabonder là où les siennes auraient dû se poser. Elle avait exploré sa propre peau en imaginant ses doigts à lui, suivant le chemin qu'il avait tracé dans l'air sans jamais la toucher. Sa main avait glissé entre ses cuisses, trouvant l'humidité qui témoignait de son désir inassouvi. Elle s'était caressée en pensant à lui, à son regard, à sa voix, à la façon dont il l'avait dominée sans même lever la main sur elle.
A chaque fois, l'orgasme était venu rapidement, trop rapidement, la laissant frustrée malgré le plaisir. Parce que ce n'était pas lui. Parce que ses propres doigts ne pouvaient reproduire l'intensité de sa présence, la maîtrise qu'il dégageait, le contrôle qu'il exerçait sur elle sans effort apparent.
Le message était arrivé au petit matin, alors que le jour commençait à peine à filtrer à travers les rideaux. Le vibreur de son téléphone l'avait arrachée à un demi-sommeil agité. Elle avait saisi l'appareil avec des doigts tremblants.
"Ce soir. 20 heures. Porte un chemisier boutonné. Rien en dessous.
Sept mots. Sept mots qui avaient suffi à rallumer le feu dans son ventre, à faire battre son cœur plus fort, à réveiller chaque terminaison nerveuse de son corps.
La journée qui suivit fut une torture exquise. Chaque heure qui s'écoulait était à la fois trop lente et trop rapide. L'anticipation la consumait de l'intérieur, créant une tension qui imprégnait chacun de ses gestes, chacune de ses pensées. Elle ne pouvait se concentrer sur rien, son esprit revenant sans cesse à lui, à ce qui l'attendait, à ce qu'il allait lui faire.
Elle avait passé une heure devant son armoire, examinant chaque chemisier qu'elle possédait. Finalement, elle avait choisi un modèle blanc en soie, presque transparent dans certains éclairages, avec sept boutons de nacre qui couraient du col à la taille. Sept boutons. Sept promesses de révélation.
Elle l'avait enfilé dans l'après-midi, testant l'effet dans le miroir. Sans soutien-gorge, la soie épousait ses seins de façon indécente, laissant deviner la forme de ses mamelons qui durcissaient au contact du tissu. Elle s'était regardée longuement, essayant de voir ce qu'il verrait, d'imaginer son regard sur elle. La pensée seule avait suffi à faire naître une chaleur liquide entre ses cuisses.
Dix-neuf heures trente. Elle avait pris une douche, prolongeant chaque geste comme un rituel de préparation. L'eau chaude avait coulé sur sa peau hypersensible, chaque goutte semblant porter l'empreinte de son regard. Elle s'était séchée avec soin, avait appliqué une crème parfumée - vanille et bois de santal, comme son parfum à lui - sur chaque centimètre de sa peau.
Dix-neuf heures cinquante. Elle avait enfilé le chemisier, laissant ses doigts s'attarder sur chaque bouton avant de le fermer. Le contact de la soie sur sa peau nue la faisait frissonner. Elle avait choisi une jupe droite noire qui s'arrêtait juste au-dessus du genou, des talons qui accentuaient la cambrure de ses reins. Dans le miroir, elle ne se reconnaissait pas. Ses yeux brillaient d'un éclat fiévreux, ses joues étaient rosies, ses lèvres légèrement gonflées comme si elle venait d'être embrassée.
Elle tremblait en sonnant à sa porte, son corps vibrant d'un mélange d'appréhension et de désir si intense qu'elle avait l'impression de pouvoir exploser au moindre contact.
Quand il ouvrit, elle dut retenir un hoquet de surprise. Il était torse nu, son jean à peine boutonné pendant bas sur ses hanches, révélant le V de muscles qui disparaissait sous la ceinture. Ses cheveux humides suggéraient une douche récente, et des gouttes d'eau perlaient encore sur son torse sculpté. Il était beau à couper le souffle, et visiblement conscient de l'effet qu'il produisait sur elle.
"Entre," dit-il simplement, s'écartant pour la laisser passer.
Elle franchit le seuil, tous ses sens en alerte. L'appartement était différent. Des dizaines de bougies brûlaient sur chaque surface, créant des îlots de lumière dansante qui projetaient des ombres mouvantes sur les murs. Une playlist jazz jouait en sourdine, les notes de saxophone caressant l'air comme des doigts invisibles. L'atmosphère était chargée d'une sensualité presque palpable.
Il referma la porte derrière elle et resta là, immobile, à la regarder. Son regard glissait sur elle avec la lenteur délibérée d'une caresse, descendant de son visage à sa gorge, s'attardant sur ses seins dont les contours se devinaient sous la soie, continuant vers sa taille, ses hanches, ses jambes.
"Tu as suivi mes instructions," dit-il enfin, sa voix caressant sa nuque comme un souffle chaud. "C'est bien."
Elle ne répondit pas, incapable de trouver sa voix. Son cœur battait si fort qu'elle était certaine qu'il pouvait l'entendre.
"Tourne-toi," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, pivotant lentement sur ses talons. Elle sentit son regard sur elle, explorant chaque courbe, chaque ligne de son corps comme s'il la déshabillait mentalement.
"Encore."
