Il a ses yeux (7 et fin)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Il a ses yeux (7 et fin)
Chapitre 7
Il a juste regardé un instant, ses yeux verts lançant un éclair de triomphe. Il a pris une dernière aspiration profonde, remontant jusqu'à la base. La vague m'a emporté. Mon corps s'est cambré. J'ai gémi avec une force animale. Les spasmes étaient violents. J'ai joui dans sa bouche, le plaisir déchirant mon corps avec une violence à laquelle je ne pouvais pas résister. Aymerick a continué l'acte, accueillant mon sperme avec une dévotion qui m'a coupé le souffle.
Quand les secousses se sont calmées, il s'est redressé, essuyant ses lèvres avec le dos de sa main. Son regard s'est posé sur moi. Il a souri, son expression dégageant une affection profonde et une satisfaction totale.
-Maintenant, on peut rentrer à la maison, Max. Je crois que le plan est clair.
J'étais en sueur, tremblant, mais le pick-up était toujours sur la route, et le soleil filtrait à travers les arbres. Je n'ai fait qu'acquiescer. Il avait réussi, sur l'autoroute, à m'imposer notre nouvelle réalité. Il était le danger, mais aussi le salut.
Il a doucement reboutonné mon jean. Le retour à la maison n'était plus une fin, mais le début d'une vie qui serait désormais toujours sur le fil.
Nous sommes arrivés chez Stéphanie en fin d'après-midi. Mon corps était encore parcouru de spasmes agréables, mais mon esprit était déjà en mode stratégie. Léo a couru vers nous, heureux. J'ai serré mon fils fort contre mon corps musclé, réalisant une fois de plus que tout ce que nous faisions était pour lui.
Une fois Léo installé à l'arrière du pick-up, Aymerick s'est adressé à lui avec douceur, suivant le plan établi.
-Mon grand, ton papa et moi, on a eu une discussion importante. Ton papa a été très triste ces derniers mois.
-Oui, Papa était toujours en colère, a dit Léo, honnêtement.
-Exactement. Et je veux l'aider à ne plus être en colère. Il a besoin de moi. Je serai là pour veiller sur lui, très très fort.
J'ai pris le relais, mon regard se posant dans le rétroviseur pour croiser celui d'Aymerick.
-Oui, Léo. Tonton Aymerick est mon meilleur ami maintenant. Et tu sais, quand je dors, parfois je fais de gros cauchemars. Et Aymerick est le seul à me calmer. Alors, pour que je sois bien, il va dormir dans la chambre d'amis, juste à côté. J'ai hésité. Puis j'ai craché le mensonge le plus audacieux de la journée.
-Même que parfois, si le cauchemar est trop fort, il doit dormir à côté de moi, dans mon lit, pour s'assurer que je vais bien. C'est comme quand toi, tu viens dans mon lit quand tu as peur du noir. C'est un secret d'hommes.
Léo a réfléchi. Pour lui, le fait qu'un adulte ait peur était une notion fascinante, et l'idée qu'Aymerick soit un remède était logique.
-D'accord, Papa. S'il te surveille la nuit, c'est bien.
Le stratagème était en place. Léo avait accepté la nouvelle dynamique de la peur et de la protection.
Après le dîner, Léo est monté se coucher, rassuré par le nouveau rôle d'Aymerick. Les vrais cauchemars attendaient dans le salon. Nous nous sommes assis sur le canapé – le lieu de notre première jouissance non avouée – et j'ai allumé la télévision. Je cherchais les nouvelles locales.
Sur la chaîne régionale, le journal commençait. Et là, en pleine émission, la journaliste souriait.
-... et la Place de la Comédie, à Montpellier, a été le théâtre d'une scène inattendue, qui a fait le tour des réseaux sociaux. Rappelons que le blogueur Aymerick B., qui avait annoncé une déclaration sur sa page, a finalement été interrompu par son propre beau-frère. Regardez.
La vidéo a défilé à l'écran. Notre course folle, mon étreinte, mon baiser possessif, et ma déclaration hurlée : « Je ne veux plus te perdre ! ». La qualité était meilleure que celle du téléphone de Théo. Le choc était violent.
-Mon Dieu, Aymerick, j'ai soufflé. C'est... c'est partout.
La journaliste a conclu, souriante.
-Le démenti n'aura duré que quelques secondes. Le charpentier, qui était en deuil, semble avoir retrouvé le chemin de l'amour, dans un scénario digne d'une comédie romantique. Le compte d'Aymerick a explosé. Ses nouveaux abonnés l'attendent pour la suite. J'ai éteint la télévision. Le silence est revenu, mais cette fois, il était public.
-On ne pourra plus jamais faire comme si, j'ai dit, la gorge nouée par le stress. Tous mes collègues ont vu ça. Nos voisins vont voir ça. Comment on va faire pour qu'ils ne nous reconnaissent pas ?
Aymerick a souri, un sourire calme. Il n'était plus le gamin effrayé du garage. Il était la star de notre nouvelle vie.
-On ne va pas s'en soucier, Max. Pas ce soir. On s'en souciera plus tard. Les gens adorent une belle histoire d'amour. Et demain, on commencera à en écrire le prochain chapitre.
Il s'est levé. Il a marché vers moi. J'étais stressé, mon corps raide d'anticipation et de peur. Il a posé ses fesses fines sur mes genoux larges, à califourchon, son corps mince épousant mon corps musclé. Il a posé ses mains sur ma joue, ses yeux verts fixés sur les miens.
-Tout va aller, Max. Je suis là.
Il m'a embrassé, un baiser doux, lent, qui a balayé toute mon anxiété. Le monde n'existait plus. Seule la chaleur de son corps, le goût de sa bouche, et la certitude que nous étions là, ensemble. J'ai senti la montée du désir, mon sexe répondant à son contact. Le plan, le démenti, les followers, tout pouvait attendre. J'ai glissé mes mains sous son pull, caressant son dos.
-Montons, j'ai murmuré. Je t'emmène dormir à côté de moi.
Aymerick a souri, le sourire du vainqueur. Il s'est levé et m'a tendu la main. J'ai saisi sa main. Main dans la main, nous avons monté les escaliers vers ma chambre, la porte de Léo restant silencieuse. Le cauchemar était fini. Le rêve, lui, commençait.
