Saint Valentin
Récit érotique écrit par CDuvert [→ Accès à sa fiche auteur]
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Saint Valentin
Le vent s’était levé sur l’esplanade.
Les derniers néons clignotaient encore par endroits, comme des paupières fatiguées qui refusent de se fermer.
Une odeur de sucre froid, de gras rance et de pluie traînait autour des manèges immobiles, des stands bâchés, des peluches géantes pendues par une oreille.
On entendait surtout les bruits du démontage.
Le choc sourd des barres métalliques qui s’emboîtent, les coups de clef, les jurons étouffés, les radios que personne n’écoutait vraiment.
Les forains ressemblaient à des fantômes en survêtement fluo, silhouettes noires découpées sur des structures encore illuminées par quelques guirlandes oubliées.
L’autodrome, lui, avait déjà perdu ses couleurs.
Une bâche grise recouvrait les voitures tamponneuses, lourde, brillante de gouttes de pluie.
Sous la toile, on devinait des bosses, des angles, la forme arrondie des pare-chocs.
Un îlot sombre au milieu de la fête qui se vidait.
C’est là qu’il la trouva.
Il avait cru d’abord à un sac oublié.
Un amas de tissu clair, coincé dans un angle, près de la barrière.
En s’approchant, il vit la brillance d’un bracelet, la pâleur d’un mollet nu, une cheville enroulée de lanières dorées, puis une chaussure à talon à moitié écrasée.
Elle s’était recroquevillée sur un siège, robe relevée sur les cuisses, menton enfoui dans ses bras.
Il resta un moment sans rien dire.
L’eau dégoulinait de la visière de sa casquette, glissant sur sa nuque.
Ses doigts étaient engourdis par le froid et par la journée passée à visser, dévisser, sourire trop fort à des inconnus.
La silhouette effondrée, là, au milieu du plastique et du métal, avait quelque chose d’indécent, de déplacé… et de reconnaissable.
— Hé.
La voix sortit plus rauque que prévu.
Elle ne bougea pas.
Il distingua juste le tremblement léger de ses épaules.
— On ferme, princesse. C’est plus l’heure de pleurer ici.
Un son lui répondit.
Pas vraiment une phrase.
Plutôt un souffle coincé entre sanglot et rire nerveux.
Elle releva la tête.
Le mascara avait coulé, dessinant deux traînées sombres jusqu’aux tempes.
Les lèvres rouges étaient mordues au point de laisser apparaître la peau claire dessous.
Une mèche collée contre la joue vibrait à chaque respiration.
— Dégagez… ou laissez-moi dormir là, je m’en fous, murmura-t-elle sans le regarder.
Le mot “dégagez” le fit sourire.
Ici, en pleine nuit, les seuls qui pouvaient dire ça, d’habitude, c’était eux.
Les hommes des manèges, ceux qu’on appelait par leur prénom sans bien les connaître.
— Si tu dors là, demain matin, t’auras officiellement l’étiquette de “décor”.
Et mes collègues vont te ranger avec les autos tamponneuses, prévint-il.
Elle souffla, un peu plus fort, comme si ça lui arrachait quelque chose.
Son regard finit par remonter jusqu’à son visage.
Elle scruta la casquette, la barbe de quelques jours, la veste de survêtement aux couleurs criardes, les mains encore noircies par la graisse.
— C’est fermé, alors, votre paradis ?
Il hocha la tête.
Le mot “paradis” le piqua.
Pour lui, la fête foraine, c’était surtout du bruit, de la fatigue, des factures.
— Pour toi, ouais. Pour nous, la vraie journée commence quand vous rentrez dormir.
Elle eut un sourire presque tendre, presque cruel.
— Ma journée vient juste de finir… en vrac.
Un coup de vent souleva un bord de la bâche.
Une langue d’air froid entra, glissa sur ses jambes, fit frissonner la peau nue.
Elle resserra ses bras autour d’elle, sans réussir à couvrir grand-chose.
Il remarqua la robe.
Pas une tenue de fête foraine.
Une robe de salle des fêtes, de photo souvenir, de gâteaux à étages.
Un blanc pas tout à fait blanc, la nuance qu’on choisit quand on n’ose pas dire “mariage”.
— Tu t’es perdue en route pour l’autel ? lâcha-t-il.
— Non.
Sa voix se brisa sur ce mot.
— Je me suis sauvée en route pour l’autel.
Elle n’ajouta rien.
L’information flotta entre eux, lourde, brillante, comme un ballon coincé dans les luminaires.
Il la regarda de nouveau.
Les pieds nus sur le métal, la robe chiffonnée, le visage d’une fille qui avait tout préparé pour une belle histoire, et qui venait d’arracher la dernière page avant la fin.
— Ça, c’est une idée de merde mais j’respecte, commenta-t-il doucement.
Elle eut un petit rire étranglé.
— Vous allez appeler quelqu’un ? La police, mon père, le fiancé en panique ?
Il pensa à son propre père, à la première fois où il avait voulu quitter la route des foires, au refus, au coup de poing, au manège démarré exprès trop vite pour lui prouver qu’on ne sortait pas d’ici.
Il haussa les épaules.
— J’ai pas le costume pour jouer les flics.
Et je supporte pas les pères.
Pour le fiancé… t’as l’air de t’en être sortie sans moi.
Elle l’observa plus attentivement.
Le sweat à capuche ouvert sur un t-shirt élimé, l’odeur de tabac froid, de métal, de pluie séchée.
Une cicatrice fine passait de sa pommette à sa tempe.
Il tenait encore une clé de 17 dans la main, comme s’il avait oublié de la reposer.
— Et vous, vous faites quoi, quand le manège s’arrête ? demanda-t-elle.
La question le prit au dépourvu.
D’habitude, les clients ne s’intéressaient pas à ça.
On montait, on criait, on redescendait, on partait avec une peluche, fin de l’histoire.
— On démonte.
On charge tout sur les camions.
On roule vers une autre ville.
On recommence.
— Vous fuyez tout le temps, alors.
Elle avait dit ça sans méchanceté.
Juste une constatation.
— Toi aussi, là, non ?
Un éclair lointain illumina un instant la rue derrière la barrière.
On entendit le grondement étouffé du tonnerre.
La pluie se remit à tomber, plus fine, plus rapide, comme une poussière froide.
Il soupira.
— Si tu restes là, tu vas finir malade.
Et mon patron va gueuler en me voyant avec une “princesse dégoulinante” sur l’autodrome.
Viens.
Elle hésita.
Son regard glissa vers l’extérieur, puis revint à lui.
À la casquette.
À la clé de 17.
Au visage qui avait l’air fatigué mais pas menaçant.
— Où ça ?
— Ma caravane. C’est moche, c’est petit, mais c’est sec.
Et j’ai du café, même si on dirait du goudron.
Elle se leva, un peu trop vite.
Ses jambes, engourdies, refusèrent de la porter correctement.
Elle vacilla, posa une main sur la rambarde, l’autre sur son épaule.
Le contact la surprit autant que lui.
Sa paume, froide et humide, sur le tissu rêche.
Sous la toile humide, il sentit le léger tremblement qui la parcourait.
— Pardon, souffla-t-elle.
— Ça va.
J’ai déjà vu des gens vomir sur ce manège, t’es loin du pire tableau de la soirée.
Elle rit, cette fois pour de bon.
Un rire qui accrocha l’air, qui le réchauffa un peu.
Il écarta la bâche pour la laisser passer.
L’odeur du plastique mouillé se mélangea à celle de son parfum, à peine perceptible, écrasé par la pluie et par la nuit.
Elle sauta à terre en tenant sa robe d’une main, l’autre toujours posée sur son épaule, comme si elle n’osait pas lâcher complètement le seul point fixe qu’elle avait trouvé.
Ils traversèrent l’esplanade presque vide.
Au loin, un dernier manège tournait encore au ralenti, vide, juste pour faire descendre la structure avant démontage.
Les lumières multicolores dessinaient des reflets sur les flaques, comme un ciel de fête brisé en mille morceaux sous leurs pieds.
La caravane apparaissait un peu à l’écart, penchée sur ses roues, flanquée d’un auvent en toile où pendaient encore quelques ampoules rouges.
Une silhouette de cheval de bois découpée dans du contreplaqué, posée contre la tôle, les observait d’un œil aveugle.
— Bienvenue dans le palace, annonça-t-il en ouvrant la porte.
Une bouffée de chaleur les enveloppa.
Mélange de café réchauffé, de linge humide, de parfum bon marché, d’huile de machine.
À l’intérieur, tout semblait trop près de tout : le lit pliant, la petite table, le miroir fêlé, les peluches gagnées à des jeux de tir, accrochées comme des trophées.
Elle resta un instant sur le seuil, pieds nus sur la marche métallique, robe blanche froissée, mascara sombre.
Entre la fête qui se démontait derrière, et cette tanière de forain devant, suspendue entre deux vies qu’elle venait de fuir.
— Si vous voulez, je peux rester juste un peu ?
Le temps… de me rappeler comment on respire, dit-elle.
Il la regarda.
Dans ses yeux, il y avait quelque chose de cassé et de furieusement vivant à la fois.
— Reste autant que tu veux.
La chaleur de la caravane les enveloppa aussitôt, presque trop forte après la nuit mouillée.
La petite pièce sentait le café brûlé, le métal chaud, le linge qui a séché trop vite, et sous tout ça, quelque chose de plus discret, de plus vivant.
Lise se laissa tomber sur la banquette.
La robe, lourde d’eau, colla à ses cuisses avant de glisser, en dévoilant davantage de peau qu’elle ne l’aurait voulu.
Elle eut un geste pour la remonter, mais ses doigts tremblaient.
— J’ai froid, dit-elle.
Puis, après un temps :
— Et en même temps, je brûle.
Milo la regarda rapidement, puis détourna les yeux.
Il lança le réchaud, le cliquetis sec du briquet claqua dans le silence.
La flamme bleue monta d’un coup, léchant la casserole cabossée.
