Le trou noir (2)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : Le trou noir (2) Histoire érotique Publiée sur HDS le 11-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Le trou noir (2)
Chapitre 2

Les nuits sont devenues des champs de bataille où je perds pied systématiquement. Dès que je ferme les paupières, le goudron froid de la rue se colle à ma peau. Je revois ces phares, deux globes aveuglants qui déchirent l'obscurité, et ce bruit de pneu qui hurle sur l'asphalte juste avant l'impact. Je me réveille chaque fois en sursaut, les draps trempés de sueur, ma jambe droite prise d'un tremblement convulsif que je n'arrive pas à stopper. La solitude de mon duplex, autrefois mon havre de paix, se transforme en une cage où résonnent mes propres cris étouffés. Je reste des heures à fixer les ombres du plafond, terrifié à l'idée de sombrer à nouveau dans ce film d'horreur qui tourne en boucle, me sentant vulnérable comme jamais.

Le lundi matin, Allan arrive avec sa ponctualité habituelle. Dès qu'il franchit le seuil, son regard s'assombrit instantanément. Il n'a même pas besoin de poser son sac de sport pour comprendre l'état de détresse dans lequel je me trouve. Il détaille mes cernes violacés et la pâleur de mon visage avec une attention qui me bouleverse.
— Encore ? demande-t-il, sa voix basse vibrant dans le calme du salon.
— Toutes les nuits, Allan. C'est de pire en pire. J'ai l'impression que la voiture m'attend dès que je m'endors. J'ai peur de fermer les yeux.

Il s'approche de moi. Je suis assis sur le bord de mon canapé, épuisé, les épaules tombantes. Il pose ses mains sur moi, et cette fois, il ne se contente pas d'un geste professionnel de soignant. Ses pouces massent doucement la base de mon cou, là où la tension se loge comme un nœud de fer. Ses mains sont si chaudes, si fermes. Son odeur m'enveloppe et calme instantanément les battements erratiques de mon cœur.
— Le traumatisme ne s'évacue pas seulement par les muscles, Nicolas. Ton esprit est encore sur ce bitume. On va essayer autre chose aujourd'hui. On va à la piscine municipale pour une séance de balnéothérapie. L'eau va porter ton corps et apaiser tes nerfs.

Le trajet se fait dans sa voiture. Je suis tendu, chaque accélération me fait crisper les doigts sur la poignée de sécurité, les articulations blanchies par l'effort. Allan le remarque et, à un feu rouge, il pose sa main droite sur la mienne. Il ne dit rien, mais sa paume large recouvre complètement mes doigts tremblants. C'est un geste d'une protection absolue. Je sens mon visage chauffer. La tension entre nous est devenue une présence physique, un courant électrique qui sature l'habitacle.

Dans les vestiaires de la piscine, l'intimité monte d'un cran. Je galère avec mes béquilles sur le sol glissant et j'éprouve des difficultés à enfiler mon maillot de bain. Allan reste là, à mes côtés. Il retire son t-shirt, révélant un torse dont j'avais seulement deviné la puissance. Sa musculature est incroyablement dessinée, chaque muscle saillant sous une peau mate et légèrement poilue, juste ce qu'il faut de virilité sur le poitrail. Lorsqu'il se tourne pour attraper son sac, je reste pétrifié : un tatouage magnifique de plusieurs oiseaux s'envolant vers son épaule orne son dos musclé. Mais quand il finit de se changer, mon regard est irrésistiblement attiré vers le bas. Son maillot de bain laisse deviner qu'il est extrêmement bien pourvu ; une bosse énorme et impressionnante se dessine sous le tissu, témoignant d'une virilité imposante. Je détourne les yeux, le souffle court, mon corps réagissant violemment à cette vision.
— Viens, appuie-toi sur moi pour le bord du bassin, murmure-t-il en passant un bras ferme autour de ma taille.

L'eau est chaude, fumante. Quand je me laisse glisser dans le bassin, la sensation d'apesanteur est un miracle. Pour la première fois depuis l'accident, ma jambe ne pèse plus rien. Mais le soulagement est vite remplacé par une autre forme de trouble. Allan entre dans l'eau à son tour et s'approche de moi. Dans le bassin de rééducation, nous sommes seuls à cette heure-là.
— Je vais te maintenir par la taille pour que tu puisses faire des mouvements d'extension sans risquer de glisser, explique-t-il.

