Le libraire et le gendarme (4)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le libraire et le gendarme (4)
Chapitre 4.
Alors que le plaisir devenait insupportable, j'ai commencé à me branler moi-même, mon corps se convulsant. J'ai joui, la décharge faisant contracter mon sphincter autour de sa queue. Cette contraction a été le signal final pour Benjamin. Il a poussé un râle fort, guttural, et s'est vidé. Une quantité énorme de jus a giclé dans mon corps, chaude et torrentielle. Il a continué quelques petits coups de reins d'une douceur résiduelle.
Épuisés, nous sommes tombés l'un sur l'autre, nos corps en sueur. Nous avons cherché nos bouches, et dans ce silence enfin retrouvé, nous nous sommes embrassés, confirmant, par ce geste tendre, la folie et l'intensité de ce qui venait de se passer.
Nous étions étendus, nos corps en sueur, nos souffles apaisés, enfin unis. Nous étions allongés, la chaleur de nos peaux recouverte à moitié par le drap, un refuge de tissu sur le matelas. J'étais contre lui, dos à lui, bien collé à son corps puissant. Son bras s'est enroulé autour de moi, et Benjamin caressait doucement mon torse du bout des doigts, un geste d'une douceur inattendue. Je me suis lové plus près, sentant la carrure rassurante de son corps contre mon dos. C'est le moment que j'ai choisi pour aborder le sujet qui me rongeait.
-Benjamin, ai-je murmuré, ma voix grave. Camille. Comment ça va se passer ?
Sa main s'est immobilisée un instant sur mon flanc, puis elle a repris sa douce caresse.
-Elle ne changera rien, a-t-il répondu, sa voix un murmure bas dans mon cou. Nous sommes ensemble, elle et moi. Mais je ne l'aime pas, Léopold. Pas comme ça. Pas comme... ça.
Il a serré mon corps contre lui, sa réponse honnête me donnant un frisson.
-Elle est facile. Elle me permet de vivre. Elle ne se pose pas de questions.
-Sait-elle... que tu es bi ?
Il a rigolé doucement.
-Non. Personne ne le sait. Dans mon métier, comme je te l'ai dit, ce n'est pas... admis. Je n'ai jamais eu de relation comme ça. Pas de vérité.
Il a avancé la tête et ses lèvres ont trouvé ma nuque. Il m'a embrassé tendrement dans le cou, me faisant gémir légèrement, juste par la douceur du geste.
-Je dois te revoir, Léopold, a-t-il repris, le ton plus sérieux, presque professionnel. Je veux te revoir tous les jours.
Il a marqué une pause, sa main remontant dans mes cheveux.
-Mais mes horaires ne sont pas toujours faciles. Je peux être appelé. Il peut m'arriver de travailler de nuit, parfois sur des missions de plusieurs jours. Il faudra que ça reste... Discret.
Je me suis tourné légèrement vers lui, et il a immédiatement saisi l'opportunité. Nous nous sommes embrassés avec la langue, un baiser lent et langoureux cette fois, sans l'urgence de la peur.
-Alors, comment allons-nous faire ? ai-je demandé après.
-Nous allons discuter de ce que nous allons faire, a-t-il affirmé, son regard retrouvant son intensité. Je t'appellerai, nous nous enverrons des messages, et nous trouverons le moment. Toujours ici. Ou bien chez toi. Personne d'autre.
Il a souri, son sourire, mais adouci par l'intimité.
-Tu crois que c'est possible ? dis-je.
-Ça va l'être. Parce que je le veux. Et après ce soir, je sais que tu le veux aussi. Il m'a embrassé une dernière fois sur la tempe.
Le silence s'est installé, un silence plein de promesses et d'interdits. Nous sommes restés là, à caresser nos corps, à continuer à discuter de la logistique de leur relation secrète, planifiant le prochain rendez-vous avant que le soleil ne se lève.
Le matin s'était écoulé dans un calme trompeur après le départ secret de Benjamin. Vers 9h30, je suis descendu dans la boutique. Mon corps était lourd de fatigue, mais mon esprit était léger, empli du souvenir de la nuit. J'ai passé une heure à ranger les livres. Le coin sofa, notamment, nécessitait un travail minutieux. Les piles de livres renversées ont été remises en ordre, mais le souvenir de notre folie persistait. Une fois que l'ordre fut restauré et que la boutique ouverte, la matinée s'est déroulée dans un calme trompeur.
