Mémoire d'Escorte E08
Récit érotique écrit par Miss_Sexcret [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 09-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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La journée à la fac avait un goût bizarre.
J’étais assise au troisième rang de l’amphithéâtre, le même qu’il y a quelques semaines, et M. Fournier parlait encore des mécanismes de dissociation. Autour de moi, les stylos grattaient, les ordinateurs cliquetaient, quelqu’un bâillait. Moi, j’avais le carnet ouvert, mais j’écrivais autre chose que le cours. Des phrases en vrac. Des sensations. Le souvenir précis de la façon dont Stéphane avait dit « petite pute » en me regardant dans les yeux.
Le soir, dans le bus qui me ramenait vers chez moi, j’ai reconnu M. Morel dès ma montée dans le bus. Il était assis au fond, côté vitre. Les places se faisaient face à face sur cette rangée là. J’ai avancé sans hésiter et je me suis installée exactement en face de lui.
Il a relevé les yeux. J’ai croisé les jambes, lentement, et je lui ai souri.
— Bonsoir, Monsieur Morel. Il a incliné la tête, un peu raide.
— Léna.
— Je voulais vous remercier. Pour Valérie. Vous m’avez vraiment rendue service.
Son regard a glissé une seconde trop bas sur ma jupe. J’ai posé mon coude sur le dossier et j’ai penché un peu le buste vers lui, assez pour que ma voix reste basse.
— Dites… vous la portez, ce soir ? Il a froncé les sourcils.
— Pardon ?
— Ma culotte. Celle de l’autre jour. Vous l’avez mise ?
Il a détourné les yeux vers la vitre. Ses oreilles ont rougi. J’ai laissé passer deux stations en silence, juste pour le regarder se contracter.
À l’ arrêts de la salle de sport, j’ai senti le bus ralentir. Je me suis levée. Avant de passer devant lui, j’ai glissé la main sous ma jupe, j’ai fait descendre la culotte le long de mes cuisses d’un seul geste fluide, et je l’ai froissée dans mon poing. Quand je me suis penchée vers lui comme pour garder l’équilibre, je lui ai ouvert la poche de sa veste et j’y ai glissé le tissu encore chaud. Puis je me suis approchée de son oreille.
— J’ai bien mouillé dans celle-là. Prenez-en soin… c’est pas ma préférée.
Je me suis redressée, je lui ai souri une dernière fois, et je suis descendue sans me retourner.
*Note mentale : vol de culotte inversé dans un bus de banlieue. Niveau de perversion gratuit : satisfaisant. Niveau de risque d’être vue : moyennement calculé. À retenir pour le chapitre « fétichisme et espace public ».*
---
En début d’après-midi, j’avais filé dans un magasin de lingerie du centre commercial. Pas un de ces endroits clinquants. Un rayon plus discret, un peu haut de gamme.
J’ai pris deux paniers.
Dans le premier : de la lingerie « adolescente ». Culottes blanches coton, petits nœuds, brassières simples, ensembles rose pâle ou bleu ciel, presque sages. Le genre de trucs qu’une lycéenne un peu coquette porterait sous son jean. J’imaginais déjà le regard des clients en les découvrant.
Dans le second : l’exact contraire. Ensembles noirs en dentelle très fine, porte-jarretelles, strings qui n’existaient presque pas, un body transparent, une nuisette courte qui ne cachait rien. Femme fatale. Celle qu’on paie pour qu’elle sache exactement ce qu’elle fait.
La vendeuse m’a regardée avec un mélange de curiosité et de neutralité professionnelle pendant que je montrais les deux styles.
— C’est pour… des occasions différentes ? a-t-elle demandé poliment.
— Oui, ai-je répondu. Très différentes.
*Pretty Woman version banlieue ouest. Sauf que Richard Gere n’est pas là et que c’est moi qui paie cash avec l’argent d’un mec qui m’a éjaculé sur les lunettes. L’Amérique a inventé le rêve, la France a inventé le pragmatisme.*
J’ai payé cash. L’argent de Stéphane partait déjà. Ça me faisait un effet étrange, presque plaisant.
---
À 19 h 20, j’étais devant le code de l’immeuble d’Élise, dans le 11e. Elle m’a ouverte en jogging moulant et débardeur, cheveux cuivrés attachés n’importe comment, torse sorti sans soutien-gorge. Derrière elle, on entendait déjà des rires de femmes et de la musique basse.
— T’es à l’heure. Entre. On a déjà ouvert le vin.
L’appartement était grand, bordélique dans un style assumé. Canapé profond, tapis clair, photos encadrées un peu partout (certaines très soft, d’autres beaucoup moins). Deux filles étaient déjà là.
La première s’appelait Manon. Brune, trente ans environ, poitrine généreuse, bouche pulpeuse, regard direct. Elle était allongée dans le canapé avec un verre de blanc. La seconde, Cloé, plus jeune, presque mon âge, petite, blonde platine, air de gamine perverse. Elle était pieds nus et portait seulement un short et un crop top.
— Les filles, voici Léna, a dit Élise. La nouvelle. Celle qui a fait jouir Stéphane pendant huit heures et qui prend des notes comme une stagiaire en psycho.
Manon s’est redressée et m’a détaillée sans aucune gêne.
— Ah ouais… le visage de bonne élève, le petit corps bien fait, les seins parfaits. Valérie a déniché une pépite. Viens, assieds-toi. On veut tout savoir.
Cloé a ajouté en souriant :
— T’as un cul de rêve, dit clairement. Les clients vont se battre.
On a commencé à boire. Du vin blanc très frais, puis un peu de vodka avec du jus de pamplemousse. Très vite, les langues se sont déliées.
— Premier client, c’est toujours le plus bizarre, a dit Cloé en croisant les jambes. Le mien voulait que je le traite de « papa » pendant qu’il me suçait les orteils. J’avais dix-neuf ans, j’étais morte de rire intérieurement.
— Moi c’était un mec qui m’a fait lire son jugement de divorce à voix haute pendant qu’il me baisait, a enchaîné Manon. Très romantique.
Élise a posé une main sur mon genou.
— Toi t’as eu de la chance de tomber sur Stéphane en premier. Allez, raconte un peu. Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
J’ai résumé, sans trop rentrer dans les détails techniques, mais assez pour qu’elles comprennent. La pipe pédagogique, les couettes, les orgasmes non simulés, la fontaine, le fait qu’il m’ait gardée huit heures. Les trois ont échangé des regards impressionnés et amusés.
— Huit heures et une fontaine dès la première fois…, a sifflé Manon. La petite a du potentiel.
Élise a servi à nouveau.
— Les conseils importants, Léna. Tu écoutes. Déjà, les clients qui parlent trop de leur femme ou de leurs enfants : tu les laisses parler dix minutes, tu fais la compréhensive, après tu recentres sur leur queue. Sinon ils deviennent mélancoliques et ils baisent mal. Et ils paient moins d’extras.
— Et pour faire monter la note ? ai-je demandé.
