Le goût de l'effondrement - Chapitre 9

- Par l'auteur HDS Alexsoumis -
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Récit libertin : Le goût de l'effondrement - Chapitre 9 Histoire érotique Publiée sur HDS le 08-08-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Le goût de l'effondrement - Chapitre 9
Nous n’avions toujours pas quitté cette chambre.

J’allais penser la mienne, puis je m’arrêtai.

Ce simple possessif me parut soudain déplacé. Qu’avais-je réellement à moi désormais ? Cette chambre m’était attribuée, sans doute. J’y dormirais, j’y vivrais peut-être longtemps. Mais elle ne m’appartenait pas. Rien, ici, ne m’appartenait vraiment.

M’appartenais-je encore un peu finalement ?

Je laissai mon regard parcourir la pièce. Dans son dépouillement, elle évoquait davantage une cellule monastique qu’une chambre. Un lit, un bureau, un lavabo, quelques objets strictement nécessaires…

Et cette serrure qui m’enfermerait chaque soir.

Cette pensée me troubla.

Il consulta sa montre avant de se retourner vers moi.

— Il y a une chose à faire. Assieds-toi là

De son index il m’indiqua le sol.

Je m’asseyais en tailleur.

— Non, pas comme ça,

Je levai les yeux vers lui sans comprendre

— Ne cache rien, montre toi tel que tu es, apprends à n’avoir plus aucune intimité, écarte tes jambes.

Il sortit mon téléphone de sa poche, me le tendit.

— Tu vas appeler ta mère. Il est normal qu’elle apprenne ton déménagement par toi. Mets le haut-parleur.

Je sentis mon estomac se nouer.

Je composai son numéro d’une main hésitante. Il resta debout à quelque pas de moi, silencieux, son regard fixé sur mon sexe encagé.

A la deuxième sonnerie, elle décrocha.

— Allô ? Mon chéri ?

Sa voix, chaleureuse et familière, fit aussitôt vaciller les défenses que je m’efforçais de maintenir.

— Bonjour maman.

— Tu vas bien ? Tu as une drôle de voix… Il s’est passé quelque chose ?

— Non… enfin, rien de grave.

Elle se tut un instant.

— Tu m’inquiètes.

Je respirai profondément.

— Je t’appelle parce que j’ai une nouvelle importante. Je vais déménager.

Un silence.

— Déménager ? Mais… quand ça ?

— Très bientôt.

— Très bientôt ? Qu’est-ce que ça veut dire, « très bientôt » ?

— Dans quelques jours.

Sa surprise céda aussitôt la place à l’inquiétude.

— Mais enfin… pourquoi une telle précipitation ? Tu m’avais toujours dit que tu resterais dans ton appartement jusqu’à la fin de ton master.

Je cherchai mes mots.

— Les circonstances ont changé.

— Quelles circonstances ?

Je baissai les yeux.

— Une opportunité s’est présentée.

— Une opportunité de quoi ?

Je sentis mon cœur accélérer.

— D’être logé dans de très bonnes conditions.

— Par qui ?

La question me prit au dépourvu.

— Par… quelqu’un de j’ai rencontré récemment.

— Quelqu’un ? Je le connais ?

— Non.

Un nouveau silence.

Je connaissais trop bien ma mère. Derrière ce silence, son imagination travaillait déjà.

— Tu me fais peur, tu sais.

Ces quelques mots me serrèrent la gorge.

— Tu n’as aucune raison d’avoir peur.

— Alors explique-moi. Où est cette maison ? Tu seras avec qui ? Est-ce que tu auras une chambre à toi ? Tu continueras à bien travailler ? Est-ce que tu pourras recevoir du monde ? Je pourrai venir te voir ?

Les questions se succédaient sans me laisser le temps de répondre.

Je sentais la présence de cet homme devant moi. Il n’intervenait pas. Il ne faisait pas le moindre geste. Son silence rendait chacune de mes réponses plus difficiles encore.

— Oui… j’aurai une chambre.

— Et l’adresse ?

Je demeurai muet quelques secondes.

— Je te la communiquerai dès que tout sera définitivement installé
.
— Pourquoi pas tout de suite ?