— C’est l’adrénaline, expliqua-t-il.
Tu viens de faire exploser ta vie en plein milieu d’une mairie.
Normal que ton corps sache plus très bien sur quel bouton appuyer.
Elle eut un sourire sans joie.
— Mon corps a l’air d’avoir décidé tout seul, justement.
Elle massa sa nuque, comme si elle cherchait à faire redescendre quelque chose.
La bretelle de sa robe glissa, tomba sur son bras.
Elle la remit en place avec un soupir agacé, qui ressemblait à un aveu.
— Tu veux un truc sec ? demanda-t-il.
J’ai…
Il fouilla dans un placard, en sortit un t-shirt noir roulé en boule.
— C’est pas royal, mais c’est mieux que de rester emballée dans ta nappe de réception.
Elle prit le tissu, le serra un instant contre elle.
L’odeur la surprit : tabac, lessive bon marché, un reste de parfum féminin, presque effacé.
— Je peux me changer ici ?
— Si tu veux, je sors.
— Non.
Le mot tomba plus vite qu’elle ne l’aurait prévu.
Elle sentit la chaleur lui monter aux joues.
— Reste.
Je…
Elle chercha une justification, n’en trouva pas.
— J’ai juste pas envie d’être seule.
Un silence épais suivit.
Milo se contenta de hocher la tête, comme si c’était la chose la plus simple du monde.
— Je te tourne le dos, au moins.
Je suis peut-être forain, mais j’ai du savoir-vivre.
Il se retourna vers la petite fenêtre, laissant à Lise une sorte d’intimité bancale.
Elle posa le t-shirt sur ses genoux, inspira profondément.
Relevant ses volants, elle commença par ses sous-vêtements trempés ; le soutien-gorge, puis la culotte.
Ses doigts glissèrent sous l’élastique du soutien-gorge, tirant sur les bretelles alourdies d’eau qui collaient à sa peau.
Le tissu satiné, froid et poisseux, résista un instant avant de lâcher prise, libérant ses seins ronds qui se dressèrent aussitôt dans l’air tiède de la caravane – mamelons durcis par le contraste, frôlant l’intérieur humide des bonnets qui glissaient le long de ses bras.
Un frisson remonta de sa poitrine nue jusqu’à sa nuque, la chair de poule picotant sa peau tandis que le poids soudain de ses seins libres la fit inspirer profondément, sentant l’air caresser leurs courbes sensibles.
Puis la culotte.
Les pouces crochetés dans la taille trempée, elle la fit descendre lentement sur ses hanches, le coton gorgé d’eau épousant chaque contour avant de s’accrocher aux plis de ses cuisses.
L’étoffe glissante libéra d’abord le mont de Vénus, puis l’humidité chaude entre ses jambes – un filet d’eau de pluie mêlée à sa propre chaleur coulant le long de l’intérieur de ses cuisses, provoquant une sensation de fraîcheur piquante qui se mêlait à la moiteur résiduelle de son sexe gonflé.
Ses jambes tremblèrent légèrement au contact de l’air sur sa toison humide, chaque parcelle de peau exposée vibrant d’un picotement délicieux, comme si son corps entier s’éveillait sous ce dénudement lent et intime.
Puis ses doigts remontèrent vers la fermeture éclair de la robe, dans son dos.
Elle tira, mais le geste, à une main, accrocha.
Le zip descendit à moitié, grinça, se bloqua.
— Génial, souffla-t-elle.
Elle tira plus fort, sentit le tissu qui résistait.
Le bruit sec de la fermeture coincée résonna dans la caravane.
— Ça va ? demanda Milo, sans se retourner.
— Non.
Enfin… si.
Enfin, je suis coincée dans ma robe de presque-mariée.
C’est très symbolique, je suppose.
Elle rit nerveusement.
— Tu peux… m’aider ?
Il resta immobile une seconde.
Puis il inspira, se retourna lentement.
Lise lui tournait le dos.
La robe, entrouverte, laissait apparaître la ligne de sa colonne, la naissance de ses omoplates.
La peau portait encore les traces fines des bretelles du soutien-gorge, rouges, comme des marques de corde.
— Elle s’est coincée, expliqua-t-elle, la voix un peu plus basse.
Ici.
Elle guida sa main vers sa nuque, ses doigts effleurant les siens.
Un courant sec traversa le contact.
Milo posa les deux mains sur le tissu, sentant sous ses paumes la chaleur de sa peau, le tremblement léger qui la traversait.
Il tâtonna la fermeture, trouva le point de blocage.
— Respire, dit-il.
— Je respire très bien, répondit-elle, mais le souffle lui manquait légèrement.
— Non.
Respire vraiment.
Elle obéit.
À chaque inspiration, son dos se gonflait sous ses mains.
À chaque expiration, le tissu se détendait un peu.
— Là.
Il tira doucement.
La fermeture céda d’un coup, glissant le long de son dos dans un bruit discret de tissu froissé.
La robe s’ouvrit presque jusqu’aux reins.
L’étoffe légère libéra la courbe de sa colonne vertébrale, révélant la peau pâle encore marquée par la pluie – texture satinée, chaude sous la lumière jaune, piquetée de gouttes froides qui perlaient comme des lucioles.
Un souffle d’air frais s’y engouffra, hérissant l’épiderme en chair de poule visible.
Chaque follicule se dressa, envoyant des picotements vifs le long des flancs de Lise, un frisson qui raidit ses omoplates et fit frémir les muscles profonds de son dos, mi-froid mordant, mi-chaleur intérieure qui montait déjà en réponse.
Il aurait pu reculer.
Laisser tomber le tissu, faire une blague, casser la tension.
Il ne bougea pas.
Ses doigts restèrent en suspens, à quelques centimètres de sa peau.
L’air entre eux vibrait d’une chaleur anticipée ; Milo sentait déjà la pulsation de son propre sang dans ses paumes, l’envie de combler ce vide par un effleurement – la pulpe de ses doigts assoiffée de sa douceur, de sa texture fine et vivante.
Lise, elle, ne fit rien pour agripper la robe.
Elle la tenait juste sur sa poitrine, devant, les bras croisés, laissant son dos entièrement offert à la lumière jaune de la caravane.
La vulnérabilité la traversa comme une lame douce : dos nu tendu, peau tendue sur les vertèbres saillantes, chaque nerf alerte au moindre courant d’air, attendant le contact qui ferait exploser la tension en vagues tactiles.
— Tu trembles, constata-t-il.
— J’ai froid.
— Tu mens.
Elle se retourna à moitié, gardant la robe plaquée sur le devant.
Le mouvement lui fit perdre un peu de tissu, dévoilant une épaule entière, un bout de poitrine dans l’ombre.
L’étoffe glissa sur sa clavicule, frottant légèrement le mamelon qui durcit au contact fugace – frisson électrique remontant jusqu’à sa nuque, chaleur humide naissante au creux des cuisses.
— Peut-être, admit-elle.
Leurs regards se croisèrent.
Tout ce qui n’avait pas été dit dans la mairie, sur le parvis, sur la route jusqu’ici, flottait entre eux.
— Mets le t-shirt, souffla-t-il.
Avant que je fasse une connerie.
— Et si j’avais justement envie d’une connerie ?
Le mot resta suspendu.
Un bruit extérieur – une barre de métal tombant au loin – les ramena une seconde au monde.
Lise passa finalement le t-shirt par-dessus sa tête, sans quitter Milo des yeux.
L’étoffe glissa sur sa peau encore moite, arrachant un frisson électrique là où le coton effleura ses épaules sensibles, ses bras tendus, puis ses seins qui se soulevèrent librement à l’air confiné, mamelons durcis par le contraste soudain de fraîcheur et d’exposition.
La robe glissa à terre dans un froissement de tissu lourd.
Le satin alourdi par la pluie s’étira contre ses hanches avec un chuintement humide, caressant l’intérieur de ses cuisses en descendant, libérant une bouffée d’air tiède sur sa peau frissonnante, jusqu’à ce que ses pieds nus sentent la fraîcheur collante du sol plastifié.
Le t-shirt, trop grand, tombait à mi-cuisse.
Le coton usé, rêche par endroits, s’accrocha d’abord à ses courbes humides avant de se poser mollement, effleurant la peau tendue de son ventre, frôlant l’arrondi de ses fesses, puis s’arrêtant net à mi-hauteur des cuisses où chaque mouvement faisait danser le bord effiloché contre l’épiderme hypersensible.
Le coton fin épousait encore l’humidité de sa peau, dessinant, plus qu’il ne cachait, les courbes de ses seins.
Le tissu translucide moulait leur rondeur pleine, soulignant leur pesanteur douce sous leur poids, laissant deviner les veines bleutées sous la peau pâle, tandis que les pointes raidies tendaient le fin coton en pointes aiguës, frottant à chaque inspiration contre la trame irrégulière qui pinçait délicieusement les aréoles gonflées.
Le creux de sa taille se creusait sous l’étoffe tendue, accentuant la cambrure naturelle de ses reins, une ligne fluide où la chaleur résiduelle de son corps faisait adhérer le tissu comme une seconde peau tiède et possessive
— Voilà, dit-elle.
Je suis officiellement moins fragile, non ?
— Tu es officiellement dangereuse, corrigea-t-il, les yeux obstinément fixés sur son visage.
Elle fit deux pas vers lui.
La caravane était trop petite pour qu’il y ait vraiment de la distance.
À trois pas, elle sentait déjà sa chaleur, son odeur : café, tabac, pluie et quelque chose de plus sombre.
— On va vraiment boire un café… ou on va faire semblant encore longtemps ? demanda-t-elle, la voix plus rauque.
Il serra la mâchoire.
— T’as fui un mariage.
Je suis pas sûr d’être la meilleure façon de fêter ça.
— Je n’ai pas fui un mariage.
J’ai fui l’idée de m’endormir lentement à côté de quelqu’un qui ne me regardait plus depuis longtemps.
