Le goût de l'effondrement - chapitre 7
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Le goût de l'effondrement - chapitre 7
Je terminais de ranger les derniers documents dans mon sac lorsque mon téléphone se mit à vibrer sur la table de la cuisine.
Le nom de ma mère s'afficha.
Je regardai machinalement l'heure.
Vingt-deux heures cinq.
Je devais partir dans moins de dix minutes si je voulais arriver à l'heure.
J'hésitai une seconde avant de décrocher.
— Bonjour, maman.
— Enfin !
Sa voix avait cette gaieté un peu forcée que je lui connaissais lorsqu'elle cherchait à masquer une inquiétude.
— Je dérange ?
Je refermai mon sac tout en calant le téléphone entre mon épaule et mon oreille.
— Non, pas du tout. J'allais partir.
— A cette heure ?
— Oui.
Je glissai mon ordinateur dans la housse.
— Je me suis dit que ton rendez-vous avec ton directeur était passé maintenant. Alors... raconte.
Je souris malgré moi.
— Tu n'oublies jamais rien.
— Certainement pas quand il s'agit de toi. Alors ?
Je m'appuyai contre le plan de travail de la cuisine.
— Ça s'est bien passé. Même très bien.
— Ah...
Je reconnus immédiatement cette façon qu'elle avait de prolonger une syllabe lorsqu'elle attendait que je continue.
— Il était content de mon mémoire. On a parlé longtemps. Plus d'une heure.
— Tu vois... Je te l'avais dit.
— Tu me dis beaucoup de choses.
Elle rit doucement.
— Et cette fois encore, j'avais raison ?
— Oui.
— Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit exactement ?
Je pris quelques secondes avant de répondre.
— Que mon travail était solide... mais que je devais avoir davantage confiance dans ma manière d'écrire. Que j'étais parfois trop prudent.
— Ça, ça ne m'étonne pas.
Je levai les yeux au mur. Vingt-deux heures dix.
— Tu trouves ?
— Alex... Tu réfléchis toujours trois fois avant de donner ton avis. Même quand tu avais dix ans, tu demandais si tu avais le droit de dire ce que tu pensais.
Je laissai échapper un léger rire.
— C'est un peu exagéré.
— Pas tant que ça.
Elle marqua une pause.
— Tu es pressé ?
Je m'immobilisai.
— Un peu.
— Je t'embête...
— Non.
C'était faux. Ou plutôt, ce n'était pas elle qui m'embêtait. C'était le temps. Toujours le temps.
— Je voulais juste entendre ta voix.
Cette phrase me désarma immédiatement.
Je cessai de regarder ma montre.
— Ça fait plusieurs jours qu'on ne s'est pas parlé correctement.
— Je sais.
— Tu travailles beaucoup.
— Oui.
Elle resta silencieuse quelques secondes.
Puis demanda doucement :
— Tu manges au moins ?
Je souris.
— Oui.
— Tu mens très mal.
— Je mange.
— Correctement ?
Je ne répondis pas.
Elle soupira.
— Alex...
Je me dirigeai vers l'entrée.
Les clés étaient déjà dans la serrure.
— Tu sais que je n'ai plus personne à gronder maintenant que tu es parti.
Je m'appuyai contre la porte sans l'ouvrir.
— Ça doit être reposant.
— Pas du tout.
Elle rit doucement.
— Le silence est beaucoup plus fatigant que toi.
Cette fois, je ne trouvai rien à répondre.
Puis sa voix changea légèrement.
— Il faut quand même que je te dise quelque chose.
Je refermai les yeux une seconde.
Je sentis immédiatement que ce n'était plus la même conversation.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle hésita.
— Tu sais... la voiture est encore au garage.
Je ne répondis pas.
— Et j'ai reçu les charges de chauffage.
Sa voix devenait plus lente.
Plus prudente.
— J'ai refait mes comptes hier soir.
Je baissai les yeux. Je connaissais ce ton. Celui qu'elle employait chaque fois qu'elle cherchait à m'annoncer une difficulté sans m'inquiéter.
— Je vais me débrouiller, bien sûr.
Elle disait toujours cela.
— Mais...
Long silence.
— Il est possible que je ne puisse pas t'envoyer tout le loyer au début du mois prochain.
Je restai immobile.
— Il me manquera peut-être deux ou trois cents euros.
J'inspirai profondément.
— Écoute, je peux prendre quelques heures de travail...
— Non.
Sa réponse fut immédiate.
— On en a déjà parlé.
— Mais...
— Non.
Cette fois, sa voix était ferme.
— Tu termines ton master. Après, on verra. Avant, non.
Je regardai une nouvelle fois l'heure. J'étais désormais en retard.
— Je trouverai une solution.
— On trouvera une solution.
Elle insista sur le "on". Comme elle l'avait toujours fait. Depuis que j'étais enfant. Depuis que j'avais compris que nous étions seulement deux. Je n'avais jamais connu mon père. Je n'avais même pas de souvenir de lui. Seulement quelques questions auxquelles elle répondait toujours par le silence.
