Les aventures de Cunny et Fella (5/10)

- Par l'auteur HDS Philus -
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Auteur homme.
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Récit libertin : Les aventures de Cunny et Fella (5/10) Histoire érotique Publiée sur HDS le 03-08-2026 dans la catégorie Dans la zone rouge
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Les aventures de Cunny et Fella (5/10)
V - Paris

Le bureau de Marcellin d’Espinchal, dans la matinée.
— Putain ! On n’est pas dans la merde, lâcha ce dernier en marchant de long en large.
Son épouse se tenait le front, le coude appuyé sur l’accoudoir du fauteuil où elle était assise, comme pour tenter de soulager une violente migraine.
— Qui aurait pu penser qu’elles allaient foutre le camp ?
D’Espinchal s’arrêta net et se tourna vers Louise.
— La question est surtout de savoir comment elles ont pu sortir d’ici. Les murs sont trop hauts et puis on aurait dû les voir, Bauriau, Ciroteau, un prof…
Louise se rencogna contre le dossier.
— Elles n’ont sûrement pas sauté le mur, mais elles ont pu passer à travers…
Marcellin ouvrit de grands yeux, se demandant un court instant si sa femme allait bien. Louise lui sourit.
— Il y a la tourelle nord-ouest que l’on n’a jamais fait réparer.
— Faute de fric, je sais. Mais la porte en ferraille est fermée à clé en permanence. C’est Bauriau qui en est chargé. Vous croyez que…
— Bauriau n’a pas inventé le fil à couper le beurre et les petites sont malignes, coupa Louise. De plus, je le vois souvent se rincer l’œil aux alentours du pré où les filles font leurs exercices. Elles ont pu en profiter…
Marcellin d’Espinchal tapa sa paume gauche de son poing droit.
— Putain ! Vous avez sûrement raison. Je le convoque pour cet après-midi. Il va falloir qu’il s’explique.

*-*

Léon Bauriau était assis du bout des fesses sur une chaise inconfortable, face aux époux d’Espinchal qui le dominaient derrière le bureau. Il faisait lentement tourner sa casquette entre ses mains rugueuses. Il n’en menait pas large.
— Monsieur Bauriau, commença Marcellin. Savez-vous pourquoi nous vous avons convoqué ?
Mal à l’aise, le jardinier répondit.
— Euh, non, Monsieur le directeur.
— Les deux élèves de cette année se sont enfuies. Vous l’ignoriez ?
— Qui… Qui ça ? Monsieur le directeur.
D’Espinchal frappa le bureau de son poing fermé. Bauriau sursauta.
— Arrêtez avec vos « Môssieur le directeur » ! Je vous demande si vous saviez que mademoiselle Sugnil et mademoiselle Noit s’étaient enfuies.
— Euh, non, Monsieur le d…
— Elles ont profité de la brèche dans la tourelle nord-ouest pour s’éclipser dans la nature. Or, cette tour est bien fermée à clé si je ne m’abuse ? Clé dont vous êtes le dépositaire, monsieur Bauriau. Je me trompe ? Alors, comment expliquez-vous ça ? C’est une faute professionnelle d’avoir laissé cette porte ouverte. Vous savez qu’une telle faute entraîne un licenciement sans indemnités ?…
Il n’en fallut pas plus pour venir à bout du brave homme.
— C’est à cause de la grand-mère de Fella Noit, pleurnicha-t-il.
D’Espinchal regarda son épouse, qui n’avait encore rien dit.
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire de grand-mère ? reprit-il à l’attention de Léon.
Bauriau raconta l’histoire que Fella avait concoctée.
— Et l’anniversaire d’une pseudogrand-mère, ça ne vous a pas paru bizarre ?
— Si, mais…
— Mais quoi ?
Le visage de Bauriau s’empourpra.
— Moi, je sais, déclara Louise d’Espinchal. La petite Fella vous a promis quelque chose, non ? Elle vous a montré sa chatte ? Ses seins ? Ses fesses ?
Bauriau ne disait rien. Il semblait acculé.
— Ou mieux encore, elle vous a fait une gâterie ?
À ces derniers mots, le jardinier éclata en sanglots.
— Oui, madame la directrice. Mademoiselle Noit m’a sucé et m’a fait promettre de laisser la porte de la tourelle ouverte. Quand elles sont parties, j’étais là et j’ai demandé à mademoiselle Sugnil de me laisser lui bourrer la chatte. Oh ! Je regrette, je regrette… se lamenta-t-il.
— Surveillez votre langage, intervint Louise.
— Les salopes… grommela Marcellin. Et lui, qu’il est con !
D’Espinchal se tourna vers Bauriau.
— Bon, remettez-vous Bauriau. Je ne vous licencie pas, mais je réduis votre salaire de dix pour cent. De plus, vous n’aurez pas de prime cette année.
Puis à l’attention de son épouse.
— Ça sera toujours ça de gagné, murmura-t-il en clignant de l’œil.
— Merci, merci, monsieur le directeur et madame la directrice. Merci encore.
— Retournez travailler maintenant.
Léon Bauriau ne se le fit pas répéter et sortit du bureau sur le champ. Dans le couloir, il pensa « Je savais bien que ces connasses me foutraient dans la merde. Dix pour cent et pas de prime, ça fait cher pour une pipe et tirer un coup ! »

