Le trou noir (4)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le trou noir (4)
Chapitre 4
L’emménagement d’Allan ne se fait pas par un grand déménagement bruyant, mais par une lente et délicieuse invasion. Ce samedi-là, il arrive avec quatre grands cartons et son sac de sport habituel, mais cette fois, il ne repartira pas. Le duplex, autrefois si ordonné et un peu rigide, commence à respirer une vie nouvelle.
Nous passons l'après-midi à faire de la place. C’est un ballet de complicité : je lui cède deux étagères dans la bibliothèque, la moitié de mon immense dressing, et un tiroir entier dans la salle de bain. Le voir disposer ses flacons, son rasoir et ses livres à côté des miens me procure une satisfaction domestique que je n'aurais jamais crue possible.
— Voilà, dit-il en poussant un carton vide du pied. Je crois que je suis officiellement un habitant de ces lieux.
Il s'approche de moi alors que je suis debout près de la fenêtre. Sa main vient se poser sur ma hanche, une habitude qu'il a prise pour vérifier mon équilibre, mais qui dérive toujours vers autre chose.
— Tu te rends compte, Nicolas ? Plus de trajets sous la pluie à minuit, plus de réveils solitaires. Juste nous.
Il appuie son front contre le mien. L'odeur de son effort — une pointe de sueur mêlée à son parfum boisé — m'enivre. Je sens la force de ses bras m'envelopper. Malgré la fatigue de la journée, la tension sexuelle qui nous habite en permanence se remet à crépiter.
— Tu as faim ? je demande dans un souffle.
— Pas de nourriture, répond-il en embrassant le creux de mon cou.
Il me soulève sans effort, m'emportant vers la chambre que nous avons désormais baptisée "notre" chambre. Il me dépose sur le lit et, avant même que je puisse esquisser un geste, il entreprend de me déshabiller. Ses mains sont expertes, presque chirurgicales dans leur précision, mais brûlantes d'un désir brut.
Une fois nus l'un face à l'autre, la lumière du crépuscule sculpte les reliefs de son corps. Sa carrure est imposante, ses pectoraux larges et son ventre plat sont une invitation au toucher. Mais c'est sa queue qui attire mon regard, déjà dressée, superbe, pulsante d'une vie propre. Chaque fois que je la vois, je ressens ce mélange de fascination et de soumission délicieuse.
Il s'allonge sur moi, prenant soin de caler ma jambe avec un oreiller. Ses préliminaires sont une torture de plaisir. Il prend son temps, explorant chaque centimètre de ma peau avec sa langue, descendant de mon torse vers mon bas-ventre. Ses mains massent mes cuisses, remontant dangereusement près de mon intimité.
— Allan... s'il te plaît...
— Patience, Nicolas. On a toute la nuit, maintenant. On a toute la vie.
Il utilise ses doigts pour me préparer, les enduisant généreusement. Je sens son doigt s'insérer, puis un deuxième, m'étirant avec une lenteur calculée. Je gémis, la tête renversée contre l'oreiller, le corps tendu comme une corde de piano. L'odeur musquée de notre excitation sature l'air.
Quand il sent que je suis prêt, il se place entre mes jambes. Il pose son gland contre mon entrée, et je sens cette pression familière, massive. Il s'enfonce d'un coup sec, me remplissant totalement. Je lâche un cri, les yeux écarquillés par l'intensité de la sensation.
— Putain, que tu es bon... grogne-t-il dans mon oreille, sa barbe me griffant doucement la peau.
Il commence un va-et-vient puissant. À chaque coup de rein, je sens sa queue cogner contre ma prostate, déclenchant des vagues de plaisir qui me font perdre pied. Pour protéger ma jambe, il me fait basculer sur le côté. En position de cuillère, il me prend par derrière, ses bras puissants m'encerclant, ses mains venant chercher mes mains pour entrelacer nos doigts.
C'est une position d'une intimité absolue. Je sens son torse poilu contre mon dos, la force de ses jambes contre les miennes. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent et nos respirations saccadées sont la seule musique de la pièce. La sensation de sa queue géante glissant en moi, me comblant à chaque mouvement, me pousse au bord de l'abîme.
Le rythme s'accélère. Je sens qu'il perd le contrôle, ses muscles se tétanisant sous ma peau.
— Je vais venir, Nicolas... Je veux te marquer...
— Oui, Allan ! Viens en moi !
Il se fige dans un spasme violent, s'enfonçant le plus loin possible. Je sens son jet brûlant, épais, se libérer au plus profond de moi. C'est une décharge de chaleur qui semble me consumer de l'intérieur. J'explose à mon tour quelques secondes plus tard, criant son nom dans le silence de la chambre.
Nous restons soudés l'un à l'autre pendant de longues minutes, la sueur collant nos peaux. Allan m'embrasse l'épaule, puis le haut du crâne, ses mains caressant mes cheveux avec une infinie douceur.