Je fermai les yeux

— Parce que… tout va très vite.

Elle soupira.

— Mon chéri… tu sais bien que je ne veux qu’une chose : être certaine que tu es heureux.

Cette phrase me désarma.

— Je crois que ce changement me fera du bien.

Je remarquai que j’avais employé le verbe croire.

Elle aussi.

— Tu crois… ou tu en es sûr ?

Je ne trouvais rien à répondre.

Elle reprit plus doucement.

— Est-ce qu’on t’a forcé à prendre cette décision ?

Je relevai brusquement la tête.

Mon regard croisa celui qui me dominait de tout sa hauteur. Il demeurait parfaitement immobile.

— Non, répondis-je presque aussitôt. Personne ne m’a forcé.

Ce n’était pas tout à fait un mensonge.

Ce n’était pas tout à fait la vérité non plus.

Elle laissa échapper un souffle long.

— Tu me promets de m’appeler souvent ?

— Je te le promets.

— Et tu viendras me voir ?

— Dès que je le pourrai.

Sa voix se fit plus douce.

— Tu sais… peu importe où tu vivras. Tu resteras toujours mon petit garçon.

Je sentis mes yeux se brouiller.

— Je sais, maman.

— Prends soin de toi.

— toi aussi.

Lorsque la communication prit fin, je gardai le téléphone quelques instants contre mon oreille, comme si je n’avais pas encore trouvé la force de raccrocher.

Le silence retomba dans la pièce.

Je lui tendis mon téléphone qu’il prit. Il le remit dans sa poche.

Il ne parla pas immédiatement. Il semblait attendre que je mesure moi-même le poids de cette conversation. Le silence s’installa quelques instants.

— Tu aimes profondément ta mère.

Je relevai lentement les yeux.

Ce n’était pas une question.
— Oui Monsieur.

Il acquiesça.

— Cela s’entend dans chacun de tes silences.

Je restai immobile, toujours assis au sol, dans la posture exigée, exagérément impudique.

— Tu as passé toute cette conversation à vouloir la protéger.

Il marqua une pause.

— Tu as choisi chacun de tes mots pour éviter de nourrir son inquiétude. Tu lui as offert des réponses sans jamais lui donner la possibilité de comprendre ce que tu ressentais et devenais réellement à mes pieds.

Je baissai la tête.

Il poursuivit avec la même douceur.

— Tu crois que l’amour consiste à épargner ceux que l’on aime.

Je ne répondis pas.

— C’est une erreur

Son regard ne me quittait pas.

— A force de vouloir protéger les autres, on finit souvent par leur cacher une partie de soi. Ils cessent alors d’aimer une personne réelle. Ils aiment l’image rassurante que l’on s’efforce de leur présenter.

Ces mots me frappèrent de plein fouet.

N’était-ce pas précisément ce que j’avais fait quelques minutes plus tôt ?

Il reprit :

— Tu n’as pas menti
.
Je relevai la tête, surpris.

— Mais tu n’as pas tout dit.

La nuance était immense.

— Je ne te le reproche pas. Tu n’étais pas prêt.

Il s’approcha plus encore de moi, m’attrapa par les cheveux, me tint la tête ainsi.

— Un jour, tu découvriras que la vérité n’est pas l’ennemie de l’amour. Bien au contraire. Les liens les plus solides sont ceux qui résistent à la vérité, pas ceux qui ne tiennent debout que grâce aux silences.

Sa main s’accrocha davantage dans ma chevelure.

— Aujourd’hui, tu as voulu préserver ta mère. Demain, tu apprendras qu’il est possible de respecter quelqu’un sans lui cacher tes fragilités.

Je restai silencieux.

— J’exige toujours la vérité.

Je comprenais soudain que cette conversation n’avait jamais réellement porté sur ma mère.
Elle parlait de moi.

Sa main se fit plus présente encore, guidant lentement ma tête vers l’arrière. Je sentis mon équilibre m’échapper sans tenter de le retrouver. Mon corps accompagna ce mouvement avec une docilité qui me surprit moi-même, jusqu’à ce que mon dos repose contre le sol, comme si toute volonté s’était évanouie avant même que je n’y songe.