Elle tourna à nouveau, faisant face à lui. Il s'était rapproché sans qu'elle s'en rende compte, se tenant maintenant à moins d'un mètre d'elle. Assez près pour qu'elle sente la chaleur qui émanait de sa peau encore humide, assez loin pour maintenir cet espace insupportable entre eux.
Il la guida vers le centre du salon sans la toucher, simplement par sa présence, par le magnétisme qu'il dégageait. Elle marchait comme hypnotisée, incapable de résister, ne voulant pas résister.
"Reste là. Debout. Immobile."
Il fit lentement le tour d'elle, comme un sculpteur admirant son œuvre, comme un prédateur jaugeant sa proie. Elle pouvait sentir son regard la parcourir, s'attarder sur certaines parties de son corps, créant une chaleur là où il se posait.
"Tu es magnifique," murmura-t-il en s'arrêtant derrière elle, son souffle effleurant sa nuque sans la toucher. "Exactement comme je l'avais imaginé."
Ses doigts effleurèrent son épaule, remontèrent vers le col de son chemisier. Elle retint son souffle, tous ses muscles tendus dans l'anticipation. Il ne le défit pas. Il se contenta de le toucher, de jouer avec, faisant rouler le bouton entre ses doigts tandis qu'elle retenait son souffle.
"Combien y en a-t-il?" demanda-t-il, sa bouche si proche de son oreille qu'elle sentait la chaleur de ses lèvres sans qu'elles la touchent.
"Sept," réussit-elle à murmurer, sa voix à peine audible.
"Sept barrières entre toi et moi." Il laissa sa main descendre, effleurant chaque bouton sans les défaire, comptant à voix haute. "Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept."
Chaque chiffre prononcé résonnait comme une promesse, comme un compte à rebours vers quelque chose d'inévitable et terrifiant.
Il glissa derrière elle, son torse nu frôlant son dos sans vraiment le toucher. Ses mains encerclèrent sa taille sans la toucher vraiment, planant à la surface du tissu comme des fantômes. Elle sentait la chaleur de ses paumes à travers la soie, l'électricité qui crépitait dans l'espace infime qui les séparait.
"Tu sens ça?" murmura-t-il. "Ton corps appelle mes mains. Ta peau frissonne sous mes doigts alors que je ne t'ai même pas touchée. Tu sais pourquoi?"
Elle secoua la tête, incapable de parler.
"Parce que ton corps me connaît déjà. Il sait ce que je vais lui faire. Il se prépare, il s'ouvre, il se mouille pour moi."
Un gémissement s'échappa de ses lèvres malgré elle. C'était vrai. Elle sentait l'humidité tremper sa culotte, son sexe palpiter dans un vide douloureux qui réclamait d'être comblé.
"Je vais défaire un bouton maintenant," murmura-t-il à son oreille, sa voix descendue d'un ton, devenue presque animale. "Un seul. Et puis je vais attendre. Je vais te regarder. Te voir respirer. Te voir trembler. Te voir désirer."
Ses doigts montèrent vers le dernier bouton, celui du haut, juste sous son menton. Il le fit glisser hors de son logement avec une lenteur calculée, presque cruelle. Le tissu s'ouvrit légèrement, révélant à peine la naissance de sa gorge, l'endroit où son pouls battait frénétiquement.
Il se pencha, son nez effleurant la peau exposée sans la toucher vraiment, inspirant profondément.
"Tu sens le désir," murmura-t-il. "Un bouquet de phéromones. Ça m'enivre."
Puis il s'écarta. Retourna s'asseoir sur le canapé, son verre de whisky à la main, les yeux fixés sur elle avec une intensité qui la clouait sur place.
"Maintenant, reste là. Debout. Laisse-moi te regarder."
Le temps sembla s'arrêter. Elle se tenait immobile au centre de la pièce, exposée dans la lumière dansante des bougies, consciente de la façon dont sa poitrine se soulevait à chaque respiration, de la façon dont le tissu frottait contre ses mamelons durs, de la façon dont ses cuisses tremblaient légèrement sous l'effort de rester immobile.
Un seul bouton défait, et elle se sentait plus nue qu'elle ne l'avait jamais été. Plus vulnérable. Plus exposée. L'ouverture minuscule dans le tissu était comme une promesse, une anticipation de ce qui viendrait, de toutes les révélations à venir.
Elle le regardait la regarder, captée dans ses yeux sombres qui la dévoraient sans pitié. Il ne bougeait pas, se contentant de l'observer, de boire son whisky par petites gorgées, un sourire jouant sur ses lèvres.
"Tu es magnifique quand tu attends," dit-il finalement, brisant le silence qui s'était étiré entre eux comme un élastique sur le point de se rompre. "Ton corps sait ce qui va venir, même si ta tête ne peut pas l'imaginer encore. Regarde comme tes mamelons sont durs. Regarde comme tu serres les cuisses, cherchant une friction que je ne te donne pas."
Elle rougit violemment, mortifiée et excitée à la fois par la façon dont il la lisait, dont il nommait ce qu'elle ressentait.
"Je peux voir ton pouls battre à travers le tissu," continua-t-il, son regard fixé sur sa gorge exposée. "Rapide. Affolé. Tu es terrifiée et affamée en même temps, n'est-ce pas?"