La nuit fut un tourbillon. Entre les draps, il n'y avait plus de honte, plus de retenue. Il y avait la tendresse du repos, les caresses d'un corps qui m'explorait sans jugement, et la sauvagerie d'un homme qui se délivrait enfin. Nous avons fait l'amour jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que nos corps ne soient plus qu'une seule masse moite et haletante sur le matelas.
Au réveil, le soleil filtrait à travers les rideaux. Aymerick était là, blotti contre mon torse. Pour la première fois depuis la mort de Lise, je me suis réveillé sans le poids du deuil, mais avec le poids d'un corps vivant. Le vrai test commença à la porte de l'école.
Nous avons conduit Léo, la nouvelle règle du tonton-gardien fermement établie. À l'extérieur de l'établissement, c'était le chaos habituel des parents pressés. J'ai senti l'angoisse monter. Dès que j'ai sorti Léo du pick-up, j'ai su.
Un silence a balayé le groupe de parents qui attendaient. Les têtes se sont tournées, non par curiosité, mais par reconnaissance. Le charpentier n'était plus un veuf anonyme ; il était l'homme du live sur la Place de la Comédie. J'ai vu des parents détourner le regard, baisser la tête, embarrassés. Mais j'ai aussi vu le père de la petite Chloé lever le pouce, son sourire signifiant : Bravo, mec. T'as des couilles. Une mère a timidement applaudi, un petit applaudissement solitaire et encourageant. Le plus brutal fut le groupe d'adolescents posté près du mur d'enceinte. Ils étaient tous penchés sur leurs téléphones. Quand ils m'ont vu, un murmure s'est répandu. Un d'eux a pointé du doigt mon visage barbu en riant, montrant l'écran à ses amis. La preuve de notre baiser public se trouvait dans leur poche.
J'ai serré la main de Léo, jouant la comédie jusqu'au bout.
-Bonne journée, mon grand, ai-je dit, ma voix raide.
J'ai fait un signe de tête à Aymerick, qui est resté dans le pick-up pour ne pas attirer plus l'attention.
-On rentre vite, Max. J'ai besoin d'un café, a-t-il murmuré, les yeux verts pleins d'un mélange d'amusement et de tension.
Je suis arrivé au chantier. Mon cœur battait dans mon casque de protection. Dès que j'ai franchi la porte, les ricanements ont commencé.
-Tiens, le charpentier le plus célèbre de France ! a lancé Pierre. On t'a vu aux infos, Max ! T'as bien dit qu'il ne fallait pas s'en faire pour ton beau-frère, hein ?
-On ne savait pas que c'était une comédie romantique qui se jouait à la maison ! a plaisanté Jean, avec une gentillesse surprenante.
Je me suis approché de mon établi, essayant de rester digne.
-C'est ma vie privée. Laissez tomber, j'ai dit, sans colère.
-Mais non, Max ! C'est super ! T'es heureux ! On rigole, c'est tout. Tu t'es bien rattrapé, après le démenti bidon ! a poursuivi Jean, me donnant une tape sur l'épaule.
J'ai souri, sentant une chaleur monter dans ma gorge. Le jugement que j'attendais n'était pas là. Seulement le narguage affectueux des hommes qui m'acceptaient, peu importe la nature de mon amour. Alors que j'enfilais mes gants, mon téléphone a vibré. Un numéro inconnu. J'ai décroché, agacé.
-Allô ?
-Bonjour, Monsieur Maximilien V... Charpentier ? Je suis Sophie Delval, journaliste pour Midi Libre. J'ai réussi à vous retrouver grâce à la plaque de votre pick-up. J'aimerais beaucoup avoir votre version de cette histoire d'amour. Un entretien exclusif ?
J'ai raccroché, les doigts tremblants. Le secret n'était plus seulement viral ; il était devenu une cible médiatique. Mon refuge, mon chantier, était maintenant connu. Aymerick avait raison : nous ne pouvions plus ignorer la suite.
J'ai regardé l'heure. Je n'avais qu'une envie : jeter ma scie et rentrer embrasser l'homme qui avait fait de moi une célébrité malgré moi. Mais je devais tenir. Pour Léo. Et pour l'avenir que nous devions désormais construire ensemble, au grand jour.
Toute la journée, mon téléphone n'avait cessé de vibrer. La journaliste de Midi Libre ne lâchait pas l'affaire, ses messages vocaux s'accumulant, de plus en plus pressants. Mon histoire n'était plus un secret ; c'était un scoop en attente.
J'ai jeté mes outils dans le pick-up, mon corps épuisé mais mon esprit alerte. Aymerick avait récupéré Léo à l'école, me donnant un répit précieux. Je suis rentré en fin de journée, prêt à affronter l'odeur du repas et le silence de notre nouvelle routine. Aymerick était dans la cuisine, coupant des légumes. Léo était assis par terre, jouant avec ses petites voitures. La scène était celle d'une famille.
Aymerick a attendu que Léo soit absorbé par le bruit du moteur imaginaire de sa voiture. Il s'est approché de moi, ses yeux verts remplis d'une nervosité que je ne lui connaissais pas.
-Max, il faut que je te parle, tout de suite.
Il m'a pris la main et m'a tiré doucement vers le couloir, hors de la vue de Léo. Il m'a fait face, ses mains se tordant.
-J'ai été contacté. Par une très grande marque... une marque qui cible la communauté LGBTQ+. Ils font dans les produits de lifestyle, les vêtements, un truc dans le genre.
-Et ? J'ai dit, mon corps se raidissant.
-Et ils ont vu le live de Montpellier. Ils ont vu la façon dont tu m'as sauté dessus. Ils pensent que nous avons une histoire authentique et puissante à raconter.
Il a pris une grande inspiration, puis a lâché la bombe.
-Ils veulent qu'on fasse une vidéo promotionnelle pour un de leurs produits, ce week-end. Une vidéo où... où on s'embrasse. Mais pas un petit baiser. Un baiser long et sexy. Et... et ils veulent que tu sois en tenue de charpentier.
Je n'ai pas compris tout de suite.
-Ma tenue ? Mais j'ai de la sciure partout.
-Max, écoute. Ils veulent le Charpentier. Le masculin et le viril avec le gay raffiné. Ils veulent que tu sois torse nu, avec seulement les bretelles de ton pantalon d'ouvrier, celles qui tiennent tes outils. C'est le contraste qui les intéresse.
Ma rage est montée instantanément.