— relève tes jambes sur ta poitrine.

Je m’exécutai instantanément.

— Passe tes deux bras sous chacun de tes genoux, offre-toi !

Cette posture me troubla profondément. Je la percevais soudain parfaitement obscène et indécente. Elle fit naitre en moi un profond malaise. Je ne savais plus si mon embarras naissait du regard que l’on pouvait porter sur moi ou de celui, bien plus sévère, que je portais moi-même sur mon propre corps.

Il se baissa, tâta mes testicules offerts. Les fit rouler entre ses doigts. Je me mis à trembler, suffoquer.

— Une purge va s’imposer.

Ce n’était pas une question, juste une affirmation.

Il se releva rapidement. Mon téléphone vibrait dans sa poche.

Il consulta l’écran.

— C’est le professeur Delmas.

Mon directeur de mémoire.

— Ne bouge pas m’ordonna-t-il.

Il décrocha aussitôt.

— Bonjour, Professeur.



— Oui, il est là, mais pas disponible pour l’instant.



— Il va bien.



— Oui, Alex m’a dit que nous avions rendez-vous à 11 heures ce matin.



— Exactement… on peut dire ça… son coach



— Je comprends, pas d’inquiétude, je suis disponible maintenant. Nous pouvons avoir cet échange par téléphone, je lui transmettrai.

Un léger silence s’installa.

Je demeurai dans cette posture immorale. J’étais là, témoin discret d’une conversation qui me concernait sans que j’y prenne part.

— Vous souhaitiez parler de son mémoire avec lui.

Il écouta longuement.

— Je partage votre avis. Son travail est d’une qualité remarquable.

Un nouveau silence.

— oui… une culture impressionnante. Une capacité de lecture peu commune. Et un rigueur intellectuelle rare chez un étudiant de son âge.

Je sentis mes joues rougir malgré moi.

Puis il reprit :

— Mais…

Ce simple mot suspendit ma respiration.

— Vous estimez qu’il demeure constamment à distance de lui-même. Je suis bien d’accord avec vous professeur.

Il écoutait.

— Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire.

Un silence.

— Il cite davantage qu’il ne pense.

Cette phrase me frappa avec une violence inattendue. Pourtant c’était exactement le reproche que le professeur Delmas m’avait déjà adressé.

Il écouta encore en esquissant un léger sourire.

— Vous dites qu’il convoque Platon, Tocqueville, Hannah Arendt ou Michel Foucault avec une facilité déconcertante… mais qu’au moment où vous lui demandez ce que, lui, pense réellement, il disparaît derrière leurs mots.

Je blêmis.

Jamais je ne m’étais senti aussi précisément décrit.

Un silence encore avant de répondre.

— Peut-être parce qu’il croit que sa pensée n’a pas de valeur qu’à condition d’être validée par celle d’un grand auteur.



— Oui… une forme de pudeur intellectuelle, peut-être. Ou la peur de se tromper.

Pudeur.

Le mot demeura suspendu dans mon esprit.

N’étais-je pas, à cet instant même, dans une posture des plus indécentes.

Depuis toujours, je cachais mes pensées derrière celles des grands auteurs, comme je m’étais si souvent dissimulé derrière les convenances, les apparences ou les habitudes. Je citais avec aisance ceux qui avaient pensé avant moi, mais j’hésitais dès qu’il s’agissait d’exposer une idée qui m’appartînt véritablement.

Ma pudeur n’était donc pas seulement celle du corps.

Elle était aussi celle de l’esprit.

Je redoutais autant d’être vu dans ma nudité physique, dans cette posture obscène et immorale que dans la fragilité de mes propres convictions. Dans un cas comme dans l’autre, je craignais moins le jugement des autres que la possibilité de ne pas être à la hauteur de l’image que j’avais construite de moi-même.

Cette pensée me troubla profondément.

Et si toutes ces épreuves poursuivaient un même but ?

Le professeur poursuivait.

Je distinguais sa voix sans parvenir à en saisir les mots.

— Vous m’avez parlé d’un doctorat.

Il marqua une pause.