Manon a souri comme une professeure satisfaite.
— Tu gémis vraiment quand c’est bon. Quand c’est moyen, tu gémis un peu moins, mais tu dis des trucs comme « encore… plus fort… ». Ils adorent croire qu’ils te font perdre le contrôle. Et pour les extras : tu attends qu’ils soient bien durs, bien excités, et là tu dis d’une petite voix « tu sais… j’accepte certaines choses en plus… si tu veux ». La plupart sortent la carte sans même demander le prix.
*Note mentale : techniques de vente appliquées à la queue. Module « upselling sexuel ». Je devrais proposer ça en option dans mon mémoire. Mention très bien.*
Cloé a hoché la tête.
— Et si tu veux qu’ils te revoient, tu leur laisses un truc. Une culotte. Une photo sur leur téléphone (sans visage). Un message le lendemain. « J’ai encore ton odeur sur moi ». Ça marche à chaque fois.
J’écoutais en prenant des notes mentales frénétiques. Le vin aidait. L’atmosphère aussi. Les trois filles parlaient de bites, de culs, de clients chiants, de clients excellents, de fois où elles avaient joui pour de vrai et de fois où elles avaient simulé tellement bien que le mec avait failli pleurer.
Manon a raconté un client qui la faisait s’agenouiller sous son bureau pendant ses visios. Cloé a parlé d’un homme qui la payait uniquement pour qu’elle le regarde se branler en lui racontant ses journées de lycée. Élise a évoqué un régulier qui lui achetait des collants qu’il déchirait ensuite lui-même.
— Et vous… pourquoi vous faites ça ? ai-je fini par demander. Honnêtement.
Il y a eu un petit silence.
Manon a répondu la première, en tournant son verre.
— Moi c’est l’argent, clairement. Et le fait que je choisis. Chez moi, avec un mec normal, je dois faire semblant d’être soft et amoureuse. Là, je peux être une vraie salope et me faire payer pour ça. C’est plus honnête.
Cloé a haussé les épaules.
— Moi j’aime bien le pouvoir. Le moment où un mec qui gagne dix fois mon salaire me regarde comme si j’étais la seule chose importante au monde… pendant une heure. Après il repart, et moi je compte les billets. J’aime bien cette bascule.
Élise a souri en me regardant.
— Moi c’est un peu des deux. Et aussi parce que je suis bonne. Très bonne. Et autant être payée pour un talent.
On a ri. On a continué à boire. Les histoires sont devenues plus sales. Manon a raconté un client qui la faisait pisser dans sa bouche. Cloé a parlé d’un mec qui voulait qu’elle le traite de « petite chienne » pendant qu’elle le chevauchait. Élise a expliqué comment elle faisait pour jouir presque à chaque fois : « Je pense à ce que je vais m’acheter avec l’argent. Ou parfois je pense juste à la bite. Faut pas compliquer. »
*Note mentale : la philosophie de l’escorte en trois phrases. 1. L’argent. 2. Le pouvoir. 3. « Faut pas compliquer ». J’aurais dû venir ici avant la bibliothèque de la Sorbonne.*
À un moment, Cloé s’est levée pour chercher une autre bouteille et a passé derrière le canapé. En repassant, elle a traîné ses doigts sur mon épaule, puis plus bas, le long de mon bras, d’une façon qui n’était pas tout à fait anodine. Personne n’a commenté.
*Sa main est douce. Et moi je suis en train de noter mentalement la pression exacte de ses doigts. Très scientifique. Très.*
Vers une heure du matin, j’avais trop bu. Les voix tournaient un peu. Je riais plus facilement. Mon carnet mental était plein, mais mon corps était lourd et chaud.
Élise m’a regardée et a posé une main sur mon genou.
— T’es dans l’état. Tu veux rentrer comme ça ou tu restes ici ? J’ai un canapé très confortable. Ou mon lit, si le canapé te fait peur.
Manon et Cloé ont échangé un regard amusé.
— On vous laisse, a dit Manon en se levant. Élise n’est pas méchante. Et t’as l’air d’avoir besoin de digérer tout ce qu’on t’a raconté.
J’ai regardé Élise. Son débardeur laissait voir la pointe de ses seins. Son sourire était doux et un peu moqueur à la fois.
— Oui, ai-je répondu. Je reste.
Elle a hoché la tête, satisfaite.
— Parfait. Les filles, on débarrasse un peu. Léna, tu prends une douche si tu veux. Je te prête un t-shirt.
Dans la salle de bains, sous l’eau tiède, j’ai repensé
à la journée entière : le regard de Morel dans le bus, la culotte dans sa poche, les deux paniers de lingerie, les photos de la veille, les histoires de bites et d’argent, le vin, la main de Cloé sur mon bras.
Tout s’empilait.
Quand je suis ressortie, Manon et Cloé étaient parties. Élise m’attendait dans le couloir avec un grand t-shirt noir.
— T’as les yeux qui brillent, a-t-elle dit. C’est bon signe. Ou mauvais. On verra demain.
Elle m’a montré le canapé, déjà fait avec un drap et un oreiller.
— Si tu as besoin de quoi que ce soit… tu frappes. Même à trois heures du matin. On est entre nous, maintenant.
J’ai hoché la tête.
Je me suis allongée.
*Note mentale, 2 h 17 : première soirée entre escortes. Niveau de vulgarité : élevé. Niveau d’informations concrètes : très élevé. Niveau d’alcool dans le sang : trop élevé. Et pour la première fois depuis le début, je ne me sens pas en observation. Je me sens… à l’intérieur.*
J’ai fermé les yeux.
Dehors, Paris continuait.
Dedans, quelque chose avait encore un peu plus basculé.
Mais je n’arrivais pas à dormir.
J’entendais qu’Élise ne dormait pas non plus. Au bout d’un long moment, je me suis levée et je suis allée frapper doucement à sa porte.
— Oui ?
J’ai ouvert. Elle était allongée sur le lit, allongée sur le dos, le t-shirt remonté un peu sur son ventre, un bras derrière la tête. Elle a relevé les yeux vers moi.
— Je… je peux te parler ? ai-je demandé.
Elle a tapoté le matelas à côté d’elle. Je suis entrée et je me suis assise en tailleur, maladroitement.
— J’ai coché « sexe avec une femme » sur la fiche des extras, ai-je dit d’une traite. Et… j’ai jamais fait. Enfin si, j’ai embrassé une fille une fois en soirée, à dix-huit ans. Mais jamais… le reste. Et maintenant c’est sur le papier. Et des clients vont peut-être le demander. Et je panique un peu.
Élise m’a regardée en silence pendant quelques secondes, puis elle a souri, doucement, sans se moquer.
— Tu veux que je t’apprenne ?
La question était simple. Posée comme on propose de montrer comment se servir d’une machine à café.
J’ai senti mes joues chauffer.
— Je… oui. Enfin, si tu veux. Je sais pas comment on fait. Je sais même pas si je vais aimer. Mais je préfère découvrir ça avec quelqu’un qui… qui sait. Et qui me jugera pas.