Elle hocha la tête, la gorge trop serrée pour parler.
"Dis-le," ordonna-t-il. "Je veux t'entendre le dire."
"Oui," murmura-t-elle. "J'ai peur. Et j'ai envie."
"Envie de quoi?"
"De toi. De tes mains sur moi. De ta bouche. De..."
"De ma queue?" Son crudité soudaine la fit tressaillir, envoyant une nouvelle vague de chaleur entre ses cuisses. "Tu veux sentir ma queue en toi?"
"Oui," souffla-t-elle, abandonnant toute prétention de retenue.
Il sourit, visiblement satisfait de sa soumission verbale, puis se leva. Traversa la pièce jusqu'à elle avec cette grâce féline qui la faisait fondre. S'arrêta à quelques centimètres, si proche qu'elle pouvait voir les reflets de la lumière des bougies dans ses yeux, si loin qu'elle ne pouvait pas le toucher sans briser son commandement de rester immobile.
"Pas encore," murmura-t-il, son souffle caressant ses lèvres entrouvertes. "Pas avant que tu sois prête. Pas avant que tu m'en supplies."
Sa main se leva, traça le contour de son visage sans la toucher, descendit le long de son cou, s'arrêta au deuxième bouton.
"Je pourrais le défaire maintenant," dit-il, son doigt jouant avec le bouton. "Révéler un peu plus de ta peau. Voir comment tes seins montent et descendent sous le tissu. Mais je ne vais pas le faire."
Elle gémit de frustration, son corps se tendant vers lui malgré elle.
"Parce que l'attente rend tout plus intense," continua-t-il, sa voix devenue presque hypnotique. "Chaque seconde qui passe amplifie ton désir. Chaque respiration te rapproche du moment où tu vas craquer. Où tu vas me supplier. Où tu vas abandonner toute fierté et me demander de te prendre."
Il se recula, la laissant vaciller sur ses talons, déséquilibrée par l'absence soudaine de sa présence.
"Rentre chez toi maintenant," ordonna-t-il doucement, et le choc de ses mots fut comme une gifle.
"Quoi?" Elle le fixait, incrédule, son corps hurlant en protestation.
"Rentre. Et demain, porte la même chose. Mais n'attache pas ce bouton." Il désigna le premier qu'il avait défait, maintenant refermé sous ses doigts tremblants.
"Mais... je pensais..."
"Je sais ce que tu pensais." Son sourire était cruel et tendre à la fois. "C'est exactement pour ça que tu dois partir. Pour que tu y penses toute la nuit. Pour que tu te touches en pensant à moi. Pour que demain, quand tu reviendras, tu sois prête à m'appartenir complètement."
Elle resta figée, incapable de bouger, son esprit refusant d'accepter qu'il la renvoie encore une fois.
"Va," répéta-t-il, plus fermement. "Avant que je change d'avis. Avant que je te prenne ici, maintenant, sans préparation, sans douceur. Va pendant que je peux encore me contrôler."
Quelque chose dans sa voix - une tension, une urgence à peine contenue - lui fit comprendre qu'il luttait lui aussi. Que ce jeu de contrôle lui coûtait, que son désir pour elle n'était pas feint. Cette réalisation lui donna la force de bouger.
Elle se dirigea vers la porte sur des jambes tremblantes, récupéra son sac. En passant devant lui, elle sentit sa main effleurer ses cheveux, un contact si bref qu'elle l'aurait cru imaginé si ce n'était la brûlure qu'il laissait sur son cuir chevelu.
"Demain," dit-il alors qu'elle avait la main sur la poignée, "je vais défaire le deuxième bouton. Et peut-être le troisième. Et tu vas rester debout devant moi pendant que je te regarde. Pendant des heures, peut-être. Jusqu'à ce que tu ne puisses plus supporter l'attente. Jusqu'à ce que ton corps entier m'appelle. Jusqu'à ce que tu me supplies à genoux."
Elle s'enfuit dans la nuit, le corps en feu, l'esprit fracturé par le désir. Dans le taxi qui la ramenait chez elle, sa main glissa sous sa jupe, cherchant un soulagement dont elle savait qu'il ne viendrait pas vraiment. Parce que ce n'était pas lui. Parce que ses propres doigts ne pouvaient reproduire ce qu'il lui faisait - cette torture exquise, cette attente insoutenable qui transformait chaque seconde en une éternité de désir.
Chez elle, elle se déshabilla sans allumer la lumière, laissant tomber le chemisier sur le sol comme une peau morte. Elle s'allongea nue sur son lit, les mains explorant son corps, imaginant ses doigts à lui. Elle compta les boutons imaginaires qu'il déferait demain, traçant un chemin sur sa peau que ses mains suivraient peut-être.
L'orgasme, quand il vint, fut violent et insatisfaisant à la fois. Un simulacre de ce qu'elle désirait vraiment. Elle s'endormit finalement à l'aube, épuisée et affamée, rêvant de mains qui ne la touchaient pas, de lèvres qui ne l'embrassaient pas, de promesses qui restaient suspendues dans l'air comme des baisers fantômes.