Il se place derrière moi. Ses bras puissants s'enroulent autour de mon abdomen, ses mains se posant juste au-dessus de mes hanches. Son torse nu vient se coller contre mon dos. Le contact de sa peau mouillée et de sa poitrine contre ma peau est un choc. Je sens la dureté de ses muscles, la chaleur de son souffle dans mon cou. Chaque mouvement qu'il m'impose nous fait tanguer ensemble dans l'eau.

— Détends-toi, Nicolas. Laisse-moi te porter. Fais-moi confiance.
Comment me détendre quand chaque cellule de mon corps hurle son désir ? Le frottement de nos corps dans l'élément liquide crée une friction insupportable. À un moment, il passe ses mains sous mes cuisses pour me faire flotter sur le dos. Il est penché sur moi, son visage à quelques centimètres du mien. Quelques gouttes tombent de sa barbe taillée sur mon torse.

Ses yeux sont fixés sur les miens, chargés d'une intensité qui n'a plus rien de médical. Ses mains, sous l'eau, massent doucement mes muscles, mais ses doigts s'attardent, frôlent des zones dangereuses. Je sens une érection massive et douloureuse cogner contre le tissu de mon maillot. Dans l'eau claire, c'est presque impossible à cacher, d'autant que la proximité de sa propre anatomie imposante contre ma cuisse me rend fou. Allan le voit, j'en suis sûr. Son regard descend un instant vers mon bassin, puis remonte vers mes yeux. Il ne s'écarte pas. Au contraire, il resserre son emprise, me tirant un peu plus vers lui, calant mon corps contre le sien.
— Tu sens comme l'eau libère les tensions ? souffle-t-il, sa voix plus rauque que d'habitude.
— Je sens... surtout que je perds pied, Allan.

Ma voix est un murmure brisé. La tension sexuelle est si forte qu'elle semble saturer l'air humide. Ses mains remontent le long de mes flancs, ses pouces pressant fermement ma peau. C'est un geste de possession, protecteur et brûlant à la fois. Je n'ai jamais eu aussi mal physiquement, et pourtant, je n'ai jamais eu autant envie d'être pris, là, dans la tiédeur de ce bassin.

Il finit par me ramener vers le bord pour sortir. Son visage frôle ma joue, ses lèvres effleurent presque mon oreille dans un geste qui dépasse largement le cadre thérapeutique.
— On rentre. Tu as besoin de repos. Et je ne veux pas que tu sois seul ce soir après tes cauchemars. Je vais rester un peu avec toi.

Dans l'ascenseur qui nous ramène au duplex, le silence est lourd de non-dits. Il me soutient par la taille, son bras m'encerclant avec une autorité naturelle. Je suis épuisé par mes nuits sans sommeil et par ce désir qui me déchire, mais une chose est sûre : quand il me regarde ainsi, la peur de la voiture s'efface devant le brasier qu'il allume en moi.

Le silence du duplex n'a plus la même texture ce soir. Habituellement froid et oppressant, il semble s'être épaissi, chargé d'une électricité statique qui fait dresser les poils sur mes bras. Allan ne s'est pas contenté de me ramener ; il a pris possession de l'espace avec une autorité naturelle qui m'intimide autant qu'elle me rassure. Il a retiré son sac, a posé ses clés sur le buffet et s'est dirigé vers ma cuisine, comme s'il avait toujours fait partie de ce décor.
— Reste assis sur le canapé, Nicolas. Je m'occupe de tout. Tu as besoin de décompresser, tes traits sont trop tirés.

Je l'observe depuis le salon, fasciné. Il a gardé son t-shirt noir qui moule ses pectoraux massifs et souligne la cambrure de son dos musclé. Je ne peux m'empêcher de penser aux oiseaux tatoués qui s'envolent sous ce tissu. Il s'active derrière le plan de travail, fouillant dans mes placards pour trouver de quoi improviser un dîner. Le voir ainsi, manipulant mes ustensiles de cuisine, crée un contraste saisissant avec l'image du kiné rigoureux. La douleur dans ma jambe est toujours là, mais elle semble s'effacer derrière le battement sourd qui cogne dans mes tempes à chaque fois qu'il me lance un regard.