— Bienvenue chez toi, Allan, je murmure, le corps encore vibrant.
— Bienvenue chez nous, corrige-t-il.
Nous finissons par nous glisser sous la couette. L'obscurité a envahi la pièce. Allan s'endort presque immédiatement, son bras protecteur toujours autour de moi. Je reste éveillé un court instant, observant les ombres sur le plafond. La lettre mystérieuse cachée dans mon tiroir me revient brièvement à l'esprit, mais le poids réconfortant du corps d'Allan contre le mien finit par chasser mes doutes.
La routine s’est installée dans le duplex avec une aisance déconcertante, transformant mon refuge solitaire en une ruche vibrante de vie commune. Les matins ne sont plus des combats contre la solitude ou les rémanences de l'accident, mais des échanges de baisers ensommeillés au milieu des draps froissés et des discussions légères autour de cafés fumants dont l'arôme se mêle à celui du pain grillé. La présence d'Allan a métamorphosé l'espace : il y a désormais ses volumineux traités de médecine sur l'étagère, ses chaussures de sport qui marquent le territoire de l'entrée, et cette odeur constante de cèdre et de musc qui semble être devenue l'âme même de l'appartement.
Pourtant, sous cette surface d'un bonheur limpide, de petits remous commencent à agiter mon esprit, comme des ondes de choc lointaines.
Allan est reparti à la clinique pour une garde de nuit exceptionnelle. Le duplex, privé de sa stature imposante, me paraît soudain très vaste, presque trop silencieux. Pour occuper mes mains et faire taire une anxiété sourde que je n'arrive pas à nommer, je décide de terminer l'installation de son coin bureau. Il reste quelques cartons au fond de la pièce, des vestiges de son ancienne vie qu'il n'a pas encore eu le temps de trier. C’est ma façon à moi de lui dire qu’il est ici chez lui, en lui préparant un espace parfait.
Je commence par une boîte remplie de vieux dossiers de kinésithérapie. Je classe les fiches par ordre alphabétique, admirant son écriture cursive, forte et assurée. Mais en arrivant au fond du carton, je tombe sur une pochette en cuir usé, cachée sous une pile de revues scientifiques. Elle semble contenir des documents beaucoup plus personnels, ceux que l'on ne montre pas lors des premiers mois d'une relation.
En soulevant la pochette pour la poser sur le bureau, un objet lourd glisse sur le parquet avec un bruit mat. C’est une montre d'homme, une automatique de grande valeur, mais dans un état lamentable. Le verre du cadran est étoilé, littéralement pulvérisé par un impact d'une violence inouïe. Les aiguilles sont figées, comme si le temps s'était arrêté net pour son propriétaire. Plus troublant encore, le bracelet en cuir brun est marqué de taches sombres, incrustées dans la matière, qui ressemblent furieusement à du sang séché que les années n'ont pas réussi à effacer.
Je la ramasse, le cœur battant à tout rompre contre mes côtes. Pourquoi Allan garderait-il un tel vestige de destruction ? Ce n'est pas un souvenir, c'est un trophée de douleur. Je la repose, les doigts tremblants, une sensation de froid me parcourant l'échine. Cet objet détonne violemment avec l'image de l'homme soignant et protecteur qu'il projette.
Le lendemain matin, le bruit de la clé dans la serrure me fait sursauter alors que je somnolais dans le salon. Allan rentre de sa garde. Il a l'air épuisé, les traits tirés par le manque de sommeil, une barbe de vingt-quatre heures assombrissant son visage. Mais dès que ses yeux croisent les miens, une étincelle de faim brute s'y allume, chassant instantanément sa fatigue. Il jette son sac au sol sans un regard et se dirige vers moi avec cette démarche de prédateur tranquille qui me fait toujours perdre tous mes moyens.
Il ne me laisse même pas le temps de lui demander si sa nuit à la clinique a été calme. Il m'attrape par la taille et me plaque contre le mur du couloir, ses lèvres cherchant les miennes avec une urgence presque désespérée. Ses baisers sont profonds, fiévreux, comme s'il essayait d'étouffer ses propres pensées ou un secret trop lourd dans ma bouche.
— Tu m'as manqué, souffle-t-il contre mon cou, sa voix n'étant plus qu'un grognement rauque qui me fait vibrer jusque dans le ventre. Une nuit loin de toi, et j'ai l'impression de perdre mes repères.
Il me soulève brusquement, mes jambes s'enroulant instinctivement autour de ses hanches massives. Le contraste entre mon peignoir de coton éponge qui s'ouvre et la rudesse de son jean est un choc érotique immédiat. Il m'emporte vers la chambre, mais l'urgence est telle qu'il s'arrête dans le passage, me déposant sur la commode du couloir. Il balaie les objets de décoration d'un revers de main, les envoyant s'écraser au sol dans un fracas qu'il ignore totalement.