-Non ! Hors de question ! C'est ma vie, Aymerick ! On n'est pas des acteurs porno ! Je suis un ouvrier, pas une... une publicité ! Je viens de me cacher pendant des mois, je viens de me faire surprendre en direct, et maintenant, tu veux que je me mette torse nu devant des milliers d'inconnus pour vendre des tee-shirts ?
-C'est beaucoup plus que ça ! a insisté Aymerick. C'est un message. C'est dire : on existe. On a le droit d'aimer. Et pour moi, c'est important. C'est une porte qui s'ouvre. Ce n'est plus Aymerick le petit décorateur, c'est nous. Et c'est une somme d'argent qui sécurise Léo.
J'ai regardé vers la cuisine, vers mon fils. La somme d'argent. La vérité est que le chantier n'offrait aucune sécurité.
-Mais... torse nu... J'ai murmuré, ma résistance faiblissante.
Aymerick s'est approché. Il a posé ses mains sur mon torse poilu, ses doigts glissant le long des tatouages tribaux.
-Tu es magnifique, Max. C'est l'homme le plus sexy que je connaisse. Fais-le pour nous. Fais-le pour montrer au monde que tu n'as plus honte.
Le mot honte a résonné en moi. Il avait trouvé la faille.
-D'accord, j'ai dit, ma voix grave. Mais je ne suis pas un acteur. Et ce baiser... il sera réel.
Aymerick a souri, un sourire de triomphe et d'affection.
-C'est tout ce que je demande.
Le week-end est arrivé. Léo était chez Stéphanie. Le tournage se déroulait dans le garage, le lieu de notre première violence, qui était maintenant notre studio. La marque avait envoyé un petit matériel, juste un éclairage simple et une caméra. Aymerick avait tout préparé.
-C'est simple, Max. La scène est sur le produit. On le montre. Et puis, la séquence du baiser.
-Et la tenue, j'ai dit, mal à l'aise.
J'ai enlevé mon pull, dévoilant mon torse large et puissant. J'ai débouclé mes bretelles en cuir, les laissant pendre. L'odeur du bois, de la sueur séchée, de mon propre corps. J'étais l'ouvrier, la force brute. Aymerick, lui, portait un simple t-shirt de la marque. Il a installé la caméra.
-On commence. Tu me fixes. Je m'approche. Et on s'embrasse. Simplement.
J'ai respiré un grand coup. Aymerick a dit Action. Il s'est approché de moi, nos corps se faisant face. Je l'ai regardé, mes yeux fixant ses yeux verts magnifiques. Il y avait une tendresse, mais aussi une excitation brûlante dans son regard. Il a commencé à parler, devant la caméra.
-Ce produit, ce n'est pas juste un vêtement. C'est une déclaration. C'est la liberté d'être qui l'on est, peu importe d'où l'on vient, peu importe le métier.
Il a tendu sa main et a posé ses doigts sur ma poitrine poilue, juste au-dessus de mon cœur.
-Je suis Aymerick. Et voici Max. Le charpentier. Mon homme.
Mon souffle s'est coupé. Mon homme. Il venait de le dire, publiquement. Il s'est hissé sur la pointe des pieds. Il a posé ses lèvres sur les miennes. Le baiser a commencé doucement. Puis, il s'est transformé. Je me suis emparé de sa nuque, ignorant la caméra, la lumière. Je l'ai attiré contre moi, sentant sa finesse contre ma puissance. J'ai introduit ma langue, explorant sa bouche avec une avidité que le public attendait.
Aymerick a répondu, ses mains se cramponnant à mes épaules larges. Nos bouches étaient ouvertes, le baiser était long, mouillé, passionné. C'était notre baiser de Montpellier, sans la panique, avec la dévotion en plus.
J'ai senti la chaleur monter dans mon entrejambe. Mon sexe a durci contre mon pantalon. C'était la preuve que le baiser était réel, que le désir était la vérité de notre histoire. Il a rompu le baiser. Ses yeux étaient brillants. Il a appuyé sa tête contre mon torse, respirant fortement.
-Coupe ! a-t-il dit, la voix brisée. C'est parfait.
Le tournage était terminé. J'ai serré Aymerick contre moi, mon cœur battant la chamade. J'avais exposé mon corps et mon amour, et étrangement, je n'avais plus honte. J'avais seulement hâte de voir la suite de cette histoire publique.
Le mot « Coupe ! » venait de quitter les lèvres d'Aymerick, mais l'excitation n'avait fait qu'exploser. Le baiser, long et authentique, avait réveillé en moi une bête affamée. Mon sexe était dressé, douloureux contre le tissu de mon pantalon.
Aymerick s'est détourné pour éteindre la caméra et débrancher le matériel, son dos fin et gracieux exposé.
-C'était parfait, Max ! Il faut que je regarde les rushs...
Je ne lui ai pas laissé le temps de finir sa phrase. Mon corps avait pris les commandes. J'ai bondi. J'ai attrapé Aymerick par la taille et je l'ai plaqué contre le mur de bois brut du garage. Il a laissé échapper un cri de surprise.
-Max ! Doucement !
-Pas doucement, j'ai grondé, ma voix était un rugissement. Tu m'as regardé, tu as filmé, tu as goûté. Maintenant, tu vas me sentir !
La sauvagerie avait pris le dessus. Il ne s'agissait plus de tendre affection, mais de possession brutale, urgente. J'ai tiré Aymerick par son jean, le faisant glisser jusqu'à ses chevilles. J'ai arraché son caleçon d'un geste sec. Ses fesses rondes et blanches se sont offertes à moi, mises en valeur par le mur rugueux du garage. J'ai déboutonné mon propre pantalon, laissant le tissu et mon caleçon tomber sans façon. Mon sexe large et dur s'est libéré, impatient de trouver sa cible.
J'ai emprisonné ses hanches avec mes mains calleuses, le soulevant juste assez pour ajuster l'angle. L'urgence était totale.
-Donne-le-moi ! J'ai commandé.
Aymerick, haletant contre le bois, a obéi, arquant le dos. J'ai appliqué le lubrifiant sur mon gland rapidement, mes doigts tremblants. J'ai poussé. Cette fois, il n'y a pas eu de lenteur, seulement la force nécessaire pour vaincre la résistance. Aymerick a gémi, son cri étouffé par le mur.
-Oh, Max ! Doux... sauvage !