— Tu sais...
Sa voix s'adoucit.
— Parfois je me demande si je n'aurais pas dû t'encourager à choisir une université plus près de la maison.
Je secouai instinctivement la tête.
— Non.
— Au moins je te verrais davantage.
Je souris tristement.
— Tu finirais par me mettre dehors au bout de trois jours.
Elle éclata de rire.
— Probablement.
Puis son rire s'éteignit.
— Alex...
— Oui ?
— Tu as changé.
La phrase tomba avec une simplicité désarmante.
Je demeurai silencieux.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Je ne sais pas exactement.
Elle chercha ses mots.
— Tu es plus loin, depuis quelques jours.
Je regardai la poignée de la porte.
— C'est le master.
— Non.
Elle répondit presque aussitôt.
— Il y a autre chose.
Je sentis ma gorge se serrer.
— Tu réfléchis tout le temps. Tu réponds plus vite. Tu raccroches plus vite aussi. Avant, tu me racontais tes journées. Maintenant, j'ai l'impression de devoir te tirer les mots.
Je baissai la tête.
Elle poursuivit avec beaucoup de douceur.
— Tu sais... je ne te demande pas de tout me raconter. Tu as vingt-trois ans. Tu fais ta vie. Mais promets-moi une chose.
— Laquelle ?
— Si quelque chose te pèse vraiment...
Elle hésita.
— Ne porte pas tout, tout seul. Appelle-moi. Même si je ne peux rien résoudre.
Je restai quelques secondes sans parler.
Puis je répondis presque dans un souffle.
— Je te le promets.
Un silence passa entre nous.
Enfin elle retrouva un ton plus léger.
— Bon. Je te laisse. Sinon tu vas finir par arriver en retard. Je regardai ma montre.
Vingt-deux heures vingt-sept.
Je souris malgré moi.
— C'est déjà le cas.
— Alors file. Et appelle-moi bientôt. Même cinq minutes. Juste pour me rassurer.
— D'accord.
— Je t'embrasse, mon grand.
— Moi aussi.
La communication se coupa.
Je restai quelques secondes immobile dans l'entrée, le téléphone encore à la main.
Pour la première fois depuis plusieurs jours, ce n'était ni mon mémoire, ni mon rendez-vous, ni même la soirée qui m'attendait qui occupaient mon esprit.
Je revoyais simplement une femme seule, dans une petite cuisine, en train de refaire ses comptes avant de trouver le courage d'appeler son fils pour lui annoncer qu'elle ne savait plus très bien comment payer son loyer.
Je rangeai lentement le téléphone dans ma poche.
Puis j'ouvris la porte et descendis l'escalier quatre à quatre. J'étais en retard, avec la boule au ventre, tel un enfant craignant d’être puni.
---
La porte s'ouvrit presque aussitôt après que j'eus sonné.
Il me regarda quelques secondes sans laisser paraître la moindre irritation.
— Bonsoir, Alex.
— Bonsoir Monsieur.
Je retirai mon manteau sans oser soutenir son regard et le suspendis à la patère.
— Excusez-moi pour mon retard, Monsieur.
Il referma tranquillement la porte derrière moi.
— De combien de minutes ?
Je réfléchis un instant.
— Une vingtaine, je crois.
Il consulta sa montre.
— Non.
Un léger silence.
— Dix-neuf minutes et quarante-deux secondes.
Je relevai les yeux. Il avait réellement compté. Je sentis mes joues s'échauffer.
— Je suis désolé.
— Je n'en doute pas.
Il traversa le salon sans rien ajouter. Je le suivis, me déshabilla entièrement, sans qu’il me l’ordonne. Me mettre nu fut instinctif, presque mécanique ; je l’accomplis avant même d’en avoir pris conscience. Puis à genoux, j'attendis qu'il poursuive.
Il s'assit dans le fauteuil où je l'avais déjà vu plusieurs fois prendre place.
— Prosterne toi à mes pieds comme tu sais et dois le faire désormais.
Je le fis sans attendre, oubliant ma vulnérabilité.
Alors qu’il me parlait, je dégageai mon sillon anal de mes deux mains, tel un geste réflexe, agissant par automatisme, obéissant à un mouvement instinctif, avant même que ma pensée intervienne. Lorsque je le réalisais, la honte me submergea avec une violence silencieuse. Mon visage me brûlait, ma gorge se serrait. Je n’avais plus qu’un désir : disparaitre. Pourtant, malgré le déshonneur, je restai immobile, vulnérable. Chaque seconde semblait s’étirer à l’infini, tandis que je sentais mon corps trahir le tumulte qui m’habitait. J’aurais pu reculer. J’aurais dû peut-être. Pourtant je demeurai là, exposé, incapable de me soustraire à ce regard qui semblait traverser mes défenses les unes après les autres.