Ses mains larges et calleuses remontent le long de mes cuisses, écartant les pans de mon peignoir pour exposer ma nudité à la lumière crue du matin. Il s'arrête un instant pour contempler mon corps, son regard dévorant ma peau avec une intensité qui me donne le vertige. Il y a quelque chose de sauvage dans ses yeux, une possessivité qui me dépasse.
— Tu es à moi, Nicolas. Dis-le. Dis que tu es à moi.
— Je suis à toi, Allan... entièrement...
Il déboutonne son pantalon dans un geste brusque, révélant sa queue qui surgit, magnifique et terrifiante de puissance, déjà prête pour l'assaut. Elle est parcourue de veines saillantes, le gland pourpre et luisant de désir. Il me prépare avec une hâte fiévreuse, ses doigts s'enfonçant en moi avec une autorité qui ne souffre aucune résistance, m'ouvrant, me forçant à me détendre malgré l'excitation électrique qui me submerge.
Lorsqu'il pénètre, c'est d'un coup sec, total, sans aucune retenue. Je lâche un cri de surprise, les mains agrippées à ses épaules musclées pour ne pas tomber. La sensation de cette masse de chair m'envahissant, me remplissant jusqu'à la limite de ce que je peux supporter, est une expérience d'une intensité folle. Il me prend là, debout, ses bras puissants me maintenant en l'air tandis que ses coups de reins sauvages nous font chanceler contre la cloison.
Le bruit de sa peau contre la mienne, l'odeur de la sueur qui commence à perler sur son front, le goût salé de son cou alors que je le mords pour ne pas hurler son nom trop fort... tout est amplifié. Je sens sa force brute, cette virilité impressionnante qui me malmène avec une tendresse féroce. À chaque va-et-vient profond, j'oublie la montre brisée, j'oublie la lettre anonyme, j'oublie les doutes. Il n'y a plus que cet homme, ce bloc de muscles et de passion qui me possède avec une ferveur de possédé. Sa queue me remplit si intensément que j'ai l'impression que nos deux corps fusionnent en une seule entité de chaleur et de plaisir pur.
Après l'orgasme, dévastateur, il me porte jusqu'au lit avec une infinie délicatesse, comme s'il se souvenait soudain de ma fragilité. Nous restons allongés, enlacés sous la couette, les souffles courts qui s'apaisent lentement dans le silence retrouvé de la chambre. Allan s'endort presque instantanément, terrassé par l'épuisement de sa garde et la violence de notre étreinte.
Je reste éveillé, immobile, observant son corps nu à la lumière du jour qui filtre à travers les stores. C’est là que je les remarque, plus clairement que jamais, maintenant que je sais chercher. Dans son dos, près de l'omoplate, il y a une cicatrice longue et fine, une marque de chirurgie ancienne. Et sur son flanc, une autre marque, comme une brûlure mal effacée que je n'avais jamais pris le temps d'interroger.
Je repense à la montre brisée dans le carton. Je repense à cette lettre anonyme reçue la veille qui parlait d'un "gardien de secrets". Le doute est un poison qui se distille lentement, goutte après goutte, dans les veines de notre relation. Allan est mon amant, mon sauveur, mon pilier. Mais alors qu'il dort paisiblement à mes côtés, sa main tenant fermement la mienne même dans son sommeil, je me demande si l'homme qui partage ma vie n'est pas en train de construire un rempart pour cacher son propre passé. Pourquoi garder ces débris de vie brisée ?
Je me lève doucement, prenant soin de ne pas le réveiller. Je retourne vers le bureau et regarde ce carton au fond de la pièce. Je sais que je devrais arrêter là, mais le silence du duplex est devenu trop lourd, et la curiosité est devenue une nécessité de survie.
Quatre mois se sont écoulés depuis qu’Allan a déposé ses cartons dans le duplex. Quatre mois de fusion presque totale, où le temps semble s'être accéléré. Ma jambe n'est plus qu'un lointain souvenir de douleur ; j'ai retrouvé une motricité quasi parfaite, ne boitant que très légèrement en fin de journée, lorsque la fatigue pèse sur mes muscles. J'ai repris le chemin des cuisines à plein temps, retrouvant avec ivresse le feu des fourneaux et le tumulte du service.
Pourtant, au milieu de cette renaissance, une ombre persiste, aussi ténue qu’entêtante.
Le restaurant est mon âme, mon sanctuaire. J’y passe mes journées à créer, à diriger, à faire revivre cette institution que l’accident avait failli tuer. Naturellement, j’ai voulu qu’Allan en fasse partie. J'ai voulu qu'il s'assoie à la table du chef, qu'il goûte mes nouvelles créations, qu'il rencontre Sophie et le reste de l'équipe dans leur élément.