J'ai initié un rythme rapide, violent. Chaque coup de reins était une décharge, une affirmation de notre amour et de notre secret. Le choc de nos corps contre le mur résonnait dans le garage. Je le prenais avec la force que j'utilisais pour soulever une poutre, mais avec la ferveur d'un amant. J'ai senti la vague monter. Mon corps s'est tendu. J'ai crié son nom, Aymerick, en jouissant. La jouissance fut rapide, profonde, un soulagement brutal. Je l’ai remplis et je me sentais mieux.
Je me suis effondré contre son dos, mon front pressé contre ses cheveux. Nous sommes restés là, haletants, dégoulinants de sueur, l'odeur du sperme et du bois se mélangeant.
-C'était... ta faute, j'ai murmuré contre sa peau.
Aymerick a ri, un rire nerveux et ravi.
-Mon Charpentier est une bête. Maintenant, aidons-nous à nous rhabiller.
Quelques Semaines Plus Tard
Le temps n'a pas mis longtemps à faire son œuvre. Quelques semaines se sont écoulées, et la vidéo promotionnelle a été mise en ligne. Le succès a été immédiat, total, et mondial.
La vidéo du charpentier torse nu, torse contre torse avec l'artiste raffiné, a été un phénomène. Les médias LGBTQ+ ont salué l'authenticité et le courage. Les magazines de décoration parlaient de "l'amour le plus sexy d'Internet".
Le secret était bien mort.
Je suis passé du statut de charpentier veuf anonyme à celui de "Max, le Charpentier Musclé" de la vidéo virale. Quand je prenais Léo à l'école, les regards n'étaient plus ambigus : ils étaient des regards de reconnaissance. Les parents se chuchotaient mon nom.
Un soir, en regardant un reportage sur une chaîne de télévision allemande, j'ai vu notre baiser diffusé à nouveau, sous-titré en allemand.
-C'est insensé, Aymerick, j'ai dit, abasourdi. Je suis un mème mondial.
-C'est notre vie, Max, a dit Aymerick, me serrant la main. Et tout le monde nous reconnaît.
J'avais désormais un visage public, un amour public, et un passé professionnel qui était devenu un symbole. L'anonymat était fini. Mais je savais que si cela signifiait que je ne devrais plus jamais mentir sur Aymerick, j'étais prêt à porter cette célébrité inattendue.
ÉPILOGUE
Trois ans s'étaient écoulés.
Le nom de Maximilien n'était plus associé au deuil, mais au sourire. Il avait lâché le chantier pour devenir le visage de la marque LGBTQ+ qui les avait lancés, travaillant désormais avec Aymerick sur des vidéos de rénovation de maisons, conjuguant leur passion. Leur maison n'était plus le théâtre d'un secret honteux, mais le studio de leur vie publique et heureuse. Léo, maintenant plus grand, appelait Aymerick son "Tonton-Papa" et avait totalement intégré la nouvelle configuration familiale.
Un après-midi, Aymerick et Léo étaient partis faire les courses. Maxilien avait décidé qu'il était temps de terminer le tri des vieilles affaires de Lise, une tâche qu'il avait toujours reportée. C'était la dernière boîte, celle des papiers et souvenirs qu'elle gardait dans l'étagère... l'étagère qui n'avait jamais été réparée.
Il ouvrit la boîte. Au fond, sous des vieux bulletins de salaire, il trouva une enveloppe non cachetée. Son nom était écrit sur le devant de la main de Lise :
Pour Max, à ouvrir quand tu seras vraiment heureux.
Son cœur s'est mis à battre la chamade. Il a ouvert l'enveloppe. C'était une lettre manuscrite.
Mon Charpentier,
Si tu lis ça, c'est que tu as enfin compris. Ou que tu as trouvé la force d'arrêter de mentir.
Je sais ce que tu as traversé. Je n'étais pas aveugle, Max. J'ai vu la lumière dans tes yeux quand Aymerick est arrivé, même avant le début de ta tristesse. Tu n'étais pas malheureux avec moi, mais tu n'étais pas toi-même. La vie que tu construisais n'était pas la tienne.
Quand l'accident est arrivé, je savais que tu allais t'effondrer. Mais je savais aussi qui pouvait te reconstruire.
Je lui ai parlé la semaine avant de partir. Je lui ai dit d'être là pour Léo, oui. Mais surtout d'être là pour toi. De te secouer, de te faire sortir de ta coquille, quitte à être maladroit et envahissant.
Ton amour pour lui n'est pas une trahison. C'est mon dernier cadeau, mon chéri. Le cadeau de la liberté.
Tu n'avais pas à avoir honte. Ne perds pas de temps à te culpabiliser. Le rôle de "meilleur ami" était pour qu'il puisse t'approcher sans t'effrayer, comme un pansement.
Maintenant, vis. Et s'il te plaît, répare cette satanée étagère.
Je vous aime tous les trois.
Lise.
La lettre est tombée de mes mains.
Maxilien s'est effondré sur le parquet. Les larmes qui sont venues n'étaient pas des larmes de chagrin, mais de délivrance totale. La honte et la culpabilité qui avaient été le moteur de notre passion s'étaient révélées être une mise en scène orchestrée par amour.
Lise n'était pas la victime. Elle était l'entremetteuse. Elle avait vu la vérité de son vivant et avait fait le plus grand sacrifice pour que je puisse la vivre après sa mort.
-Max ? Qu'est-ce qui se passe ?
Aymerick venait de rentrer avec Léo. Il m'a vu, à terre, tenant la lettre.
Je me suis levé. J'ai marché vers Aymerick, sans un mot. Je l'ai pris dans mes bras, le serrant avec une force renouvelée.
-Elle savait, Aymerick, j'ai murmuré contre son cou. Elle savait et elle t'a envoyé.
Aymerick a serré les yeux, ses bras se refermant autour de moi.
-Je sais, Max. C'est pour ça que je ne pouvais pas te dire non. C'était sa volonté.
Léo s'est approché, perplexe.
-Papa, Tonton Aymerick, pourquoi vous pleurez ?
Maxilien a souri, un sourire sincère et enfin totalement libre.
-On pleure de joie, mon cœur. C'est maman qui nous l'a envoyé.
Il a embrassé Aymerick, puis Léo.
L'histoire du charpentier et de l'artiste n'était pas une trahison, mais l'accomplissement d'un vœu posthume. La plus grande surprise n'était pas la notoriété, mais la découverte que la source de leur plus grande honte était, en réalité, l'acte de bénédiction final de la femme qu'il avait tant aimée.
