Le trou noir (3)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 208 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Tounet39270 ont reçu un total de 528 404 visites.
Cette histoire de sexe a été affichée 148 fois depuis sa publication.
Couleur du fond :
Le trou noir (3)
Chapitre 3
Après l'euphorie du restaurant, le retour au duplex se fait dans un calme étrange, presque mélancolique. L'ascenseur nous remonte vers mon refuge, mais je sens déjà l'absence d'Allan me peser alors qu'il n'est pas encore parti. Il m'installe sur le canapé, vérifie l'état de ma jambe qui tire un peu après cette longue sortie, puis il jette un œil à sa montre.
— Je vais devoir y aller, Nicolas. J'ai deux patients à domicile cet après-midi et des dossiers à boucler au cabinet.
Un pincement au cœur me traverse. La pensée de me retrouver seul face à mes cauchemars et au silence de ces murs me terrifie. Je lève les yeux vers lui, cherchant son regard.
— Allan... Est-ce que tu pourrais revenir ce soir ? Est-ce que tu pourrais rester encore dormir ?
Il s'immobilise, sa main s'attardant sur la poignée de son sac. Un sourire tendre étire ses lèvres.
— Si c'est ce que tu désires, je reviendrai. Je vais repasser chez moi prendre quelques affaires de rechange pour demain matin et je serai là vers dix-neuf heures. Ça te va ?
— Plus que ça, je souffle, soulagé.
L’après-midi passe avec une lenteur insupportable. À dix-neuf heures pile, l’interphone retentit. C’est lui. Quand j'ouvre la porte, il entre avec un sac de sport sur l'épaule et les bras chargés de sacs de courses. Il dégage une énergie printanière malgré la fraîcheur de la soirée.
— J'ai pris de quoi faire un vrai festin, annonce-t-il en se dirigeant vers la cuisine. On va fêter ton retour au bercail.
Je ne veux pas rester spectateur. Je me déplace avec mes béquilles et je m'installe sur un tabouret haut, près du plan de travail central. Je l'aide à éplucher les légumes, à tailler les herbes, nos mains se frôlant sans cesse au-dessus de la planche à découper. Le voir s'approprier ma cuisine me remplit d'une chaleur inédite.
Le dîner est une parenthèse enchantée. Nous nous installons l'un en face de l'autre à la petite table. La lumière des bougies que j'ai allumées danse sur ses traits. À un moment, le silence devient plus dense, plus chargé. Allan pose ses couverts et glisse ses mains sur la table pour saisir les miennes. Ses paumes sont larges, enveloppantes, et leur contact fait grimper la tension d'un cran.
Je prends une grande inspiration, le cœur battant à tout rompre. C'est le moment d'oser.
— Allan... qu'est-ce qui se passe entre nous ? Je sais que cela fait peu de temps qu'on se connaît, à peine quelques semaines... mais je sens quelque chose de si fort. Je n'arrive plus à réfléchir comme avant.
Il ne retire pas ses mains. Au contraire, il les resserre, son pouce caressant mon poignet. Ses yeux plongent dans les miens avec une franchise désarmante.
— Je vais être honnête avec toi, Nicolas. Pour moi aussi, c'est un séisme. Je suis censé être celui qui répare les corps, pas celui qui perd le sien en regardant un patient. Ce que je ressens pour toi... c'est puissant, et ça dépasse tout ce que j'ai pu vivre jusqu'ici. Je ne suis pas là uniquement pour ta jambe, je suis là parce que je ne peux plus être ailleurs.
Le reste du repas se passe dans une sorte de flottement onirique. Une fois les assiettes débarrassées, nous nous installons sur le grand canapé du salon. Allan s'assoit dans l'angle et m'invite à m'allonger contre lui. Ma tête trouve sa place sur son épaule, et je sens ses bras m'encercler, m'offrant le rempart le plus sûr du monde.
Il commence à me caresser doucement les cheveux, ses doigts se perdant dans mes mèches avec une lenteur hypnotique. Puis, sa main descend lentement sous le col de mon pull, effleurant ma nuque, puis le haut de mon dos. Sa peau contre la mienne provoque des ondes de choc qui se propagent jusque dans mon bassin. La tension sexuelle est à son comble, saturant l'air de la pièce.
Je tourne lentement la tête vers lui. Nos visages ne sont qu'à quelques centimètres. Allan me sourit, un sourire d'une tendresse infinie, et je lui réponds, le souffle court. Je rapproche mon visage du sien, attiré par son aimant invisible.