Quelque chose de plus trouble s’installait. Une étrange acceptation. Comme si, après avoir tant lutté pour préserver les apparences, je n’avais soudain plus la force – ou peut-être plus le désir – de continuer à me cacher.
Je ne dis rien. Je ne bougeai pas.
Et dans ce silence, plus que dans n’importe quelle parole, je compris que ma vulnérabilité était devenue le véritable aveu.
Je restai immobile.
Pourtant, quelque chose en moi avait changé. Ce n’était presque rien – un souffle plus court, un frémissement à peine perceptible – mais je le sentais. Mon corps, lui, semblait avoir compris avant mon esprit.
Sa proximité devenait une présence à part entière. Je percevais sa chaleur, son odeur, la lenteur de ses mouvements. Chaque détail prenait une importance démesurée. J’aurais voulu retrouver cette distance qui m’aurait permis de reprendre le contrôle. Mais je n’y parvenais pas.
Ou peut-être ne le voulais-je pas vraiment.
Cette pensée me traversa avec une violence inattendue.
Je me sentais vulnérable, terriblement vulnérable, et pourtant cette vulnérabilité ne m’était plus tout à fait insupportable. Elle avait quelque chose d’étrangement apaisant. Comme si, pour la première fois, je n’avais plus à prétendre. Plus à dissimuler mes hésitations, mes peurs, ni même ce trouble que je m’efforçais de contenir.
— Tu trembles.
Je voulus répondre que non. Réfuter l’évidence. Retrouver un peu de cette dignité qui semblait m’échapper seconde après seconde.
Mais je savais que ce serait inutile.
Alors je gardais le silence.
Et le silence devint une réponse.
Un frisson me parcourut lorsque sa main se rapprocha, sans me toucher encore. Cette attente était presque plus troublante que le contact lui-même. Tout se jouait dans cet espace infime qui nous séparait encore.
Je compris alors que ce n’étais pas le geste qui me bouleversait le plus.
C’était l’attente, cette seconde suspendue ou tout demeurait encore possible.
Malgré la honte, malgré la peur de ce que cette acceptation pouvait révéler de moi, je ne reculai pas.
Et lorsqu’enfin sa main caressa mon entrecuisse, que son doigt s’arrêta sur mon anus, un frisson me parcourut tout entier. Je ne pus contenir un long gémissement de plaisir.
Il ne fit aucun commentaire, il poursuivit le fil de la conversation, comme si de rien n’était, tout en continuant à me caresser.
— Ce qui m'intéresse n'est pas ton retard. C'est la raison que tu vas choisir pour me le raconter.
Je gardai le silence quelques secondes.
— Ma mère m'a appelé.
Il acquiesça simplement.
— Je m'en doutais.
Cette réponse me surprit.
— Comment pouviez-vous le savoir ?
Il posa son pied sur ma tête pour maintenir mon visage au sol.
— Tu avais rendez-vous aujourd'hui avec ton directeur de mémoire. Une mère qui élève son fils appelle presque toujours le soir d'un entretien important.
Je ne bougeai pas.
— Surtout lorsqu'elle sait qu'il est anxieux.
— Elle voulait savoir comment cela s'était passé.
— Et ?
— Nous avons parlé plus longtemps que prévu.
Il hocha lentement la tête.
— Elle avait besoin de parler, ou toi ?
Je restai silencieux.
Je ne m'étais pas posé la question.
Il reprit doucement :
— Et ensuite ?
Je pris une inspiration.
— Elle m'a parlé de ses difficultés d'argent.
Ma voix s'était faite plus basse.
— Elle ne sait pas comment elle va payer mon loyer le mois prochain.
Le silence retomba entre nous. Il ne commenta pas immédiatement.
Lorsqu'il reprit la parole, son ton était resté parfaitement calme.
— Tu t'es senti coupable.
Ce n'était pas une question. Je répondis presque malgré moi.
— Oui.
— Tu lui as proposé de travailler.
— Oui Monsieur.
— Elle a refusé.
— Oui Monsieur.
Il retira son pied de mon crâne puis se leva lentement.
— Les mères refusent presque toujours ce genre de proposition lorsqu'elles ont consacré leur vie à ce que leur enfant puisse étudier.
Il fit quelques pas jusqu'à la bibliothèque. Je l’entendis ouvrir un tiroir.
— Et maintenant...
Il revint vers moi, s’installa accroupi devant mon visage. Je sentis quelque chose de métallique, de lourd, de froid sur ma nuque. Une chaine qu’il fixa avec un cadenas autour de mon cou.
— J'aimerais que tu répondes à une question.
J'attendis.
— Si ta mère avait continué à parler encore trente minutes...
Il laissa le silence s'installer.
— ...qu'aurais-tu fait ?
Je demeurai immobile.
Je cherchai une réponse qui ne venait pas.
Il me caressait de nouveau les fesses puis mon anus. Je sursautai mais parvins à retenir mon gémissement.