Elle leva la main, effleura la cicatrice sur sa pommette.
— Toi, tu regardes encore.
Le contact de ses doigts sur sa peau fut une décharge.
Pas un geste prudent, pas un geste sage.
Un geste curieux, presque insolent.
Il attrapa son poignet, pour l’éloigner de son visage.
Mais au lieu de le laisser tomber, il le garda contre lui, au niveau de son torse.
— Tu ne sais rien de moi, dit-il.
— Mon corps, lui, commence à savoir deux ou trois choses, répliqua-t-elle dans un souffle.
Leurs respirations se synchronisèrent, plus rapides.
La pluie avait cessé, dehors.
Il n’y avait plus que ce bruit-là : le souffle, les battements trop forts, le tic-tac irrégulier d’une vieille horloge accrochée au mur.
— Viens, dit-il abruptement.
Il ouvrit la porte de la caravane.
Un air plus frais entra, chargé d’odeur de métal, de terre mouillée, de sucre.
— Où ?
— Tu voulais un tour de manège.
La phrase, simple, prit une épaisseur nouvelle.
Elle frissonna.
Ils traversèrent la fête foraine démontée, comme tout à l’heure, mais cette fois leurs épaules se frôlaient.
Parfois, sa main effleurait le bas de son dos, comme pour la guider, la retenir, vérifier qu’elle ne disparaissait pas.
Ils n’allèrent pas vers le grand carrousel.
Milo bifurqua vers l’autodrome.
— C’est fermé, objecta-t-elle.
— C’est là que je suis chez moi.
Et puis, il y a plus de coins pour se cacher.
Il souleva un pan de bâche, l’aida à se glisser dessous.
L’odeur de plastique humide, de caoutchouc, de poussière d’essence, les enveloppa.
À l’intérieur, les voitures tamponneuses dormaient, rangées en vrac.
La lumière du dehors filtrait en traits pâles par les bords de la toile, découpant des lignes sur le métal.
— Monte.
Il indiqua une voiture sombre, au centre.
Elle enjamba le pare-chocs, s’assit sur le siège étroit.
Il monta à son tour, se glissant derrière elle.
Ses jambes encadrèrent les siennes, son torse se plaqua contre son dos.
La carrosserie gémit sous leur poids combiné.
— On ne bouge pas, pourtant, murmura-t-elle, déjà essoufflée.
— On n’a pas besoin de moteur, là.
Ses mains passèrent de part et d’autre de ses hanches pour attraper le volant.
Ses avant-bras frôlaient sa taille.
Elle sentait, dans son dos, battre quelque chose de plus fort que le reste.
— Regarde, dit-il.
D’un geste, il enclencha un petit interrupteur sur le tableau de bord.
Une guirlande de LED bleues, oubliée par les autres, s’alluma d’un coup, courant le long du plafond de l’autodrome.
Une lumière nocturne les baignait désormais, froide, presque irréelle, qui soulignait chaque relief de peau, chaque mouvement.
— On dirait qu’on est sous l’eau, souffla-t-elle.
— Ou dans un endroit où personne ne viendra nous chercher.
Elle posa ses mains sur les siennes, sur le volant.
Immobiles.
Le manège ne tournait pas, mais la sensation de vertige, elle, montait.
Son dos se moulait contre son torse.
À chaque inspiration de l’un, l’autre suivait.
— Milo…
— Oui.
— Si tu comptes être raisonnable, c’est le moment.
Il eut un rire très bref, au creux de son oreille.
— Tu demandes ça à un type qui rallume un manège, en pleine nuit, pour une inconnue en t-shirt qui vient de fuir son mariage.
On a dépassé la frontière de la raison depuis un moment, princesse.
Sa bouche effleura sa tempe.
Pas encore un baiser.
Un test.
Elle ferma les yeux, bascula légèrement la tête vers lui, offrant davantage de peau.
La bouche de Milo rencontra son oreille, un contact brûlant dans la pénombre bleutée des LED.
Chaque souffle contre sa peau faisait naître des frissons qui descendaient en cascade le long de son cou.
Lise ferma les yeux, la tête légèrement penchée, invitant sans un mot.
Ses lèvres glissèrent vers la mâchoire.
Lentes.
La pointe de sa langue traça une ligne humide, goûtant le sel de la pluie mêlé à sa chaleur naturelle.
Elle inspira difficilement, mains crispées sur le volant froid.
— Plus bas, souffla-t-elle.
Les mains de Milo abandonnèrent le métal.
L’une remonta vers sa gorge, doigts s’écartant pour envelopper la base de sa nuque, pouce pressant doucement le pouls qui s’accélérait.
L’autre plongea sous le t-shirt, paume large contre la courbe de sa hanche, sentant les muscles se contracter sous le contact.
La peau de Lise se couvrit de chair de poule, l’air confiné amplifiant chaque sensation tactile.
Le siège étroit les contraignait.
Elle pivota à demi, dos moulé contre son torse massif.
Le plastique grinça sous le mouvement, comme si l’autodrome entier protestait.
Ses jambes s’entremêlèrent aux siennes, cherchant une friction instinctive.
Un baiser vorace, langues qui s’explorent avec urgence, se mêlant dans une danse humide et brûlante, dents qui se heurtent légèrement, envoyant des picotements électriques le long de leurs mâchoires.
La chaleur de sa salive envahit Lise, goût du café froid persistant sur sa langue à lui – amer, réconfortant –, de la pluie fraîche sur la sienne à elle – minérale, vivante –, et cette note musquée naissante, intime, qui monte de leurs peaux échauffées, emplissant l’espace confiné d’une odeur de désir.
Elle gémit doucement dans sa bouche, vibration sourde qui résonne jusque dans sa poitrine, hanches roulant déjà contre sa cuisse musclée, friction rugueuse du jean contre son intimité gonflée, envoyant des vagues de chaleur pulsatile dans son bas-ventre.
Ses doigts malaxèrent un sein à travers le coton fin, chair souple se modelant sous la pression ferme, chaleur de sa paume irradiant à travers le tissu mince.
Le mamelon durci se dressa sous la pulpe du pouce, pincement léger qui tira une décharge aiguë, presque douloureuse, du bout sensible jusqu’au creux de son ventre, arrachant un hoquet rauque à Lise, souffle chaud contre ses lèvres.
Elle griffa sa nuque, ongles courts traçant des sillons roses sur la peau tannée, chaleur immédiate de la peau qui rougit sous la pression, texture rugueuse des cheveux courts sous ses doigts.
Son corps entier se cambra, pressant sa poitrine contre lui, pointes durcies frottant le sweat, envoyant des frissons délicieux le long de sa colonne, muscles tendus vibrant d’une urgence qui fait trembler ses cuisses.
— Ici ? murmura-t-il, voix rauque contre ses lèvres.
On pourrait nous surprendre.
— Justement.
Un rire bas vibra dans sa poitrine.
La main descendit entre ses cuisses écartées.
Paume rugueuse effleurant d'abord la peau tendre, encore fraîche de pluie, où les marques rouges des barrières métalliques formaient des stries sensibles sous les doigts calleux de Milo.
Lise tressaillit au contact, un picotement électrique remontant de l'intérieur de ses cuisses jusqu'à son ventre, faisant pulser faiblement sa chaleur intime.
Le t-shirt remonta, air confiné frôlant la chair nue, accentuant la chair de poule qui hérissait ses cuisses.
Ses muscles se tendirent instinctivement, anticipant, tandis qu'une moiteur chaude s'écoulait déjà entre ses lèvres gonflées.
Doigts effleurant l'intérieur des cuisses, remontant par touches furtives, frôlant l'humidité sans y plonger encore.
Chaque passage léger – phalanges courbées râpant doucement la peau douce, chaleur de sa peau contre la sienne – envoyait des ondes brûlantes dans son bas-ventre, resserrant ses chairs internes dans une attente douloureuse, son souffle s'accélérant en hoquets discrets.
Lise attrapa son poignet.
Doigts crispés sur les tendons saillants, elle sentit la force contenue sous sa peau, le pouls rapide qui battait contre sa paume.
Son cœur cognait sourdement, écho de la pulsation humide entre ses jambes.
Elle pressa sa main plus haut, alignant ses doigts sur l'entrée luisante, où l'humidité chaude débordait déjà, poisseuse contre ses propres cuisses.
Un frisson la traversa au contact initial, muscles pelviens se contractant d'envie.
Il obéit, trouva la chaleur gonflée, glissa un doigt, puis deux, dans la moiteur accueillante.
Les phalanges épaisses écartèrent ses lèvres sensibles, étirant doucement les parois soyeuses et trempées qui s'ouvrirent autour des doigts avec un bruit humide discret – sensation de plénitude immédiate, de friction veloutée qui irradia dans tout son bassin, faisant durcir son clitoris par échos successifs.
Chaque jointure qui s'enfonçait envoyait une décharge chaude le long de ses nerfs, son intimité palpitant autour de l'intrusion bienvenue.
Elle se contracta autour de lui, tête rejetée sur son épaule, bouche ouverte sur un soupir long.
Ses parois internes enserrèrent les doigts envahissants, aspirant leur chaleur rugueuse dans des spasmes légers, tandis que la pression contre sa chair tendre faisait monter une onde de plaisir depuis ses reins jusqu'à sa nuque raidie – son épaule musclée sous sa joue exhalant une odeur de sueur salée et de métal froid.
Le rythme s'installa, lent d'abord, ses hanches ondulant pour suivre chaque poussée.
Va-et-vient mesurés, doigts courbés pressant l'intérieur moelleux à chaque retrait, étirant puis comblant le vide brûlant – ses hanches roulaient en cercles instinctifs, frottant son clitoris gonflé contre le plat de sa paume, amplifiant les picotements qui grimpaient en elle, souffle mêlé au sien dans l'air lourd d'essence et d'excitation musquée.
Odeur d’essence froide, de plastique chauffé, de leurs corps en sueur.
Bruits humides discrets, mêlés à leurs souffles saccadés.