Nos lèvres se rencontrent enfin. Ce n'est plus la timidité de la veille. C'est un baiser langoureux, profond, où nos langues se cherchent et s'apprivoisent avec une faim croissante. C'est un échange intensément charnel, une promesse de corps à corps que nous ne pouvons plus ignorer. Je sens sa virilité impressionnante presser contre ma hanche, et je réponds à son étreinte en me serrant un peu plus contre lui, oubliant mes béquilles, ma douleur et mes peurs.
Le salon n’est plus éclairé que par les reflets de la ville qui filtrent à travers les grandes baies vitrées du duplex. Sur le canapé, le baiser s'étire, devient plus gourmand, plus humide, presque sauvage. Le souffle d’Allan est court, chargé d’une odeur de vin rouge et d’un désir brut qui sature l'espace. Je sens sa main large et calleuse glisser sous mon pull, remontant le long de mes côtes pour venir écraser ma poitrine. Chaque contact est une décharge électrique qui me fait arquer le dos malgré la douleur.
— Nicolas… murmure-t-il contre mes lèvres, sa voix n'étant plus qu'un grognement animal. Je ne peux plus m’arrêter. Je vais te dévorer.
— Emmène-moi dans la chambre, je réponds dans un râle, le sang battant à mes tempes.
Avec une puissance qui me fait frissonner, il m'aide à me lever. Il balaie mes béquilles du revers de la main ; il me soulève d'un coup, un bras sous mes fesses et l'autre dans mon dos. Sa force est colossale. Durant le trajet, ma tête repose contre son cou, et je respire l'odeur de sa peau, un mélange musqué de sueur et d'impatience sexuelle.
Il me dépose sur le lit, l’obscurité seulement percée par la lueur ambrée de la veilleuse. Allan retire son pull d'un geste sec, révélant ses pectoraux massifs et ses abdominaux qui roulent sous sa peau mate. Il s'attaque à mon pantalon, me mettant à nu avec une hâte contenue, ses yeux dévorant chaque parcelle de ma peau.
Quand nous nous retrouvons nus, le contraste est saisissant. Allan est une machine de guerre. Il retire son propre sous-vêtement et je reste pétrifié. Sa queue est monumentale, une masse de chair sombre et pulsante, parcourue de veines saillantes. Elle se dresse fièrement contre son ventre, impressionnante de longueur et d'épaisseur. Une bouffée de chaleur et de peur me submerge.
— Allan... j'ai peur, je souffle, les yeux fixés sur son sexe. Elle est énorme. J'ai peur d'avoir mal, surtout avec ma jambe...
— Regarde-moi, Nicolas. Je suis kiné, je connais ton corps mieux que toi-même. Je vais te préparer, je vais t'ouvrir. Tu ne sentiras que du plaisir, je te le promets.
Il s'allonge sur moi, prenant soin de caler ma jambe brisée sur un coussin pour qu'elle reste immobile. Il entame alors de longs préliminaires, sa bouche descendant sur mon torse, léchant mes tétons avant de s'attaquer à mon entrejambe. Ses doigts experts, enduits d'un lubrifiant qu'il a sorti de son sac, commencent à explorer mon intimité. Il enfonce un doigt, puis deux, puis trois, avec une force tranquille qui m'étire. Je gémis, la tête renversée en arrière, alors que je sens mon corps se détendre et s'élargir sous ses assauts. L'odeur de nos désirs mêlés, forte et âcre, remplit la pièce.
— On est d'accord ? On est clean tous les deux ? demande-t-il, le souffle court.
— Oui, totalement clean... je n'en peux plus, Allan. Entre en moi.
Il se place entre mes jambes, ses bras musclés supportant tout son poids. Il pose l'extrémité de sa queue contre mon entrée, et je sens une pression immense. Millimètre par millimètre, il s'enfonce. La sensation est incroyable : j'ai l'impression qu'il me remplit jusqu'au fond des poumons. C'est massif, brûlant. Je lâche un cri alors qu'il pénètre enfin totalement.
— Putain, Nicolas... tu es tellement serré, grogne-t-il en serrant les dents.