— Tu serais resté ?
Je finis par souffler :
— Je crois.
Il acquiesça doucement.
— C'est ce que j'espérais entendre.
Je fronçai légèrement les sourcils.
— Vous ne me reprochez donc pas mon retard ?
— Non.
Il marqua une courte pause.
— Si tu étais parti au milieu de cette conversation simplement pour arriver ici à l'heure, j'aurais été beaucoup plus inquiet.
— Pourquoi Monsieur ?
— Parce qu'un homme capable d'abandonner sa mère lorsqu'elle lui demande simplement quelques minutes de présence au nom d'une ponctualité abstraite est un homme qui confond les priorités avec les règles.
Le silence revint.
Il poursuivit d'une voix toujours aussi posée.
— La ponctualité est une qualité. La fidélité en est une autre. Lorsque les deux entrent en conflit, il faut être capable de savoir laquelle mérite d'être sacrifiée.
Je sentis quelque chose se détendre en moi. Depuis que j'avais franchi cette porte, je m'attendais inconsciemment à devoir me justifier, à être puni. Au lieu de cela, il venait de déplacer entièrement la question.
Il s’intéressa une nouvelle fois à mon anus avant de conclure :
— Tu es arrivé en retard. C'est un fait. Mais tu n'es pas arrivé parce que tu hésitais à venir. Tu es arrivé en retard parce que, pendant vingt minutes, tu étais simplement le fils d'une femme qui avait besoin de parler à son enfant.
Il resta silencieux quelques secondes.
— Cela me paraît être une raison parfaitement honorable.
Je respirai plus librement.
Puis il ajouta, presque comme une réflexion pour lui-même :
— Ce qui compte maintenant, c'est que tu sois pleinement ici.
Il me laissa là encore quelques longues minutes. Je me sentis comme un objet décoratif : exposé, silencieux, offert à son regard. Une présence immobile dont la seule fonction semblait être d’être là, exactement là.
Il sortit son téléphone de sa poche.
Le simple geste suffit à me faire comprendre ce qu’il s’apprêtait à faire. Je le regardai sans bouger, partagé entre la gêne et cette étrange attente qui, depuis quelques instants, semblait avoir pris possession de moi.
Puis l’objectif se leva vers moi.
Il me photographia.
Je n’avais pas eu le temps d’exprimer mon consentement. Peut-être n’en avais-je eu besoin. J’étais là, immobile, exposé, nu, dans une posture dépravante, offert à son regard et maintenant capturé par celui de son téléphone.
La pensée aurait dû me révolter.
Pourtant au fond de moi, je savais que je le lui aurais donné.
Ce consentement que je n’ai pas eu le temps de formuler, je le lui aurais accordé. Peut-être parce que, dans cet instant, l’idée d’être regardé, conservé dans une image, possédé un peu plus longtemps par son regard, ne m’était pas aussi insupportable que je voulais le croire.
Le déclic de l’appareil résonna dans le silence.
Et je demeurai là, avec cette sensation troublante d’être devenu une image avant même d’avoir cessé d’être un homme.
Il revint vers moi
S’agenouilla derrière moi, entre mes jambes écartées.
— Tu vas avoir mal si tu ne te détends pas, Alex.
Un de ces doigts lubrifiés me pénétra lentement mais entièrement. Il allait et venait en moi, tout doucement. Au bout de quelques instants un second entra.
Je tremblais. Chaque souffle m’arrachait un gémissement étouffé. Une douleur vive et aigue traversait mon corps, si intense qu’elle éclipsait tout le reste. Je serrai les mâchoires, cherchant un point d’ancrage pour ne pas céder. Les secondes semblaient s’étirer à l’infini, suspendues entre la souffrance et cette étrange détermination qui m’empêchait de renoncer.
Le moment fut encore plus pénible, plus douloureux lorsque l’objet glissa entre mes parois intimes.
— voilà… on y est presque. Encore un tout petit effort Alex.
Ces mots résonnèrent en moi avec une douceur inattendue. Je puisai dans ce qu’il me restait de volonté, respirai lentement et tentai de dominer les tremblements qui parcouraient encore mon corps.
Mon anus céda.
Alors vint le moment du relâchement.
La tension qui m’avait tenu captif jusque-là se dissipa lentement, comme une corde que l’on détend après l’avoir portée à son point de rupture. Je laissai échapper un long souffle, sans même m’en rendre compte. Mes épaules s’affaissèrent, mes muscles cessèrent enfin de lutter, et je pris soudain conscience de l’objet qui envahissait mon rectum.
Je demeurai quelques instants immobile, encore secoué par ce que je venais de traverser. La honte, la peur, le doute étaient toujours là, mais ils semblaient désormais plus lointains, comme si le tumulte avait laissé place à un silence fragile, presque apaisé.