Vers midi, la clochette a sonné. C'était Éloïse. Elle est entrée, l'air à la fois espiègle et déterminé, et s'est assise à une table.
-Léopold, a-t-elle commencé. Qui étaitt cet homme ? J'ai senti que tu étais mal à l'aise hier soir.
Alors que nous parlions, la porte de la librairie s'est ouverte brusquement. Mon cœur a bondi. C'était Benjamin.
Il était en tenue de Gendarme, l'uniforme sombre parfaitement repassé. L'homme est entré, et son expression s'est figée en voyant sa sœur.
-Éloïse ? Qu'est-ce que tu fais ici ? a-t-il demandé, son ton professionnel masquant toute émotion.
Éloïse n'a pas protesté, mais elle n'a pas manqué de noter l'état de mon visage, qui était encore légèrement rouge, et mes habits que j'avais remis à la hâte, qui étaient un peu en désordre autour du col et des manches pour être un peu plus présentable.
Benjamin m'a attrapé le bras et m'a guidé vers les allées.
-Suivez-moi, Monsieur Léopold. Le rayon Histoire.
Je l'ai suivi jusqu'à la troisième allée. Il s'est tourné, me collant contre l'étagère.
-J'ai dû m'assurer que tu allais bien, a-t-il murmuré.
Il a attrapé mon visage et m'a embrassé passionnément. Nous étions totalement cachés par les étagères.
-Il faut que je te vois, seul, ce soir, a-t-il haleté. À 21 heures. Et ne dis rien à Éloïse.
Puis, son visage est devenu paniqué. Il a palpé son poignet nu.
-Écoute-moi. J'ai perdu un bracelet ici hier soir. C'est très important. Il m'a regardé, les yeux intenses. C'est un bracelet en pierre sombre, avec des éclats bleus. Éloïse me l'a offert pour mes trente ans. Je ne le quitte jamais. Il a dû glisser quand... quand nous étions là, dans le salon. Tu l'as vu en rangeant ?
Il m'a donné tous les détails pour insister sur l'importance de l'objet, me faisant comprendre que sa perte n'était pas seulement un problème personnel, mais un risque de révélation pour leur secret.
-Non, ai-je répondu honnêtement. Je n'ai rien vu.
Benjamin a soupiré de frustration.
-Si tu le trouves, garde-le. Je le récupère ce soir. Et surtout... ne le montre à personne, pas même à Éloïse.
Il a pris un livre au hasard, a fait mine de me le payer, et a salué sa sœur froidement avant de disparaître, l'urgence de l'objet perdu visible dans chacun de ses gestes.
Je suis revenu vers le comptoir, mon esprit à la fois ébranlé par le baiser et anxieux de la recherche. Éloïse était toujours assise. Elle m'a regardé, sa suspicion grandissante.
-Léopold, tu es tout tendu. Et rouge au visage, a-t-elle déclaré, me poussant encore plus dans mes retranchements. Et ton pull est de nouveau de travers. Qu'est-ce qu'il y a de si urgent avec ce livre d'Histoire ?
J'ai tenté de lui sourire. Elle a porté sa tasse à ses lèvres, puis l'a reposée brusquement. La cuillère en métal a glissé de la soucoupe et est tombée avec un petit clinc sous le sofa où nous avions été allongés la nuit dernière.
-Zut, a-t-elle murmuré.
Elle s'est penchée, luttant pour atteindre la cuillère sous le meuble bas. Elle a poussé le sofa d'un pied, glissant sa main à l'aveugle sous les coussins. Elle a attrapé quelque chose de rond et froid, pas du tout la petite cuillère. Elle a retiré sa main, et ses yeux se sont figés sur l'objet qu'elle tenait. C'était le bracelet en pierre sombre, avec quelques éclats bleu nuit.
Elle l'a immédiatement reconnu. Elle a levé les yeux vers moi, son regard passant du bracelet à mon visage en une fraction de seconde, toute son ancienne suspicion balayée par une certitude glaçante.
-Léopold, a-t-elle déclaré, sa voix basse et tendue. C'est le bracelet de Benjamin. Il me l'a dit : il ne le quitte jamais. Explique-moi comment ce bracelet est arrivé sous ton sofa ?