Fin.
Il a juste regardé un instant, ses yeux verts lançant un éclair de triomphe. Il a pris une dernière aspiration profonde, remontant jusqu'à la base. La vague m'a emporté. Mon corps s'est cambré. J'ai gémi avec une force animale. Les spasmes étaient violents. J'ai joui dans sa bouche, le plaisir déchirant mon corps avec une violence à laquelle je ne pouvais pas résister. Aymerick a continué l'acte, accueillant mon sperme avec une dévotion qui m'a coupé le souffle.
Quand les secousses se sont calmées, il s'est redressé, essuyant ses lèvres avec le dos de sa main. Son regard s'est posé sur moi. Il a souri, son expression dégageant une affection profonde et une satisfaction totale.
-Maintenant, on peut rentrer à la maison, Max. Je crois que le plan est clair.
J'étais en sueur, tremblant, mais le pick-up était toujours sur la route, et le soleil filtrait à travers les arbres. Je n'ai fait qu'acquiescer. Il avait réussi, sur l'autoroute, à m'imposer notre nouvelle réalité. Il était le danger, mais aussi le salut.
Il a doucement reboutonné mon jean. Le retour à la maison n'était plus une fin, mais le début d'une vie qui serait désormais toujours sur le fil.
Nous sommes arrivés chez Stéphanie en fin d'après-midi. Mon corps était encore parcouru de spasmes agréables, mais mon esprit était déjà en mode stratégie. Léo a couru vers nous, heureux. J'ai serré mon fils fort contre mon corps musclé, réalisant une fois de plus que tout ce que nous faisions était pour lui.
Une fois Léo installé à l'arrière du pick-up, Aymerick s'est adressé à lui avec douceur, suivant le plan établi.
-Mon grand, ton papa et moi, on a eu une discussion importante. Ton papa a été très triste ces derniers mois.
-Oui, Papa était toujours en colère, a dit Léo, honnêtement.
-Exactement. Et je veux l'aider à ne plus être en colère. Il a besoin de moi. Je serai là pour veiller sur lui, très très fort.
J'ai pris le relais, mon regard se posant dans le rétroviseur pour croiser celui d'Aymerick.
-Oui, Léo. Tonton Aymerick est mon meilleur ami maintenant. Et tu sais, quand je dors, parfois je fais de gros cauchemars. Et Aymerick est le seul à me calmer. Alors, pour que je sois bien, il va dormir dans la chambre d'amis, juste à côté. J'ai hésité. Puis j'ai craché le mensonge le plus audacieux de la journée.
-Même que parfois, si le cauchemar est trop fort, il doit dormir à côté de moi, dans mon lit, pour s'assurer que je vais bien. C'est comme quand toi, tu viens dans mon lit quand tu as peur du noir. C'est un secret d'hommes.
Léo a réfléchi. Pour lui, le fait qu'un adulte ait peur était une notion fascinante, et l'idée qu'Aymerick soit un remède était logique.
-D'accord, Papa. S'il te surveille la nuit, c'est bien.
Le stratagème était en place. Léo avait accepté la nouvelle dynamique de la peur et de la protection.
Après le dîner, Léo est monté se coucher, rassuré par le nouveau rôle d'Aymerick. Les vrais cauchemars attendaient dans le salon. Nous nous sommes assis sur le canapé – le lieu de notre première jouissance non avouée – et j'ai allumé la télévision. Je cherchais les nouvelles locales.
Sur la chaîne régionale, le journal commençait. Et là, en pleine émission, la journaliste souriait.
-... et la Place de la Comédie, à Montpellier, a été le théâtre d'une scène inattendue, qui a fait le tour des réseaux sociaux. Rappelons que le blogueur Aymerick B., qui avait annoncé une déclaration sur sa page, a finalement été interrompu par son propre beau-frère. Regardez.
La vidéo a défilé à l'écran. Notre course folle, mon étreinte, mon baiser possessif, et ma déclaration hurlée : « Je ne veux plus te perdre ! ». La qualité était meilleure que celle du téléphone de Théo. Le choc était violent.
-Mon Dieu, Aymerick, j'ai soufflé. C'est... c'est partout.
La journaliste a conclu, souriante.
-Le démenti n'aura duré que quelques secondes. Le charpentier, qui était en deuil, semble avoir retrouvé le chemin de l'amour, dans un scénario digne d'une comédie romantique. Le compte d'Aymerick a explosé. Ses nouveaux abonnés l'attendent pour la suite. J'ai éteint la télévision. Le silence est revenu, mais cette fois, il était public.
-On ne pourra plus jamais faire comme si, j'ai dit, la gorge nouée par le stress. Tous mes collègues ont vu ça. Nos voisins vont voir ça. Comment on va faire pour qu'ils ne nous reconnaissent pas ?
Aymerick a souri, un sourire calme. Il n'était plus le gamin effrayé du garage. Il était la star de notre nouvelle vie.
-On ne va pas s'en soucier, Max. Pas ce soir. On s'en souciera plus tard. Les gens adorent une belle histoire d'amour. Et demain, on commencera à en écrire le prochain chapitre.
Il s'est levé. Il a marché vers moi. J'étais stressé, mon corps raide d'anticipation et de peur. Il a posé ses fesses fines sur mes genoux larges, à califourchon, son corps mince épousant mon corps musclé. Il a posé ses mains sur ma joue, ses yeux verts fixés sur les miens.
-Tout va aller, Max. Je suis là.
Il m'a embrassé, un baiser doux, lent, qui a balayé toute mon anxiété. Le monde n'existait plus. Seule la chaleur de son corps, le goût de sa bouche, et la certitude que nous étions là, ensemble. J'ai senti la montée du désir, mon sexe répondant à son contact. Le plan, le démenti, les followers, tout pouvait attendre. J'ai glissé mes mains sous son pull, caressant son dos.
-Montons, j'ai murmuré. Je t'emmène dormir à côté de moi.
Aymerick a souri, le sourire du vainqueur. Il s'est levé et m'a tendu la main. J'ai saisi sa main. Main dans la main, nous avons monté les escaliers vers ma chambre, la porte de Léo restant silencieuse. Le cauchemar était fini. Le rêve, lui, commençait.