Elle s’est redressée un peu, s’est approchée, et a posé une main très légère sur ma joue.
— On va y aller doucement. Comme Stéphane t’a appris à sucer. Sauf que là, c’est moi. Et je suis plus patiente que la plupart des mecs.
Elle a rit tout bas.
— Déjà, on commence par s’embrasser. Si tu kiffes pas, on arrête. D’accord ?
J’ai hoché la tête.
Mon cœur battait trop vite.
Pas de la peur, exactement.
Autre chose.
Élise s’est penchée et a posé ses lèvres sur les miennes.
C’était différent. Plus doux. Plus lent. Ses lèvres étaient plus fines que celles d’un homme, et elle savait exactement comment incliner la tête. Quand sa langue a touché la mienne, j’ai eu un petit sursaut, puis je me suis laissée faire. Une de ses mains a glissé dans mon dos, sous le t-shirt qu’elle m’avait prêté.
— Tu trembles encore, a-t-elle murmuré contre ma bouche.
— Un peu. C’est… nouveau.
— Je sais. Viens plus près.
Elle m’a allongée doucement sur le lit, s’est placée à moitié sur moi, et a recommencé à m’embrasser en laissant sa main explorer très lentement. D’abord mon ventre, puis plus haut, sous le tissu, jusqu’à frôler le dessous de mon sein. Elle n’est pas allée plus loin tout de suite. Elle attendait que mon corps dise oui.
*Note mentale, 2 h 51 : première vraie leçon lesbienne. Professeure : Élise. Méthode : douceur + humour + zéro pression. Élève : moi. Niveau de maladresse : élevé. Niveau de curiosité : encore plus élevé. Et mon putain de carnet mental est en train de noter la texture de sa peau pendant que sa main est sous mon t-shirt. Je suis irrécupérable.*
Élise a souri contre mon cou.
— On a tout le temps, Léna. Y a pas d’extras à facturer ce soir.
Sa main a glissé un peu plus haut. Les doigts ont trouvé mon sein, l’ont pesé, puis le pouce a commencé à tourner très lentement autour du téton. Pas pour le pincer. Juste pour le réveiller. Je suis devenue dure sous son doigt presque immédiatement. Un petit son m’est sorti de la gorge, surpris.
Elle a soulevé mon t-shirt. Je l’ai aidée, maladroite, les bras coincés une seconde dans le tissu. Quand il est passé au-dessus de ma tête, j’étais torse nu face à elle. Élise a posé ses deux mains à plat sur mes seins, les a écartés légèrement, les a regardés.
— T’as de beaux seins, a-t-elle dit simplement. Fermes. Sensibles, on dirait.
Elle s’est baissée et a pris un téton dans sa bouche. Chaud. Humide. Sa langue a tourné, puis elle a aspiré doucement. Ma hanche a bougé toute seule. L’autre main descendait déjà le long de mon ventre, s’arrêtait juste au bord de mon short, attendait.
— Enlève-le, a-t-elle murmuré contre ma peau.
J’ai obéi. Le short et la culotte sont partis ensemble. Je me suis retrouvée complètement nue sur son lit, les cuisses un peu serrées par réflexe. Élise s’est redressée, a retiré son propre débardeur, puis son jogging. Elle n’avait rien en dessous. Son corps était plus long que le mien, plus musclé, les seins plus lourds, le triangle de poils roux bien visible entre ses cuisses.
Elle s’est allongée à côté de moi, une jambe passée par-dessus la mienne, et a recommencé à m’embrasser. Cette fois sa main est allée directement entre mes cuisses. Deux doigts ont glissé le long de ma fente, ont écarté un peu, ont trouvé à quel point j’étais déjà mouillée.
— Putain… t’es trempée rien que pour un bisou et un sein, a-t-elle ri tout bas. C’est mignon.
Elle a commencé à me caresser. Lentement. Le doigt du milieu remontait jusqu’au clitoris, faisait un cercle, redescendait, s’enfonçait à peine, ressortait. Je respirais trop fort. Mes cuisses s’ouvraient malgré moi.
— Regarde, a-t-elle dit. Je vais te montrer comment je fais.
Elle a pris ma main et l’a guidée entre ses propres cuisses. Sa chatte était chaude, glissante, les lèvres déjà ouvertes. Elle a placé deux de mes doigts sur son clitoris.
— Comme ça. Pas trop vite. Pas trop fort au début. Tu sens ? Il gonfle déjà…
J’ai imité le mouvement qu’elle me faisait. Elle a fermé les yeux une seconde, a soufflé par le nez. Puis elle a repris mon rythme sur moi, un peu plus appuyé. On se caressait en même temps, face à face, front contre front. Le bruit de nos sexes mouillés se mélangeait.
Au bout d’un moment elle a basculé entièrement sur moi, a écarté mes cuisses avec ses genoux et a glissé plus bas. Sa bouche a remplacé ses doigts. La première fois que sa langue a touché mon clitoris, j’ai eu un vrai sursaut. C’était plus chaud, plus large, plus précis qu’un doigt. Elle léchait lentement, de bas en haut, puis se concentrait sur le point exact, aspirait un peu, relâchait, recommençait.
— Putain… Élise…
Elle n’a pas répondu. Elle a juste glissé un doigt en moi, puis un deuxième, et a commencé à les bouger en même temps que sa bouche. L’angle était parfait. Elle trouvait un endroit à l’intérieur qui faisait partir des vagues dans tout mon bas-ventre. Je me suis accrochée à ses cheveux, les hanches qui poussaient contre sa bouche.
Quand l’orgasme est arrivé, il était différent de ceux avec Stéphane. Plus long, plus diffus, comme une chaleur qui partait du centre et irradiat jusqu’aux cuisses. J’ai gémi d’une voix que je ne me connaissais pas, les yeux fermés, les doigts crispés dans ses cheveux roux.
Elle a continué jusqu’à ce que les spasmes s’arrêtent, puis elle est remontée, la bouche brillante, et m’a embrassée. J’ai goûté mon propre excitement sur sa langue.
— À toi, a-t-elle dit simplement.
J’ai dégluti. Le cœur encore battant.
Elle s’est allongée sur le dos, a écarté les cuisses, et m’a tirée vers elle. Je me suis placée entre ses jambes, maladroite, le visage juste au-dessus de sa chatte. L’odeur était plus forte que la mienne, plus musquée. Les lèvres étaient roses, ouvertes, le clitoris bien visible.
— Pareil que tout à l’heure, a-t-elle murmuré. Lent. Et regarde-moi de temps en temps. J’aime bien.
J’ai posé ma langue sur elle. Le goût était légèrement salé, chaud. J’ai liché comme elle m’avait liché, de bas en haut, puis j’ai cherché le clitoris et j’ai commencé à le caresser. Elle a posé une main sur ma tête, pas pour forcer, juste pour guider un peu. Quand j’ai trouvé le bon rythme, sa cuisse a tremblé contre mon oreille.