Mais Allan ne franchit jamais le seuil.
— Viens dîner ce soir, Allan, je lui avais proposé mardi dernier. Je teste un nouveau bar de ligne au fenouil sauvage. Sophie a hâte de te voir.
— J’aimerais tellement, Nicolas, m’avait-il répondu en me serrant contre lui, mais j'ai une conférence en ligne sur la traumatologie du sport à 20h. Je ne peux pas la rater, c'est crucial pour ma spécialisation.
Le lendemain, c’était une urgence administrative à la clinique. Le surlendemain, une séance de rééducation tardive pour un patient VIP. Les excuses sont toujours logiques, professionnelles, imparables. Et lorsqu'il vient me chercher après le service, il ne monte jamais me saluer. Je reçois invariablement le même SMS : « Je suis en bas, la voiture est mal garée en double file, je ne peux pas descendre. Je t'attends. »
Je le rejoins dans l'habitacle sombre, où il m'accueille avec un baiser dévastateur, étouffant mes questions avant même qu'elles ne franchissent mes lèvres. Pourquoi ce refus obstiné de mettre un pied dans mon monde ? Pourquoi reste-t-il cette silhouette immobile derrière le volant, surveillant le restaurant de loin sans jamais y entrer ?
Ce soir, je quitte le restaurant vers 23h. Allan est là, comme toujours, moteur tournant, phares éteints. En montant dans la voiture, je sens une légère tension dans l'air.
— Pourquoi tu ne viens jamais prendre un verre avec nous, Allan ? Même cinq minutes. Sophie commence à croire que tu as une double vie.
— Ne sois pas ridicule, rit-il doucement en passant une main dans ma nuque. C’est juste que je passe mes journées dans des hôpitaux et des cabinets. Quand je te récupère, je veux juste être seul avec toi. Je n’ai pas envie de faire la conversation, j’ai envie de respirer ton odeur.
Arrivés au duplex, cette envie se transforme en une urgence charnelle. Il ne me laisse même pas poser ma veste. Dès que la porte est verrouillée, il me pousse contre le battant, ses mains s'égarant sous mon pull.
Il me porte jusqu'au lit, nos vêtements semés comme des cailloux dans le couloir. Ce soir, Allan est d'une tendresse presque douloureuse. Il me déshabille avec une lenteur de dévot, embrassant chaque cicatrice de ma jambe, comme s'il s'excusait pour quelque chose. Ses mains massent mes muscles fatigués par le service, remontant vers mon entrejambe avec une précision qui me fait cambrer le dos.
— Tu es si beau, Nicolas. Je ne veux jamais que tu l'oublies.
Lorsqu'il se débarrasse de ses propres vêtements, sa queue surgit, fière, imposante, réclamant sa place. Elle est parcourue de veines qui pulsent au rythme de son excitation. Il se place entre mes jambes, son torse massif m'écrasant délicieusement contre le matelas. Il me prépare longuement, ses doigts experts travaillant mon corps pour le rendre souple et accueillant, ses lèvres ne quittant jamais les miennes.
La pénétration est un soulagement immense. Il s'enfonce en moi avec une force contenue, me remplissant d'une chaleur qui irradie jusqu'à mes orteils. Je gémis contre son cou, mes doigts s'enfonçant dans les muscles puissants de son dos. Le rythme qu'il impose est lent, profond, presque méditatif. À chaque va-et-vient de sa queue géante en moi, je sens un lien se resserrer, une appartenance qui me donne le vertige.
— Dis-le, souffle-t-il dans mon oreille. Dis que tu n'as besoin de rien d'autre.
— De rien d'autre... juste de toi...
Nous jouissons ensemble dans un cri étouffé, nos corps tremblant de concert. C'est un instant de perfection absolue, où le monde extérieur, le restaurant et les doutes n'existent plus.
Plus tard, alors qu'Allan dort d'un sommeil de plomb, je reste éveillé, la tête sur son torse. Son cœur bat contre mon oreille, régulier, rassurant. Mais ma main, en cherchant ma place, frôle la montre brisée que j'ai fini par ranger dans mon propre tiroir, incapable de la laisser dans ce carton.
Je me demande : pourquoi Allan évite-t-il le restaurant ? Est-ce vraiment de la fatigue ? Ou y a-t-il quelque chose, un souvenir, une peur, liée à ce lieu précis ou à la rue qui le borde ? Son amour est un océan, mais c'est un océan dont je ne vois pas le fond. Il m'a réparé, il m'aime avec une intensité qui me consume, mais il reste une porte qu'il garde obstinément fermée.
Je ferme les yeux, essayant de chasser cette pensée ingrate. Il est là. Il m'aime. Mais dans le silence de la nuit, je ne peux m'empêcher de me demander si on peut vraiment connaître quelqu'un qui refuse de voir d'où l'on vient.