— Te voilà affublé de quelques accessoires indispensables à ton éducation Alex… un petit plug, une chaine autour du cou, une cage de chasteté… tout pour te rappeler ton nouveau conditionnement et ton appartenance.
Le nom de ma mère s'afficha.
Je regardai machinalement l'heure.
Vingt-deux heures cinq.
Je devais partir dans moins de dix minutes si je voulais arriver à l'heure.
J'hésitai une seconde avant de décrocher.
— Bonjour, maman.
— Enfin !
Sa voix avait cette gaieté un peu forcée que je lui connaissais lorsqu'elle cherchait à masquer une inquiétude.
— Je dérange ?
Je refermai mon sac tout en calant le téléphone entre mon épaule et mon oreille.
— Non, pas du tout. J'allais partir.
— A cette heure ?
— Oui.
Je glissai mon ordinateur dans la housse.
— Je me suis dit que ton rendez-vous avec ton directeur était passé maintenant. Alors... raconte.
Je souris malgré moi.
— Tu n'oublies jamais rien.
— Certainement pas quand il s'agit de toi. Alors ?
Je m'appuyai contre le plan de travail de la cuisine.
— Ça s'est bien passé. Même très bien.
— Ah...
Je reconnus immédiatement cette façon qu'elle avait de prolonger une syllabe lorsqu'elle attendait que je continue.
— Il était content de mon mémoire. On a parlé longtemps. Plus d'une heure.
— Tu vois... Je te l'avais dit.
— Tu me dis beaucoup de choses.
Elle rit doucement.
— Et cette fois encore, j'avais raison ?
— Oui.
— Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit exactement ?
Je pris quelques secondes avant de répondre.
— Que mon travail était solide... mais que je devais avoir davantage confiance dans ma manière d'écrire. Que j'étais parfois trop prudent.
— Ça, ça ne m'étonne pas.
Je levai les yeux au mur. Vingt-deux heures dix.
— Tu trouves ?
— Alex... Tu réfléchis toujours trois fois avant de donner ton avis. Même quand tu avais dix ans, tu demandais si tu avais le droit de dire ce que tu pensais.
Je laissai échapper un léger rire.
— C'est un peu exagéré.
— Pas tant que ça.
Elle marqua une pause.
— Tu es pressé ?
Je m'immobilisai.
— Un peu.
— Je t'embête...
— Non.
C'était faux. Ou plutôt, ce n'était pas elle qui m'embêtait. C'était le temps. Toujours le temps.
— Je voulais juste entendre ta voix.
Cette phrase me désarma immédiatement.
Je cessai de regarder ma montre.
— Ça fait plusieurs jours qu'on ne s'est pas parlé correctement.
— Je sais.
— Tu travailles beaucoup.
— Oui.
Elle resta silencieuse quelques secondes.
Puis demanda doucement :
— Tu manges au moins ?
Je souris.
— Oui.
— Tu mens très mal.
— Je mange.
— Correctement ?
Je ne répondis pas.
Elle soupira.
— Alex...
Je me dirigeai vers l'entrée.
Les clés étaient déjà dans la serrure.
— Tu sais que je n'ai plus personne à gronder maintenant que tu es parti.
Je m'appuyai contre la porte sans l'ouvrir.
— Ça doit être reposant.
— Pas du tout.
Elle rit doucement.
— Le silence est beaucoup plus fatigant que toi.
Cette fois, je ne trouvai rien à répondre.
Puis sa voix changea légèrement.
— Il faut quand même que je te dise quelque chose.
Je refermai les yeux une seconde.
Je sentis immédiatement que ce n'était plus la même conversation.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle hésita.
— Tu sais... la voiture est encore au garage.
Je ne répondis pas.
— Et j'ai reçu les charges de chauffage.
Sa voix devenait plus lente.
Plus prudente.
— J'ai refait mes comptes hier soir.
Je baissai les yeux. Je connaissais ce ton. Celui qu'elle employait chaque fois qu'elle cherchait à m'annoncer une difficulté sans m'inquiéter.
— Je vais me débrouiller, bien sûr.
Elle disait toujours cela.
— Mais...
Long silence.
— Il est possible que je ne puisse pas t'envoyer tout le loyer au début du mois prochain.
Je restai immobile.
— Il me manquera peut-être deux ou trois cents euros.
J'inspirai profondément.
— Écoute, je peux prendre quelques heures de travail...
— Non.
Sa réponse fut immédiate.
— On en a déjà parlé.
— Mais...
— Non.
Cette fois, sa voix était ferme.
— Tu termines ton master. Après, on verra. Avant, non.
Je regardai une nouvelle fois l'heure. J'étais désormais en retard.
— Je trouverai une solution.
— On trouvera une solution.
Elle insista sur le "on". Comme elle l'avait toujours fait. Depuis que j'étais enfant. Depuis que j'avais compris que nous étions seulement deux. Je n'avais jamais connu mon père. Je n'avais même pas de souvenir de lui. Seulement quelques questions auxquelles elle répondait toujours par le silence.