Dehors, des voix lointaines – forains qui rangent du matériel.
Le risque aiguisa tout, resserra la tension comme un nœud.
Il accéléra, pouce en cercle rapide sur le bouton sensible, pression ferme et insistante.
Chaque rotation envoyait des ondes électriques depuis son clitoris gonflé, une chaleur tourbillonnante qui irradiait dans son bas-ventre, resserrant ses chairs internes autour de ses doigts enfoncés.
Lise sentit ses cuisses trembler d'abord par frissons légers, puis se crisper violemment autour de sa main, muscles bandés comme pour emprisonner la source du plaisir.
L’orgasme la traversa en vagues violentes.
Les contractions puissantes secouèrent son vagin, son utérus, pulsations rythmiques qui remontaient en cascade brûlante jusqu'à sa poitrine, raidissant son dos arqué contre le torse de Milo.
Elle hoqueta, souffle coupé, visage tordu par l'extase – yeux papillonnants, lèvres tremblantes –, chaque spasme libérant une décharge qui faisait vibrer ses orteils et bourdonner son crâne, un instant hors du temps où tout se dissolut en béatitude liquide.
Elle retomba, pantelante, peau luisante sous les lumières froides.
Respiration saccadée, membres lourds de relâchement délicieux, écho des pulsations encore tièdes au creux de son ventre.
Il retira ses doigts doucement, luisants de sa moiteur chaude.
Les porta à ses lèvres.
Goût d’elle sur sa langue, salé et musqué, intime comme un secret partagé.
Puis l’embrassa, langues mêlées, partageant la saveur intime.
Elle aspira ses lèvres, prolongeant l'instant, son propre arôme se mêlant à leur souffle commun.
— À toi, dit-elle, voix encore brisée.
Elle pivota, s’agenouilla sur le siège exigu.
Les genoux râpèrent le plastique usé, morsure légère envoyant un picotement dans ses cuisses encore frémissantes.
L’air confiné charriaient déjà leur odeur mêlée – sueur salée, excitation musquée.
Mains tirant sur la ceinture, descendant le jean et le boxer d’un geste fluide.
Le cuir claqua sec, le tissu glissa sur les hanches étroites, révélant la peau chaude, les poils drus.
Ses doigts effleurèrent les cuisses musclées, sentant les tendons se tendre sous la première caresse.
Son sexe surgit, rigide, veiné, prêt.
Chaleur pulsatile contre sa paume, veines gonflées battant comme un cœur affolé, gland luisant d’une goutte claire.
Lise inspira l’odeur intime, mâle, qui montait – mélange de peau propre et d’excitation naissante.
Elle le prit en bouche sans attendre, langue à plat léchant la base, remontant jusqu’au gland sensible.
Le goût salé, légèrement amer, envahit ses papilles; la texture veloutée de la hampe glissa sous le plat de sa langue, tandis que le frein frémissait au passage précis de la pointe.
Chaque veine saillante roula sous son palais, envoyant des décharges de plaisir remontant jusque dans les testicules tendus de Milo.
Milo grogna, main dans ses cheveux humides, non pour forcer, juste pour ancrer.
Les mèches mouillées collèrent à ses doigts, fraîcheur contrastant avec la chaleur humide de sa bouche ; le grognement vibra dans sa gorge, descendit jusqu’à son bas-ventre en onde chaude.
Son cuir chevelu picota sous la traction légère, ancrant le plaisir qui montait déjà, serrant ses reins.
Elle aspira, avala plus profond, à un rythme régulier qui faisait claquer sa gorge.
Succion ferme autour du gland hypersensible, gorge qui s’ouvre pour engloutir la hampe entière – pression rythmée massant chaque centimètre, langue tournoyant sous la couronne pour amplifier les spasmes.
Milo sentit sa verge palpiter, gonfler davantage, chaque retrait laissant un vide brûlant vite comblé.
Salive coulant sur son menton, bruits obscènes résonnant dans le confinement.
Filet tiède glissant sur sa peau, gouttant sur ses seins nus ; les claquements humides, succions avides ricochaient contre les parois plastiques, mêlés à leurs souffles courts.
Lise sentit sa propre excitation ravivée, humidité chaude entre ses cuisses, tandis que Milo haletait, le son guttural amplifiant son propre désir.
Ses hanches poussèrent malgré lui ; elle suivit, ongles enfoncés dans ses cuisses musclées.
Poussées instinctives cognant au fond de sa gorge, étouffant ses gémissements ; ses ongles mordirent la chair ferme, sillons rouges naissant sous la pression, douleur exquise qui fit bander Milo plus dur encore.
Chaque poussée envoyait une décharge électrique de ses testicules à sa nuque, le rapprochant du bord.
Il la releva brusquement.
Paumes fermes sous ses aisselles, la soulevant d’un bloc, muscles bandés.
Son corps encore frémissant glissa contre le sien, chaleur moite contre chaleur moite.
L’attira sur ses genoux, face à face.
Cuisses écartées d’instinct, genoux heurtant le plastique dur.
Son sexe dressé frôla l’entrée humide, bout gonflé effleurant les lèvres intimes, déclenchant un spasme anticipatoire dans son ventre.
T-shirt roulé jusqu’aux épaules, exposant ses seins lourds, encore marqués par ses attentions.
Mamelons rougis, dressés, hypersensibles à l’air frais – chaque souffle de Milo les durcissait davantage, envoyant des picotements électriques jusqu’au creux de ses reins.
Elle s’empala lentement, gémissant à la sensation de plénitude.
Gland épais écartant les chairs, étirant les parois internes millimètre par millimètre – une brûlure exquise, suivie d’une remplissage total qui comprima son clitoris contre son pubis.
Muscles internes s’adaptant à sa taille, palpitant autour de la veine gonflée, humidité coulant le long de ses cuisses.
Pleine.
Tellement pleine.
Vague de chaleur rayonnant du bas-ventre, pression contre le col, frottement constant contre le point G à chaque micro-mouvement.
Le rythme reprit, c’est elle qui chevauchait.
Mains agrippées à ses épaules, ongles enfoncés dans la peau salée – se hissant, hanches roulant en cercle, puis redescendant fort, claquant contre ses cuisses.
Chaque descente cognait au fond, envoyant des chocs de plaisir remontant l’échine, crispant ses orteils.
Claquements de chair humide, souffles mêlés, plastique vibrant sous l’assaut.
Peau contre peau luisante, bruits obscènes amplifiés dans le confinement – sueur gouttant entre ses seins, inhalée à pleins poumons.
Les mains de Milo pétrissaient ses fesses, guidant les descentes plus profondes.
Doigts calleux s’enfonçant dans la chair tendre, écartant les globes, pouces frôlant l’anus plissé – tirant vers le bas, forçant la pénétration jusqu’à la garde, étirant ses chairs au maximum.
Baisers voraces, morsures légères sur l’épaule de Lise.
Dents raclant la peau, langue lapant le sel de la sueur – picotements diffus irradiant dans son cou, son épaule, se mêlant à la pulsation profonde en elle
Bruit dehors.
Plus proche.
Faisceau de lampe torche balayant la bâche.
— Chut, murmura-t-il.
Vite.
L’urgence les propulsa.
Sa main glissa entre leurs corps soudés, doigts calleux trouvant le clitoris gonflé, hypersensible.
Chaque cercle rapide envoyait des éclairs brûlants dans le bas-ventre de Lise, une chaleur liquide qui irradiait jusqu’au creux de ses reins.
La pression ferme, rythmée, faisait pulser le bouton durci sous sa pulpe, amplifiant la plénitude déjà intense de sa verge en elle – chaque va-et-vient cognant au fond, étirant ses parois internes dans une friction exquise.
Ses muscles internes se contractèrent d’abord par spasmes légers, puis violents, enserrant Milo comme un étau rythmique, aspirant sa longueur plus profondément dans sa chaleur humide.
Lise sentit monter la vague depuis son ventre, un serrement exquis qui grimpa le long de sa colonne, raidissant ses cuisses autour de ses hanches, crispant ses orteils contre le plastique froid du siège.
Son souffle se bloqua, visage tordu en rictus incontrôlable – yeux mi-clos, lèvres tremblantes –, tandis que des contractions puissantes secouaient son vagin, son utérus, jusque dans son anus, chaque pulsation libérant une décharge de plaisir qui la faisait hoqueter, trembler de la tête aux pieds.
Milo sentit la vague l’envahir en écho.
Les parois palpitantes le massaient implacablement, une succion chaude et humide qui resserrait son bas-ventre en nœud brûlant.
Il se répandit en jets chauds, profonds, chaque spasme de son sexe pulsant contre ses chairs sensibles, vidant en elle une chaleur liquide qui prolongeait ses propres contractions.
Un grognement rauque monta de sa gorge, étouffé contre la peau moite de son cou, où il mordit légèrement pour contenir le cri – cœur cognant sourdement, sueur coulant en rigoles salées entre leurs torses collants.
Corps soudés, tremblants, collants de sueur.
Leurs respirations saccadées se mêlaient, chaudes et humides dans l’air confiné, tandis que les derniers spasmes s’espaçaient, laissant une lourdeur délicieuse dans les membres, une chaleur résiduelle pulsant encore faiblement au creux de leurs sexes unis.
Lise s’affaissa contre lui, peau luisante sous les LED bleues, chaque inspiration ravivant l’écho du plaisir dans ses muscles détendus
La lumière s’éloigna.
Silence relatif.
Ils restèrent enlacés, cœurs cognant à l’unisson.
Il la porta presque jusqu’à la caravane, jambes encore flageolantes.
À l’intérieur, banquette étroite, mais assez pour s’allonger collés.
Elle trouva son téléphone : 47 appels manqués, autant de messages furieux.
Il alluma une cigarette, la lui tendit.
— Demain, tu repars ?
— Peut-être.
Ou peut-être que je monte dans un camion avec toi.
La fumée s’éleva paresseusement.