Il commence un mouvement de va-et-vient lent mais d'une profondeur absolue. À chaque coup de rein, je sens sa queue cogner contre ma prostate, déclenchant des décharges de plaisir qui me font voir des étoiles. La tension sexuelle est à son comble. On change de position : il m'aide à basculer sur le côté, en cuillère, pour ne pas solliciter ma jambe. Il me prend par derrière, ses mains agrippant mes hanches avec une poigne de fer. Le bruit des corps qui s'entrechoquent, le claquement de sa peau contre mes fesses, tout est d'une sensualité brute.
Le rythme s'accélère. Je sens sa queue gonfler encore plus en moi. Il me mordille l'épaule, ses oiseaux tatoués dans son dos semblant s'agiter au rythme de ses assauts.
— Je vais venir, Nicolas... Je peux ? Je peux jouir en toi ?
— Oui ! Oui, inonde-moi ! je hurle, au bord de l'orgasme.
Il donne une série de coups de reins sauvages, s'enfonçant jusqu'à la garde, avant de se figer dans un spasme violent. Je sens son jet brûlant, abondant, saccadé, se déverser au plus profond de moi. C'est une sensation de plénitude totale. J'explose à mon tour, mon propre plaisir maculant mes draps, le corps secoué de soubresauts.
Nous restons ainsi, soudés, haletants. L'odeur de la semence et de la sueur flotte lourdement dans la chambre. Allan se retire doucement et me ramène contre lui, m'enveloppant de ses bras protecteurs. Il m'embrasse langoureusement, nos langues se rencontrant une dernière fois avant que l'épuisement ne nous gagne. On se caresse, on s'apprivoise encore un peu dans le silence retrouvé.
Je m'endors enfin, la tête sur son torse puissant, bercé par les battements de son cœur, sachant que cette nuit a scellé quelque chose de bien plus fort qu'un simple soin.
Trois mois se sont écoulés depuis que mon duplex a cessé d'être une simple garçonnière pour devenir notre sanctuaire. Trois mois que l'odeur d'Allan, ce mélange boisé, musqué et rassurant, s'est imprégnée dans chaque recoin de l'appartement. Ma jambe a retrouvé une solidité surprenante ; je marche désormais avec une assurance presque totale, même si une pointe de raideur rappelle parfois, les soirs de pluie, que mon corps a été brisé. Mais si mon corps se répare, mon esprit, lui, semble avoir gardé des cicatrices invisibles qui refusent de se refermer tout à fait.
Ce soir-là, l'atmosphère est particulièrement douce. Nous avons commandé japonais et nous dînons sur la table basse du salon, assis à même le tapis épais. Allan est en face de moi, son t-shirt gris moulant ses épaules puissantes et ses bras massifs. Il me regarde avec cette tendresse constante qui, chaque jour, me submerge un peu plus. Je pose mes baguettes, le cœur battant une chamade inhabituelle. C'est le moment de franchir le pas.
— Allan... j'ai réfléchi. Ça fait trois mois que tu passes quasiment toutes tes nuits ici. Ton sac de sport traîne toujours dans l'entrée, tes affaires de toilette colonisent ma salle de bain et je déteste l'idée que tu doives repartir chez toi pour chercher des vêtements propres ou simplement pour passer une soirée seul.
Il s'arrête de manger, un sourire en coin, l'œil brillant de cette malice que j'aime tant.
— Tu est en train de me dire que je suis un invité trop envahissant, Nicolas ?
— Non, je dis tout le contraire. Je veux que tu ne sois plus un invité du tout. Je veux que ce duplex soit le nôtre. Officiellement. Viens vivre ici, Allan. Pour de bon. Amène toutes tes affaires, tes bouquins... je veux tout.
Le silence qui suit est vibrant, chargé d'une émotion pure. Allan pose sa main sur la mienne, sa paume large et rassurante couvrant mes doigts. Son regard se fait profond, presque grave, d'une sincérité désarmante.
— Tu es vraiment sûr de toi ? C'est une grande étape, surtout après ce que tu as traversé. Je ne veux pas être juste un soutien temporaire, je veux construire quelque chose avec toi.
— Je n'ai jamais été aussi certain d'une décision de toute ma vie, Allan. Tu es chez toi ici.
— Alors c'est oui, murmure-t-il. Je t'aime, Nicolas.
La célébration de cette nouvelle étape se fait dans la chambre, dans une ferveur qui ne semble jamais s'essouffler. Nos corps se connaissent par cœur désormais, mais chaque étreinte conserve la force d'une première fois. Allan me prend avec une passion qui me laisse sans souffle, sa queue toujours aussi imposante me comblant avec une justesse et une puissance qui me font oublier le reste du monde. Dans la chaleur de nos draps, il n'y a plus de blessures, plus de doutes, seulement nous deux. Nous nous endormons l'un contre l'autre, nos respirations synchronisées, dans le calme d'un bonheur qui semble enfin inattaquable.
