Le goût de l'effondrement - chapitre 10

- Par l'auteur HDS Alexsoumis -
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Récit libertin : Le goût de l'effondrement - chapitre 10 Histoire érotique Publiée sur HDS le 13-08-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Le goût de l'effondrement - chapitre 10
— Relève toi, viens. Il est temps que tu découvres les lieux.

Je lui emboîtai le pas.

Nous quittâmes enfin la petite chambre des combles et redescendîmes l’étroit escalier de bois.

Au fil de mes pas, je découvrais une maison bien différente de l’image que je m’en étais faite.

Rien n’y était luxueux.

Rien n’y était pauvre non plus.

Chaque pièce semblait avoir trouvé un équilibre subtil entre la simplicité et le raffinement. Les murs, peints de couleurs claires, laissaient respirer les volumes. Les meubles, peu nombreux, étaient d’un bois noble patiné par les années. Aucun bibelot inutile, aucune accumulation, aucun signe ostentatoire de richesse. Seulement des objets choisis avec goût, dont chacun paraissait avoir sa place et sa raison d’être.

Nous traversâmes le salon baigné de lumière, seul lieu que je connaissais déjà. La vaste bibliothèque occupait tout un pan de mur. Les ouvrages y étaient classés avec une rigueur presque maniaque : philosophie, histoire, littérature, sciences politiques, économie, théologie… Je reconnus plusieurs auteurs que j’avais étudiés à l’université.

Il remarqua mon regard.

— Les livres ne sont pas faits pour décorer les murs. Ils sont faits pour être lus.

Nous poursuivîmes la visite.

La cuisine me surprit davantage encore.

Elle était vaste, d’une propreté irréprochable, mais dépourvue de toute sophistication inutile. Un large plan de travail en bois clair occupait le centre de la pièce. Les ustensiles étaient suspendus avec une précision presque géométrique. Les placards ne renfermaient que l’essentiel. Rien ne semblait avoir été acheté pour impressionner.

— C’est ici que les repas sont préparés, dit-il. Tu apprendras à cuisiner si nécessaire. Bien se nourrir est une discipline. Ce que l’on mange construit autant le corps que l’esprit.

Je hochai discrètement la tête.

A côté se trouvait une salle à manger où une longue table de chêne pouvait accueillir une dizaine de convives. Pourtant, rien n’évoquait les grandes réceptions. L’ensemble respirait davantage le partage que l’apparat.

Nous poursuivîmes.

Un petit bureau, sans lumière naturelle, servait manifestement aux travaux administratifs.

— C’est ici que tu travailleras ton mémoire.

Plus loin, une buanderie, parfaitement ordonnée, où chaque produit, chaque outil, semblait occuper une place immuable. Plus loin encore, sa chambre, baignée de lumière, un grand lit entouré de part et d’autre de chevets, une salle de bain attenante, un dressing parfaitement en ordre.

Enfin, il ouvrit une porte plus large que les autres.

— Voilà la salle de sport.

Je demeurai quelques instants sur le seuil.

La pièce était spacieuse, baignée de lumière naturelle. Un parquet souple recouvrait le sol. Quelques tapis étaient soigneusement roulés contre un mur. Un espalier de gymnastique, une barre de traction, un rameur, un vélo d’entrainement, plusieurs haltères et quelque Kettlebells constituaient l’essentiel de l’équipement. Dans un angle, un banc de musculation faisait face à un grand miroir qui ne semblait pas destiné à flatter la vanité, mais à corriger les mouvements.

Là encore, aucune démesure.

Il observa mon expression.

— Beaucoup imaginent que l’on façonne son corps ici.

Il esquissa un léger sourire.

— En réalité, on y façonne surtout sa volonté.

Plus loin, dans un autre angle de la pièce, une douche, derrière une paroi vitrée.

— C’est ici que tu te laveras.

Je laissai mon regard parcourir une dernière fois la pièce.

Je compris que, dans cette maison, rien n’avait été choisi au hasard.

Chaque lieu semblait poursuivre le même objectif : rappeler que l’ordre extérieur n’avait de sens que s’il aidait à construire un ordre intérieur.

