Le goût de l'effondrement - chapitre 12

- Par l'auteur HDS Alexsoumis -
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Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 29-08-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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La maison apparut au bout de la rue alors que le jour commençait à décliner. À mesure que je m’en approchais, je sentais revenir cette tension particulière que je connaissais désormais : une appréhension diffuse, physique, qui me serrait le ventre sans que je puisse véritablement en déterminer la cause.

Mon téléphone bipa.

Je le sortis de ma poche.

Un message.

« Désormais, tu te dévêtiras sur le palier. »

Je m’arrêtai.

Je lus la phrase une première fois, puis une seconde. Je la relus encore, comme si, à force de revenir sur ces quelques mots, j’allais y découvrir une nuance qui m’avait échappé, une possibilité d’interprétation moins brutale.

Mais il n’y en avait aucune.

Les mots étaient simples.

Parfaitement clairs.

Désormais.

Ce fut peut-être ce mot qui me troubla le plus. Il ne désignait pas seulement ce soir-là. Il installait une règle. Quelque chose qui, à partir de cet instant, serait appelé à se répéter.

Je levai les yeux vers le deuxième étage.

Certes, l’appartement se trouvait au deuxième et dernier étage, mais nous n’étions pas seuls sur le palier. Une autre porte s’y ouvrait, celle d’un copropriétaire que j’avais déjà croisé. Jusqu’alors, sa présence m’avait paru insignifiante. À cet instant, elle prit soudain une importance démesurée.

Se dévêtir une fois la porte refermée était une chose.

Le faire sur ce palier en était une autre.

Mon téléphone vibra de nouveau.

Un second message.

« Tu attendras nu, à genoux, que je vienne te récupérer. »

Je restai immobile devant l’écran.

Cette fois encore, aucune ambiguïté.

Je rangeai mon téléphone et entrai dans l’immeuble.

Dans l’escalier, chacun de mes pas me parut anormalement sonore. Je devenais attentif à tout : une canalisation, une voix étouffée derrière une porte, le craquement d’une marche. Lorsque j’atteignis enfin le dernier étage, le palier était désert.

Je me déshabillai comme il l’avait exigé.

Mes mains tremblaient. J’avais la trouille au ventre et je ne cessais de jeter des regards vers l’escalier. Le moindre bruit me faisait tressaillir. J’avais soigneusement plié chacun de mes vêtements et les avais déposés à côté de moi, formant une petite pile parfaitement ordonnée. Lorsque j’eus terminé, je sonnai. Puis je m’agenouillai devant la porte.

Et j’attendis.

Une minute passa.

Puis une autre.

Chaque seconde rendait ma situation plus inconfortable. Je redoutais moins le froid du sol sous mes genoux que le bruit d’une porte voisine ou celui de pas montant l’escalier. Cinq bonnes minutes s’écoulèrent avant que j’entende enfin la serrure se déverrouiller.

La porte s’ouvrit. Il apparut.

Sans impatience, sans même prononcer un mot, il me regarda longuement. Je soutins son regard quelques secondes avant de baisser les yeux. Puis il se pencha et passa le collier autour de mon cou.

Le geste fut lent.

Son regard se posa alors sur mes vêtements.

Il disparut quelques instants et revint avec un sac-poubelle qu’il me tendit.

— Mets-les là-dedans.
Je baissai les yeux vers le sac noir qu’il tenait ouvert devant moi.

Un sac-poubelle.

Ce détail me heurta davantage que je ne l’aurais imaginé. Il aurait pu prendre n’importe quoi d’autre, un sac de voyage, un panier, même simplement ramasser mes affaires et les déposer quelque part dans l’appartement. Mais non. Un sac destiné à ce dont on ne veut plus. A ce que l’on jette.

Je regardai mes vêtements soigneusement pliés, sur lesquels j’avais posé mon Pc ainsi que non téléphone portable. Quelques minutes auparavant encore, je les portais. J’étais arrivé avec eux depuis l’université. Ils appartenaient à cette journée, à ma vie extérieure, à celui que j’étais lorsque je marchais dans la rue, lorsque je m’asseyais dans un amphithéâtre, lorsque je travaillais sur mon mémoire ou croisais mes camarades.

Ils constituaient cette apparence banale grâce à laquelle personne n’aurait pu deviner ce qui se jouait dans ma vie une fois franchie cette porte. Et maintenant, il exigeait de les mettre dans un sac-poubelle.