— Oui… là… continue…
J’ai glissé un doigt en elle, puis un deuxième. Elle était plus serrée que ce que j’imaginais. Je les ai courbés un peu, cherchant le même point qu’elle avait trouvé en moi. Quand je l’ai touché, elle a poussé un vrai gémissement et a serré mes cheveux.
Je suis restée là, à la lécher et à la doigter, le visage trempé, jusqu’à ce qu’elle jouisse contre ma bouche. Ses parois ont pulsé autour de mes doigts, un cri étouffé lui est sorti, et un peu de liquide a coulé sur ma main et mon menton.
Quand elle a repris son souffle, elle m’a tirée vers le haut et m’a embrassée longuement, salement, en mélangeant nos goûts.
— Pas mal pour une première fois, a-t-elle soufflé. T’apprends vite.
On est restées allongées l’une contre l’autre, les jambes emmêlées, la peau collante. Sa main traçait des cercles lents sur mon dos.
— Tu veux qu’on continue ? a-t-elle demandé après un moment. Je peux te montrer d’autres trucs. Comment utiliser la cuisse. Comment se frotter l’une contre l’autre. Comment me faire jouir avec juste ta bouche plus longtemps…
J’ai hoché la tête contre son épaule.
— Oui. Montre-moi tout.
Elle a souri dans le noir.
— Alors retourne-toi. On va y aller doucement. Et ce soir, t’as le droit de rien noter dans ta tête. Juste de sentir.
J’ai obéi.
Et pour la première fois depuis le début de cette histoire, mon carnet mental est resté silencieux.
Le lendemain matin, la lumière entrait en biais dans la cuisine d’Élise.
J’étais assise en t-shirt trop grand, les cheveux encore en bataille, une tasse de café brûlant entre les mains. Élise, en peignoir ouvert, beurrait des tartines avec une lenteur presque insolente. L’appartement sentait le café et le sexe de la veille. Ma cuisse portait encore une petite marque rouge là où sa main s’était agrippée trop fort.
On ne parlait presque pas. Ce n’était pas gênant. C’était juste… nouveau. Le silence d’après.
Mon téléphone a vibré sur la table.
Valérie.
J’ai décroché en passant une main dans mes cheveux.
— Léna ? Tu es où ?
— Chez Élise.
Un petit silence. Puis un souffle amusé.
— Bien. Au moins tu es en sécurité. Écoute-moi attentivement. Ton téléphone à moi explose depuis six heures ce matin. Les photos sont en ligne depuis hier soir et les demandes tombent les unes après les autres. J’ai trié. Je ne t’envoie pas n’importe où, surtout pas après ta première nuit. Tu m’entends ?
Sa voix était différente. Moins business, plus… attentive. Presque maternelle, d’une façon tordue.
— Oui.
— J’en ai retenu deux. Le premier, c’est Monsieur Jean-Paul. On l’appelle le Pape. Cinquante-deux ans, très fortune, très précis, très… particulier. Il aime le cérémonial, les rôles un peu sacrés, un peu sales. Il paie extrêmement bien et il ne fait jamais mal. Mais il est déjanté. Dans le genre « je vais te faire faire des choses dont tu parleras encore dans six mois ». Tu es partante pour du pervers intelligent ?
J’ai regardé Élise. Elle écoutait sans en avoir l’air, en croquant dans sa tartine.
— Oui, ai-je répondu.
— Le second, si tu te sens encore en forme après, c’est un couple. Ils demandent une baby-sitter. Tu vois le genre. Eux je les connais moins, mais ils sont propres, réguliers, et ils paient le forfait nuit sans discuter. Tu me dis ce que tu veux faire. Tu as le droit de n’en prendre qu’un. Ou aucun. Je préfère que tu restes entière plutôt que tu te brûles trop vite.
J’ai senti quelque chose se serrer dans ma poitrine. Pas de la peur. Une forme de reconnaissance bizarre.
— Je prends les deux, ai-je dit. Le Pape d’abord.
Valérie a soufflé, mi-soulagée, mi-inquiète.
— Très bien. Je t’envoie les détails dans la journée. Et Léna… si à un moment tu veux que j’intervienne, tu m’appelles. Même en pleine nuit. C’est mon boulot de te protéger, pas seulement de te vendre. D’accord ?
— D’accord.
— Bisou. Repose-toi un peu.
J’ai raccroché.
Élise a poussé la cafetière vers moi sans un mot, puis a demandé d’une voix encore enrouée :
— Alors ?
J’ai raconté. Les demandes qui affluaient. Les deux clients retenus. Le Pape. Le couple en mode baby-sitting.
Élise a posé sa tartine. Un sourire lent, presque sombre, a glissé sur son visage.
— Le couple, je ne connais pas. Mais le Pape… oh putain. Jean-Paul. Oui. Je l’ai vu trois fois il y a deux ans. C’est pas un client. C’est une expérience.
Elle s’est renversée sur sa chaise, le peignoir s’ouvrant un peu plus.
— Il a un appartement entier aménagé comme une chapelle privée. Pas une vraie chapelle. Une version très personnelle. Encens, croix, draps blancs, musique d’orgue parfois. Il t’habille en petite sainte, ou en pécheresse, selon l’humeur. Il parle doucement, il te tutoie comme un confesseur, et ensuite il te fait faire des trucs extrêmement sales avec une politesse absolue. Il aime beaucoup les larmes de plaisir. Et il paie en liquide, en grosses coupures, sans jamais regarder le montant.
Elle a croisé les bras sous sa poitrine.
— Tu vas en sortir soit fascinée, soit un peu secouée. Peut-être les deux. Mais tu ne risques rien physiquement. Il est obsessionnel, pas dangereux. Valérie a bien fait de te le donner maintenant. C’est le genre d’homme qui te fait comprendre très vite jusqu’où tu es prête à aller… et ce que ça te fait vraiment de franchir certaines lignes.
J’ai bu une gorgée de café. Il était devenu tiède.
Entre mes cuisses, la fatigue de la nuit précédente se mélangeait déjà à une curiosité nouvelle, plus sombre.
Élise a tendu la main et a effleuré mes doigts sur la table.
— Tu voudras que je t’accompagne jusqu’à l’agence ? Ou tu préfères y aller seule ?
— Seule, ai-je répondu. Mais… merci. Pour hier soir. Et pour ça.
Elle a souri, un vrai sourire cette fois.
— C’est normal. Tu fais partie de la famille maintenant. Et entre nous on s’aide.
Dehors, Paris bruissait déjà.
Et quelque part, un homme que l’on surnommait « Le Pape », m’avait choisit.
Et moi, pour la première fois, j’avais hâte de savoir ce que ça ferait de m’agenouiller pour de vrai.
J’étais assise au troisième rang de l’amphithéâtre, le même qu’il y a quelques semaines, et M. Fournier parlait encore des mécanismes de dissociation. Autour de moi, les stylos grattaient, les ordinateurs cliquetaient, quelqu’un bâillait. Moi, j’avais le carnet ouvert, mais j’écrivais autre chose que le cours. Des phrases en vrac. Des sensations. Le souvenir précis de la façon dont Stéphane avait dit « petite pute » en me regardant dans les yeux.