— Tu sais...
Sa voix s'adoucit.
— Parfois je me demande si je n'aurais pas dû t'encourager à choisir une université plus près de la maison.
Je secouai instinctivement la tête.
— Non.
— Au moins je te verrais davantage.
Je souris tristement.
— Tu finirais par me mettre dehors au bout de trois jours.
Elle éclata de rire.
— Probablement.
Puis son rire s'éteignit.
— Alex...
— Oui ?
— Tu as changé.
La phrase tomba avec une simplicité désarmante.
Je demeurai silencieux.
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Je ne sais pas exactement.
Elle chercha ses mots.
— Tu es plus loin, depuis quelques jours.
Je regardai la poignée de la porte.
— C'est le master.
— Non.
Elle répondit presque aussitôt.
— Il y a autre chose.
Je sentis ma gorge se serrer.
— Tu réfléchis tout le temps. Tu réponds plus vite. Tu raccroches plus vite aussi. Avant, tu me racontais tes journées. Maintenant, j'ai l'impression de devoir te tirer les mots.
Je baissai la tête.
Elle poursuivit avec beaucoup de douceur.
— Tu sais... je ne te demande pas de tout me raconter. Tu as vingt-trois ans. Tu fais ta vie. Mais promets-moi une chose.
— Laquelle ?
— Si quelque chose te pèse vraiment...
Elle hésita.
— Ne porte pas tout, tout seul. Appelle-moi. Même si je ne peux rien résoudre.
Je restai quelques secondes sans parler.
Puis je répondis presque dans un souffle.
— Je te le promets.
Un silence passa entre nous.
Enfin elle retrouva un ton plus léger.
— Bon. Je te laisse. Sinon tu vas finir par arriver en retard. Je regardai ma montre.
Vingt-deux heures vingt-sept.
Je souris malgré moi.
— C'est déjà le cas.
— Alors file. Et appelle-moi bientôt. Même cinq minutes. Juste pour me rassurer.
— D'accord.
— Je t'embrasse, mon grand.
— Moi aussi.
La communication se coupa.
Je restai quelques secondes immobile dans l'entrée, le téléphone encore à la main.
Pour la première fois depuis plusieurs jours, ce n'était ni mon mémoire, ni mon rendez-vous, ni même la soirée qui m'attendait qui occupaient mon esprit.
Je revoyais simplement une femme seule, dans une petite cuisine, en train de refaire ses comptes avant de trouver le courage d'appeler son fils pour lui annoncer qu'elle ne savait plus très bien comment payer son loyer.
Je rangeai lentement le téléphone dans ma poche.
Puis j'ouvris la porte et descendis l'escalier quatre à quatre. J'étais en retard, avec la boule au ventre, tel un enfant craignant d’être puni.
---
La porte s'ouvrit presque aussitôt après que j'eus sonné.
Il me regarda quelques secondes sans laisser paraître la moindre irritation.
— Bonsoir, Alex.
— Bonsoir Monsieur.
Je retirai mon manteau sans oser soutenir son regard et le suspendis à la patère.
— Excusez-moi pour mon retard, Monsieur.
Il referma tranquillement la porte derrière moi.
— De combien de minutes ?
Je réfléchis un instant.
— Une vingtaine, je crois.
Il consulta sa montre.
— Non.
Un léger silence.
— Dix-neuf minutes et quarante-deux secondes.
Je relevai les yeux. Il avait réellement compté. Je sentis mes joues s'échauffer.
— Je suis désolé.
— Je n'en doute pas.
Il traversa le salon sans rien ajouter. Je le suivis, me déshabilla entièrement, sans qu’il me l’ordonne. Me mettre nu fut instinctif, presque mécanique ; je l’accomplis avant même d’en avoir pris conscience. Puis à genoux, j'attendis qu'il poursuive.
Il s'assit dans le fauteuil où je l'avais déjà vu plusieurs fois prendre place.
— Prosterne toi à mes pieds comme tu sais et dois le faire désormais.
Je le fis sans attendre, oubliant ma vulnérabilité.
Alors qu’il me parlait, je dégageai mon sillon anal de mes deux mains, tel un geste réflexe, agissant par automatisme, obéissant à un mouvement instinctif, avant même que ma pensée intervienne. Lorsque je le réalisais, la honte me submergea avec une violence silencieuse. Mon visage me brûlait, ma gorge se serrait. Je n’avais plus qu’un désir : disparaitre. Pourtant, malgré le déshonneur, je restai immobile, vulnérable. Chaque seconde semblait s’étirer à l’infini, tandis que je sentais mon corps trahir le tumulte qui m’habitait. J’aurais pu reculer. J’aurais dû peut-être. Pourtant je demeurai là, exposé, incapable de me soustraire à ce regard qui semblait traverser mes défenses les unes après les autres.