A mesure que je découvrais cette maison, une étrange impression s’imposait à moi. Je n’avais pas le sentiment de visiter une maison. J’avais l’impression de pénétrer dans une philosophie de vie.

Pourquoi à cet instant-là, je pris conscience de ma nudité ?

Lui était habillé

Moi dans mon plus simple appareil.

Juste cette lourde chaine cadenassée autour de mon cou et cette cage enserrant et enfermant mon sexe.

Je venais de visiter cette maison ainsi, sans vraiment ressentir de gêne, ni de honte.

Cette nudité, qui quelques jours auparavant m’aurait été insupportable, ne suscitait plus en moi le même embarras.

Je demeurai un instant surpris par cette évidence.

Ce n’était pas que j’eusse perdu toute pudeur. Bien au contraire. Je demeurais conscient de chacun de mes gestes, de la manière dont mon corps occupait l’espace, de son regard porté sur mon corps exposé. Mais cette conscience n’avait plus la violence des premières fois. Elle ne m’écrasait plus.

Je ne savais dire si je m’étais simplement habitué à cette situation ou si quelque chose, plus profondément, était en train de se transformer en moi.

Cependant, à peine cette réflexion avait-elle traversé mon esprit que la réalité sembla vouloir la contredire. Cette sérénité naissante ne devait être qu’une brève parenthèse.

Sans un mot, il avança vers moi. Son visage n’exprimait ni dureté, ni bienveillance ; seulement cette sérénité déroutante que je lui connaissais désormais. Il posa une main sur ma poitrine et, avec une lente détermination, me fit reculer jusqu’à ce que mon dos s’appuie contre le mur. Ce contacte, pourtant dénué de toute brutalité, suffit à faire renaître en moi cette appréhension sourde qui précédait chacune de ses leçons.

Il me dévisageait droit dans les yeux, jusqu’à ce que je baisse mon regard.

Du revers de ses deux mains, ses doigts effleurèrent mes tétons.

Je me laissai faire. Cette sensation, aussi délicate qu’inattendue, me fit instinctivement me mordre les lèvres, comme si ce simple geste pouvait retenir le trouble qui m’envahissait.

Une sensation subtile qui devint rapidement plus douloureuse. Ses pouces et index pressèrent mes mamelons, les étirèrent, les pincèrent encore plus fort. Il se mit à les faire rouler entre ces doigts. Les tira encore, les pinça jusqu’à me faire grimacer et geindre, jusqu’à laisser une belle trace rouge sur et autour de mes tétons désormais érigés.

Jamais je n’avais exploré cette zone de mon corps.

Je découvrais avec étonnement combien cette sensation pouvait être bouleversante. Elle ne relevait pas seulement du corps, même si mon sexe cherchait désespérément à s’épanouir dans son espace étroit ; elle semblait ébranler quelque chose de plus profond en moi, m’arrachant un frisson que je peinais à contenir.

— A genoux

Je le regardai dégrafer la ceinture de son pantalon, descendre sa braguette avec lenteur et précaution.

Il sortit son sexe.

Je le vis pour la première fois.

— Ouvre la bouche, tire ta langue.

Il le décalotta et le posa sur mes lèvres.

— Accueille sans crainte ce que je te donne.

Il marqua un silence, comme pour s’assurer que chacun de ses mots trouverait sa place en moi.
Un premier jet d’urine éclaboussa mon palais.

— Ne le subis pas. Si tu le subis, tu n’y verras qu’une contrainte de plus, un motif supplémentaire de révolte et de honte. Mais si tu choisis de le recevoir pleinement, il cessera d’être un fardeau pour devenir une étape de ton apprentissage.

Je déglutis.

Son regard demeurait d’un calme déroutant. Un second jet plus long plus puissant inondât ma bouche. Je le bus en grimaçant.

— Nous souffrons souvent moins de ce qui nous est donné que de la manière dont nous décidons de le regarder. Tu peux considérer cet instant comme une humiliation, ou comme une occasion de découvrir quelque chose de toi que tu ignorais jusqu’à présent.

Il recommença, plus lentement cette fois-ci, avec cette application méticuleuse qui semblait caractériser chacun de ses gestes, comme s’il attachait de l’importance au moindre détail afin qu’aucune goutte ne s’échappât de ma bouche.