J'ai tenté de noyer le poisson, le cœur battant à tout rompre. J'ai bafouillé des explications ne tenant pas debout :
-Je... je n'en ai aucune idée, Éloïse. J'ai ramassé des livres ce matin. Il a dû tomber du bras d'un client pressé.
Elle a ignoré mes faibles tentatives de mensonge et a continué de me questionner de plus en plus sur l'homme de la nuit dernière.
-Tu es tout tendu, Léopold. Ta chemise est de travers. Et ton explication sur le "client pressé" qui a causé ce désordre ne tient pas la route.
Elle a affiché un grand sourire étrangement amusé, sachant pertinemment que mon histoire s'écroulait. Elle a attrapé le bracelet et a tourné l'objet entre ses doigts.
-Et tu sais quoi ? Ce n'est pas n'importe quel bracelet, a-t-elle dit, sa voix pleine de sous-entendus. Il est gravé à l'intérieur.
Je n'ai pas pu empêcher un tressaillement de mon visage. La gravure était la preuve absolue. Elle m'a regardé, son sourire s'élargissant.
-C'est une gravure très fine. Mon cadeau pour ses trente ans.
Elle voulait des explications, mais elle avait déjà compris. Elle jouait de la situation avec une maîtrise déconcertante, me laissant sur le fait accompli. Elle a fait une allusion directe :
-Je crois que ton ami était particulièrement passionné, pour que mon frère en oublie un objet aussi précieux.
Je n'ai rien dit. J'ai gardé le silence, mon visage rouge et mes vêtements en désordre témoignant contre moi. Elle a rangé le bracelet dans sa poche.
-Je vais garder notre petit secret, Léopold, a-t-elle dit.
Elle s’est finalement levée.
-Maintenant, il faut que tu viennes chez moi ce soir. Elle a pris un ton résolu. J'ai des questions sur ce livre que Ben m'a acheté. Des choses que seule la libraire la plus charmante de la ville peut m'expliquer.
Mon rendez-vous avec Benjamin à 21h00 s'est effondré.
-Éloïse, je ne peux vraiment pas, ai-je dit, tentant une dernière fois de résister. J'ai un engagement ce soir.
-Non, tu n’as pas le droit de dire non. C’est urgent. Rendez-vous à 20h30 dit-elle en me coupant avec son sourire malicieux.
Elle a quitté la boutique, le bracelet – la preuve – dans sa poche, me laissant avec le devoir de prévenir Benjamin de l'interception et de me rendre chez sa sœur à la place.
À peine Éloïse avait-elle disparu avec le bracelet, que j'ai attrapé mon téléphone. Je ne pouvais pas me permettre d'attendre. J'ai composé un message rapide, utilisant un langage crypté pour éviter tout malentendu, mais sans mentionner directement le bracelet.
De : Léopold
À : Benjamin
Message : Bonsoir. Désolé, changement de programme. Je ne peux vraiment pas ce soir. Éloïse veut absolument que je vienne chez elle à 20h30. Elle n'a pas dit pourquoi. Je te recontacte après.
La réponse est arrivée immédiatement, typique de l'efficacité et de l'autorité de Benjamin.
De : Benjamin
À : Léopold
Réponse : Bon. Sois bref. Redis-moi quand tu pars de chez elle.
Son manque de questionnement sur l'urgence d'Éloïse était étrange, mais je devais suivre la nouvelle piste.
À 20h30 précises, j'arrivais à la maison de campagne d'Éloïse, un lieu isolé et rustique, perdu à quelques kilomètres du bourg. J'étais nerveux, m'attendant à un interrogatoire tendu, mais en tête-à-tête. Éloïse m'a ouvert, son sourire était aussi grand que celui de l'après-midi, mais teinté d'une nervosité que je ne lui connaissais pas.
-Entre, Léopold ! Je me suis dit qu'un bon vin de pays nous aiderait à éclaircir cette histoire de livre.
J'ai fait quelques pas dans le salon rustique, les murs en pierre et la cheminée renforçant l'impression d'isolement. Benjamin était là. Il était assis sur un fauteuil en cuir, en pull et jean, son uniforme remplacé par l'air désinvolte d'un homme en repos. Il m'a regardé, surpris de me voir là, mais sa surprise s'est rapidement transformée en un regard d'avertissement froid.
Éloïse nous avait tendu un piège.
-Eh bien, a lancé Éloïse, les mains croisées devant elle. Quelle coïncidence ! Mon gendarme de frère a décidé de passer aussi. Je vois que vous avez l'air tous les deux ravis.