Dehors, la fête foraine s’éteignait.
Leur nuit, elle, palpitait encore.
Les derniers néons clignotaient encore par endroits, comme des paupières fatiguées qui refusent de se fermer.
Une odeur de sucre froid, de gras rance et de pluie traînait autour des manèges immobiles, des stands bâchés, des peluches géantes pendues par une oreille.
On entendait surtout les bruits du démontage.
Le choc sourd des barres métalliques qui s’emboîtent, les coups de clef, les jurons étouffés, les radios que personne n’écoutait vraiment.
Les forains ressemblaient à des fantômes en survêtement fluo, silhouettes noires découpées sur des structures encore illuminées par quelques guirlandes oubliées.
L’autodrome, lui, avait déjà perdu ses couleurs.
Une bâche grise recouvrait les voitures tamponneuses, lourde, brillante de gouttes de pluie.
Sous la toile, on devinait des bosses, des angles, la forme arrondie des pare-chocs.
Un îlot sombre au milieu de la fête qui se vidait.
C’est là qu’il la trouva.
Il avait cru d’abord à un sac oublié.
Un amas de tissu clair, coincé dans un angle, près de la barrière.
En s’approchant, il vit la brillance d’un bracelet, la pâleur d’un mollet nu, une cheville enroulée de lanières dorées, puis une chaussure à talon à moitié écrasée.
Elle s’était recroquevillée sur un siège, robe relevée sur les cuisses, menton enfoui dans ses bras.
Il resta un moment sans rien dire.
L’eau dégoulinait de la visière de sa casquette, glissant sur sa nuque.
Ses doigts étaient engourdis par le froid et par la journée passée à visser, dévisser, sourire trop fort à des inconnus.
La silhouette effondrée, là, au milieu du plastique et du métal, avait quelque chose d’indécent, de déplacé… et de reconnaissable.
— Hé.
La voix sortit plus rauque que prévu.
Elle ne bougea pas.
Il distingua juste le tremblement léger de ses épaules.
— On ferme, princesse. C’est plus l’heure de pleurer ici.
Un son lui répondit.
Pas vraiment une phrase.
Plutôt un souffle coincé entre sanglot et rire nerveux.
Elle releva la tête.
Le mascara avait coulé, dessinant deux traînées sombres jusqu’aux tempes.
Les lèvres rouges étaient mordues au point de laisser apparaître la peau claire dessous.
Une mèche collée contre la joue vibrait à chaque respiration.
— Dégagez… ou laissez-moi dormir là, je m’en fous, murmura-t-elle sans le regarder.
Le mot “dégagez” le fit sourire.
Ici, en pleine nuit, les seuls qui pouvaient dire ça, d’habitude, c’était eux.
Les hommes des manèges, ceux qu’on appelait par leur prénom sans bien les connaître.
— Si tu dors là, demain matin, t’auras officiellement l’étiquette de “décor”.
Et mes collègues vont te ranger avec les autos tamponneuses, prévint-il.
Elle souffla, un peu plus fort, comme si ça lui arrachait quelque chose.
Son regard finit par remonter jusqu’à son visage.
Elle scruta la casquette, la barbe de quelques jours, la veste de survêtement aux couleurs criardes, les mains encore noircies par la graisse.
— C’est fermé, alors, votre paradis ?
Il hocha la tête.
Le mot “paradis” le piqua.
Pour lui, la fête foraine, c’était surtout du bruit, de la fatigue, des factures.
— Pour toi, ouais. Pour nous, la vraie journée commence quand vous rentrez dormir.
Elle eut un sourire presque tendre, presque cruel.
— Ma journée vient juste de finir… en vrac.
Un coup de vent souleva un bord de la bâche.
Une langue d’air froid entra, glissa sur ses jambes, fit frissonner la peau nue.
Elle resserra ses bras autour d’elle, sans réussir à couvrir grand-chose.
Il remarqua la robe.
Pas une tenue de fête foraine.
Une robe de salle des fêtes, de photo souvenir, de gâteaux à étages.
Un blanc pas tout à fait blanc, la nuance qu’on choisit quand on n’ose pas dire “mariage”.
— Tu t’es perdue en route pour l’autel ? lâcha-t-il.
— Non.
Sa voix se brisa sur ce mot.
— Je me suis sauvée en route pour l’autel.
Elle n’ajouta rien.
L’information flotta entre eux, lourde, brillante, comme un ballon coincé dans les luminaires.
Il la regarda de nouveau.
Les pieds nus sur le métal, la robe chiffonnée, le visage d’une fille qui avait tout préparé pour une belle histoire, et qui venait d’arracher la dernière page avant la fin.
— Ça, c’est une idée de merde mais j’respecte, commenta-t-il doucement.
Elle eut un petit rire étranglé.
— Vous allez appeler quelqu’un ? La police, mon père, le fiancé en panique ?
Il pensa à son propre père, à la première fois où il avait voulu quitter la route des foires, au refus, au coup de poing, au manège démarré exprès trop vite pour lui prouver qu’on ne sortait pas d’ici.
Il haussa les épaules.
— J’ai pas le costume pour jouer les flics.
Et je supporte pas les pères.
Pour le fiancé… t’as l’air de t’en être sortie sans moi.
Elle l’observa plus attentivement.
Le sweat à capuche ouvert sur un t-shirt élimé, l’odeur de tabac froid, de métal, de pluie séchée.
Une cicatrice fine passait de sa pommette à sa tempe.
Il tenait encore une clé de 17 dans la main, comme s’il avait oublié de la reposer.
— Et vous, vous faites quoi, quand le manège s’arrête ? demanda-t-elle.
La question le prit au dépourvu.
D’habitude, les clients ne s’intéressaient pas à ça.
On montait, on criait, on redescendait, on partait avec une peluche, fin de l’histoire.
— On démonte.
On charge tout sur les camions.
On roule vers une autre ville.
On recommence.
— Vous fuyez tout le temps, alors.
Elle avait dit ça sans méchanceté.
Juste une constatation.
— Toi aussi, là, non ?
Un éclair lointain illumina un instant la rue derrière la barrière.
On entendit le grondement étouffé du tonnerre.
La pluie se remit à tomber, plus fine, plus rapide, comme une poussière froide.
Il soupira.
— Si tu restes là, tu vas finir malade.
Et mon patron va gueuler en me voyant avec une “princesse dégoulinante” sur l’autodrome.
Viens.
Elle hésita.
Son regard glissa vers l’extérieur, puis revint à lui.
À la casquette.
À la clé de 17.
Au visage qui avait l’air fatigué mais pas menaçant.
— Où ça ?
— Ma caravane. C’est moche, c’est petit, mais c’est sec.
Et j’ai du café, même si on dirait du goudron.
Elle se leva, un peu trop vite.
Ses jambes, engourdies, refusèrent de la porter correctement.
Elle vacilla, posa une main sur la rambarde, l’autre sur son épaule.
Le contact la surprit autant que lui.
Sa paume, froide et humide, sur le tissu rêche.
Sous la toile humide, il sentit le léger tremblement qui la parcourait.
— Pardon, souffla-t-elle.
— Ça va.
J’ai déjà vu des gens vomir sur ce manège, t’es loin du pire tableau de la soirée.
Elle rit, cette fois pour de bon.
Un rire qui accrocha l’air, qui le réchauffa un peu.
Il écarta la bâche pour la laisser passer.
L’odeur du plastique mouillé se mélangea à celle de son parfum, à peine perceptible, écrasé par la pluie et par la nuit.
Elle sauta à terre en tenant sa robe d’une main, l’autre toujours posée sur son épaule, comme si elle n’osait pas lâcher complètement le seul point fixe qu’elle avait trouvé.
Ils traversèrent l’esplanade presque vide.
Au loin, un dernier manège tournait encore au ralenti, vide, juste pour faire descendre la structure avant démontage.
Les lumières multicolores dessinaient des reflets sur les flaques, comme un ciel de fête brisé en mille morceaux sous leurs pieds.
La caravane apparaissait un peu à l’écart, penchée sur ses roues, flanquée d’un auvent en toile où pendaient encore quelques ampoules rouges.
Une silhouette de cheval de bois découpée dans du contreplaqué, posée contre la tôle, les observait d’un œil aveugle.
— Bienvenue dans le palace, annonça-t-il en ouvrant la porte.
Une bouffée de chaleur les enveloppa.
Mélange de café réchauffé, de linge humide, de parfum bon marché, d’huile de machine.
À l’intérieur, tout semblait trop près de tout : le lit pliant, la petite table, le miroir fêlé, les peluches gagnées à des jeux de tir, accrochées comme des trophées.
Elle resta un instant sur le seuil, pieds nus sur la marche métallique, robe blanche froissée, mascara sombre.
Entre la fête qui se démontait derrière, et cette tanière de forain devant, suspendue entre deux vies qu’elle venait de fuir.
— Si vous voulez, je peux rester juste un peu ?
Le temps… de me rappeler comment on respire, dit-elle.
Il la regarda.
Dans ses yeux, il y avait quelque chose de cassé et de furieusement vivant à la fois.
— Reste autant que tu veux.
La chaleur de la caravane les enveloppa aussitôt, presque trop forte après la nuit mouillée.
La petite pièce sentait le café brûlé, le métal chaud, le linge qui a séché trop vite, et sous tout ça, quelque chose de plus discret, de plus vivant.
Lise se laissa tomber sur la banquette.
La robe, lourde d’eau, colla à ses cuisses avant de glisser, en dévoilant davantage de peau qu’elle ne l’aurait voulu.
Elle eut un geste pour la remonter, mais ses doigts tremblaient.
— J’ai froid, dit-elle.
Puis, après un temps :
— Et en même temps, je brûle.
Milo la regarda rapidement, puis détourna les yeux.
Il lança le réchaud, le cliquetis sec du briquet claqua dans le silence.
La flamme bleue monta d’un coup, léchant la casserole cabossée.
— C’est l’adrénaline, expliqua-t-il.