— N’en éprouve aucune honte. La honte naît souvent de l’idée que nous trahissons ce que nous croyons être. Or il n’y a aucune trahison à apprendre, à évoluer, à t’accomplir dans cette recherche d’abandon.

Il continua. S’interrompit un instant. Recommença, me laissant le temps d’ingurgité.

— Un jour, lorsque tu regarderas le chemin parcouru, tu comprendras que ce moment n’était pas que de l’abaissement. Il était celui où tu as commencé à accepter d’être transformé. Et peut-être en éprouveras-tu une forme de fierté.

Lorsqu’il eut terminé, il m’ordonna de le nettoyer.

Ces quelques mots me heurtèrent plus vivement que je ne l’aurais cru. Ils semblaient prolonger l’épreuve au-delà de ce que j’imaginais. Pourtant, après une brève hésitation, ma bouche et ma langue entraient en action et m’exécutai sans discuter, partagé entre le poids de l’humiliation et l’étrange résignation qui, peu à peu, gagnait du terrain en moi.

— A partir d’aujourd’hui, cette tâche fera également partie de ce que j’attendrai de toi.

Il m’invita à me relever.

Lorsque je fus de nouveau face à lui, il posa doucement sa main contre ma joue. Ce geste, d’une simplicité désarmante, contrastait avec tout ce que je venais de traverser.

Son regard croisa le mien.

— C’est bien.

Ces deux mots, prononcés sans emphase, eurent sur moi un effet inattendu. Ils ne sonnaient ni comme une récompense, ni comme un triomphe. Ils ressemblaient davantage à la reconnaissance silencieuse d’un pas que je venais d’accomplir, sans encore en mesurer la portée.

Je gardais son goût en bouche, une saveur amère et salée persistante. Bien plus qu’une simple sensation, elle semblait retenir en moi le souvenir de l’instant, comme si mon corps refusait d’en effacer aussitôt la trace.

Nous regagnâmes la cuisine.

Il s’arrêta devant le large plan de travail et se tourna vers moi.

— Nous allons préparer le petit-déjeuner.

J’attendis instinctivement qu’il commence.

Il ne fit rien, au contraire, il s’effaça légèrement.

— C’est toi qui t’en charges.

Je demeurai quelques secondes immobile.

— Je… je ne sais pas vraiment ce que vous attendez de moi Monsieur.

Un léger sourire éclaira son visage.

— Rien d’extraordinaire. Observe, réfléchis et fais au mieux. Le reste s’apprend.

J’ouvris les placards avec une certaine hésitation. Tout y était remarquablement ordonné. Chaque ustensile semblait avoir une place précise. Le pain reposait dans une boîte en bois. Les céréales, les confitures, le miel, le thé et le café étaient rangés dans des bocaux identiques, soigneusement étiquetés. Le réfrigérateur ne contenait que des produits simples et manifestement choisis avec soin.

Je m’appliquai à disposer la table.

Deux assiettes.

Deux bols.

— Non fit-il

Il me regarda droit dans les yeux

— un seul couvert suffit.

Je retirai aussitôt le couvert de trop.

— Tu prendras ton petit-déjeuner lorsque j’aurai terminé le mien.

Je ne répondis pas, coupai le pain, préparai le café, fis infuser le thé, sortis le beurre, quelques fruits, un pot de yaourt nature. Je travaillais lentement, soucieux de ne rien oublier.
Lorsqu’il s’assit enfin, il observa longuement la table sans prononcer un mot. Puis il me regarda

— Ce n’est pas la perfection que je cherche.

Il marqua une pause.

— C’est l’attention.

Je demeurai silencieux.

— Les gestes les plus ordinaires disent souvent davantage de nous que les grands discours. Une table préparée avec soin est une manière de dire à celui qui s’y assied : J’ai pensé à vous avant que vous n’arriviez.

Il poursuivit :

— A partir d’aujourd’hui, cette tâche te reviendra chaque matin.

Je relevai les yeux

— Chaque matin ?

— Oui.

Il prit son bol entre les mains.

— Les habitudes façonnent les caractères. Lorsqu’un geste est répété chaque jour avec application, il cesse d’être une contrainte.