La nuit fut un tourbillon. Entre les draps, il n'y avait plus de honte, plus de retenue. Il y avait la tendresse du repos, les caresses d'un corps qui m'explorait sans jugement, et la sauvagerie d'un homme qui se délivrait enfin. Nous avons fait l'amour jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que nos corps ne soient plus qu'une seule masse moite et haletante sur le matelas.
Au réveil, le soleil filtrait à travers les rideaux. Aymerick était là, blotti contre mon torse. Pour la première fois depuis la mort de Lise, je me suis réveillé sans le poids du deuil, mais avec le poids d'un corps vivant. Le vrai test commença à la porte de l'école.
Nous avons conduit Léo, la nouvelle règle du tonton-gardien fermement établie. À l'extérieur de l'établissement, c'était le chaos habituel des parents pressés. J'ai senti l'angoisse monter. Dès que j'ai sorti Léo du pick-up, j'ai su.
Un silence a balayé le groupe de parents qui attendaient. Les têtes se sont tournées, non par curiosité, mais par reconnaissance. Le charpentier n'était plus un veuf anonyme ; il était l'homme du live sur la Place de la Comédie. J'ai vu des parents détourner le regard, baisser la tête, embarrassés. Mais j'ai aussi vu le père de la petite Chloé lever le pouce, son sourire signifiant : Bravo, mec. T'as des couilles. Une mère a timidement applaudi, un petit applaudissement solitaire et encourageant. Le plus brutal fut le groupe d'adolescents posté près du mur d'enceinte. Ils étaient tous penchés sur leurs téléphones. Quand ils m'ont vu, un murmure s'est répandu. Un d'eux a pointé du doigt mon visage barbu en riant, montrant l'écran à ses amis. La preuve de notre baiser public se trouvait dans leur poche.
J'ai serré la main de Léo, jouant la comédie jusqu'au bout.
-Bonne journée, mon grand, ai-je dit, ma voix raide.
J'ai fait un signe de tête à Aymerick, qui est resté dans le pick-up pour ne pas attirer plus l'attention.
-On rentre vite, Max. J'ai besoin d'un café, a-t-il murmuré, les yeux verts pleins d'un mélange d'amusement et de tension.
Je suis arrivé au chantier. Mon cœur battait dans mon casque de protection. Dès que j'ai franchi la porte, les ricanements ont commencé.
-Tiens, le charpentier le plus célèbre de France ! a lancé Pierre. On t'a vu aux infos, Max ! T'as bien dit qu'il ne fallait pas s'en faire pour ton beau-frère, hein ?
-On ne savait pas que c'était une comédie romantique qui se jouait à la maison ! a plaisanté Jean, avec une gentillesse surprenante.
Je me suis approché de mon établi, essayant de rester digne.
-C'est ma vie privée. Laissez tomber, j'ai dit, sans colère.
-Mais non, Max ! C'est super ! T'es heureux ! On rigole, c'est tout. Tu t'es bien rattrapé, après le démenti bidon ! a poursuivi Jean, me donnant une tape sur l'épaule.
J'ai souri, sentant une chaleur monter dans ma gorge. Le jugement que j'attendais n'était pas là. Seulement le narguage affectueux des hommes qui m'acceptaient, peu importe la nature de mon amour. Alors que j'enfilais mes gants, mon téléphone a vibré. Un numéro inconnu. J'ai décroché, agacé.
-Allô ?
-Bonjour, Monsieur Maximilien V... Charpentier ? Je suis Sophie Delval, journaliste pour Midi Libre. J'ai réussi à vous retrouver grâce à la plaque de votre pick-up. J'aimerais beaucoup avoir votre version de cette histoire d'amour. Un entretien exclusif ?
J'ai raccroché, les doigts tremblants. Le secret n'était plus seulement viral ; il était devenu une cible médiatique. Mon refuge, mon chantier, était maintenant connu. Aymerick avait raison : nous ne pouvions plus ignorer la suite.
J'ai regardé l'heure. Je n'avais qu'une envie : jeter ma scie et rentrer embrasser l'homme qui avait fait de moi une célébrité malgré moi. Mais je devais tenir. Pour Léo. Et pour l'avenir que nous devions désormais construire ensemble, au grand jour.
Toute la journée, mon téléphone n'avait cessé de vibrer. La journaliste de Midi Libre ne lâchait pas l'affaire, ses messages vocaux s'accumulant, de plus en plus pressants. Mon histoire n'était plus un secret ; c'était un scoop en attente.
J'ai jeté mes outils dans le pick-up, mon corps épuisé mais mon esprit alerte. Aymerick avait récupéré Léo à l'école, me donnant un répit précieux. Je suis rentré en fin de journée, prêt à affronter l'odeur du repas et le silence de notre nouvelle routine. Aymerick était dans la cuisine, coupant des légumes. Léo était assis par terre, jouant avec ses petites voitures. La scène était celle d'une famille.
Aymerick a attendu que Léo soit absorbé par le bruit du moteur imaginaire de sa voiture. Il s'est approché de moi, ses yeux verts remplis d'une nervosité que je ne lui connaissais pas.
-Max, il faut que je te parle, tout de suite.
Il m'a pris la main et m'a tiré doucement vers le couloir, hors de la vue de Léo. Il m'a fait face, ses mains se tordant.
-J'ai été contacté. Par une très grande marque... une marque qui cible la communauté LGBTQ+. Ils font dans les produits de lifestyle, les vêtements, un truc dans le genre.
-Et ? J'ai dit, mon corps se raidissant.
-Et ils ont vu le live de Montpellier. Ils ont vu la façon dont tu m'as sauté dessus. Ils pensent que nous avons une histoire authentique et puissante à raconter.
Il a pris une grande inspiration, puis a lâché la bombe.
-Ils veulent qu'on fasse une vidéo promotionnelle pour un de leurs produits, ce week-end. Une vidéo où... où on s'embrasse. Mais pas un petit baiser. Un baiser long et sexy. Et... et ils veulent que tu sois en tenue de charpentier.
Je n'ai pas compris tout de suite.
-Ma tenue ? Mais j'ai de la sciure partout.
-Max, écoute. Ils veulent le Charpentier. Le masculin et le viril avec le gay raffiné. Ils veulent que tu sois torse nu, avec seulement les bretelles de ton pantalon d'ouvrier, celles qui tiennent tes outils. C'est le contraste qui les intéresse.
Ma rage est montée instantanément.