—
Le troisième soir, elle était prête à supplier avant même d'avoir franchi sa porte. Les deux nuits précédentes l'avaient brisée, reconstruite, puis brisée à nouveau. Elle ne dormait plus. Ne mangeait presque plus. Son corps tout entier n'était plus qu'une plaie ouverte de désir, chaque cellule appelant ses mains, sa bouche, son corps.
Deux boutons défaits maintenant, révélant la courbe supérieure de ses seins, la dentelle noire de son soutien-gorge qu'elle avait finalement mis malgré ses instructions - un dernier rempart dérisoire contre sa propre vulnérabilité. Elle tremblait en sonnant à sa porte, ses jambes menaçant de se dérober sous elle.
Il ouvrit immédiatement, comme s'il l'avait attendue de l'autre côté. Ce soir, il portait un pantalon noir et une chemise blanche dont les manches étaient roulées sur ses avant-bras. Il était d'une beauté presque cruelle, composé et maître de lui-même alors qu'elle se sentait sur le point de se désintégrer.
Son regard balaya son corps, s'arrêta sur les deux boutons défaits, descendit, remonta. Un sourire effleura ses lèvres.
"Tu as triché," dit-il simplement.
Elle baissa les yeux, mortifiée. Le soutien-gorge. Il avait remarqué la ligne sous le tissu.
"Je... j'avais peur," murmura-t-elle.
"De quoi?"
"De moi. De ce que je ressens. De ce que tu me fais."
Il s'approcha, si près qu'elle sentit son souffle sur son visage. Sa main se leva, caressa sa joue avec une douceur qui contrastait avec l'intensité de son regard.
"C'est la dernière fois que tu me désobéis," dit-il, sa voix douce mais inflexible. "Enlève-le. Maintenant."
Elle le fixa, paralysée entre l'humiliation et l'excitation.
"Ici?" souffla-t-elle.
"Ici. Dans l'entrée. Devant moi."
Ses mains tremblaient quand elles montèrent vers les boutons de son chemisier. Elle les défit un à un, consciente de son regard qui ne la quittait pas, qui buvait chaque geste, chaque révélation de peau. Le tissu s'ouvrit, découvrant le soutien-gorge noir qui emprisonnait ses seins.
"Continue," ordonna-t-il.
Elle fit glisser le chemisier de ses épaules. Il tomba sur le sol comme une peau morte. Puis ses mains trouvèrent l'agrafe dans son dos. Un instant de pause, un dernier moment avant l'abandon complet, puis le clic libérateur. Le soutien-gorge rejoignit le chemisier.
Elle se tenait là, torse nu dans l'entrée, ses seins exposés à son regard, ses mamelons durcis par l'air frais et le désir. Elle aurait dû avoir honte. Elle aurait dû se couvrir. Mais quelque chose dans son regard - une faim, une appréciation presque révérencielle - la faisait se tenir plus droite, offrant son corps à sa contemplation.
"Magnifique," murmura-t-il. "Viens maintenant."
Il la guida vers sa chambre. Elle l'avait imaginée des centaines de fois pendant ces nuits d'insomnie, mais la réalité dépassait ses fantasmes. Les draps étaient tirés, d'un blanc immaculé qui contrastait avec le bois sombre du lit. Des oreillers arrangés avec soin. Des bougies brûlaient sur chaque surface, projetant des ombres dansantes sur les murs. L'atmosphère était chargée d'une sensualité presque palpable, lourde de promesses.
"Allonge-toi," dit-il.
Elle obéit, s'étendant sur le dos au centre du lit. Le contact des draps frais contre sa peau nue la fit frissonner. Elle le regarda se placer debout au pied du lit, l'observant avec la même intensité que les soirs précédents, mais maintenant sans barrières, sans protection.
"Tu es si belle comme ça," dit-il, sa voix descendue d'un ton. "Offerte. Vulnérable. Affamée."
Il se pencha, ses mains trouvant ses chevilles. Il les écarta doucement mais fermement, ouvrant ses jambes, exposant l'humidité qui tachait déjà sa culotte. Elle rougit violemment, mortifiée et excitée par sa propre évidence.
"Regarde comme tu es mouillée," murmura-t-il. "Et je ne t'ai même pas encore touchée. Ton corps me connaît déjà. Il se prépare pour moi."
Il monta sur le lit, s'agenouillant entre ses jambes écartées. Ses mains glissèrent le long de ses mollets, remontèrent vers ses genoux, ses cuisses. Un toucher léger, presque fantomatique, qui la faisait trembler.
"Je vais te dire exactement ce que je vais faire," dit-il, sa voix hypnotique. "Je vais prendre mon temps. Je vais explorer chaque centimètre de ta peau. Je vais trouver tous les endroits qui te font gémir. Et quand tu seras au bord, quand tu ne pourras plus supporter une seconde de plus, alors seulement je te donnerai ce que tu veux."
Il se plaça au-dessus d'elle, supportant son poids sur ses avant-bras, son visage à quelques centimètres du sien. Son souffle se mêlait au sien, chaud, chargé de promesses.
"Je vais t'embrasser maintenant," murmura-t-il. "Mais seulement si tu me le demandes. Si tu abandonnes ta fierté. Si tu admets que tu es à moi."