Le calme était revenu dans le cabinet du directeur.
— Qu’est-ce qu’on fait alors ? On prévient les parents, demanda Louise.
Marcellin fusilla sa femme du regard.
— Sûrement pas ! Vous êtes folle ou quoi ? Ils vont nous réclamer l’annuité qu’ils ont versée. De plus, n’oubliez pas que Sugnil se présente à la mairie d’Auxerre aux prochaines élections et devinez qui il y a dans son équipe ? Je vous le donne en mille : Frédéric Noit, le médecin-chef de l’hôpital et père de Fella. S’ils savent ça, nous sommes fichus. Non, on ne dit rien. D’ici les vacances d’été, on aura bien le temps de les retrouver. Et puis, si ça se trouve, elles vont revenir d’elles-mêmes, elles n’ont pas un sou en poche et nulle part où aller… Ne vous inquiétez pas, ça va s’arranger.
Louise grimaça un sourire.
— Si vous le dites…

*-*

La pluie se décida à tomber juste après avoir passé le péage d’Auxerre. Les grands essuie-glaces du poids lourd balayaient mollement le pare-brise par intermittence. Cunny et Fella dormaient assises, la tête tombante. Daniel, le chauffeur, lorgnait les genoux de Fella, car sa jupe était un peu remontée. Il commença à avoir des idées salaces et approcha doucement sa main. Il se saisit du bord du vêtement et le retroussa, dévoilant ainsi dans toute sa splendeur les cuisses de la belle rousse et le triangle blanc de sa culotte. Il glissa la main dans sa poche et se tritura la verge qui bandait. Tout en conduisant, il défit la fermeture à glissière de la braguette et abaissa sous le scrotum l’élastique de son slip. Une bite minuscule d’à peine huit centimètres de longueur sur trois de diamètre émergea de son bas-ventre. En comparaison, ses couilles paraissaient monumentales. Il commença à faire aller et venir le prépuce qui semblait bien trop long pour un si petit pénis. Un coup de frein intempestif réveilla Fella qui se vit les cuisses et la culotte à l’air. Le mouvement du bras de Daniel à sa gauche attira son regard. Elle sourit en le voyant se branler, puis ayant pitié de lui, se saisit de sa main pour la coincer entre ses jambes. Elle se pencha vers lui et goba le gland du modeste pénis. Fella n’avait pas beaucoup d’expérience, mais il lui semblait tout de même que la bite qu’elle avait dans la bouche s’avérait bien plus petite que la moyenne. Quand elle pressa les testicules, elle se rendit compte de leur grosseur hors du commun. « Une petite bite sur de grosses couilles, je n’avais encore jamais vu ça ». Cunny se réveilla à son tour. Lorsqu’elle vit son amie allongée sur Daniel, elle ne put s’empêcher de demander.
— Mais qu’est-ce que tu fabriques, Fella ?
Fella sortit la bite de sa bouche.
— J’le suce, ça ne se voit pas ?
— Oh !
Daniel récupéra son bras pour mieux tenir le volant. La chevelure de Fella montait et descendait, Cunny l’observait avec une envie naissante.
— Aahhh ! s’écria Daniel. Je jouis !
Fella arrêta son va-et-vient, laissant arriver sur sa langue les giclées de sperme. Elle en dénombra huit, et toutes étaient bien garnies. Quand elle sentit que la dernière était venue, elle releva la tête et déglutit bruyamment.
— T’en fais des litres mon cochon ! ne put-elle se retenir de dire.
Daniel reprenait son souffle et Cunny commençait à se caresser ; Fella se redressa. Elle se saisit du bras de Cunny et glissa la main dans sa culotte. Elle fit de même et les deux filles se masturbèrent en chœur leurs bras croisés. Daniel se rinçait l’œil en attendant de récupérer. Quelques minutes plus tard, l’orgasme s’empara des deux amies.