Il avala une gorgée de café.

— Reste debout, droit, mains croisées derrière la nuque, juste derrière moi.

Je demeurais ainsi. Le silence n’était troublé que par le tintement discret des couverts contre la porcelaine, le bruit du pain que l’on rompait, celui du bol que l’on reposait avec précaution.

Quelques jours plus tôt, cette attente m’aurait paru insupportable. Je l’aurais vécue comme une humiliation de plus. A présent, je m’étonnais de ne plus éprouver cette révolte instinctive.

Je regardais cet homme prendre le petit-déjeuner que je venais de préparer.

Et je regardais, plus encore, celui que j’étais en train de devenir.

En si peu de temps, tout ce qui composait mon existence avait été bouleversé. J’avais quitté mon appartement. J’avais laissé derrière moi des objets auxquels je m’étais attaché comme si un part de moi résidait en eux. J’allais vivre désormais entre d’autres murs, soumis à d’autres habitudes, à d’autres exigences.

J’avais d’abord cru que mon univers s’effondrait.

Pourtant, cette idée ne me semblait plus tout à fait juste. Rien ne paraissait véritablement détruit.

On faisait de la place.

Cette pensée s’imposa à moi avec une évidence presque dérangeante.

Toute ma vie, j’avais accumulé. Des objets, des certitudes, des habitudes, des peurs, des rôles auxquels je m’étais identifié sans même m’en apercevoir. A force d’empiler ces couches successives, j’avais fini par confondre ce qu’elles représentaient avec ce que j’étais réellement.

Ici, l’une après l’autre, elles se fissuraient.

Chaque règle, chaque renoncement, chaque épreuve semblait retirer une strate de ce personnage que j’avais patiemment construit.

Je n’aurais jamais cru pouvoir éprouver de la gratitude au cœur d’une telle remise en question.
Je ne remerciais pas les difficultés elles-mêmes. Je leur savais encore leur rudesse. Mais je commençais à reconnaitre ce qu’elles faisaient naître en moi.

Je ne désirais pas les épreuves pour elles-mêmes. Je désirais ce qu’elles semblaient révéler.
Une part de moi, longtemps ensevelie, cherchait peut-être enfin à respirer. Je ne savais pas jusqu’où ce chemin me conduirait. J’ignorais quelles exigences, quelles remises en question, quelles humiliations ou quelles renonciations m’attendaient encore.

Pourtant, je sentais naître en moi un désir que je ne m’expliquais pas.

Celui de poursuivre.

Non par résignation.

Non pour complaire à celui qui se trouvait là, près de moi.

Mais parce que je pressentais que derrière chacune des étapes se cachait une vérité sur moi-même que je n’avais jamais eu le courage d’affronter.

Je compris alors que le véritable changement n’était peut-être pas celui que je vivais. Il était celui que je commençais, librement, à désirer.

A cet instant, il reposa sa tasse. Son petit-déjeuner était terminé.

— Assieds-toi

Il me désigna le sol de son index.

— Thé ou café ?

— Café Monsieur.

Il remplit le bol dans laquelle il venait de boire et me la tendit. Il me donna également une tranche de pain beurré.

— Evite de mettre des miettes de partout.

Le goût du café raviva celui de ses urines. Je bus, mangeai puis desservis, rangeai la cuisine. Il contrôla mon travail, mais ne fit aucun commentaire.

Il exigea ensuite que j’aille prendre une douche.

Je ne posai aucune question. J’allais jusqu’à la douche qui m’était dédiée, puis pris le temps de laisser l’eau chaude délier les tensions qui s’étaient accumulées dans chacun de mes muscles. Ce moment de solitude me parut presque irréel, comme une brève parenthèse au milieu des épreuves subies depuis mon réveil.

Lorsque je revins, il m’attendait.

Son regard se posa sur moi avec cette attention méthodique que je lui connaissais désormais.

Il s’assura, sans hâte et avec une minutie clinique, que j’avais respecté son ordre. Rien, dans son attitude, ne trahissait la moindre complaisance. Il vérifiait simplement que ce qui avait été demandé avait été accompli.