Le soir, dans le bus qui me ramenait vers chez moi, j’ai reconnu M. Morel dès ma montée dans le bus. Il était assis au fond, côté vitre. Les places se faisaient face à face sur cette rangée là. J’ai avancé sans hésiter et je me suis installée exactement en face de lui.
Il a relevé les yeux. J’ai croisé les jambes, lentement, et je lui ai souri.
— Bonsoir, Monsieur Morel. Il a incliné la tête, un peu raide.
— Léna.
— Je voulais vous remercier. Pour Valérie. Vous m’avez vraiment rendue service.
Son regard a glissé une seconde trop bas sur ma jupe. J’ai posé mon coude sur le dossier et j’ai penché un peu le buste vers lui, assez pour que ma voix reste basse.
— Dites… vous la portez, ce soir ? Il a froncé les sourcils.
— Pardon ?
— Ma culotte. Celle de l’autre jour. Vous l’avez mise ?
Il a détourné les yeux vers la vitre. Ses oreilles ont rougi. J’ai laissé passer deux stations en silence, juste pour le regarder se contracter.
À l’ arrêts de la salle de sport, j’ai senti le bus ralentir. Je me suis levée. Avant de passer devant lui, j’ai glissé la main sous ma jupe, j’ai fait descendre la culotte le long de mes cuisses d’un seul geste fluide, et je l’ai froissée dans mon poing. Quand je me suis penchée vers lui comme pour garder l’équilibre, je lui ai ouvert la poche de sa veste et j’y ai glissé le tissu encore chaud. Puis je me suis approchée de son oreille.
— J’ai bien mouillé dans celle-là. Prenez-en soin… c’est pas ma préférée.
Je me suis redressée, je lui ai souri une dernière fois, et je suis descendue sans me retourner.
*Note mentale : vol de culotte inversé dans un bus de banlieue. Niveau de perversion gratuit : satisfaisant. Niveau de risque d’être vue : moyennement calculé. À retenir pour le chapitre « fétichisme et espace public ».*
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En début d’après-midi, j’avais filé dans un magasin de lingerie du centre commercial. Pas un de ces endroits clinquants. Un rayon plus discret, un peu haut de gamme.
J’ai pris deux paniers.
Dans le premier : de la lingerie « adolescente ». Culottes blanches coton, petits nœuds, brassières simples, ensembles rose pâle ou bleu ciel, presque sages. Le genre de trucs qu’une lycéenne un peu coquette porterait sous son jean. J’imaginais déjà le regard des clients en les découvrant.
Dans le second : l’exact contraire. Ensembles noirs en dentelle très fine, porte-jarretelles, strings qui n’existaient presque pas, un body transparent, une nuisette courte qui ne cachait rien. Femme fatale. Celle qu’on paie pour qu’elle sache exactement ce qu’elle fait.
La vendeuse m’a regardée avec un mélange de curiosité et de neutralité professionnelle pendant que je montrais les deux styles.
— C’est pour… des occasions différentes ? a-t-elle demandé poliment.
— Oui, ai-je répondu. Très différentes.
*Pretty Woman version banlieue ouest. Sauf que Richard Gere n’est pas là et que c’est moi qui paie cash avec l’argent d’un mec qui m’a éjaculé sur les lunettes. L’Amérique a inventé le rêve, la France a inventé le pragmatisme.*
J’ai payé cash. L’argent de Stéphane partait déjà. Ça me faisait un effet étrange, presque plaisant.
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À 19 h 20, j’étais devant le code de l’immeuble d’Élise, dans le 11e. Elle m’a ouverte en jogging moulant et débardeur, cheveux cuivrés attachés n’importe comment, torse sorti sans soutien-gorge. Derrière elle, on entendait déjà des rires de femmes et de la musique basse.
— T’es à l’heure. Entre. On a déjà ouvert le vin.
L’appartement était grand, bordélique dans un style assumé. Canapé profond, tapis clair, photos encadrées un peu partout (certaines très soft, d’autres beaucoup moins). Deux filles étaient déjà là.
La première s’appelait Manon. Brune, trente ans environ, poitrine généreuse, bouche pulpeuse, regard direct. Elle était allongée dans le canapé avec un verre de blanc. La seconde, Cloé, plus jeune, presque mon âge, petite, blonde platine, air de gamine perverse. Elle était pieds nus et portait seulement un short et un crop top.
— Les filles, voici Léna, a dit Élise. La nouvelle. Celle qui a fait jouir Stéphane pendant huit heures et qui prend des notes comme une stagiaire en psycho.
Manon s’est redressée et m’a détaillée sans aucune gêne.
— Ah ouais… le visage de bonne élève, le petit corps bien fait, les seins parfaits. Valérie a déniché une pépite. Viens, assieds-toi. On veut tout savoir.
Cloé a ajouté en souriant :
— T’as un cul de rêve, dit clairement. Les clients vont se battre.
On a commencé à boire. Du vin blanc très frais, puis un peu de vodka avec du jus de pamplemousse. Très vite, les langues se sont déliées.
— Premier client, c’est toujours le plus bizarre, a dit Cloé en croisant les jambes. Le mien voulait que je le traite de « papa » pendant qu’il me suçait les orteils. J’avais dix-neuf ans, j’étais morte de rire intérieurement.
— Moi c’était un mec qui m’a fait lire son jugement de divorce à voix haute pendant qu’il me baisait, a enchaîné Manon. Très romantique.
Élise a posé une main sur mon genou.
— Toi t’as eu de la chance de tomber sur Stéphane en premier. Allez, raconte un peu. Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
J’ai résumé, sans trop rentrer dans les détails techniques, mais assez pour qu’elles comprennent. La pipe pédagogique, les couettes, les orgasmes non simulés, la fontaine, le fait qu’il m’ait gardée huit heures. Les trois ont échangé des regards impressionnés et amusés.
— Huit heures et une fontaine dès la première fois…, a sifflé Manon. La petite a du potentiel.
Élise a servi à nouveau.
— Les conseils importants, Léna. Tu écoutes. Déjà, les clients qui parlent trop de leur femme ou de leurs enfants : tu les laisses parler dix minutes, tu fais la compréhensive, après tu recentres sur leur queue. Sinon ils deviennent mélancoliques et ils baisent mal. Et ils paient moins d’extras.
— Et pour faire monter la note ? ai-je demandé.
Manon a souri comme une professeure satisfaite.
— Tu gémis vraiment quand c’est bon. Quand c’est moyen, tu gémis un peu moins, mais tu dis des trucs comme « encore… plus fort… ». Ils adorent croire qu’ils te font perdre le contrôle. Et pour les extras : tu attends qu’ils soient bien durs, bien excités, et là tu dis d’une petite voix « tu sais… j’accepte certaines choses en plus… si tu veux ». La plupart sortent la carte sans même demander le prix.