La tension était insoutenable dans le silence de la maison de campagne. Benjamin s'est levé, jouant immédiatement la carte de la confusion professionnelle.
-Léopold ? Je croyais que tu avais un engagement. Et Éloïse, tu m'as appelé pour une histoire de panne électrique, pas pour une réunion secrète.
Éloïse a ignoré sa tentative de diversion. Elle s'est adressée à Benjamin, le ton doux mais accusateur.
-C'est ça, Ben. La panne électrique. Je suis fatiguée de tes mensonges. Elle s'est tournée vers moi, puis est revenue à lui. Qui était ton 'ami' hier soir, Léopold ? L'homme qui t'a mis dans cet état ?
Benjamin a immédiatement nié. Il niait tout avec une froideur que seule sa discipline de Gendarme pouvait lui donner.
-Je n'en ai aucune idée de quoi tu parles. Léopold est un ami. On a discuté de livres. Ce n'est pas parce que j'achète des romans que je suis responsable de ses frasques nocturnes.
Éloïse a soupiré. Elle est allée vers la commode rustique, a ouvert un tiroir et a sorti le bracelet de pierre sombre. Benjamin a blêmi. Son assurance carrée s'est fissurée pour la première fois.
-Je pense que j'ai la preuve que vous n'avez pas seulement discuté de livres, a dit Éloïse.
Benjamin a tout de même tenté une dernière manœuvre :
-C'est absurde, Éloïse. Je l'ai peut-être perdu en venant chercher un livre...
Éloïse l'a coupé, ses yeux exprimant à la fois de la tristesse et de la détermination.
-Arrête. J'ai tout compris. Je suis ta sœur. Je vous ai vus tous les deux. Je vois la façon dont tu le regardes. Je vois l'état de la librairie. Je sais que ce bracelet est gravé à l'intérieur de la date de tes trente ans.
Elle a fait une pause, son ton devenant posé et sans jugement.
-Je m'en fiche que tu aimes les hommes. Honnêtement, cela ne me regarde pas. Mais ce n'est pas normal pour Camille. Elle t'aime. C'est elle qui ne mérite pas ça.
La révélation d'Éloïse, douce mais implacable, a touché la corde sensible : Camille. Cela a provoqué chez Benjamin une réaction de survie, froide et immédiate, typique de son entraînement. Il n'a pas explosé. Il est devenu clinique. Il s'est tourné vers moi, et le regard qu'il m'a lancé n'était plus celui de l'amant, mais celui d'un officier supérieur évaluant un subordonné.
-Léopold, a-t-il dit, sa voix redevenant la voix carrée et professionnelle que je connaissais. Il y avait une pointe d'agacement calculé dans son ton, destiné à Éloïse. Explique à ma sœur la situation réelle. Je t'ai dit hier soir de ne pas en faire toute une histoire.
Je suis resté interdit, sentant le sang se retirer de mon visage. Benjamin a poursuivi, ignorant mon silence et me coupant l'herbe sous le pied.
-Éloïse, ce que tu as trouvé n'est qu'un malentendu amplifié. J'avoue que c'est mon bracelet. Et oui, j'ai passé un moment chez Léopold. Mais il faut que tu comprennes.
Il m’a désigné d'un geste dédaigneux.
-Léopold est un homme sensible. Il a tendance à exagérer les choses. J'ai passé une nuit difficile, j'ai eu besoin de parler, c'est vrai. J'ai été... négligent.
Il a utilisé le mot 'négligent' avec soin. Puis il s'est adressé à moi, le ton autoritaire :
-Léopold, dis-lui la vérité. Que ce n'est qu'une distraction sans lendemain. Rien qui menace mon engagement envers Camille. Explique-lui que tu as mal interprété les choses.
Benjamin était en train de me manipuler. Il minimisait la passion, le secret, et les risques qu'il avait pris, transformant notre histoire en une brève faiblesse de sa part, et en une obsession romantique de la mienne. L'homme qui avait gémis mon nom la nuit dernière me traitait désormais comme un simple moyen de décompression, une pièce négligeable dans sa vie ordonnée. Je me sentais trahi, mon cœur se brisant sous le poids de cette froide stratégie. Le déni professionnel était plus douloureux que n'importe quelle colère.
Fin du chapitre 4.