Pourtant, au milieu de la nuit, le sanctuaire se fissure à nouveau.
Je suis de nouveau sur ce bitume froid. La pluie cingle mon visage. Mais cette fois, le cauchemar est devenu plus précis, plus terrifiant. Je ne vois pas seulement les phares. Je vois la voiture s'arrêter après l'impact. J'entends le clic d'une portière qui s'ouvre. Quelqu'un s'approche de moi alors que je gis au sol, incapable de bouger, le corps hurlant de douleur sous le métal froissé. Une silhouette massive se penche sur moi. Je veux appeler à l'aide, mais ma voix est bloquée. La silhouette ne fait rien pour m'aider. Elle semble chercher quelque chose autour de moi, ses mains gantées frôlant le sol, puis elle remonte dans le véhicule et disparaît dans un crissement de pneus.
Je hurle. Un cri déchirant qui me tire violemment du sommeil.
— Nicolas ! Nicolas, calme-toi ! C'est fini, je suis là !
Allan me plaque contre lui, ses bras puissants m'enserrant comme un étau protecteur. Je tremble de tous mes membres, ma peau est glacée malgré la chaleur de la nuit. Ses mains caressent mon dos pour apaiser les soubresauts de ma poitrine.
— Ils reviennent, Allan... les cauchemars. C'est de pire en pire, de plus en plus nets. C'était pas juste un accident, j'ai vu quelqu'un descendre... Pourquoi il ne m'a pas aidé ?
— Chut, c'est ton traumatisme qui crée des images pour essayer de comprendre l'absurdité de ce qui t'est arrivé, me répond-il avec une douceur infinie. On va s'occuper de ça. On va trouver un moyen de calmer ces images. Tu n'es plus seul sur cette route.
Je me rendors péniblement, bercé par les battements de son cœur, mais une angoisse sourde refuse de me quitter.
Le lendemain matin, malgré la fatigue, l'excitation de notre emménagement futur reprend le dessus. Allan part pour quelques heures finir ses consultations, en me promettant de ramener ses premiers cartons le soir même.
Pour m'occuper et lui faire de la place, je décide de trier le courrier et les papiers administratifs qui se sont entassés sur le buffet de l'entrée. C'est là que je la trouve. Une enveloppe blanche, sans timbre, glissée sous une facture d'électricité. Quelqu'un l'a déposée directement dans ma boîte aux lettres.
Je l'ouvre machinalement. C'est une simple feuille de papier, avec quelques mots écrits à la machine, sans signature :
"Certaines blessures ne guérissent jamais parce qu'elles cachent une vérité que tu n'es pas prêt à voir. Ton sauveur n'est peut-être qu'un gardien de tes secrets."
Je relis la phrase trois fois. Les mots sont mystérieux, presque absurdes. Je ne comprends absolument pas de quoi il s'agit, ni qui pourrait m'envoyer un tel message. Un "gardien de secrets" ? Une "vérité" cachée ? Cela ressemble à une mauvaise blague ou à l'œuvre d'un déséquilibré. Pourtant, malgré mon incompréhension, une petite étincelle de trouble s'allume au fond de moi, faisant écho à mon cauchemar de la nuit.
Je soupire, agacé par cette intrusion étrange dans ma matinée. Je n'ai pas envie de laisser ce genre de bêtises gâcher mon bonheur actuel. Je froisse légèrement le papier, hésite à le jeter, puis, par un réflexe de prudence que je ne m'explique pas, je le glisse dans le tiroir de mon bureau, au milieu de mes dossiers personnels. Je décide de ne pas en parler à Allan pour le moment ; nous avons des choses bien plus importantes à célébrer.
Je reprends mon rangement, essayant d'effacer ces mots de mon esprit, mais le silence de l'appartement me paraît soudain un peu plus lourd qu'à l'accoutumée.
Fin du chapitre 3.
Après l'euphorie du restaurant, le retour au duplex se fait dans un calme étrange, presque mélancolique. L'ascenseur nous remonte vers mon refuge, mais je sens déjà l'absence d'Allan me peser alors qu'il n'est pas encore parti. Il m'installe sur le canapé, vérifie l'état de ma jambe qui tire un peu après cette longue sortie, puis il jette un œil à sa montre.