-Non ! Hors de question ! C'est ma vie, Aymerick ! On n'est pas des acteurs porno ! Je suis un ouvrier, pas une... une publicité ! Je viens de me cacher pendant des mois, je viens de me faire surprendre en direct, et maintenant, tu veux que je me mette torse nu devant des milliers d'inconnus pour vendre des tee-shirts ?
-C'est beaucoup plus que ça ! a insisté Aymerick. C'est un message. C'est dire : on existe. On a le droit d'aimer. Et pour moi, c'est important. C'est une porte qui s'ouvre. Ce n'est plus Aymerick le petit décorateur, c'est nous. Et c'est une somme d'argent qui sécurise Léo.
J'ai regardé vers la cuisine, vers mon fils. La somme d'argent. La vérité est que le chantier n'offrait aucune sécurité.
-Mais... torse nu... J'ai murmuré, ma résistance faiblissante.
Aymerick s'est approché. Il a posé ses mains sur mon torse poilu, ses doigts glissant le long des tatouages tribaux.
-Tu es magnifique, Max. C'est l'homme le plus sexy que je connaisse. Fais-le pour nous. Fais-le pour montrer au monde que tu n'as plus honte.
Le mot honte a résonné en moi. Il avait trouvé la faille.
-D'accord, j'ai dit, ma voix grave. Mais je ne suis pas un acteur. Et ce baiser... il sera réel.
Aymerick a souri, un sourire de triomphe et d'affection.
-C'est tout ce que je demande.
Le week-end est arrivé. Léo était chez Stéphanie. Le tournage se déroulait dans le garage, le lieu de notre première violence, qui était maintenant notre studio. La marque avait envoyé un petit matériel, juste un éclairage simple et une caméra. Aymerick avait tout préparé.
-C'est simple, Max. La scène est sur le produit. On le montre. Et puis, la séquence du baiser.
-Et la tenue, j'ai dit, mal à l'aise.
J'ai enlevé mon pull, dévoilant mon torse large et puissant. J'ai débouclé mes bretelles en cuir, les laissant pendre. L'odeur du bois, de la sueur séchée, de mon propre corps. J'étais l'ouvrier, la force brute. Aymerick, lui, portait un simple t-shirt de la marque. Il a installé la caméra.
-On commence. Tu me fixes. Je m'approche. Et on s'embrasse. Simplement.
J'ai respiré un grand coup. Aymerick a dit Action. Il s'est approché de moi, nos corps se faisant face. Je l'ai regardé, mes yeux fixant ses yeux verts magnifiques. Il y avait une tendresse, mais aussi une excitation brûlante dans son regard. Il a commencé à parler, devant la caméra.
-Ce produit, ce n'est pas juste un vêtement. C'est une déclaration. C'est la liberté d'être qui l'on est, peu importe d'où l'on vient, peu importe le métier.
Il a tendu sa main et a posé ses doigts sur ma poitrine poilue, juste au-dessus de mon cœur.
-Je suis Aymerick. Et voici Max. Le charpentier. Mon homme.
Mon souffle s'est coupé. Mon homme. Il venait de le dire, publiquement. Il s'est hissé sur la pointe des pieds. Il a posé ses lèvres sur les miennes. Le baiser a commencé doucement. Puis, il s'est transformé. Je me suis emparé de sa nuque, ignorant la caméra, la lumière. Je l'ai attiré contre moi, sentant sa finesse contre ma puissance. J'ai introduit ma langue, explorant sa bouche avec une avidité que le public attendait.
Aymerick a répondu, ses mains se cramponnant à mes épaules larges. Nos bouches étaient ouvertes, le baiser était long, mouillé, passionné. C'était notre baiser de Montpellier, sans la panique, avec la dévotion en plus.
J'ai senti la chaleur monter dans mon entrejambe. Mon sexe a durci contre mon pantalon. C'était la preuve que le baiser était réel, que le désir était la vérité de notre histoire. Il a rompu le baiser. Ses yeux étaient brillants. Il a appuyé sa tête contre mon torse, respirant fortement.
-Coupe ! a-t-il dit, la voix brisée. C'est parfait.
Le tournage était terminé. J'ai serré Aymerick contre moi, mon cœur battant la chamade. J'avais exposé mon corps et mon amour, et étrangement, je n'avais plus honte. J'avais seulement hâte de voir la suite de cette histoire publique.
Le mot « Coupe ! » venait de quitter les lèvres d'Aymerick, mais l'excitation n'avait fait qu'exploser. Le baiser, long et authentique, avait réveillé en moi une bête affamée. Mon sexe était dressé, douloureux contre le tissu de mon pantalon.
Aymerick s'est détourné pour éteindre la caméra et débrancher le matériel, son dos fin et gracieux exposé.
-C'était parfait, Max ! Il faut que je regarde les rushs...
Je ne lui ai pas laissé le temps de finir sa phrase. Mon corps avait pris les commandes. J'ai bondi. J'ai attrapé Aymerick par la taille et je l'ai plaqué contre le mur de bois brut du garage. Il a laissé échapper un cri de surprise.
-Max ! Doucement !
-Pas doucement, j'ai grondé, ma voix était un rugissement. Tu m'as regardé, tu as filmé, tu as goûté. Maintenant, tu vas me sentir !
La sauvagerie avait pris le dessus. Il ne s'agissait plus de tendre affection, mais de possession brutale, urgente. J'ai tiré Aymerick par son jean, le faisant glisser jusqu'à ses chevilles. J'ai arraché son caleçon d'un geste sec. Ses fesses rondes et blanches se sont offertes à moi, mises en valeur par le mur rugueux du garage. J'ai déboutonné mon propre pantalon, laissant le tissu et mon caleçon tomber sans façon. Mon sexe large et dur s'est libéré, impatient de trouver sa cible.
J'ai emprisonné ses hanches avec mes mains calleuses, le soulevant juste assez pour ajuster l'angle. L'urgence était totale.
-Donne-le-moi ! J'ai commandé.
Aymerick, haletant contre le bois, a obéi, arquant le dos. J'ai appliqué le lubrifiant sur mon gland rapidement, mes doigts tremblants. J'ai poussé. Cette fois, il n'y a pas eu de lenteur, seulement la force nécessaire pour vaincre la résistance. Aymerick a gémi, son cri étouffé par le mur.
-Oh, Max ! Doux... sauvage !