Alors que le plaisir devenait insupportable, j'ai commencé à me branler moi-même, mon corps se convulsant. J'ai joui, la décharge faisant contracter mon sphincter autour de sa queue. Cette contraction a été le signal final pour Benjamin. Il a poussé un râle fort, guttural, et s'est vidé. Une quantité énorme de jus a giclé dans mon corps, chaude et torrentielle. Il a continué quelques petits coups de reins d'une douceur résiduelle.
Épuisés, nous sommes tombés l'un sur l'autre, nos corps en sueur. Nous avons cherché nos bouches, et dans ce silence enfin retrouvé, nous nous sommes embrassés, confirmant, par ce geste tendre, la folie et l'intensité de ce qui venait de se passer.
Nous étions étendus, nos corps en sueur, nos souffles apaisés, enfin unis. Nous étions allongés, la chaleur de nos peaux recouverte à moitié par le drap, un refuge de tissu sur le matelas. J'étais contre lui, dos à lui, bien collé à son corps puissant. Son bras s'est enroulé autour de moi, et Benjamin caressait doucement mon torse du bout des doigts, un geste d'une douceur inattendue. Je me suis lové plus près, sentant la carrure rassurante de son corps contre mon dos. C'est le moment que j'ai choisi pour aborder le sujet qui me rongeait.
-Benjamin, ai-je murmuré, ma voix grave. Camille. Comment ça va se passer ?
Sa main s'est immobilisée un instant sur mon flanc, puis elle a repris sa douce caresse.
-Elle ne changera rien, a-t-il répondu, sa voix un murmure bas dans mon cou. Nous sommes ensemble, elle et moi. Mais je ne l'aime pas, Léopold. Pas comme ça. Pas comme... ça.
Il a serré mon corps contre lui, sa réponse honnête me donnant un frisson.
-Elle est facile. Elle me permet de vivre. Elle ne se pose pas de questions.
-Sait-elle... que tu es bi ?
Il a rigolé doucement.
-Non. Personne ne le sait. Dans mon métier, comme je te l'ai dit, ce n'est pas... admis. Je n'ai jamais eu de relation comme ça. Pas de vérité.
Il a avancé la tête et ses lèvres ont trouvé ma nuque. Il m'a embrassé tendrement dans le cou, me faisant gémir légèrement, juste par la douceur du geste.
-Je dois te revoir, Léopold, a-t-il repris, le ton plus sérieux, presque professionnel. Je veux te revoir tous les jours.
Il a marqué une pause, sa main remontant dans mes cheveux.
-Mais mes horaires ne sont pas toujours faciles. Je peux être appelé. Il peut m'arriver de travailler de nuit, parfois sur des missions de plusieurs jours. Il faudra que ça reste... Discret.
Je me suis tourné légèrement vers lui, et il a immédiatement saisi l'opportunité. Nous nous sommes embrassés avec la langue, un baiser lent et langoureux cette fois, sans l'urgence de la peur.
-Alors, comment allons-nous faire ? ai-je demandé après.
-Nous allons discuter de ce que nous allons faire, a-t-il affirmé, son regard retrouvant son intensité. Je t'appellerai, nous nous enverrons des messages, et nous trouverons le moment. Toujours ici. Ou bien chez toi. Personne d'autre.
Il a souri, son sourire, mais adouci par l'intimité.
-Tu crois que c'est possible ? dis-je.
-Ça va l'être. Parce que je le veux. Et après ce soir, je sais que tu le veux aussi. Il m'a embrassé une dernière fois sur la tempe.
Le silence s'est installé, un silence plein de promesses et d'interdits. Nous sommes restés là, à caresser nos corps, à continuer à discuter de la logistique de leur relation secrète, planifiant le prochain rendez-vous avant que le soleil ne se lève.
Le matin s'était écoulé dans un calme trompeur après le départ secret de Benjamin. Vers 9h30, je suis descendu dans la boutique. Mon corps était lourd de fatigue, mais mon esprit était léger, empli du souvenir de la nuit. J'ai passé une heure à ranger les livres. Le coin sofa, notamment, nécessitait un travail minutieux. Les piles de livres renversées ont été remises en ordre, mais le souvenir de notre folie persistait. Une fois que l'ordre fut restauré et que la boutique ouverte, la matinée s'est déroulée dans un calme trompeur.
Vers midi, la clochette a sonné. C'était Éloïse. Elle est entrée, l'air à la fois espiègle et déterminé, et s'est assise à une table.