J’y déposai ma chemise, puis mon pantalon. Je pris le temps de conserver les plis que j’avais faits, précaution presque dérisoire puisque, à peine introduits dans le sac, les vêtements s’affaissaient les uns sur les autres.

Je ressentis alors quelque chose d’étrange. Ce n’était pas seulement l’impression de ranger mes affaires. Le geste ressemblait à une mise à l’écart. Comme si l’homme qui venait d’arriver jusqu’à cette porte devait abandonner ici les signes de son existence ordinaire avant d’être autorisé à entrer.

Je pris le vêtement suivant. Et je compris soudain pourquoi le sac-poubelle me dérangeait autant. Il introduisait une forme de mépris symbolique. Ce que j’avais choisi le matin même de porter, ce qui constituait mon apparence, ce qui me permettaient de me présenter au monde tel que je voulais être vu, était désormais traité comme quelque chose dont la valeur cessait au seuil de cette maison.

Je déposai le dernier vêtement, puis mis mon ordinateur ainsi que mon téléphone.

Je regardai le sac dans sa main, derrière ce plastique noir se trouvait Alex qui pouvait encore se fondre dans la foule, aller à l’université, croiser un voisin, donner de lui l’image qu’il souhaitait.

Sur le palier restait l’autre, nu, à genoux, le collier autour du cou. Et pour la première fois, je me demandai si cette porte ne séparait pas désormais deux versions de moi-même.

— Entre.

Avec un empressement certain, heureux surtout de quitter ce palier sans avoir été vu par un autre que lui, je me redressai.

Il m’arrêta net dans mon élan.

— Non. À quatre pattes.

Je restai un instant figé. Puis je reposai les mains au sol et franchis ainsi la porte.

À peine étais-je entré qu’il reprit :

— Plus aucun vêtement ne te sera permis ici. Il n’y aura qu’une exception : le jour où ta mère viendra te rendre visite.

Je l’écoutais.

— Ce jour-là, tu porteras les vêtements que j’aurai choisis pour toi.

Je compris alors que l’exception n’en était pas véritablement une. Une pensée s’imposa immédiatement : je ne pourrais donc recevoir personne d’autre que ma mère.

Il me détrompa presque aussitôt.

— Je ne t’empêcherai pas de recevoir d’autres personnes que ta mère, dès lors que j’en serai informé à l’avance. Mais tu seras nu, paré de tes accessoires, ceux qui font de toi ce que tu es désormais.

Je demeurai silencieux.

Ainsi, je pourrais recevoir qui je voudrais. Mais ce serait à cette condition.

Il ajouta :

— Et ce n’est que lorsque tu seras sur le palier que tu pourras te revêtir.

Je tournai légèrement la tête vers la porte que je venais de franchir. Puis il m’entraîna derrière lui. Toujours à quatre pattes, je le suivis jusqu’au salon.

Il s’assit dans son fauteuil.

Je demeurai devant lui, immobile.

Il me regarda.

Le silence dura.

Je ne savais pas ce qu’il attendait et, chose plus troublante encore, je n’osais plus prendre la moindre initiative pour le lui demander.

Enfin, il parla.

— Tu ne sais pas encore ce que « possession » veut dire. Tu vas le savoir très vite. D’abord, retire l’objet qui est en toi.

Désemparé, honteux, j’obtempérai pourtant.

Sous son regard qui ne me quittait pas, j’ôtai le plug qu’il avait placé en moi quelques heures auparavant, juste avant mon départ pour l’université. J’éprouvai une gêne profonde à devoir accomplir ce geste devant lui.

Puis sa voix tomba.

— La pudeur t’est interdite désormais. Nettoie-le avec ta bouche.

Je relevai les yeux vers lui. Je crus d’abord avoir mal entendu. Mais son regard ne laissait aucune place au doute. Je le fis pourtant, malgré le dégoût qui me saisit.

Lui continuait de m’observer. Lorsque j’eus terminé, il ne dit rien immédiatement. Puis sa main se posa sur ma tête. Il me caressa lentement les cheveux. Je me sentis comme un animal que l’on félicite après avoir correctement obéi.

— C’est bien, fit-il.

Je ne saurais dire pourquoi, mais ces deux mots me procurèrent un bref soulagement.

Il se tut quelques instants avant de reprendre.

— Il en sera toujours ainsi. D’où l’intérêt que tu sois parfaitement propre. Je pense que tu en comprends l’intérêt.

Je compris.