Le silence s'étira entre eux, lourd de tension. Elle sentait son propre cœur battre si fort qu'elle était sûre qu'il pouvait l'entendre. Sa fierté luttait contre son désir, mais son corps avait déjà capitulé depuis longtemps. Il n'attendait que la permission de sa bouche pour se rendre complètement.
"S'il te plaît," chuchota-t-elle enfin, sa voix à peine audible.
"S'il te plaît quoi?"
"Embrasse-moi. Touche-moi. Prends-moi. Je suis à toi."
Un sourire éclaira son visage, tendre et possessif à la fois. Puis ses lèvres se posèrent sur les siennes, et le monde explosa.
Ce n'était pas un baiser doux. C'était une conquête, une revendication, une dévoration. Sa langue força le passage entre ses lèvres, explora sa bouche avec une intensité qui lui coupa le souffle. Il l'embrassait comme s'il voulait la consumer, la posséder entièrement par ce seul contact.
Elle gémit dans sa bouche, ses hanches se soulevant instinctivement pour chercher un contact qu'il ne lui donnait toujours pas. Ses mains trouvèrent ses épaules, ses doigts s'accrochant à sa chemise comme à une bouée de sauvetage.
Il rompit le baiser, la laissant haletante, et sa bouche descendit le long de sa mâchoire. Il mordilla son lobe d'oreille, suça la peau tendre de son cou, marquant son passage de petites morsures qui la faisaient gémir. Chaque baiser laissait une traînée de feu sur sa peau hypersensible.
"Tu veux que je te touche?" demanda-t-il, sa voix rauque contre sa gorge.
"Oui... s'il te plaît... je ne peux plus..."
Ses mains glissèrent de ses épaules vers ses seins. Enfin. Enfin. Le contact de ses paumes chaudes sur sa chair nue la fit se cambrer violemment. Il les pesa, les caressa, ses pouces frottant ses mamelons durcis avec une pression qui oscillait entre plaisir et douleur.
"Si sensibles," murmura-t-il en se penchant pour prendre un mamelon entre ses lèvres.
La sensation de sa bouche chaude et humide aspirant sa chair lui arracha un cri. Sa langue tournait autour du bourgeon durci, le taquinait, le mordillait légèrement. Puis il passa à l'autre sein, lui accordant la même attention torturante pendant que sa main continuait de jouer avec le premier.
Elle perdait la tête, ses doigts agrippant ses cheveux, le maintenant contre sa poitrine. Des sons qu'elle ne se connaissait pas s'échappaient de sa gorge - gémissements, supplications inarticulées, son nom répété comme une prière.
Sa bouche quitta ses seins pour descendre plus bas. Il traça un chemin de baisers le long de son sternum, de son ventre qui se contractait sous ses lèvres, s'arrêtant à la ceinture de sa jupe.
"Je vais l'enlever maintenant," dit-il, ses doigts trouvant la fermeture. "Et tu vas t'ouvrir pour moi. Complètement."
Elle leva les hanches pour l'aider, et il fit glisser la jupe le long de ses jambes, la jetant négligemment sur le sol. Elle était maintenant entièrement nue devant lui à l'exception de sa culotte en dentelle noire trempée d'humidité.
Il s'assit sur ses talons entre ses jambes, la contemplant. Son regard la parcourait comme une caresse physique, s'attardant sur ses seins aux mamelons rougis par ses baisers, sur son ventre qui se soulevait rapidement, sur la tache sombre qui marquait sa culotte.
"Écarte les cuisses," ordonna-t-il doucement.
Elle obéit, ouvrant ses jambes plus largement, s'offrant à son regard. L'exposition était à la fois humiliante et excitante, la rendant plus vulnérable qu'elle ne l'avait jamais été.
"Regarde comme tu es belle," murmura-t-il, sa main remontant lentement le long de sa cuisse intérieure. "Regarde comme tu es prête pour moi."
Ses doigts frôlèrent le tissu trempé de sa culotte et elle hoqueta, ses hanches se soulevant vers sa main. Mais il ne la toucha pas directement, se contentant de tracer des cercles torturants autour de son sexe palpitant.
"Supplie-moi," dit-il.
"S'il te plaît... touche-moi... je t'en supplie..."
"Où? Dis-moi où tu veux que je te touche."
"Là... entre mes jambes... sur mon sexe... je t'en prie..."
Il sourit, visiblement satisfait de l'avoir réduite à supplier aussi crûment. Ses doigts trouvèrent le bord de sa culotte, la firent glisser le long de ses jambes. Elle était maintenant complètement nue, entièrement exposée à son regard.
"Tu es trempée," murmura-t-il en contemplant son sexe gonflé et luisant. "Si belle. Si prête."
Son doigt traça la ligne de ses lèvres intimes, recueillant son humidité. Elle gémit, le son rauque et désespéré. Il porta son doigt à sa bouche, suçant son essence avec une lenteur délibérée.
"Tu as un goût divin," dit-il, ses yeux fixés sur les siens. "Mais je vais vérifier à la source."
Il se pencha, ses épaules écartant ses cuisses, son souffle effleurant son sexe sensible. Elle retint sa respiration, tous ses muscles tendus dans l'anticipation. Puis sa langue se posa sur elle et elle cria, son dos s'arquant du lit.