Tu viens de faire exploser ta vie en plein milieu d’une mairie.
Normal que ton corps sache plus très bien sur quel bouton appuyer.
Elle eut un sourire sans joie.
— Mon corps a l’air d’avoir décidé tout seul, justement.
Elle massa sa nuque, comme si elle cherchait à faire redescendre quelque chose.
La bretelle de sa robe glissa, tomba sur son bras.
Elle la remit en place avec un soupir agacé, qui ressemblait à un aveu.
— Tu veux un truc sec ? demanda-t-il.
J’ai…
Il fouilla dans un placard, en sortit un t-shirt noir roulé en boule.
— C’est pas royal, mais c’est mieux que de rester emballée dans ta nappe de réception.
Elle prit le tissu, le serra un instant contre elle.
L’odeur la surprit : tabac, lessive bon marché, un reste de parfum féminin, presque effacé.
— Je peux me changer ici ?
— Si tu veux, je sors.
— Non.
Le mot tomba plus vite qu’elle ne l’aurait prévu.
Elle sentit la chaleur lui monter aux joues.
— Reste.
Je…
Elle chercha une justification, n’en trouva pas.
— J’ai juste pas envie d’être seule.
Un silence épais suivit.
Milo se contenta de hocher la tête, comme si c’était la chose la plus simple du monde.
— Je te tourne le dos, au moins.
Je suis peut-être forain, mais j’ai du savoir-vivre.
Il se retourna vers la petite fenêtre, laissant à Lise une sorte d’intimité bancale.
Elle posa le t-shirt sur ses genoux, inspira profondément.
Relevant ses volants, elle commença par ses sous-vêtements trempés ; le soutien-gorge, puis la culotte.
Ses doigts glissèrent sous l’élastique du soutien-gorge, tirant sur les bretelles alourdies d’eau qui collaient à sa peau.
Le tissu satiné, froid et poisseux, résista un instant avant de lâcher prise, libérant ses seins ronds qui se dressèrent aussitôt dans l’air tiède de la caravane – mamelons durcis par le contraste, frôlant l’intérieur humide des bonnets qui glissaient le long de ses bras.
Un frisson remonta de sa poitrine nue jusqu’à sa nuque, la chair de poule picotant sa peau tandis que le poids soudain de ses seins libres la fit inspirer profondément, sentant l’air caresser leurs courbes sensibles.
Puis la culotte.
Les pouces crochetés dans la taille trempée, elle la fit descendre lentement sur ses hanches, le coton gorgé d’eau épousant chaque contour avant de s’accrocher aux plis de ses cuisses.
L’étoffe glissante libéra d’abord le mont de Vénus, puis l’humidité chaude entre ses jambes – un filet d’eau de pluie mêlée à sa propre chaleur coulant le long de l’intérieur de ses cuisses, provoquant une sensation de fraîcheur piquante qui se mêlait à la moiteur résiduelle de son sexe gonflé.
Ses jambes tremblèrent légèrement au contact de l’air sur sa toison humide, chaque parcelle de peau exposée vibrant d’un picotement délicieux, comme si son corps entier s’éveillait sous ce dénudement lent et intime.
Puis ses doigts remontèrent vers la fermeture éclair de la robe, dans son dos.
Elle tira, mais le geste, à une main, accrocha.
Le zip descendit à moitié, grinça, se bloqua.
— Génial, souffla-t-elle.
Elle tira plus fort, sentit le tissu qui résistait.
Le bruit sec de la fermeture coincée résonna dans la caravane.
— Ça va ? demanda Milo, sans se retourner.
— Non.
Enfin… si.
Enfin, je suis coincée dans ma robe de presque-mariée.
C’est très symbolique, je suppose.
Elle rit nerveusement.
— Tu peux… m’aider ?
Il resta immobile une seconde.
Puis il inspira, se retourna lentement.
Lise lui tournait le dos.
La robe, entrouverte, laissait apparaître la ligne de sa colonne, la naissance de ses omoplates.
La peau portait encore les traces fines des bretelles du soutien-gorge, rouges, comme des marques de corde.
— Elle s’est coincée, expliqua-t-elle, la voix un peu plus basse.
Ici.
Elle guida sa main vers sa nuque, ses doigts effleurant les siens.
Un courant sec traversa le contact.
Milo posa les deux mains sur le tissu, sentant sous ses paumes la chaleur de sa peau, le tremblement léger qui la traversait.
Il tâtonna la fermeture, trouva le point de blocage.
— Respire, dit-il.
— Je respire très bien, répondit-elle, mais le souffle lui manquait légèrement.
— Non.
Respire vraiment.
Elle obéit.
À chaque inspiration, son dos se gonflait sous ses mains.
À chaque expiration, le tissu se détendait un peu.
— Là.
Il tira doucement.
La fermeture céda d’un coup, glissant le long de son dos dans un bruit discret de tissu froissé.
La robe s’ouvrit presque jusqu’aux reins.
L’étoffe légère libéra la courbe de sa colonne vertébrale, révélant la peau pâle encore marquée par la pluie – texture satinée, chaude sous la lumière jaune, piquetée de gouttes froides qui perlaient comme des lucioles.
Un souffle d’air frais s’y engouffra, hérissant l’épiderme en chair de poule visible.
Chaque follicule se dressa, envoyant des picotements vifs le long des flancs de Lise, un frisson qui raidit ses omoplates et fit frémir les muscles profonds de son dos, mi-froid mordant, mi-chaleur intérieure qui montait déjà en réponse.
Il aurait pu reculer.
Laisser tomber le tissu, faire une blague, casser la tension.
Il ne bougea pas.
Ses doigts restèrent en suspens, à quelques centimètres de sa peau.
L’air entre eux vibrait d’une chaleur anticipée ; Milo sentait déjà la pulsation de son propre sang dans ses paumes, l’envie de combler ce vide par un effleurement – la pulpe de ses doigts assoiffée de sa douceur, de sa texture fine et vivante.
Lise, elle, ne fit rien pour agripper la robe.
Elle la tenait juste sur sa poitrine, devant, les bras croisés, laissant son dos entièrement offert à la lumière jaune de la caravane.
La vulnérabilité la traversa comme une lame douce : dos nu tendu, peau tendue sur les vertèbres saillantes, chaque nerf alerte au moindre courant d’air, attendant le contact qui ferait exploser la tension en vagues tactiles.
— Tu trembles, constata-t-il.
— J’ai froid.
— Tu mens.
Elle se retourna à moitié, gardant la robe plaquée sur le devant.
Le mouvement lui fit perdre un peu de tissu, dévoilant une épaule entière, un bout de poitrine dans l’ombre.
L’étoffe glissa sur sa clavicule, frottant légèrement le mamelon qui durcit au contact fugace – frisson électrique remontant jusqu’à sa nuque, chaleur humide naissante au creux des cuisses.
— Peut-être, admit-elle.
Leurs regards se croisèrent.
Tout ce qui n’avait pas été dit dans la mairie, sur le parvis, sur la route jusqu’ici, flottait entre eux.
— Mets le t-shirt, souffla-t-il.
Avant que je fasse une connerie.
— Et si j’avais justement envie d’une connerie ?
Le mot resta suspendu.
Un bruit extérieur – une barre de métal tombant au loin – les ramena une seconde au monde.
Lise passa finalement le t-shirt par-dessus sa tête, sans quitter Milo des yeux.
L’étoffe glissa sur sa peau encore moite, arrachant un frisson électrique là où le coton effleura ses épaules sensibles, ses bras tendus, puis ses seins qui se soulevèrent librement à l’air confiné, mamelons durcis par le contraste soudain de fraîcheur et d’exposition.
La robe glissa à terre dans un froissement de tissu lourd.
Le satin alourdi par la pluie s’étira contre ses hanches avec un chuintement humide, caressant l’intérieur de ses cuisses en descendant, libérant une bouffée d’air tiède sur sa peau frissonnante, jusqu’à ce que ses pieds nus sentent la fraîcheur collante du sol plastifié.
Le t-shirt, trop grand, tombait à mi-cuisse.
Le coton usé, rêche par endroits, s’accrocha d’abord à ses courbes humides avant de se poser mollement, effleurant la peau tendue de son ventre, frôlant l’arrondi de ses fesses, puis s’arrêtant net à mi-hauteur des cuisses où chaque mouvement faisait danser le bord effiloché contre l’épiderme hypersensible.
Le coton fin épousait encore l’humidité de sa peau, dessinant, plus qu’il ne cachait, les courbes de ses seins.
Le tissu translucide moulait leur rondeur pleine, soulignant leur pesanteur douce sous leur poids, laissant deviner les veines bleutées sous la peau pâle, tandis que les pointes raidies tendaient le fin coton en pointes aiguës, frottant à chaque inspiration contre la trame irrégulière qui pinçait délicieusement les aréoles gonflées.
Le creux de sa taille se creusait sous l’étoffe tendue, accentuant la cambrure naturelle de ses reins, une ligne fluide où la chaleur résiduelle de son corps faisait adhérer le tissu comme une seconde peau tiède et possessive
— Voilà, dit-elle.
Je suis officiellement moins fragile, non ?
— Tu es officiellement dangereuse, corrigea-t-il, les yeux obstinément fixés sur son visage.
Elle fit deux pas vers lui.
La caravane était trop petite pour qu’il y ait vraiment de la distance.
À trois pas, elle sentait déjà sa chaleur, son odeur : café, tabac, pluie et quelque chose de plus sombre.
— On va vraiment boire un café… ou on va faire semblant encore longtemps ? demanda-t-elle, la voix plus rauque.
Il serra la mâchoire.
— T’as fui un mariage.
Je suis pas sûr d’être la meilleure façon de fêter ça.
— Je n’ai pas fui un mariage.
J’ai fui l’idée de m’endormir lentement à côté de quelqu’un qui ne me regardait plus depuis longtemps.
Elle leva la main, effleura la cicatrice sur sa pommette.
— Toi, tu regardes encore.