Une heure plus tard, l'odeur de l'ail et des herbes de Provence flotte dans l'air. Il apporte deux assiettes de pâtes fumantes et s'assoit tout près de moi sur le canapé. La proximité est troublante. À chaque fois qu'il bouge pour porter sa fourchette à sa bouche, son bras frôle le mien. Je n'arrive presque pas à manger, ma gorge est nouée par une timidité que je ne me connaissais pas. Moi, le patron de restaurant d'ordinaire si sûr de lui, je me sens vulnérable.
— Tu es très silencieux, murmure-t-il en posant son assiette finie.
— Je... j'apprécie juste. C'est la première fois que quelqu'un prend soin de moi comme ça depuis l'accident.
— Nicolas, je ne veux pas que tu replonges dans tes cauchemars une fois que je serai parti. Si tu es d'accord, je vais rester ici ce soir. Juste pour que tu te sentes en sécurité. Pour que tu puisses dormir sans craindre de voir ces phares dès que tu fermes les yeux.
Mon cœur rate un bond. Je cherche sa main sur le tissu du canapé, mes doigts s'entrelaçant avec les siens. Sa paume est large, chaude, rassurante.
— Je n'osais pas te le demander. Merci, Allan.

Il réduit la distance entre nous. Son souffle, tiède et boisé, vient caresser mes lèvres. Je sens ma respiration se bloquer. Il avance sa main et vient encadrer mon visage, son pouce caressant doucement ma pommette au-dessus de ma barbe courte. Sa peau est un peu rugueuse, incroyablement virile.
— J'ai essayé d'être juste ton kiné, Nicolas. Mais c'est devenu impossible.

C'est l'aveu. Le moment où tout bascule. Je ferme les yeux, laissant ma tête s'abandonner dans sa main. La timidité me serre encore le cœur, mais le désir est là, brûlant. Je cherche ses lèvres, et le premier contact est d'une douceur infinie, presque hésitant. C'est un baiser timide, un apprivoisement de nos deux solitudes. Mais très vite, la chaleur monte. La tension sexuelle qui s'accumule depuis des semaines explose.

Le baiser devient profond, langoureux, intensément charnel mais sans précipitation. Sa langue cherche la mienne avec une autorité qui me fait gémir sourdement. C'est un échange de souffles et de saveurs qui me fait tout oublier. Je passe mes mains dans ses cheveux bruns, sentant les boucles sur le dessus. Il m'attire contre lui, et je sens la puissance de son torse dessiné contre moi. L'excitation est immédiate. À travers nos vêtements, je sens sa virilité imposante presser contre ma hanche, cette bosse énorme que j'avais remarquée à la piscine. Il laisse échapper un grognement contre mes lèvres, sa main agrippant fermement ma taille pour me stabiliser.

Malgré l'incendie qui couve, nous n'allons pas plus loin. Mon corps est encore trop fragile, et la fatigue me terrasse. Allan m'aide à me lever et m'escorte jusqu'à ma chambre. Avec une infinie délicatesse, il m'aide à m'installer dans mon lit, calant ma jambe blessée avec des oreillers.
— Je ne vais pas te laisser seul, dit-il d'une voix douce.

Il retire simplement ses chaussures et son t-shirt, révélant à nouveau son torse légèrement poilu et ses muscles saillants. Il s'allonge au-dessus des draps, juste à côté de moi. Je me blottis contre lui, ma tête nichée dans le creux de son épaule. Je sens l'odeur de sa peau, le battement régulier de son cœur. Pour la première fois depuis des semaines, je me sens protégé, comme si rien de mal ne pouvait plus m'arriver tant qu'il est là.

Allan ne peut pas s'endormir ailleurs ; il reste là, sa main posée sur mon bras dans un geste protecteur. La fatigue finit par l'emporter lui aussi. Sous la lumière tamisée de la chambre, nous nous endormons l'un contre l'autre, bercés par nos respirations synchronisées.