J'ai initié un rythme rapide, violent. Chaque coup de reins était une décharge, une affirmation de notre amour et de notre secret. Le choc de nos corps contre le mur résonnait dans le garage. Je le prenais avec la force que j'utilisais pour soulever une poutre, mais avec la ferveur d'un amant. J'ai senti la vague monter. Mon corps s'est tendu. J'ai crié son nom, Aymerick, en jouissant. La jouissance fut rapide, profonde, un soulagement brutal. Je l’ai remplis et je me sentais mieux.
Je me suis effondré contre son dos, mon front pressé contre ses cheveux. Nous sommes restés là, haletants, dégoulinants de sueur, l'odeur du sperme et du bois se mélangeant.
-C'était... ta faute, j'ai murmuré contre sa peau.
Aymerick a ri, un rire nerveux et ravi.
-Mon Charpentier est une bête. Maintenant, aidons-nous à nous rhabiller.
Quelques Semaines Plus Tard
Le temps n'a pas mis longtemps à faire son œuvre. Quelques semaines se sont écoulées, et la vidéo promotionnelle a été mise en ligne. Le succès a été immédiat, total, et mondial.
La vidéo du charpentier torse nu, torse contre torse avec l'artiste raffiné, a été un phénomène. Les médias LGBTQ+ ont salué l'authenticité et le courage. Les magazines de décoration parlaient de "l'amour le plus sexy d'Internet".
Le secret était bien mort.
Je suis passé du statut de charpentier veuf anonyme à celui de "Max, le Charpentier Musclé" de la vidéo virale. Quand je prenais Léo à l'école, les regards n'étaient plus ambigus : ils étaient des regards de reconnaissance. Les parents se chuchotaient mon nom.
Un soir, en regardant un reportage sur une chaîne de télévision allemande, j'ai vu notre baiser diffusé à nouveau, sous-titré en allemand.
-C'est insensé, Aymerick, j'ai dit, abasourdi. Je suis un mème mondial.
-C'est notre vie, Max, a dit Aymerick, me serrant la main. Et tout le monde nous reconnaît.
J'avais désormais un visage public, un amour public, et un passé professionnel qui était devenu un symbole. L'anonymat était fini. Mais je savais que si cela signifiait que je ne devrais plus jamais mentir sur Aymerick, j'étais prêt à porter cette célébrité inattendue.
ÉPILOGUE
Trois ans s'étaient écoulés.
Le nom de Maximilien n'était plus associé au deuil, mais au sourire. Il avait lâché le chantier pour devenir le visage de la marque LGBTQ+ qui les avait lancés, travaillant désormais avec Aymerick sur des vidéos de rénovation de maisons, conjuguant leur passion. Leur maison n'était plus le théâtre d'un secret honteux, mais le studio de leur vie publique et heureuse. Léo, maintenant plus grand, appelait Aymerick son "Tonton-Papa" et avait totalement intégré la nouvelle configuration familiale.
Un après-midi, Aymerick et Léo étaient partis faire les courses. Maxilien avait décidé qu'il était temps de terminer le tri des vieilles affaires de Lise, une tâche qu'il avait toujours reportée. C'était la dernière boîte, celle des papiers et souvenirs qu'elle gardait dans l'étagère... l'étagère qui n'avait jamais été réparée.
Il ouvrit la boîte. Au fond, sous des vieux bulletins de salaire, il trouva une enveloppe non cachetée. Son nom était écrit sur le devant de la main de Lise :
Pour Max, à ouvrir quand tu seras vraiment heureux.
Son cœur s'est mis à battre la chamade. Il a ouvert l'enveloppe. C'était une lettre manuscrite.
Mon Charpentier,
Si tu lis ça, c'est que tu as enfin compris. Ou que tu as trouvé la force d'arrêter de mentir.
Je sais ce que tu as traversé. Je n'étais pas aveugle, Max. J'ai vu la lumière dans tes yeux quand Aymerick est arrivé, même avant le début de ta tristesse. Tu n'étais pas malheureux avec moi, mais tu n'étais pas toi-même. La vie que tu construisais n'était pas la tienne.
Quand l'accident est arrivé, je savais que tu allais t'effondrer. Mais je savais aussi qui pouvait te reconstruire.
Je lui ai parlé la semaine avant de partir. Je lui ai dit d'être là pour Léo, oui. Mais surtout d'être là pour toi. De te secouer, de te faire sortir de ta coquille, quitte à être maladroit et envahissant.
Ton amour pour lui n'est pas une trahison. C'est mon dernier cadeau, mon chéri. Le cadeau de la liberté.
Tu n'avais pas à avoir honte. Ne perds pas de temps à te culpabiliser. Le rôle de "meilleur ami" était pour qu'il puisse t'approcher sans t'effrayer, comme un pansement.
Maintenant, vis. Et s'il te plaît, répare cette satanée étagère.
Je vous aime tous les trois.
Lise.
La lettre est tombée de mes mains.
Maxilien s'est effondré sur le parquet. Les larmes qui sont venues n'étaient pas des larmes de chagrin, mais de délivrance totale. La honte et la culpabilité qui avaient été le moteur de notre passion s'étaient révélées être une mise en scène orchestrée par amour.
Lise n'était pas la victime. Elle était l'entremetteuse. Elle avait vu la vérité de son vivant et avait fait le plus grand sacrifice pour que je puisse la vivre après sa mort.
-Max ? Qu'est-ce qui se passe ?
Aymerick venait de rentrer avec Léo. Il m'a vu, à terre, tenant la lettre.
Je me suis levé. J'ai marché vers Aymerick, sans un mot. Je l'ai pris dans mes bras, le serrant avec une force renouvelée.
-Elle savait, Aymerick, j'ai murmuré contre son cou. Elle savait et elle t'a envoyé.
Aymerick a serré les yeux, ses bras se refermant autour de moi.
-Je sais, Max. C'est pour ça que je ne pouvais pas te dire non. C'était sa volonté.
Léo s'est approché, perplexe.
-Papa, Tonton Aymerick, pourquoi vous pleurez ?
Maxilien a souri, un sourire sincère et enfin totalement libre.
-On pleure de joie, mon cœur. C'est maman qui nous l'a envoyé.
Il a embrassé Aymerick, puis Léo.
L'histoire du charpentier et de l'artiste n'était pas une trahison, mais l'accomplissement d'un vœu posthume. La plus grande surprise n'était pas la notoriété, mais la découverte que la source de leur plus grande honte était, en réalité, l'acte de bénédiction final de la femme qu'il avait tant aimée.
Fin.
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