-Léopold, a-t-elle commencé. Qui étaitt cet homme ? J'ai senti que tu étais mal à l'aise hier soir.
Alors que nous parlions, la porte de la librairie s'est ouverte brusquement. Mon cœur a bondi. C'était Benjamin.
Il était en tenue de Gendarme, l'uniforme sombre parfaitement repassé. L'homme est entré, et son expression s'est figée en voyant sa sœur.
-Éloïse ? Qu'est-ce que tu fais ici ? a-t-il demandé, son ton professionnel masquant toute émotion.
Éloïse n'a pas protesté, mais elle n'a pas manqué de noter l'état de mon visage, qui était encore légèrement rouge, et mes habits que j'avais remis à la hâte, qui étaient un peu en désordre autour du col et des manches pour être un peu plus présentable.
Benjamin m'a attrapé le bras et m'a guidé vers les allées.
-Suivez-moi, Monsieur Léopold. Le rayon Histoire.
Je l'ai suivi jusqu'à la troisième allée. Il s'est tourné, me collant contre l'étagère.
-J'ai dû m'assurer que tu allais bien, a-t-il murmuré.
Il a attrapé mon visage et m'a embrassé passionnément. Nous étions totalement cachés par les étagères.
-Il faut que je te vois, seul, ce soir, a-t-il haleté. À 21 heures. Et ne dis rien à Éloïse.
Puis, son visage est devenu paniqué. Il a palpé son poignet nu.
-Écoute-moi. J'ai perdu un bracelet ici hier soir. C'est très important. Il m'a regardé, les yeux intenses. C'est un bracelet en pierre sombre, avec des éclats bleus. Éloïse me l'a offert pour mes trente ans. Je ne le quitte jamais. Il a dû glisser quand... quand nous étions là, dans le salon. Tu l'as vu en rangeant ?
Il m'a donné tous les détails pour insister sur l'importance de l'objet, me faisant comprendre que sa perte n'était pas seulement un problème personnel, mais un risque de révélation pour leur secret.
-Non, ai-je répondu honnêtement. Je n'ai rien vu.
Benjamin a soupiré de frustration.
-Si tu le trouves, garde-le. Je le récupère ce soir. Et surtout... ne le montre à personne, pas même à Éloïse.
Il a pris un livre au hasard, a fait mine de me le payer, et a salué sa sœur froidement avant de disparaître, l'urgence de l'objet perdu visible dans chacun de ses gestes.
Je suis revenu vers le comptoir, mon esprit à la fois ébranlé par le baiser et anxieux de la recherche. Éloïse était toujours assise. Elle m'a regardé, sa suspicion grandissante.
-Léopold, tu es tout tendu. Et rouge au visage, a-t-elle déclaré, me poussant encore plus dans mes retranchements. Et ton pull est de nouveau de travers. Qu'est-ce qu'il y a de si urgent avec ce livre d'Histoire ?
J'ai tenté de lui sourire. Elle a porté sa tasse à ses lèvres, puis l'a reposée brusquement. La cuillère en métal a glissé de la soucoupe et est tombée avec un petit clinc sous le sofa où nous avions été allongés la nuit dernière.
-Zut, a-t-elle murmuré.
Elle s'est penchée, luttant pour atteindre la cuillère sous le meuble bas. Elle a poussé le sofa d'un pied, glissant sa main à l'aveugle sous les coussins. Elle a attrapé quelque chose de rond et froid, pas du tout la petite cuillère. Elle a retiré sa main, et ses yeux se sont figés sur l'objet qu'elle tenait. C'était le bracelet en pierre sombre, avec quelques éclats bleu nuit.
Elle l'a immédiatement reconnu. Elle a levé les yeux vers moi, son regard passant du bracelet à mon visage en une fraction de seconde, toute son ancienne suspicion balayée par une certitude glaçante.
-Léopold, a-t-elle déclaré, sa voix basse et tendue. C'est le bracelet de Benjamin. Il me l'a dit : il ne le quitte jamais. Explique-moi comment ce bracelet est arrivé sous ton sofa ?
J'ai tenté de noyer le poisson, le cœur battant à tout rompre. J'ai bafouillé des explications ne tenant pas debout :
-Je... je n'en ai aucune idée, Éloïse. J'ai ramassé des livres ce matin. Il a dû tomber du bras d'un client pressé.