*Note mentale : techniques de vente appliquées à la queue. Module « upselling sexuel ». Je devrais proposer ça en option dans mon mémoire. Mention très bien.*
Cloé a hoché la tête.
— Et si tu veux qu’ils te revoient, tu leur laisses un truc. Une culotte. Une photo sur leur téléphone (sans visage). Un message le lendemain. « J’ai encore ton odeur sur moi ». Ça marche à chaque fois.
J’écoutais en prenant des notes mentales frénétiques. Le vin aidait. L’atmosphère aussi. Les trois filles parlaient de bites, de culs, de clients chiants, de clients excellents, de fois où elles avaient joui pour de vrai et de fois où elles avaient simulé tellement bien que le mec avait failli pleurer.
Manon a raconté un client qui la faisait s’agenouiller sous son bureau pendant ses visios. Cloé a parlé d’un homme qui la payait uniquement pour qu’elle le regarde se branler en lui racontant ses journées de lycée. Élise a évoqué un régulier qui lui achetait des collants qu’il déchirait ensuite lui-même.
— Et vous… pourquoi vous faites ça ? ai-je fini par demander. Honnêtement.
Il y a eu un petit silence.
Manon a répondu la première, en tournant son verre.
— Moi c’est l’argent, clairement. Et le fait que je choisis. Chez moi, avec un mec normal, je dois faire semblant d’être soft et amoureuse. Là, je peux être une vraie salope et me faire payer pour ça. C’est plus honnête.
Cloé a haussé les épaules.
— Moi j’aime bien le pouvoir. Le moment où un mec qui gagne dix fois mon salaire me regarde comme si j’étais la seule chose importante au monde… pendant une heure. Après il repart, et moi je compte les billets. J’aime bien cette bascule.
Élise a souri en me regardant.
— Moi c’est un peu des deux. Et aussi parce que je suis bonne. Très bonne. Et autant être payée pour un talent.
On a ri. On a continué à boire. Les histoires sont devenues plus sales. Manon a raconté un client qui la faisait pisser dans sa bouche. Cloé a parlé d’un mec qui voulait qu’elle le traite de « petite chienne » pendant qu’elle le chevauchait. Élise a expliqué comment elle faisait pour jouir presque à chaque fois : « Je pense à ce que je vais m’acheter avec l’argent. Ou parfois je pense juste à la bite. Faut pas compliquer. »
*Note mentale : la philosophie de l’escorte en trois phrases. 1. L’argent. 2. Le pouvoir. 3. « Faut pas compliquer ». J’aurais dû venir ici avant la bibliothèque de la Sorbonne.*
À un moment, Cloé s’est levée pour chercher une autre bouteille et a passé derrière le canapé. En repassant, elle a traîné ses doigts sur mon épaule, puis plus bas, le long de mon bras, d’une façon qui n’était pas tout à fait anodine. Personne n’a commenté.
*Sa main est douce. Et moi je suis en train de noter mentalement la pression exacte de ses doigts. Très scientifique. Très.*
Vers une heure du matin, j’avais trop bu. Les voix tournaient un peu. Je riais plus facilement. Mon carnet mental était plein, mais mon corps était lourd et chaud.
Élise m’a regardée et a posé une main sur mon genou.
— T’es dans l’état. Tu veux rentrer comme ça ou tu restes ici ? J’ai un canapé très confortable. Ou mon lit, si le canapé te fait peur.
Manon et Cloé ont échangé un regard amusé.
— On vous laisse, a dit Manon en se levant. Élise n’est pas méchante. Et t’as l’air d’avoir besoin de digérer tout ce qu’on t’a raconté.
J’ai regardé Élise. Son débardeur laissait voir la pointe de ses seins. Son sourire était doux et un peu moqueur à la fois.
— Oui, ai-je répondu. Je reste.
Elle a hoché la tête, satisfaite.
— Parfait. Les filles, on débarrasse un peu. Léna, tu prends une douche si tu veux. Je te prête un t-shirt.
Dans la salle de bains, sous l’eau tiède, j’ai repensé
à la journée entière : le regard de Morel dans le bus, la culotte dans sa poche, les deux paniers de lingerie, les photos de la veille, les histoires de bites et d’argent, le vin, la main de Cloé sur mon bras.
Tout s’empilait.
Quand je suis ressortie, Manon et Cloé étaient parties. Élise m’attendait dans le couloir avec un grand t-shirt noir.
— T’as les yeux qui brillent, a-t-elle dit. C’est bon signe. Ou mauvais. On verra demain.
Elle m’a montré le canapé, déjà fait avec un drap et un oreiller.
— Si tu as besoin de quoi que ce soit… tu frappes. Même à trois heures du matin. On est entre nous, maintenant.
J’ai hoché la tête.
Je me suis allongée.
*Note mentale, 2 h 17 : première soirée entre escortes. Niveau de vulgarité : élevé. Niveau d’informations concrètes : très élevé. Niveau d’alcool dans le sang : trop élevé. Et pour la première fois depuis le début, je ne me sens pas en observation. Je me sens… à l’intérieur.*
J’ai fermé les yeux.
Dehors, Paris continuait.
Dedans, quelque chose avait encore un peu plus basculé.
Mais je n’arrivais pas à dormir.
J’entendais qu’Élise ne dormait pas non plus. Au bout d’un long moment, je me suis levée et je suis allée frapper doucement à sa porte.
— Oui ?
J’ai ouvert. Elle était allongée sur le lit, allongée sur le dos, le t-shirt remonté un peu sur son ventre, un bras derrière la tête. Elle a relevé les yeux vers moi.
— Je… je peux te parler ? ai-je demandé.
Elle a tapoté le matelas à côté d’elle. Je suis entrée et je me suis assise en tailleur, maladroitement.
— J’ai coché « sexe avec une femme » sur la fiche des extras, ai-je dit d’une traite. Et… j’ai jamais fait. Enfin si, j’ai embrassé une fille une fois en soirée, à dix-huit ans. Mais jamais… le reste. Et maintenant c’est sur le papier. Et des clients vont peut-être le demander. Et je panique un peu.
Élise m’a regardée en silence pendant quelques secondes, puis elle a souri, doucement, sans se moquer.
— Tu veux que je t’apprenne ?
La question était simple. Posée comme on propose de montrer comment se servir d’une machine à café.
J’ai senti mes joues chauffer.
— Je… oui. Enfin, si tu veux. Je sais pas comment on fait. Je sais même pas si je vais aimer. Mais je préfère découvrir ça avec quelqu’un qui… qui sait. Et qui me jugera pas.
Elle s’est redressée un peu, s’est approchée, et a posé une main très légère sur ma joue.
— On va y aller doucement. Comme Stéphane t’a appris à sucer. Sauf que là, c’est moi. Et je suis plus patiente que la plupart des mecs.
Elle a rit tout bas.
— Déjà, on commence par s’embrasser. Si tu kiffes pas, on arrête. D’accord ?