Il la goûtait avec une lenteur méthodique, sa langue explorant chaque pli, chaque recoin de son intimité. Il lapait son humidité, suçait ses lèvres gonflées, évitant délibérément son clitoris palpitant qui réclamait son attention.
"S'il te plaît..." gémit-elle, ses mains agrippant les draps. "S'il te plaît... là..."
"Patience," murmura-t-il contre sa chair, la vibration de sa voix la faisant trembler.
Quand sa langue toucha enfin son clitoris, elle faillit jouir sur-le-champ. Mais il s'écarta immédiatement, la maintenant au bord du précipice sans la laisser tomber. Il recommença - un coup de langue, deux, puis il s'éloignait, la laissant haletante et frustrée.
"Pas encore," dit-il. "Je veux que tu sois au bord. Je veux que quand tu jouiras, ce soit si intense que tu en oublieras qui tu es"
Il glissa un doigt en elle et elle gémit au contact. Un deuxième doigt rejoignit le premier, étirant ses chairs serrées. Il les fit aller et venir lentement pendant que sa bouche revenait sur son clitoris, créant une symphonie de sensations qui la faisait perdre la tête.
Son orgasme montait, inévitable, irrésistible. Chaque cellule de son corps tendait vers cette libération, appelait l'explosion qui la briserait en mille morceaux.
"Je vais... oh mon Dieu... je vais..."
"Jouis pour moi," ordonna-t-il contre sa chair. "Maintenant."
L'orgasme la frappa avec la force d'un raz-de-marée. Son corps se cabra, ses cuisses se refermant autour de sa tête pendant que des vagues de plaisir la traversaient encore et encore. Elle criait, son corps tremblant de façon incontrôlable, submergée par une intensité qu'elle n'avait jamais connue.
Il la guida à travers chaque vague, sa bouche et ses doigts travaillant sans relâche jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter, hypersensible et épuisée.
Quand elle rouvrit les yeux, il était au-dessus d'elle, la contemplant avec une tendresse qui contrastait avec la faim qui brûlait dans ses yeux. Il était encore entièrement habillé, maître de lui-même alors qu'elle était détruite, brisée par le plaisir.
"On n'a pas fini," murmura-t-il, ses doigts caressant sa joue. "C'était juste le début."
Il se redressa, déboutonna sa chemise avec une lenteur calculée. Elle le regardait, fascinée, pendant que chaque bouton révélait davantage de sa peau dorée, de ses muscles sculptés. Quand la chemise tomba, elle retint son souffle. Il était magnifique - un corps d'athlète, puissant et harmonieux.
Ses mains trouvèrent sa ceinture, défaisant la boucle, puis la fermeture de son pantalon. Il le fit glisser le long de ses jambes avec son boxer, et son sexe libéré se dressa, épais et dur, témoignage de son propre désir.
Il était imposant, et une vague d'appréhension la traversa. Comme s'il lisait dans ses pensées, il se pencha vers elle, l'embrassa doucement.
"Je vais prendre soin de toi," murmura-t-il contre ses lèvres. "Je te promets."
Il se positionna entre ses cuisses, la pointe de son sexe effleurant son entrée trempée. Ils se regardaient, un moment suspendu avant l'irréversible. Puis il commença à entrer en elle.
Lentement. Si lentement qu'elle sentait chaque centimètre qui la remplissait, qui l'étirait, qui la complétait. Elle gémissait, s'ajustant à son intrusion, son corps s'ouvrant pour l'accueillir. Quand il fut complètement en elle, ils restèrent immobiles, soudés l'un à l'autre, respirant ensemble.
"Tu me sens?" murmura-t-il, son souffle chaud contre ses lèvres entrouvertes. "Tu sens comme tu m'appartiens?"
"Oui," souffla-t-elle, la voix tremblante. "Oui..."
Le mot s'échappa d'elle comme une prière, comme un aveu qui scellait son abandon total. Elle le sentait en elle, dur et chaud, remplissant chaque vide, comblant chaque manque qu'elle n'avait jamais su nommer avant lui.
Il commença à bouger, retirant presque entièrement son sexe avant de la pénétrer à nouveau avec une lenteur délibérée. Chaque mouvement était mesuré, contrôlé, une friction exquise qui la faisait gémir. Il prenait son temps, savourant chaque sensation, la regardant dans les yeux pendant qu'il la possédait.
Leurs regards restaient soudés, créant une intimité qui dépassait la simple union de leurs corps. Dans ses yeux sombres, elle voyait son propre désir reflété, amplifié. Elle voyait la maîtrise qu'il exerçait sur lui-même pour maintenir ce rythme torturant alors que son corps réclamait d'aller plus vite, plus fort, plus profond.
"Regarde-moi," ordonna-t-il quand ses paupières menacèrent de se fermer sous l'intensité des sensations. "Je veux que tu me regardes. Je veux que tu saches qui te fait ça."
Elle obéit, captive de son regard, incapable de détourner les yeux même si elle l'avait voulu. Chaque coup de reins envoyait des ondes de plaisir à travers son corps, des vagues qui montaient, redescendaient, puis remontaient encore plus haut.
Il ajusta l'angle de ses hanches, et soudain il touchait quelque chose en elle qui la fit crier. Un point profond qu'elle ne savait même pas exister, un endroit secret qu'il avait trouvé et réclamait maintenant comme sien.