— Je vais devoir y aller, Nicolas. J'ai deux patients à domicile cet après-midi et des dossiers à boucler au cabinet.
Un pincement au cœur me traverse. La pensée de me retrouver seul face à mes cauchemars et au silence de ces murs me terrifie. Je lève les yeux vers lui, cherchant son regard.
— Allan... Est-ce que tu pourrais revenir ce soir ? Est-ce que tu pourrais rester encore dormir ?
Il s'immobilise, sa main s'attardant sur la poignée de son sac. Un sourire tendre étire ses lèvres.
— Si c'est ce que tu désires, je reviendrai. Je vais repasser chez moi prendre quelques affaires de rechange pour demain matin et je serai là vers dix-neuf heures. Ça te va ?
— Plus que ça, je souffle, soulagé.
L’après-midi passe avec une lenteur insupportable. À dix-neuf heures pile, l’interphone retentit. C’est lui. Quand j'ouvre la porte, il entre avec un sac de sport sur l'épaule et les bras chargés de sacs de courses. Il dégage une énergie printanière malgré la fraîcheur de la soirée.
— J'ai pris de quoi faire un vrai festin, annonce-t-il en se dirigeant vers la cuisine. On va fêter ton retour au bercail.
Je ne veux pas rester spectateur. Je me déplace avec mes béquilles et je m'installe sur un tabouret haut, près du plan de travail central. Je l'aide à éplucher les légumes, à tailler les herbes, nos mains se frôlant sans cesse au-dessus de la planche à découper. Le voir s'approprier ma cuisine me remplit d'une chaleur inédite.
Le dîner est une parenthèse enchantée. Nous nous installons l'un en face de l'autre à la petite table. La lumière des bougies que j'ai allumées danse sur ses traits. À un moment, le silence devient plus dense, plus chargé. Allan pose ses couverts et glisse ses mains sur la table pour saisir les miennes. Ses paumes sont larges, enveloppantes, et leur contact fait grimper la tension d'un cran.
Je prends une grande inspiration, le cœur battant à tout rompre. C'est le moment d'oser.
— Allan... qu'est-ce qui se passe entre nous ? Je sais que cela fait peu de temps qu'on se connaît, à peine quelques semaines... mais je sens quelque chose de si fort. Je n'arrive plus à réfléchir comme avant.
Il ne retire pas ses mains. Au contraire, il les resserre, son pouce caressant mon poignet. Ses yeux plongent dans les miens avec une franchise désarmante.
— Je vais être honnête avec toi, Nicolas. Pour moi aussi, c'est un séisme. Je suis censé être celui qui répare les corps, pas celui qui perd le sien en regardant un patient. Ce que je ressens pour toi... c'est puissant, et ça dépasse tout ce que j'ai pu vivre jusqu'ici. Je ne suis pas là uniquement pour ta jambe, je suis là parce que je ne peux plus être ailleurs.
Le reste du repas se passe dans une sorte de flottement onirique. Une fois les assiettes débarrassées, nous nous installons sur le grand canapé du salon. Allan s'assoit dans l'angle et m'invite à m'allonger contre lui. Ma tête trouve sa place sur son épaule, et je sens ses bras m'encercler, m'offrant le rempart le plus sûr du monde.
Il commence à me caresser doucement les cheveux, ses doigts se perdant dans mes mèches avec une lenteur hypnotique. Puis, sa main descend lentement sous le col de mon pull, effleurant ma nuque, puis le haut de mon dos. Sa peau contre la mienne provoque des ondes de choc qui se propagent jusque dans mon bassin. La tension sexuelle est à son comble, saturant l'air de la pièce.
Je tourne lentement la tête vers lui. Nos visages ne sont qu'à quelques centimètres. Allan me sourit, un sourire d'une tendresse infinie, et je lui réponds, le souffle court. Je rapproche mon visage du sien, attiré par son aimant invisible.
Nos lèvres se rencontrent enfin. Ce n'est plus la timidité de la veille. C'est un baiser langoureux, profond, où nos langues se cherchent et s'apprivoisent avec une faim croissante. C'est un échange intensément charnel, une promesse de corps à corps que nous ne pouvons plus ignorer. Je sens sa virilité impressionnante presser contre ma hanche, et je réponds à son étreinte en me serrant un peu plus contre lui, oubliant mes béquilles, ma douleur et mes peurs.