— Tu suces bien la rouquine, déclara Daniel quand le calme revint dans les slips.
— C’est gentil. Et toi, ta bite n’est pas grosse, mais elle jute beaucoup.
— J’ai un copain routier, il gicle au moins deux fois comme moi.
— Tu ne crois pas qu’il se vante ? questionna Fella.
— Non, parce qu’il m’arrive de le sucer. Tu sais, entre routiers, des fois on s’arrange. Mais ils ont tous une bite plus grosse que la mienne.
Cunny et Fella étaient stupéfaites. Elles imaginaient les routiers comme des hétéros pur jus, mais finalement, elles constatèrent que ce n’était pas toujours le cas. Et puis elles-mêmes s’arrangeaient bien entre elles quand l’occasion se présentait, alors pourquoi pas eux ?
— Vous ne faites que vous sucer entre vous ? s’intéressa Cunny.
— On suce, on branle et on se sodomise. On est actif ou passif, chacun à son tour. D’ailleurs à ce propos, Cunny, j’ai un service à te demander…

Non loin de Paris et toujours sur l’autoroute, une station-service « spéciale routiers » avait été aménagée par une célèbre compagnie pétrolière étrangère. Les chauffeurs y trouvaient naturellement de quoi se restaurer et des toilettes confortables nettoyées quatre ou cinq fois par jour. Des douches avaient également été installées ainsi qu’une salle de relaxation dotée d’un baby-foot, de deux billards et d’une télévision murale.
Lorsque Daniel y pénétra, sourire aux lèvres, accompagné par les deux amies, un silence religieux s’établit, tout juste troublé par le son de la télé. Tous les routiers, y compris les « routières », n’avaient d’yeux que pour Cunny et Fella. Celles-ci se sentirent gênées et se rapprochèrent instinctivement de Daniel. Ce dernier posa un plateau garni sur une table et le trio s’assit. Au fond de la salle, un homme s’approcha de l’oreille de son voisin.
— Putain le Daniel ! T’as vu ce qu’il ramène avec sa petite bite ? Je ne sais pas comment il fait, tu sais, toi, Julien ? murmura-t-il.
— Peut-être bien. Daniel a une petite bite, mais quand tu le suces, t’en as plein la bouche, répliqua-t-il sur le même ton.
— Pas faux, mais tout de même…

Fella attaqua son sandwich et sa bière sans alcool. Daniel et Cunny n’y touchèrent pas immédiatement.
— Tu viens ? demanda-t-il à Cunny.
— D’accord. T’as déjà eu les faveurs de Fella, alors à mon tour, si j’ai bien compris, répondit Cunny en souriant.
Le couple se leva et Daniel prit la main de la jeune femme pour se diriger vers les douches. Les yeux des consommateurs leur sortaient des orbites, car tout le monde savait ce qu’il se passait là-bas. Certains même bandèrent en s’imaginant à la place de l’heureux chauffeur.
Le routier entraîna sa partenaire et ils pénétrèrent dans l’une des quatre vastes cabines carrelées. Il se déshabilla et accrocha ses vêtements à une patère, Cunny l’imita. Il s’approcha de la jeune femme et l’enlaça tendrement, puis posa sa bouche sur la sienne. Les langues se mêlèrent violemment, émettant des bruits de succion incongrus. L’homme plaqua ses deux mains sur les seins somme toute modestes de la fille, les malaxa, puis lui pinça les tétons avant de les sucer. Cunny se laissa faire, les yeux fermés. Il abaissa son visage le long du ventre blanc, tomba à genoux et fourra son nez dans les fins poils blonds de son pubis. Une goutte de cyprine chuta des nymphes de Cunny. Il la recueillit du bout de la langue, puis dévora la vulve entière avec un grand « slurp ». Cunny poussa un petit cri en sentant le contact des lèvres brûlantes.

L’homme du fond de la salle semblait nerveux. Il s’approcha de son voisin.
— Qu’est-ce que tu crois qu’il lui fait, avec sa petite bite ?
— Je ne sais pas moi, il se fait sucer ou bien il l’encule. Elle ne fait pas mal sa pine quand il te la met dans le cul, il le sait et il en profite.
— Faut que j’en aie le cœur net, râla l’homme en se levant brusquement.
— Où vas-tu, Franck ? questionna Julien sans obtenir de réponse.