Quelque chose de plus trouble s’installait. Une étrange acceptation. Comme si, après avoir tant lutté pour préserver les apparences, je n’avais soudain plus la force – ou peut-être plus le désir – de continuer à me cacher.
Je ne dis rien. Je ne bougeai pas.
Et dans ce silence, plus que dans n’importe quelle parole, je compris que ma vulnérabilité était devenue le véritable aveu.
Je restai immobile.
Pourtant, quelque chose en moi avait changé. Ce n’était presque rien – un souffle plus court, un frémissement à peine perceptible – mais je le sentais. Mon corps, lui, semblait avoir compris avant mon esprit.
Sa proximité devenait une présence à part entière. Je percevais sa chaleur, son odeur, la lenteur de ses mouvements. Chaque détail prenait une importance démesurée. J’aurais voulu retrouver cette distance qui m’aurait permis de reprendre le contrôle. Mais je n’y parvenais pas.
Ou peut-être ne le voulais-je pas vraiment.
Cette pensée me traversa avec une violence inattendue.
Je me sentais vulnérable, terriblement vulnérable, et pourtant cette vulnérabilité ne m’était plus tout à fait insupportable. Elle avait quelque chose d’étrangement apaisant. Comme si, pour la première fois, je n’avais plus à prétendre. Plus à dissimuler mes hésitations, mes peurs, ni même ce trouble que je m’efforçais de contenir.
— Tu trembles.
Je voulus répondre que non. Réfuter l’évidence. Retrouver un peu de cette dignité qui semblait m’échapper seconde après seconde.
Mais je savais que ce serait inutile.
Alors je gardais le silence.
Et le silence devint une réponse.
Un frisson me parcourut lorsque sa main se rapprocha, sans me toucher encore. Cette attente était presque plus troublante que le contact lui-même. Tout se jouait dans cet espace infime qui nous séparait encore.
Je compris alors que ce n’étais pas le geste qui me bouleversait le plus.
C’était l’attente, cette seconde suspendue ou tout demeurait encore possible.
Malgré la honte, malgré la peur de ce que cette acceptation pouvait révéler de moi, je ne reculai pas.
Et lorsqu’enfin sa main caressa mon entrecuisse, que son doigt s’arrêta sur mon anus, un frisson me parcourut tout entier. Je ne pus contenir un long gémissement de plaisir.
Il ne fit aucun commentaire, il poursuivit le fil de la conversation, comme si de rien n’était, tout en continuant à me caresser.
— Ce qui m'intéresse n'est pas ton retard. C'est la raison que tu vas choisir pour me le raconter.
Je gardai le silence quelques secondes.
— Ma mère m'a appelé.
Il acquiesça simplement.
— Je m'en doutais.
Cette réponse me surprit.
— Comment pouviez-vous le savoir ?
Il posa son pied sur ma tête pour maintenir mon visage au sol.
— Tu avais rendez-vous aujourd'hui avec ton directeur de mémoire. Une mère qui élève son fils appelle presque toujours le soir d'un entretien important.
Je ne bougeai pas.
— Surtout lorsqu'elle sait qu'il est anxieux.
— Elle voulait savoir comment cela s'était passé.
— Et ?
— Nous avons parlé plus longtemps que prévu.
Il hocha lentement la tête.
— Elle avait besoin de parler, ou toi ?
Je restai silencieux.
Je ne m'étais pas posé la question.
Il reprit doucement :
— Et ensuite ?
Je pris une inspiration.
— Elle m'a parlé de ses difficultés d'argent.
Ma voix s'était faite plus basse.
— Elle ne sait pas comment elle va payer mon loyer le mois prochain.
Le silence retomba entre nous. Il ne commenta pas immédiatement.
Lorsqu'il reprit la parole, son ton était resté parfaitement calme.
— Tu t'es senti coupable.
Ce n'était pas une question. Je répondis presque malgré moi.
— Oui.
— Tu lui as proposé de travailler.
— Oui Monsieur.
— Elle a refusé.
— Oui Monsieur.
Il retira son pied de mon crâne puis se leva lentement.
— Les mères refusent presque toujours ce genre de proposition lorsqu'elles ont consacré leur vie à ce que leur enfant puisse étudier.
Il fit quelques pas jusqu'à la bibliothèque. Je l’entendis ouvrir un tiroir.
— Et maintenant...
Il revint vers moi, s’installa accroupi devant mon visage. Je sentis quelque chose de métallique, de lourd, de froid sur ma nuque. Une chaine qu’il fixa avec un cadenas autour de mon cou.
— J'aimerais que tu répondes à une question.
J'attendis.
— Si ta mère avait continué à parler encore trente minutes...
Il laissa le silence s'installer.
— ...qu'aurais-tu fait ?
Je demeurai immobile.
Je cherchai une réponse qui ne venait pas.
Il me caressait de nouveau les fesses puis mon anus. Je sursautai mais parvins à retenir mon gémissement.
— Tu serais resté ?
Je finis par souffler :
— Je crois.