Fin du chapitre 4.
L’emménagement d’Allan ne se fait pas par un grand déménagement bruyant, mais par une lente et délicieuse invasion. Ce samedi-là, il arrive avec quatre grands cartons et son sac de sport habituel, mais cette fois, il ne repartira pas. Le duplex, autrefois si ordonné et un peu rigide, commence à respirer une vie nouvelle.
Nous passons l'après-midi à faire de la place. C’est un ballet de complicité : je lui cède deux étagères dans la bibliothèque, la moitié de mon immense dressing, et un tiroir entier dans la salle de bain. Le voir disposer ses flacons, son rasoir et ses livres à côté des miens me procure une satisfaction domestique que je n'aurais jamais crue possible.
— Voilà, dit-il en poussant un carton vide du pied. Je crois que je suis officiellement un habitant de ces lieux.
Il s'approche de moi alors que je suis debout près de la fenêtre. Sa main vient se poser sur ma hanche, une habitude qu'il a prise pour vérifier mon équilibre, mais qui dérive toujours vers autre chose.
— Tu te rends compte, Nicolas ? Plus de trajets sous la pluie à minuit, plus de réveils solitaires. Juste nous.
Il appuie son front contre le mien. L'odeur de son effort — une pointe de sueur mêlée à son parfum boisé — m'enivre. Je sens la force de ses bras m'envelopper. Malgré la fatigue de la journée, la tension sexuelle qui nous habite en permanence se remet à crépiter.
— Tu as faim ? je demande dans un souffle.
— Pas de nourriture, répond-il en embrassant le creux de mon cou.
Il me soulève sans effort, m'emportant vers la chambre que nous avons désormais baptisée "notre" chambre. Il me dépose sur le lit et, avant même que je puisse esquisser un geste, il entreprend de me déshabiller. Ses mains sont expertes, presque chirurgicales dans leur précision, mais brûlantes d'un désir brut.
Une fois nus l'un face à l'autre, la lumière du crépuscule sculpte les reliefs de son corps. Sa carrure est imposante, ses pectoraux larges et son ventre plat sont une invitation au toucher. Mais c'est sa queue qui attire mon regard, déjà dressée, superbe, pulsante d'une vie propre. Chaque fois que je la vois, je ressens ce mélange de fascination et de soumission délicieuse.
Il s'allonge sur moi, prenant soin de caler ma jambe avec un oreiller. Ses préliminaires sont une torture de plaisir. Il prend son temps, explorant chaque centimètre de ma peau avec sa langue, descendant de mon torse vers mon bas-ventre. Ses mains massent mes cuisses, remontant dangereusement près de mon intimité.
— Allan... s'il te plaît...
— Patience, Nicolas. On a toute la nuit, maintenant. On a toute la vie.
Il utilise ses doigts pour me préparer, les enduisant généreusement. Je sens son doigt s'insérer, puis un deuxième, m'étirant avec une lenteur calculée. Je gémis, la tête renversée contre l'oreiller, le corps tendu comme une corde de piano. L'odeur musquée de notre excitation sature l'air.
Quand il sent que je suis prêt, il se place entre mes jambes. Il pose son gland contre mon entrée, et je sens cette pression familière, massive. Il s'enfonce d'un coup sec, me remplissant totalement. Je lâche un cri, les yeux écarquillés par l'intensité de la sensation.
— Putain, que tu es bon... grogne-t-il dans mon oreille, sa barbe me griffant doucement la peau.
Il commence un va-et-vient puissant. À chaque coup de rein, je sens sa queue cogner contre ma prostate, déclenchant des vagues de plaisir qui me font perdre pied. Pour protéger ma jambe, il me fait basculer sur le côté. En position de cuillère, il me prend par derrière, ses bras puissants m'encerclant, ses mains venant chercher mes mains pour entrelacer nos doigts.
C'est une position d'une intimité absolue. Je sens son torse poilu contre mon dos, la force de ses jambes contre les miennes. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent et nos respirations saccadées sont la seule musique de la pièce. La sensation de sa queue géante glissant en moi, me comblant à chaque mouvement, me pousse au bord de l'abîme.
Le rythme s'accélère. Je sens qu'il perd le contrôle, ses muscles se tétanisant sous ma peau.
— Je vais venir, Nicolas... Je veux te marquer...
— Oui, Allan ! Viens en moi !
Il se fige dans un spasme violent, s'enfonçant le plus loin possible. Je sens son jet brûlant, épais, se libérer au plus profond de moi. C'est une décharge de chaleur qui semble me consumer de l'intérieur. J'explose à mon tour quelques secondes plus tard, criant son nom dans le silence de la chambre.
Nous restons soudés l'un à l'autre pendant de longues minutes, la sueur collant nos peaux. Allan m'embrasse l'épaule, puis le haut du crâne, ses mains caressant mes cheveux avec une infinie douceur.