Le salon n’est plus éclairé que par les reflets de la ville qui filtrent à travers les grandes baies vitrées du duplex. Sur le canapé, le baiser s'étire, devient plus gourmand, plus humide, presque sauvage. Le souffle d’Allan est court, chargé d’une odeur de vin rouge et d’un désir brut qui sature l'espace. Je sens sa main large et calleuse glisser sous mon pull, remontant le long de mes côtes pour venir écraser ma poitrine. Chaque contact est une décharge électrique qui me fait arquer le dos malgré la douleur.
— Nicolas… murmure-t-il contre mes lèvres, sa voix n'étant plus qu'un grognement animal. Je ne peux plus m’arrêter. Je vais te dévorer.
— Emmène-moi dans la chambre, je réponds dans un râle, le sang battant à mes tempes.
Avec une puissance qui me fait frissonner, il m'aide à me lever. Il balaie mes béquilles du revers de la main ; il me soulève d'un coup, un bras sous mes fesses et l'autre dans mon dos. Sa force est colossale. Durant le trajet, ma tête repose contre son cou, et je respire l'odeur de sa peau, un mélange musqué de sueur et d'impatience sexuelle.
Il me dépose sur le lit, l’obscurité seulement percée par la lueur ambrée de la veilleuse. Allan retire son pull d'un geste sec, révélant ses pectoraux massifs et ses abdominaux qui roulent sous sa peau mate. Il s'attaque à mon pantalon, me mettant à nu avec une hâte contenue, ses yeux dévorant chaque parcelle de ma peau.
Quand nous nous retrouvons nus, le contraste est saisissant. Allan est une machine de guerre. Il retire son propre sous-vêtement et je reste pétrifié. Sa queue est monumentale, une masse de chair sombre et pulsante, parcourue de veines saillantes. Elle se dresse fièrement contre son ventre, impressionnante de longueur et d'épaisseur. Une bouffée de chaleur et de peur me submerge.
— Allan... j'ai peur, je souffle, les yeux fixés sur son sexe. Elle est énorme. J'ai peur d'avoir mal, surtout avec ma jambe...
— Regarde-moi, Nicolas. Je suis kiné, je connais ton corps mieux que toi-même. Je vais te préparer, je vais t'ouvrir. Tu ne sentiras que du plaisir, je te le promets.
Il s'allonge sur moi, prenant soin de caler ma jambe brisée sur un coussin pour qu'elle reste immobile. Il entame alors de longs préliminaires, sa bouche descendant sur mon torse, léchant mes tétons avant de s'attaquer à mon entrejambe. Ses doigts experts, enduits d'un lubrifiant qu'il a sorti de son sac, commencent à explorer mon intimité. Il enfonce un doigt, puis deux, puis trois, avec une force tranquille qui m'étire. Je gémis, la tête renversée en arrière, alors que je sens mon corps se détendre et s'élargir sous ses assauts. L'odeur de nos désirs mêlés, forte et âcre, remplit la pièce.
— On est d'accord ? On est clean tous les deux ? demande-t-il, le souffle court.
— Oui, totalement clean... je n'en peux plus, Allan. Entre en moi.
Il se place entre mes jambes, ses bras musclés supportant tout son poids. Il pose l'extrémité de sa queue contre mon entrée, et je sens une pression immense. Millimètre par millimètre, il s'enfonce. La sensation est incroyable : j'ai l'impression qu'il me remplit jusqu'au fond des poumons. C'est massif, brûlant. Je lâche un cri alors qu'il pénètre enfin totalement.
— Putain, Nicolas... tu es tellement serré, grogne-t-il en serrant les dents.
Il commence un mouvement de va-et-vient lent mais d'une profondeur absolue. À chaque coup de rein, je sens sa queue cogner contre ma prostate, déclenchant des décharges de plaisir qui me font voir des étoiles. La tension sexuelle est à son comble. On change de position : il m'aide à basculer sur le côté, en cuillère, pour ne pas solliciter ma jambe. Il me prend par derrière, ses mains agrippant mes hanches avec une poigne de fer. Le bruit des corps qui s'entrechoquent, le claquement de sa peau contre mes fesses, tout est d'une sensualité brute.
Le rythme s'accélère. Je sens sa queue gonfler encore plus en moi. Il me mordille l'épaule, ses oiseaux tatoués dans son dos semblant s'agiter au rythme de ses assauts.