Elle a ignoré mes faibles tentatives de mensonge et a continué de me questionner de plus en plus sur l'homme de la nuit dernière.
-Tu es tout tendu, Léopold. Ta chemise est de travers. Et ton explication sur le "client pressé" qui a causé ce désordre ne tient pas la route.
Elle a affiché un grand sourire étrangement amusé, sachant pertinemment que mon histoire s'écroulait. Elle a attrapé le bracelet et a tourné l'objet entre ses doigts.
-Et tu sais quoi ? Ce n'est pas n'importe quel bracelet, a-t-elle dit, sa voix pleine de sous-entendus. Il est gravé à l'intérieur.
Je n'ai pas pu empêcher un tressaillement de mon visage. La gravure était la preuve absolue. Elle m'a regardé, son sourire s'élargissant.
-C'est une gravure très fine. Mon cadeau pour ses trente ans.
Elle voulait des explications, mais elle avait déjà compris. Elle jouait de la situation avec une maîtrise déconcertante, me laissant sur le fait accompli. Elle a fait une allusion directe :
-Je crois que ton ami était particulièrement passionné, pour que mon frère en oublie un objet aussi précieux.
Je n'ai rien dit. J'ai gardé le silence, mon visage rouge et mes vêtements en désordre témoignant contre moi. Elle a rangé le bracelet dans sa poche.
-Je vais garder notre petit secret, Léopold, a-t-elle dit.
Elle s’est finalement levée.
-Maintenant, il faut que tu viennes chez moi ce soir. Elle a pris un ton résolu. J'ai des questions sur ce livre que Ben m'a acheté. Des choses que seule la libraire la plus charmante de la ville peut m'expliquer.
Mon rendez-vous avec Benjamin à 21h00 s'est effondré.
-Éloïse, je ne peux vraiment pas, ai-je dit, tentant une dernière fois de résister. J'ai un engagement ce soir.
-Non, tu n’as pas le droit de dire non. C’est urgent. Rendez-vous à 20h30 dit-elle en me coupant avec son sourire malicieux.
Elle a quitté la boutique, le bracelet – la preuve – dans sa poche, me laissant avec le devoir de prévenir Benjamin de l'interception et de me rendre chez sa sœur à la place.
À peine Éloïse avait-elle disparu avec le bracelet, que j'ai attrapé mon téléphone. Je ne pouvais pas me permettre d'attendre. J'ai composé un message rapide, utilisant un langage crypté pour éviter tout malentendu, mais sans mentionner directement le bracelet.
De : Léopold
À : Benjamin
Message : Bonsoir. Désolé, changement de programme. Je ne peux vraiment pas ce soir. Éloïse veut absolument que je vienne chez elle à 20h30. Elle n'a pas dit pourquoi. Je te recontacte après.
La réponse est arrivée immédiatement, typique de l'efficacité et de l'autorité de Benjamin.
De : Benjamin
À : Léopold
Réponse : Bon. Sois bref. Redis-moi quand tu pars de chez elle.
Son manque de questionnement sur l'urgence d'Éloïse était étrange, mais je devais suivre la nouvelle piste.
À 20h30 précises, j'arrivais à la maison de campagne d'Éloïse, un lieu isolé et rustique, perdu à quelques kilomètres du bourg. J'étais nerveux, m'attendant à un interrogatoire tendu, mais en tête-à-tête. Éloïse m'a ouvert, son sourire était aussi grand que celui de l'après-midi, mais teinté d'une nervosité que je ne lui connaissais pas.
-Entre, Léopold ! Je me suis dit qu'un bon vin de pays nous aiderait à éclaircir cette histoire de livre.
J'ai fait quelques pas dans le salon rustique, les murs en pierre et la cheminée renforçant l'impression d'isolement. Benjamin était là. Il était assis sur un fauteuil en cuir, en pull et jean, son uniforme remplacé par l'air désinvolte d'un homme en repos. Il m'a regardé, surpris de me voir là, mais sa surprise s'est rapidement transformée en un regard d'avertissement froid.
Éloïse nous avait tendu un piège.
-Eh bien, a lancé Éloïse, les mains croisées devant elle. Quelle coïncidence ! Mon gendarme de frère a décidé de passer aussi. Je vois que vous avez l'air tous les deux ravis.
La tension était insoutenable dans le silence de la maison de campagne. Benjamin s'est levé, jouant immédiatement la carte de la confusion professionnelle.