— Bienvenue chez toi, Allan, je murmure, le corps encore vibrant.
— Bienvenue chez nous, corrige-t-il.
Nous finissons par nous glisser sous la couette. L'obscurité a envahi la pièce. Allan s'endort presque immédiatement, son bras protecteur toujours autour de moi. Je reste éveillé un court instant, observant les ombres sur le plafond. La lettre mystérieuse cachée dans mon tiroir me revient brièvement à l'esprit, mais le poids réconfortant du corps d'Allan contre le mien finit par chasser mes doutes.
La routine s’est installée dans le duplex avec une aisance déconcertante, transformant mon refuge solitaire en une ruche vibrante de vie commune. Les matins ne sont plus des combats contre la solitude ou les rémanences de l'accident, mais des échanges de baisers ensommeillés au milieu des draps froissés et des discussions légères autour de cafés fumants dont l'arôme se mêle à celui du pain grillé. La présence d'Allan a métamorphosé l'espace : il y a désormais ses volumineux traités de médecine sur l'étagère, ses chaussures de sport qui marquent le territoire de l'entrée, et cette odeur constante de cèdre et de musc qui semble être devenue l'âme même de l'appartement.
Pourtant, sous cette surface d'un bonheur limpide, de petits remous commencent à agiter mon esprit, comme des ondes de choc lointaines.
Allan est reparti à la clinique pour une garde de nuit exceptionnelle. Le duplex, privé de sa stature imposante, me paraît soudain très vaste, presque trop silencieux. Pour occuper mes mains et faire taire une anxiété sourde que je n'arrive pas à nommer, je décide de terminer l'installation de son coin bureau. Il reste quelques cartons au fond de la pièce, des vestiges de son ancienne vie qu'il n'a pas encore eu le temps de trier. C’est ma façon à moi de lui dire qu’il est ici chez lui, en lui préparant un espace parfait.
Je commence par une boîte remplie de vieux dossiers de kinésithérapie. Je classe les fiches par ordre alphabétique, admirant son écriture cursive, forte et assurée. Mais en arrivant au fond du carton, je tombe sur une pochette en cuir usé, cachée sous une pile de revues scientifiques. Elle semble contenir des documents beaucoup plus personnels, ceux que l'on ne montre pas lors des premiers mois d'une relation.
En soulevant la pochette pour la poser sur le bureau, un objet lourd glisse sur le parquet avec un bruit mat. C’est une montre d'homme, une automatique de grande valeur, mais dans un état lamentable. Le verre du cadran est étoilé, littéralement pulvérisé par un impact d'une violence inouïe. Les aiguilles sont figées, comme si le temps s'était arrêté net pour son propriétaire. Plus troublant encore, le bracelet en cuir brun est marqué de taches sombres, incrustées dans la matière, qui ressemblent furieusement à du sang séché que les années n'ont pas réussi à effacer.
Je la ramasse, le cœur battant à tout rompre contre mes côtes. Pourquoi Allan garderait-il un tel vestige de destruction ? Ce n'est pas un souvenir, c'est un trophée de douleur. Je la repose, les doigts tremblants, une sensation de froid me parcourant l'échine. Cet objet détonne violemment avec l'image de l'homme soignant et protecteur qu'il projette.
Le lendemain matin, le bruit de la clé dans la serrure me fait sursauter alors que je somnolais dans le salon. Allan rentre de sa garde. Il a l'air épuisé, les traits tirés par le manque de sommeil, une barbe de vingt-quatre heures assombrissant son visage. Mais dès que ses yeux croisent les miens, une étincelle de faim brute s'y allume, chassant instantanément sa fatigue. Il jette son sac au sol sans un regard et se dirige vers moi avec cette démarche de prédateur tranquille qui me fait toujours perdre tous mes moyens.
Il ne me laisse même pas le temps de lui demander si sa nuit à la clinique a été calme. Il m'attrape par la taille et me plaque contre le mur du couloir, ses lèvres cherchant les miennes avec une urgence presque désespérée. Ses baisers sont profonds, fiévreux, comme s'il essayait d'étouffer ses propres pensées ou un secret trop lourd dans ma bouche.
— Tu m'as manqué, souffle-t-il contre mon cou, sa voix n'étant plus qu'un grognement rauque qui me fait vibrer jusque dans le ventre. Une nuit loin de toi, et j'ai l'impression de perdre mes repères.
Il me soulève brusquement, mes jambes s'enroulant instinctivement autour de ses hanches massives. Le contraste entre mon peignoir de coton éponge qui s'ouvre et la rudesse de son jean est un choc érotique immédiat. Il m'emporte vers la chambre, mais l'urgence est telle qu'il s'arrête dans le passage, me déposant sur la commode du couloir. Il balaie les objets de décoration d'un revers de main, les envoyant s'écraser au sol dans un fracas qu'il ignore totalement.