— Il en a les capacités, cela ne fait guère de doute.

Il écouta de nouveau

— Justement… il se trouve qu’un ami dirige un laboratoire de recherche. Ses travaux portent précisément sur les rapports avec l’autorité, les formes contemporaines d’engagement politique et les mécanismes d’adhésion aux institutions. Je sais qu’il envisage d’accueillir un doctorant l’an prochain

Je levai quelque peu la tête.

Il poursuivit.

— Je ne promets rien. Je souhaiterais d’abord qu’ils se rencontrent. Si le courant passe, je lui parlerai de votre étudiant.

Un silence.


Puis un léger rire.
— Oui… je sais. Vous me l’avez dit souvent, il est brillant.

Il regarda dans ma direction.

— Je crois surtout qu’il ignore encore à quel point il peut l’être.

La conversation se prolongea encore quelques minutes, abordant mon mémoire, les corrections à venir, les échéances universitaires et les démarches qu’impliquerait un doctorat.

Enfin il raccrocha.

Il demeura un instant pensif, mon téléphone encore entre ses mains.

Puis il baissa les yeux vers moi, toujours offert. Il posa son pied sur mon pubis, appuyant son talon sur la cage de chasteté.

— Ton directeur de mémoire a une très haute opinion de toi.

Je ne répondis rien, avalant difficilement ma salive.

— Changerait-il de regard s’il te voyait te débaucher et te dépraver ainsi ?

Je fermai les yeux. Ces paroles heurtaient tout ce que je croyais être. Elles m’étaient insupportables. Elles auraient dû provoquer en moi un sursaut d’orgueil. Pourtant, je les reçus dans un silence docile, surpris de ne plus éprouver le besoin de les combattre.

Je demeurai silencieux.

Cette conversation était terminée, mais les mots continuaient de résonner en moi.

Un doctorat.

Un laboratoire de recherche.

Une rencontre déjà envisagée.

Mon avenir venait d’être évoqué avec le naturel d’une simple formalité. Comme s’il ne s’agissait pas d’une hypothèse, mais d’une suite logique que chacun semblait considérer comme acquise.

Sauf moi.

Personne ne m’avait interrogé sur mes désirs, sur mes projets ou sur mes craintes. Je n’avais pas été associé à cette conversation.

J’en avais été l’objet.

Cette idée aurait dû me révolter. Pourtant aucune colère ne montait en moi. Seulement une étrange sensation de dépossession.

Je compris que, depuis mon arrivée, hier seulement, je n’avais cessé de renoncer à de petites parcelles de décision. D’abord des gestes anodins, d’autres plus humiliants. Puis l’organisation de mes journées. Ensuite mon installation dans cette maison. Tout ça allait très vite. J’en avais le vertige.

A présent, c’était mon avenir universitaire qui semblait s’écrire sans moi.

Je me surpris à chercher au fond de moi l’indignation que cette perspective aurait dû faire naître.

Je ne la trouvai pas.

A sa place se tenait une émotion plus déroutante encore.

Le soulagement.

Ce mot me fit presque honte.

Était-il donc si reposant de ne plus avoir à décider ? De laisser un autre discerner ce que je n’avais jamais eu le courage de choisir moi-même ?

Pendant des années, j’avais cru que la liberté consistait à multiplier les possibilités. Pourtant, chacune de ces possibilités m’avait laissé seul face à mes hésitations, incapable de trancher sans redouter de me tromper.

Pour la première fois de ma vie, quelqu’un traçait un chemin devant moi. Pour moi.

Je n’en avais pas choisi le tracé.

Mais je n’avais plus non plus à porter le poids du choix.

Cette pensée m’effraya.

Car je ne savais plus ce qui me troublait le plus : que l’on décide à ma place… ou le sentiment naissant d’y trouver une forme de paix.

Je relevai les yeux vers lui.

Il me regardait avec cette sérénité déconcertante qui semblait précéder chacune de ses paroles.
Comme s’il savait déjà que le véritable combat ne consistait pas à accepter qu’un autre me montre un chemin.

Il constait à découvrir si je l’empruntais par confiance… ou par renoncement.

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