— Je vais venir, Nicolas... Je peux ? Je peux jouir en toi ?
— Oui ! Oui, inonde-moi ! je hurle, au bord de l'orgasme.
Il donne une série de coups de reins sauvages, s'enfonçant jusqu'à la garde, avant de se figer dans un spasme violent. Je sens son jet brûlant, abondant, saccadé, se déverser au plus profond de moi. C'est une sensation de plénitude totale. J'explose à mon tour, mon propre plaisir maculant mes draps, le corps secoué de soubresauts.
Nous restons ainsi, soudés, haletants. L'odeur de la semence et de la sueur flotte lourdement dans la chambre. Allan se retire doucement et me ramène contre lui, m'enveloppant de ses bras protecteurs. Il m'embrasse langoureusement, nos langues se rencontrant une dernière fois avant que l'épuisement ne nous gagne. On se caresse, on s'apprivoise encore un peu dans le silence retrouvé.
Je m'endors enfin, la tête sur son torse puissant, bercé par les battements de son cœur, sachant que cette nuit a scellé quelque chose de bien plus fort qu'un simple soin.
Trois mois se sont écoulés depuis que mon duplex a cessé d'être une simple garçonnière pour devenir notre sanctuaire. Trois mois que l'odeur d'Allan, ce mélange boisé, musqué et rassurant, s'est imprégnée dans chaque recoin de l'appartement. Ma jambe a retrouvé une solidité surprenante ; je marche désormais avec une assurance presque totale, même si une pointe de raideur rappelle parfois, les soirs de pluie, que mon corps a été brisé. Mais si mon corps se répare, mon esprit, lui, semble avoir gardé des cicatrices invisibles qui refusent de se refermer tout à fait.
Ce soir-là, l'atmosphère est particulièrement douce. Nous avons commandé japonais et nous dînons sur la table basse du salon, assis à même le tapis épais. Allan est en face de moi, son t-shirt gris moulant ses épaules puissantes et ses bras massifs. Il me regarde avec cette tendresse constante qui, chaque jour, me submerge un peu plus. Je pose mes baguettes, le cœur battant une chamade inhabituelle. C'est le moment de franchir le pas.
— Allan... j'ai réfléchi. Ça fait trois mois que tu passes quasiment toutes tes nuits ici. Ton sac de sport traîne toujours dans l'entrée, tes affaires de toilette colonisent ma salle de bain et je déteste l'idée que tu doives repartir chez toi pour chercher des vêtements propres ou simplement pour passer une soirée seul.
Il s'arrête de manger, un sourire en coin, l'œil brillant de cette malice que j'aime tant.
— Tu est en train de me dire que je suis un invité trop envahissant, Nicolas ?
— Non, je dis tout le contraire. Je veux que tu ne sois plus un invité du tout. Je veux que ce duplex soit le nôtre. Officiellement. Viens vivre ici, Allan. Pour de bon. Amène toutes tes affaires, tes bouquins... je veux tout.
Le silence qui suit est vibrant, chargé d'une émotion pure. Allan pose sa main sur la mienne, sa paume large et rassurante couvrant mes doigts. Son regard se fait profond, presque grave, d'une sincérité désarmante.
— Tu es vraiment sûr de toi ? C'est une grande étape, surtout après ce que tu as traversé. Je ne veux pas être juste un soutien temporaire, je veux construire quelque chose avec toi.
— Je n'ai jamais été aussi certain d'une décision de toute ma vie, Allan. Tu es chez toi ici.
— Alors c'est oui, murmure-t-il. Je t'aime, Nicolas.
La célébration de cette nouvelle étape se fait dans la chambre, dans une ferveur qui ne semble jamais s'essouffler. Nos corps se connaissent par cœur désormais, mais chaque étreinte conserve la force d'une première fois. Allan me prend avec une passion qui me laisse sans souffle, sa queue toujours aussi imposante me comblant avec une justesse et une puissance qui me font oublier le reste du monde. Dans la chaleur de nos draps, il n'y a plus de blessures, plus de doutes, seulement nous deux. Nous nous endormons l'un contre l'autre, nos respirations synchronisées, dans le calme d'un bonheur qui semble enfin inattaquable.
Pourtant, au milieu de la nuit, le sanctuaire se fissure à nouveau.