Ses mains larges et calleuses remontent le long de mes cuisses, écartant les pans de mon peignoir pour exposer ma nudité à la lumière crue du matin. Il s'arrête un instant pour contempler mon corps, son regard dévorant ma peau avec une intensité qui me donne le vertige. Il y a quelque chose de sauvage dans ses yeux, une possessivité qui me dépasse.
— Tu es à moi, Nicolas. Dis-le. Dis que tu es à moi.
— Je suis à toi, Allan... entièrement...
Il déboutonne son pantalon dans un geste brusque, révélant sa queue qui surgit, magnifique et terrifiante de puissance, déjà prête pour l'assaut. Elle est parcourue de veines saillantes, le gland pourpre et luisant de désir. Il me prépare avec une hâte fiévreuse, ses doigts s'enfonçant en moi avec une autorité qui ne souffre aucune résistance, m'ouvrant, me forçant à me détendre malgré l'excitation électrique qui me submerge.
Lorsqu'il pénètre, c'est d'un coup sec, total, sans aucune retenue. Je lâche un cri de surprise, les mains agrippées à ses épaules musclées pour ne pas tomber. La sensation de cette masse de chair m'envahissant, me remplissant jusqu'à la limite de ce que je peux supporter, est une expérience d'une intensité folle. Il me prend là, debout, ses bras puissants me maintenant en l'air tandis que ses coups de reins sauvages nous font chanceler contre la cloison.
Le bruit de sa peau contre la mienne, l'odeur de la sueur qui commence à perler sur son front, le goût salé de son cou alors que je le mords pour ne pas hurler son nom trop fort... tout est amplifié. Je sens sa force brute, cette virilité impressionnante qui me malmène avec une tendresse féroce. À chaque va-et-vient profond, j'oublie la montre brisée, j'oublie la lettre anonyme, j'oublie les doutes. Il n'y a plus que cet homme, ce bloc de muscles et de passion qui me possède avec une ferveur de possédé. Sa queue me remplit si intensément que j'ai l'impression que nos deux corps fusionnent en une seule entité de chaleur et de plaisir pur.
Après l'orgasme, dévastateur, il me porte jusqu'au lit avec une infinie délicatesse, comme s'il se souvenait soudain de ma fragilité. Nous restons allongés, enlacés sous la couette, les souffles courts qui s'apaisent lentement dans le silence retrouvé de la chambre. Allan s'endort presque instantanément, terrassé par l'épuisement de sa garde et la violence de notre étreinte.
Je reste éveillé, immobile, observant son corps nu à la lumière du jour qui filtre à travers les stores. C’est là que je les remarque, plus clairement que jamais, maintenant que je sais chercher. Dans son dos, près de l'omoplate, il y a une cicatrice longue et fine, une marque de chirurgie ancienne. Et sur son flanc, une autre marque, comme une brûlure mal effacée que je n'avais jamais pris le temps d'interroger.
Je repense à la montre brisée dans le carton. Je repense à cette lettre anonyme reçue la veille qui parlait d'un "gardien de secrets". Le doute est un poison qui se distille lentement, goutte après goutte, dans les veines de notre relation. Allan est mon amant, mon sauveur, mon pilier. Mais alors qu'il dort paisiblement à mes côtés, sa main tenant fermement la mienne même dans son sommeil, je me demande si l'homme qui partage ma vie n'est pas en train de construire un rempart pour cacher son propre passé. Pourquoi garder ces débris de vie brisée ?
Je me lève doucement, prenant soin de ne pas le réveiller. Je retourne vers le bureau et regarde ce carton au fond de la pièce. Je sais que je devrais arrêter là, mais le silence du duplex est devenu trop lourd, et la curiosité est devenue une nécessité de survie.
Quatre mois se sont écoulés depuis qu’Allan a déposé ses cartons dans le duplex. Quatre mois de fusion presque totale, où le temps semble s'être accéléré. Ma jambe n'est plus qu'un lointain souvenir de douleur ; j'ai retrouvé une motricité quasi parfaite, ne boitant que très légèrement en fin de journée, lorsque la fatigue pèse sur mes muscles. J'ai repris le chemin des cuisines à plein temps, retrouvant avec ivresse le feu des fourneaux et le tumulte du service.
Pourtant, au milieu de cette renaissance, une ombre persiste, aussi ténue qu’entêtante.
Le restaurant est mon âme, mon sanctuaire. J’y passe mes journées à créer, à diriger, à faire revivre cette institution que l’accident avait failli tuer. Naturellement, j’ai voulu qu’Allan en fasse partie. J'ai voulu qu'il s'assoie à la table du chef, qu'il goûte mes nouvelles créations, qu'il rencontre Sophie et le reste de l'équipe dans leur élément.
Mais Allan ne franchit jamais le seuil.