"Là," haleta-t-elle. "Oh mon Dieu... là..."
"Je sais," murmura-t-il, un sourire jouant sur ses lèvres. "Je sens ton corps me répondre. Je sens comment tu te serres autour de moi quand je touche cet endroit."
Il recommença, visant délibérément ce point sensible à chaque poussée. Elle gémissait sans retenue maintenant, tous ses sens concentrés sur l'endroit où leurs corps se rejoignaient, où il entrait et sortait d'elle dans une danse aussi ancienne que le temps.
Le rythme augmenta graduellement. Pas brutal, mais inexorable, comme une marée montante. Ses hanches rencontraient les siennes avec plus de force, créant un son charnel qui se mêlait à leurs respirations saccadées et à ses gémissements.
La sueur perlait sur sa peau dorée, rendant ses muscles encore plus définis dans la lumière dansante des bougies. Elle suivait des yeux les gouttes qui glissaient le long de son cou, de son torse, voulant les lécher, goûter le sel de son effort.
Sa main glissa entre leurs corps soudés, trouvant son clitoris encore hypersensible du premier orgasme. Le contact la fit presque bondir du lit, une décharge électrique qui lui arracha un cri.
"Trop... c'est trop..." haleta-t-elle, son corps tiraillé entre le besoin de fuir la stimulation excessive et celui de s'y abandonner complètement.
"Non," répondit-il fermement, ses doigts continuant leurs caresses circulaires. "Tu peux le prendre. Tu vas le prendre."
Il la caressait en rythme avec ses poussées, créant une symphonie de sensations qui la faisait perdre pied. Chaque mouvement de ses doigts envoyait des ondes de plaisir qui se heurtaient aux vagues créées par son sexe qui la remplissait encore et encore.
Son corps ne savait plus où commençait le plaisir et où il finissait. Tout se fondait en une seule sensation brûlante qui montait, montait, la consumant de l'intérieur. Ses orteils se recroquevillaient, ses muscles se tendaient, son ventre se contractait.
"Je sens que tu es proche," murmura-t-il, sa voix rauque trahissant son propre besoin. "Je sens ton corps se préparer. Tu vas jouir pour moi, n'est-ce pas? Tu vas te briser autour de moi."
"Oui... oh oui... je ne peux pas... je ne peux plus..."
Les mots sortaient de sa bouche sans cohérence, fragments de pensées désintégrées par le plaisir. Son esprit se dissolvait, ne laissant que les sensations - la chaleur de son corps contre le sien, la friction délicieuse de son sexe qui la remplissait, les cercles torturants de ses doigts sur son clitoris gonflé.
Il accéléra encore, ses hanches claquant contre les siennes avec plus de force. Le contrôle qu'il avait maintenu si longtemps commençait à craquer, révélant la bête affamée qu'il avait gardée en cage pendant trois interminables soirées.
"Encore," ordonna-t-il, sa voix descendue d'un octave, devenue presque animale. "Jouis encore pour moi. Maintenant."
Le commandement dans sa voix fut le déclencheur qu'il fallait. Son corps obéit avant même que son esprit ne puisse traiter l'ordre, se soumettant complètement à sa volonté.
L'orgasme monta plus rapidement cette fois, plus violemment. Une vague qui déferlait du plus profond d'elle-même, remontant le long de sa colonne vertébrale comme une trainée de feu. Elle se cramponnait à lui, ses ongles griffant son dos, laissant des marques rouges sur sa peau bronze. Ses jambes s'enroulèrent autour de ses hanches, le maintenant prisonnier en elle, refusant de le laisser s'échapper même d'un millimètre.
"Je vais... oh mon Dieu... je vais..."
Les mots moururent dans sa gorge, remplacés par un cri qui venait du plus profond d'elle. Son corps se cabra, tous ses muscles se contractant simultanément. L'orgasme explosa à travers elle comme une supernova, l'aveuglant, l'assourdissant, effaçant tout sauf la sensation pure et brute de son plaisir.
Son sexe se contractait autour de lui de façon spasmodique, le serrant, le trayant, réclamant sa propre libération. Elle criait son nom encore et encore, une litanie désespérée, tandis que les vagues continuaient de la traverser.
Elle le sentit frémir en elle, son contrôle finalement brisé par l'étau de ses chairs qui pulsaient autour de lui. Ses mouvements devinrent erratiques, désordonnés, perdant tout le contrôle calculé qu'il avait maintenu jusque-là.
"Mon tour," grogna-t-il, son visage enfoui dans son cou, ses dents mordant légèrement sa peau. "Je vais me vider en toi..."
"Oui," haleta-t-elle, serrant ses jambes encore plus fort autour de lui. "Oui... viens en moi... remplis-moi..."
Il la pénétra une dernière fois, profondément, si profondément qu'elle eut l'impression qu'il touchait son âme. Son corps se tendit, chaque muscle se figeant dans une immobilité parfaite pendant une fraction de seconde qui sembla durer une éternité.
Puis il explosa.