-Léopold ? Je croyais que tu avais un engagement. Et Éloïse, tu m'as appelé pour une histoire de panne électrique, pas pour une réunion secrète.
Éloïse a ignoré sa tentative de diversion. Elle s'est adressée à Benjamin, le ton doux mais accusateur.
-C'est ça, Ben. La panne électrique. Je suis fatiguée de tes mensonges. Elle s'est tournée vers moi, puis est revenue à lui. Qui était ton 'ami' hier soir, Léopold ? L'homme qui t'a mis dans cet état ?
Benjamin a immédiatement nié. Il niait tout avec une froideur que seule sa discipline de Gendarme pouvait lui donner.
-Je n'en ai aucune idée de quoi tu parles. Léopold est un ami. On a discuté de livres. Ce n'est pas parce que j'achète des romans que je suis responsable de ses frasques nocturnes.
Éloïse a soupiré. Elle est allée vers la commode rustique, a ouvert un tiroir et a sorti le bracelet de pierre sombre. Benjamin a blêmi. Son assurance carrée s'est fissurée pour la première fois.
-Je pense que j'ai la preuve que vous n'avez pas seulement discuté de livres, a dit Éloïse.
Benjamin a tout de même tenté une dernière manœuvre :
-C'est absurde, Éloïse. Je l'ai peut-être perdu en venant chercher un livre...
Éloïse l'a coupé, ses yeux exprimant à la fois de la tristesse et de la détermination.
-Arrête. J'ai tout compris. Je suis ta sœur. Je vous ai vus tous les deux. Je vois la façon dont tu le regardes. Je vois l'état de la librairie. Je sais que ce bracelet est gravé à l'intérieur de la date de tes trente ans.
Elle a fait une pause, son ton devenant posé et sans jugement.
-Je m'en fiche que tu aimes les hommes. Honnêtement, cela ne me regarde pas. Mais ce n'est pas normal pour Camille. Elle t'aime. C'est elle qui ne mérite pas ça.
La révélation d'Éloïse, douce mais implacable, a touché la corde sensible : Camille. Cela a provoqué chez Benjamin une réaction de survie, froide et immédiate, typique de son entraînement. Il n'a pas explosé. Il est devenu clinique. Il s'est tourné vers moi, et le regard qu'il m'a lancé n'était plus celui de l'amant, mais celui d'un officier supérieur évaluant un subordonné.
-Léopold, a-t-il dit, sa voix redevenant la voix carrée et professionnelle que je connaissais. Il y avait une pointe d'agacement calculé dans son ton, destiné à Éloïse. Explique à ma sœur la situation réelle. Je t'ai dit hier soir de ne pas en faire toute une histoire.
Je suis resté interdit, sentant le sang se retirer de mon visage. Benjamin a poursuivi, ignorant mon silence et me coupant l'herbe sous le pied.
-Éloïse, ce que tu as trouvé n'est qu'un malentendu amplifié. J'avoue que c'est mon bracelet. Et oui, j'ai passé un moment chez Léopold. Mais il faut que tu comprennes.
Il m’a désigné d'un geste dédaigneux.
-Léopold est un homme sensible. Il a tendance à exagérer les choses. J'ai passé une nuit difficile, j'ai eu besoin de parler, c'est vrai. J'ai été... négligent.
Il a utilisé le mot 'négligent' avec soin. Puis il s'est adressé à moi, le ton autoritaire :
-Léopold, dis-lui la vérité. Que ce n'est qu'une distraction sans lendemain. Rien qui menace mon engagement envers Camille. Explique-lui que tu as mal interprété les choses.
Benjamin était en train de me manipuler. Il minimisait la passion, le secret, et les risques qu'il avait pris, transformant notre histoire en une brève faiblesse de sa part, et en une obsession romantique de la mienne. L'homme qui avait gémis mon nom la nuit dernière me traitait désormais comme un simple moyen de décompression, une pièce négligeable dans sa vie ordonnée. Je me sentais trahi, mon cœur se brisant sous le poids de cette froide stratégie. Le déni professionnel était plus douloureux que n'importe quelle colère.
Fin du chapitre 4.
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1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Quelle belle histoire, apparemment incroyable mais bien crédible !
Ecriture comme toujours parfaite, on attend la suite impatiemment...
Ecriture comme toujours parfaite, on attend la suite impatiemment...