J’ai hoché la tête.
Mon cœur battait trop vite.
Pas de la peur, exactement.
Autre chose.
Élise s’est penchée et a posé ses lèvres sur les miennes.
C’était différent. Plus doux. Plus lent. Ses lèvres étaient plus fines que celles d’un homme, et elle savait exactement comment incliner la tête. Quand sa langue a touché la mienne, j’ai eu un petit sursaut, puis je me suis laissée faire. Une de ses mains a glissé dans mon dos, sous le t-shirt qu’elle m’avait prêté.
— Tu trembles encore, a-t-elle murmuré contre ma bouche.
— Un peu. C’est… nouveau.
— Je sais. Viens plus près.
Elle m’a allongée doucement sur le lit, s’est placée à moitié sur moi, et a recommencé à m’embrasser en laissant sa main explorer très lentement. D’abord mon ventre, puis plus haut, sous le tissu, jusqu’à frôler le dessous de mon sein. Elle n’est pas allée plus loin tout de suite. Elle attendait que mon corps dise oui.
*Note mentale, 2 h 51 : première vraie leçon lesbienne. Professeure : Élise. Méthode : douceur + humour + zéro pression. Élève : moi. Niveau de maladresse : élevé. Niveau de curiosité : encore plus élevé. Et mon putain de carnet mental est en train de noter la texture de sa peau pendant que sa main est sous mon t-shirt. Je suis irrécupérable.*
Élise a souri contre mon cou.
— On a tout le temps, Léna. Y a pas d’extras à facturer ce soir.
Sa main a glissé un peu plus haut. Les doigts ont trouvé mon sein, l’ont pesé, puis le pouce a commencé à tourner très lentement autour du téton. Pas pour le pincer. Juste pour le réveiller. Je suis devenue dure sous son doigt presque immédiatement. Un petit son m’est sorti de la gorge, surpris.
Elle a soulevé mon t-shirt. Je l’ai aidée, maladroite, les bras coincés une seconde dans le tissu. Quand il est passé au-dessus de ma tête, j’étais torse nu face à elle. Élise a posé ses deux mains à plat sur mes seins, les a écartés légèrement, les a regardés.
— T’as de beaux seins, a-t-elle dit simplement. Fermes. Sensibles, on dirait.
Elle s’est baissée et a pris un téton dans sa bouche. Chaud. Humide. Sa langue a tourné, puis elle a aspiré doucement. Ma hanche a bougé toute seule. L’autre main descendait déjà le long de mon ventre, s’arrêtait juste au bord de mon short, attendait.
— Enlève-le, a-t-elle murmuré contre ma peau.
J’ai obéi. Le short et la culotte sont partis ensemble. Je me suis retrouvée complètement nue sur son lit, les cuisses un peu serrées par réflexe. Élise s’est redressée, a retiré son propre débardeur, puis son jogging. Elle n’avait rien en dessous. Son corps était plus long que le mien, plus musclé, les seins plus lourds, le triangle de poils roux bien visible entre ses cuisses.
Elle s’est allongée à côté de moi, une jambe passée par-dessus la mienne, et a recommencé à m’embrasser. Cette fois sa main est allée directement entre mes cuisses. Deux doigts ont glissé le long de ma fente, ont écarté un peu, ont trouvé à quel point j’étais déjà mouillée.
— Putain… t’es trempée rien que pour un bisou et un sein, a-t-elle ri tout bas. C’est mignon.
Elle a commencé à me caresser. Lentement. Le doigt du milieu remontait jusqu’au clitoris, faisait un cercle, redescendait, s’enfonçait à peine, ressortait. Je respirais trop fort. Mes cuisses s’ouvraient malgré moi.
— Regarde, a-t-elle dit. Je vais te montrer comment je fais.
Elle a pris ma main et l’a guidée entre ses propres cuisses. Sa chatte était chaude, glissante, les lèvres déjà ouvertes. Elle a placé deux de mes doigts sur son clitoris.
— Comme ça. Pas trop vite. Pas trop fort au début. Tu sens ? Il gonfle déjà…
J’ai imité le mouvement qu’elle me faisait. Elle a fermé les yeux une seconde, a soufflé par le nez. Puis elle a repris mon rythme sur moi, un peu plus appuyé. On se caressait en même temps, face à face, front contre front. Le bruit de nos sexes mouillés se mélangeait.
Au bout d’un moment elle a basculé entièrement sur moi, a écarté mes cuisses avec ses genoux et a glissé plus bas. Sa bouche a remplacé ses doigts. La première fois que sa langue a touché mon clitoris, j’ai eu un vrai sursaut. C’était plus chaud, plus large, plus précis qu’un doigt. Elle léchait lentement, de bas en haut, puis se concentrait sur le point exact, aspirait un peu, relâchait, recommençait.
— Putain… Élise…
Elle n’a pas répondu. Elle a juste glissé un doigt en moi, puis un deuxième, et a commencé à les bouger en même temps que sa bouche. L’angle était parfait. Elle trouvait un endroit à l’intérieur qui faisait partir des vagues dans tout mon bas-ventre. Je me suis accrochée à ses cheveux, les hanches qui poussaient contre sa bouche.
Quand l’orgasme est arrivé, il était différent de ceux avec Stéphane. Plus long, plus diffus, comme une chaleur qui partait du centre et irradiat jusqu’aux cuisses. J’ai gémi d’une voix que je ne me connaissais pas, les yeux fermés, les doigts crispés dans ses cheveux roux.
Elle a continué jusqu’à ce que les spasmes s’arrêtent, puis elle est remontée, la bouche brillante, et m’a embrassée. J’ai goûté mon propre excitement sur sa langue.
— À toi, a-t-elle dit simplement.
J’ai dégluti. Le cœur encore battant.
Elle s’est allongée sur le dos, a écarté les cuisses, et m’a tirée vers elle. Je me suis placée entre ses jambes, maladroite, le visage juste au-dessus de sa chatte. L’odeur était plus forte que la mienne, plus musquée. Les lèvres étaient roses, ouvertes, le clitoris bien visible.
— Pareil que tout à l’heure, a-t-elle murmuré. Lent. Et regarde-moi de temps en temps. J’aime bien.
J’ai posé ma langue sur elle. Le goût était légèrement salé, chaud. J’ai liché comme elle m’avait liché, de bas en haut, puis j’ai cherché le clitoris et j’ai commencé à le caresser. Elle a posé une main sur ma tête, pas pour forcer, juste pour guider un peu. Quand j’ai trouvé le bon rythme, sa cuisse a tremblé contre mon oreille.
— Oui… là… continue…
J’ai glissé un doigt en elle, puis un deuxième. Elle était plus serrée que ce que j’imaginais. Je les ai courbés un peu, cherchant le même point qu’elle avait trouvé en moi. Quand je l’ai touché, elle a poussé un vrai gémissement et a serré mes cheveux.