Je demeurai immobile, laissant peu à peu s’effacer le réflexe de gêne qui m’aurait, quelques jours plus tôt, poussé à détourner le regard. Pourtant, il m’examinait en détail, soulevant un de mes bras pour contrôler la propreté de mon aisselle, vérifia derrière mes oreilles, entre mes orteils, sous mes pieds. Il exigea que je lui présente mon anus en écartant mes fesses de mes deux mains et en me penchant en avant.

— Tu as lavé ton intérieur ?

— Non Monsieur.

— Il le faudra désormais, chaque matin et après chaque défécation. Je te donnerai ce qu’il faut pour ça.

Il continua de passer en revue mon corps, étira ma lèvre supérieure pour vérifier ma dentition.

— Tu ne t’es pas lavé les dents.

— Non Monsieur, je ni brosse ni dentifrice.

— Ni ton sexe.

Il soulevait la cage l’enfermant.

Je ne répondis rien.

— Je vais m’en charger.

Sa main se referma sur mes testicules avec une fermeté tranquille et m’entraina derrière lui. Je suivis son pas, le souffle retenu au fond de ma poitrine. Chaque foulée semblait m’éloigner un peu plus de mes anciennes certitudes et me rapprocher d’un territoire dont j’ignorais tout, sinon qu’il ne permettrait aucun retour en arrière ! Nous traversâmes la maison dans un silence presque solennel, jusqu’à cette salle de sport que je venais de quitter quelques instants auparavant.

— Allonge-toi sur le dos.

Son geste désignait une table de massage soigneusement recouverte d’un drap blanc, dont la blancheur presque parfaite accentuait l’impression de rigueur qui régnait dans cette maison.
Je m’en approchai, le souffle discret, partagé entre la curiosité et l’inquiétude. En m’étendant sur le dos, je ne pus m’empêcher de penser que ce drap immaculé ressemblait à une page encore vierge. J’ignorais ce qui allait s’y écrire, mais je pressentais que cette nouvelle étape laisserait en moi une trace durable.

— Tends les bras au-dessus de ta tête. Joins les mains.

Chacun de ses ordres était énoncé avec une simplicité désarmante. Jamais il n’élevait la voix. Il n’en éprouvait nul besoin.

Son calme suffisait.

Ses paroles ne cherchaient ni à impressionner ni à intimider. Elles s’imposaient avec l’évidence de celui qui ne doutait ni de leur bien-fondé ni du fait qu’elles seraient exécutées.

Son autorité n’avait rien de spectaculaire.

Elle semblait naturelle.

Elle ne naissait ni de la crainte qu’il inspirait ni de la puissance qu’il affichait, mais d’une étonnant cohérence entre ce qu’il disait, ce qu’il faisait et ce qu’il était.

Je compris ce jour-là qu’il existait une forme d’autorité qui n’avait besoin de s’imposer.

Elle se contentait d’être.

Et c’était peut-être cette tranquille certitude qui la rendait si difficile à contester.
Je m’aperçus avec étonnement que, déjà, je ne cherchais presque plus à discuter ses ordres. Quelques jours plus tôt, chacun d’eux aurait suscité en moi une foule de questions. J’aurais voulu comprendre, négocier, parfois même contester. Mon esprit aurait exigé des explications avant d’accepter le moindre renoncement.

A présent, et l’espace de quelques heures passées en sa présence, quelque chose avait changé.
Lorsqu’il parlait, je m’exécutais presque naturellement.

Cette évidence me troubla.

Avais-je renoncé à exercer mon jugement ?

L’idée me traversa l’esprit avant de s’effacer presque aussitôt.

Non.

Je ne renonçais pas à penser.

Je renonçais seulement à l’illusion de devoir tout comprendre avant d’agir.

Cette nuance me parut immense.

Pendant des années, j’avais voulu que chaque décision fût précédée d’une certitude. Je m’étais réfugié dans l’analyse, les raisonnements, les références savantes, comme si comprendre suffisait à vivre. Mais la vie ne se laisse pas toujours disséquer. Il existe des vérités qui ne se révèlent qu’à celui qui accepte de les traverser.

Peut-être fallait-il parfois consentir à faire un pas avant d’en découvrir la raison.

C’était précisément ce que je vivais.