Il acquiesça doucement.
— C'est ce que j'espérais entendre.
Je fronçai légèrement les sourcils.
— Vous ne me reprochez donc pas mon retard ?
— Non.
Il marqua une courte pause.
— Si tu étais parti au milieu de cette conversation simplement pour arriver ici à l'heure, j'aurais été beaucoup plus inquiet.
— Pourquoi Monsieur ?
— Parce qu'un homme capable d'abandonner sa mère lorsqu'elle lui demande simplement quelques minutes de présence au nom d'une ponctualité abstraite est un homme qui confond les priorités avec les règles.
Le silence revint.
Il poursuivit d'une voix toujours aussi posée.
— La ponctualité est une qualité. La fidélité en est une autre. Lorsque les deux entrent en conflit, il faut être capable de savoir laquelle mérite d'être sacrifiée.
Je sentis quelque chose se détendre en moi. Depuis que j'avais franchi cette porte, je m'attendais inconsciemment à devoir me justifier, à être puni. Au lieu de cela, il venait de déplacer entièrement la question.
Il s’intéressa une nouvelle fois à mon anus avant de conclure :
— Tu es arrivé en retard. C'est un fait. Mais tu n'es pas arrivé parce que tu hésitais à venir. Tu es arrivé en retard parce que, pendant vingt minutes, tu étais simplement le fils d'une femme qui avait besoin de parler à son enfant.
Il resta silencieux quelques secondes.
— Cela me paraît être une raison parfaitement honorable.
Je respirai plus librement.
Puis il ajouta, presque comme une réflexion pour lui-même :
— Ce qui compte maintenant, c'est que tu sois pleinement ici.
Il me laissa là encore quelques longues minutes. Je me sentis comme un objet décoratif : exposé, silencieux, offert à son regard. Une présence immobile dont la seule fonction semblait être d’être là, exactement là.
Il sortit son téléphone de sa poche.
Le simple geste suffit à me faire comprendre ce qu’il s’apprêtait à faire. Je le regardai sans bouger, partagé entre la gêne et cette étrange attente qui, depuis quelques instants, semblait avoir pris possession de moi.
Puis l’objectif se leva vers moi.
Il me photographia.
Je n’avais pas eu le temps d’exprimer mon consentement. Peut-être n’en avais-je eu besoin. J’étais là, immobile, exposé, nu, dans une posture dépravante, offert à son regard et maintenant capturé par celui de son téléphone.
La pensée aurait dû me révolter.
Pourtant au fond de moi, je savais que je le lui aurais donné.
Ce consentement que je n’ai pas eu le temps de formuler, je le lui aurais accordé. Peut-être parce que, dans cet instant, l’idée d’être regardé, conservé dans une image, possédé un peu plus longtemps par son regard, ne m’était pas aussi insupportable que je voulais le croire.
Le déclic de l’appareil résonna dans le silence.
Et je demeurai là, avec cette sensation troublante d’être devenu une image avant même d’avoir cessé d’être un homme.
Il revint vers moi
S’agenouilla derrière moi, entre mes jambes écartées.
— Tu vas avoir mal si tu ne te détends pas, Alex.
Un de ces doigts lubrifiés me pénétra lentement mais entièrement. Il allait et venait en moi, tout doucement. Au bout de quelques instants un second entra.
Je tremblais. Chaque souffle m’arrachait un gémissement étouffé. Une douleur vive et aigue traversait mon corps, si intense qu’elle éclipsait tout le reste. Je serrai les mâchoires, cherchant un point d’ancrage pour ne pas céder. Les secondes semblaient s’étirer à l’infini, suspendues entre la souffrance et cette étrange détermination qui m’empêchait de renoncer.
Le moment fut encore plus pénible, plus douloureux lorsque l’objet glissa entre mes parois intimes.
— voilà… on y est presque. Encore un tout petit effort Alex.
Ces mots résonnèrent en moi avec une douceur inattendue. Je puisai dans ce qu’il me restait de volonté, respirai lentement et tentai de dominer les tremblements qui parcouraient encore mon corps.
Mon anus céda.
Alors vint le moment du relâchement.
La tension qui m’avait tenu captif jusque-là se dissipa lentement, comme une corde que l’on détend après l’avoir portée à son point de rupture. Je laissai échapper un long souffle, sans même m’en rendre compte. Mes épaules s’affaissèrent, mes muscles cessèrent enfin de lutter, et je pris soudain conscience de l’objet qui envahissait mon rectum.
Je demeurai quelques instants immobile, encore secoué par ce que je venais de traverser. La honte, la peur, le doute étaient toujours là, mais ils semblaient désormais plus lointains, comme si le tumulte avait laissé place à un silence fragile, presque apaisé.
— Te voilà affublé de quelques accessoires indispensables à ton éducation Alex… un petit plug, une chaine autour du cou, une cage de chasteté… tout pour te rappeler ton nouveau conditionnement et ton appartenance.
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