Je suis de nouveau sur ce bitume froid. La pluie cingle mon visage. Mais cette fois, le cauchemar est devenu plus précis, plus terrifiant. Je ne vois pas seulement les phares. Je vois la voiture s'arrêter après l'impact. J'entends le clic d'une portière qui s'ouvre. Quelqu'un s'approche de moi alors que je gis au sol, incapable de bouger, le corps hurlant de douleur sous le métal froissé. Une silhouette massive se penche sur moi. Je veux appeler à l'aide, mais ma voix est bloquée. La silhouette ne fait rien pour m'aider. Elle semble chercher quelque chose autour de moi, ses mains gantées frôlant le sol, puis elle remonte dans le véhicule et disparaît dans un crissement de pneus.
Je hurle. Un cri déchirant qui me tire violemment du sommeil.
— Nicolas ! Nicolas, calme-toi ! C'est fini, je suis là !
Allan me plaque contre lui, ses bras puissants m'enserrant comme un étau protecteur. Je tremble de tous mes membres, ma peau est glacée malgré la chaleur de la nuit. Ses mains caressent mon dos pour apaiser les soubresauts de ma poitrine.
— Ils reviennent, Allan... les cauchemars. C'est de pire en pire, de plus en plus nets. C'était pas juste un accident, j'ai vu quelqu'un descendre... Pourquoi il ne m'a pas aidé ?
— Chut, c'est ton traumatisme qui crée des images pour essayer de comprendre l'absurdité de ce qui t'est arrivé, me répond-il avec une douceur infinie. On va s'occuper de ça. On va trouver un moyen de calmer ces images. Tu n'es plus seul sur cette route.
Je me rendors péniblement, bercé par les battements de son cœur, mais une angoisse sourde refuse de me quitter.
Le lendemain matin, malgré la fatigue, l'excitation de notre emménagement futur reprend le dessus. Allan part pour quelques heures finir ses consultations, en me promettant de ramener ses premiers cartons le soir même.
Pour m'occuper et lui faire de la place, je décide de trier le courrier et les papiers administratifs qui se sont entassés sur le buffet de l'entrée. C'est là que je la trouve. Une enveloppe blanche, sans timbre, glissée sous une facture d'électricité. Quelqu'un l'a déposée directement dans ma boîte aux lettres.
Je l'ouvre machinalement. C'est une simple feuille de papier, avec quelques mots écrits à la machine, sans signature :
"Certaines blessures ne guérissent jamais parce qu'elles cachent une vérité que tu n'es pas prêt à voir. Ton sauveur n'est peut-être qu'un gardien de tes secrets."
Je relis la phrase trois fois. Les mots sont mystérieux, presque absurdes. Je ne comprends absolument pas de quoi il s'agit, ni qui pourrait m'envoyer un tel message. Un "gardien de secrets" ? Une "vérité" cachée ? Cela ressemble à une mauvaise blague ou à l'œuvre d'un déséquilibré. Pourtant, malgré mon incompréhension, une petite étincelle de trouble s'allume au fond de moi, faisant écho à mon cauchemar de la nuit.
Je soupire, agacé par cette intrusion étrange dans ma matinée. Je n'ai pas envie de laisser ce genre de bêtises gâcher mon bonheur actuel. Je froisse légèrement le papier, hésite à le jeter, puis, par un réflexe de prudence que je ne m'explique pas, je le glisse dans le tiroir de mon bureau, au milieu de mes dossiers personnels. Je décide de ne pas en parler à Allan pour le moment ; nous avons des choses bien plus importantes à célébrer.
Je reprends mon rangement, essayant d'effacer ces mots de mon esprit, mais le silence de l'appartement me paraît soudain un peu plus lourd qu'à l'accoutumée.
Fin du chapitre 3.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Tounet39270
1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Ce n'est qu'un détail mais j'aimerais vraiment connaitre le nom de la position où une queue peut *cogner contre* une prostate, elle n'est pas au fond du rectum et n'offre qu'un léger relief... ^^
J'ai commencé à me dire qu'avec le temps, les souvenirs de la soirée, encore relégués dans son inconscient, reviendront, de plus en plus clairs, avant que le mot anonyme me fasse imaginer qu'Allan a plus à voir avec le non-accident qu'il ne le montre Ô.o
J'ai commencé à me dire qu'avec le temps, les souvenirs de la soirée, encore relégués dans son inconscient, reviendront, de plus en plus clairs, avant que le mot anonyme me fasse imaginer qu'Allan a plus à voir avec le non-accident qu'il ne le montre Ô.o