Il retira sa main de ma chevelure et exigea que je lui remette le plug. Je le lui tendis. Il l’examina avec attention, le faisant tourner entre ses doigts, contrôlant qu’aucune trace n’y subsistait hormis ma salive. Je restais toujours à quatre pattes devant son fauteuil. Lorsqu’il eut terminé, il baissa les yeux vers moi.

— Quelle que soit la chose qui sortira d’entre tes fesses, tu devras la nettoyer avec ta bouche.

J’étais terrifié. Une question s’imposa immédiatement. Et si, par malheur, la chose en question était souillée ? M’imposerait-il la même règle ? Je n’osai pas demander.

Il se releva brusquement. Sa main se referma dans mes cheveux et m’obligea à relever le visage vers lui.

— Demain, je te conduirai chez le coiffeur. Ta coupe de cheveux sera, elle aussi, réglementée.

Réglementée.

Le mot me resta en tête.

Même mes cheveux.

Puis, sans autre formalité, il m’attira encore un peu plus près de sa braguette.

— Imprègne-toi de mon odeur.

Tout allait très vite désormais. Trop vite, peut-être. De sa main libre il dégrafait son pantalon, glissait son slip sous son scrotum.

Les gestes et les ordres s’enchaînaient sans me laisser le temps d’analyser ce qui se produisait. À peine une pensée naissait-elle qu’une nouvelle exigence venait la chasser.

— Respire-moi mieux que ça. Enivre-toi de moi.

Je fermai les yeux. Son odeur s’imposa à moi. Puis sa chaleur. Son excitation. La dureté de son sexe. Cela me troubla d’une manière différente. Jusqu’alors, il m’était apparu comme celui qui maîtrisait tout. Pour la première fois, quelque chose dans son corps trahissait ce qu’il éprouvait lui-même.

Puis il m’ordonna :

— Ouvre la bouche.

La suite se produisit avec une telle rapidité que je n’eus pratiquement pas le temps de réagir. La proximité devint envahissante. À son odeur s’ajoutait désormais son goût. Mon corps réagissait instinctivement tandis que mon esprit cherchait encore à comprendre ce qui lui était imposé.

— Avale-moi.

Il calla son membre au fond de ma gorge. Je n’avais bientôt plus le temps de reprendre correctement mon souffle. Je bavai, m’étouffai, mes yeux se remplirent de larmes

— Regarde moi quand tu me suces.

Je levai les yeux. Toujours tenu par les cheveux, le rythme s’intensifia. Il me baisait la bouche sauvagement, sans aucun égard. Lui prenait du plaisir. Je le percevais dans son souffle et dans sa chair. Moi, je tentais simplement de suivre le rythme qu’il m’imposait. Il se retira subitement et m’assena une gifle magistrale.

— Suce mieux que ça, salope.

Salope.

Ce mot si cru dans sa bouche, me surprit. Depuis que je le connaissais, il avait toujours choisi ses paroles avec soin. Même ses ordres les plus humiliants étaient formulés avec cette maîtrise froide qui le caractérisait. Jamais je ne l’avais entendu employer un terme aussi brutal. Pendant une seconde, ce ne fut donc pas cette gifle et ce qu’il exigeait de moi qui me troubla, mais ce terme de salope. Comme si, derrière l’homme toujours maître de son langage, venait d’apparaitre quelque chose de plus instinctif, de moins contenu.

— Applique toi.

Il m’emboucha de nouveau, les hauts le cœur, les larmes, les étouffements revinrent aussitôt. Je tentai de faire au mieux, ma langue cherchait à titiller son sexe érigé. Je l’aspirai, le tétai, resserrai mes lèvres sur ce membre brulant de désir. Puis, aussi soudainement qu’il avait commencé, il interrompit cette fellation imposée et lâcha mes cheveux.

Je cherchai instinctivement à reprendre mon souffle. Il ne m’en laissa presque pas le temps. Un nouvel ordre tomba. Je devais me relever immédiatement, me placer face au mur, les mains contre celui-ci, les jambes écartées, les reins largement cambrés.

Je m’exécutai.

Très vite. Trop vite. Je n’avais pas réfléchi. Cette constatation traversa mon esprit fugitivement.

Puis il prit de nouveau possession de mon corps, par derrière cette fois-ci, sans autre formalité. Une douleur vive irradia aussitôt tout mon être. Mes mains se crispèrent contre le mur. Je me raidis. Pendant quelques secondes, il n’exista plus rien d’autre que cette douleur et mon souffle devenu court.