La nuit n'est pas tout à fait le sanctuaire que j'espérais, malgré la présence d'Allan à mes côtés. Vers trois heures du matin, le silence de la chambre se déchire à nouveau. Dans mon sommeil, je marche sur ce bitume luisant, sous une pluie fine qui rend tout flou. Puis, le rugissement mécanique. Ces deux yeux blancs, ces phares aveuglants qui surgissent de l'obscurité. Le hurlement des pneus sur l'asphalte est un cri strident qui me transperce les tympans. Je sens l'impact, le froid du métal qui broie mes os, et ce cri de terreur que je ne parviens jamais à pousser, bloqué dans ma gorge.

Je me réveille en sursaut, le corps secoué par un tremblement violent, mon souffle s'échappant en petits hoquets saccadés. La sueur me colle au dos. Mais cette fois, je ne sombre pas seul dans le noir.
— Chut... Respire, Nicolas. Je suis là. Je te tiens, je ne te lâche pas.

La voix d'Allan, basse et vibrante, me ramène instantanément à la réalité. Dans la pénombre, il m'attire contre son torse nu. Le contact de sa peau chaude est un choc thermique bienfaisant contre ma terreur glacée. Ses bras puissants s'enroulent autour de moi, me verrouillant contre lui comme dans un cocon. Ses mains commencent à parcourir mon dos et mes bras dans des caresses apaisantes, mais qui dérivent lentement vers quelque chose de beaucoup plus intime.

Ses doigts s'attardent sur le grain de ma peau, explorant chaque courbe, chaque frisson, avec une curiosité qui me consume. Il n'y a plus de kiné ici, seulement cet homme qui semble vouloir marquer son territoire sur chaque centimètre de mon corps.
— Ce n'était qu'un rêve, murmure-t-il contre mon oreille, sa barbe me picotant délicieusement la joue. Regarde-moi, Nicolas. Concentre-toi sur moi.

Je me tourne vers lui, nos visages si proches que nos souffles se confondent. La tension qui nous habitait au salon revient avec une force dévastatrice, décuplée par l'obscurité. Je ne peux m'empêcher de repenser à notre baiser, à cette timidité qui m'avait paralysé et qui semble maintenant se transformer en une faim dévorante.
— Ce baiser, Allan... je n'arrive pas à me le sortir de la tête. Je n'ai jamais ressenti une telle urgence.
— Moi non plus, avoue-t-il d'une voix rauque. C'est pour ça que je suis resté. Je ne pouvais pas te laisser dormir seul avec ces ombres.

Ses mains glissent plus bas, s'aventurant sous mon vêtement, frôlant mes hanches avec une lenteur calculée qui me fait gémir. Je réponds à ses caresses, mes doigts explorant les reliefs de son torse, sentant le battement puissant de son cœur sous les poils légers de sa poitrine. L'excitation monte, lourde et pulsante. Je sens la dureté de son désir contre ma cuisse, cette bosse impressionnante qui presse contre moi à travers le tissu.

Ses lèvres retrouvent les miennes dans un baiser profond, langoureux, une exploration charnelle qui semble durer une éternité. Nos langues s'apprivoisent, se cherchent, s'entrelacent avec une passion brute. La tension sexuelle est à son comble, mais Allan reste protecteur ; il masse doucement ma jambe blessée entre deux baisers torrides, mêlant le soin à la volupté. Nous ne faisons pas l'amour — mon corps est encore trop brisé pour cela — mais ces caresses intimes et ces aveux silencieux nous lient plus que n'importe quel contrat de soin.

Le matin se lève enfin, baignant la chambre d'une lumière dorée. Pour la première fois depuis l'accident, je me réveille sans ce goût de peur dans la bouche. Allan est déjà réveillé, m'observant avec une fierté tendre.
— Prêt pour une grande journée ?
— Avec toi, je crois que je suis prêt à tout.

Avant d'aller au restaurant, nous avons une étape obligatoire : la gendarmerie. Allan m'aide à m'habiller, boutonnant ma chemise avec des gestes qui s'attardent volontairement sur ma poitrine, faisant monter la température dès le petit-déjeuner. Il conduit ensuite jusqu'au bâtiment officiel. Son bras reste protecteur autour de mes épaules alors que je progresse péniblement avec mes béquilles vers l'accueil.