Ledit Franck se faufila entre les tables et se dirigea vers les douches. Il n’eut aucun mal à deviner quelle cabine était occupée, c’était la seule où l’on pouvait entendre des gémissements non équivoques. Il s’approcha et entrebâilla légèrement la porte dépourvue de verrou par mesure de sécurité. Il dégrafa son pantalon et sortit sa pine qui bandait avec vigueur, puis risqua un œil dans l’étroite ouverture.

Totalement nue, jambes écartées, adossée à la paroi, Cunny se laissait bouffer la chatte par Daniel accroupi. Son scrotum imposant effleurait le sol en ballotant entre ses cuisses. Franck commença à se masturber, le regard fixe. La jeune femme soupirait fort, Daniel possédait une langue habile. Quelques minutes plus tard, ce fut l’extase, Cunny s’agrippa fermement aux cheveux du routier et hurla pendant plusieurs secondes.
— Aahhh !...
Franck ne perdait pas une miette du spectacle, son gros gland rouge apparaissait et disparaissait sous son prépuce suintant de liquide pré-éjaculatoire. Daniel se releva et intima à Cunny de se mettre à quatre pattes le cul en l’air. Sa petite queue raide comme un piquet fit sourire l’observateur indélicat. En revanche, ses énormes couilles semblaient avoir pris encore plus de volume. Franck ralentit sa branlette, curieux de la suite des évènements. L’homme écarta les fesses de Cunny d’une main, laissant apparaître un sphincter rose et serré telles les pages d’un vieux livre. Il glissa un doigt dans la chatte trempée et le retira pour le planter dans l’anus. Cunny gémit. Il tritura le rectum quelques secondes, puis approcha sa bite qu’il enfonça de toute sa modeste longueur. Franck bavait, sa masturbation commençait à porter ses fruits. Daniel secoua ses hanches d’avant en arrière. Franck voyait les fesses de son collègue se resserrer et se détendre successivement. Vint le moment où Daniel ne put que jouir sans retenue dans le ventre de la belle blonde.
— Humffff !
Les grosses couilles déchargèrent un volume conséquent de sperme épais qui tomba en partie au sol lorsque Daniel retira sa pine de son écrin. Cette dernière redevint alors flaccide et minuscule. Franck eut soudain envie de sucer le petit bout infantile qu’il apercevait quand il éjacula lui-même le plus silencieusement possible. Il revint s’asseoir en vitesse à côté de son ami Julien, dès qu’il comprit que le couple allait sortir de la cabine. Nus tous les deux, Cunny et Daniel se nettoyèrent rapidement aux lavabos, puis regagnèrent la salle commune après s’être rhabillés. Fella avait terminé son sandwich et sa bière.
— Misère, vous en avez mis un temps ! s’exclama-t-elle. Ça devait être particulièrement bon, mais j’ai l’impression que vous avez eu un spectateur, ajouta-t-elle en désignant Franck du menton.
Daniel et Cunny observèrent l’homme ostensiblement, Franck ne savait plus où se mettre et rougit comme une pivoine. Daniel haussa les épaules et attaqua son sandwich, aussitôt imité par Cunny.

*-*

Le périphérique était surchargé, comme d’habitude. Le poids lourd s’engagea à l’est sans quitter la voie de droite. À cinquante kilomètres-heure, les trois passagers avaient l’impression de se traîner.
— Ça pue et on n’avance pas par ici ! s’exclama Cunny.
— Bienvenue à Paris, mesdemoiselles ! rétorqua Daniel en souriant.
Puis, passé quelques secondes…
— Il va être temps de nous séparer, les filles. J’ai fait un sacré beau voyage avec vous, merci. Vous ne connaissez personne ici ?
Sur une dénégation de la tête des deux jeunes femmes, il reprit.
— Je vais vous laisser à la porte de Vincennes. Vous continuez à pied jusqu’à Nation, ce n’est pas très loin. Vous prendrez le métro direction porte-dauphine et vous descendrez à Blanche. Là, vous apercevrez la rue Puget. Au milieu de la rue, il y a un cabaret qui s’appelle la « Lune Pourpre », allez-y et demandez Geronimo de ma part. Gaulées comme vous êtes, il vous trouvera un boulot tout de suite.
— Geronimo ? répéta Fella en riant.
— Oui, Geronimo. Il s’appelle Paul en réalité, Paul quelque chose, je ne sais même plus. C’est un ancien routier et un fana de la marque de motos Indian, d’où Geronimo…
— Nous voilà porte de Vincennes. Au revoir, les filles, et merci pour tout.
Le camion quitta provisoirement le réseau routier principal. Les deux filles descendirent de la cabine, puis Daniel regagna le boulevard par la bretelle d’entrée, donnant un petit coup d’avertisseur en signe d’adieu.