Je ne savais jamais exactement où il me conduisait. Pourtant, je commençais à lui accorder une confiance que je ne m’expliquais pas moi-même.

Cette confiance n’était pas aveugle. Elle naissait, heure après heure, de l’étrange cohérence que je percevais chez lui.

Jamais je ne l’avais surpris à se contredire. Jamais un ordre ne semblait répondre à un caprice. Chaque exigence trouvait, tôt ou tard, son sens.

Je compris alors que je ne lui obéissais plus uniquement parce qu’il me le demandait. Je lui obéissais parce que j’avais commencé à croire qu’il voyait en moi quelque chose que je ne savais pas encore voir moi-même.

Cette pensée m’intimida.

Elle faisait naître une autre question, plus profonde encore.

A quel moment la confiance devient-elle suffisamment forte pour que l’on accepte d’être conduit sans connaître la destination ?

Je n’avais pas la réponse.

Je savais seulement qu’à chacun de ses ordres, de ses actes, mes résistances s’effaçaient un peu davantage.

Non sous l’effet de la peur.

Mais sous celui d’une conviction naissante.

Moi qui avais toujours cru que la liberté consistait à ne dépendre de personne, je commençais à entrevoir qu’elle pouvait aussi naître de la confiance librement accordée à celui qui nous aide à devenir davantage nous-mêmes.

C’est ainsi que je ne m’émus pas lorsque je me retrouvai attaché sur cette table, bras tendus, mains liées au-dessus de ma tête, chevilles fixées solidement à chacun des pieds de cette table. La posture imposait un large écart des jambes. Je sentis aussitôt ma pudeur se raidir devant cette exposition inhabituelle. Je compris néanmoins que la gêne ne venait pas tant de la position elle-même que de ce qu’elle révélait de mes propres limites. Mon corps obéissait déjà ; ma pudeur, elle, livrait encore son dernier combat.

Il me retira alors ma cage de chasteté.

La libération fut aussi soudaine qu’inattendue. Mon corps réagit avec une spontanéité qui m’embarrassa aussitôt. J’aurais voulu détourner son attention, m’excuser presque de cette réaction qui m’échappait. Impossible !

Lui n’y accorda pourtant pas le moindre intérêt.

Son regard demeura parfaitement neutre, comme si cette érection ne méritait ni commentaire ni jugement. Pour lui, elle relevait d’un simple fait, dénué de toute importance.

Cette indifférence me troubla davantage que n’aurait pu le faire le moindre sourire ou la moindre remarque. Là où je ne voyais encore qu’une source de gêne, il semblait percevoir qu’un corps, répondant naturellement à ce qu’il venait de vivre.

Je compris alors que la honte n’habitait pas son regard. Elle existait que dans le mien.

Avec une sérénité presque clinique, il empoigna mon sexe, me masturba sans complaisance, sans attention particulière, comme si l’acte en lui-même était banal, purement hygiénique. Il s’employait simplement à dissiper cette tension. Son calme demeurait intact, mes gémissements ne l’atteignaient pas.

Il continua à me branler.

Mon corps contraint, attaché, offert dans sa totale vulnérabilité abandonnait toute résistance, malgré ces élans de honte qui me traversaient encore. Le point de non-retour était atteint, mon sperme jaillit en plusieurs salves libératrices.

Je demeurai quelques instants à le regarder, dans l’extase de l’après.

Pas une ombre de gêne ne traversait son visage. Pas d’avantage de satisfaction. Son expression était demeurée identique du dernier au premier instant.

Je compris alors que ce qui venait de se produire n’avait, pour lui, aucune portée particulière.
Cette évidence me désarma.

Il accueillait ma jouissance avec la même simplicité qu’un médecin observerait un réflexe ou qu’un artisan constaterait le fonctionnement d’un mécanisme parfaitement ordinaire.

Je compris que ce qui l’intéressait n’était pas ce que mon corps exprimait, ce qui l’intéressait, c’était ce que mon esprit en faisait.

Il avait dissipé une tension, comme on apaise un phénomène passager dont il n’y avait ni à s’enorgueillir ni à rougir.

Point à la ligne.

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Histoire Libertine
Une vraie histoire de pervers narcissique...



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