L'entretien avec l'adjudant est long et pesant. Nous sommes assis dans un bureau exigu qui sent le papier glacé et le café froid.
— Monsieur Tournier, je vais être franc avec vous, commence le gendarme en ouvrant son dossier. On a passé des heures sur les images de vidéosurveillance. On a bien repéré la berline sombre. C'est un modèle puissant, probablement une allemande. Mais le conducteur connaissait son coup. Il a évité les axes principaux après le choc.
— Et la plaque ? demande Allan d'une voix ferme, sa main serrant la mienne sous la table de manière protectrice.
— Illisible. Soit elle était trafiquée, soit la vitesse et l'angle mort de la caméra au moment de l'impact ont tout gâché. On a lancé un appel à témoins, on a contacté les carrossiers de la région pour voir si une voiture avec des dégâts similaires s'était présentée, mais pour l'instant, c'est le calme plat. Pas de dénonciation, pas de pièce retrouvée sur place.

Je sens un mélange de colère et de désespoir monter en moi. La conversation dure une bonne demi-heure, où chaque détail technique me rappelle la violence de l'instant.
— Donc, il est dans la nature et il s'en tire comme ça ? je lâche, la voix tremblante.
— L'enquête n'est pas classée, Monsieur. On attend un retour sur des débris de verre, mais ne comptez pas sur un miracle rapide.
Je sors de là, dépité, sentant l'impuissance me gagner. Allan le sent. Dans la voiture, il prend ma main et la serre avec une force rassurante.

L'arrivée au "Coin Gourmand" est un électrochoc. Je franchis le seuil de mon établissement, porté par la présence d'Allan juste derrière moi. Le bruit des couverts, l'odeur du fond de veau qui mijote, le brouhaha de la salle... tout me revient en pleine figure.

Sophie et toute la brigade s'arrêtent net. Un silence de mort s'installe, puis explose en une clameur de joie. Les cuisiniers sortent de leurs postes, les serveurs posent leurs plateaux. L'euphorie est totale, les visages s'illuminent.
— Chef ! Mon Dieu, vous êtes là ! C'est pas possible ! s'exclame Sophie en manquant de lâcher son carnet.
— Je fais une petite inspection surprise, je lance avec une émotion que je ne peux plus cacher. Je vous présente Allan. C'est mon kiné. C'est grâce à lui et à sa poigne si je peux tenir sur mes deux jambes aujourd'hui.

Mes employés m'entourent avec une chaleur qui me fait monter les larmes aux yeux. Je fais le tour de la cuisine, discutant avec le second, vérifiant les stocks avec une attention méticuleuse malgré mes béquilles. Allan ne me quitte pas d'une semelle, son ombre imposante veillant sur mes moindres déséquilibres.

Soudain, Sophie s'arrête un instant et pose son regard sur Allan, l'air brièvement songeur.
— Dites-moi... on ne s'est pas déjà vus quelque part ? Votre visage me dit vaguement quelque chose.
Allan la regarde avec un calme olympien, un léger sourire poli aux lèvres.
— Je ne pense pas, non. Je m'en souviendrais. Est-ce que vous avez déjà eu affaire à mes services de kiné ? Je travaille aussi à la clinique du sport.
— Ah non, jamais, répond-elle tout simplement, convaincue par son explication. Ça doit être un air de famille alors. Bienvenue chez nous, Allan !

Elle repart aussitôt vers ses clients, portée par la joie de mon retour. Allan pose alors une main ferme dans le bas de mon dos pour me soutenir alors que je m'appuie contre un buffet pour soulager ma hanche. Je remarque les regards complices de l'équipe vers lui. Sa stature, son regard sur moi et la manière dont il me touche sans cesse ne laissent aucun doute sur la nature de notre lien. La tension entre nous est si palpable qu'elle semble électriser l'air entre les fourneaux.
— Tu tiens le coup ? me chuchote-t-il à l'oreille, son souffle chaud provoquant un frisson immédiat.
— Oui. Je me sens revivre.

Allan sourit, et je vois dans ses yeux une promesse qui va bien au-delà de la simple rééducation. Le restaurant tourne, mes employés sont soudés, et cet homme magnifique semble bien décidé à ne plus me lâcher la main.

Fin du chapitre 2.

Les avis des lecteurs

Quel kiné consciencieux ^^ La question de Sophie n'est probablement pas anodine, où aurait-elle déjà rencontré Allan?



Texte coquin : Le trou noir (2)
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