Le contact de ses doigts sur sa peau fut une décharge.
Pas un geste prudent, pas un geste sage.
Un geste curieux, presque insolent.
Il attrapa son poignet, pour l’éloigner de son visage.
Mais au lieu de le laisser tomber, il le garda contre lui, au niveau de son torse.
— Tu ne sais rien de moi, dit-il.
— Mon corps, lui, commence à savoir deux ou trois choses, répliqua-t-elle dans un souffle.
Leurs respirations se synchronisèrent, plus rapides.
La pluie avait cessé, dehors.
Il n’y avait plus que ce bruit-là : le souffle, les battements trop forts, le tic-tac irrégulier d’une vieille horloge accrochée au mur.
— Viens, dit-il abruptement.
Il ouvrit la porte de la caravane.
Un air plus frais entra, chargé d’odeur de métal, de terre mouillée, de sucre.
— Où ?
— Tu voulais un tour de manège.
La phrase, simple, prit une épaisseur nouvelle.
Elle frissonna.
Ils traversèrent la fête foraine démontée, comme tout à l’heure, mais cette fois leurs épaules se frôlaient.
Parfois, sa main effleurait le bas de son dos, comme pour la guider, la retenir, vérifier qu’elle ne disparaissait pas.
Ils n’allèrent pas vers le grand carrousel.
Milo bifurqua vers l’autodrome.
— C’est fermé, objecta-t-elle.
— C’est là que je suis chez moi.
Et puis, il y a plus de coins pour se cacher.
Il souleva un pan de bâche, l’aida à se glisser dessous.
L’odeur de plastique humide, de caoutchouc, de poussière d’essence, les enveloppa.
À l’intérieur, les voitures tamponneuses dormaient, rangées en vrac.
La lumière du dehors filtrait en traits pâles par les bords de la toile, découpant des lignes sur le métal.
— Monte.
Il indiqua une voiture sombre, au centre.
Elle enjamba le pare-chocs, s’assit sur le siège étroit.
Il monta à son tour, se glissant derrière elle.
Ses jambes encadrèrent les siennes, son torse se plaqua contre son dos.
La carrosserie gémit sous leur poids combiné.
— On ne bouge pas, pourtant, murmura-t-elle, déjà essoufflée.
— On n’a pas besoin de moteur, là.
Ses mains passèrent de part et d’autre de ses hanches pour attraper le volant.
Ses avant-bras frôlaient sa taille.
Elle sentait, dans son dos, battre quelque chose de plus fort que le reste.
— Regarde, dit-il.
D’un geste, il enclencha un petit interrupteur sur le tableau de bord.
Une guirlande de LED bleues, oubliée par les autres, s’alluma d’un coup, courant le long du plafond de l’autodrome.
Une lumière nocturne les baignait désormais, froide, presque irréelle, qui soulignait chaque relief de peau, chaque mouvement.
— On dirait qu’on est sous l’eau, souffla-t-elle.
— Ou dans un endroit où personne ne viendra nous chercher.
Elle posa ses mains sur les siennes, sur le volant.
Immobiles.
Le manège ne tournait pas, mais la sensation de vertige, elle, montait.
Son dos se moulait contre son torse.
À chaque inspiration de l’un, l’autre suivait.
— Milo…
— Oui.
— Si tu comptes être raisonnable, c’est le moment.
Il eut un rire très bref, au creux de son oreille.
— Tu demandes ça à un type qui rallume un manège, en pleine nuit, pour une inconnue en t-shirt qui vient de fuir son mariage.
On a dépassé la frontière de la raison depuis un moment, princesse.
Sa bouche effleura sa tempe.
Pas encore un baiser.
Un test.
Elle ferma les yeux, bascula légèrement la tête vers lui, offrant davantage de peau.
La bouche de Milo rencontra son oreille, un contact brûlant dans la pénombre bleutée des LED.
Chaque souffle contre sa peau faisait naître des frissons qui descendaient en cascade le long de son cou.
Lise ferma les yeux, la tête légèrement penchée, invitant sans un mot.
Ses lèvres glissèrent vers la mâchoire.
Lentes.
La pointe de sa langue traça une ligne humide, goûtant le sel de la pluie mêlé à sa chaleur naturelle.
Elle inspira difficilement, mains crispées sur le volant froid.
— Plus bas, souffla-t-elle.
Les mains de Milo abandonnèrent le métal.
L’une remonta vers sa gorge, doigts s’écartant pour envelopper la base de sa nuque, pouce pressant doucement le pouls qui s’accélérait.
L’autre plongea sous le t-shirt, paume large contre la courbe de sa hanche, sentant les muscles se contracter sous le contact.
La peau de Lise se couvrit de chair de poule, l’air confiné amplifiant chaque sensation tactile.
Le siège étroit les contraignait.
Elle pivota à demi, dos moulé contre son torse massif.
Le plastique grinça sous le mouvement, comme si l’autodrome entier protestait.
Ses jambes s’entremêlèrent aux siennes, cherchant une friction instinctive.
Un baiser vorace, langues qui s’explorent avec urgence, se mêlant dans une danse humide et brûlante, dents qui se heurtent légèrement, envoyant des picotements électriques le long de leurs mâchoires.
La chaleur de sa salive envahit Lise, goût du café froid persistant sur sa langue à lui – amer, réconfortant –, de la pluie fraîche sur la sienne à elle – minérale, vivante –, et cette note musquée naissante, intime, qui monte de leurs peaux échauffées, emplissant l’espace confiné d’une odeur de désir.
Elle gémit doucement dans sa bouche, vibration sourde qui résonne jusque dans sa poitrine, hanches roulant déjà contre sa cuisse musclée, friction rugueuse du jean contre son intimité gonflée, envoyant des vagues de chaleur pulsatile dans son bas-ventre.
Ses doigts malaxèrent un sein à travers le coton fin, chair souple se modelant sous la pression ferme, chaleur de sa paume irradiant à travers le tissu mince.
Le mamelon durci se dressa sous la pulpe du pouce, pincement léger qui tira une décharge aiguë, presque douloureuse, du bout sensible jusqu’au creux de son ventre, arrachant un hoquet rauque à Lise, souffle chaud contre ses lèvres.
Elle griffa sa nuque, ongles courts traçant des sillons roses sur la peau tannée, chaleur immédiate de la peau qui rougit sous la pression, texture rugueuse des cheveux courts sous ses doigts.
Son corps entier se cambra, pressant sa poitrine contre lui, pointes durcies frottant le sweat, envoyant des frissons délicieux le long de sa colonne, muscles tendus vibrant d’une urgence qui fait trembler ses cuisses.
— Ici ? murmura-t-il, voix rauque contre ses lèvres.
On pourrait nous surprendre.
— Justement.
Un rire bas vibra dans sa poitrine.
La main descendit entre ses cuisses écartées.
Paume rugueuse effleurant d'abord la peau tendre, encore fraîche de pluie, où les marques rouges des barrières métalliques formaient des stries sensibles sous les doigts calleux de Milo.
Lise tressaillit au contact, un picotement électrique remontant de l'intérieur de ses cuisses jusqu'à son ventre, faisant pulser faiblement sa chaleur intime.
Le t-shirt remonta, air confiné frôlant la chair nue, accentuant la chair de poule qui hérissait ses cuisses.
Ses muscles se tendirent instinctivement, anticipant, tandis qu'une moiteur chaude s'écoulait déjà entre ses lèvres gonflées.
Doigts effleurant l'intérieur des cuisses, remontant par touches furtives, frôlant l'humidité sans y plonger encore.
Chaque passage léger – phalanges courbées râpant doucement la peau douce, chaleur de sa peau contre la sienne – envoyait des ondes brûlantes dans son bas-ventre, resserrant ses chairs internes dans une attente douloureuse, son souffle s'accélérant en hoquets discrets.
Lise attrapa son poignet.
Doigts crispés sur les tendons saillants, elle sentit la force contenue sous sa peau, le pouls rapide qui battait contre sa paume.
Son cœur cognait sourdement, écho de la pulsation humide entre ses jambes.
Elle pressa sa main plus haut, alignant ses doigts sur l'entrée luisante, où l'humidité chaude débordait déjà, poisseuse contre ses propres cuisses.
Un frisson la traversa au contact initial, muscles pelviens se contractant d'envie.
Il obéit, trouva la chaleur gonflée, glissa un doigt, puis deux, dans la moiteur accueillante.
Les phalanges épaisses écartèrent ses lèvres sensibles, étirant doucement les parois soyeuses et trempées qui s'ouvrirent autour des doigts avec un bruit humide discret – sensation de plénitude immédiate, de friction veloutée qui irradia dans tout son bassin, faisant durcir son clitoris par échos successifs.
Chaque jointure qui s'enfonçait envoyait une décharge chaude le long de ses nerfs, son intimité palpitant autour de l'intrusion bienvenue.
Elle se contracta autour de lui, tête rejetée sur son épaule, bouche ouverte sur un soupir long.
Ses parois internes enserrèrent les doigts envahissants, aspirant leur chaleur rugueuse dans des spasmes légers, tandis que la pression contre sa chair tendre faisait monter une onde de plaisir depuis ses reins jusqu'à sa nuque raidie – son épaule musclée sous sa joue exhalant une odeur de sueur salée et de métal froid.
Le rythme s'installa, lent d'abord, ses hanches ondulant pour suivre chaque poussée.
Va-et-vient mesurés, doigts courbés pressant l'intérieur moelleux à chaque retrait, étirant puis comblant le vide brûlant – ses hanches roulaient en cercles instinctifs, frottant son clitoris gonflé contre le plat de sa paume, amplifiant les picotements qui grimpaient en elle, souffle mêlé au sien dans l'air lourd d'essence et d'excitation musquée.
Odeur d’essence froide, de plastique chauffé, de leurs corps en sueur.
Bruits humides discrets, mêlés à leurs souffles saccadés.
Dehors, des voix lointaines – forains qui rangent du matériel.