Puis elle se mêla à tout le reste : la peur, la honte, la confusion, l’impression surtout que tout s’était accéléré au point que je ne pouvais plus penser les événements au moment où je les vivais. Il me sodomisait avec fougue, sans empathie, presque bestialement. Il m’était impossible de contrôler mes gémissements. Je ne parvenais pas à me détendre, mon corps était propulsé contre le mur à chacun de ses assauts, bien que maintenu par les hanches. Je me sentis objet. Cette pensée s’imposa à moi avec une netteté brutale, autant que cette brutale pénétration. Un objet dont on décidait de la place, de la position, de l’usage. Un objet qui n’avait pas à comprendre ce qu’on attendait de lui, encore moins à en discuter, mais seulement à se conformer à la volonté de celui qui en disposait.

Ce sentiment aurait dû provoquer en moi une révolte immédiate. Il provoqua d’abord un vertige. Car je demeurais pleinement conscient de ce que j’étais. Je pensais, j’éprouvais, je jugeais encore intérieurement ce qui m’arrivait. Rien de mon humanité n’avait disparu. Et pourtant, dans cette sodomie, j’avais l’impression que tout cela était devenu secondaire. Ce qui comptait désormais n’étais plus ce que je voulais, mais ce qu’il voulait faire de moi, en l’occurrence un objet sexuel

C’était peut-être cela qui me troublait le plus ; je ne cessais pas d’être moi-même, mais pendant ces instants, ma volonté semblait ne plus être la chose qui décidait de mon corps.

Son souffle devint court, son corps se raidit. Je percus immédiatement ce changement. Pour la première fois, quelque chose semblait échapper à cette maitrise presque parfaite qu’il affichait devant moi. Sa respiration le trahissait. Son corps aussi. Jusqu’alors, j’avais surtout eu le sentiment d’être celui que l’on observait, que l’on dirigeait, que l’on évaluait. Mais, à cet instant, c’était moi qui percevais quelque chose de lui qu’il ne pouvait entièrement dissimuler.

Il jouissait.

Cette évidence me troubla. Je découvrais soudain que ce qui se jouait entre nous ne relevait pas seulement de règles froidement établies ou d’une démonstration de pouvoir. Lui aussi était engagé dans ce rapport qu’il construisait entre nous. Et étrangement, constater que son corps pouvait ainsi trahir ce qu’il ressentait le rendit, pendant une seconde, moins inaccessible à mes yeux. Presque vulnérable.

Cette pensée fut fugitive.

Mais elle resta.

Lorsqu’enfin il se retira, je demeurai immobile.

Essoufflé.

Il retrouva presque immédiatement ce calme qui m’avait frappé lorsqu’il avait ouvert la porte.

— Voilà ce que c’est que d’être possédé. Je viens de t’ensemencer.

Je ne répondis pas.

Je restais les mains contre le mur. Le mot venait de prendre une signification que je n’aurais pas su lui donner une heure auparavant.

Il saisit alors mon collier. D’un geste ferme, il m’obligea à revenir vers lui et à m’agenouiller. Je compris ce qu’il attendait. Cette fois, il n’eut même pas besoin de répéter la règle qu’il venait de m’enseigner.

Je dus le nettoyer.

Et tandis que je m’exécutais, une pensée me traversa : quelques minutes auparavant encore, il lui fallait formuler chaque ordre.

Cette fois, j’avais compris avant qu’il parle.

Lorsque j’eus terminé, il me regarda quelques instants avant d’ajouter, avec ce calme qui rendait parfois ses paroles plus dérangeantes encore :

— Ce soir, tu ne dîneras pas, puisque je viens de te nourrir !

La phrase me saisit. Il venait de détourner un mot parfaitement ordinaire, presque rassurant, pour lui donner un sens qui me mettait profondément mal à l’aise.

Nourrir.

Je n’aurais jamais employé ce mot pour désigner ce qui venait de se passer. Et pourtant, il venait de le faire à ma place. Là encore, il semblait vouloir imposer non seulement ses décisions, mais jusqu’aux mots avec lesquels je devais désormais penser ce que je vivais.

Je baissais les yeux. Ce soir je ne dinerais pas. Il en avait décidé ainsi. Et la justification qu’il venait de donner à cette décision me laissait avec un trouble que je ne parvenais pas encore à nommer.

Sa main saisit de nouveau mon collier. Il m’entraîna derrière lui. Je dus le suivre à moitié courbé, contraint d’adapter mes pas aux siens. Il ne se retourna pas. Il savait que je suivais.

Il me conduisit ainsi jusqu’à cette petite chambre mansardée.

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