Après un ultime geste de la main en direction du poids lourd qui s’éloignait, Cunny et Fella passèrent sous le périphérique et remontèrent le cours de Vincennes. Le ciel restait maussade et les nuages noirs qui défilaient n’attendaient qu’une minute d’inattention des Parisiens pour se déverser sur la capitale. Elles ne connaissaient que la ville d’Auxerre comme ville de quelque importance, aussi furent-elles effarées de la largeur de l’avenue, du bruit ambiant et de la puanteur des gaz d’échappement. Le chemin jusqu’à la place de la Nation leur parut très long. Elles aperçurent enfin l’entrée du métro et s’y engouffrèrent en repérant la direction de la porte-Dauphine. Les deux filles se firent peloter les fesses un nombre incalculable de fois. Un homme assis sur un strapontin s’enhardit même à passer la main sous la jupe de Cunny, restée debout, pour lui toucher la culotte. Elle le gifla dans une indifférence totale et il descendit tranquillement à la station suivante.

— Blanche ! confirma Fella lorsque la rame s’arrêta enfin après un certain temps.
Les deux amies sortirent du wagon et grimpèrent l’escalier jusqu’à la place Blanche, juste devant un Mac Donald. Elles repérèrent sans peine la rue Puget, qui leur sembla très étroite par rapport à ce qu’elles avaient vu jusqu’à présent. Elles s’y engagèrent. Comme c’était le milieu de l’après-midi, la grande enseigne verticale de la « Lune Pourpre » était éteinte, mais impossible de se tromper. C’était bien là.

*-*

Aucune lumière n’éclairait le hall d’entrée, et la porte vitrée était fermée. Cunny colla son nez au carreau, les mains en écran de chaque côté de la tête pour tenter de distinguer quelque chose.
— Je ne vois rien, déclara-t-elle. Ah ! Si, il y a quelqu’un ! Elle tapa à la vitre de son index replié.
Un individu affairé, d’une cinquantaine d’années, n’avait pas remarqué les filles. Il sursauta puis parla assez fort.
— Qu’est-ce que vous voulez ? C’est fermé.
— Nous voudrions voir Geronimo, fit Cunny sur le même ton.
— Geronimo ? Vous voulez dire Paul Fournier ?
Les deux jeunes femmes hochèrent la tête.
— Qui vous envoie ?
— Daniel, un routier.
À l’énoncé de ce nom, le visage de l’homme s’éclaircit. Il sortit un volumineux trousseau de clés de sa poche, déverrouilla une serrure et fit entrer les deux amies.
— Suivez-moi, ordonna-t-il.
Les deux filles n’en menaient pas large. Elles se laissèrent conduire dans un dédale de couloirs et d’escaliers sombres jusqu’au dernier étage. L’homme frappa à une porte, puis pénétra dans la pièce.
— Paul, y’a deux nanas qui demandent Geronimo… C’est Daniel qui nous les envoie.
— Daniel ? Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu ce vieux bandit ! s’exclama-t-il en riant. C’est bon, Jacques, je m’en occupe.

Les deux filles restaient debout, embarrassées, leur sac en bandoulière devant le bureau de Paul. Celui-ci se recula dans son fauteuil en les scrutant de la tête aux pieds pendant une trentaine de secondes.
— Vous savez danser ?
Les deux amies s’entreregardèrent.
— Ben, non, répondit Cunny.
— Alors, je ne vois que le strip-tease pour vous. Posez votre sac dans le coin, là, et déshabillez-vous.
— Nous… déshabiller ? répéta Fella.
— Oui, vous déshabiller. Que voulez-vous faire d’autre à la « Lune Pourpre » si vous ne savez pas danser ?
Cunny et Fella se débarrassèrent de leur sac et se mirent nues devant les yeux apparemment indifférents de Geronimo.
— Vous êtes sacrément bien foutues, les filles, toi, avec ta chatte rousse, tu vas faire un malheur. Jacques va vous montrer une chambre au second, car je suppose que vous ne savez pas où coucher et que vous n’avez pas un rond. Mado va vous montrer le b-a-ba de l’effeuillage et puis autre chose, vous verrez plus tard avec elle.
Il appuya sur un bouton d’interphone, puis, quelques secondes plus tard, une voix dans le haut-parleur.
— Oui ?
— Remonte me voir, Jacques. J’ai embauché les deux nanas à l’essai. Préviens Mado.