Le risque aiguisa tout, resserra la tension comme un nœud.
Il accéléra, pouce en cercle rapide sur le bouton sensible, pression ferme et insistante.
Chaque rotation envoyait des ondes électriques depuis son clitoris gonflé, une chaleur tourbillonnante qui irradiait dans son bas-ventre, resserrant ses chairs internes autour de ses doigts enfoncés.
Lise sentit ses cuisses trembler d'abord par frissons légers, puis se crisper violemment autour de sa main, muscles bandés comme pour emprisonner la source du plaisir.
L’orgasme la traversa en vagues violentes.
Les contractions puissantes secouèrent son vagin, son utérus, pulsations rythmiques qui remontaient en cascade brûlante jusqu'à sa poitrine, raidissant son dos arqué contre le torse de Milo.
Elle hoqueta, souffle coupé, visage tordu par l'extase – yeux papillonnants, lèvres tremblantes –, chaque spasme libérant une décharge qui faisait vibrer ses orteils et bourdonner son crâne, un instant hors du temps où tout se dissolut en béatitude liquide.
Elle retomba, pantelante, peau luisante sous les lumières froides.
Respiration saccadée, membres lourds de relâchement délicieux, écho des pulsations encore tièdes au creux de son ventre.
Il retira ses doigts doucement, luisants de sa moiteur chaude.
Les porta à ses lèvres.
Goût d’elle sur sa langue, salé et musqué, intime comme un secret partagé.
Puis l’embrassa, langues mêlées, partageant la saveur intime.
Elle aspira ses lèvres, prolongeant l'instant, son propre arôme se mêlant à leur souffle commun.
— À toi, dit-elle, voix encore brisée.
Elle pivota, s’agenouilla sur le siège exigu.
Les genoux râpèrent le plastique usé, morsure légère envoyant un picotement dans ses cuisses encore frémissantes.
L’air confiné charriaient déjà leur odeur mêlée – sueur salée, excitation musquée.
Mains tirant sur la ceinture, descendant le jean et le boxer d’un geste fluide.
Le cuir claqua sec, le tissu glissa sur les hanches étroites, révélant la peau chaude, les poils drus.
Ses doigts effleurèrent les cuisses musclées, sentant les tendons se tendre sous la première caresse.
Son sexe surgit, rigide, veiné, prêt.
Chaleur pulsatile contre sa paume, veines gonflées battant comme un cœur affolé, gland luisant d’une goutte claire.
Lise inspira l’odeur intime, mâle, qui montait – mélange de peau propre et d’excitation naissante.
Elle le prit en bouche sans attendre, langue à plat léchant la base, remontant jusqu’au gland sensible.
Le goût salé, légèrement amer, envahit ses papilles; la texture veloutée de la hampe glissa sous le plat de sa langue, tandis que le frein frémissait au passage précis de la pointe.
Chaque veine saillante roula sous son palais, envoyant des décharges de plaisir remontant jusque dans les testicules tendus de Milo.
Milo grogna, main dans ses cheveux humides, non pour forcer, juste pour ancrer.
Les mèches mouillées collèrent à ses doigts, fraîcheur contrastant avec la chaleur humide de sa bouche ; le grognement vibra dans sa gorge, descendit jusqu’à son bas-ventre en onde chaude.
Son cuir chevelu picota sous la traction légère, ancrant le plaisir qui montait déjà, serrant ses reins.
Elle aspira, avala plus profond, à un rythme régulier qui faisait claquer sa gorge.
Succion ferme autour du gland hypersensible, gorge qui s’ouvre pour engloutir la hampe entière – pression rythmée massant chaque centimètre, langue tournoyant sous la couronne pour amplifier les spasmes.
Milo sentit sa verge palpiter, gonfler davantage, chaque retrait laissant un vide brûlant vite comblé.
Salive coulant sur son menton, bruits obscènes résonnant dans le confinement.
Filet tiède glissant sur sa peau, gouttant sur ses seins nus ; les claquements humides, succions avides ricochaient contre les parois plastiques, mêlés à leurs souffles courts.
Lise sentit sa propre excitation ravivée, humidité chaude entre ses cuisses, tandis que Milo haletait, le son guttural amplifiant son propre désir.
Ses hanches poussèrent malgré lui ; elle suivit, ongles enfoncés dans ses cuisses musclées.
Poussées instinctives cognant au fond de sa gorge, étouffant ses gémissements ; ses ongles mordirent la chair ferme, sillons rouges naissant sous la pression, douleur exquise qui fit bander Milo plus dur encore.
Chaque poussée envoyait une décharge électrique de ses testicules à sa nuque, le rapprochant du bord.
Il la releva brusquement.
Paumes fermes sous ses aisselles, la soulevant d’un bloc, muscles bandés.
Son corps encore frémissant glissa contre le sien, chaleur moite contre chaleur moite.
L’attira sur ses genoux, face à face.
Cuisses écartées d’instinct, genoux heurtant le plastique dur.
Son sexe dressé frôla l’entrée humide, bout gonflé effleurant les lèvres intimes, déclenchant un spasme anticipatoire dans son ventre.
T-shirt roulé jusqu’aux épaules, exposant ses seins lourds, encore marqués par ses attentions.
Mamelons rougis, dressés, hypersensibles à l’air frais – chaque souffle de Milo les durcissait davantage, envoyant des picotements électriques jusqu’au creux de ses reins.
Elle s’empala lentement, gémissant à la sensation de plénitude.
Gland épais écartant les chairs, étirant les parois internes millimètre par millimètre – une brûlure exquise, suivie d’une remplissage total qui comprima son clitoris contre son pubis.
Muscles internes s’adaptant à sa taille, palpitant autour de la veine gonflée, humidité coulant le long de ses cuisses.
Pleine.
Tellement pleine.
Vague de chaleur rayonnant du bas-ventre, pression contre le col, frottement constant contre le point G à chaque micro-mouvement.
Le rythme reprit, c’est elle qui chevauchait.
Mains agrippées à ses épaules, ongles enfoncés dans la peau salée – se hissant, hanches roulant en cercle, puis redescendant fort, claquant contre ses cuisses.
Chaque descente cognait au fond, envoyant des chocs de plaisir remontant l’échine, crispant ses orteils.
Claquements de chair humide, souffles mêlés, plastique vibrant sous l’assaut.
Peau contre peau luisante, bruits obscènes amplifiés dans le confinement – sueur gouttant entre ses seins, inhalée à pleins poumons.
Les mains de Milo pétrissaient ses fesses, guidant les descentes plus profondes.
Doigts calleux s’enfonçant dans la chair tendre, écartant les globes, pouces frôlant l’anus plissé – tirant vers le bas, forçant la pénétration jusqu’à la garde, étirant ses chairs au maximum.
Baisers voraces, morsures légères sur l’épaule de Lise.
Dents raclant la peau, langue lapant le sel de la sueur – picotements diffus irradiant dans son cou, son épaule, se mêlant à la pulsation profonde en elle
Bruit dehors.
Plus proche.
Faisceau de lampe torche balayant la bâche.
— Chut, murmura-t-il.
Vite.
L’urgence les propulsa.
Sa main glissa entre leurs corps soudés, doigts calleux trouvant le clitoris gonflé, hypersensible.
Chaque cercle rapide envoyait des éclairs brûlants dans le bas-ventre de Lise, une chaleur liquide qui irradiait jusqu’au creux de ses reins.
La pression ferme, rythmée, faisait pulser le bouton durci sous sa pulpe, amplifiant la plénitude déjà intense de sa verge en elle – chaque va-et-vient cognant au fond, étirant ses parois internes dans une friction exquise.
Ses muscles internes se contractèrent d’abord par spasmes légers, puis violents, enserrant Milo comme un étau rythmique, aspirant sa longueur plus profondément dans sa chaleur humide.
Lise sentit monter la vague depuis son ventre, un serrement exquis qui grimpa le long de sa colonne, raidissant ses cuisses autour de ses hanches, crispant ses orteils contre le plastique froid du siège.
Son souffle se bloqua, visage tordu en rictus incontrôlable – yeux mi-clos, lèvres tremblantes –, tandis que des contractions puissantes secouaient son vagin, son utérus, jusque dans son anus, chaque pulsation libérant une décharge de plaisir qui la faisait hoqueter, trembler de la tête aux pieds.
Milo sentit la vague l’envahir en écho.
Les parois palpitantes le massaient implacablement, une succion chaude et humide qui resserrait son bas-ventre en nœud brûlant.
Il se répandit en jets chauds, profonds, chaque spasme de son sexe pulsant contre ses chairs sensibles, vidant en elle une chaleur liquide qui prolongeait ses propres contractions.
Un grognement rauque monta de sa gorge, étouffé contre la peau moite de son cou, où il mordit légèrement pour contenir le cri – cœur cognant sourdement, sueur coulant en rigoles salées entre leurs torses collants.
Corps soudés, tremblants, collants de sueur.
Leurs respirations saccadées se mêlaient, chaudes et humides dans l’air confiné, tandis que les derniers spasmes s’espaçaient, laissant une lourdeur délicieuse dans les membres, une chaleur résiduelle pulsant encore faiblement au creux de leurs sexes unis.
Lise s’affaissa contre lui, peau luisante sous les LED bleues, chaque inspiration ravivant l’écho du plaisir dans ses muscles détendus
La lumière s’éloigna.
Silence relatif.
Ils restèrent enlacés, cœurs cognant à l’unisson.
Il la porta presque jusqu’à la caravane, jambes encore flageolantes.
À l’intérieur, banquette étroite, mais assez pour s’allonger collés.
Elle trouva son téléphone : 47 appels manqués, autant de messages furieux.
Il alluma une cigarette, la lui tendit.
— Demain, tu repars ?
— Peut-être.
Ou peut-être que je monte dans un camion avec toi.
La fumée s’éleva paresseusement.
Dehors, la fête foraine s’éteignait.
Leur nuit, elle, palpitait encore.
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