Elle le sentit pulser en elle, déversant sa semence en jets chauds qui déclenchèrent une nouvelle vague de contractions dans son propre corps. Leurs orgasmes se fondaient, s'amplifiaient mutuellement, créant une boucle de plaisir qui semblait ne jamais vouloir finir.
Il criait contre sa peau, des sons gutturaux et primitifs qui réveillaient quelque chose d'ancien en elle. Ses hanches continuaient de bouger, de petits mouvements saccadés qui prolongeaient leur plaisir jusqu'à ce qu'ils soient tous deux épuisés, tremblants, à bout de souffle.
Le temps perdit tout sens. Ils restaient soudés, son sexe encore en elle qui palpitait faiblement, leurs cœurs battant à l'unisson contre leurs poitrines pressées l'une contre l'autre. La sueur collait leurs peaux, créant une fusion qui dépassait la simple union de leurs corps.
Elle sentait des larmes couler sur ses joues sans savoir quand elle avait commencé à pleurer. Des larmes de libération, d'abandon, de quelque chose qu'elle ne savait pas nommer mais qui ressemblait à une transformation profonde.
Il releva la tête, essuya ses larmes avec ses pouces, l'embrassant doucement sur les paupières, les joues, les lèvres. Des baisers tendres maintenant, si différents de la passion animale qui les avait consumés quelques instants plus tôt.
"Tu es magnifique," murmura-t-il contre ses lèvres. "Si magnifique quand tu t'abandonnes."
Il roula sur le côté, l'emmenant avec lui sans se retirer, maintenant leur connexion. Elle se retrouva blottie contre son torse, sa tête reposant dans le creux de son épaule, son bras l'enveloppant possessivement.
Ils restèrent ainsi longtemps, leurs respirations se calmant progressivement, leurs corps s'apaisant. L'attente qui avait duré trois jours et trois nuits, cette torture exquise qui les avait poussés au bord de la folie, avait enfin trouvé son accomplissement.
Les bougies avaient presque toutes brûlé quand elle rouvrit les yeux. La chambre baignait maintenant dans une pénombre douce, la lumière de l'aube commençant à filtrer à travers les rideaux. Elle était toujours dans ses bras, leurs jambes entrelacées, son souffle régulier caressant ses cheveux.
Il ne dormait pas. Elle le sentait à la façon dont ses doigts traçaient des cercles paresseux sur son épaule nue, à la façon dont sa respiration, bien que calme, restait consciente.
"Tu es réveillé," murmura-t-elle, sa voix enrouée par les cris.
"Je te regardais dormir," répondit-il doucement. "Tu es encore plus belle quand tu ne te soucies de rien, quand toutes tes barrières sont tombées."
Elle se souleva sur un coude pour le regarder. Dans la lumière naissante du jour, il paraissait différent. Toujours magnifique, mais plus vulnérable aussi. Le masque de contrôle qu'il avait porté pendant leurs rencontres s'était fissuré, révélant quelque chose de plus doux, de plus authentique.
"Pourquoi?" demanda-t-elle. "Pourquoi toute cette attente? Pourquoi m'avoir fait revenir trois soirs?"
Il sourit, sa main remontant pour caresser sa joue.
"Parce que je voulais plus qu'une nuit. Je voulais que tu me désires au-delà du simple physique. Je voulais que tu penses à moi. Que tu rêves de moi. Que quand nous serions enfin ensemble, ce ne soit pas juste un moment, mais le début de quelque chose."
Son cœur se serra dans sa poitrine. "Le début de quoi?"
"De nous," répondit-il simplement. "Si tu veux."
Elle le regarda longuement, cherchant dans ses yeux la confirmation que ce n'était pas juste les mots faciles de l'après-plaisir. Ce qu'elle y trouva la fit sourire - une sincérité désarmante, une vulnérabilité qu'il lui offrait en échange de celle qu'elle lui avait donnée.
"Je le veux," murmura-t-elle avant de l'embrasser doucement.
Ce baiser était différent de tous ceux qu'ils avaient partagés. Pas de faim dévorante, pas d'urgence désespérée. Juste une tendresse infinie, une promesse silencieuse, un commencement.
Quand ils se séparèrent, il la ramena contre son torse, enveloppant ses bras autour d'elle comme un cocon protecteur.
"Reste," dit-il. "Reste pour le petit-déjeuner. Reste pour la journée. Reste aussi longtemps que tu voudras."
"Et ce soir?" demanda-t-elle, un sourire joueur sur les lèvres.
"Ce soir, on recommence," répondit-il en riant doucement. "Mais cette fois, je ne te ferai pas attendre. Enfin... pas trop."
Elle rit aussi, se blottissant plus près de lui, sentant quelque chose en elle s'installer, s'apaiser. L'attente avait été une torture, mais elle avait aussi été une initiation. Elle les avait transformés tous les deux, avait créé entre eux une connexion qui dépassait le simple désir.
Dehors, Paris s'éveillait lentement. Les premiers rayons du soleil perçaient à travers les nuages, illuminant la chambre d'une lumière dorée. Dans ce lit défait, enlacés dans les draps froissés qui portaient l'empreinte de leur passion, ils restèrent immobiles, savourant le silence confortable de deux âmes qui venaient de se trouver.
L'attente était terminée. Mais leur histoire, elle, ne faisait que commencer.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par CDuvert
0 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...