*-*

Deux semaines plus tard, les filles étaient rodées. Non seulement elles étaient devenues des stars locales du strip-tease, mais montrer son cul en public, avec son petit goût d’interdit, leur plaisait énormément. Cunny avait décidé de s’épiler le pubis en totalité. C’était rare à cette époque. « De toute façon, mes poils, on ne les voit pas », se justifiait-elle. Quant à Fella, sa chatte rousse obtenait chaque soir un peu plus de succès, à tel point qu’on la surnommait « La Lune Rousse ». Elle la taillait bien en triangle, ce qui faisait ressortir ses cuisses et son ventre d’un blanc immaculé. Les clients adoraient leur numéro.

Un jour cependant, Mado, de son vrai nom Madeleine Germain, responsable du spectacle, les convoqua dans son bureau.
L’atmosphère était bon enfant, les trois femmes étaient assises autour d’une table basse à déguster une tasse de thé. Une conversation de salon s’installa, puis Mado déclara :
— Bon, les filles. J’ai un truc à vous demander.
Cunny et Fella étaient tout ouïe.
— Il y a un local en sous-sol que vous n’avez pas encore vu. D’habitude, on fait appel à deux professionnelles qui tapinent rue Lepic, mais elles ne sont plus disponibles, et ce, pour un bout de temps, je crois.
Fella réagit au quart de tour.
— Il n’est pas question qu’on fasse la pute, s’indigna-t-elle.
— Non, ce n’est pas ça, enfin pas tout à fait. Mais venez voir… continua Mado en se levant.
Les trois femmes descendirent au sous-sol. Derrière une porte, un couloir était décoré dans le style de la salle de spectacle.
— Voyez cet escalier à gauche, il monte directement vers les clients. Les habitués peuvent venir ici jusque dans la pièce du fond, mais ils sont triés sur le volet.
— Qu’y a-t-il dans cette pièce ? interrogea Cunny.
— Voyez par vous-mêmes, répondit Mado en ouvrant la porte.
La pièce, de taille moyenne, était séparée en deux par un panneau de bois épais. Une ouverture permettait de passer de l’une à l’autre partie. L’éclairage s’avérait minimal, il était difficile de distinguer le sol. Deux trous à mi-hauteur de la cloison intriguaient les jeunes femmes qui n’avaient jamais vu de glory-hole de leur vie. Mado leur expliqua tout ce qu’elles devaient savoir.
— Comme je vous l’ai dit, les clients de cet endroit sont peu nombreux. Vous viendriez après votre numéro sucer deux ou trois bites chacune par soir. Quelquefois, il n’y a personne, d’autres fois, ça se bouscule un peu. J’ai besoin de savoir, et Paul aussi, si je peux compter sur vous. Nous ne cherchons pas de remplaçantes parce que, jusqu’à présent, vous avez donné toute satisfaction, mais ça pourrait changer. La balle est dans votre camp, les filles. Sachez que je regretterais de vous voir partir.
Cunny et Fella se déplacèrent au fond de la pièce, Mado sortit dans le couloir par discrétion.
— Qu’en dis-tu ? murmura Cunny.
— Je dis qu’on n’a pas trop le choix. On taille des pipes ou on se retrouve à la rue. On n’a pas encore trop de fric avec la pension que l’on paye, observa Fella.
— C’est bien ce que je me disais.
— Bon, nous sommes d’accord ?
— Oui. On peut toujours commencer, si ça ne convient pas à l’une d’entre nous, on part direction Hendaye.
— Ça ne t’a pas quitté, fit Cunny.
— Non, j’attends le bon moment.

Mado revint dans la pièce.
— Alors ? s’enquit-elle.
— D’accord, firent les deux filles en chœur.
— Vous prenez la bonne décision, mesdemoiselles, mais il faut que vous sachiez deux choses. D’une part, c’est rémunérateur, car parfois des billets de banque passent par les trous à bites et d’autre part, certains membres du personnel viennent ici de temps en temps. Je ne suis pas censée le savoir et vous non plus, car vous devez respecter l’anonymat total des hommes qui viennent ici. Compris ?
— OK.
— Allez faire un tour dans Paris et revenez pour le spectacle. Vous n’aurez pas beaucoup de bites à sucer ce soir, c’est un jour calme.

*-*

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