Je suis restée là, à la lécher et à la doigter, le visage trempé, jusqu’à ce qu’elle jouisse contre ma bouche. Ses parois ont pulsé autour de mes doigts, un cri étouffé lui est sorti, et un peu de liquide a coulé sur ma main et mon menton.
Quand elle a repris son souffle, elle m’a tirée vers le haut et m’a embrassée longuement, salement, en mélangeant nos goûts.
— Pas mal pour une première fois, a-t-elle soufflé. T’apprends vite.
On est restées allongées l’une contre l’autre, les jambes emmêlées, la peau collante. Sa main traçait des cercles lents sur mon dos.
— Tu veux qu’on continue ? a-t-elle demandé après un moment. Je peux te montrer d’autres trucs. Comment utiliser la cuisse. Comment se frotter l’une contre l’autre. Comment me faire jouir avec juste ta bouche plus longtemps…
J’ai hoché la tête contre son épaule.
— Oui. Montre-moi tout.
Elle a souri dans le noir.
— Alors retourne-toi. On va y aller doucement. Et ce soir, t’as le droit de rien noter dans ta tête. Juste de sentir.
J’ai obéi.
Et pour la première fois depuis le début de cette histoire, mon carnet mental est resté silencieux.
Le lendemain matin, la lumière entrait en biais dans la cuisine d’Élise.
J’étais assise en t-shirt trop grand, les cheveux encore en bataille, une tasse de café brûlant entre les mains. Élise, en peignoir ouvert, beurrait des tartines avec une lenteur presque insolente. L’appartement sentait le café et le sexe de la veille. Ma cuisse portait encore une petite marque rouge là où sa main s’était agrippée trop fort.
On ne parlait presque pas. Ce n’était pas gênant. C’était juste… nouveau. Le silence d’après.
Mon téléphone a vibré sur la table.
Valérie.
J’ai décroché en passant une main dans mes cheveux.
— Léna ? Tu es où ?
— Chez Élise.
Un petit silence. Puis un souffle amusé.
— Bien. Au moins tu es en sécurité. Écoute-moi attentivement. Ton téléphone à moi explose depuis six heures ce matin. Les photos sont en ligne depuis hier soir et les demandes tombent les unes après les autres. J’ai trié. Je ne t’envoie pas n’importe où, surtout pas après ta première nuit. Tu m’entends ?
Sa voix était différente. Moins business, plus… attentive. Presque maternelle, d’une façon tordue.
— Oui.
— J’en ai retenu deux. Le premier, c’est Monsieur Jean-Paul. On l’appelle le Pape. Cinquante-deux ans, très fortune, très précis, très… particulier. Il aime le cérémonial, les rôles un peu sacrés, un peu sales. Il paie extrêmement bien et il ne fait jamais mal. Mais il est déjanté. Dans le genre « je vais te faire faire des choses dont tu parleras encore dans six mois ». Tu es partante pour du pervers intelligent ?
J’ai regardé Élise. Elle écoutait sans en avoir l’air, en croquant dans sa tartine.
— Oui, ai-je répondu.
— Le second, si tu te sens encore en forme après, c’est un couple. Ils demandent une baby-sitter. Tu vois le genre. Eux je les connais moins, mais ils sont propres, réguliers, et ils paient le forfait nuit sans discuter. Tu me dis ce que tu veux faire. Tu as le droit de n’en prendre qu’un. Ou aucun. Je préfère que tu restes entière plutôt que tu te brûles trop vite.
J’ai senti quelque chose se serrer dans ma poitrine. Pas de la peur. Une forme de reconnaissance bizarre.
— Je prends les deux, ai-je dit. Le Pape d’abord.
Valérie a soufflé, mi-soulagée, mi-inquiète.
— Très bien. Je t’envoie les détails dans la journée. Et Léna… si à un moment tu veux que j’intervienne, tu m’appelles. Même en pleine nuit. C’est mon boulot de te protéger, pas seulement de te vendre. D’accord ?
— D’accord.
— Bisou. Repose-toi un peu.
J’ai raccroché.
Élise a poussé la cafetière vers moi sans un mot, puis a demandé d’une voix encore enrouée :
— Alors ?
J’ai raconté. Les demandes qui affluaient. Les deux clients retenus. Le Pape. Le couple en mode baby-sitting.
Élise a posé sa tartine. Un sourire lent, presque sombre, a glissé sur son visage.
— Le couple, je ne connais pas. Mais le Pape… oh putain. Jean-Paul. Oui. Je l’ai vu trois fois il y a deux ans. C’est pas un client. C’est une expérience.
Elle s’est renversée sur sa chaise, le peignoir s’ouvrant un peu plus.
— Il a un appartement entier aménagé comme une chapelle privée. Pas une vraie chapelle. Une version très personnelle. Encens, croix, draps blancs, musique d’orgue parfois. Il t’habille en petite sainte, ou en pécheresse, selon l’humeur. Il parle doucement, il te tutoie comme un confesseur, et ensuite il te fait faire des trucs extrêmement sales avec une politesse absolue. Il aime beaucoup les larmes de plaisir. Et il paie en liquide, en grosses coupures, sans jamais regarder le montant.
Elle a croisé les bras sous sa poitrine.
— Tu vas en sortir soit fascinée, soit un peu secouée. Peut-être les deux. Mais tu ne risques rien physiquement. Il est obsessionnel, pas dangereux. Valérie a bien fait de te le donner maintenant. C’est le genre d’homme qui te fait comprendre très vite jusqu’où tu es prête à aller… et ce que ça te fait vraiment de franchir certaines lignes.
J’ai bu une gorgée de café. Il était devenu tiède.
Entre mes cuisses, la fatigue de la nuit précédente se mélangeait déjà à une curiosité nouvelle, plus sombre.
Élise a tendu la main et a effleuré mes doigts sur la table.
— Tu voudras que je t’accompagne jusqu’à l’agence ? Ou tu préfères y aller seule ?
— Seule, ai-je répondu. Mais… merci. Pour hier soir. Et pour ça.
Elle a souri, un vrai sourire cette fois.
— C’est normal. Tu fais partie de la famille maintenant. Et entre nous on s’aide.
Dehors, Paris bruissait déjà.
Et quelque part, un homme que l’on surnommait « Le Pape », m’avait choisit.
Et moi, pour la première fois, j’avais hâte de savoir ce que ça ferait de m’agenouiller pour de vrai.
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2 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
étrange fille, mélange d'innocence et de maturité.
parfum trouble et gênant d'inceste, Léna cherche son papa.......
Mais il ne faudrait pas tout confondre.
écriture désincarnée ....et pourtant ça chauffe.
parfaite maitrise.
Minor.
parfum trouble et gênant d'inceste, Léna cherche son papa.......
Mais il ne faudrait pas tout confondre.
écriture désincarnée ....et pourtant ça chauffe.
parfaite maitrise.
Minor.
Même si cette démarche d'étudiante-escort semble assez improbable, la narration qui en est faire est captivante. Si elle continue comme ça, Léna devrait décrocher son master en escortologie sans difficulté !
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