— Viens dîner ce soir, Allan, je lui avais proposé mardi dernier. Je teste un nouveau bar de ligne au fenouil sauvage. Sophie a hâte de te voir.
— J’aimerais tellement, Nicolas, m’avait-il répondu en me serrant contre lui, mais j'ai une conférence en ligne sur la traumatologie du sport à 20h. Je ne peux pas la rater, c'est crucial pour ma spécialisation.
Le lendemain, c’était une urgence administrative à la clinique. Le surlendemain, une séance de rééducation tardive pour un patient VIP. Les excuses sont toujours logiques, professionnelles, imparables. Et lorsqu'il vient me chercher après le service, il ne monte jamais me saluer. Je reçois invariablement le même SMS : « Je suis en bas, la voiture est mal garée en double file, je ne peux pas descendre. Je t'attends. »
Je le rejoins dans l'habitacle sombre, où il m'accueille avec un baiser dévastateur, étouffant mes questions avant même qu'elles ne franchissent mes lèvres. Pourquoi ce refus obstiné de mettre un pied dans mon monde ? Pourquoi reste-t-il cette silhouette immobile derrière le volant, surveillant le restaurant de loin sans jamais y entrer ?
Ce soir, je quitte le restaurant vers 23h. Allan est là, comme toujours, moteur tournant, phares éteints. En montant dans la voiture, je sens une légère tension dans l'air.
— Pourquoi tu ne viens jamais prendre un verre avec nous, Allan ? Même cinq minutes. Sophie commence à croire que tu as une double vie.
— Ne sois pas ridicule, rit-il doucement en passant une main dans ma nuque. C’est juste que je passe mes journées dans des hôpitaux et des cabinets. Quand je te récupère, je veux juste être seul avec toi. Je n’ai pas envie de faire la conversation, j’ai envie de respirer ton odeur.
Arrivés au duplex, cette envie se transforme en une urgence charnelle. Il ne me laisse même pas poser ma veste. Dès que la porte est verrouillée, il me pousse contre le battant, ses mains s'égarant sous mon pull.
Il me porte jusqu'au lit, nos vêtements semés comme des cailloux dans le couloir. Ce soir, Allan est d'une tendresse presque douloureuse. Il me déshabille avec une lenteur de dévot, embrassant chaque cicatrice de ma jambe, comme s'il s'excusait pour quelque chose. Ses mains massent mes muscles fatigués par le service, remontant vers mon entrejambe avec une précision qui me fait cambrer le dos.
— Tu es si beau, Nicolas. Je ne veux jamais que tu l'oublies.
Lorsqu'il se débarrasse de ses propres vêtements, sa queue surgit, fière, imposante, réclamant sa place. Elle est parcourue de veines qui pulsent au rythme de son excitation. Il se place entre mes jambes, son torse massif m'écrasant délicieusement contre le matelas. Il me prépare longuement, ses doigts experts travaillant mon corps pour le rendre souple et accueillant, ses lèvres ne quittant jamais les miennes.
La pénétration est un soulagement immense. Il s'enfonce en moi avec une force contenue, me remplissant d'une chaleur qui irradie jusqu'à mes orteils. Je gémis contre son cou, mes doigts s'enfonçant dans les muscles puissants de son dos. Le rythme qu'il impose est lent, profond, presque méditatif. À chaque va-et-vient de sa queue géante en moi, je sens un lien se resserrer, une appartenance qui me donne le vertige.
— Dis-le, souffle-t-il dans mon oreille. Dis que tu n'as besoin de rien d'autre.
— De rien d'autre... juste de toi...
Nous jouissons ensemble dans un cri étouffé, nos corps tremblant de concert. C'est un instant de perfection absolue, où le monde extérieur, le restaurant et les doutes n'existent plus.
Plus tard, alors qu'Allan dort d'un sommeil de plomb, je reste éveillé, la tête sur son torse. Son cœur bat contre mon oreille, régulier, rassurant. Mais ma main, en cherchant ma place, frôle la montre brisée que j'ai fini par ranger dans mon propre tiroir, incapable de la laisser dans ce carton.
Je me demande : pourquoi Allan évite-t-il le restaurant ? Est-ce vraiment de la fatigue ? Ou y a-t-il quelque chose, un souvenir, une peur, liée à ce lieu précis ou à la rue qui le borde ? Son amour est un océan, mais c'est un océan dont je ne vois pas le fond. Il m'a réparé, il m'aime avec une intensité qui me consume, mais il reste une porte qu'il garde obstinément fermée.
Je ferme les yeux, essayant de chasser cette pensée ingrate. Il est là. Il m'aime. Mais dans le silence de la nuit, je ne peux m'empêcher de me demander si on peut vraiment connaître quelqu'un qui refuse de voir d'où l'on vient.
Fin du chapitre 4.
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